Summer, le nouveau Sabolo

Le nouveau Sabolo, comme si elle était aussi connue de Sagan. Non, mais ça peut s’arranger. Monica Sabolo raconte une histoire d’absence de très belle façon, Summer, tout en demi-teintes mates et sourdes. Comme s’il était écrit au pastel gras, avec des non-couleurs fondues, des nuances de bleu, de mauve, de vert… le contraire du criard, de la ligne claire, du descriptif fidèle. La voix est portée par un jeune garçon, devenu trentenaire plus tard, dont la grande sœur disparaît lors d’un pique-nique avec ses copines. Lui, quinze ans, avait été admis aux bacchanales. Nous sommes en Suisse, près du lac, dans des quartiers huppées, dans l’entre-soi, que des gens de bonne compagnie.
Le père a réussi, il est mâle dominant, il brasse les affaires comme les gens. La mère est belle mais ailleurs, sans présence hors sa beauté qui irradie, sa sœur, Summer, est une superbe plante aux jambes et aux cheveux longs, comme ses amies, lui n’est qu’une sorte d’avorton jamais à sa place, se pensant mal aimé, n’ayant pas accédé au statut d’héritier. Son père n’a pas réussi à en faire le jeune homme idéal, brillant comme lui l’avait été, et le fustige régulièrement. Au collège, personne ne devient son ami. Quant aux filles, il les côtoie.
Mais sa sœur disparaît. On ne la retrouve pas. On ne sait pas ce qui s’est passé pendant cette partie de cache-cache. Peu à peu, on apprend toutes sortes de choses, la première que cette sainte n’était pas si nitouche que ça. Puis le temps passe, le garçon n’en parle plus. Il tombe amoureux d’une des copines de Summer, présente ce jour-là. Ça se passe bien jusqu’à ce qu’il décide de ne plus la voir, sans dire pourquoi, la rendant malheureuse. En quelque sorte, il disparaît comme l’a fait sa sœur. Je ne vous dirai pas plus de choses sur la suite, sauf que le garçon tombe en dépression, s’adresse à un psy qui ne lui fait aucun effet, puis retrouve le commissaire qui s’était impliqué dans l’enquête sur sa sœur. Et là, choc.
Un livre très bien écrit, où les sensations, sentiments et ressentis du jeune homme sont décrits de façon organique, comme sous l’eau d’un lac, comme dans des nuages. Très impressionniste, un peu ouaté, un peu onirique mais pas compassé. Ce livre en creux, sur une disparition, est en fait plein de relief.

Summer de Monica Sabolo, chez JC Lattès. 2017. 320 p. 19 €

Voir l’article sur un autre roman de la même auteure, totalement contraire, que j’avais beaucoup apprécié : Crans Montana

Texte © dominique cozette

Eva ou l'innocence saccagée.

J’allais titrer l’innocence retrouvée, mais non, hélas. L’innocence est le titre. Et l’innocence a été saccagée. Eva, c’est Eva Ionesco, j’ai déjà écrit un article sur elle lors de la sortie du livre de son mari Simon Liberati, Eva (revoir l’article). Cette fois, c’est elle qui écrit, qui se raconte et je vais vous redire pourquoi je suis intéressée par elle : dans les années 80, j’ai vu ses photos érotiques de petite fille publiées dans Photo notamment, offerte, lascive, outrageusement maquillée, déguisée en petite pute par sa mère, Irina Ionesco, qui abusait d’elle en l’offrant aux hommes. Elle lui faisait faire aussi des photos obscènes, indécentes qu’elle revendait à des collectionneurs. Et cela me choquait, moi maman d’une fillette, qu’une mère pût utiliser sa fille ainsi, pût la prostituer au sens figuré comme au sens propre. Ça me choquait que cela ne choquât pas grand monde, que ça ne fît pas plus de scandale. J’étais psychologue de formation, je ne donnais pas cher de la peau de cette petite, je me demandais chaque fois que je la voyais — et on la voyait souvent — ce qu’une telle enfance donnerait plus tard. Et plus tard, on y est. J’ai donc lu le livre de Liberati qui lui est consacré et vu aussi le film qu’elle a réalisé sur son enfance, My Little Princess en 2011 avec Isabelle Huppert dans le rôle de la mère indigne qui se prenait pour une artiste. Qu’elle était d’ailleurs ce qui, à ses yeux, devait l’absoudre de toute vilenie.
Ici, Eva raconte ses dix premières années, dont quatre forcément très belles quand son père était là, bouleversé d’amour par cette superbe fillette qu’il adorait et avec qui le temps passé dans des endroits chics était paradisiaques. Puis la mère a empêché ou interdit le père de voir la petite et ce fut un déchirement profond. Ils se se revus sporadiquement, vite fait, mais la mère ne passait pas les communications téléphoniques, ne lui donnait pas les lettres.
Sa mère était une détraquée, issue d’un inceste : sa mère Margareth était aussi sa soeur, son grand-père ayant couché avec sa fille de quatorze ans. Eva et Irène — elle appelle sa mère Irène, jamais maman — vivent avec Mamie, l’arrière grand-mère de la petite, une vieille serbe (?) coulante et pieuse. Plutôt : Eva et Mamie vivent dans une chambre de bonne minuscule alors qu’Irène est dans l’appartement qu’elle a transformé en studio photo et salon de rencontres. Irène est une femme entretenue, indécente, sans vergogne, sans surmoi, qui déteste les hommes et  veut juste en profiter.
Eva se prête au jeu de sa mère car on a toujours confiance en sa mère quand on a cinq ans. Peu à peu, ça l’écœure, elle veut fuir mais où ? Une année, elle vit chez sa grand-mère à San Francisco, sans voir ses parents. Et puis, en été, elles vont en Bretagne, plus souvent à Ibiza chez les hippies. Un été, sa mère la loue à un photographe qui ne la touche pas mais la shoote avec d’autres, photos pornos et pédophiles. Sorte de trafic. Souvent, avec une amie, elles vont dans le swinging London « voir des gens ». Elles en reviennent avec des fringues insensées. La petite porte des talons YSL dorées très tôt.
Ce livre est assez ahurissant sur la maltraitance de cette fillette mais il est aussi intéressant sur les années 70/80 où tout est permis. Eva se raconte à la fois du point de vue de la fillette qui ne voyait pas le honte, du moins au début, aussi avec un esprit d’adulte qui reconstitue les rencontres artistiques ou littéraires qu’elles ont faites, traînant fréquemment à la Coupole ou au Flore, à Saint Tropez ou aux éditions Filipacchi. Les lieux, les gens, les décors, les musiques y sont décrits avec précision, c’est le charme de la nostalgie.
A la toute fin du livre, elle part à la recherche des traces de son père, elle ne connaît même pas précisément son nom. Elle parviendra à un résultat un peu frustrant, elle retrouvera sa tombe.
Le style est curieux, parfois classique puis soudain un peu vulgaire, émaillé d’argot non justifié. Elle est comme ça, d’après Liberati, parfois popu, et souvent capricieuse, colérique. On peut tout lui passer.

Innocence de Eva Ionesco, 2017 chez Grasset. 428 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #373

Sans être malveillante avec les unes ou les autres des terribles catastrophes qui s’abattent sur notre frêle planétoune, je ne peux que regretter que les cyclones ne soient pas des fainéants, d’ailleurs les fainéants n’ont pas entrée libre dans cette chronique, la preuve :  Wauquiez ? un travailleur du chapeau. La rentrée ? une bosseuse doublée d’une emmerdeuse.  Pierre Bergé ? un burné out. Trump et Kim Jung machin ? des yoyoteurs de la touffe. Et taffeur ? Elle bat l’beurre comme disait ma grand-mère bigouden qui ne l’utilisait que salé. Allez ouste, au boulot !
– PE : Laurent Wauquiez vient de déclarer qu’il veut une vraie droite. Du coup, un député LREM lui a demandé si un coup de casque, ça va aussi.
– JPT : Tout compte fait, je préfère une vache folle à un veau quiet.
– CC : les gosses qui mettent une plombe pour choisir un agenda qui coûte une blinde, tout ça pour dessiner des bites à l’intérieur au bout d’une semaine de cours
– JLL : Des voitures intelligentes, des téléviseurs intelligents, des téléphones intelligents, des ampoules intelligentes ! C’est quand meme bien la preuve qu’on nous prend pour des cons!!
– CC : message à Trump et Kim : c’est pas la peine de faire la guerre, on a déjà plein de jours fériés
– SM : Vu ma gueule de ce matin, apparemment j’ai dormi dans les bras de Morflée.
– EP : 1 — Explique poliment à son boulanger que s’il baisse la baguette de 5 €, il me doit encore 3 € puisque je n’en ai achetées que deux. 2 — Se prend un poing fariné dans la gueule. 3 — Comprend que le macronisme ne marche pas vraiment.
– OM : — C’est quoi un oxymore papa ? — Ben par exemple, « bonne rentrée ».
– RR : Les enfants… rappelez-vous de pleurer quand vous laisserez vos parents devant la grille de la maison de retraite.
– OM : Je pense que tous les enseignants seront ok pour dire que compte-tenu de la situation en Corée, il serait préférable d’annuler la rentrée.
– MV : Si vous mettez enceinte votre femme dans les prochains jours, vous pourriez avoir vos congés paternités pendant la coupe du monde
– NM : J’ai enfin compris qu’une année lumière correspond à la durée nécessaire pour qu’une ampoule basse consommation éclaire correctement.
– LL : — Madaaame, y a Kévin qui vient de me planter son compas dans l’œil (il pleure) — Tututut, in english please !
– EM : Quand la boulangère te dit bonjour avec le rouge à lèvres qui déborde jusqu’aux deux oreilles, tu te dis que derrière il doit y avoir Rocco au fournil.
– JPT : Je pense à mes amis Isabelle et Patrick B. dont la Villa Pamplemousse à Saint-Martin a dû souffrir des ravages d’Irma. Je vous propose de les aider à la remettre en état, envoyez vos dons à la mairie de Levallois.
– SF : On a mis 30 ans pour supprimer les emplois fictifs et 3 semaines pour les emplois aidés. Vive la France.
– TB : sa veu dir koi kan cé pa soulignai an rouges dan Word ?
– PM : Facebook informe que les Balkany sont en sécurité à Saint Martin …ouf
– OB : Une pensée pour tous les gens qui ont fait 5 ans d’études mais mettent 30 minutes pour couvrir un livre. Vous n’êtes pas seuls.
– AB : À Canal+, la chute (de cheveux) continue avec l’arrivée d’Yves Calvi(tie) : TOUS ses programmes en clair sont un poil barbants.
– HL : J’ai baissé de 5 €/mois l’argent de poche de mon fils. Ça devrait lui permettre de réclamer une bonne réduction à son revendeur de cannabis.
– AB : Le calme et pacifique député El Guerrab devient membre de la Commission de la Défonce. Il va bientôt casquer…
– EM : « Mais non, je n’ai traité personne de fainéant, vous m’avez mal compris parce que vous êtes des alcooliques drogués. »
– CU : « Mon ennemi, c’est la fainéance. »
– NP : Je ne croirais à la mort de Pierre Bergé que quand Christine Boutin l’aura annoncée sur Twitter.
– RR : Cette nuit l’étoile de Bergé brillera haut dans la constellation.
– OM : On a bien moralisé la vie politique : des députés font payer des gens pour visiter l’Assemblée, avant ils en payaient pour ne pas y venir.
– PD : Les ouragans, au lieu de toucher les Antilles, feraient mieux de toucher les méssantes. »
– RR : T’abuses Dieu. Un cyclone sur St Martin juste pour punir Balkany…
– AB : Panique et AVC chez les milliardaires : certaines îles menacées par les ouragans successifs sont des paradis fiscaux. Irma, Jose, Katia.
– RB : Je vois déjà la une du Figaro mag : « Harvey sur le Texas Républicain, Irma sur les paradis fiscaux… Les ouragans sont-ils de gauche ? »
– PS : Fainéants : Rentiers du Cac 40. Cyniques : Politicards LREM. Extrêmes : Fanatiques du MEDEF
– AB : Macron « ne veut rien céder aux fainéants » : dommage, j’aurais bien pris un bureau Empire de l’Élysée, un café et l’addition.
– HL : Arrêtez de faire vos mijaurées avec Macron. Bien sûr que vous êtes fainéants et cyniques. Vous ne seriez pas sur Twitter sinon.

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Les Fessebouqueries #372

Parlons peu, parlons vert avec les deux infos les plus brûlantes de la semaine : à la une, la disparition du vert du stylo 4 couleurs qui a causé un traumatisme exceptionnel. Ce n’était qu’un fake. En deux, l’ou-verdure d’une zone zizi-quéquette-nichons à loilpé à Vincennes OMG !, que d’émotion de censure ! Sinon, rien de bien spécial, une icône blonde qui disparaît, un député avec un pet au casque, un code du travail écorniflé, un pape à gauche de Jésus mais à droite de Dieu dont la colère se déverse sur les bons croyants américains. Une bonne nouvelle : la droite la plus bête du monde a désormais son héraut. Ça commence par W…
– RR : Y en a marre d’être l’avenir de l’homme. Qu’ils se démerdent un peu.
– JB : Vous avez remarqué que TOUS les mots de la langue française se terminant en Wauquiez ont une connotation négative ? Par exemple : Laurent Wauquiez. Coïncidence ? Je ne pense pas.
– NP : Quand soudain les cathos riches s’aperçoivent qu’ils n’aiment pas du tout les valeurs défendues par le chef de leur secte. (Figmag : le pape est-il de gauche ?)
– RR : Quand j’étais prof, je comptais le nombre de frites dans l’assiette. C’était de la physique cantoche.
– NA : Appelez votre pote à Houston et demandez lui si ça baigne.
– ADC : La vraie question qui se pose c’est « peut-on encore l’appeler stylo 4 couleurs » ?
– AB : Ce soir, omelette au Fipronil ou canard H5N1 ? Sinon, bœuf aux pesticides ou sushi Fukushima (faut l’dire vite). Quel dilemme…
– JS : En voyant le spécial immobilier de l’Express, je me dis soudain que j’ai loupé celui sur les francs maçons cette année. C’était quand ?
– JPT : Mélenchon à Marseille : le plaisir de retrouver la logorrhée communiste.
– ALD : Le grain à moudre, maintenant, sur les statues et plaques à déboulonner.
– RR : — Mireille Darc est morte, quand je pense que ça aurait pu être moi. — Ça risquait pas, t’avais pas le même cul.
– NP : Le Dieudonné qui va en Corée du Nord c’est celui qui se plaint du manque de liberté d’expression en France ou c’est un un homonyme ?
– LN : S’il enseigne la quenelle à Kim Jong Un je quitte cette planète.
– RR : Taper son ennemi à coups de casque. Le combat en duel, ça avait quand même une autre gueule.
-PI  :  — Alors ces vacances, c’était bien?  — Ouais nickel  — Les gamins ont aimé aussi?  — Merde, les gamins !
– HL : « Trump attendu mardi à Houston ». Avec l’ouragan Harvey, ça fera donc 2 catastrophes majeures en quelques jours qui s’abattent sur le Texas.
– GO : Vous n’allez quand même pas commencer à chialer pour le code du travail alors qu’on vient à peine de sauver le vert des Bic 4 couleurs ?!
– CL  : L’autre jour quelqu’un ma demandé ce que je préférais comme religion….
_ j’aime les juifs athées, les musulmans athées et les cathos athées.. ….autre chose ?
– RR : Le mariage, le plus vieux contrat aidé.
– NP : Imposer le naturisme serait le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme : essaye de planquer une ceinture explosive quand tu es à poil !
– RR : Les politiques à la radio, les journalistes à l’Elysée. Découvrez bientôt les ex profs de latin tops modèles.
– IZ : À quoi pensez-vs ce matin? Vous voulez nous faire part de quelque chose? Comment s’est passée votre journée? Exprimez-vous. Facebook, cette mère juive.
– AR : C’est marrant, ces politiques qui deviennent journalistes et pas entrepreneurs alors qu’ils détestaient la presse et adoraient l’entreprise!
– HD : Ouverture d’un camp de naturiste de 7300 m2 au bois de Vincennes avec la complaisance de la mairie de Paris. Anne Hidalgo a enfin ouvert les bois sur verges….
– NP : L’inconvénient de partir en vacances en septembre c’est que tu ne peux pas partir avec tes enfants. L’avantage c’est que tu ne peux pas partir avec tes enfants.
– MK : Lu dans la presse : « Le député PS frappé à coups de casque par un député LREM en soins intensifs ». Je me demande sournoisement si « député LREM en soins intensifs » ne relève pas du pléonasme…
– CC : un petit mot à tous les profs en pré-rentrée qui matent facebook sur leur portable pendant qu’on leur explique des trucs dont ils se foutent royalement : là, tout de suite, vous ressemblez à vos prochains élèves.
– PR : Après les nudistes, je me demande quel groupe social va bien rester pour approfondir une approche clientéliste et locale ?
– NP : Les trombes d’eau sur Paris ce soir c’est une opération de promo de la Bretagne où un geste de solidarité avec le Texas ?

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Le livre qu'il ne voulait pas écrire mais que j'ai adoré lire.

Erwan Larher ne voulait pas écrire ce livre. Qui s’intitule Le livre que je ne voulais pas écrire. Mais du fait qu’il était déjà écrivain, tout le monde le poussait à le faire, à faire son témoignage sur « son » Bataclan. Car il y était, ce sale soir-là, et même s’il dit qu’il n’a pas été touché gravement, il s’est quand même pris deux grosses balles dans les fesses (eh oui) et la suite a été très pénible à vivre. C’est son éditeur qui l’a décidé, levant le frein de la légitimité à raconter sa version, lui proposant de faire autre chose qu’un récit, disons un objet littéraire. Erwan a bien ri à ce terme, objet littéraire, le truc bien prétentieux, quoi. Et puis ses potes aussi, s’y sont mis. Et un matin, sans en avoir pris conscience vraiment, il a commencé à aligner les mots, les phrases, les sensations.
Et ce qu’il dit autour de cet événement est formidable, personnel, plein d’autodérision, poignant et triste. En fait, il est arrivé pour la deuxième partie, il a donc forcément vu la voiture des tueurs, il est forcément passé devant. Mais il ne l’a pas captée. Puis il est s’est installé debout contre un pilier. Et dès que ça a canardé, il s’est allongé sur le sol qui est vite devenu gluant de sang, sans jamais relever la tête. Et il a été transpercé de deux balles. Et tout le long temps avant qu’on ne s’occupe de lui, il s’est répété qu’il était un caillou, qu’il ne devait pas bouger, comme l’avait fait son amie Sigolène rescapée de Charly. Ne pas bouger, souffrir terriblement en silence, se vider de son sang et avoir le mollet serré avec une force inouïe par deux mains dont il ne saura pas à qui elles sont. Il se bénit de n’avoir su convaincre personne de son entourage à l’accompagner. Il oublie qu’il a laissé son portable (ce qui est heureux car dès qu’un téléphone sonnait, les tueurs tiraient dans sa direction) et ses papiers chez Jeanne, sa compagne, et que c’est elle qui devra gérer son angoisse et celle de tous ses potes, créer un  groupe facebook et attendre de savoir s’il est encore vivant. Des très longues heures.
Pour faire ce livre, il a demandé à quinze de ses proches de lui envoyer un texte sur cette nuit là, ce qu’ils ont fait, pensé, comment ils ont vécu. On a le nom des amis au début du livre mais les textes ne sont pas signés : il nous faut deviner qui sont ces gens. Chaque chapitre d’ami est titré : Vu du dehors.
Quant à son texte, il se tutoie. Il se place dans la posture de l’écrivain qui regarde se débattre son héros. Son héros qui est une chochotte, un pleutre, un type pas du tout héroïque.
On va le voir de faire soigner, opérer au CHU de Créteil. On va connaître sa terreur de ne plus pouvoir bander, on va partager sa rééducation, en flashes sans pathos. Et essayer de comprendre comment une jeune ostéopathe réussit à exorciser le mal, la douleur, les blocages qui refusent de quitter son corps. C’est ahurissant. On va aussi assister à un coup de foudre torride qui laisse malheureusement sa dévouée compagne sur le côté, on va partager des moments de la vie ordinaire d’un trentenaire accro à ses santiags, revivre son tout premier amour, des bouts d’enfance…
Ce livre est un puzzle de sentiments, un ouvrage impressionniste qui nous donne à voir des choses du dedans de façon parfois drôle (les fesses, quand même !) et surtout terriblement touchantes. Et je ne vous parle pas du vocabulaire utilisé, des mots que je n’ai pas souvent l’occasion de lire. Quel bouquin !

Le livre que je ne voulais pas écrire d’Erwan Lahrer. 2017 chez Quidam éditeur. 260 pages. 20 €.

Texte © dominique cozette

L'étranger et le frère du mort.

L’étranger de Camus, on s’en souvient, avait tué un « Arabe » pour aider un copain assez mac à se venger de l’infidélité d’une femme arabe.  Il s’appelait Meursault, cet étranger d’Alger, ce colon indifférent, désabusé.
Des décennies plus tard,le frère de l’Arabe tué raconte ce qu’il sait de ce meurtre et de la vie qu’il a dû mener à cause de ça. C’est une idée formidable de Kamel Daoud d’avoir écrit Meursault contre-enquête, de s’être emparé d’un anti-héros célèbre et d’imaginer les dommages collatéraux de son acte. On est donc en présence d’un vieil Algérien qui rumine sur cette affaire 70 ans plus tard, racontant à un témoin imaginaire tout ce qui lui est arrivé depuis cette mort. Il avait 8 ans à l’époque, son père s’était déjà barré. Quand elle a appris la mort de Moussa, sa mère a accusé le coup et n’a jamais fait le deuil. Bien au contraire, elle a fait endosser au petit frère l’existence du grand. Elle a fait peser sur lui une chape de non-dits, de douleur, d’interdits, d’autorité muette, elle lui a bousillé la vie, quoi. Les trois problèmes principaux liés à cette histoire sont et d’un que l’Arabe n’a jamais eu de prénom ou de nom dans le livre du narrateur-assassin. De deux, que le corps n’a jamais été retrouvé, que la tombe est vide, qu’il n’y a aucune preuve que Moussa ait été tué par ce blanc. Et de trois que l’assassin n’a jamais pu expliquer son geste, pourquoi cinq balles alors que la première était mortelle. En plus, il n’a rien regretté. Il s’en foutait complètement de cet Arabe.
Notre ruminant se trouve au café, à Oran, il ne supporte pas Alger, il boit du vin, il n’est pas religieux, il a eu une vie pourrie avec une mère hyper envahissante qu’il a fini par lâcher. Elle vit ailleurs, il ne la supporte plus, mais une mère on ne peut pas ne pas l’aimer, c’est la moitié du monde ! Peu à peu il se lâche, il avouera un meurtre, puis un amour de trois mois vécu justement à cause du roman sur l’étranger, et quelques passades sans intérêt, un boulot idem. Rien quoi.
Ce livre est riche, il fourmille de ressentis plus ou moins exotiques pour nous, il raconte la guerre, la décolonisation, les Algériens toujours traités comme des moins que rien, le pays à la dérive. Le ton du narrateur est morne, sans excès ni bouffées mais ça n’empêche pas le récit de se construire, de nous emporter avec lui dans cette sorte de vie fangeuse inondée de soleil et flanquée de citronniers.

Meursault contre-enquête de Kamel Daoud 2013. 2014 pour l’édition Actes Sud. En poche chez Babel. 156 pages, 6,80 €

Il est avantageux d'avoir … à lire

 

Il est avantageux d’avoir où aller est le dernier opus d’Emmanuel Carrère. L’intéressant de ce gros pavé hormis le fait qu’il empêche la serviette de bain de s’envoler — mais on n’est pas encore en été — c’est qu’il nous raconte toutes sortes de choses qu’il a parsemées dans différents medias et même une conférence, et qu’il y a à boire et à manger dans cette trentaine de textes.
Sur la quatrième de couv, pour attirer le chaland, on nous trompe avec des chroniques « un peu » porno, là, fait pas exagérer ! Y a même pas un bout de langue. Mais bon. Ce sont juste des rencontres charmantes. Sinon, on rencontre plusieurs fois Limonov qui en est à sa sixième ou septième vie, après avoir été un truand, un révolutionnaire, un écrivain, un taulard, un hors la loi…. On s’amuse des projets très peu aboutis de films d’un scénariste professionnel, des ratages de tournages, on compatis lors d’un vent qu’il se prend avec la Deneuve par manque de préparation de son interview, on retrouve ou on découvre le visionnaire Philip K. Dick. Quand on a aimé le cultissime « l’homme au dé », on se réjouit de la rencontre avec son auteur qui se planque des médias. On assiste à sa rupture avec un ami écrivain qui a penché un peu à droite…. Et puis, on se marre aussi avec lui au Forum de Davos où on picole sec avec feu de Margerie. On ne s’ennuie jamais avec Emmanuel Carrère ! Sinon, on passe à la chronique suivante, c’est simple ! comme dit une petite tête à claques dans une pub auto.

Il est avantageux d’avoir où aller d’Emmanuel Carrère aux éditions P.O.L. 2016. 546 pages. 22,90 €.

Les Fessebouqueries #371

Quand vient la fin de l’été, sur ma pageu, il faut alors se trouver des sujets de rigolade. Il n’y en a pas tant que ça ! Voyons voir du côté politique…Ah ! y en a qui ont mis leur été à profit pour s’offrit un super job dans la thune, d’autres qui ont tellement fait de thune sur le dos des ceintures serrées qu’ils se sont payé un gros château, d’autres qui s’ennuient tellement qu’ils vont envahir nos radios comme gros niqueurs,  et un dont le rimmel risque de couler à l’automne … mais je sais bien que l’année prochaine, nous reviendrons faire la fêta, cruche tassée, sur ma plage abandonnée…Bonne rentrée, bosseurs et bosseuses, et surtout soyez sympa avec vot’ patron, pensez à tous ses soucis ressassés sans cesse !

– EEF : Mon mari vient de me poser un ultimatum : c’est lui ou facebook. Je vais vous laisser…..Je dois l’aider à faire ses valises
– HL : Une majorité d’Américains pensant que la Terre est plate, Trump décide d’annuler l’éclipse de lune prévue aujourd’hui.
– PR: Trump, président des amers loques. Désolé.
– CO : Sachant qu’une française avec de petits seins s’appelle parfois une planche à pain, qu’une Québécoise avec de petits seins s’appelle une planche à repasser : comment appelle-t-on une musulmane avec de petits seins ? 
Une planche à voile. Allez hop!
– JPT : Je ne vois pas pourquoi on nous parle de rentrée littéraire alors qu’il s’agit de livres qui sortent.
– CC aime passionnément ces piscines où il y a plus de guêpes que de gens qui se baignent
– NR : Pourtant c’est facile : tout irait bien dans le monde sans les laïques, les féministes blanches, les caricaturistes et les sionistes. Et aussi sans… la minijupe. J’ai faux?
– MT : Bonjour je vous écris d’un iPhone 3G de 2011, avec applis d’époque et tout. Ici c’est le gros buzz sur Carla et Sarko, j’espère qu’il ne s’est rien passé de grave depuis….
– CC : À 5 ans : « mais t’avais dit qu’on ferait des knackis ! » 
À 25 ans : « mais t’avais dit qu’on ferait un cuni ! »
– AB : Mélenchon dit Méluche le Furax a 66 balais aujourd’hui. Bon anniversaire et bon courage : encore 11 ans avant l’âge de raison
– CC : le jean troué est l’équivalent vestimentaire du mail pro avec des fautes d’orthographe à l’intérieur
– EM : Bon, si on ne parle pas des nazis, des attentats, du risque de guerre mondiale et des tweets de Cyril Hanouna, il est pas si mal cet été.
– AB : Pierre Gattaz : « serrez-vous la ceinture serfs et esclaves, souffrez que je me retire dans mon château à 11 millions ».
– OV : Avant les entreprises avaient des esclaves. Mais ça coutait trop cher parce qu’il fallait les nourrir et les loger. Alors maintenant elles ont des stagiaires.
– AB : Mis en examen pour détournement de fonds publics et autres délits, l’avide châtelain Fillon  bossera dans la Finance.
– PR : Perso, si j’étais un homme politique qui a piqué dans la caisse, je me reconvertirais dans la haute finance. C’est le même job.
– AB : Mémoires de Pépé LePen, p. 15 : « On a sali la mémoire du chancelier Hitler et du maréchal Pétain, héros de la résistance à la démocratie. »
– OK : J’ai vu un pigeon bouffer une mouche ! Si ça se trouve, c’est un drone américain qui a bouffé un drone chinois !
– JMC : Des dispositifs anti-bélier c’est bien, un dispositif anti-moutons, ce serait mieux.
– DC : hanouna recycle ses nouilles dans ses restos du… ah oui, mais on va croire que c’est une contrepèterie !
– NP : Je me demande combien de temps il va falloir au FN pour proposer qu’on enlève le permis de conduire à tous les musulmans.
– DC : 9000/mois de coiffeur pour Hollande, 26000 € de maquillage pour Macron, quelles chochottes ! J’ose à peine imaginer ce que nous coûterait une femme « normale » à la présidence !
– FK : Si tu as un contrôle fiscal essaie donc de faire passer tes dépenses de maquillage en frais professionnels
– EM : Je pense que maintenant qu on sait qu Emmanuel Macron dépense plus de 26 000 euros par mois en maquillage, on a plus de chances d avoir bientôt une femme à la tête de l État.
– NA : Arrêtez de critiquer, c’est ce que ça aurait coûté en 3 jours pour les sourcils de François Fillon.
– EM : François Mitterrand cachait sa fille, je crois qu’Emmanuel Macron nous cache sa double vie de blogueuse mode.
– IP : «Les Français détestent les réformes». Quand Mitterrand a ajouté 30% au montant du SMIC, personne n’est descendu dans la rue.
– XY : 9 895€/mois de coiffeur pour Hollande. 26 000€ de maquillage en 3 mois pour Macron. A ce rythme là, en 2030 notre président c’est Lady Gaga.
– OK : J’ai la motivation d’un pneu crevé sur une aire d’autoroute désaffectée en Picardie un lendemain de défaite de coupe du monde de curling.
– CC : 26 000 euros de maquillage et pas un seul tuto youtube, c’est pas cool président
– JM : Le gouvernement a commandé pour 22 millions d’euros de grenades lacrymogènes. Je sens qu’on va bientôt passer de « En Marche » à « En Pleurs ».
– NA : Heureusement qu’on a pas élu Juppé, imagine sinon la facture de fond de teint.
– AO : Perso, avec 26 000 euros de maquillage, je me fais la tête à Farrah Fawcett.
– AT : Dans la France des Timbrés, le COCHON devient un symbole « politique » ! 30 ans de politiquement correct a ravagé notre pays
– OK : Comme les politiques se mettent à faire de la télévision, pourquoi les Hanouna, Ruquier, Bern ne feraient-ils pas de la politique ? Non Rien
– RdB : « Kessya le peuple, ça te pose problème la suppression du CHSCT ? Ben vas-y t’as qu’à te plaindre à ton DP ! »
– OK : Les français sont contre les réformes ? Alors proposez leur une nouvelle semaine de congés payés, vous allez voir s’ils sont contre …

Je ne résiste pas à rajouter un bonus mignon de HD sur la définition d’un grand-parent d’après les enfants d’une classe de 8 ans :

Les grands-parents, c’est une dame et un type qui n’ont pas d’enfants eux-mêmes. 
Mais ils aiment beaucoup les enfants des autres.
Un grand-père c’est un bonhomme, et une grand-mère c’est une dame!
Les Grands-parents ne font rien d’autre que nous attendre lorsque nous venons les voir. 
Ils sont tellement vieux qu’ils ne peuvent pas courir ou jouer à des jeux où on se pousse un peu. 
Mais c’est drôlement bien lorsqu’ils nous conduisent à des boutiques de bonbons.
Quand on va se promener avec eux, ils ralentissent toujours pour nous montrer des feuilles mortes ou des chenilles.
Ils nous montrent des fleurs, nous parlent de leurs couleurs et nous demandent de ne pas marcher 
sur des choses qui craquent, mais ils ne disent pas , « Depêche-toi. »
Habituellement les grands mères sont grosses mais ça ne les empêche pas de nouer nos lacets de chaussures .
Ils portent des lunettes et des sous vêtements très bizarres.
Ils peuvent enlever leurs dents avec leurs gencives.
Les grands-parents n’ont pas « à bien se conduire ».
On peut leur demander des questions comme « Pourquoi Dieu n’est pas marié ? » ou 
 »Pourquoi les chiens courent après les chats ? »
Lorsqu’ils nous lisent des livres, ils ne sautent pas des lignes. 
Et si on leur demande de nous relire la même histoire, ils ne disent rien.
Tout le monde devrait avoir une grand-mère, surtout si vous n’avez pas de télévision 
parce que ce sont les seuls adultes qui aiment passer du temps avec nous. 
Ils savent qu’il faut que nous ayons un petit goûter avant d’aller nous coucher, 
ils disent les prières avec nous et nous embrassent même si ça a mal été.
Grand-papa, c’est l’homme le plus gentil de la Terre! Il me montre des tas de trucs, 
mais je ne le verrai jamais assez pour devenir aussi calé que lui !
C’est drôle parce que lorsqu’ils se penchent, on entend des fuites de gaz, et ils disent que c’est le chien .

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Si vous pensiez tout savoir sur Warhol…

Je viens de finir un pavé formidable ! Et ça ne se lit pas en diagonale. Il s’appelle Warhol, sous titre la biographie et est écrit par Victor Bockis, un mec qui  a vécu et bossé à ses côtés, dans les différentes Factory, qui fut rédac-chef de son magazine Interview et bien plus que ça. J’avais déjà eu affaire à ses écritures lorsqu’il a publié un bouquin super drôle sur les conversations entre W Burrough et Warhol, voir plus bas, ce qui me conforte dans l’idée que, à l’instar du boss, il enregistrait et photographiait tout pour en faire commerce.
Il a raison d’appeler ça la biographie car il n’y a pas plus complet, plus fouillé, plus détaillé, plus fourni que ce livre.  Ce qui est passionnant c’est qu’il nous fait découvrir les différents Andy depuis l’enfance (naissance en 1928) jusqu’à la mort (1987) et les pourquoi de ces évolutions. Pour cela, il se sert des descriptions du personnage, ses accoutrements, ses verbatim, la description des décors, les Factory, les maisons, les bureaux, puis de celles de tous (TOUS) les personnages, bons et mauvais, solides et décadents, sobres et défoncés, cyniques et naïfs, pédés ou pas, célèbres ou pas qui gravitaient autour de lui, et de ceux qui ne voulaient absolument pas le rencontrer mais qui faisaient partie de sa construction.
Tout ça est illustré par un nombre infini de bouts de dialogues et de citations de tas de gens, soit qu’il ait tout noté, soit qu’il les ait interviewés pour écrire le livre. Je signale qu’il a aussi relaté les rencontres avec les détracteurs de l’artiste. Beaucoup sont devenus ses amis, ensuite. Notamment Dylan qui a avait volé sa star, Edie Sedgwick, et qui faisait partie de la bande des acides alors qu’ils étaient de la bande des amphètes. Ou quelque chose comme ça. Il y a aussi beaucoup de mots d’Andy, de postures, de caprices qui rendent compte de son bizarre humour.
Il retrace sa pénible enfance et la maudite école, son côté malingre, leur pauvreté, la vie rude à Pittsburg, l’adoration réciproque de sa mère. Puis les études graphiques où il se révèle, les années illustration puis son désir incandescent de devenir riche et très célèbre. Ça sera difficile, son petit monde gay fait peur et lui même se comporte toujours bizarrement. Il verra avec terreur une génération d’artistes percer avant lui, Cy Twombly, Lichtenstein, Rauschenberg… mais se défoncera (au sans figuré car il laissait la dope aux autres, enfin pas toujours, pour rester lucide), travaillera comme une brute pour y arriver. Ce travail, c’était aussi les sorties extravagantes, les provocs, les réseaux à construire, les importants à rencontrer, les endroits où se faire voir, le personnage glamour à créer.
Intéressant de voir aussi comment il pouvait se faire plumer notamment par Carlo Ponti pour les films qu’il lui a fait distribuer, comment il traitait l’argent, aussi, les liasses partout, les distributions insensées, les cadeaux incroyables. car il était à la fois prodige et près de ses sous.
Etonnant de voir comment se construisait son œuvre qui était le résultat de la collaboration avec tous les hôtes de la Factory. Il ne les payait pas, ou rarement.  Il les entretenait. Les larguait aussi brusquement. Souvent, l’idée venait d’eux et lui se contentait de signer. C’était un chef de gang sans qui rien n’aurait existé. On le suit quand il tombe amoureux, très souvent, ce qui ne veut dire qu’il conclut, trop complexé par son physique, cependant il adore jouer les voyeurs et tout un pan de son art est consacré au sexe. Il adorait des filles, des garçons, les emmenait partout avec lui, les restos, les boîtes, les avions, à la Maison Blanche…
Sa mort est pathétique, idiote. Après, ses deux frères se sont fait rouler dans la farine par ses très proches. Andy achetait sans arrêt, tout le temps, n’importe quoi, de l’art ou des babioles, des joyaux ou des boîtes de biscuits, il les rangeait ensuite sans en profiter, ce qui explique qu’à la fin, ses derniers somptueux locaux étaient envahis par des cartons de déménagement numérotés et datés : beaucoup de ces choses furent vendues aux enchères bien au-dessus de leur valeur mais beaucoup sont restées dans des cantines appelées time capsules dont j’ai eu le plaisir de voir quelques exemplaires au MAC de Marseille en 2015, mais dont rien ne pouvait être consigné ni photographié car les droits appartiennent au musée de Pittsburg. Lien avec le MAC ici.

Vous aurez compris qu’il faut absolument lire ce livre, écrit en 2003 mais enrichi pour la version française qui est sortie en 2015, si vous êtes intéressé par le personnage et amateur/trice de ragots. Car il y a pas mal de ragots. Ça m’a passionnée même si je ne connais pas le quart des gens cités. Mais surtout, ça m’a montré que je connaissais très mal la partie émergée de l’iceberg en ce qui concerne sa production.
(Juste pour donner une idée du boulot de l’auteur : une bibliographie de 14 pages.)
Pour commencer, invitez-vous à la table de Warhol et Burrough (et Mick Jagger) dans un petit livre de poche très drôle :Lien ici


Warhol, la biographie
par Victor Bockris aux éditions Globe, 2015. 2003 pour la VO. Traduit de l’américain par Emmanuelle et Philippe Aronson. 590 pages écrites fin. 29 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #370

Des mini-Fessebouqueries typiques de la mi-août pourrie par les attentats dont je ne relèverai pas les traits d’humour. Heureusement, mes chers irréductibles des extensions de zygomatiques sont là, à pianoter des vannes et à vanner ce que l’actu nous offre entre deux giclées — aïe — de fibronil et heu bah heu pas grand chose d’autre. Ah si ! Mélanchon heu, non rien. Il est vacances. Ah si, Trump est … non, rien de nouveau. L’actu s’est tue, c’est tout donc. Bon week-ends, friends !
– CC : en bretagne, un kouign-amann est tombé par inadvertance sur le pied d’un touriste, bilan : plus de beurre que de mal
– PE : Drame de la faim aux championnats du monde d’athlétisme : le coureur éthiopien médaillé d’or sur le 10 000 mètres a bouffé les paroles de son hymne national.
– JPT : Je préfère Matthieu Ricard à Jean-Pierre Pernaut : l’un m’enivre, l’autre me saoule.
– CC : kevin mayer champion du monde de décathlon, je lui tire mon chapeau parce que moi je me perds toujours dans le magasin
– DC : Dégât des œufs, dégâts des œufs ! Heureusement que les industriels annulent les progrès de la science en faveur de notre longévité !
– JPT : Cette histoire d’œufs empoisonnés, on ne me fera pas gober ça !
– OVH : Si je voulais faire un grand saut dans le vide, je me jetterais du haut de l’égo de Trump au niveau de son QI.
– FL : Le programme qui ne ment pas, c’est « Plus belle la vie ».
 Quand tu regardes dix minutes de cette merde, ben, tu la trouves plus belle, ta vie.
– AB : Swrhwarz, Schawzr, Shwhcwarz, euh, bref, Arnold S. remonte dans mon estime avec sa vidéo cinglante contre Trump et les suprêmes racistes.
– JPT : Pour ceux qui n’aiment pas Macron, un paparazzi devient un journaliste. J’imagine que pour eux, une pute devient une assistante sociale.
– OK : Vivement la déchéance du permis de conduire contre ces putains de terroristes.
– TS : Entendre un peu partout que les islamistes ont déclaré la guerre à l’Europe…3 jours après l’attentat de Ouagadougou.
– NS : L’humour c’est notre seule façon d’accepter qu’il n’y a souvent rien de drôle.
– DC : Qu’est-ce que vous avez contre les belles-mères ? Les belles-mères sont d’honorables MILF comme tout le monde !
– NA : La Tour Eiffel demande une trêve internationale.

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
Twitter