CX diesel, chef d'œuvre de crétinerie !

Quelle rigolade ! Mais quelle rigolade. C’est la BD la plus drôle, la plus idiote, la plus absurde, la plus mieux faite que j’aie lue. Elle s’appelle Amour, passion & CX diesel l’intégrable, de James, Fabcarro et Bengrrr et c’est un pavé. Tout est dans le titre, notamment la CX diesel, sur laquelle louchent les enfants et beaux-enfants, vieille caisse en bon état que possède le patriarche Harold, victime selon ses proches, d’Alzheimer et proche de la mort, alors que c’est le seul qui comprenne le langage zyva, qui flaire l’homosexualité de son fils noir (?) et des tas de choses de bon sens qui échappent à la famille. La famille ! Sa femme à qui on s’escrime à expliquer par le détail que son fils est gay et qui assiste même à son pacs avec un abruti tatoué sans rien voir. Et ses autres grands enfants, tous adultes :  Brandon, vrai beauf marié à la tassepé Jessifer qui a couché avec tous les autres, Pamela autocentrée qui se retrouve avec un sein sur le bras, épouse de Tony, chômeur, alcoolique, qui se fait passer pour un développeur de projets sans savoir ce que ça veut dire, et donc l’homo Jean-Mortens, black qui, après sa rupture, ramène Abdelatif dont tous le monde va se méfier (les Arabes sont des voleurs) mais essayer d’intégrer. Un bébé naît dans le couple Brandon-Jessifer et tous les hommes pensent en être le père. Pamela, toujours en compèt avec sa belle-sœur, désire adopter car elle est stérile et le catalogue des enfants adoptables est à se tordre !
Les dessins sont super car ils représentent des personnages vaguement animaliers, au trait fin à peine appuyé qui renforce joliment l’expressivité. Plus les couleurs nuancées, à l’aquarelle je crois, qui rendent le tout léger et tendre.
C’est un pavé à l’italienne avec une saynète qui se clôt à chaque page bien que l’histoire principale —  comment peser sur le patriarche pour être sur le testament et hériter de la CX — défile avec force gags et inventions à pleurer de rire !

Amour, passion & CX diesel L’intégrale de James, Fabcarro et Bengrrr. 2017 aux édition Fluide Glacial. 290 pages. 25 €

Texte © dominique cozette

Encore un Tanguy Viel formidable !

Je ne sais pas ce qui se passe, mais je ne lis que des bouquins passionnants. Je les choisis avec soin, c’est vrai, mais j’ai quand même beaucoup de chance. Celui-ci, je l’ai pris après l’extraordinaire article 353 du code pénal et il s’intitule la disparition de Jim Sullivan. C’est encore un petit livre. Mais l’inspiration est énorme. Imaginez plutôt. Je suis écrivain, français, tiens, si j’écrivais un roman américain ? Car les romans américains sont des livres universels, pas comme ceux qui se passeraient sur le parvis pavé de la cathédrale de Chartres. C’est à peu près ainsi que Tanguy Viel va nous amener avec lui dans l’élaboration de ce roman passionnant, non pas par le contenu de l’histoire, mais par la forme qu’il emprunte.
Donc pour faire un roman américain, il faut se servir des ingrédients que Viel connaît bien car il en lit beaucoup. Il les énumère : les héros, les lieux, les activités, les spécificités… Par exemple, le héros aurait la cinquantaine et serait divorcé, comme dans tous les romans américains. Il vivrait à … Detroit. Viel nous explique pourquoi, il a d’ailleurs punaisé la carte des USA dans son bureau. Il ne sait pas trop comment il a trouvé ce nom de Dwayne Koster mais il sait qu’il lui a choisi une profession très roman américain, à savoir prof de littérature américaine dans un campus. La première scène se passe l’hiver, il se trouve dans sa voiture (description très appuyée des voitures, on est à Detroit quand même), fume et picole en matant, de l’autre côté du trottoir, les ombres chinoises de son ex- femmeavec le nouvel homme, derrières les rideaux de son ex-maison. Il nous apprend que son héros n’a pas le droit d’enfreindre les règles édictées par le jugement de divorce, à savoir aller plus près de la maison.
Il nous parle de tout ce qu’il doit décrire pour que son roman soit américain : les BBQ entre voisins, l’alcool, le base-ball, les équipes universitaires de football américain, les bars au décor skaï rouge, les paysages infinis, la pêche à la truite etc. Il nous raconte comment il hésite à faire faire ceci ou cela à son héros puis se décide mollement, mais son héros va le faire, toutes les grosses conneries, il va les faire, avec notre complicité plus ou moins. Oui, parce que l’amant de sa femme est un type qu’il déteste, d’où connerie en vue. En même temps, il est tout autant que sa femme à blâmer parce qu’il a pour maîtresse une de ses élèves, et ça, c’est complètement tabou. Donc, cette histoires va se construire dans les méandres du cerveau de l’auteur avec nous pour complices, c’est scotchant. Scotchant parce que dit comme ça, on peut penser qu’il n’y a pas moyen de s’y attacher, c’est trop distant, trop artificiel. Et pourtant si. Et plus que ça même, parce que c’est comme si on assistait à la naissance d’un être. On le regarde pousser, évoluer, stagner, aller là où on ne l’attendait pas. C’est très très fort.
Pourquoi la disparition de Jim Sullivan ? Parce que ce chanteur a disparu étrangement, en 1974, en plein désert du Nouveau-Mexique, sans qu’on ait su comment. Et que ce chanteur est celui que notre héros écoute volontiers dans sa voiture, notamment le titre UFO (=OVNI), persuadé comme beaucoup qu’il a été enlevé par des extra-terrestres. Cette anecdote servira à l’auteur dans le déroulé du pitch. C’est super !
En savoir plus sur Jim Sullivan ici, article Télérama.

La disparition de Jim Sullivan par Tanguy Viel. 2013. En poche Minuit. 142 pages. 7 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #364

(Après coup : zut, j’ai oublié de faire le chapeau ! A cause de cette fille qui retire le sien ?. On est peu de chose, voire rien !)
– CC : Vous pouvez conspuer l’absence de Mélenchon pendant le Congrès mais vu le bordel qu’il aurait pu mettre en y allant…
– RB : Arrêtez cette polémique inutile à propos de Macron car il a raison. Il y a les gens qui ont réussi et il y a les gens sur Facebook.
– HS : Macron est tout de même cool avec Mélenchon : il lui a offert le ministère de la Parole
– PC : En fait ce que dit Macron aux journalistes sur sa « pensée complexe » c’est juste la version énarque de « Je parle pas aux cons, ça les instruit ! » de Michel Audiard
– NP : Il y a une époque où on envoyait Simone Veil au Parlement Européen, maintenant on y envoie Philippot et Morano… Voilà.
– JM : Je rappelle que Cabrel aussi n’était rien et pourtant aujourd’hui, il est le gardien du sommeil de ses nuits.
– LC : -Si tu es énervée contre ton mec, écris tout ce que tu lui reproches sur un bout de papier et brûle-le.  — Et je fais quoi du bout de papier?
– CC : J’ai lu la composition des bâtons de surimi et je crois qu’il vaut mieux manger l’emballage plastique autour c’est plus prudent
– GL : On avait Chiotti, maintenant on a Wauchier…
– NP : Comment Marine Le Pen ose-t-elle prétendre que le FN est dans l’opposition alors que ses députés portent une cravate à l’Assemblée ?
– NS : « Une étude démontre que les hommes qui font le ménage chez eux sont plus heureux que les autres. » Normal puisqu’ils vivent tout seul…
– TT :  —Tu veux participer à un jeu concours?  — Non avec cette chaleur, je préfère participer à un jeu qu’on court pas.
– VO :  — Bonjour, un paquet de Marlboro svp.  — Oui, alors il me faut votre carte d’identité, vos trois derniers bulletins de salaire et deux garants.
– EM : — Macron veut redéfinir le cadre du vivre ensemble laborieux. — Hein ?  — Il va niquer le code du travail. —  Ah !
– JOD : J’ai acheté 10 cartouches de cigarettes que je viens de déposer dans un coffre à la banque. Si tout va bien, dans 5 ans j’arrête de bosser.
– DV : J’ai demandé à mon buraliste un magazine sans Macron en couverture. Il m’a donné  » Maison et Jardin  » spécial vérandas.
– LD : Pour plaire au pouvoir en place, l’émission de Thierry Ardisson est rebaptisée « Salut les t’es rien ».
– RdB : Loin de moi l’idée de vous spoiler mais à la fin les non fumeurs meurent aussi.
– DC : Nicolas Hulot promet la fin des voitures à énergie fossile en 2040. Je serai alors moi-même un fossile. Lui aussi. C’est le dentier qui mord le serpent qui essaie de se mordre la queue, là !
– OK : Emmanuel Macron fera un geste pour le code du travail, il demandera que celui-ci repose au Panthéon.
– AA : Le gouvernement veut des voitures propres en 2040. Ça me laisse le temps d’enlever les morceaux de chips que ma fille a laissé tomber.
– SA : Macron a décidé de faire payer les fraudeurs fiscaux qui planquent leur fric au Panama. Nan, j’déconne, ça sera les fonctionnaires malades
– AB : Fin du diesel/essence : 2040 Fin des clopes : 2051 Fin du nucléaire : 2078 Fin des haricots : 2082 Fin des Chiffres et des Lettres : 2100
– RB : Le gérant de mon Franprix croit tenir les Bains Douches. Il a installé un physio à l’entrée, de supers dealers à l’intérieur et il fait la bise aux plus belles, aux plus friquées. Et bien entendu quand je ne suis pas accompagné, je ne peux pas rentrer sous prétexte que je suis noir. C’est d’abord ça la gentrification.

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L'incroyable rock-trip ultra-noir de Grégoire Hervier. Génial !

Il est français, il est jeune mais il connaît tout sur les guitares cultes, rarissimes, celles des années 50 notamment, qui les a possédées et utilisées, comment elles sont été fabriquées et le nom de leur concepteur, comment on les a copiées, qui peut les certifier … J’ai vérifié quelques noms, ils sont tous réels. Sauf les héros principaux du roman, bien sûr. Grégoire Hervier, retenez ce nom.
Vintage est son troisième roman, un livre passionnant qui va fouiller dans ce que le rock, le blues, le hillbilly, blue grass et autres dénominations ont de plus marécageux, morbide parfois, méconnu. Thomas, journaliste musical, travaille chez LE marchand de guitares de Pigalle, chez celui qui sait tout sur cet instrument et qui fait commerce de quelques perles rares. Thomas est passionné, il joue lui-même, répare, connaît les sons des unes et des autres, ayant écouté en boucle tous les guitar heroes des cent dernières années. C’est lui qui est chargé de livrer en Ecosse le joyau de la boutique, la Goldtop 54 d’une série limitée de Les Paul. Une Rolls l’attend et le conduit vers … le manoir que Jimmy Page, de Led Zep, avait acquis il y a fort longtemps. Mais l’énorme surprise vient de ce que le milliardaire handicapé, immense collectionneur, un vieux musicien semble-t-il, lui demande : trouver la preuve que la Moderne fabriquée en 1957 par le directeur de Gibson n’est pas restée un projet mais qu’elle a réellement existé. Lui, le milliardaire le sait puisqu’on lui a volé un des rares prototypes existant, estimé à 10 millions de dollars mais que son assurance ne peut lui rembourser sans preuve. Le voleur présumé, un facteur de guitares, a été assassiné, ce qui rend l’affaire difficile. Il va sponsorer Thomas pour mener cette affaire, pour un million.
Ça commence en Australie où un très important collectionneur le met, dans le savoir, sur la voie : Thomas trouve un bout de photo de cette guitare dans les mains d’un musicien inconnu, sur une pochette de disque : Li Grand Zombi Robertson. Mais la photo est tronquée. Thomas va alors entamer un circuit sur les routes du blues et du rock naissants pour trouver le disque, l’artiste. La maison de disque a brûlé, ça commence mal.
Le road trip est étourdissant. La rencontre la plus insensée, c’est celle avec un sosie presque officiel d’Elvis, un type violent qui vit dans une crasse épouvantable avec sa femme batteuse (drums) et leur bébé cradingue. Ce type cherche aussi activement la Moderne, il a lui-même une collection de guitares hallucinante. L’histoire se corse salement et ne s’arrête pas là. Il sera amené à aller dans les bayous à la recherche d’un « ami » de Zombi, ce musicien maudit car noir albinos. La face B de son 45 t. est hypnotique, prémonitoire et source d’inspiration pour pas mal de rockeurs devenus top.
Les aventures et surtout mésaventures s’alourdissent à mesure qu’il croit se rapprocher du but et qui l’emmènent aux confins de cauchemars ahurissants. La fin est inattendue, créative et plausible. C’est gé-nial !
Je vous recommande chaudement ce livre, on ne peut plus le lâcher et ça marche même si on n’y connaît rien en technique ou en musique. On apprend aussi beaucoup de choses, en passant, et c’est toujours agréable.
Sur un site, j’ai trouvé la bande-son du livre que j’écoute en écrivant ce texte. C’est ici. Avec, entre autres, Robert Johnson, Muddy Waters, Guitar Slim, Chuck, Elvis, the Kinks, Hendrix, Led Zep, Black Sab…
Que du bon ! Cerise : l’auteur est beau garçon ah ah ah !

Vintage de Grégoire Hervier, 2016, aux éditions Le Diable Vauvert (y a pas de hasard !). 392 pages. 18,50 €.

Texte © dominique cozette

 

Another Ron Rash. Des nouvelles, et des bonnes !

Je vous ai parlé de Ron Rash il y a peu, que je viens de découvrir (voir ici). Je poursuis cette rencontre avec un nouveau livre Incandescences qui masque qu’il s’agit de nouvelles (c’est écrit en tout petit à l’intérieur). Je ne l’aurais pas acheté et j’aurais eu tort car elles sont excellentes. Encore des histoires d’Amérique profonde, du côté des Appalaches, dans des sortes de trous du cul du monde où le rêve américain c’est juste un vieux fantasme d’avant, comme chez nous liberté, égalité et fraternité. Il y a des histoires de pauvreté, beaucoup car par ici, les gens n’ont pas grand chose. Sinon se bourrer la gueule le soir en écoutant du rock improbable ou du metal rouillé dans un bar cheap qui s’appelle la dernière chance, dealer et s’en mettre plein les veines ou le nez sans même se dire qu’il serait raisonnable de s’arrêter ou d’arrêter de piller ses vieux, des vieilles histoires de confédérés où on tue son voisin parce qu’il ne pense pas bien, où on pille aussi des tombes pour revendre les ceinturons et autres décorations de guerre, des types qui perdent la tête et font une grosse connerie parce que d’un seul coup le,monde a changé et qu’il n’y a pas de fraternité qui vaille juste pour une plante qu’on a coupée et que c’était votre père qui l’avait plantée, alors prison, ou des mecs qu’il vaut mieux épouser sinon tu passes pour une traînée même si le type, c’est un moins que rien. Plein d’histoires d’hier et d’aujourd’hui qui te font penser qu’au fond, on n’est pas si mal que ça ici et que les Etats-Unis, ben c’est juste un beau concept pas développé comme il faudrait.

Incandescences de Ron Rash, 2010 pour la VO. Traduit par Isabelle Reinharez. Aux éditions Points. 198 pages. 6,70 €

Texte © dominique Cozette

Les Fessebouqueries #363

 

Une semaine s’achève encore, qui s’est fait cravater par des révolutionnaires, un petit empereur nous faisant un complexe de la pensée, un ex-premier ministre quittant le rat d’eau et sa méduse, un autre désirant arrêter de nous rafarinader, un lion ni superbe ni généreux mais qui Rugy, un sacré nicolineur qui fait pschhht pour son anniv, et une grande dame qui déserte son corps alors qu’elle nous a donné le droit de disposer du nôtre comme on voulait…
– RR : Excusez mon absence. J’étais sur Whatsapp avec ma mère. Le monologue du Cid, à côté, c’est de la rigolade.
– JPT : Les Insoumis sans cravate à l’Assemblée : ça, c’est de l’audace !
– PM : Woerth à la commission des finances, du coup Dutroux pense avoir sa chance à la protection de l’enfance
– DC : Valls quitte le PS. Quel parti va-t-il prendre d’assaut ?
– JPT : Pour commander un groupe de 308 députés, il faut au moins un maréchal. Ce sera le Maréchal Ferrand.
– MK : Arrivée de l’arriviste François de Rugy au perchoir : il a bien fait de trahir tout le monde, lui
– OM : Saluons Manuel Valls qui quitte le PS avec l’élégance du Capitaine du Costa Concordia.
– OV : Donc la CGT appelle à la grève avant même le début des discussions sur le droit du travail. Un peu comme si tu commençais à organiser le divorce quand on te parle de fiançailles quoi.
– NA : Éric Ciotti annonce qu’il reste con et député Les Républicains.
– DC : Néonicotinoïdes : Hulot interdit qu’on fasse les choses de Travert. C’est clair ?
– JM : 25 ans après,on a appelé Muriel Bolle pour l’entendre à nouveau. Ça donne un peu d’espoir à Ophélie Winter.
– OM : L’arrivée de De Rugy à la tête de l’Assemblée Nationale est un formidable message d’espoir envoyé à tous ceux qui trahissent en politique !
– RR : Apparemment les femmes sont condamnées à ne rester perchées que sur leurs talons.
– NA : Laurent Wauquiez propose de renvoyer les abeilles dans leur pays.
– BI : Hier mon chef m’a demandé où j’en étais dans un dossier. J’ai refusé de lui répondre, ma pensée trop complexe se prêtait mal à sa demande.
– NP : Moi je comprends Macron : pourquoi te faire chier à penser quand tu sais que tes propos vont être analysés par Barbier et Duhamel ?
– HS : L’euro décroche en bourse à l’annonce du refus de Mélenchon d’assister au congrès. Risque de remontée des taux.‬
– DC : A 600 000 voix près, Mélenchon aurait porté la cravate pour son portrait officiel à l’Elysée. Mince alors !
– RR : On vit dans un monde où la révolution consiste à refuser de porter une cravate.
– EM : Jean-Pierre Raffarin quitte le Sénat, il veut laisser un plus jeune dormir à sa place.
– GB : Balkany, Cahuzac, et Thevenoud ne manquaient jamais une occasion de porter la cravate. C’est à ça qu’on reconnaît le respect des institutions.
– JPT : Avec Loulou Nicollin, c’est un témoin à décharge du foot français qui disparaît.
– NP : Éric Woerth à la commission des finances ? Et pourquoi pas à la moralisation de la vie politique tant qu’on y est ?
– LC : Que ce soit le propos ou qu’elles soient ménagères, Loulou Nicollin a toujours fait des ordures sa principale source de revenu.
– HS : Macron renoncerait à réunir un congrès rendu inutile par l’absence de Jean-Luc Mélenchon.
– JPT : Question : qui va garder les Insoumis pendant que leurs collègues seront à Versailles ? On ne peut pas laisser ces branleurs tout seuls dans le Palais Bourbon ! On se souvient du Reichstag ! Super Nanny est-elle disponible lundi toute la journée ?
– CV : Simone ne veille plus.
– NA : Christine Boutin est toujours en vie.
– OV & NP : Je ne dis pas qu’Emmanuel Macron a tué Simone Veil pour avoir quelqu’un d’irréprochable à mettre au Panthéon.
Je dis juste que c’est une drôle de coïncidence.
– NA : Décès de Loulou Nicolin, les pizzerias et fast-food de Montpellier craignent une perte de chiffre d’affaires de 25%.
– JS  : Xavier Niel: « On a besoin de créer le CAC 40 du prochain siècle » Oui, c’est vraiment ça dont on a besoin. Absolument besoin.
– RC : Moi la France je ne la nique pas, je lui roule des pelles, je lui mets des petits doigts de plaisir, je lui fais un petit cuni et je lui file une clope une fois qu’elle a joui.

Illustration © dominique cozette sur photo officielle Elysée. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Polar qui va me polariser sur Ron Rash

Je ne connaissais pas Ron Rash. Et soudain, dans une de mes deux librairies sétoises préférées, j’avise une petite somme de cette auteur et me dis tiens, un auteur américain que cette librairie semble aimer. Référence. Voyons voir. J’achète donc Un pied au paradis et je plonge dedans telle la louche en argent dans une soupière de caviar. Et j’en ramène quoi ? Une furieuse envie d’en acheter d’autres.
Un pied au paradis est une sorte de polar. Pas une enquête acharnée sur une mort d’homme mais l’histoire des personnages concernés par elle. Un polar red-neck qui se passe dans une vallée paumée du côté des Appalaches, où tout le monde connaît tout le monde, ils sont si peu, si dispersés sur les vastes terrains, mais fidèles aux retrouvailles dominicales du culte. Billy est un jeune homme courageux au travail, qui boîte un peu suite à une grave polyo et qui a involontairement conquis le cœur d’une très belle fille, Janice. Ils se marient, ils s’adorent, il cultive âprement des légumes pour l’hiver et du tabac pour le fric en attendant de mettre un bébé en route. Mais le bébé ne veut pas venir. Le malheur s’installe, c’est lui et ses spermatos handicapés les responsables. Loin là-haut vit une vieille, sorte de sorcière crainte et puissante chez qui ira Janice pour trouver un remède à la stérilité. Drôle de remède.
Dans la première ferme voisine vivent Holland (oui, c’est son nom) et sa veuve de mère. Lui est rentré décoré de la guerre de Corée, sorte de héros pénible qui fout un peu la merde dans les bars, mais on le comprend. C’est lui qui disparaît, c’est de chez Billy que venait le bruit d’un coup de feu, et c’est par là que vont aller fouiller le shérif et ses hommes. Il fait une telle chaleur qu’il est impossible que le cadavre soit laissé à l’abandon. Où peut-il bien être ? Cette quête s’amplifie, c’est assez original.
La réponse viendra en plusieurs fois car cinq personnes bâtissent le récit. Et à chacune d’elle, un pan de la vérité se fait jour. C’est très bien construit, c’est sombre, on entend les bêtes et la rivière qui coule, comme dans tout bon roman américain. Très bon livre, c’est le premier de cet auteur.

Un pied au paradis de Ron Rash en 2002. One foot in eden in english. Traduit par Isabelle Reinharez. Au livre de poche. 316 pages. 7,30 €

Texte © dominique cozette

Un drôle de livre !

Il s’appelle Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord, il est de Garth Risk Hallberg, très jeune homme qui a été révélé par un best-seller : city of fire, pavé de 1000 pages que je vais essayer de trouver, et qui a permis à celui-ci  d’être réédité. Car Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord a été publié en 2007 chez un éditeur de livre d’art. Car c’en est un. Sur chaque double-page, une photo plutôt imprécise prise par une palanquée de jeunes photographes tendance. Sous la photo, une qualité, un état, un qualificatif (fidélité, mauvaises habitudes, divertissement, sens à la vie etc) traité comme un élément vivant, comment il survit, se reproduit, se transmet. Donc déjà, très curieux. Et sur l’autre page, qui n’est pas blanche mais vieillie et salie comme un vieux papier trouvé par terre, le texte qui lui correspond. En tout une soixantaine de textes qui racontent une anecdote arrivée à une des deux familles de référence. Mais dans le désordre, et par un des petits bouts de la lorgnette, ce qui peut aiguiser notre curiosité ou nous agacer. Les deux.
Les deux familles de référence sont voisines avec deux enfants chacune, un garçon et une fille qui se fréquentent, un jeune menteur, un père qui meurt et un père et une mère qui divorcent. Ces histoires évoquent l’american way of life côté plus nightmare qu’american dream : BBQ, télé, céréales, vols, bagnoles, chagrins, dope… On y apprend accessoirement que le jeune homme a eu un accident terrible, on n’en connaîtra la cause qu’à la fin.
Objet attachant autant que bizarre, sur les tables des bonnes librairies car bénéficiant de bonnes critiques, agréable à feuilleter, que d’ailleurs on peut suivre dans le (dés)ordre qu’on veut ou par les entrées ménagées par l’auteur, un peu comme un bestiaire. Ou un mode d’emploi des banlieusard new-yorkais. J’aime beaucoup le style.

Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord, de Garth Risk Hallberg, première édition en 2007, réédite en 2017 chez Plon. 150 pages, 16,90 €.

Texte © dominique cozette

 

Les Fessebouqueries #362

Tout a fondu cette semaine de canicule qui rime avec en marche avant et recule, on patauge dans une soupe de fourzitou législ-hâtif composée d’une grosse potée bayroussie, avec une cuillerée de fillonnade rancie, un gros mélenchonchon bien odorant, trois rondelles de Philippot de chagrin, un chouïa d’assaut de Valls, une pincée infinitésimale de Villani. Plongez-y un petit Gregory faisandé, laissez mariner jusqu’au prochain remaniement, touillez et servez en chaussettes-claquettes et en musique. Bon app !
– CV : — Regarde Maman, un loup !
 —  Non mon chéri, ce n’est pas un loup, c’est monsieur Balkany, le maire de Levallois.
– OVH : Affaire Grégory. Bob Lépange pressenti pour vider la Vologne.
– JC : Perso, je trouve que l’entrée de Marine le Pen à l’Assemblée nationale est plutôt une bonne nouvelle. Si elle y est aussi brillante que lors du débat avec Macron, on a pas fini de rigoler.
– JB : J’imagine le choc des nouveaux députés quand ils vont voir que l’Assemblée Nationale n’est pas du tout le palais du bourbon !
– PR : Leguen s’accroche aux branches mais il n’y a plus d’arbre.
– FV : Philippot battu, mais par une « vaguelette », donc c’est moins grave d’après lui…
– MK : Election contestée de Manuel Valls : y a-t-il bourrage des burnes ?
– YB : Entre ici, Jean-Luc Mélenchon, avec ton terrible cortège d’insoumis
– MK : Et Fillon, au fait, il a été élu dans sa circonscription de Fleury-Mérogis ?
– PR : Si j’ai bien compris Dassault a gagné dans l’Essonne. C’est ça ?
– OM : « Mort d’un matador dans les Landes. » Le présumé coupable se serait radicalisé après avoir reçu sa 5ème banderille dans le dos.
– JPT : Entendu Mélenchon traiter Cédric Vilani de « matheux » qui n’a jamais vu un contrat de travail. Collard a du souci à se faire pour conserver sa palme de « gros con de l’hémicycle ».
– FIA : Quand on regarde l’écriture et l’orthographe dans les lettres de menace, on voit bien que c’est écrit par un corbeau.
– JB :Décidément Bayrou n’a pas de Pau.
– CC : bayrou il me fait penser au petit cousin timide au bout de la table qui récupère toujours les miettes mais jamais une vraie part de gâteau
– CV : Canicule : On ne peut pas être et avoir l’été.
– Y9 : Mélenchon en voyant le drapeau européen à l’Assemblée: « on est obligé de supporter ça? ». On va bien être obligé de te supporter, Jean-Luc.
– FIA : Bayrou n’était déjà plus ministre que mon hand spinner tournait encore.
– JB :  Tu te rends compte que tu es vieux quand 85% de tes amis se plaignent de la fête de la musique et que personne ne t’a proposé d’aller y faire un tour pour picoler comme un con un mercredi soir.
– HD : Une dirigeante de la SNCF intègre le gouvernement. Conséquence immédiate : sa composition est annoncée avec 1h30 de retard.
– CD : Je viens d’entendre :  » François Bayrou va s’exprimer sûrement longuement sur son départ du gouvernement. » . Même quand il ne parle que 5 mn, c’est long de toutes façons.
– JC : Une toulousaine socialiste à la Justice. Bonne nouvelle. J’espère qu’elle va rétablir la peine de mort pour ceux qui mettent de la viande de cheval dans le cassoulet.
– OVH : Remaniement ministériel. Florence Parly, ministre des centres commerciaux du gouvernement Philippe 2.
– JM : Hanouna annonce une formule plus chic pour TPMP l’année prochaine. C’est terminé les nouilles dans le slip, on passe aux tagliatelles.
– OV : De toutes façons Bayrou était obligé de démissionner : on ne peut pas être à la fois palois, hors-la-loi et faire respecter la loi.
– OK : URGENT : Plan canicule, les policiers et militaires affectés au plan Vigipirate seront équipés de pistolets à eau.
– EM : François Bayrou quitte le gouvernement pour redevenir deux simples citoyens.
– RB : C’est bon, vous avez compris que les méditerranéens et les africains n’étaient pas fainéants par nature, ou on doit continuer la canicule ?
– CA : Les mecs qui se plaignent de ne pas pouvoir porter de short et nous envient de porter des « robes », n’oubliez pas de mettre aussi un soutif.
– OM : Une pensée pour le présumé terroriste des Champs qui en ce moment même négocie ses 72 vierges contre un parechoc et une aile froissée.
– FG : Florian Philippot, battu aux législatives, redevient simple journaliste à BFMTV
– LC : Et dire qu’à une humilité près, Jean Luc Mélenchon devenait sympathique.
– AS : L’iphone, on le met à gauche ou à droite de l’assiette ?
– JFR : Cédric Villani, brillantissime mathématicien qui converse avec le cosmos vient tout juste d’élaborer son nouveau théorème : 
(Tête de Mélenchon) au carré = Intégrale de la connerie exponentielle
– OM : Les jeunes qui mettent des chaussettes dans leurs claquettes cet été, c’est les mêmes que ceux qui ont passé l’hiver les chevilles nues ?
– JM : Trump veut faire installer des panneaux solaires sur son mur entre les USA et le Mexique. Le mec vient d’inventer le racisme écologique.
– VI :  Conclusion du rapport de stage de Bayrou « Le ministère de la Justice était passionnant, j’y ai découvert des personnalités et des parcours exceptionnels. »

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Vieilles, d'accord, mais quelles canailles !

Ce titre du Point, alarmiste comme tous les titres du Point, mérite un bon crochet dans la gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Bah rien, Jojo. Ta gueule est chargée certes, elle a vécu plus de mille vies, et aujourd’hui, enfin hier soir aux Arènes de Nîmes, blindées, elle a encore montré à toutes ces vieilles lunes que ta gueule n’a rien n’a craindre des autres. Quelle présence, quelle voix, quelle bonne humeur, quelle énergie, quel talent !
Oui, ce fut un spectacle époustouflant. Parce que le grand petit Charles était là ? Et Laetitia et les pitchounes comme ils disent ici ? Tu t’es défoncé, mec, et je ne devais pas être la seule à me dire : arrête un peu, laisse les deux autres relayer, tu vas claquer… Les deux autres faisaient ce qu’ils pouvaient pour être à ta hauteur. Schmoll toujours sobre et vaillant, schmollant as usual, mais interprétant quelques chansons pas connues, puis Jacquot, poussant la chansonnette avec ce demi sourire l’air de dire : je n’en pense pas moins, brindille un peu branlante entre les deux maousses du rock français. Bref, Jojo, tu nous l’a encore fait : moi vivant, je ne serai jamais mort. Alors la voix, dès la première note, brillante et vibrante comme la vingtaine de cuivre derrière vous, galvanisant les fans des premiers jours, du Pénitencier à Gabrielle pour finir sur Toute la musique que j’aime. J’ai pas honte de dire que j’étais poignée comme tous, parce que c’était poignant. 74 ans ce mois-ci, le plus jeune des trois, en chimio, cancer et bidule, on n’y croit pas, c’est du fake news, même si ou t’a vu en promo à la télé, amorti comme tes compagnons. On craignait la mollesse, la décrépitude, le pathétique. Et on avait tort. Le petit Charles, 93 ans, ton presque papa, cheveux tout blancs, il fallait envoyer face à lui. Tu as envoyé grave. Pulvérisé les doutes. Ça a commencé par Les cactus, par toi, ouais, trop fort.
Le public était plus pimpant que d’habitude où sévissent les gros relous à pattes, tattoos, santiags et cuirs. Des sexygénaires en robiches, des septuas bien coiffés, j’ai repéré seulement deux sosies un peu tapés de Jojo et un de Schmoll façon P. Sébastien, c’est vous dire. Et à côté de nous, sur les gradins du vomitoire (premier rang, super places payées un bras de tourne-disque), un couple hyper mignon de quadras dont les parents, quelques rangs derrière, étaient aussi des fans de toujours. Ces jeunes qui connaissaient tout de nos années yéyé, vénéraient Presley, Sinatra et donc Johnny, sont allés au bar et nous ont rapporté une coupe de champ parce qu’ils nous trouvaient sympas. De rêve, quoi, tout ça.

J’avais décidé de faire mes adieux à Johnny au Parc des Prince pour ses 50 ans, c’était torride. Cette fois je ne pense pas le revoir de sitôt, pas parce qu’il aura préféré rejoindre Gene V et sa clique, mais parce que moi, je vise ses 100 ans, sinon rien, je vais donc garder une belle image de celui qui faisait battre mon cœur de 13 ans avec Laisse les filles, ses hoquets, son déhanché, sa chemise en dentelle et cette phrase un peu choquante : lorsque ma mère s’est radinée… Clip à voir ici (après une pub Meilleurtaux au casting calamiteux).

Texte © dominique cozette

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