
Ce que la guerre fait aux hommes est le titre très explicite du dernier livre de Claude Guibal, grand reporter (ou grande ?) de guerre. Basée en Egypte pendant quinze ans, Claude Guibal a travaillé notamment pour Libé, l’Obs, et Radio-France dont elle est dorénavant au service international, prête à partir dans tout endroit où éclate un conflit.
Elle n’a pas froid aux yeux et ce qu’elle nous raconte ici ne sont pas des faits de bravoure à sa gloire (même si c’en est) mais une sorte de vie quotidienne dans ces lieux chavirés où le pire peut arriver. Ses voyages, ses trajets avec d’autres reporters ou professionnels ou gens du pays qui l’infiltrent, ses installations, provisoires ou plus longues dans des appartements chouettes ou des endroits de fortune sans confort.
Elle évoque ses rencontres, ses amitiés, ses promesses qu’il est impossible de tenir, ses protégé.es envoyé.es en France le temps de respirer. Elle nous parle de ses disparus, des grigris qu’on lui offre pour déjouer les mauvais coups, bref tout ce qui font les journées d’un reporter auprès d’une population victime de la folie humaine. Elle nous livre aussi des « trucs » pour s’en sortir ou pour être mieux ou pour faire comme si tout allait bien.
Et ses retours en France avant des départs précipités.
C’est évidemment passionnant, émouvant, et je n’en dis pas plus car je l’ai lu il y a quelques semaines…
Ce que la guerre fait aux hommes de Claude Guibal, 2026 aux éditions Albin Michel. 236 pages, 19,90 €
Texte © dominique cozette