Eloge de la plage

Le livre de Grégory Le Floch, Eloge de la plage, nous embarque dans un lieu que nous connaissons tous, dont nous rêvons tous, lieu magique où nous aimerions nous téléporter quand nous n’y sommes pas : la plage. Et pourtant, il y a très peu de temps que l’humain jouit de ce splendide bord de mer. Jadis, au contraire, il était craint ou ignoré. Les villages se construisaient loin des plages, ou dos à elles, sauf les ports, et seuls les fous et les malades y étaient emmenés pour soins. « Les premiers à fréquenter les plages sont les fous et les névrosés. Cela peut paraître étrange mais je ne suis pas surpris. Les fous ouvrent vraiment la voie. Ce sont eux qui débusquent la beauté, traquent les visions, malaxent et triturent la vie au péril de la leur jusqu’à ce que nous y percevions, nous autres, une petite trace de lumière. »
Que l’on se rassure, il ne s’agit pas d’un historique mais bien d’un ensemble de réflexions, de souvenirs et de références qu’a inspirés ce lieu. L’auteur cite nombre d’écrivains et d’artistes qui s’y sont illustrés comme Paul Morand, Eric Rohmer, Marcel Proust, Eugène Boudin le peintre, Brigitte Bardot, la liste est longue et savoureuse. Il se plaît à nous raconter les plages du monde qu’il a sillonnées ou adoptées avec son compagnon, celles qui disparaissent ou qui réapparaissent sous la furie des vagues ou par la bêtise des hommes.
Peuvent-ils le croire, les jeunes gens, que les hippies suivaient un circuit des plages pour aller jusqu’à Katmandou : on passait par Ibiza, Matala en Crète, Goa etc. Infaisable, bien sûr, de nos jours.
Il nous emmène dans des petites criques grecques, ou sur la plage que Jane Campion a choisie pour La Leçon de piano. Puis sur l’île d’Elbe, en Calabre. Il nous fait rencontrer Hermann Hesse adepte du nudisme. Et nous fait revivre quelques épisodes du débarquement.
Mais, car il y a toujours un mais, il nous attriste avec ce que nous faisons de ces lieux idylliques, les pollution de toutes sortes, les saletés que nous laissons traîner, les mines dont les truffent les guerres et surtout, surtout, l’énorme trafic mondial de sable : car le sable nous est indispensable pour fabriquer le ciment, le verre, l’asphalte, les routes etc. Les mégapoles qui se construisent en plein désert en sont avides car hélas, le sable du désert, trop rond, est inutilisable. Alors on pioche dans le patrimoine mondial, mers et rivières, on bouscule la diversité, on détruit, on vole, on fait des trous tellement énormes dans la mer que les plages finissent pas y disparaître. Sans parler de l’érosion, la bétonisation, la montée des océans… Des milliers de kilomètres de plages sont en train de disparaître irrémédiablement. D’autres sont devenues de vrais cimetières pour migrants. Le rêve devient cauchemar.
Puis la mer efface tout, la plage redevient vierge. Ce que nous souffle l’auteur : profitons encore des moments si beaux passés dans ces magnifiques endroits, ça nous rendra un bel éclat de vie.

Eloge de la plage de Grégory Le Floch, 2023 aux éditions Payot&Rivages, 236 pages, 19 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #641

L’actu est ainsi faite qu’elle est parfois conne et marave*. Quand elle a un truc dans la tête, elle ne l’a pas dans le renflement brun, c’est comme ça comme le chantait si justement Catherine Ringer, qui ne pouvait pas prévoir que non, c’est pas toujours comme ça, et heureusement car sinon le petit mec aux talonnettes viré du pouvoir par un conducteur de pédalo nous forcerait la main sur un autre petit mec à bistouquette vicieuse pour nous présider. Nan mais des fois ! Sinon, oui, on n’attendait que ça, un numéro vert pour aider à faire baisser la température annale des non-sachants. Ne laissons pas passer une occasion de tchin-tchiner avé les glaçons, dear friends !

  • CEMT : Gérald Darmanin : « Et pour éviter toute nouvelle polémique sur Michel Sardou, j’ai décidé de dissoudre Juliette Armanet. »
  • DJ : Une meuf dit qu’elle aime pas Sardou = fin de la civilisation
  • DSO : Moi j’aime bien Juliette Armanet, elle est en boucle sur la radio d’Intermarché et je trouve que sa chanson est très inspirante pour choisir le meilleur melon.
  • PE : Est-ce que Juliette Armanet connaît Marat ?
  • EM : La semaine prochaine, Juliette Armanet vous donnera son avis sur «Tu veux mon zizi» de Franky Vincent.
  • NMB : Vous n’êtes plus que douze à ne pas avoir donné votre avis sur la chanson de Sardou, merci de le faire rapidement qu’on puisse passer à une nouvelle polémique. Cordialement.
  • NP : — Papa ? Vous faisiez quoi en 2023 pendant que le réchauffement climatique s’amplifiait ? — On débattait pour savoir si « Le lac du Connemara » était une chanson de merde ou pas. — Pourquoi ? — Je ne sais plus. Ferme bien la porte, il fait encore 40 ° dehors.
  • RR : Neymar quitte Paris et rejoint l’Arabie saoudite. ON S’EN TAMPONNE LE COQUILLARD, IL NOUS RESTE SARDOU.
  • MA : Mes gamins, c’est comme mes règles. Quand je les ai, ça me saoule et quand je les ai pas, je me fais du souci.
  • NR : Sarkozy adoubant Darmanin dans son dernier livre. Bref, un trouduc qui a échangé des faveurs sexuelles contre une promesse de passe-droit et qui a appelé ça « avoir une vie de jeune homme », soutenu par un voyou multi-condamné cerné par la justice. Ça envoie du rêve…
  • PA : Peu de gens le savent, mais il est possible d’entendre un avis différent du sien et de passer à autre chose sans s’agresser.
  • CV : Je viens d’apprendre que le haut court qu’on appelle souvent et bêtement en France « crop-top », est nommé « chandail bedaine » au Québec. J’en suis fort aise.
  • LGG : Bien sûr que Nicolas Sarkozy a le droit de s’exprimer. Depuis le parloir, par contre.
  • MR : On apprend donc qu’un multi-récidiviste Sarkozy adoube pour les prochaines présidentielles, un menteur patenté qui a reconnu avoir échangé des faveurs sexuelles contre un logement. Au Japon le type se serait fait hara-kiri, en France il joue les influenceurs politiques !
  • CH : Darmanin Président d’après Sarkozy. Première réforme : Réhabilitation du droit de cuissage.
  • OR : Gérard Leclerc travaillait pour C News, la chaîne de Bolloré. Évidemment, la presse de gauche se garde bien d’évoquer la piste criminelle. Quand cessera-t-on de nous mentir?
  • NMB : Quitte à se foutre de notre gueule avec leur numéro vert canicule, j’espère au moins qu’ils ont mis « l’été sera chaud, l’été sera chaud » en musique d’attente.
  • RR : On est d’accord que le mec qui vient de demander un cappuccino au lait d’avoine juste à côté de moi doit être un sacré étalon ?
  • ML : Pourquoi on ne dit pas : « Quelle heure est-elle » ? Ça me hante depuis des années.
  • GR : Cinq fois la taille du Titanic : le plus grand paquebot du monde accueillera bientôt 7600 passagers. Et plus aucun iceberg pour le couler.
  • PB : Plus on leur dit qu’on va droit dans le mur, plus ils appuient sur l’accélérateur, ces cons là.
  • AS : Un papi condamné pour avoir vendu de la drogue dans son Ehpad à Caen. Il payait son Ehpad, on va payer sa détention.
  • MBC : Vincent Bolloré : « Le réchauffement climatique est une arnaque islamo-gauchiste. Sur mon yacht climatisé la température ne dépasse pas 22°C. »
  • GD : Comme Nicolas Sarkozy, le moustique nous rappelle une vérité : la capacité de nuisance n’est pas une question de taille.
  • .MBC : Éric Ciotti : « Je ne comprends pas comment l’Allemagne est passée du nazisme à la légalisation du cannabis. »
  • * Marave est un nom féminin utilisé en argot. Le verbe maraver a comme synonymes se bagarrer, se battre, taper.

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Sacré Fab Cacaro !


Fan depuis le premier jour de Fab Caro, puis de Fabrice Caro, auteur de Zaï zaï zaï zaï dont a été tiré un film hilarant, rencontré plusieurs fois lors de signature donc vérifié que c’est un mec bien, drôle et tout, bouche bée devant son humour ravageur, je viens de m’offrir son tout dernier opus intitulé Journal d’un scenario qui, comme son nom l’indique, narre les affres d’un auteur aux prises avec une prod de film.
Comme de bien entendu, notre héros, Boris, est un loser. Inhibé, ayant une conscience fléchissante de lui même, néanmoins sûr de son talent créatif, il vient de finir Les Servitudes silencieuses, un scénar prout prout (c’est le cas de le dire) ambitieux, qui sera tourné en N&B et dont les deux héros seront Louis Garrel et Mélanie Thierry, conditions sine qua non à la négo de son futur succès.
Le producteur trouve son idée super, alors, il est fou de joie, et, cerise, rencontre à une soirée une jeune femme férue de ciné à laquelle il va confier tous les détails de sa créations. Elle en connaît un rayon car elle étudie le cinoche. Ils ne parlent plus que de ça, ciné, ciné, ciné.
Yann, son ami qui vient de subir une rupture, lui envoie son fils, un glandu style dilettante, qui lui fera un magnifique projet d’affiche. Boris ne sait pas dire non.
Il ne dit pas non non plus lorsque le producteur lui propose avec une insistance bienveillante et positive un autre comédien, puis un autre couple, un truc qui n’a mais alors rien à voir. Et qu’ensuite les financiers concernés développeront eux-mêmes des idées d’une vulgarité sans nom pour gagner les faveurs d’un public en quête d’humour. Car ils s’y connaissent en film et en humour.
Ces changements qui le mettent à bas, il est bien obligé de les accepter mais il continue à jouer la comédie devant la jeune femme dont il est amoureux, elle-même très amoureuse de Louis Garrel.
Je n’en dis pas plus… Personnellement, je n’ai pas vraiment aimé les gags grossiers des financiers, mais sinon, c’est un bon moment à passer, d’autant que Fabrice nous fait réviser des dizaines de films-cultes dans sa recherche de comparaisons à sa douleur de voir se diluer son idée.

Journal d’un scenario de Fabrice Caro, 2023 chez Gallimard Sygne, 190 pages, 19,50 €.

Texte © dominique cozette

La Péremption

Les pièges de ce livre de Nicolas Fargues, La Péremption :
– 40 ans. Nicolas Fargues n’a pas 40 ans comme il est exclamé sur le bandeau, mais ce sont les éditions P.O.L créées par feu l’incroyable Paul Otchakovsky-Laurens, mort lors d’un regrettable accident pendant ses vacances, qui les ont cette année. L’auteur, lui, a 51 ans, comme son héroïne Zélie.
Le Masque et la Plume ont encensé le bouquin dans un de leurs conseils.
– Le mec est un très bel homme après avoir été un très beau jeune auteur talentueux, donc oui, on aime lire du beau.
– le style est actuel, pour une vieille comme moi, il réfère beaucoup aux tics et éléments de langage qui habillent tous les billets et se déversent du bec de tous les sachants.
– C’est du P.O.L donc c’est du bon.
Et puis j’ai lu quelques-uns de ses titres de jeunesse où il se racontait avec aisance. Puis j’en ai lu un qui m’a déçu en mal. Donc je n’ai plus lu. Sauf que je m’y suis remise pour celui-ci, la preuve.
L’histoire n’est pas d’une grande originalité, c’est une femme sur le retour, comme on ne dit pas des hommes, donc fraîchement ménopausée, comme on ne dit pas des transgenres, qui prend une retraite précoce suite à un petit héritage et un désir de créer. Voilà-t-y pas qu’elle fait connaissance « par hasard » — comme on dit pompeusement trop souvent — lors d’une fête, un tout jeune homme issu de la diversité, très branché, « dreadlocks courtes aux pointes teintées de blond », qui se fait appelé Shock, Séraphin pour l’état civil, et se dit entrepreneur. Une histoire se noue, la vieille riche aisée et le jeune black en plein développement qui veut monter un élevage de je ne sais plus quoi dans son pays d’origine, la RC.
Ce livre est aussi agréable à lire qu’une satire de notre temps avec nos manies stupides, nos idées à la con, nos manières d’être ridicules, nos snobisme à la noix et nos références semi-culturelles vérifiées sur Wiki . Fargues s’amuse à les dézinguer avec grâce, il faut bien le reconnaître, et c’est très plaisant. Après ça, vous arrêterez peut-être de dire que vous êtes sur Paris.
Comme je suis d’humeur flemmarde, je te vous colle deux bonnes citations piquées dans Babelio :
« Une génération venue au monde avec une maîtrise innée du montage vidéo à coupe franche, de l’usage de la touche lecture rapide de la télécommande et des mots-consonnes de trois lettres. Hermétique aux temps morts, au silence, aux conjonctions de subordination et aux textes de plus de six lignes. […] Pour faire la conversation à Darel – et, par là, pour faire plaisir à Furio à qui je n’osais demander si lui et Darel étaient également amants, j’avais hasardé le nom d’Hervé Guibert. Darel m’avait toisée avec cette compassion amusée qu’on pouvait réserver, de mon temps, à un admirateur du violoniste André Rieu ou du saxophoniste Kenny G. J’avais pensé rectifier le tir en lançant celui de Guillaume Dustan moins consensuel. Lui, c’est vrai, on peut pas complètement nier qu’il a eu sa part dans le mouvement global, m’avait concédé Darel avec mansuétude. Mais je dirais qu’il reste quand même assez peu challengeant, vu l’importance du contexte, avait-il ajouté pour que je ne me fasse pas trop d’illusions non plus sur la pertinence de mes références archaïques. […] Avec Furio, ma règle était simple : ne pas aborder les sujets qui m’intéressaient. »
« Avec les réseaux sociaux qui, depuis quinze ans, avaient donné la parole au peuple dans son ensemble, les rapports de force étaient désormais inversés. le peuple et ses goûts pas toujours sélectifs, on n’entendait plus que lui. »
Comme quoi la forme peut aussi faire la rue, ça mange pas de pain si on manque de fond (vieilles expressions des musicos du milieu du XXème siècle).
Bref, la sémantique bien maniée peut amuser des esprits simples comme le mien à la mi-août.
J’oubliais : les prénoms aussi font la rue Michel : Elle c’est Zélie, son fils Furio, son ex Alessandro, Shock son amant alias Séraphin, Darel un pote etc.

La Péremption de Nicolas Fargues, 2023 aux éditions P.O.L. 190 pages, 19 €, ce qui nous fait la page à dix centimes exactement, et la couv en cadeau.

Texte © dominique cozette hors le passage Babelio.

Les Fessebouqueries #640

Ça fleure la désertion, cette semaine, plus beaucoup de faiseurs de rigolade sur l’actualité. Mais en grattant bien, j’en ai trouvé un chouïa, alors pas question que vous vous souleviez . D’ailleurs, on ne dissout pas un soulèvement et ce pauvre Darmanain est bien embêté, entre ses flics en prison, ses autres flics qui envoient des balles, ses autres qui tuent, on lui gaspille ses jours de congés. Sinon, les Fessebouqueries du jour, c’est comme un sac de plage, c’est bourré de trucs inutiles (les clignotants), des vieux bonbons fondus (Renaissance), un string de rechange (la secrétaire d’Etat à la ville), un coquillage qui pue (le JDD), un bouquin mouillé (les bouquinistes), du sable en pagaïe, un vibromasseur (Droite au coeur) et une bouée de sauvetage (Soulèvements de la Terre). Pour trinquer frais, vaut mieux commander au bistro de la plage. Tchin dearest friends !

  • ML : Les Soulèvements de la terre ont mis Darmanin un genou à terre.
  • GD : Soulèvements de la Terre 1 – Gérald Darmanin 0.
  • MBC : Gérald Darmanin : « Il ne faudrait pas que les Soulèvements de la Terre demandent maintenant la dissolution du ministère de l’intérieur. »
  • SA : Pourquoi ils veulent enlever les bouquinistes pendant les J.O. de Paris ? Ils ont peur que des sportifs se mettent à lire ?
  • MBC : Sabrina Agresti-Roubache : « Si j’ai accepté l’interview du JDD, c’est parce que je croyais que c’était le Journal de Mickey. »
  • NP : Vacances en famille : oui, ben les différentes branches de la famille ne se parlent plus. Et on n’a même pas eu le temps d’aborder les sujets du vaccin, de la politique. Tout va plus vite de nos jours.
  • CC : Dans les choses utiles qui néanmoins disparaissent de notre quotidien pour d’obscures raisons voici mon top 3 : la cafetière (sans capsules etc), la nappe en tissu et évidemment, le clignotant au rond-point.
  • OR : Ce matin, Geoffroy Lejeune et son équipe restreinte préparent la une du prochain JDD : le palmarès des plages où on ne croise ni migrant ni burqini. C’est un sujet estival et consensuel.
  • IP : A chaque fois qu’une personne se fait tuer par la police, on dirait que l’enquête consiste essentiellement à découvrir pourquoi la police a raison de tuer des gens.
  • RP : Etre emprisonné dans une obscure prison sénégalaise après avoir défendu un opposant politique louche, c’est sans doute plus efficace pour draguer en soirée que raconter son concert de Lomepal ou Louane aux Francofolies.
  • OM : Marseille : un policier hors service ouvre le feu en centre-ville, un blessé par balles. Si ça se trouve il était en arrêt-maladie…
  • MBC : Gabriel Attal : « Bernard Arnault m’a dit de dire qu’il n’est pas un ultra-riche, mais juste un Français de la classe moyenne supérieure, comme tout le monde. »
  • NR : Faudrait aussi envisager la dissolution de Renaissance, parti constitué de : — mafieux cernés par les scandales d’État et les affaires — renégats devenus des sbires de Macron après lui avoir craché au visage — parasites qui servent les puissants et méprisent le peuple souverain..
  • NW : « Droite au cœur », le site de rencontre pour les célibataires de droite et d’extrême-droite lancé en juin manque de… femmes : elles ne représentent que 7% des inscrits, nous apprend le Canard cette semaine. On se demande ce qui les fait fuir… Le sexisme, peut-être?
  • GD : Avez-vous déjà vécu une expérience paranormale ou une aventure que vous ne pouvez pas expliquer ? — Oui, j’ai vu des gens avoir un désaccord hier sur Twitter et se répondre poliment.
  • NP : De toute façon les vacances en famille, c’est un truc inventé par les patrons pour qu’on ait envie de retourner au boulot.
  • JPT : Ce qui en dit long sur l’état de la France, ce n’est pas que Mireille Mathieu juge Macron inapte à servir de médiateur entre l’Ukraine et Poutine, c’est qu’un journal et un journaliste croient faire leur métier en rapportant ses propos.
  • SA : « Faire nation », le nouveau concept de la macronie… Cela ne veut strictement rien dire , mais c’est joli… Tu fais quoi aujourd’hui ? Je fais nation et toi ?
  • MBC : Christophe Béchu : « Les canicules s’emballent et je ne vois pas ce qu’il y a de drôle. »

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Commencer mais comment


Par curiosité, j’ai lu ce livre de Claire Marin, une philosophe dont on parle beaucoup et qui réalise de beaux scores de vente. Ce livre a pour sujet « Les débuts », c’est sont titre avec pour sous-titre Par où recommencer, et balaie le spectre des commencements auxquels nous sommes tous confrontés : notre vie déjà mais quand commence-t-elle ? Nos souvenirs ne sont pas fidèles, nous sont souvent racontés et déterminent notre moi involontairement. Donc où nous commençons-nous ? Le livre s’ouvre sur un début très net avec la naissance de sa fille. Oui, tout commence pour la mère, c’est simple et ça marque un réel tournant dans la vie.
Claire Marin va évoquer l’impatience des débuts, quand l’enfant veut déjà savoir pédaler ou jouer d’un instrument ou lire, par exemple, ou danser. Comme lui, on veut pouvoir exercer nos talents machinalement mais si cela devient une sédimentation, ça va manquer d’imprévu.
Il y a des commencements qui ne sont pas suivis, ou très peu, et à ce titre, engendrent des souvenirs brefs et émouvants. Elle parle de la beauté de l’éphémère. Le plaisir de la nouveauté, la soif de l’inédit, la recherche du jamais vu. Porte à notre connaissance la différence du ressenti de l’instant ou du temps entre Bergson et Bachelard.
Je ne vais pas faire le catalogue des chapitres traités par Claire Marin, toutes les questions philosophique y passent, la mort, le doute, le deuil, la peur… Ce qui est cool, c’est qu’en fait elle nous explique ou nous ré-explique ce que nous pensons savoir, de façon simple, avec des exemple de personnes que nous connaissons, que ce soient les classiques de la philo ou des écrivains comme Annie Ernaux, Perec, Nicolas Mathieu. Très plaisant à lire, pas de prise de tête et un peu de remue-méninges qui ne fait pas de mal.

Les débuts, par où recommencer de Claire Marin, édité chez Autrement, 2023. 190 pages, 19 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #639

C’était il y a pile dix ans. Moi aussi, je recycle car ces temps-ci, on se répète, d’où ce bain de jouvence avec feu notre président préféré bien que ce soit Goldman la personnalité que les Frenchies adorent ! J’aimerais savoir comment le questionnaire a été conçu et administré aux braves gens eud’chez nous pour avoir répondu un truc pareil ! Pourquoi pas Cabrel ou Patricia Carli ? En même temps, on s’en fout car Chichi, alias Jacquot, a repris la clope !  Ça, c’est de première bourre ! On aurait envoyé une cellule de crise à Bernie… Bon, voilà. Heureusement que mes amis facebook ont un tas de choses super excitantes à raconter ! Merci, dear friends !
Et comme je ne suis pas chienne, je vous en mets quelques-unes du jour.

– BD : Champs De Mars 16H42 :   Flash ! Flash viens ici, vient ici bordel…p´tain jamais vu un chien aussi lent…
– JPT : J’ai reçu un message intitulé « Votre boucher en ligne ». Je n’ai pas répondu, j’ai déjà une souris.
– ML : 123 personnes sont mortes noyées depuis le mois de mai. Ce qui relativise un peu le succès de la natation française.
– OK : Le problème des musulmans c’est que, non seulement ils piquent nos emplois, nos femmes et nos allocs, mais aussi nos places de prison !
– PB: On peut dire ce qu’on veut d’Al Qaeda, mais c’est des mecs qui connaissent pas les 35 heures.
– PJ : En m’arrêtant à Toulouse je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter un nougat rond.
– AM : Vous ne m’enlèverez pas de l’esprit que les enquêtes pour connaitre les personnalités préférées des français ont lieu à la sortie d’un LIDL
– ML : Seul avec Bernadette, il reprend la clope. On le comprend. Moi, je passerais directement au cancer des poumons.
– MC : Le petit vieux vient de me rappeler que l’homosexualité va à l’encontre des lois de la nature. J’ai dû lui rappeler que son pacemaker aussi.
– AM : Dans le train, on reconnaît les gens qui n’ont pas Twitter à leur façon de se plaindre à haute voix.
– OK : Ah ma brave dame c’est grave tout s’qui s’passe ! C’est la porte ouverte j’vous l’dis ! En même temps, avec cette chaleur, ça fait du bien !
– AJ : Chirac qui reprend la clope… Comme quoi tout est possible, mais de là à ce que Hollande reprenne le socialisme… FautPasRever.
– DC : Chirac s’est remis à fumer après l’amour, a dévoilé Bernadette. Le reste du temps, il boit sa Corona et suce les osselets des pieds de veau.
– BS : Deux médailles d’or et dix-neuf noyés en un seul week-end. Coule et pas cool en même temps.
– HD : Grande question existentielle : Les filles qui s’épilent les sourcils pour les redessiner au crayon, vous avez déjà vu un mec raser sa barbe pour la refaire au marqueur ?
– OK : Quelle info : Chirac fume en cachette aux toilettes ! Par contre, on ne nous dit pas où il fait caca !
– HD : La police nationale vous conseille de ne pas téléphoner au volant. En effet des études ont démontré que le volant ne répondait jamais.
– JPT : Parmi les sous-titres sur I Télé : « Les Japonais ont commémoré le 68ème anniversaire du lancement de la bombe d’Hiroshima. » Ils n’ont aucun mérite, il ne l’ont pas vraiment lancée, ils l’ont surtout pris en pleine gueule.
– OK : On vit une drone d’époque !
– JPT : C’est dingue le nombre de gens sur Facebook qui balancent des phrases du genre : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier » ou « La vie est une rose qu’il convient de cueillir chaque jour ». J’imagine que ce sont les mêmes qui ont un Plan d’Epargne Retraite et un livret A depuis l’âge de vingt ans.
– MC : Les sèche-mains te sèchent les mains en cinq secondes, mais vraiment. Tu peux serrer la main à n’importe qui ensuite, sans avoir à dire « j’étais aux toilettes ». En France, comme dans d’autres pays d’ailleurs, les sèche-mains sont asthmatiques et tu dois souvent finir sur ton pantalon voire tes cheveux pour être tout à fait sec. Pour les chauves je sais pas.
– OK : Certains sont à la fois racistes/homophobes/misogynes ! C’est pratique en même temps ! C’est la formule idéale de la connerie !
– WF : Temps de merde dans les Landes. Je vais regarder dans les pages jaunes si je peux trouver un restaurant savoyard.
– JS : un rhumatologue ne traite pas les rhumes et un stomatologue ne s’occupe pas de l’estomac. Si c’est pas juste pour faire chier le monde ça !
– OW : Quand je rencontre un maire qui me dit que dans sa commune il ne fait pas de politique…, en fait sa phrase n’est pas finie, il ne fait pas de politique DE GAUCHE.
– NL : BEAUCOUP BEAUCOUP BEAUCOUP TROP DE PHOTOS DE PIEDS (si c’est pour nous narguer, montrez au moins vos nichons merde).
– RP: Est-ce qu’un lapon peut souffrir de troubles bipolaires ?

  • JPT : Emprunté au journaliste V.Hugeux : « Poutine est un céréales killer ! »
  • GP : Si Mélenchon était malin , il organiserait une petite manif tant que tous les policiers sont en arrêt maladie
  • MBC : Éric Dupont-Moretti : « En tant que ministre de la justice, je veillerai à être particulièrement intraitable avec moi-même lors de mon procès pour prise illégale d’intérêts. »
  • SA : Je ne vois pas comment le film « Barbie » pourrait refléter une vision moderne de la femme alors qu’elle n’est même pas incarnée par Omar Sy.
  • NP : Soyons honnêtes : tout le monde sait que Geneviève de Fontenay est morte depuis longtemps. Elle refusait de l’admettre, c’est tout.
  • OK : Ouin ouin froid et pluie. Ouin ouin canicule.
  • JNL : Je suis désolé de mettre un peu les pieds dans le plat, mais qui lit le JDD ?!?
  • MBC : Christophe Béchu : « Dans 200 ans, les habitants de la planète Terre me remercieront d’avoir sauvé le climat en supprimant le ticket de caisse. »
  • GD : Tu es un ancien si tu as connu le train comme moyen de transport pour les pauvres.
  • ML : Je pars promener le chien avec mon sweat à capuche, si je n’ai pas donné de nouvelles d’ici deux heures, appelez l’IGPN.
  • PO : Mexicain, marié à une Bretonne, il invente le chili Concarneau.
  • LC : J’ai engueulé mon chat parce qu’il me ramenait des souris. Depuis il doit penser que je suis vegan car il me ramène des nénuphars ou des feuilles mortes en se pavanant…
  • IP : Je crois qu’Arnaud Lagardère est la seule personne en France à ne pas comprendre qu’il va produire un journal d’extrême-droite. (J’ai casé « comprendre «  et Arnaud Lagardère dans la même phrase, t’as vu ?)

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Qui a volé la tête de Haynd ?

« Je n’ai pas parlé de tête d’ail mais de tête de Haynd si vous voyez de qui il retourne. Joseph, il s’appelait ce monsieur Haynd, c’était le John Lennon du dix-huitième siècle tant ses compositions étaient aimées et reconnues de tout les fans de la classic music. Il a eu des tas d’aventures musicales, forcément, ne pensait pas à la gloire, vivait à Vienne et pas ailleurs. Il a juste commencé à voyager à cinquante-six ans, un vieillard donc pour l’époque.
Comme il était issu d’une fratrie de douze gosses dont la moitié de vivants, il a fallu qu’il gagnât (oui, je sais, on ne l’utilise plus beaucoup, çui-ci) sa vie très jeune, il aida un vieux tromblon italien qui lui apprit quelques rudiments de composition. Le reste, il l’étudia tout seul, la nuit, entre quelques corvées ménagères. Comme il l’écrit lui-même en 1776 dans son Esquisse autobiographique : « Beaucoup de génies se détruisent à devoir gagner leur pain quotidien, car ils n’ont plus le temps d’étudier« . On en est tous là, nous, hommes et femmes de génie, on a donné.
Mais sa vie fut longue et bien remplie, voir Wiki, et sa mort fut courte. Joseph Haydn s’éteint le 31 mai 1809, à Vienne alors assiégée par les troupes napoléoniennes. Ses funérailles sont bâclées malgré sa popularité.
Plus tard, la famille Esterházy, sorte de mécènes qui l’hébergèrent jadis, propose que la dépouille soit honorée à sa juste valeur, et transférée dans une église de la ville d’Eisenstadt. Mais horreur et stupéfaction lors de l’ouverture du cercueil : il manque son crâne au cadavre !
Bien des années plus tard, au début du vingtième siècle, le mystère est enfin résolu : le crâne de notre homme avait été subtilisé par deux imbéciles, adeptes de la phrénologie, science très en vogue au XVIIIe siècle, qui étaient persuadés qu’ils trouveraient la niche donc l’explication de son génie dans son auguste crâne. Chou blanc, bien sûr.
Les gens, j’vous jure !

Texte © dominique cozette

Les yeux d’Einstein

Qui a volé les yeux d’Einstein ? Une histoire incroyable ! Figurez-vous qu’une banque de New York garde précieusement dans un coffre ultra-sécurisé les globes oculaires du génie Albert EINSTEIN.
En 1955, à la mort du physicien, son propre ophtalmologiste, le Dr ABRAMS, « dérobe » lors de l’autopsie les yeux d’Einstein et les place en toute discrétion dans le coffre d’une banque de New York.
(Dans un de ses romans « l’Identité », que je n’ai pas aimé soit dit en passant, Kundera raconte que c’est son fidèle disciple qui les aurait mis dans une bouteille d’alcool pour qu’il puisse les regarder jusqu’à sa mort).
Lorsque Michael JACKSON entend parler de cette histoire, il décide d’acquérir le fameux « bocal » pour sa collection privée d’objets bizarres. Il en offre près de cinq millions de dollars de l’époque. L’affaire ne se fait pas mais aux dernières nouvelles, l’actuel propriétaire voudrait toujours vendre …
A noter un autre « vol » en 1955, puisque le cerveau d’Einstein a aussi été prélevé et se trouve, lui, dans un coffre au Kansas.

So cute so chic

Voici ce que je peux considérer comme un livre très snob bourré de private jokes, de références chiquissimes, de centaines d’aphorismes et de punch lines parfois vides de sens, hyper cool ou mystérieux ou drôles.
Le livre s’intitule Daimler s’en va, ça signifie qu’il meurt, il va se suicider très jeune parce que la vie n’en vaut pas la peine, il a tout essayé et la dernière aventure qui reste est bien la mort. Mais il ne le prévient pas quand il mettra son projet à exécution.
Une partie du maigre bouquin fait parler son pote qui tente de nous faire comprendre le personnage, car c’est un personnage et il ne nous livrera jamais ses secrets. Ce qui contribue au charme improbable du livre.
L’auteur, Frédéric Berthet, est une sorte de dandy hyper cultivé, ami des Hussards, et déviant par rapport à ce qu’il fallait apprécier dans son milieu intello bourge. Imaginez, il aimait Brautigan ! Il n’a écrit que cinq livres, plutôt des sortes de nouvelles ou compils de fragments de pensées et réflexions, dont ce seul romain composé lui aussi suite de fragments inégaux.
Ce qui est fort, c’est qu’on ne comprend rien ou pas grand chose, mais c’est très agréable quand on aime les mots et les phrases et comme le texte est très court et écrit gros, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Donc Daimler se suicide vers la trentaine comme Berthet se suicidera ou se noiera dans l’alcool, c’est pareil, dans sa cinquantaine. Bref, c’est déconcertant, drôle et désespérant. En pas cher en poche…

Daimler s’en va de Frédéric Berthet, 1988, aux éditions de la Table Ronde, 122 pages, 6,10 €

Texte © dominique cozette

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