L'attente infinie de Julia W

Julia Wertz est une drôle de petite nana. D’abord oui, elle est petite et elle ne fait pas son âge, ce qui l’emmerde souvent, car on la traite comme une gamine. De plus, elle ne s’est jamais sentie à sa place dans le monde, elle n’aime pas les gens, c’est une sorte de handicapée sociale qui n’est jamais aussi bien que peinarde chez elle à picoler. Seulement il faut gagner sa croûte, il faut se plier à certaines injonctions, il faut parfois faire avec. C’est ce que raconte ce roman graphique, le deuxième paru en France. C’est hilarant, plutôt grinçant, drôle. Singulier.
Julia a d’abord quitté son bled vers Napa Valley pour être dans une grande ville. Le choix se porte alors sur San Francisco, où vit déjà son grand frère avec qui elle est très complice. Mais elle ne va pas habiter chez lui, surtout pas. Elle se trouve une coloc dans une sorte de baraque où sont déjà deux mecs, un commercial pénible et un geek sympa. Elle cherche alors un job et prend le premier qu’elle trouve, dans un resto. C’est toujours dans des restos ou des bars qu’elle va bosser. Julia a besoin de trois choses : la solitude, des tonnes de livres à avaler, de l’alcool. Et puis un jour, badaboum, elle apprend qu’elle a une maladie auto-immune qui peut être très grave : un lupus.

Cette BD raconte les premières années de sa vie « d’adulte » bien qu’elle ne le soit pas vraiment, c’est plutôt une ado attardée qui laisse tout traîner, ne fait aucun effort, aucun projet, se fout de tout. Même de l’amour…
Le dessin est naïf, elle est autodidacte, mais les textes sont cash, saugrenus, drôles.
Bizarrement, le premier tome paru en France est la suite de celui-ci : son départ pour la grosse pomme où elle ne connaît personne. Ça vaut le coup pour voir la vie bohème qu’on y mène quand on ne gagne un cacahuète : Whiskey and New-York.
Elle a d’abord compilé des BD qu’elle a postées sur son  site ici, et qui s’appellent fart party !…Je ne sais pas si on trouve ces parties de prout en France.

L’attente infinie de Julia Wertz aux éditions de l’Agrume 2015, traduit par Aude Pasquier. 2012 pour la VO.  234 pages, 20 €. C’est donné !

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #290

 

C’était la semaine de … l’accent circonflexe.
C’est comme le sable quand on revient de la plage, on en a plein les oreilles et les tartines de nut-nut, on a beau secouer, y en a toujours qui restent collés un peu partout. A part ça, le livre de Sarkozy ferait un tabac sous paquet neutre et ça le met en pétard car personne ne veut débattre avec un truc pareil. Les caucus sont de sortie aux EU, Jacqueline Sauvage et Julian Assange attendent qu’on leur ouvre la porte et Elise Lucet joue à cash-cash avec les grands empoisonneurs du monde. Rien sur Raùl, bon, faut croire que c’était pas si drôle…
– PD : N’empêche, Christiane Taubira écrit un livre en moins de temps qu’il n’en faut à Nadine Morano pour comprendre comment fonctionne un stylo.
– OV : J’attends avec impatience les théories expliquant que le gouvernement a fait condamner Jacqueline Sauvage pour que Hollande puisse la gracier et gagner des points dans les sondages.
– IR : Le scandale c’est d’être obligé d’appeler BIO la nourriture normale et pas MERDE tous le reste ! (CashInvestigation)
– OK : Aux USA, les caucus ont lieu avant l’élection présidentielle. Alors qu’en France, les cocus, c’est plutôt après.
– JMC : Oyez braves amis: Sarkozy a déjà vendu 67.725 de sa bouse. En réalité, il est maintenant obligé de garer sa caisse dans la rue car la totalité des bouquins, payés par la chanteuse, sont entassés dans son garage.
– OM : Top 3 des Super-héros qui font le plus flipper les méchants : 3- Batman 2- Wolverine 1- Élise Lucet
– PM : après avoir vu Cash Investigation, la Bordelaise qui veut un cunnilingus a intérêt à prouver qu’elle se lave le minou au vin bio et pas à la flotte.
– LY : Maintenant qu’on a évité qu’un cargo ne s’échoue sur une plage, faudrait penser à éviter que ce soit le cas de corps de gamins.
– OK : – Tu n’aimes pas l’accent circonflêxe ? – Ouais, grave !
– OVH : Réforme de l’orthographe : les voyelles sont chauves.
– CP : – nénufar – Breton ?
– OM : Quand je vois les réactions d’hier, je n’ose imaginer le déferlement de tristesse si l’accent circonflexe s’était noyé dans la mer Égée.
– PM : Après le refus de Nicolas Hulot, Hollande aurait demandé au Géant Vert …pas sûr qu’il accepte
– OM : – Pourquoi tu pleures, t’as épluché un OGNON ? – Non, je l’ai juste vu écrit…
– EM : On ne peut pas dire que Donald Trump ne respecte pas les traditions, pour la Chandeleur il s’est ramassé comme une crêpe.
– XY : – De toute façon l’accent circonflexe il servait à rien. – T’es sur ? – Ben une chaise, pourquoi ?
– RR : L’accent circonflexe aura été le premier à subir la déchéance de nationalité française.
– JS : « Tabac : Sarkozy dénonce le paquet neutre, ennemi des terroirs français » .Il a trouvé des nouveaux mécènes pour sa campagne ? Je demande
– FT : J’ai entendu sur France inter que le livre de Nicolas Sarkozy se serait déjà vendu à plus de 60 000 exemplaires (c’est peut-être pour ça que le gouvernement a envisagé une réforme de l’orthographe).
– MP : L’Etat veut réformer l’orthographe. Je trouve ça scandaleux !
 Désormais on sera obligé d’écrire « fenêtre » à la place du majestueux « fenestre », on sera obligé d’écrire « trône » à la place de « throne » (mais qu’est ce donc que ce chapeau ridicule ? c’est épouvantable), on écrira « enfants » à la place d' »enfans », « poète » à la place de « poëte », « hôpital » à la place d' »ospital ». […]
– OVH : Après Delpech, Galabru, Bowie, Boulez et autres célèbres disparus — je vois déjà la séquence des César où on ne doit pas applaudir — on déplore la disparition de l’accent circonflexe. Série noire.
– GR : Ma femme m’a fait réchauffer une saucisse lentilles, c’est merveilleux, je ne savais pas que je vivais avec une cuisinière.
– FT : J’apprends que pas un seul politique n’a accepté de débattre avec Nicolas Sarkozy ce soir dans des paroles et des actes. Pour animer l’émission, je propose que l’ancien président fasse une lecture à haute voix de son livre accompagné par Carla Bruni à la guitare.
– NP : Quand tu vois toutes les idées de Sarkozy pour la France tu te dis que c’est vraiment dommage qu’il n’ait jamais été président.
– DS : « Je vais vous le dire les yeux dans les yeux, Monsieur Pujadas, j’ai changé » C’est bon, vous pouvez zapper, pardon pour le spoiler.
– OM : – Nespresso, what else ? – Je sais pas, pour le prix vous pouvez me filer aussi 35kg de jambon cru…
– NP : Il n’y a pas de raison que Carla Bruni ne croit pas qu’elle vit avec un écrivain. Sarkozy croit bien qu’il vit avec une chanteuse.
– OM : « Assange crie « victoire » à la suite des conclusions de l’ONU en sa faveur. » On voit que le mec connaît mal le conflit israélo-palestinien.

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Viol d'homme par Edouard Louis

Vous savez, Edouard Louis c’est cet auteur qui avait fait un tabac avec Eddie Bellegueule, le récit de son enfance pauvre et douloureuse dans le nord de la France, mais que je n’avais pas lu. Je n’avais pas plus envie de lire Histoire de la violence où l’auteur raconte sa nuit de noël à Paris où, ayant fait monter  un inconnu dans son studio, avait passé la nuit avec lui, puis s’était retrouvé victime de violences, viol et tentatives de meurtre. Je craignais que ce soit très cru, très hard, comme les bouquins de Dustan par exemple et ça ne me disait rien.
Comme il n’y avait pas grand chose sur le présentoir de la médiathèque, j’ai fini par le prendre et le lire. Et là, surprise ! Ce livre m’a carrément accrochée. Pas de détails scabreux sur des pratiques intimes, mais la dissection très fine des sentiments que ressent l’auteur (apparemment tout est vrai et même le nom — connu — de ses amis ).
A partir de la rencontre à la République avec Reda, tout y est passé au laser de ses émotions, les réticences à le recevoir chez lui, le désir qui s’éveille, la pudeur des épisodes sexuels, puis le soupçon de vol de son téléphone et le début de la peur, la naissance de la violence, les agressions, la douleur, la honte, la réaction de soumission, puis la fuite. Le réconfort de ses amis, la compréhension des policiers, la crainte d’avoir été contaminé, la honte encore au moment des soins.
Pour parler de ça, Edouard Louis nous donne deux récits : le sien, de longues phrases analytiques, et celui de sa sœur, par la voix de sa sœur à qui il a tout raconté et qui le relate à son mari, sans savoir qu’Edouard entend tout, derrière la porte. Sa sœur, l’aînée de la fratrie, restée pauvre et provinciale, dont le langage basique et populaire manque terriblement de recul et de conceptualisation. Cette sœur, bien qu’elle aime son petit frère suffisamment pour qu’il se confie à elle, est la voix du peuple, elle n’a pas eu la chance ou le courage de partir, d’étudier, d’évoluer, de diversifier les nuances de sa pensée. Son récit est comme une autre violence qui renforce celle qu’il porte en lui, dont on sent qu’il aura du mal à se remettre.
Tout le talent d’Edouard Louis est dans la nuance, dans la précision, dans la recherche de l’exactitude. Parfois, je me disais OK, il s’est fait violer par celui avec qui il a baisé, il a eu très peur que l’autre le tue, ce ne sont que des faits divers comme il en arrive tellement souvent aux femmes, c’est très grave, bien sûr, mais comment peut-il faire tout un livre dessus ? Un récit aussi bouleversant ? Comment peut-il nous intéresser durant 230 pages sur un événement aussi court ?
Il y arrive très bien, c’est tout le talent de l’écrivain. L’écriture est puissante même si on peut  lui reprocher les faiblesses caricaturales du langage populaire, ça tient. On est pris par ce qui se passe dans le cerveau du narrateur, ses réactions, ses réflexions. Du grand art !

Histoire de la violence par Edouard Louis au Seuil. 230 pages. 18 €

Texte © dominique cozette

Oh mon dieu, j'ai des couilles !

Après avoir effectué un acte assez courageux, pas très courageux genre avoir dissuadé un homme de violer une femme enceinte dans le RER B en lui enfonçant mon parapluie dans une de ses narines ou avoir réussi à déloger d’une mairie de Levallois un couple de forcenés cumulards installés là depuis une trentaine d’années, pas jusque là mais un truc que quand même, faut le faire, c’est pas tout le monde qui en a pour faire ce que j’ai fait. Mais le sujet n’est pas là. Le sujet c’est qu’après cet acte, j’ai entendu des gens, des hommes et même des femmes, me dire que : ah la la ! Si tout le monde en avait comme vous !
– Avait quoi, comme moi ?
– Ben, vous savez…
– heu… non !
– du courage, vous voyez, enfin…
– des couilles, madame ! Si tout le monde avait des couilles ! Parce que vous, c’est clair, VOUS avez des couilles ! Bravo, madame ! Permettez qu’entre couillards, on se serre la main !
Et me voilà sans voix, à me faire secouer la main par celle d’un porteur de testicules qui ne se l’était peut-être même pas lavée après avoir manipulé le machin qui va avec, le pénis.
Et c’est comme ça que je suis devenue la femme à couilles dans l’enceinte de mon super marché parce que j’avais empêché une mémère à moustache et forte voix de passer devant tout le monde dans la queue. Quelle gloire !
Le pire, c’est qu’en rentrant chez moi, j’ai vérifié mon anatomie : hé bien croyez-le ou pas, j’avais effectivement deux utricules  en peau de zébi flétrie avec quelques poils dessus, qui avaient sailli au bas de mon mont de vénus. Ouch… c’était pas jojo à voir, je vous le dis tout net ! Ça nuisait fortement à mon image de marque féministe. Et puis même, c’était d’un laid ! Je me suis demandé comment les hommes peuvent être si fiers de deux petits organes aussi vilains, tellement vilains qu’ils n’ont jamais servi d’emblèmes, que je sache, à une quelconque cérémonie virile axée sur la bravitude. Genre le truc qui orne des portails d’administrations guerrières, fleurit sur des banderoles brandies lors de manifs velues ou sur les plastrons des plastronneurs testostéronés. Sorte de balls pride.
En étudiant la question, j’ai noté que beaucoup d’autres femmes avaient des couilles. Des femmes qui avaient fait montre d’une attitude ferme en exécutant un acte exemplaire et peu courant. Exemple : une garde des sceaux démissionnaire d’un gouvernement dit mou. Attention  cependant : une femme exécutant un acte exemplaire et peu courant qui élèverait une voix haut perchée se requalifierait instantanément non pas en personne couillue mais en en hystérique. Gaffe, la membrane est fine.
Voilà. Depuis, j’ai dû faire preuve de diverses lâchetés afin que ces testiculaires extensions se séparent de mon bas-ventre sans faire trop de vagues.
In fine, j’ai lancé une pétition pour que les scientifiques énoncent clairement sur tous les tons et tous les réseaux sociaux que non, définitivement, le courage n’est pas dans les couilles, mais dans le cerveau. Il est vrai que ceux qui n’ont que deux neurones ne peuvent pas comprendre.
Quant à nous les femmes, laissons notre minou vierge de tout pendentif, et cessons de manier la pensée unique et mâle qui, parfois, fait construire des caisses en bois dans les musée pour ne pas choquer certains …mal burnés à qui personne n’a osé dire qu’une femme n’en a pas, que ça ne l’empêche pas d’être courageuse.
Mais qu’eux sont parfois très très cons. Cons comme des bites, tiens, allez hop !

Texte et dessin © dominique cozette

Les photos insoutenables

Quand j’étais petite ou jeune, ou les deux, ont commencé à paraître, dans Paris-Match que mon père rapportait à la maison, d’insoutenables photos de petits enfants d’Afrique maigres avec un gros ventre. Des yeux immenses parfois bordés de quelques mouches. Des restes de bave ou de terre séchée aux commissures des lèvres. Et des femmes, tout aussi maigres, essayant d’allaiter de leurs seins secs, des petits corps déjà partis sur l’autre rive.
C’était extrêmement choquant. Nous étions fascinés par ces images tellement elles étaient incroyables.
Nous ne savions pas pourquoi les enfants qui meurent de faim ont un gros ventre. Nous ne comprenions pas pourquoi le photographe ne leur avait pas apporté quelque chose à manger. Nous avions peine à imaginer comment un pays nanti comme la France n’envoyait pas plus de vivres à tous ces pauvres êtres. Oui, bien sûr, on en envoyait. Est-ce qu’ils arrivaient, est-ce qu’ils étaient distribués, est-ce que des vies étaient sauvées ?
Et alors est née une antienne lorsque nous faisions les difficiles, à table. C’était : tu vas me faire le plaisir de finir ton assiette ! Tu as vu tous ces petits enfants qui meurent de faim ? Tu ne crois pas qu’ils aimeraient manger ça ?  On voulait nous faire honte. Comme si le fait de ne pas finir nos épinards ou notre côte de porc avait un quelconque rapport avec le gros ventre de ces pauvres victimes d’un monde déjà bien déréglé. En même temps, je me demandais comment on pouvait envoyer des restes de haricot de mouton ou de blanquette à des petits Africains.
Aujourd’hui où on gaspille autant qu’on achète, ça c’est une vraie honte, d’autres photos insoutenables paraissent aux infos, sur les réseaux sociaux. Dont une, icônique, celle du petit Eylan mort noyé sur une plage avec d’autres réfugiés syriens. Cette photo insoutenable dont on peut se demander pourquoi on en est arrivés là, à laisser chavirer de pauvres embarcations, à laisser se noyer des victimes de guerre qui n’ont plus de maison pour y vivre. Dont la ville est devenue un tas de pierres et de pans de murs parfois traversés par un tir de combattant.
Il y a eu le petit Eylan, il y en a eu tant et plus, et ça continue, c’est l’hiver, la mer est mauvaise et l’eau est froide, mais les réfugiés continuent à risquer leur vie pour ne pas se faire tuer dans leur pays devenu invivable. Et les petits Eylan continuent à accoster, sans vie, sans souffle, sans passé, sans rien.
Oui, c’est insoutenable. Ai Weiwei, artiste chinois a pris la même pose dans son rôle d’artiste engagé —  je ne sais quoi en penser — toujours est-il que  les photos insoutenables, quelles qu’elles soient, deviennent très vite de simples images ordinaires charriées par l’actu insensible et l’inexorable flots des misères du monde.
Quant aux petits enfants à gros ventre et aux mouches autour des yeux, ils n’ont pas disparu. Ils se sont juste banalisés.

Texte et peinture © dominique cozette

Les Fessebouqueries #289

Elue championne de l’actu, Barbie qui a pris des k… Quoi ? Qui m’a rédigé mon papier ? Reprenons : Vous en avez marre d’entendre parler de moi ? Eh bien je vous en débarrasse, à grands coups de Kärcher — c’est une nouvelle marque de stylo à encre antipathique — donc le petit bonhomme qui se fait mousser tout seul de retour dans les bacs du con délateur. Tandis qu’une grande petite dame sort du château et part à bicyclette, et qu’un type venu d’un pays où il ne pleut pas refuse la main des femmes et la vision d’un sein qu’il a bien dû téter jadis ! Triste sire…
– RR : Pas de statues dénudées pour la visite présidentielle en Italie. En Iran, on aime le Shah mais pas les chattes.
– FIA : Version non corrigée du livre de Sarkozy : « Si j’avai su, j’aurai pas allé su lyotte a Bolorer ».
– AA : Nicolas Sarkozy exprime ses regrets, ses joies, ses doutes, ses peines… La France a besoin d’un homme d’État, pas d’un homme d’état d’âme.
– ZJ : Nico, ça te dit quelque chose cette phrase? : « Vous en avez assez ? Eh bien on va vous en débarrasser… »
– CC : Sarkozy « j’ai usé 3 stylos en 2h, je suis épuisé ». Va te reposer chouchou. Loin. Longtemps.
– PD : C’est très bien qu’Alain Finkielkraut entre à l’Académie française. Le problème c’est qu’il ait le droit d’en sortir.
– OM : Affaire Sauvage : François Hollande va se « laisser quelques jours pour trancher ». Un jour avec Rohani et il veut rétablir la guillotine…
– FV : Hassan Rohani en visite en France…N’oublions pas de cacher les seins de Marianne pour ne pas choquer ce monsieur…Elle n’a pas de bras, il n’aura pas à lui serrer la main!
– OK : Certains hommes ne serrent pas la main aux femmes. De quoi vous plaignez vous mesdames ? Une grande partie ne se lave pas les mains après pipi !
– JG : Pour calmer la colère des taxis, manuel valls nomme une médiatrice qui a déjà longuement étudié le dossier : Agnès Saal.
– VS : Taxis, agriculteurs. Ça vote massivement à droite et ça demande le soutien et la réglementation de l’état. Le libéralisme pour les autres.
– RR : En fait Sarko a appelé son fils Jean en hommage à Racine. Et moi qui pensais que c’était un clin d’œil à Jean Reno.
– SR : Une belle droite dans la gueule ce matin. Merci Madame, on Taubira pas.
– DT : Nadine Morano a décidé de faire comme les autres et de faire paraître un livre. Elle au moins on est sûr qu’elle ne fera pas appel à un nègre.
– ZJ : J’attends le moment où le Danemark passera une loi pour autoriser le prélèvement d’organes sur les migrants afin de payer leur asile…
– DC : Madame Taubira vient de sortir du contexte. D’elle-même. Le contexte en est comme deux ronds de Flamby !
– RU : La gauche vient de se débarrasser du parti socialiste.
– OK : Selon la logique de la droite, vu que Taubira a démissionné, la délinquance devrait chuter et la croissance gagner 10 pts. On est d’accord..
– DC : Un nouveau garde des sots à l’Elysée. Enfin ! Je me disais aussi, une femme, qui plus est noire… ça faisait désordre dans cette république übermacho !
– HDD : Être traitée de « pire Garde des Sceaux de la République » par ceux qui ont installé Rachida Dati à la Chancellerie c’est un hommage délicieux
– JB : Profitons donc de la fin du laxisme judiciaire pour rétablir la peine de mort pour les militants de la Manif pour Tous.
– LC : Une femme noire et cultivée remplacée par un homme blanc arriviste. Pourquoi les gens ne croient plus en la politique ? Elément de réponse.
– NA : Les Républicains demandent la réintégration de Christiane Taubira pour pouvoir continuer à demander sa démission.
– EM : Liste des ministres de gauche au gouvernement après le départ de Christiane Taubira : _
– HDD : Au gouvernement comme en dehors, Taubira a cette capacité absolument indispensable à faire chier les cons. Je t’aime Christiane.
– CC : Lire les commentaires sur le FB de Ciotti sur le départ de Taubira est l’équivalent d’aller aux toilettes après un mec qui a une gastro !
– DS : 12ème heure sans Taubira : les gens errent, hagards, sans aucun repère dans les rues, enjambant les corps d’homosexuels et de laxistes.
– RR : Au revoir mme Taubira. J’aimais Césaire de liberté de ton.
– BS : J’ai regardé un spectacle de Gad Elmaleh. Je trouve cette publicité pour une banque un peu longue.
– SM : Dire qu’il aurait simplement fallu que Mme Christiane Taubira soit: – Un homme. – De race blanche. – Sans conviction politique. Pour être appréciée.
– ACD : Du coup, on doit dire « Jean-Jacques Urvoas Démission » ?
– JT : Arrêtez de dire du mal des patrons, il faut bien que quelqu’un vous paie pendant que vous tweetez.
– OM : Si ça se trouve le djihadiste qui meurt en martyr à Disneyland, il a droit à 25 Blanche-Neige, 10 Cendrillon et 35 Pocahontas…
– DJ : J’ai écouté « Toujours debout » de Renaud et j’en ai conclu qu’il aurait mieux fait de rester couché.
– JS : En démissionnant Christiane Taubira prive la droite et l’extrême-droite de la totalité de leur programme politique.
– AR : Fini la parité au gouvernement, aucune femme à un portefeuille régalien, ça aurait été dommage de ne pas s’asseoir sur une promesse de plus
– OM  : « Barbie prend des kilos pour reconquérir les petites filles. » Loana, cette visionnaire.

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New York côté pauvres

Un journaliste, John Freeman, a eu l’idée de réunir trente écrivains, la plus jeune a 15 ans, pour parler de New York, et montrer comment le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Ce phénomène a pour nom gentrification, il sévit partout dans le monde mais il est flagrant ici, avec l’aide des syndicats de propriétaires qui s’entendent pour virer les locataires pauvres ou appartenant aux classes moyennes afin d’augmenter leurs revenus après travaux. Car ce qu’on lit ici, c’est la difficulté, voire l’impossibilité, à se loger, décemment ou non. Les travaux ne sont jamais effectués par le propriétaire, les petits boulots sont monnaie courante, la misère envahit tout, les sous-sols, les caves, les taudis sont l’ordinaire des sans grades qui vivent parmi les rats, les cafards, les menaces d’expulsion.
Heureusement, ce n’est pas que ça. On y voit la vie ordinaire des gens qui n’ont pas beaucoup de moyens mais qui aiment cette ville, qui veulent s’y creuser un trou, qui veulent la dompter. Beaucoup n’y arriveront pas mais cette expérience leur est nécessaire.
Tous ces récits ne sont pas désespérés. Ils sont réalistes, caustiques. Beaucoup évoquent les problèmes liés à la diversité et d’ailleurs, les Blancs y sont souvent cités. En France, on n’est pas habitués à parler de la population en ces termes, c’est même très mal vu.
Parmi les auteurs, citons Bill Cheng, Lydia Davis, Jonathan Dee, Junot Díaz, Valeria Luiselli, Colum Mc Cann, Dinaw Mengestu, Téa Obreht, Jonathan Safran Foer, Taiye Selasi, Zadie Smith, Edmund White…
Bref, si vous connaissez la grosse pomme, si vous l’aimez, ces trente textes vous passionneront par leur précision, leur ambiance, leurs humeurs même si tout n’est pas rose.

New York pour le meilleur et pour le pire, 2015 chez Actes Sud (plusieurs traductrices). 346 pages.

Texte © dominique cozette

L'émouvante Sylvie Blocher, artiste des gens

Voici une artiste formidable dont Le Monde choisit de nous parler seulement à la fin de l’expo, c’est dingue. Donc c’est jusqu’à samedi si vous êtes près de Sète : elle est for-mi-da-ble. Beaucoup à lire, beaucoup à voir. Elle se définit, sur son site (voir ici) comme vidéaste. Les vidéos sont pour la plupart des personnes de tous pays filmées plein pot, parfois dédoublées en split screen, parfois assorties à un fond pantone de différentes couleurs de peau s’ils parlent de ça.
Mais il y a aussi beaucoup à lire, ce qu’elle a capté des gens et qu’elle a retranscrit d’une belle calligraphie en capitales, sur un fond de peinture verte d’ardoise. Je n’ai pris que peu de photos et l’article qui suit est celui du Monde d’hier soir alors que l’expo — dans ce superbe et immense lieu qu’est le CRAC de Sète — tire à sa toute fin…

Sur deux murs, pleins de unes de Libé repeintes en vert ardoise, avec juste un détail ou un mot laissé apparent, puis un commentaire de l’artiste sur l’actualité ou une réaction.

Article du Monde : Tous les artistes n’ont pas cette grâce, de toucher le public en son âme et conscience. Sylvie Blocher est de ceux-là. A fleur de peau, au sens noble : poreuse au monde, attentive à toutes les marges, une plasticienne intranquille, qui, depuis plus de trente ans, travaille sans relâche, d’installations vidéo en expériences urbaines. Pourtant, la France l’a négligée, quand les étrangers la réclament. Trop sensible, trop engagée dans le champ social ? A observer les visiteurs bouleversés de son exposition au centre d’art contemporain de Sète, on comprend ce à côté de quoi l’Hexagone est passé. Héritière du black power d’Angela Davis comme d’Edouard Glissant et de sa théorie du Tout-Monde, cette influente professeure aux Beaux-arts de Cergy fonce tête baissée sur tous les potentats : machistes du modernisme ou mafia chinoise de Toronto, rien ne lui fait peur. Sa caméra pour toute arme. Guerrière ? « On me l’a assez reproché », s’amuse-t-elle, le regard brûlant de curiosité autant que d’anxiété, quand nous la rencontrons dans son atelier de Saint-Denis.

« Avez-vous une idée pour changer le monde ? » Il y a un an, Sylvie Blocher a publié cette petite annonce dans un journal du Luxembourg, pour une exposition au Mudam, musée d’art contemporain luxembourgeois. « Sur cent personnes, à peine cinq avaient de bonnes idées, les autres étaient dans la plainte et le désespoir », constate-t-elle alors.

Qu’à cela ne tienne, elle invite ces anonymes, comme elle le fait pour chaque exposition. Dans le hall du musée, elle a construit un mécanisme d’acrobate, filins et harnais, qui les propulse à douze mètres du sol. Elle les filme. Leurs envolées ouvrent l’exposition sétoise, sur quatre écrans. « Ils étaient dans un moment très particulier entre eux et leur corps, raconte-t-elle. Certains étaient dans une joie inouïe, d’autres hurlaient ou lâchaient prise.Une jeune femme, rwandaise, s’est envolée dans un cri de douleur, revivant son trauma. Elle m’a confié après : “Avec vous, j’ai lâché les morts”. » Des mots qui remuent cette enfant des années 1950, dont tout le travail consiste à comprendre « comment la modernité, qui a produit tant de choses magnifiques, a pu s’effondrer avec les exterminations de la seconde guerre mondiale ». Depuis son premier projet, consacré à Nuremberg, elle s’efforce de faire en sorte qu’à travers ses films, « l’histoire nous affecte et nous déplace, qu’elle ait une résonance intime et complexe, afin que jamais elle ne se reproduise ».

Utopies défaites

Cela la conduit auprès de tous les oubliés. Par exemple, ces adolescents des favelas de Rio, qu’elle fait défiler : « Je leur ai juste demandé de regarder ce vide effrayant qu’est la caméra, en pensant à ce qu’ils aiment ou haïssent le plus au monde. » Frêles madones ou musculeux voyous, ils sont à Sète en majesté, stupéfiants de fierté. « Ils nous disent : “je suis là” ». Claque, également, la série de portraits vidéo consacrés à « ces discours qui nous ont promis le bonheur, et ont échoué », d’Obama avant son élection aux utopies d’ultragauche… Une slameuse russe clame Le Capital de Marx ; à ses côtés, une cantatrice chante la convention de Genève, qui revendique un droit universel des réfugiés. Une façon, selon l’artiste, « de délivrer le discours politique afin que, d’un coup, on l’entende ».

« Donner aux gens une autre place que celle qu’on leur a allouée, les emmener ailleurs. » Elle n’a pas d’autre ambition. Qu’elle déconstruise le discours de l’identité américaine en le faisant revisiter par Indiens, Blacks et Chicanos ou qu’elle imagine, avec son association Campement urbain, le plan d’une ville australienne à partir des désirs de ses habitants, sa méthode est toujours la même, « capter la parole, jusqu’à ce que quelque chose se passe ». C’est le secret de cette exposition à Sète, exceptionnellement populaire. (voir photo ci-dessous)

Pendant un mois, Sylvie Blocher a accueilli les habitants, leur demandant « d’offrir quelque chose au centre d’art ». Un homme est venu des Cévennes pour lui confier « l’histoire de cette Marianne qui ne [l]’aimera jamais », et avouer « aujourd’hui, vous êtes Marianne, je vous offre ma présence ». Un pêcheur se souvient des trois baisers de sa mère quand il sortait du port, un ancien évoque la guerre d’Espagne. Elle accepte tous les récits, fous ou anodins. Puis retranscrit sur les murs, à la main, ces confidences. « Comme des fictions, qui nous permettent de regarder le monde différemment. » Un quidam est venu avec ces mots, empruntés à Nietzsche : « Il faut du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse. » On ne saurait mieux la définir.

« S’inventer autrement – Sylvie Blocher », Centre régional d’art contemporain, 26, quai Aspirant Herber, Sète. Tél. : 04-67-74-94-37. Du mercredi au lundi de 12 h 30 à 19 heures, le week-end de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 31 janvier. crac.languedocroussillon.fr

Les fessebouqueries #288

Oh, la belle semaine ! Comme les  nouvelles sont bonnes ! Principalement un très beau livre qui nous consolera de la mort de nos bons littérateurs et qui a été écrit avec les tripes de son auteur, Nicolas quelque chose. Mais aussi le retour du très regretté Copé dont le sourire éblouissant nous lave de bien des maux comme les ennuis du maire préféré du 9-2, j’ai nommé Bal-qui-nie. Mais aussi le plein de députés qui n’en ont soi-disant rien à fiche de honni-soit-qui-Malibu mais comme par hasard étaient tous là, bouche bée devant la silicone vallée de ses seins, tels des canards prêts à être gavés. Mais aussi de l’attentat de Ouagadougou qui, heureusement, nous donnait à déplorer la mort de deux  Français !
– PM : affaire des paris truqués dans le tennis…les joueurs se renvoient la balle
– CB : Les élections, c’est un jeu français qui se joue à plusieurs candidats, et où à la fin c’est le Medef qui gagne.
– VS : Nicolas Sarkozy a écrit un livre. Répétez cette phrases 3 fois. Vous pouvez arrêter de rire.
– EM : Il paraît que le beau-frère de la cousine du garagiste de la sœur de Sheila ne se sent pas très bien, putain d’année 2016.
– NP : En même temps 2016 ça rime avec « Père Lachaise »…
– ZJ : Patrick Balkany est re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re re mis en examen
– OM : On se marre mais c’est quand même moins bizarre de voir Pamela Anderson à l’Assemblée Nationale que d’y voir Patrick Balkany.
– DS : Demain, l’assemblée nationale recevra Johnny Depp, qui viendra défendre un projet de loi pour enterrer ses bijoux en toc dans le désert.
– OB : Copé: « Ce qui m’a aidé à tenir, c’est mon innocence ». Je sais pas ce qu’il met dans ses pains au chocolat mais c’est de la bonne.
– RR : On achète du savon sans savon, de la bière sans alcool et on voudrait trouver de l’humanité chez les humains …
– HD : Je propose des lettres au cul des bagnoles pour celui qui a eu cette idée à la con..
C= pour les chauffards qui ne respectent pas le code de la route, 
I= pour les ivrognes, 
D= pour les drogués
, P=pour les putes
, S=attentat en cours
– VS : Fillon a vendu 100 000 ex de son pensum. Ce pays est mort….
– OK : C’est la journée des calins et ma TL est envahie par les Copé et Fillon. C’est pas plutôt la journée des mandales ?
– DP  : S’il y a des français parmi les tennismen truqueurs de matches, je propose qu’on leur retire leur nationalité suisse!
– LM : Dégoûté, j’ai eu une amende pour avoir jeté mon mégot par terre alors que je l’ai jeté en l’air. Genre je suis responsable de la gravité…
– NP : Apparemment l’accident thérapeutique à Rennes s’est produit quand on a demandé à des bretons de boire un verre d’eau.
– LM : -Attaque terroriste au Splendid de Ouagadougou. -Incendie au Ritz. -Mort d’un des auteurs d’Hotel California. Après les Michel, les hôtels.
– EM : Le jour où Patrick Balkany meurt, tous les juges d’instruction du pays partent en vacances pendant deux ans.
– OM : Lundi : plan anti-chômage de François Hollande Mardi : mise en examen de Patrick Balkany. Logiquement Mercredi, on pisse dans un violon.
– NP : Pamela Anderson est venue à l’Assemblée défendre des idées, c’est sûrement ça qui a choqué un certain nombre de députés.
– OK : Pamela Anderson s’est rendue à l’Assemblée Nationale. Ça a perturbé les députés. Pour eux, d’habitude, à la buvette, c’est alerte au Malibu.
– KB : « JF est un homme très pudique » dit la femme de JF Copé devant des milliers de téléspectateurs dans une émission racontant sa vie.
– CC : Le livre de Sarkozy s’appelle La France pour la vie. Sous-titré Et le Qatar pour le pognon.
– CB : Faudrait faire une pétition pour inscrire la séparation du Medef et de l’Etat dans la Constitution.
– OM : C’est bon il y a 2 français parmi les victimes, on peut y aller : JE SUIS OUAGADOUGOU
– JS : La crise chez Daesh : réduction du salaire des terroristes. Tu te fais sauter la gueule, tu n’as plus droit qu’à 36 vierges. Non négociable.
– NP : Si il faut un quota de noirs aux Oscars alors il faut aussi un quota d’hispanos. Et d’asiatiques. Et d’homos. Et de bi. Et de trans. Et…
– ZJ : L’Etat d’urgence va être prolongé jusqu’à ce qu’on soit débarrassé de l’homme sur terre.
– OM : J’ai pas bien pigé, le titre du bouquin de Sarkozy c’est « La France pour la vie » ou « La France ou la vie ! » ?
– NP : Sarkozy regrette le « Cass’toi pov con », le Fouquet’s et le yacht. Mais pas d’avoir servi la soupe au FN pendant 5 ans. Ok…
– PD : Ceci est un message du gouvernement : Remplacer désormais l’expression « Repose en paix » par « Repose en guerre », sous peine de poursuites.
– AB : A BFMTV trouve le livre de Sarkozy sincère et bien écrit, mieux que les ennuyeux torchons de Victor Hugo ou Michel Tournier.
– RR : Sarko va exiger des droits d’hauteur pour son livre.
– JS : J’ai quand même de gros doutes sur la santé mentale de ceux qui vont acheter le bouquin de sarko.
– LG : Le drame. Nicolas Sarkozy est lâché par Christine Boutin.
– SM : Résumé de La France Pour La Vie by Sarkozy : Utilisation des mots: « Je » : 21.371 fois « Carla » 2.968 fois « Chômage » 2 fois « Talonnettes » 0 fois
– AB : Sarkozy regrette « Casse-toi pauv’ con ». Si c’était à refaire : « Veuillez circuler, indigent sexe de femme. »

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici.

La drôle de vie de Hans Fallada le buveur

Hans Fallada est le nom de plume de l’écrivain allemand Rudolf Ditzen. Né en 1893 dans une famille aisée, il a commencé ses frasques par un suicide réciproque  avec un ami étudiant. Ils se sont tous deux tiré dessus comme pour un duel et son ami est mort. Lui-même a été gravement blessé, inculpé de meurtre puis soigné en hôpital psychiatrique. Il quitte le secondaire pour faire plein de petits boulots. C’est dans cette prime jeunesse qu’il devient dangereusement addict à la morphine et à l’alcool. Grâce ou à cause de cela, il ne sera pas enrôlé pour la guerre de 14 mais connaîtra plusieurs séjours en prison ou en cures de désintoxication.

Peu à peu, il se met à l’écrire. Romancier, journaliste, il commet deux best-sellers parmi une flopée de bouquins dont plusieurs posthumes. Pour autant il ne se range pas des voitures. Après avoir divorcé de la mère de ses enfants, dans les années 40, il lui tire dessus sans l’atteindre ce qui lui vaut sa dernière incarcération où il doit gérer seul son gros problème de manque. Il meurt d’un arrêt cardiaque en 1947.

Le superbe roman graphique qu’en a tiré Jakob Hinrichs (site illustrations ici) tord la vie de l’auteur (lire ici ses aventures et sa production sur Wiki) de façon à y condenser, comme dans les rêves et sans trop de logique, les épisodes marquants de sa vie. On y voit le fameux  suicide, l’alcoolisme et les problèmes qui y sont liés, les troubles de l’addiction à la morphine, les sursauts de vie où il désire réellement s’en sortir, les séjours en prison, les étapes de son écriture etc. C’est dense et magnifique, les couleurs, le trait, les perspectives sont d’une grande originalité, le papier est très beau, c’est un livre arty. Super cadeau à (s’) offrir.

Hans Fallada, vie et mort du buveur par Jakob Hinrichs chez Denoël Graphic, 2015. 176 p. (prix ?)

Texte © dominique cozette

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