Les Fessebouqueries #496

L’apéro !!! L’apéro !!! L’apéro!!! En fait, y a que ça de vrai, à condition que le verre ne  soit pas à moitié covid, car sinon, panpan cucul, non, je ne parle pas de notre incorrigible et lubrique VGE mais d’une menace de reconfinement dard-dard — VGE, sors de ce texte ! — donc gaffe au retour du maton, du papelard à remplir, tout ça. Heureusement, dans le besoin, on reconnaît toujours ses amis du gouvernement, la preuve : les médailles ! Quoi de plus chic, de plus indispensable, de plus précieux qu’une superbe médaille fichée sur le beau sein d’une soignante qui aura tout fait pour la mériter ? Cessons de ressasser nos soucis, tchin tchin et bon week-end hydro-alcoolique, dear friends !
– HD : Six Français sur 10 ne font plus confiance au gouvernement et les quatre autres sont en réanimation.
– KM  : « Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective » —  Qu’est-ce qu’il dit ? —  Il dit qu’on va tous mourir.
– MK : Euh, s’il nous reste des stocks de farine, riz, pâtes et PQ, on peut rester confinés ?
– RO : Les gens qui roulent seuls en voiture avec un masque, ils dorment aussi seuls avec un préservatif ?
– RdB : En y réfléchissant, si au lieu du port du masque on avait imposé celui du sombrero, on aurait assuré à ce déconfinement la distanciation physique, la protection contre la pluie et un petit air festif.
– PI : Première règle : Ne jamais sous-estimer la capacité d’un français à se foutre du risque sanitaire quand il s’agit d’apéro avec des amis après deux mois d’isolement.
– CA : Donc ce matin, on peut prendre le RER B pour aller travailler mais les parcs sont fermés. On peut s’entasser sur la ligne 13 mais pas aller au cinéma. Le plaisir, la joie de vivre ne sont pas au programme du gouvernement… Infantilisés dans le confinement, nous voici maintenant punis.
– CEMT : Maintenant qu’on a vu les gens se ruer chez Zara le premier jour du déconfinement, je crois qu’on peut dire que le monde d’après n’est pas pour demain.
– PA : En fait, c’était « les masques gratuits sont inutiles ». En revanche, les masques payants sont indispensables. LREM décryptée.
– OM : Attention aux jugements hâtifs : les images de la ligne 13 bondée ce matin étaient liées à un retard. Or comme tout le monde le sait, ce genre d’incident n’arrive que très rarement dans le métro
– JL : Bon, OK, ce mardi, on remet les enfants à l’école. Mais est-ce qu’on est obligé d’aller les rechercher ?
– OVH : Ce matin dans les kiosques, Le Parisien offrait un masque jetable. J’attends avec impatience la sortie de Pif Gadget.
– CC : Mon père a profité de ces deux mois pour refaire le sol de la maison, la peinture, ma chambre, la déco… Heureusement qu’il n’est pas chirurgien, à l’heure qu’il est, il serait en train de refaire sa femme.
– JL : Dire qu’on mangeait le gâteau après que quelqu’un avait soufflé dessus !
– CC : Ce moment gênant où tu te rends compte que tu es plus séduisant avec un masque que sans.
– HD : Ce qui est drôle, c’est que les gens pensent qu’ils seront déconfinés à partir du 11 mai, non, on vous rouvre juste le chemin pour aller produire des richesses pour un patron et déposer votre gosse à l’école pour le surveiller en attendant la fin du travail fourni.
– KM : Le masque en tissu que j’ai acheté est tellement immense pour ma petite tête que je me demande si on m’a pas refourgué le slip de Gros Dégueulasse.
– OV : Je me demande combien d’entre vous sont en train de refaire leur CV parce qu’ils se sont aperçus qu’en fait ils détestaient leur travail et qu’ils ne supportent pas l’idée d’y retourner.
– MK : Déchéance sexuelle, Giscard en fin de vit
– HD : Thème et proverbe du jour : Si en mai tu fais la queue chez Zara, en juin tu feras la queue en réa…
– CL : L’Académie française ayant proposé de traduire « follower » par « acolyte des illustres », un ami a proposé de remplacer « troll » par « farfadet de la dialectique ». Je propose un concours de pastiches, dans lequel chacun traduirait un mot du langage web/jeune de cette manière.
– OB : Si ça se trouve, ça fait deux mois que Xavier Dupont de Ligonnès va à Shopi au calme avec un masque.
– NMB : N’empêche, c’est beaucoup plus facile de repérer les lèche-culs au boulot depuis qu’ils portent un masque.
– SA : Ne comptez pas trop sur le bouche à oreille en ce moment.
– PI : Ok le déclin de notre civilisation c’est triste mais as-tu essayé le port du masque toute la journée avec le nez qui coule ?
– SF : Au train où avance Mediapart, dans 3 jours ils nous sortent des photos de Laetitia Avia en train de bouffer du homard en compagnie de Jérôme Cahuzac
– ACM : Échographie du 3ème trimestre : “vous allez avoir une belle petite fille, belle comme sa mère et intelligente comme son père, comme ça elle aura le meilleur des deux”. A deux doigts de lui fourrer son échographie dans la gorge.
– JM : —  Il nous faut plus de moyens !! —  Que diriez-vous d’une médaille ? —  Non je pensais plutôt à des masques — C’est con, elle est super belle — Et des respirateurs ! —  Et si je mets deux MEDAILLES ?
– CC : Visiblement le masque sert aussi de petite laine au double menton pendant les saints de glace.
– RR : Je viens de voir une pub pour partir en vacances à Nevers. Rien ne nous aura été épargné.
– PB : Dans ma déclaration d’impôts, personnes à charge, j’ai écrit : 2 millions d’illégaux, 6 millions de chômeurs, 80000 taulards, 571 députés, 348 sénateurs, la commission de l’UE. Le fisc a retourné ma déclaration jugée inacceptable A quoi j’ai répondu : j’ai oublié quelqu’un ??
– NP : Si vous trouvez que le confinement est dur à vivre, rappelez vous que quand ce sera fini, on va avoir un film avec Frank Dubosc sur le confinement, un film avec Christian Clavier sur le confinement et un film avec Dany Boon sur le confinement.
– RR : Le meilleur endroit pour se mettre au vert dans les grandes villes reste le cimetière.
– DS : Jetez vos putains de masques dans une putain de poubelle !
– RT : Laëtitia Avia qui rédige une loi contre la haine, c’est un peu comme si Benjamin Griveaux écrivait un éloge de la pudeur.
– GB : Demander aux plus modestes de travailler davantage ou de donner des RTT, c’est du bon sens. Demander aux plus aisés un effort financier c’est de la démagogie.
– CEMT : Situation au 14 mai : Vous pouvez organiser une fête avec 150 personnes chez vous mais vous ne pouvez pas vous asseoir à deux sur une pelouse à Paris. Franz Kafka valide.
– PI : J’imagine la déception de Bruno  le Maire quand il a vu que la fête de l’Huma ne pouvait pas se tenir.
– OB : Niveau de déprime d’aujourd’hui : Entre Baudelaire et Benjamin Biolay.
– RC : Ça se passe comment pour les impôts cette année ? On est toujours prélevé à la source ou on peut juste payer en applaudissant le gouvernement à la fenêtre ?
– JT : Si ça se trouve les gens qui ne portent pas de masques dans les lieux publics sont les mêmes que ceux qui portent un slip sur les plages nudistes.
– CC : Les gens qui s’insurgent à cause des masques payants alors qu’ils sont nécessaires découvrent une sensation que beaucoup de femmes connaissent : le syndrôme de la serviette hygiénique.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

La panthère des ventes !

Je crois que la Panthère des neiges de Sylvain Tesson est le livre le plus vendu dernièrement. C’est un très beau livre, il faut dire, Tesson n’ayant pas sa pareille pour décrire un lieu, un sentiment, un être, avec un art de dentelière consommé. Son défi, cette fois, n’est pas de courir partout mais de rester à l’affût, des heures, des jours durant par un froid glacial pour tenter de voir, que dis-je, d’apercevoir cette mythique panthère qui tend hélas à disparaître, la faute à qui ? A la race humaine que fustige largement l’écrivain épris de nature, de silence, d’animaux.  « Hier, l’homme apparut, champignon à foyer multiple. Son cortex lui donna une disposition inédite : porter au plus haut degré la capacité à détruire ce qui n’était pas lui-même tout en se lamentant d’en être capable. A la douleur, s’ajoutait la lucidité. L’horreur parfaite. »
Tesson, fasciné par l’animal, ne peut s’empêcher de le rapprocher  d’une femme qu’il aima follement, amour qu’elle rompit parce qu’il refusait de rester près d’elle, de la nature et de ses animaux. Ce qui renforce sa réflexion. « Thermomètre à — 20°C. Nous autres, les hommes, étions condamnés à ne faire que passer en ces endroits. La majeure partie de la surface de la Terre n’était pas ouverte à notre race. Faiblement adaptés, spécialisés en rien, nous avions notre cortex pour arme fatale. Elle nous autorisait à tout. Nous pouvions faire plier le monde à notre intelligence et vivre dans le milieu naturel de notre choix. Notre raison palliait notre débilité. Notre malheur résidait dans la difficulté de choisir où demeurer. » Voulant toujours plus, l’homme développa cet esprit d’aventure, de recherche de toutes les satisfactions, les endroits où aller, alors que l’animal se cantonnait au milieu où il était né, son biotope, et devait s’y adapter. Evidemment, la panthère des neiges était tout le contraire de l’homme.
Il s’était donc embarqué avec un photographe animalier réputé pour sa rigueur et son sens esthétique, Vincent Munier, accompagné par Marie, sa fiancée cinéaste, et Léo, son aide de camp philosophe, tous trois rodés à l’exercice de l’affût.
Encore une petite contre nous : « L’homme était apparu il y a quelques millions d’années sur la Terre. Il avait débarqué sans invitation, une fois la table dressée, les forêts déployées et les bêtes divagantes. La révolution néolithique, comme toute révolution, avait sonné la Terreur. L’homme s’était proclamé chef du politburo du vivant, s’était propulsé au somment de l’échelle et avait imaginé une flopée de dogmes pour légitimer sa domination. Tous développaient la même cause : lui-même. « L’homme est la gueule de bois de Dieu ! » disais-je. »
En page 123 est imprimée une image prise lors de cette aventure, un faucon posé sur des rochers. Bien net, bien visible. Ce n’est que plus tard que le photographe découvrit que la panthère y posait aussi, le regard dirigé vers l’objectif et, comme dans les livres magiques, une fois qu’on l’avait repérée, on ne pouvait plus ne pas la voir.
C’est cela, la panthère des neige, invisible mais voyant tout.

la Panthère des neiges de Sylvain Tesson. 2019 aux éditions Gallimard. 170 pages. 18€.

Texte © dominique cozette

Un livre pétillant de grâce et d'humour

Oh, que je me suis régalée avec le dernier opus d’Anna Rozen, Loin des querelles du monde ! Nous sommes en présence de Germain, un écrivain célèbre, germanopratin vaguement atrabilaire, fantastique machine à cash pour son agent et éditeur. Après de nombreux succès, il  ressent l’envie d’écrire un livre différent, pas commercial, expérimental, qui ne se vendra peut-être pas. Son agent lui fait confiance car il sait que ce livre, comme tous les autres, sera un best-seller.
Mais il n’y a pas que ça. Notre  quinquagénaire en a assez de ce monde connecté, du tout-tout-de-suite, les GAFA, les livreurs de tout et autres facilitateurs de vie pour les nantis qui n’ont même plus besoin de s’inquiéter des aléas divers de l’existence (pluie, froid)  puisqu’ils sont protégés de tout et que leur téléphone contient leur vie, leurs dossiers, les réponses à leurs quêtes. Il en a assez aussi du dilettantisme de son neveu Joseph que sa sœur, son ennemie depuis qu’elle est née et lui a volé une part d’amour de ses parents, lui a fourgué, un jeune hirsute et vegan qui, comble, amène une petite amie pas très cool dans l’appartement. La sœur donc qui a déserté pour s’occuper de chèvres à laine dans les Cévennes, attirée d’abord par un plasticien magnifique, rencontré dans une galerie parisienne.
Germain décide de rompre avec ce monde inepte et sans matérialité. Foin du web, il balance ordinateur et smartphone, se remet à écrire à la plume sur des cahiers, à se contenter de son téléphone fixe et d’exiger parfois qu’on lui envoie une lettre ou une carte pour prendre rendez-vous. Sa vie sexuelle néanmoins se poursuit au fil de rencontres affriolantes organisées par un couple d’intellos qui concoctent des dîners chics et fins, mais il n’a toujours pas oublié son grand amour, sa première femme dont il renifle parfois les parfums conservés dans des fioles.
Peu à peu son univers va se racornir. Son neveu parle de retrouver son père en Inde, ses conquêtes ne reviennent pas facilement vers lui si peu joignable, son agent tombe malade, bref, le monde tourne et lui dérive sur son bout de banquise. Même son consolateur attitré, Toulouse-Lautrec, auquel il rend visite en cas de déprime, a laissé son tableau préféré, les Almées avec qui il discutait, partir vers une exposition extérieure à Orsay. Mais il écrit, coûte que coûte…
La succulence de ce livre dont l’argument est mince tient dans la façon qu’Anna décrit les caractères, drôle, narquoise, précise, inattendue, faite de tous petits détails, précieux condiments qui donnent une sacrée saveur à ses anecdotes. Les questions qu’ils se posent sont celles qui nous tourneboulent secrètement, des petits trucs qu’on n’évoque même pas tellement c’est minuscule. Minuscule comme le sel, indispensable donc pour rehausseur les sensations gustatives.
Le plus drôle, c’est ce que le roman de Germain aura pour titre : « Plus rien ne sera comme avant », comme si Anna avait eu vent de notre pandémie, des mois avant.
Une délicieuse lecture sous la très belle couverture d’une peinture de Charles Berberian.

Loin des querelles du monde par Anna Rozen, 2020 aux éditions le Dilettante. 256 pages. 17,50 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #495

C’est pas tout de ne pas savoir ce qui va se passer dans la vie d’après, il faut apprendre à discerner les bons et mauvais gestes, les gestes barrières qui clignotent quand le train arrive, les gestes qui distancient les pots de colle, les gestes qui tripotent les masques pour les rendre inutiles, les gestes qui caressent dans le sens du poil des intermittents, les gestes saugrenus  d’un président qui se lâche, les gestes abracadabrantesques demandés aux bambins des écoles, les gestes déplacés sur personnes déconfites… sinon, hé bien, sinon je n’aurai qu’un geste à faire, regardez l’image. Alors, bon dernier week-end finement con et, en sortant ce lundi, évitez de faire comme le bouchon de champagne qui explose en éclaboussant tout le monde !
– AR : je me suis demandé si j’allais ressortir mon vélo  et puis je me suis dit :  « si c’est pour être encore assise, non merci ! »
– NP : J’en vois déjà qui se relâchent au niveau de la distanciation physique. Du coup je vais vous donner un truc très simple pour savoir quelle est la bonne distance : si je peux te mettre une baffe c’est que tu es trop prêt.
– AG : Si on m’avais dit qu’en 2020 je m’hydraterais le dos des oreilles pour prévenir l’irritation des ficelles et qu’il y aurait dans mon entrée une poubelle à masques, franchement je serais resté en 2019.
– FP : On est censé déconfiner dans huit jours et je n’ai toujours pas fait de pain ni terminé Proust. J’ai honte.
– JNP : Je suis sorti un moment pour m’acheter du pain. Un petit enfant m’a vu avec mon masque et m’a dit : Papa !
– HD : L’économie s’effondre alors que nous ne consommons pas, que nous ne travaillons pas, alors c’est qui qui a le pouvoir ??? On pourrait peut être en tirer des leçons ??
– PR : Et maintenant, spécialement pour vous, en direct live, le spectacle tant attendu : “Le masque et la ligne 13″. Grand moment…
– PI : Ce confinement on dirait une série comme How I Met Your Mother. Au début c’est marrant, rapidement tu t’emmerdes, puis tu languis la fin, et puis finalement quand ça se termine t’as envie de te revoir les premières saisons.
– YP : J’ai essayé le cunnilingus avec un masque : ça change le goût.
– XX : Ah que c’est chouette, les cris des enfants dans le jardin des voisins ! Quand t’as retrouvé ton lance-pierres.
– CC : les gélules auto-bronzantes, ces dragibus du confinement
– P7 : Je viens de finir la lecture du protocole sanitaire définitif. Quelqu’un peut me dire ce que vont pouvoir faire les élèves (surtout en maternelle) à part se laver les mains toute la journée?
– JGP : Mon mari a débarqué avec une rose du jardin « qui sent super bon, vazy sens aussi » en plein cours avec mes terminales.
– PI : Selon notre modèle économique, les masques sont trop chers. Mais personne ne vous a demandé d’être pauvres.
– CC : Coronavirus : les intermittents du spectacle bénéficieront d’un dispositif de protection pendant les vacances, assure Franck Riester. De plus, écrivains, dessinateurs et scénaristes recevront, par la poste, tous les samedis, deux Kinder Bueno, un distributeur Pez et un cahier à spirales pour tenir leur journal intime qui sera publié, dès la fin de l’été, dans une nouvelle collection à la con qui devrait voir le jour en septembre aux éditions du Mocassin à Glande.
– NP : Quand toutes les marques vont commencer à nous filer des masques en tissu, on va en avoir 200 à la maison. Mais c’est pas grave, on les stockera avec les 350 tote bags de ces mêmes marques qu’on a gardés parce que « ça peut toujours servir »
– AS : Comme les hommes sont plus vulnérables face au Covid-19, a t-on envisagé de laisser les femmes et les enfants sortir d’abord du confinement ? Elles pourraient diriger le pays quelques semaines et on verrait, pendant que les hommes restent à la maison, cuisinent et applaudissent.
– JPT : Le maire d’Auriac nous a offert un masque lavable, paraît-il, 80 fois. 80 fois ? Mais putain, elle va durer combien de temps, cette pandémie ?
– DC : N’empêche que Sibeth Ndiaye avait raison, les gens ne savent pas se servir du masque.
– ADN : Madame, faut pas mettre le masque sous le nez. — « Mais comment vous respirez vous ? ».  Décourageant
– OB : Je sais que c’est pas politiquement correct et ça n’enlève rien à mon admiration pour tous les soignants mais j’en ai trop marre d’applaudir à 20h, j’ai l’impression d’être un chien de Pavlov. Je suis pas la seule hein ?
– MW : Ils étaient obligés de se mettre un masque noir pour aller visiter des gamins de CP ? Franchement…
– CX : Résumé de la crise : – Il y a 2 mois on croyait que les masques étaient inutiles et maintenant on sait qu’ils peuvent sauver des vies. – Il y a 2 mois on croyait que le gouvernement pouvait sauver des vies et maintenant on sait qu’il est inutile.
– OVH : Lu : Il y a tellement de toubibs à la télé que quand on appelle le 15, on tombe sur le standard de BFM.
– JPT : Lundi, je compte réaliser mon fantasme : entrer masqué dans une banque.
– MK : Les reconfinis : « Si vous n’êtes pas sages, vous serez reconfinés ! »
– CC : selon ma montre connectée, je perds plus de calories en changeant une housse de couette avec un chat sur le matelas qu’en cinquante minutes de course à pied
– PM : Vu qu’ils interdisent les plages et pas le métropolitain, propose qu’on prenne le métro en maillot de bain..
– OB : Un prof de guitare qui se dévoue pour apprendre à mon voisin plus de 2 accords svp ?
– DA : La meuf à qui j’ai refusé poliment de prêter mon briquet dans la rue par respect des gestes barrière & qui m’a traité de fils de pute en traçant sa route, me laisse un avant-goût délicieux du monde d’après
– PI : Le bracelet électronique qui te balance une décharge quand t’as dépassé les 100km c’est pas compliqué mais personne n’a de bonnes idées totalitaires dans ce pays.
– SDM : La reconnaissance vocale de mon téléphone écrit « j’ai manger des frite », mais elle sait parfaitement écrire Igor et Grichka Bogdanov…Coïncidence ?
– VI : Mamie, 102 ans, a donc passé sans encombre sa deuxième pandémie après la grippe espagnole. Elle a fêté ça aujourd’hui en buvant un verre de vin à la paille.
– AG :  Donc j’ai fait mon petit calcul : – dès lundi, on fait portnawak. – reprise d’épidémie constatée dans 17 jours (ce qui nous amène fin mai) – le gouvernement hésite et tortille du cul pendant deux semaines. On sera donc reconfinés mi-juin, pour l’été. Gardez ce tweet au chaud.
– CX : Sur Instagram tout le monde est mannequin, sur Twitter tout le monde est journaliste, sur Facebook tout le monde est philosophe et sur TikTok tout le monde est con.
– CC : Le 11 mai approche : à écouter les appréhensions mêlées de joie et d’excitation , les choix vestimentaires, capillaires, cosmétiques, les conversations pour savoir si ça va faire mal après ou si ça va être la fête, si rien ne sera plus comme avant ou non, j’ose préciser qu’il s’agit d’un déconfinement, pas d’un dépucelage savamment préparé à l’arrière d’une Fiat Punto pendant le loto des pompiers dans la saveur particulière du parfum Scorpio.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Le Diable à Westease.

Paru en 1947, le Diable à Westease est un polar de Vita Sackville-West, romancière, poétesse, historienne. Il paraît qu’elle adorait Agatha Christie et c’est peut-être pour cela qu’elle s’amusa à écrire ce polar d’une facture très classique. Un jeune homme qui vient de finir sa carrière d’aviateur en temps de guerre, cherche un coin tranquille où s’installer définitivement. Le village de Westease, avec ses accès difficilement carrossables (il roule en Jaguar), lui paraît l’endroit idéal, tranquille, sans commerces pour touristes car pas de tourisme ici et un pub où les gens sont d’un abord agréable. La campagne alentour est magnifique et, par chance, une maison est en vente. Parfait. Là, il fait des rencontres, celle d’un peintre habile qui le met mal à l’aise, d’emblée, sans raison objective et qui sera l’un des personnages importants de l’histoire. Un vieux numismate très érudit, bienveillant, ouvert mais ne bougeant pratiquement pas de son vaste bureau où sont rassemblés ses trésors, servi par une femme simple. Un pasteur accorte, aimé de tous, affublé d’une femme malade acariâtre qui passe son temps dans sa chambre, et leur fille, très belle jeune femme franche, directe, qui circule sur son cheval.
Roger, ce jeune homme, est écrivain, solitaire et mène une vie sobre. Il s’est acheté un chien et ne semble pas prêt à écrire un nouveau roman. Mais un beau matin, on lui annonce que le pasteur a été assassiné. Et de manière très originale, sans souffrance cependant. Bien sûr, il est plein de compassion pour sa fille, Mary, dont il n’est pas amoureux. Pour elle, il va s’associer de façon officieuse au commissaire de police venu de Bristol pour mener une enquête difficile. Mais que trouvent-ils ? Pratiquement rien. Les indices laissés par l’assassin ne les éclairent pas, et personne ne souhaite de mal au saint homme.
Un petit roman délicieusement suranné mais dont on a très envie de connaître la fin.

Le Diable à Westease de Vita Sackville-West, 1947. Traduit de l’Anglais par Micha Venaille. Aux Éditions Autrement, 205 p., 16 €.

© dominique cozette

Neuf parfaits étrangers

De Liane Moriarty, j’avais beaucoup aimé deux romans antérieurs, Secret du mari et Petits secrets, grands mensonges. Des romans psychologiques où tout commence toujours dans la joie et la bonne humeur avant que se fissure la cuirasse de ces belles vies et que les machinations les plus viles aillent bon train. J’ai trouvé ton dernier livre au Monoprix pendant le confinement, et c’est assez rare qu’il y ait une très bonne littérature dans ce magasin. Mais il y en a.
Les Neuf parfaits étrangers vont se connaître dans un centre de remise en forme idéal, un sublime endroit perdu au cœur de l’Australie. Y viennent pour des raisons diverses une écrivaine seule, la cinquantaine, rejetée par son éditeur pour son dernier ouvrage en même temps que plaquée par un bel escroc aux femmes seules et riches. Un très jeune couple en Lamborghini, lui simple et amoureux de sa… voiture et de sa jeune femme malgré toutes les opérations plastiques qu’elle a subies pour être encore plus belle, ce qu’il déplore. Un type baraqué, un peu rond,  pas très sympa de prime abord, que la romancière associe à un serial killer, ronchon. Une autre femme seule, mère de quatre filles, que le mari a quittée pour une jolie et charmante jeune femme avec laquelle il fait un voyage de trois semaine en Europe, avec les filles. Un très beau mâle, conscient de son attractivité, sorte de super héros qui aime faire chasse aux vilains maris  pour venger leurs victimes. Et une famille composée d’un couple d’une quarantaine d’années et de leur fille qui va fêter ses vingt ans au centre et ceux de son jumeau suicidé il y a quelques temps.
Cette cure de renouveau et de pureté est fondée sur un règlement drastique. Interdit d’emporter des boissons ou de la nourriture, les livres ne sont pas conseillés et il n’y a pas de télé. Mobiles et écrans divers sont confisqués et la cure commence par plusieurs jours de silence total. Il est évidemment impossible de communiquer avec  l’extérieur. Le régime alimentaire est très strict et commence, comme le silence, par un long jeûne. Le corps est massé, assoupli, oint, etc. On y apprend à méditer, à prendre sur soi, à sortir ses failles. Mais il y aura des « activités » beaucoup plus stressantes et inattendues.
La maîtresse des lieux est une sublime femme très grande, très belle, qui a fui la Russie et dont la passion, semble-t-il, est d’offrir une transformation totale à chacun, à l’issue de ces dix jours. Mais qui est-elle ? Une perverse ? Une folle ? Une thérapeute réellement sincère ? En tout cas, rien ne peut l’atteindre ni assouplir sa discipline.
C’est un pavé assez passionnant car Liane s’y entend pour composer des portraits de personnages dont en a envie de savoir ce qu’il leur est arrivé. Elle s’y connaît aussi en ressort psychologique et en coups de théâtre, si on peut dire. Chaque chapitre s’arrête au bord de la falaise et c’est difficile de résister à la curiosité.
Malgré tout, il y a un passage assez longuet où le récit, comme les neuf curistes, ne sait se maîtriser. En fait, ce n’est pas très grave car ce qu’il se passe est bizarre, incroyable, je pourrais même dire non crédible. Mais nous sommes dans une fiction. L’histoire poursuivra son chemin un peu mieux balisé pour que, finalement, on se dise que c’est un très bon roman.

Neuf parfaits étrangers de Liane Moriarty, 2018. Traduit par Béatrice Taupeau. 2020 aux éditions Albin Michel. 510 pages, 22,90 €.

Texte © dominique cozette

Il est des hommes qui se perdront toujours

De Rebecca Lighieri qui écrit aussi beaucoup de romans sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam. Dans celui-ci, drôle d’ambiance ! Sale ambiance, même ! S’il est des hommes qui se perdront toujours, ils sont bien là, dans cette terrible histoire de pauvreté accompagnée maltraitance enfantine. Ça se passe dans une cité marseillaise, la cité Artaud, dont on verra que le poète a marqué de son sceau de mal vie de nombreux personnage. Le père d’abord, un jean-foutre alcoolique qui passe son temps au troquet avec ses potes, pour le plus grand soulagement de ses enfants car quand il est à la maison, les torgnoles, tortures mentales, crachats, injures et humiliations pleuvent sur les pauvres petites victimes. C’est une brute mais dès la première page, on apprend qu’il a été retrouvé sauvagement assassiné près de la décharge, là où ça deale, où il deale aussi pour pouvoir s’approvisionner. Sa femme vient d’Algérie, elle ne moufte pas sauf de rares fois où, le mari parti, elle danse et chante avec ses gosses. Ses gosses : une fille magnifique et un garçon superbe qui, bien avant leur puberté, seront traînés de castings en castings pour la gloriole paternelle (il ignore que l’argent gagné par les enfants ne va pas aux parents). Un peu plus jeune, un autre gamin dont le père ne voulait absolument pas, sortira du ventre de sa mère, avorton tragiquement handicapé et moche. Il deviendra le souffre-douleur du père mais sera tellement aimé de sa mère qu’il supportera le reste.
Ces enfants qui ne peuvent rester chez eux, vont rejoindre le camp des gens du voyage, pas loin, et s’y feront accepter d’une façon particulière pour chacun d’eux. Le narrateur y rencontre, tout gamin, la fillette qui va l’aimer comme pas possible et dont il voudrait se détacher plus tard, pour goûter d’autres choses, d’autres femmes. Mais ici, on ne plaque pas sa femme, même quand on est un gadjo. La sœur sera moins attachée au camp, d’ailleurs, elle deviendra une sacrée vedette. Quant au petit, il s’est blindé, il fait ce qu’il veut de tout le monde, on le respecte.
Mais est-ce qu’on se sort d’années de violences quand on n’a connu que ça, un père qui n’a jamais considéré ses mômes comme des êtres humains, une mère qui laissait passer de peur de s’en prendre plein la troche elle aussi ? Tout peut arriver, le pire, déjà. Quant au meilleur, c’est forcément pour les autres.
Rebecca Lighieri n’est pas une auteure mièvre. La vie qu’elle déroule est une vraie chienne de l’enfer, les gens vivent comme des moins que rien même s’ils réussissent à se créer parfois de belles fêtes, les mariages ou baptêmes roms, par exemple, la sacrée sainte famille aussi, dans laquelle se réfugient nos laissés pour compte.  Si vous aimez l’eau de rose, ce livre n’est pas pour vous.

Il est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca Lighieri. 2020 aux éditions P.O.L. 380 p. 21 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #494

Encore une petite dizaine et les lions seront lâchés. Heu, lâchés comment ? Un peu, enfin pas trop, vaguement, des enfants qui vont manger sur leur pupitres, des gens qui vont avoir droit à 100 km, mais qui ? Les rouges, les verts, les oranges, ah ça, on ne sait pas, Sibeth n’a pas débriefé… mais les masques, quoi les masques, arrêtez de râler, au moins avec le masque, on verra pas la gueule que vous faites… Hum, mais on boira comment, faudra faire un trou pour la paille ? Ha la la ! C’est votre avant dernier week-end peinard, profitez-en bien, petits chamailleurs, petites chamailleuses comme dit notre bien-aimé chef de classe !

– AD : On confinue !
– CC :  Comme les bars et les restaurants resteront fermés, cela signifie qu’on pourra prendre l’apéro dans les écoles. Arrêtez de vous plaindre bordel.
– JPT : Les Américains feraient bien de se faire ligaturer le Trump.
– MAF : Oh mon dieu! Avec mon masque, mon téléphone ne me reconnaît plus!
– NA : Les députés LREM applaudissent sans raisons en plein milieu du discours. Ils ont cru qu’il était 20 heures!
– NT : Il y a beaucoup de monde dehors qui s’étonne qu’il y a beaucoup de monde dehors, je trouve.
– RR : Depuis mon arrivée dans la capitale il y a 2 ans : – Canicule – Gilets jaunes – Grève des transports – Pandémie J’ai comme l’impression de porter la poisse.
– CEMT : « Si je vois encore une seule personne danser sur du Dalida ou du Frédéric François, je confine tout le pays jusqu’en 2022. » E.Philippe.
– DI : J’ai commencé ce confinement en me disant que j’avais 5 kilos à perdre. Je tiens bon, plus que 7 !
– PSF : Je suis d’un naturel poli, c’est pourquoi j’ai répondu « non, merci » au buraliste qui m’a annoncé le prix de 6,50€ pour un masque « homologué », alors que ce que je voulais lui dire en fait, c’était « ton masque tu te le fous dans le cul et tu tasses avec une batte cloutée ».
– FS : « Un ami me dit: — T’as pas peur que ça nuise à ton taf d’afficher tes idées politiques? — Écoute, on file des palmes d’or à des mecs qui se tapent des mineurs, on élit des gars qui détournent des fonds public, je pense que les gens peuvent supporter que je sois de gauche »
– AN : Suite de la série Aide Covid et paradis fiscal. « Comment savoir si une grosse entreprise qui demandera à l’Etat de bénéficier des aides COVID n’a pas de siège fiscal ou de filiale sans activité économique réelle dans ces paradis fiscaux ? » — « Cela passera par une déclaration sur l’honneur » répond Bercy… Interdit de rire.
– JP : avec Hollande on a eu le mariage pour tous, avec Macron on aura la morgue pour tous.
– LD : L’école ne sera pas la garderie du MEDEF
– MK : Macron, Philippe, Véran, Castaner, LeMaire, Blanquer… le sale air de la peur !
– NP : Les gens qui refusez de remettre votre enfant à l’école au mois de mai, vous savez qu’il n’y aura pas plus de médicament ni de vaccin contre le COVID en septembre ? Du coup vous pensez les garder jusqu’à quand ?
– GD : J’allais chicaner un tantinet sur le fiasco des masques, avant de me rappeler que ça ferait rappliquer les Jupitériens et leurs argumentaires de séminaire de motivation, et j’ai donc préféré finir un reste de café froid.
– FB : Ma mère hier au téléphone depuis le Maroc : « Mais je ne comprend pas pourquoi tu n’achètes pas des masques en pharmacie ? Ici ça coûte quelques centimes ! » Bon mais t’arrête de me narguer parce que j’ai choisi de vivre dans ce pays du tiers monde, la France ?
– PI : Qu’est-ce que ça bouffe une ado ! Là elle vient de me dire « j’ai envie de manger mais cette fois j’ai une excuse, j’ai faim ».
– JT : Aujourd’hui ça fait exactement 3 jours que Kim Jong Un n’est pas mort.
– DA : Édouard Philippe vient quand même pas d’annoncer que je pourrai plus asseoir mon cul dans une salle de cinéma jusqu’à nouvel ordre mais qu’à l’église c’était ok ?
– FM : Après chaque utilisation, lavez votre masque en tissu 30 mn en machine à 60°, puis désinfectez la machine (cycle eau de javel), démontez la pièce par pièce et passez les au sèche cheveux. Enfin, rincez la sdb au karcher, puis allez vivre quelques jours à l’hôtel le temps que ça sèche.
– JB : L’ami du petit déjeuner, l’ami RIP Corée.
– HT : Les mecs n’ont pas été capables d’équiper tous les Français d’un morceau de papier tenu par deux élastiques pendant deux mois et ils voudraient tenter le coup avec un bracelet connecté en dix jours ? Mais d’où sortent ces gens ?
– AT : Mais arrêtons avec toutes ces cagnottes et ces aides aux soignants ! C’est une honte de devoir faire ça quand on paye des impôts ! Que l’état revoie ses priorités et alloue correctement ce qu’on lui donne, bordel !
– MT : Maintenant le problème ça va être de trouver 9 personnes qu’on a envie de revoir
– CCP : Picard hier… Une femme à la caisse demande combien de temps il faut mettre son sorbet au micro-onde pour ne pas choper de virus.
– DC : En mai fais ce qu’il te pleut !
– MK : Vivement la déclaration de Castaner, qu’on comprenne un peu ce que Philippe a dit.
– NMB : C’est mon tout premier déconfinement et je ne sais pas s’il fait venir bien habillé, offrir des fleurs ou préparer un dessert, ça me stresse.
– BG : Le conseil permanent de l’ONU (le P5) c’est: Trump, Poutine, Macron, Johnson et Xi Jinping. Quand il faut sauver monde, c’est eux qui sont aux manettes de la plus grande instance internationale. Voilà voilà.
– RDB : C’est tellement absurde d’accuser la 5G, les compteurs Linky ou les labos chinois de la création du virus. La première chose à regarder, c’est « à qui profite le crime ? », et la réponse, c’est Netflix.
– TB :  » Retrouvez dès que possible, les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre nation… » (Macron). Ahahahahaha ! « Joyeux »… »Chamailleurs » en effet ! Avec des yeux crevés, des mains arrachées, des Gardes à vue ! Sacré Manu va !.
– JE : Alexandre Benalla évoque « sa tristesse » en parlant d’un « 1er mai pas comme les autres. » « Cette année je dois me contenter du punching-ball du salon, chacun doit s’adapter. »
–  DI : « Retrouver vite les 1er Mai joyeux, chamailleurs parfois. » L’an dernier, le carré officiel des syndicats à été attaqué sans raison plusieurs fois par les forces de l’ordre, le cortège noyé sous les gaz, et des manifestants matraqués pour rien dans l’enceinte d’un hôpital.
– PI : Ne dites plus bavures policières, dites chamailleries.
– NA : Mars : Les enfants sont des bombes à virus. — Avril : Les enfants portent très peu le virus. — Mai : Les enfants sont immunisés. — Juin : Un contact avec un enfant soigne un malade. — Juillet : Vaccinations à base d’extraits d’enfants.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Les Fessebouqueries #493

Pour une grosse semaine ce fut une grosse semaine, ça jaillit de partout comme du pétrole en surproduction qu’on ne sait plus où stocker (qui a dit dans ton c.. ?), des idée de l’enfer venues du type orange le plus yoyotant de la touffe jaune du monde, des PV castagneux en veux-tu en voilà, des masques, ah ben non, y en a toujours pas, des terribles adorateurs de beurk-gueurs, des idées casse-tête de déconfiturement, ça bouillonne, ça bouillonne, les cerveaux fondent à vue d’œil …mais reprenez-vous, aucun mâle ne vous sera fée comme dirait Peau d’Ane et le week-end sent si bon le lilas et l’alcool à brûler du BBQ du voisin ! Bisous dépostillonnés…
– CC : tous ces gens qui portent des gants jetables, je crains désormais un toucher rectal surprise à chaque fois que je sors faire les courses.
– RR : Après le désinfectant dans les poumons, Trump propose l’ablation des organes sexuels pour éradiquer le Sida.
– PI : Après tout, Trump n’a pas tort, si tu te siffles un litre de Javel, tu meurs pas du Covid19.
– NP : Rappel pour tous ceux qui croient qu’ils n’ont pas à s’inquiéter du Coronavirus parce que Dieu va les protéger : le Pape a fermé le Vatican et annulé les cérémonies publiques de Pâques. Et je crois qu’il a une ligne directe avec le boss. Mais c’est vous qui voyez.
– JH : Imagine : tu vas à un dîner de cons, tu arrives confiant et sûr de gagner avec Sibeth Ndiaye et là, ton pote se ramène avec Donald Trump…
– OK : Je propose qu’on déconfine par numéro pair et impair. C’est simple, ceux qui ont un âge impair, peuvent sortir les jours pairs s’ils habitent un numéro pair, uniquement dans les villes où l’addition des chiffres du code postal forment un nombre impair. Et inversement Et vice-versa.
– EL : Pour porter la voix des français, je déposerai lundi à l’assemblée un projet de référendum pour renommer le « télétravail » en « confiturbin ».
– FB : — Est-ce que le schmilischmiliblick a des épines ?  — Oui ! vous pensez à quoi? — A couronne à virus.
– CB : je viens d’apprendre que chauve-souris est l’anagramme exact de souche à virus !
– NMB : C’est fabuleux cette manie des Français à attendre avec impatience d’aller se faire tondre à chaque fin de privation de liberté…
– SF : Je me déconfine parce qu’il n’est pas admissible que nos anciens paient des fortunes pour entrer dans des EHPAD qui les traiteront comme des chiens.
– MK : Avec ce gouvernement, pas besoin de respirateurs, ils brassent tellement de vent !
– NP : Cette épidémie a au moins un avantage : on n’est pas près de voir débarquer la reconnaissance faciale généralisée.
– NMB : Si ça se trouve, il suffit juste de séquencer le génome de Michel Drucker pour en faire un vaccin universel contre le coronavirus. C’est pas bien compliqué bon sang!
– MA : Top 3 de ceux qui ne mentent pas  —  les enfants  —  les gens bourrés — les leggings.
– NMB : On pensera ce qu’on veut de Greta Thunberg, mais faut quand même bien avouer que depuis qu’elle a pris les choses en main pour le climat, y’a beaucoup moins d’émissions de CO2.
– PI : Je sais que vous ne préférez pas y penser, mais dans quelques semaines, à la fin du confinement, viendra inexorablement le moment de se couper les ongles des pieds pour remettre des chaussures.
– JB : Un prothésiste dentaire aurait tué au moins 18 personnes au Canada. ATTENTION, PAS D’AMALGAME.
– PR : Après la qualité de la vie, il va falloir s’intéresser à la qualité de la mort.
– NMB : Les gens qui refusent de faire vacciner leurs enfants et qui installent un anti-virus sur leurs portables… Les gens…
– JNP : Les clubs naturistes seront déconfinés à partir du 11 mai. Mais les masques resteront obligatoires.
– PD : Je suis très déçu, c’est la première fois en 20 ans que je regarde la TV le dimanche après-midi et il n’y a plus Jacques Martin.
– OVH : Ma petite-nièce, 46 cm, 2,5 k a été déconfinée au bout de 9 mois, dimanche 19/4/20 à 19h. Elle était en possession de son formulaire d’autorisation de sortie. Son cordon ombilical mesurait moins d’un kilomètre.
– OR : Quand tu apprends que tout le pays est paralysé avec à peine 6% de contaminés, tu te dis que ça doit bien faire rigoler la CGT qui peut faire beaucoup mieux avec beaucoup moins.
– RR : Cette crise sanitaire nous aura démontré qu’on peut vivre sans voiture ni coiffeur mais pas sans farine.
– GD : Plus qu’un dodo avant de retrouver ce monde où un paquet de pâtes vaut plus qu’un baril de pétrole américain.
– NMB : Ne me dites pas qu’il ne se passe rien en 2020, nous vivons en direct une époque où un masque chirurgical et un paquet de farine ont plus de valeur pour l’ensemble de l’humanité qu’un baril de pétrole.
– NP : Vu comment on bouffe et on picole pendant ce confinement cette année, on va tous passer nos vacances en graisse.
– MI : L’erreur a été d’appeler le virus Corona. Si on ‘avait appelé PSG, il serait déjà éliminé !!!
– HT : Il semble qu’on offre 35$ avec un baril de pétrole. J’en prendrai mille, s’il vous plait.
– AA : Il n’y aura pas de masques, et de toute manière, ils sont inefficaces. En revanche, pour vous protéger, vous pouvez joindre les deux mains sur le nez et la bouche pour former une protection naturelle, puis imiter le hululement de la chouette dans un périmètre de 1 km.
– JH : Peut-on déjà avoir la date de la conférence de presse qui contredira tout ce qui va être dit à 17h aujourd’hui ?
– PI : — Bonjour, un baril gratuit svp. —  Bien sûr, tenez. —  Merci. —  Attendez, vous repartez sans votre argent !
– CX : Les gens qui comparent le confinement à la prison : tant que vous êtes pas obligés de chier devant votre conjoint, ramener vos courses en les planquant dans votre cul et que Guy Georges vous attend pas sous votre douche, vous êtes invités à regarder Netflix et fermer vos gueules.
– NP : D’abord il est parti en week-end, puis il a invité sa famille chez lui et maintenant c’est le tour des potes… Soit mon voisin est tellement en avance sur son temps qu’il est déjà au mois de juin, soit c’est un gros con.
– TP : Moi aussi le MacDo me manque terriblement, mais si je dois en re-manger, ce sera dans les règles de l’art, un VRAI MacDo : sur une table collante entre les toilettes et la poubelle et avec au moins une erreur sur ma commande.
– NP : Le prix du baril de pétrole US est négatif. C’est à dire qu’on te paye pour l’acheter… En gros tu peux te payer un pétrolier avec l’argent qu’on te donne pour le pétrole que tu mets dedans… On vit vraiment un futur improbable.
– PI : Ça commence à être compliqué de stocker son pétrole, heureusement qu’il y a de la place dans la chambre du petit.
– LE : Dix masques FFP2 offerts pour tout achat d’un baril de fioul à -50 dollars !
– MK : Pas assez de gens infectés pour l’immunité collective. Y a-t-il des volontaires ?
– MK : La rentrée scolaire du 11 mai sera étalée jusqu’à début juillet
– CC : je comprends les bouchons devant le drive du MacDo, moi aussi le coca-cola coupé à l’eau avec un goût de carton me manque énormément
– OVH : — Allo, Hermès ? — Ouiii ! — Vous faites toujours des sacs en croco ? — Bien sûr Médéme ! — Vous m’achèteriez la peau de mes mains, je crois qu’elle est prête à tomber.
– CC : Profitez-en : le plein d’essence est moins cher qu’une bouteille de coca-cola et paraît-il meilleur pour les intestins.
– MK : La nicotine pour lutter contre le coronavirus : l’argument semble fumeux..
– MK : 915 000 PV : manifestement Christophe Castaner est un grand ministre !
– JC : Donc si j’ai bien compris, on va devoir faire cours en classe tout en faisant cours à distance tout en gardant nos enfants tout en ramassant les fraises.
– MP : Je viens d’entendre Castaner dire « j’en appelle à l’intelligence des Français »…  Les gens qui font 3 heures de queue pour un Big Mac en plein confinement  ! Meilleure vanne de la journée à 8h43, bien joué Cricri !
– RR : Gardez des pâtes dans les placards… en cas de seconde vague de Covid, nous ne sommes pas au bout de nos pennes …
– PM : Coronavirus : Francis Lalanne a reversé les bénéfices de son dernier album aux soignants, soit un total de 11 euros.
– BE : Ceux qui vont aux toilettes sans leur smartphone, vous faites quoi en fait ?
– PI : J’ai une pensée pour tous ces mariages prévus cet été et reportés à une date à laquelle les gens ne seront plus en couple.
– RE : Le coronavirus bientôt dans les manuels scolaires. Au sens propre.
– PI : Une belle illustration de la raison pour laquelle le monde ne changera pas : attendre 3 heures pour bouffer de la merde et le poster sur Instagram, ça fait beaucoup trop de débiles pour envisager un monde meilleur.
– TC : Si le problème du COVID c’est le postillon, on peut pas créer un médicament pour avoir la bouche pâteuse ? Et hop plus de postillons. Repasa Jf Raoult !
– PD : Coronavirus : Françaises, Français, on vous rappelle que vous êtes équipés d’un cerveau. Merci de vous en servir.
– NMB : Je préviens relativement tôt, mais le 11 mai, le premier qui répond « comme un lundi de déconfinement » à la question « comment ça va ? », je lui colle 15 jours d’arrêt maladie supplémentaires pour saignements consécutifs à une déviation malencontreuse de cloison nasale.
– NP : Je ne regardais plus le briefing de Trump mais ce soir ça va être bon : ses experts vont devoir expliquer qu’il a dit une connerie pour dissuader les gens de faire n’importe quoi MAIS sans jamais dire qu’il a dit une connerie pour ne pas le vexer.
– CEMT : Trump, c’est le seul type qui va réussir à tuer tous ses électeurs qui vont suivre ses conseils juste avant une campagne électorale.
– RR : Le meilleur moyen de contraception ne va bientôt plus être la pilule ou le stérilet mais la phrase : « Réfléchissez au prochain confinement et à l’école à la maison avant de vous reproduire ».
– DC : J’ai suivi les conseils du bon docteur Trump. J’ai vaporisé du Chanel 5 dans mes alvéoles, je me suis mise nue pour prendre une douche d’UV solaires et j’ai crié AL-ME-RI-AAAA !!!
– YC : Devant la désaffection des consommateurs confinés, pourquoi ne pas vendre les voitures en drive ?
– FC : Un espoir pour la médecine : Trump va expérimenter le Destop sur la constipation, l’acide sulfurique pour les aphtes, et le Cresyl pour toutes gastro-entérites.
– MA : Du coup les couples qui vont divorcer après le confinement, est-ce qu’on pourra dire qu’ils ont fait une crise de la quarantaine ?
– CC : On parle toujours d’un cheval pâle pour annoncer l’Apocalypse, mais ça pourrait très bien être un mec orange
– MA : Même Jean-Pierre Pernaut, le papy réac de tous les Français, gueule sur les incohérences du gouvernement. C’est dire s’ils font fort…
– MC : 10h : Bruno Le Maire annonce qu’il ne versera pas d’aides publiques aux entreprises présentes dans les paradis fiscaux.  17h : les députés LREM suppriment l’amendement qui permettait de s’en assurer.  Dire, c’est faire rire. Faire, c’est faire taire.
– CS : On sait p’t-être pas porter des masques, mais on a le droit de vote, et on saura l’utiliser !
– RR : Vous la voyez venir la canicule avec interdiction d’allumer la clim où le Covid circule ?….
– NI : Je viens de recevoir le protocole sanitaire de mon académie pour la reprise. Dedans, cette perle de déconnexion du terrain : « Si possible, attribuer à chaque utilisateur un sanitaire unique dédié pour la journée. ». Fin de la blague.
– PF : On se moque de l’Amérique de Trump, mais je vous rappelle que nous, on a un président qui, au début de l’épidémie, a demandé à sa ministre de la Santé de partir pour remplacer un mec qui s’est filmé la bite.
– NMB : Le papillon qui provoque des tornades avec son battement d’ailes, je l’imagine trop faire un petit signe de la main façon motard quand il croise un pangolin
– LE : Il faut à tout prix renvoyer les gens travailler pour construire des avions qui ne voleront pas et des voitures qui ne se vendront pas, c’est super urgent.
– SF : J’ai l’impression que les 110 milliards que Bruno Le Maire emprunte en notre nom vont davantage vers ceux qui génèrent des dividendes que vers ceux qui génèrent des emplois. Je ne savais pas que le  COVID19 était une entreprise du CAC40.
– CC : Je suis en train de lire un dossier sur les milliardaires confinés qui s’ennuient et regardent leur majordome leur beurrer leurs tartines pour passer le temps.
– DC : Ruquier arrête son émission. Où vont aller pisser ses petits roquets ?
– NMB : Derrière chaque « cordialement » se cache souvent un « vas bien te faire cuire la raie du cul avec une grille de four ». Salutations distinguées
– LE : Allez ça me gonfle tout ça. Faites vous des repas de famille au drive du MacDo et n’oubliez pas de bien jeter l’emballage dans la rivière. Je me casse quelques jours.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Le fils/fille d'Hemingway

En quatrième de couverture du formidable livre le Secret Hemingway de Brigitte Kernel est inscrit son début :
« Ils ont dit que j’avais tué ma mère.
Puis ils ont dit que j’avais tué mon père.
Enfin, ils ont dit que chez nous, les Hemingway, de génération en génération, tout le monde se tuait.

Ce roman est une histoire vraie, celle de Gloria, née Gregory Hemingway (1931-2001). »

Je le redis, ce livre est formidable, un vrai régal car Brigitte Kernet a le don de rendre authentique n’importe quelle scène d’une vie quelle qu’elle soit, alors une vie Hemingway ! par des détails d’action, de description, de dialogue. Je suppose qu’elle planque derrière toutes les portes pour savoir ce qui s’y passe. Et ce n’est pas rien de reconstruire une telle vie chaotique sans que ça prenne l’allure d’une bio.
Il se trouve que le troisième fils du grand Ernest, du viril Ernest, ardemment désiré … comme fille, est effectivement une fille … dans un corps d’homme. Tellement déçue, la maman, qu’elle l’habillera en fille, comme on faisait parfois, mais jusque tard. On l’appelle Gigi, on l’adore. Mais quand même. Ernest veut en faire un mâle et comme ses aînés, Gregory passera tous ses étés dans les montagnes sauvages, campant, pêchant, chassant comme un vrai trappeur. Cela ne lui convient pas trop. Il préfère la lingerie fine des maîtresses de son père. Le scandale quand on découvre sa vraie nature ! Hélas pour le jeune Gregory qui adore son père. Il ne supporte pas de lui faire de la peine. « Pour lui, longtemps, j’ai forcé l’homme en moi à sacrifier la femme ».  Toute l’histoire de ce fils est douloureuse, pris entre ses deux genres, entre ses amours. Il se marie trois fois, il a huit enfants. Sa dernière femme que son côté féminin amusait sous ses dehors virils, baraqué, poilu, finira par demander le divorce, lassée de ses scandales à répétitions.
Il a fait médecine pour deux raisons : comprendre de quoi sa mère est réellement morte, pouvoir se fournir en hormones sans rendre de comptes. Puis il a été radié à cause de ses frasques et de son alcoolisme.
Le récit n’est pas linéaire. Les saynètes sont vivantes, courtes, enlevées, entrecoupées de séquences dans la boîte gay friendly, Secret Don’t Go, tenue par une transsexuelle, sa meilleure amie qui l’aide dans ce douloureux passage d’un sexe à l’autre. Ce passage, il l’entreprendra sur le tard pour épargner sa femme et ses gosses. (Quand cette amie s’étonne que Gloria ait des enfants : « Tu as des enfants, Gloria ? Enfin je veux dire tu es mère ? » – « Je suis père », répond-elle.)
Ce qui n’empêche pas ces derniers de s’éloigner de ce drôle de père. Sa femme, même séparée, continuera à l’aimer et c’est réciproque car malgré cette délicate situation, il ne faut pas croire que Gloria rêve d’amour avec des hommes, non. Elle n’aime que le corps des femmes, elle est lesbienne, elle l’était déjà quand elle était homme.
Comme pour beaucoup de trans,  les violences verbales et les passages à tabac sont fréquents car les hommes ne les supportent pas, elle a même subi un viol épouvantable, ce fut la la seule fois où son nouveau corps fut pénétré.
Et puis, comme beaucoup d’Hemingway, elle aime l’alcool, elle en consomme plus que de raison et lors de soirées mémorables, elle s’exhibe nue dans des lieux publics (notamment au Fouquet’s) et finit par se retrouver en prison. Une prison de femmes où elle devient le souffre-douleurs d’effrayantes gorgones. Dans cet endroit peu accueillant, elle écrit une lettre, une grande lettre à son père — qui s’est tiré une balle depuis belle lurette — pour lui expliquer son cas, se soulager. Jamais Ernest n’a voulu parler de « ça », toujours il lui a reproché d’avoir tué sa mère. Gloria lui écrit qu’à sa sortie, elle ira faire la fête au Secret puis se tirera une balle, comme lui, comme son père et d’autres Hemingway. A ce moment-là,  elle meurt d’une crise cardiaque, juste avant sa sortie.
Ce livre est bourré d’anecdotes, d’états d’âmes, de douleur mais à la fois de légèreté par le style enlevé, imagé, voire pétillant de l’auteure, notamment quand Gloria parle avec son amie dans la boîte de nuit. C’est un puzzle magique qui nous fait passer d’un sentiment à l’autre mais nous attache avec chaleur et brio à ce personnage qui commença aussi mal sa vie qu’il la finit, persuadé à raison que lorsqu’on s’intéressait à lui/à elle, c’est juste parce qu’il/elle était la progéniture de l’immense, du monumental Ernest, chasseur de lions, pêcheur de baleines, buveur, hâbleur, baiseur dont les deux meilleures amies, Dietrich et Garbo, toujours fourrées chez eux à Key West, seront les modèles en élégance, en habillement, en accessoires de Gloria.
Une histoire qui prend là.

Le Secret Hemingway de Brigitte Kernel. 2020 aux éditions Flammarion. 320 pages, 19 €

PS : j’ai acheté ce livre dans une librairie du 11ème qui, sur commande, vend le livre « au guichet ». Formidable idée de beaucoup de librairies et sur Librairies.com.

Texte © dominique cozette

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
Twitter