Ce matin, pour aller faire mes courses, je traversais la place des Vosges. Sous les arcades, j’avise une femme de belle allure, svelte, vêtue d’une redingote cintrée et de leggins noirs, de grosses chaussures de sport, les chevilles nues grâce aux mini-soquettes. Elle a une belle chevelure très brune mi-longue tout en dreadlocks bien ordonnées autour d’un joli visage. Je sortais du soleil et, dans l’ombre des arcades, je n’avais pas remarqué un accessoire important près d’elle : une sorte de charrette faite d’un assemblage de trottinettes où étaient joliment amoncelés des pièces d’habillement de couleurs vives, plusieurs gourdes de métal et autres objets mal définis.
dans un élan d’empathie, je mets la main à mon sac et lui dis que je peux l’aider. Je comptais lui donner un billet.
– M’aider ?
– Oui, vous donner quelque chose car je donne plutôt aux femmes …
– (elle sourit) : Ah non, ce n’est pas la peine. Je n’ai besoin de rien.
Et là, je vois le désastre buccal : elle n’a plus que quelques dents espacées sur les mâchoires et c’est tellement dommage de voir les dégâts sur son beau physique. Je lui demande ce qui lui est arrivé, comment s »est-elle retrouvée dehors.
Elle me réponds, d’une jolie voix claire, avec les mots de quelqu’un de bonne culture, qu’elle vient de Bruxelles, qu’elle est médecin et qu’elle a décidé de s’intéresser aux personnes précaires.
– C’est courageux ! Et vous faites quoi ?
– Je regarde comment elles sont traitées. Les voitures qui n’y font pas attention, les gens aussi. Je suis avec elles, quoi.
– Mais vous faites quoi ? Vous écrivez ?
– Oui, j’ai des blogs.
– Ah, ça m’intéresse, je peux les consulter ?
– Vous savez, les blogs, ça tombe. Je suis médecin. Et si vous voulez savoir ce que j’écris, vous n’avez qu’à lire les articles de Michel Cymes. J’écris quelque chose et le lendemain, c’est Michel Cymes qui les met dans son journal.
– Vous voulez dire qu’il vous pille ?
– Oui, c’est ça, il me pille.
S’ensuivirent quelques propos dont je ne saisis pas bien le sens. Je lui ai ai souhaité une bonne journée tandis qu’elle choisissait quel foulard appliquer sur son visage.
Lorsque je suis revenue plus tard, elle avait tombé la redingote et portait un petit haut bien échancré qui mettait en valeur sa jolie silhouette…
Plus loin, un homme masqué s’efface pour me laisser entrer dans un passage. Je le remercie joyeusement et il me dit :
– C’est bizarre, quand même, ces façons de s’éviter, maintenant.
– Oui, drôle de mode, d’autant plus que je ne porte pas de masque puisqu’il n’y en a pas ! Je fais très attention !
Attendez, dit-il en ouvrant sa grande sacoche. J’y aperçois une grosse liasse de masques bleutés. Je commence par refuser, alors il me dit : je suis infirmier, ne vous inquiétez pas, ils sont propres et j’en ai beaucoup.
Merci l’infirmier. Me voici à la tête d’un deuxième masque à usage unique. Je n’oserai pas m’en servir…
L’art de perdre d’Alice Zeniter fait partie des livres qu’on m’a prêtés pendant cette période sans librairies et à côté duquel je serais passée, ce qui aurait été fort dommage. Curieusement, cet excellent roman est de la même inspiration que celui dont je vous ai parlé la semaine dernière, le Pays des autres, de Laïla Slimani car ici aussi, c’est une jeune femme d’aujourd’hui qui reconstitue le parcours de ses ascendants, grands-parents, parents et parentèle collatérale venus du Maghreb. Le premier avait pour cadre le Maroc, jusqu’en 54, date de son indépendance, et pour celui-ci, c’est l’Algérie et sa guerre d’indépendance, jusqu’à nos jours.
Le grand-père, Ali, est un montagnard kabyle qui cultive ses terres dans un magnifique paysage très sauvage où personne ne passe, loin de la ville. Il renvoie sa première femme parce qu’elle est stérile puis épouse Yema,une jeune fille toute petite, alors qu’il a une stature de géant, qui lui donnera un fils. Pour commencer. Ils auront dix enfants. Mais le premier fils, Hamid, c’est le trésor d’un père musulman, c’est à lui de soutenir la famille plus tard. D’ailleurs, il sera vite de toutes les obligations administratives et plus puisque ses parents sont analphabètes. Ali ne fait pas de politique, du moins comme l’indique l’auteure, il n’a pas les éléments pour comprendre ces choses, mais il a servi dans l’armée française, aussi continue-t-il à entretenir de bonnes relations avec notre pays, au grand dam d’autres membres de la famille qui sont indépendantistes. D’où beaucoup de brouilles, des morts.
Puis vient le moment où ils sont obligés de quitter l’Algérie, en 62. La France va tellement bien s’occuper d’eux qu’ils atterrissent dans le fameux camp de Rivesaltes, un lieu immonde, sale, froid, sans aucune commodité. Hamid a sept ans, il va aller en classe. Cette très mauvaise période assez longue se terminera lorsqu’on les logera dans une HLM en Normandie, où ils ne se sentiront jamais chez eux. Yema fait ses gosses, son ménage et sort peu. Elle ne comprend pas le français. Ali est embauché à l’usine où son emploi n’évoluera jamais contrairement aux Français de souche qui eux montent en grade. Hamid va prendre ne charge toutes les tâches que les voisins ne peuvent et ne savent pas faire, étrangers non intégrés qui ne comprennent rien. Il le fait avec grâce, c’est son rôle d’aîné bien que sa sœur est capable d’en faire autant, mais on ne le lui demande pas car c’est une fille. Ils craignent tellement qu’elle se laisse entraîner à devenir comme les Françaises en pantalon qui fument et sortent. Hamid travaille bien, il ne demande qu’à sortir de ce piège qu’est leur famille fermée sur elle-même. Il fera des études qui lui ouvriront l’esprit, d’autant qu’il devient ami avec deux étudiants révolutionnaires, intellectuels de gauche.
Puis il rencontre Clarisse et tous deux vont vivre leur amour malgré leurs hésitations du début, aucun n’osant avouer cette relation « contre nature » à ses parents.
Clarisse, fille charmante, apaisante, facile à vivre, ne réussira jamais à débloquer l’intimité d’Hamid sur ce qui s’est passé aussi bien pour son père que pour lui et qui semble leur pourrir la tête. Parfois, il est question d’emmener toute la famille là-bas, revoir la maison, les monts d’oliviers, les frères et cousins restés au pays, mais à cause d’attentats ou autres événements tragiques, ils s’y refusent.
Naïma, la narratrice, la seule enfant du couple Clarisse-Hamid, éprouve beaucoup de tendresse pour sa petite grand-mère algérienne, désormais veuve, mais vu qu’aucune ne parle la langue de l’autre (Hamid s’est bien gardé de parler arabe à sa fille), Naïma ne connaîtra jamais non plus cette histoire familiale, ses malheurs, la tristesse d’avoir perdu leur paradis.
Pourtant, elle sera poussée à aller en Algérie pour un travail artistique. Là, elle est accueillie dans un groupe d’intellectuels et autres artistes qui vivent peu ou prou comme elle. Puis se rendra, avec crainte, et sans s’annoncer, dans la montagne de ses aïeux, région contrôlée dorénavant par les barbus réacs. Elle y découvrira la chaleureuse ambiance de ces gens qui vivent de façon précaire mais ne sentira pas la fibre censée vibrer quand on retrouve ses racines.
Ce livre est passionnant dans l’optique socio-ethnologique. Il est raconté de façon tellement vivante qu’on voit les scènes en les lisant. La patriarchie, l’écrasement des femmes, les événements politiques, puis l’arrachement d’une terre qu’on révère, qu’on a bâtie, irriguée de son sang. Et la dure réalité d’une transplantation dans un pays raciste où jamais on ne trouve sa place, jusqu’à la génération présente où beaucoup ne réussissent pas à pardonner à ceux d’avant, où les histoires du passé, tenaces, impactent encore la construction de leur être.
L’art de perdre d’Alice Zeniter, 2017 aux éditions Flammarion, 510 pages. 2019 aux éditions J’ai lu. Prix littéraire du Monde 2017, Prix des libraires de Nancy 2017, Prix Goncourt des lycéens 2017
Qu’y a-t-il de plus inquiétant qu’une claustration sans farine, qu’une pénurie de farine sans sexe, qu’une envie féroce de sexe sans masque, qu’un masque sans coiffeur pour faire les racines, qu’une racine sans Médef pour en discuter, qu’un Médef sans école pour garder les enfants, qu’une école sans Macron pour en ouvrir la porte, qu’un Macron sans bronzage pour passer à la télé ? Quoi de plus inquiétant ? Rien, si ce n’est la mort d’un immense artiste dont personne n’a le courage de rire. Bon week-end quand même dear friends, on voit la lumière au bout du tunnel et on espére que ce n’est pas une locomotive qui nous fonce dessus !
– RR : Après 1 mois sans en porter, j’ai eu beaucoup de mal à faire rentrer les boucles d’oreilles dans le trou. Du coup, je m’inquiète pour ma vie sexuelle après le déconfinement.
– DA : N’allez surtout pas croire que je regarde des pornos toute la journée par pur plaisir, c’est juste pour pouvoir me rappeler comment on fait.
– CX : C’est vraiment de la merde le coronavirus. Christophe est mort mais Castaner va bien.
– JF : Certains vous rendent deux fois orphelins : d’eux et de leur œuvre. Merci Christophe pour les deux.
– PI : Profitez du confinement pour construire des marionettes avec de la ficelle et du papier.
– LO : Christophe est mort. R.I.P On ne saura jamais ce que voulait dire : « je lui dirai les meubles »
– SF : La dangerosité de cette crise ce n’est pas le nombre de morts. Ce n’est pas la crise économique. Ce qui est dangereux, c’est que désormais plus de 60 millions de personnes savent que l’argent de leurs impôts, de leurs taxes, de leurs charges, n’allait pas où il devait aller.
– SF : C’est quand même dingue ce virus qui se transmet entre nous mais pas entre profs et élèves
– LC : Et si après le confinement on restait tous chez nous à boire des coups, se faire à bouffer, se raconter des histoires, pendant qu’ils comptent le pognon qui va leur manquer ?.
– CC : les crottes de chien sont les nouveaux mégots, si je comprends bien.
– SM : Un confiné pourra se déconfiner, mais un confini pourra t il se déconfinir ?
– FRR : Le lundi au soleil, c’est une chose Corona jamais.
– FP : Il n’a pas précisé l’année. C’est bien le 11 mai 2020 ?
– CC : Par contre il faut y aller doucement sur l’auto-bronzant, si ça continue le président va ressembler à Christine Lagarde
– AD : C’est malin ! le 11 tombe un lundi et tous les coiffeurs sont fermés le lundi…
– BR : Avant de me prononcer, j’attends que Sibeth nous traduise le discours.
– RT : Le medef décrète la réouverture des écoles le 11 mai.
– CC : Il faudrait aussi interdire les allers-retours dans la cave à vins entre 10h et 19h.
– AP : J’ai adoré son teint hâlé, j’ai hâte qu’il se teigne en blond et qu’il laisse le vent décoiffer sa chevelure comme sait si bien le faire son homologue américain..
– FIA : À froid, le seul truc clair c’est qu’on doit rester confinés un mois de plus. Toutes les autres annonces posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.
– VM : Ca va être intéressant, les gestes barrière en maternelle et en crèche.
– CC : Ok Dumbledore, t’as 10 jours pour réfléchir et 10 jours pour aménager 300 000 salles de classes, cantines, préaux et fournir du savon pour se laver les mains et des masques pour les enseignants et le personnel. Et j’oublie certainement des trucs !
– BG : Depuis un mois qu’ils sont enfermés avec eux à leur faire classe, les parents sont prêts à envoyer leurs gosses en bas âges à l’école, même si elle est bourrée d’amiante et en flammes.
– DA : Macron vient d’annoncer à la télévision que j’allais baiser le 12 mai I !
– KS : En tous cas il avait bonne mine, nous on est blancs comme des culs ….
– JO : On n’a pas de masques, on n’a pas de gels, on n’a pas de tests, on n’a pas de surblouses, mais on va aider l’Afrique.
– DX : Vous excitez pas trop sur le 11 mai hein, vous pourriez être vachement déçu•e•s.
– RV : Ça ne m’arrange pas du tout le lundi 11 mai, on sera en semaine B et j’aurai les troisièmes 3 à 8h30…
– JFP : Putain moi je pensais qu’on était en pleine crise avec des milliers de morts, j’écoute Macron et je m’aperçois qu’en fait tout va super bien ! On est super efficaces, super organisés, super réactifs ! Ouf
– PI : Pendant deux mois t’auras pas relevé ton courrier, fait tes courses déguisé en cosmonaute, désinfecté la bouteille de désinfectant, tondu le chat, pris ta douche au sanytol pour éviter le covid19. Mais le 11 mai ton gamin va ramener la morve de tout le quartier à la maison
– MI : Je suis grand mère et instit en petite section de maternelle. On me dit que ce n’est pas prudent de garder mes petits enfants mais je peux aller m’occuper d’une classe entière… Cherchez l’erreur !
– DA : Je sens que tout le monde s’embrouille. Laissez-moi clarifier les annonces de Macron: le 11 mai on commencera le déconfinement de certaines personnes, et de quelques écoles, mais ce ne sera pas obligatoire et ça dépendra du suivi des tests qu’on n’aura pas encore reçus. C’est clair?
– LI : Si ma gosse retourne à l’école le 11 mai, je lui file un duvet, des conserves et elle y reste jusqu’au vaccin. J’ai réussi à ne pas choper la saloperie pour le moment, c’est pas pour qu’elle me la refile dans 1 mois. Je suis pas chien, je lui filerai aussi une tablette de chocolat.
– STP : Rappelons que le MEDEF ne représente pas l’intérêt général mais exclusivement celui des patrons.
– EG : La reine d’Angleterre vient d’être testée grâce aux kits venus de Chine. Elle est bien enceinte.
– GD : Hâte de voir arriver dans les rayons les premières fraises avec le nouveau label « cueillies par des enseignants qui ne travaillent pas ».
– CC : actuellement il y a beaucoup plus de dépôt dans mon verre de vin rouge que sur mon compte courant.
– ES : Après Boris Johnson, le Charles-de-Gaulle… Ce virus n’épargne donc personne !
– AA : Ce 11 mai, ça vous a donné un os a ronger, la machine est repartie, il est fort quand même notre président !
– CEMT : Par mesure de sécurité sanitaire, le 14 juillet aura cette année lieu le 18 octobre.
– SA : Le confinement, c’est trop bien. Tu as faim, tu manges. Tu veux jouer, tu joues. Tu veux dormir, tu dors. Tu veux sortir, tu manges.
– JLL : Quand j’ai un doute sur l’orthographe d’un mot, j’utilise le correcteur automatique de mon téléphone. Il ne se trompe Jamaïque.
– CW : On m’informe que je peux me tailler un masque dans une « vieille » chaussette, « veuve » de préférence. Voici qui sent fort le sapin.
– CE : Si j’avais su début mars que c’était la dernière fois que j’allais au restaurant, j’aurais pris un dessert !
– MK : Tiens, 1300 morts de plus à Wuhan, retrouvés sous un meuble. On va pas chinoiser…
– CC : Tu vas voir qu’on va trouver Dupont de Ligonnès avant les masques
– OK : Si ça se trouve, pendant que tout le monde est confiné, Xavier Dupont de Ligonnès se promène peinard, avec son attestation, par sécurité.
– TT : J’ai écrit « STOP FACTURES » sur ma boîte aux lettres, on verra ce que ça donne.
– TL : J’ai acheté des petits gâteaux pas très bons pour en manger moins, résultat : je les mange quand même et ils sont pas très bons
– AL : Allez encore un mois à la maison. On va sortir, ça sera la canicule, du coup on va rentrer parce qu’il fait trop chaud dehors. Trop bien.
– PI : Tiens, le FMI et la Banque Mondiale s’inquiètent de l’argent qui manque à l’Afrique. Ça doit vouloir dire que c’est dangereux pour l’occident.
– SF : Avouez quand même que perdre un porte-avions en temps de paix c’est ballot. Il nous aura vraiment tout fait ce gouvernement
– JT : J’ai enfilé mon masque et mes gants, j’ai embrassé mes enfants et j’ai dit à ma femme: « Si je meurs en allant faire les courses, refais ta vie, tu es encore jeune et belle ». Elle m’a répondu: « Ok mais n’oublie pas de rapporter de la farine. »
Je n’ai pas aimé la violence (gratuite ?) des romans précédents de Leïla Slimani, mais là je suis bluffée par son talent romanesque. Le Pays des autres est le premier tome de la trilogie concernant son histoire familiale. Ce livre est superbement mené, il pétille de récits et d’anecdotes inattendues, les descriptions sont tout sauf banales, ça avance, ça bute, ça explose, ça repart, ça coule comme un torrent fougueux (excusez ce style pompier, c’est juste un essai).
L’histoire racontée ici est celle de ses grands-parents, un couple improbable composé d’une fougueuse et monumentale Alsacienne pure souche et d’un petit mais très beau Marocain engagé dans la guerre pour défendre notre pays. En 44, ils se trouvent et l’amour fait le reste. Elle accepte de le suivre dans son beau pays, le Maroc, où le père dAmine, paysan, a acquis des terres, espérance d’une vie fructueuse.
Mais déjà, le père meurt. Ils logent un certain temps chez la mère d’Amine, une Arabe pur jus, veuve, soumise à la tradition, qui élève deux plus jeunes enfants, Oscar, nationaliste qui va se heurter farouchement aux Français, et Selma, dont la beauté sera fatale.
Pendant les dix ans que durent le récit, de 45 jusqu’en 55, moment où le Maroc acquiert son indépendance, Mathilde va essayer de se faire à sa vie d’exil, le rêve effondré car la ferme est une baraque et la terre ingrate. Les femmes ont juste le droit d’obéir au mari, au grand fils, au frère. Le couple provoque de l’incompréhension, trahison d’un homme qui fraie avec l’ennemie. Mais elle s’accroche, elle ment dans ses lettres à sa sœur, enjolivant la ruine de ses espoirs. Elle aime malgré tout son mari qui travaille comme un bœuf pour améliorer les cultures mais ne comprend pas les caprices de sa femme qui aimerait tant sortir un peu de ce désert. Ils ont deux enfants dont une fillette toute menue, qui ne s’adaptera pas à l’école, tiraillée entre ses deux cultures, et sera rejetée par les autres enfants à cause de son extrême intelligence.
Ce livre va nous faire partager la vie d’un peuple rêvant d’émancipation, celle routinière des paysans, celle des jeunes filles frustrées de leurs désirs de libération, des colons ayant réussi, des jeunes filles mariées de force, de révolutionnaires… Une fresque très vivante, foisonnante même, montée cut comme un film exaltant avec ses caractères bien ciselés.
Le Pays des autres de Leïla Slimani. 2020 aux éditions Gallimard. 368 pages, 20€
Nous sommes de vrais concombres masqués sauf que si le concombre est encore accessible au pékin (ah ah) moyen, le masque fait l’objet d’un trafic insensé et d’une créativité sans borgnes. Le masque, presque unique sujet de notre ressentiment contre le Pouvoir Central, va dévaster le travail des paparazzi, il va t’arranger le portrait comme un rien, tu vas pouvoir planquer ta bouche de canard, ton irrésistible sourire, tes fossettes, ta barbe miteuse, tes dents pourries, ton persil sur incisive, ton menton en galoche ou fuyant, ton nez couperosé, épaté ou épatant mais aussi tes jolies pommettes et ta moue sensuelle. Ne parlons pas de ton bronzage gâché. Foutu masque ! Comme la culotte dissimule l’Origine du monde, le masque va cacher l’original des êtres qui fait encore notre identité. Niqabés jusqu’au trognon, nous n’aurons plus rien d’humain. Si tant est que nous en ayons encore un chouille. Bon week-end de Pâques, chères et chers confiné.e.s et mes meilleurs œufs !
– CX : Je sais pas où ça a merdé mais on avait dit que le futur, ça serait des voitures volantes et au final on se retrouve à suivre des tutos pour se faire des masques avec des chaussettes sales.
– CEMT : Aujourd’hui, tu quittes twitter cinq minutes pour aller pisser, en revenant tu apprends que Macron a visité 12 villes, rencontré le Professeur Raoult, la Reine d’Angleterre et Jean-Claude Vandamme.
– TC : On est d’accord que le gars qui prend une augmentation pendant qu’il est confiné, c’est forcément une promotion canapé ?
– DA : Je voudrais pas vous décevoir mais après vérification, au regard de ma fine analyse sur le terrain de plouc provincial et d’après une étude Covimoov-Monkusurlacomod, c’est bien la globalité des Français qui sont de complets abrutis irresponsables, pas uniquement les Parisiens.*
– OVH : Vous allez voir que maintenant, on va s’écharper pour trouver des Niqab.
– TC : Concrètement tout est parti en couilles depuis cette histoire de « Dry January ». Que ça vous serve de leçon, plus jamais ça !
– JPT : Vivement le covid interruptus !
– OV : Je ne dis pas que Trump se trompe quand il exhorte les américains à prendre de la chloroquine en automédication. Je rappelle juste qu’il voulait que les pompiers de Paris utilisent des Canadairs pour éteindre l’incendie de Notre-Dame.
– RR : Si à 50 ans t’as une Rolex mais pas de machine à coudre ni d’élastique, t’as raté ta vie.
– PA : Lorsque les gosses vont reprendre l’école, je redoute ce qu’ils vont raconter à leurs profs sur leur confinement à la maison…
– CC : On passe à l’heure de confinement : vous pouvez avancer vos balances de cinq kilos.
– PI : Ça va les Daft Punk? On fait ses courses peinard ?
– RR : Comme je n’ai pas de masque et pas envie de faire l’attestation, je viens de tourner 15 minutes en rond entre les quatre murs du parking extérieur. Je suis à deux doigts d’appeler Isabelle Balkany pour qu’elle me fasse libérer.
– MA : Chouette, on a enfin réussi à charger des avions en Chine avec les masques. Il ne reste plus qu’à attendre qu’on nous rende le pilote qui était positif au Covid 19 On ne l’avait même pas testé. Pourquoi je ne suis pas surpris ?
– TH : Mon insulte préférée est désormais « Vas sucer des poignées de portes ! »
– EP : Je propose qu’on ne déconfine pas les hommes.
– TC : Après avoir testé les milles une positions sur un canapé, j’envisage d’écrire le Canap-Sutra.
– LE : Lavez vous fréquemment les mains, toussez dans votre coude et anéantissez le capitalisme.
– DA : Sibeth Ndiaye vient d’annoncer que le 1er Mai sera exceptionnellement renommé Fête du Télétravail.
– JT : On pourrait peut-être demander à l’équipe d’ouvriers chinois qui a fabriqué l’hôpital en 10 jours de venir nous aider à fabriquer des masques en papier.
– LE : Si les cons fabriquaient des masques, y en aurait pour tout le monde.
– GD : In French, we do not say « reconnaître avoir menti sur les masques », we say « réévaluer la doctrine pour équiper les Français » and I think qu’on nous prend bien pour des canetons de deux semaines.
– GD : J’essaie vaguement de comprendre pourquoi la popularité du Jupiter du Touquet remonte, mais à part que les gens sniffent leur levure et leur farine, je n’ai pas d’explication.
– UL : La 6ème puissance mondiale recherche des sacs poubelles de 120 l pour fabriquer des surblouses…
– GD : Il faut voir le positif de cette crise pour Jupiter : il n’a jamais pu autant se déplacer tranquillement partout en France.
– OB : Les gens qui relient Coronavirus et privation de liberté, profitez-en bien pour râler parce que quand vous serez intubé vous ne pourrez plus le faire.
– LE : Je rappelle que « fils de pute » n’est pas une insulte acceptable, pute c’est un métier honorable et difficile. La profession des parents ne peut être une insulte. Préférez « raclure de fosse septique » ou « sac à merde ».
– DC : En ce temps de confinement, il est sage de prendre son mâle en patience.
– SM : Dénonce tes voisins qui font du jogging, et accumule des points pour gagner un week-end à Vichy.
– VS : Quizz : Comment le gouvernement va-t-il relancer l’économie : — En allant récupérer les 80 milliards d’euros d’évasion fiscale ? — En défonçant le code du travail ?
– DNP : Morbihan : Des chéquiers de dix chèques de 3,5 € sont distribués aux personnes sans domicile fixe sans ressources pour s’approvisionner le temps de la crise sanitaire. Quel esprit tordu a pu imaginer un montant de 3,5 € ??????
– JT : « Noël au pangolin, Pâques dans le pétrin ». Confucius 485 av.J-C
– CEMT : « Et au bout de trois jours Jésus-Christ a ressuscité grâce à une dose de chloroquine, donc vous voyez, le traitement marche. »
– LE : Ça commence à se voir que les éditorialistes et autres philosophes de bureau de tabac ne sont pas très utiles au bien être de la population.
– HB : Liliane a fait ses valises pour de bon cette fois, c’est la fin d’une époque… A noter que le virus venait d’un pays communiste.
– MK : Pénurie de préservatifs : la situation semble très tendue
– CC : C’est quand l’allocution présidentielle ? Que je me prépare pour cette demi-finale du ni oui ni non.
– XX : Le « monde d’après », on n’a qu’à l’appeler l’e-Monde. Ça sonne bien.
– LC : Mes soutifs doivent croire que j’suis morte.
– RP : « Papa, penses-tu que la crise sanitaire aura pour conséquence une recomposition géopolitique du capitalisme, marquée par la montée en puissance de la Chine ? » Titouan, 14 mois.
– IT : 94% des Français n’ont pas été convaincus par le discours que Macron prononcera lundi prochain.
– PI : J’ai une pensée pour cet homme ou cette femme qui, s’il ou elle est vivant(e), se dit tous les soirs en s’endormant « c’est vrai qu’il avait un goût de chauve-souris ce pangolin ».
– CC : Ils doivent bien s’emmerder en ce moment chez bison futé.
– LR : J’ai entendu dire que Pamela Anderson était atteinte du Coronavirus mais en fait elle est juste à seins pneumatiques.
– CC : J’’ai tous mes points sur mon permis, je les échange contre des sacs de farine.
* (note pour ceux qui, comme moi, sont restés malgré tout à Paris, délaissant leur ryad, longère et autre manoir plus accueillants en cette période quasi estivale)
NOTE IMPORTANTE : Je suis harcelée de vidéos, articles et autres bidules en MP. Les messages MP, c’est personnel. Je ne lis rien en MP qui ne soit perso et ne regarde pas les vidéos. Merci de m’épargner ce petit désagrément, restons fessebouquiens sur le fil ordinaire, ça me va bien comme ça.
Paraît que ça va être obligatoire. Le masque. A défaut de pouvoir m’en procurer, je vais porter ce masque, un authentique masque de Dali qu’il a offert à ma sœur en 1966. Parfaitement ! Cette année-là, mon père m’avait filé son énorme Beaulieu, six places, moteur V8, phare au plancher et changement de vitesses au volant, rutilante, un paquebot des routes et nous partîmes à quatre blondes, cap sud, à Cadaquès exactement, avec un chèque en blanc pour la location, un petit appartement avec vue sur la plage. A peine garée, sur qui tombé-je ? Sur Simon le philosophe rencontré au bal de la Contrescarpe du 14 juillet ! Et que me m’annonce-t-il ? Qu’il se rend illico chez le Maïtrrrre Dali himself, alors que si ça m’amuse… Et comment donc !
Me voilà partie avec un vieux jeans coupé aux genoux et un T-shirt quelconque, le truc pour conduire à l’aise quoi. Nous arrivons à Port LLigat où l’ours géant nous accueille avant que le Maîtrrre nous prie d’entrer. Il est dans le patio avec Jean-Christophe Averty auquel il est fier de montrer son dernier chef d’œuvre géniââââl : un flacon de Vim cabossé sur lequel il a collé quelques mouches en plastoc. Magnifique ! dit l’homme aux bébés passés à la moulinette.
Introduite dans le saint des seins et des godes (la chambre des gouines en offre une affriolante collection), je suis régulièrement invitée à ses soirées où ma jeune sœur et moi-même avons l’honneur de chanter deux trois chansons à la guitare et mon harmonica en do en haut d’un petit escalier blanc.
Un soir, tard, ma sœur, pas encore habituée au champagne, attrape ce masque sur un banc, qui sert à un film en tournage, et se met à déclamer le Roi des Aulnes en allemand. Vous savez : Wer reitet so spät durch Nacht and Wind… qu’on apprenait par cœur en allemand deuxième langue. Tout s’arrête, même Wagner, tout le monde regarde cette adolescente qui déclame sans vergogne du Goethe dans le texte… le Maîtrrrre, un peu amorti dans son fauteuil Emmanuelle, s’ébroue, il est ravi, il applaudit et pour la peine, fait cadeau du masque à sa sister.
Non seulement on n’en fait pas un plat, mais surtout on en fait une lampe : facile, deux bouts de fil de fer, deux clous et l’ampoule nue de notre chambre prend la forme d’une créature inquiétante illuminée de l’intérieur. Et l’ampoule est chaude, ça crame le masque. Bon, tant pis. Et puis on va vivre notre vie, ma sœur met le masque avec d’autres vieilleries. Puis, quand nos parents sont morts et qu’il nous faut vider la maison, nous tombons sur le masque de Dali, tout chiffonné, patiné. Ma sœur le jette comme tout le reste. Oh mais non, le masque de Dali quand même ! Et je le récupère. Et voilà des siècles que je le trimballe de maisons en maisons dans une jolie boîte, enveloppé de papier de soie.
Aujourd’hui où il est question de masques obligatoires, je veux le lui rendre mais refuse : Encore un fouilles en plus, merci bien ! Alors bon, je vais finir par le porter, je ne dis pas qu’il est très confortable, ni très seyant, si très approprié, mais c’est le masque de Dali, quand même !
(Si vous voulez me braquer pour en tirer une fortune, il ne vaut rien, il n’est même pas signé, je me suis déjà renseignée, vous pensez !)
PS : Jamais retrouvé Simon le Philosophe par la suite à Paris, un garçon charmant. Ce premier jour, il m’a raccompagnée à l’appart et pour le remercier, je l’ai fait monter, lui ai présenté mes sœurs et la copine et nous lui avons proposé un bon café. Car les trois blondes avaient vidé la voiture et fait les courses pendant ce temps-là. Un bon café, certes, à en juger par le sourire de connaisseur de Simon. Puis l’une de nous en avale une gorgée et recrache tout, dégoûtée : on ne savait pas que l’eau du robinet était saumâtre !
Alors que vous êtes tous partis en vacances, hou, la honte !, le chien de garde Lallement répand sa rage baveuse, ouh le vilain !, et Darmanin fait la manche, hou le ballot !, après nous avoir sucré un pognon de dingue en faveur de ses chers amis, ouh la crapule ! Les masques tombent, enfin, quand il y en a, le bac chute, les balcons s’emplissent à huit heures pétantes et Paul et Mick Victor continuent de se prendre le chou sur la pandémie. Quand on parle du déconfinement, on n’en voit pas la queue, moi je vous l’dis ! Bon zweekande à vous nez en moins et des bisous solaires.
– CX : J’adore voir Macron et Philippe remercier encore et encore le personnel hospitalier après leur avoir envoyé des charges de CRS en manif. Ça me fait penser aux mecs qui tabassent leur meuf avant de leur dire « t’en vas pas bébé je t’aime ».
– PR : C’est là qu’on se rendit compte que la moitié des gens qui bossaient ne servaient à rien.
– CC : Je ne suis pas du tout préparée pour le covid-19, déjà j’ai pas vu les 18 premières saisons.
– COP : Nabilla a été nommée pour seconder Sibeth Ndiaye. C’est Marlène Shiappa qui l’a annoncé chez Hannouna !
– AV : Mon gynécologue me propose des consultations en vidéo … Ça va être compliqué quand même … Oui ? Non ?
– MA : Capillairement parlant, je prépare un hommage à Agnès Varda.
– CEMT : « Non, la Chine n’a pas falsifié les chiffres de mortalité du coronavirus, les 17 habitants du pays vont très bien. » !
– MA : Nous avons assez de recul à présent pour comprendre que Castaner aurait dû être ministre de la santé et Buzyn ministre de la défense. Les masques auraient eu de l’avance et les LBD auraient eu un retard monstrueux !
– MK : Livraison de 10000 respirateurs à la mi-mai : on retient son souffle !
– JPT : Chaque soir, pour remercier nos soignants, je prends deux couvercles de casseroles et je fais du bruit. Ok, je ressemble au lapin Duracell, mais j’assume.
– TC : Ça vous dit on fait une collecte de bouquins de cuisine pour les envoyer en Chine ? Si on peut éviter le prochain virus en leur apprenant à faire une blanquette, ça vaut le coup.
– RR : J’ai aussi lavé les sacs monoprix et nettoyé toutes mes courses avec des lingettes javellisées. Tous les articles respectent le mètre de distance. Je les rangerai demain matin après les avoir passées au four à 63 degrés. Sinon ça va.
– HD : La cagnotte de Darmanin : En voilà une idée qu’elle est bonne !! On pourrait tous donner une partie de nos revenus à l’État pour qu’il l’utilise pour le bien de tous… on appellerait ça l’impôt ! Là Gérald tu t’es surpassé !
– RV : Une femme vient d’être ponctionnée de 135 € pour avoir coché la case « achat de première nécessité » alors qu’elle achetait une pâtisserie. On avait pourtant demandé aux flics de faire preuve de discernement. Mais c’est vrai que s’ils faisaient preuve de discernement, ils ne seraient pas flics.
– NS : Du coup pour Pâques les gens vont rester chez œufs !
– MF : Mon mari a sorti une carte du monde, m’a donné une fléchette et m’a dit : « Lance la fléchette sur la carte et je t’emmène là où elle tombe, après la pandémie. » On va passer deux semaines derrière le frigo.
– DA : J’ai pris rendez-vous chez le coiffeur pour la sortie du confinement, il m’a bloqué un rendez-vous le 17 février 2021 sous réserve de confirmation par carte bleue & versement d’un acompte de 130€.
– OB : Pendant que Monsieur Darmanin lance un appel aux dons …. les entreprises européennes s’apprêtent à verser aux actionnaires 359 milliards d’euros de dividendes !
– TC : Allumer les lumières et se mettre au balcon en tapant des mains tous les soirs… encore quelques mois et on a résolu le problème des moustiques.
– NA : Pour Lallement, les choses sont simples : tu es frappé par un CRS ? Tu l’as mérité ! Tu es frappé par le COVID 19 ? Tu l’as mérité ! Et quand tu es frappé par la connerie, c’est que tu es préfet de police de Paris !
– DCF : « Je regrette mes propos. Les malades doivent être respectés. Je leur pardonne de nous créer des problèmes ». Lallement.
– RR : Apparemment Lallement a franchi la ligne Maginot.
– MA : La bonne nouvelle, c’est qu’on va échapper aux spectacles de fin d’année dans les écoles
– SE : Vous en êtes où de votre prise de poids pour cause de confinement? Perso, je suis passé de la taille 42 à sarouel.
– CH : on ne m’enlèvera pas de l’idée que les gamins de 7 ans qui ne sont que faiblement impactés par le coronavirus pourraient très bien faire tourner l’économie mais bien sûr les Cassandre vont encore hurler à l’esclavage infantile.
– PI : C’est presque perturbant de voir les Américains vivre quelque chose qu’on a déjà vécu.
– CEMT : — Monsieur le Premier Ministre, excusez si ma question semble trop directe, mais est-ce que ça va ? — Oui, ça va, merci. — Je n’ai pas d’autre question, cette commission d’enquête sur le coronavirus est terminée.
– GP : Les Tchèques volent les masques destinés aux Italiens, les Français s’emparent de ceux prévus pour les Espagnols, les Américains rachètent cash sur les tarmacs chinois les cargaisons en partance pour la France… Elle est pas belle l’Europe ?
– CV : – Mamaaaan ? Mieux vaut que j’aie le Coronavirus ou que tu aies le Coronavirus ? - … Confinement, dix-neuvième jour.
– CC : Du coup, si tu fais la vaisselle tous les jours pendant le confinement, tu obtiens le bac à évier ?
– JB : J’espère que pour le déconfinement, il y aura des soldats américains sur des chars qui distribueront des chewing-gums à la chloroquine, sinon je demande à être remboursé.
– CC : Le sachiez-vous ? Il est nécessaire d’avoir une attestation pour sortir son chien, mais pas pour ramasser ses crottes. Merci d’avance.
– HD : On vit dans un monde où on en vient à regretter que Roselyne Bachelot ne soit plus ministre de la santé. C’est vous dire à quel point c’est parti en vrille.
– DS : Alors on fabrique des A 380, des Rafales, des Satellites, des Paquebots, mais un bout de tissus avec 2 élastiques on y arrive pas ?????
– JC : Nous déplorons deux disparitions tragiques consécutives à la crise du coronavirus: — l’Union européenne, définitivement ridiculisée… — la parole politique, définitivement discréditée…
– OM : Et ce connard de voisin du 3ème qui n’a pas daigné sortir une seule fois pour applaudir à 20h sous prétexte qu’il est au « travail »… Enculé d’infirmier.
– MI : Quand je vais expliquer à mes gosses que j’ai mon bac grâce à un pangolin !
– OK : La France, l’autre pays du jogging.
– CX: Comment ça m’énerve tous ces parisiens qui prennent la route pour partir en vacances aujourd’hui. À cause de ces connards je suis obligé de partir demain pour éviter les bouchons.
– AA : Faire son pain, c’est tellement so la 1ère semaine de confinement, moi, je fais moi-même mes steaks maintenant. Il suffit d’un bœuf ou d’une vache et d’un couteau bien aiguisé. En plus, point de vue pédagogie, avec les enfants, c’est super.
– DA : Spéciale dédicace à la meuf de la résidence d’en face qui beugle tous les soirs à 19h55 « YOUHOOOUUU VOUS ÊTES TOUS LÀ ??! » de sa fenêtre avant de taper sur une casserole jusqu’à 20h12 avec ses gosses : par pitié contentez-vous de faire une bataille d’oreillers avec des parpaings.
– JB : N’oublions pas que ce confinement est aussi une grande vague d’espoir pour les boîtes de salsifis et de flageolets abandonnées depuis 1997 dans nos placards.
– CC : Femmes et hommes des milieux soignant, alimentaire, éducatif et sanitaire, n’hésitez pas à inscrire la moitié de la France dans les personnes à charge lorsque vous remplirez votre déclaration d’impôts.
Mais pourquoi cette image ? Ici, nous sommes au 7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, dans le Marais parisien où je me promène souvent. Ici, certains s’en souviennent, se tenait une belle boulangerie. Et d’un seul coup, fini ! J’y vois cet affichage, preuve s’il en est de la disparition de commerces traditionnels au profit d’une boboïsation totalement inutile. Qui va acheter un soutif en se levant pour le tremper dans son café au lait ?
Et sous la boulangerie, qui se souvient d’un club de jazz réputé dans les années 60, appelé le Gill’s Club, labyrinthe de caves voutées puant le tabac et le salpêtre du temps de sa splendeur ? Il fut créé en 1963 par Gilles Nicolas, d’où le nom, et Jean-Claude Weill qui logeait dans les étages. Jean-Claude était guitariste et Gilles batteur de jazz.
Parallèlement, ils fondèrent le Gill’s Club de l’été, derrière Saint de Monts, dans une bourrine au toit de chaume en plein marais (le marais, encore) vendéen où défilèrent de nombreux musiciens de jazz qui tournaient sur les plages avec France Gall ou Carlos, heureux de pouvoir y faire un bœuf et « se laver les oreilles de cette variétoche de m… ».
Revenons à celui de Paris que je n’ai pas beaucoup fréquenté, étant un peu jeune à cette époque bénie du bebop, de Coltrane, Mac Coy Tyner et autres Messengers. Ce club marchait bien, surtout les vendredis ou samedis soir et rien ne laissait présager qu’il fermerait pour une raison brutale : 141 jeunes morts dans l’incendie d’un dancing à Saint Laurent du Pont, le 1er novembre 70, le bal tragique qui anticipa d’une semaine le « bal tragique à Colombey » (mort du général de Gaulle) pour lequel Hara Kiri fut immédiatement interdit à la vente, remplacé aussi sec par Charlie Hebdo.
Mais pourquoi vous assommé-je avec ces sombres histoires ? Parce que ça m’a frappée de voir qu’à la batterie de Gilles Nicolas (devenu plus tard mon ex-mari, je résume) succèderait un autre instrument de la famille des percussions : le tam-tam d’une princesse. C’est un peu maigre ? Continuons.
En 1970, donc, l’incendie ravageur du dancing où se produisait un groupe de rock tua en moins de dix minutes ces 141 malheureux jeunes, soit qu’ils furent asphyxiés par les vapeurs dégagées par le polystyrène, soit qu’ils furent brûlés vifs, d’autant qu’une boule de feu traversa l’espace quand quelques-uns réussirent à forcer une issue de secours, fermée comme toutes les autres par peur du resquillage. En dix minutes, tout fut fini. Les musiciens furent retrouvés figés sur scène, jouant probablement sans se rendre compte qu’ils étaient en train de s’asphyxier. 63 fautes furent retenues contre le gérant lors du procès. Il fit de la prison.
Après cet horrible fait divers, tous les établissements publics qui ne possédaient pas d’issues de secours durent fermer. Ainsi les caves. Donc le Gill’s club.
Gilles me raconta que pour maintenir cet établissement, ils avaient essayé de racheter la boulangerie et j’ai gobé ça, comme s’ils en avaient les moyens ! D’autant qu’en fouillant le net pour en savoir un peu plus (les protagonistes étant décédés), j’apprends que le Gill’s Club de Paris avait été repris en 1965 par un autre fou de jazz, Gérard Terronès, — plus rien à voir avec Gilles — qui y implanta le free jazz et y créa un label et qui est mort lui aussi il y a peu.
La fondatrice de Princesse tam-tam est, elle aussi, décédée avec son mari, lors d’un attentat à Bombay qui tua 130 personnes.
Quant au Gill’s Club vendéen, il finit en flammes, ces foutues flammes, par une nuit d’hiver 72, frappé par la foudre.
Ces incendies, ces attentats, ces morts brutales bientôt effacées par une enseigne de produits pou-pou-pidou qui font rêver les femmes pour ce qu’elle leur promet et les hommes pour le désir de l’ôter au plus vite du buste de leur conquête, sans tambour ni trompette, sur la superbe couche d’un magnifique Airbnb dont les affaires, figées par le confinement, repartiront hélas dans quelques temps avec les incessants bruits de roulettes de ses petites valises taille cabine, qui passeront devant l’ex- chouette librairie gay (et pas que) au 6 de la même rue, les Mots à la bouche*, priée de plier les gaules pour laisser la place à un marchand de pompes vintage d’un docteur anglais. Ciao culture.
Qui a dit que Paris sera toujours Paris ?
(Maurice Chevalier qui honora joyeusement les seins avec Valentine et ses petits tétons et les chaussures avec ses petits petons. La boucle est-elle bouclée ?)
* la librairie va rouvrir pas loin, rue St Amboise dans le 11ème. Ouf.
Dans ce livre étonnant, Eloge de la marâtre de Mario Vargas Llosa, l’héroïne est doniã Lucrecia, deuxième femme de don Rigorberto et donc belle-mère de son fils, l’adorable Alfonsito, gentil comme un ange, beau comme un chérubin, amour de naïveté et de vertu. Enfin qu’on croit.
Ce livre est drôle car il est à la fois libertin et très poétique. Tout y est décrit en termes tendrement nuancés, impressionnistes voire compassés. Les sens, particulièrement le toucher et l’odorat, y sont magnifiés, les sentiments exacerbés. Ça pourrait se passer au XVIIIème siècle s’il n’y avait de temps en temps l’intrusion d’un objet actuel, une télé, une moto. Le tableau sur la couverture nous donne bien le ton : le jeune garçon, appelé aussi enfant, n’a pas d’âge défini, comme Eros, et un soir qu’elle vient l’embrasser en chemise de nuit très légère, il lui rend des caresses qui vont la troubler, peu à peu, et se matérialiser en vibrante relation amoureuse. Mais elle aime aussi son mari qui le lui rend bien, chaque nuit, au lit, inventant des jeux amoureux de toutes sortes. Ce mari qui a trouvé la femme de sa vie passe un temps fou chaque soir dans la salle de bain. Il veut être parfait, beau, lisse, sans un poil dans le nez ou l’oreille, ou un point noir, des ongles impeccables, des aisselles admirables… Chaque partie du corps un peu scabreuse a son jour de la semaine dévolu. C’est ainsi que l’auteur nous conte sur deux pages comment il prend soin de son nez. Plus loin, sur deux pages aussi, il décrit comment don fait son popo, et ce, sans aucune trivialité, tout est dans la poésie, vous dis-je.
Et puis il y a aussi la jeune femme de compagnie qui prévient Lucrecia que l’enfant est un sacré voyeur.
Et on avance dans ce livre avec, intercalés, des récits sur la mythologie ou sur Marie, qui se rapportent à l’histoire. Et même un portfolio de quelques peintures qui l’illustrent.
C’est léger, aérien, parfumé, imagé, même si la fin est inattendue, cruelle. La perversion du jeune fils peut sembler candide puisqu’il ne ment jamais. Mais il n’éprouve jamais de remords. C’est un petit chef d’œuvre de dentelle littéraire.
Eloge de la marâtre de Mario Vargas Llosa, 1988, tradiot par Albert Bensoussan. Aux éditions Folio, 216 pages.
Semaine confite à la sauce télétravail, couples qui s’emmerdent, mômes qui braillent, formulaires à imprimer et applaudissements à 20 heures. En attendant, le virus frappe des innocents comme le Prince Charles qui n’a même pas encore été sur le trône ou ce pauvre Weinstein qui en est descendu. Que dire de cette débâcle qui annule tout ce qui devait faire la grandeur de notre pays : vente des aéroports, mais y a plus d’avions, réforme des retraites, mais aura plus de retraités… heureusement, les actionnaires de tous pays nous tendent la main… pour qu’on y dépose les chères oboles dues à leurs mérites. L’air est redevenu sain alors bon week-end, soyez sages, soyez braves, soyez patients (je voulais dire faites preuve de patience)…
– FIA : Sur la prochaine attestation, il faudra indiquer la position du soleil au moment de votre sortie, votre groupe sanguin, le nom de votre garant ainsi que votre symbole de porte-manteau d’école maternelle.
– OM : Vous plaignez pas, vous pourriez être à la place de l’ingénieur qui doit concevoir un masque qui fasse le tour des oreilles du Prince Charles.
– PE : S’il vous plaît, veuillez synchroniser vos montres. Ils sont gênant les gens qui applaudissent à 19h57.
– ME : Pour le corona, à 60 ans t’es vieux et fragile, mais pour la retraite à 60 ans t’es jeune et en pleine forme
– PM : Je viens de faire le calcul, à la fin, on aura passé plus de temps enfermés que les Balkany.
– PE : Applaudir à 20 heures, ça me permet de garder le lien avec mes enfants, c’est le seul truc pour lequel ils sortent de leur chambre.
– CC : la police municipale de Clermont-Ferrand obligera chaque parisien descendu de l’Intercités ce weekend à manger la croûte du fromage aux artisous pour se prémunir contre le virus.
– CV : Si on m’avait dit que je passerais ma cinquantaine en quarantaine…
– CC : En fait, si j’ai bien compris, en ce moment ce sont les chiens qui promènent leur maître.
– CK : Longtemps, je me suis confinée de bonne heure.
– NP : Jour 6 du confinement : je commence à avoir un doute. Ce troisième enfant qui se pointe au moment des repas, il habitait chez moi avant ?
– JF : Il ne faut quand même pas rire de toux : Je viens d’apprendre que le pâtissier du quartier est gravement tatin.
– CC : Dès ce soir, le gouvernement adoptera le décret n°7 instaurant une distance de sécurité d’un mètre entre vous et votre frigo.
– RR : Présentement en train de regarder désespérément mon kilo de farine, en me demandant qu’en faire sans œufs, beurre ni lait. Je vais la sniffer.
– JH : Du coup les fonctionnaires, c’est toujours autant des privilégiés payés à rien faire et qui coûtent un pognon de dingue ? Et les caissières, c’est toujours des illettrées avec un boulot dont personne ne veut parce qu’il est inutile et dégradant ? J’ai pas suivi.
– CC : Je porte une collerette à chien pour manger mes repas, on appelle cela le régime vétérinaire
– JMC : Harvey saute un pangolin en prison pensant que c’est une starlette fringuée en Paco Rabanne
– RV : Trop dangereux de sortir en ce moment. J’ai trouvé le moyen de me claquer le mollet entre chez moi et le Monoprix !
– AdN : Les joies simples à savourer. Le gars qui reçoit un appel de la pharmacie : « votre gel hydroalcoolique est arrivé. » La fête quoi.
– CEMT : Le coronavirus a fait revenir Jean-Jacques Goldman et tué Manu Dibango, en plus d’être dangereux il a vraiment des goûts de chiotte.
– OM : J’attends les premières photos de Benjamin Grivaux en train de ramasser des courgettes.
– DC : Un seul être vous manque et tout est poussiéreux.
– MA : « Si je suis élu, je ne veux plus de femmes et d’hommes dans les rues » Emmanuel Macron 2017 : Promesse tenue…
– LO : La seule chose qui me remonte le moral en ce moment, c’est de me dire que les dossiers de toute la France sont actuellement gérés par des fonctionnaires en slip.
– TA : Du coup, je m’épile sur la terrasse comme ça les oiseaux auront de quoi garnir leur nid.
– CEMT : C’est quand même étonnant que l’épidémie de coronavirus reparte de plus belle alors que tout le monde a fait absolument n’importe quoi depuis l’annonce du confinement.
– NP : Jour 9 du Grand Confinement : la maison commence vraiment à sentir très mauvais. Je me demande si un animal est mort quelque part, ou si j’ai oublié de surveiller que l’ado se lavait tous les jours.
– TC : Encore deux mois sans coiffeurs et 99% des blondes auront disparu.
– CC : C’est étonnant ces dirigeants qui demandent de tousser dans le coude mais qui crachent à la gueule des enseignants.
– PE : Ce matin, j’ai failli arriver en retard à mon télétravail. C’était bouché sur le chemin de la salle de bain.
– FC : Au vu du temps qu’il va falloir passer enfermé, merci à tous ceux qui ont un jardin ou sont à la campagne de ménager les citadins … c’est dur de ne pas vivre la nature … donc merci de ne pas nous inonder d’images.
– CC : Comme par hasard, au moment où tu as le temps, enfin, de remplir ton dossier agessa, l’agessa n’existe plus
– CC : Voyez le bon côté des choses : Polanski est enfin enfermé.
– CEMT : Allons au bout de l’idée, le Tour de France sur des vélos d’appartement filmés par des webcams.
– SF : Avant on ne parlait pas de maison de retraite, encore moins d’EHPAD. On disait « mouroir ». On appelait les choses par leur nom, en fait.
– GP : «Il va sans dire que nous n’entendons pas demander à un enseignant, qui aujourd’hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser toute la France pour aller récolter des fraises gariguettes.» SiBeth N’diaye.
– MP : On a vérifié si Sibeth n’était pas l’amie noire de Nadine Morano ?
– NO : Mais j’y pense, les profs ont rien à foutre entre 21h et 6h du matin on pourrait réouvrir les mines de charbon.
– NP : Le néo libéralisme dans tout sa splendeur : donnez nous de l’argent public pour éponger nos dettes, on est trop occupés à verser des dividendes à nos actionnaires.
– HT : Il avait raison, Boris Johnson, ça va marcher, la sélection naturelle.
– OVH : Cela fait 37 ans que je suis confinée avec mon mari. Jamais de ciné, de théâtre, de concerts, d’expos, de pique-nique, de restaus, de dîners en ville, de vacances, d’invitations, de conversations enrichissantes, même pas de séries télé en VO. Je suis reconnaissante, car nous n’avons pris aucun risque de contamination. Je suis mariée avec un visionnaire.
– CC : Celles et ceux qui envoient des messages dégueulasses aux soignants (genre allez habiter ailleurs, ne touchez pas les poignées de porte, cessez de promener votre chien), c’est quoi l’idée ? Vous repoussez ceux qui peuvent vous aider parce que vous avez envie de mourir plus vite que les autres ?
– OM : Du coup c’est le 15 avril qu’on apprend qu’on est confiné jusqu’au 3 mai ?
– PR Globalement, je suis assez content que l’argent de la planche à billet soit affecté en priorité, aux actionnaires, aux petits copains, intermédiaires et autres branleurs de la République. J’ai eu peur qu’il soit distribué aux infirmières, chauffeurs, caissières, éboueurs etc… Ça aurait été un très mauvais signal envoyé au marché ! Ben oui. Toutafé.