Salinger, l’attrape-coeur piège à filles.

Elevée par une mère exubérante et avide de gloire  pour elle ou ses filles, Joyce Maynard s’exprime bien très tôt et écrit beaucoup. Elle est publiée à 18 ans, en 72, dans le New York Times Magazine, pur son long article sur la jeunesse des années 60. Immense succès, énorme courrier. Parmi les lettres, une de J.D. Salinger à laquelle, flattée, elle répond. Une correspondance serrée s’initie entre cet homme de 53 ans — qu’elle n’a pas lu —  et elle, timide, effacée, sans ami(e)s ni amoureux.
Joyce souffre de divers complexes dont celui d’avoir un père alcoolique, des problèmes d’alimentation  et une inadaptation sociale. Après que des liens épistolaires solides se soient instaurés, elle passe un week-end chez lui, dans sa retraite. Il faut savoir que cet écrivain, misanthrope total,  vit en ermite. Elle tombe amoureuse. Elle est vierge et, malgré le désir,  son corps refuse l’amour. Quelques mois plus tard, elle  s’installe dans cette campagne isolée, chez cet homme sociophobe, austère, dominateur, intolérant. Parfois, son fils de 12 ans et sa fille de 16 viennent pour la journée. Lui passe de très longues heures à méditer, à écrire et à travailler sur l’homéopathie. Il soigne ses voisins et ses enfants,  cherche un remède pour le problème sexuel de Joyce — qu’un autre saura résoudre par un minimum d’attention — qu’il contraint, par le fait, à des fellations.
Elle est totalement sous influence, elle fait tout ce qu’il faut, croit-elle, pour qu’il l’aime. Elle partage son régime drastique, graines de tournesol et courges,  un peu de pain spécial. Il lui apprend à vomir quand, par hasard, ils absorbent les aliments « défendus » chez de rares hôtes. Il tente de lui faire passer ses rêves de célébrité, son intérêt  pour les rencontres intéressantes, son désir de vivre à New-York. Pourtant, grâce à son article, on lui offre une place en or dans le prestigieux magazine, mais elle y renoncera pour rester avec lui. De même qu’elle  renonce à tout ce qui fait les petites joies de la vie, ses goûts, ses loisir. Puis, un jour, elle sera congédiée de façon brutale et grossière, sans préavis ni explication.
Il faudra qu’elle apprenne à vivre avec cette blessure et cet amour qu’elle croit inguérissable. Elle y arrivera et aura même la force, bien plus tard, de retourner voir cet homme pour lui dire ce qu’elle pense. Elle verra avec étonnement une autre jeune femme otage de cet homme devenu un vieillard. Elle apprendra aussi qu’elles ne furent pas les seules à vivre avec lui. Sa dernière illusion, celle de s’être crue unique, tombe alors.
Lorsqu’elle  retrouve, lors d’un déménagement, les nombreuses lettres de Salinger, elle les vend à un collectionneur sans même les relire.
Ce n’est qu’après la quarantaine qu’elle décide d’écrire ce livre,  brisant le sacro-saint  silence de Salinger sur sa vie. En fait, elle y raconte son enfance, mais aussi sa vie d’après, sa solitude, son mariage, ses enfants, ses séparations, sa survie. Et c’est passionnant.
Passionnant parce qu’on y voit l’american way of life dans ce qu’elle a de plus légendaire, la vie des campus avec la libération de la jeunesse, mais aussi l’implacable processus de domination d’une personne sur une autre pour en faire sa victime non pas consentante, mais totalement sous influence.
Elle est écrivain et journaliste, comme elle l’avait rêvé enfant. L’un de ses livres  a été adapté au cinéma par Gus van Sandt, avec Nicole Kidman et Matt Dillon « to die for » (prête à tout) dans lequel elle joue un petit rôle.

Joyce Maynard. « Et devant moi, le monde ». 2011.  Ed. Philippe Rey. (1998 pour l’original « at home in the world : a memoir ».)

Texte © dominiquecozette

La journée de la femme, ce vieux truc…

Quand je pense à la journée de la femme, ce vieux truc ! Franchement, on n’a plus à se plaindre ! On a eu tout ce qu’on voulait.
Nous ne sommes plus brutalisées, plus violées, plus battues, plus harcelées,  plus intimidées, plus forcées.
Nous sommes sur le même pied que les hommes question salaire et choix de carrière, d’ailleurs, il commence sérieusement à y avoir plus de femmes de pouvoir dans les médias, les ministères, les centres de décisions, et comme le dit notre chère Présidente de la République avec son humour bien à elle  : il va falloir penser à créer la journée des hommes !
Nous n’avons plus à nous taper seules/gratuitement  les corvées domestiques et nos hommes s’occupent tellement bien des enfants !
Dans le monde entier, les femmes sont respectées. Ont été abolies au cours des dernières décennies toutes les horreurs telles que la lapidation, l’excision, les humiliations machistes, les obligations vestimentaires, le massacre des bébés-filles, le viol comme arme de guerre, les mariages forcés, les talons aiguilles …
Les religions ont supprimé leurs fondamentaux sexistes et Dieu s’est même excusé de nous avoir punies injustement. Marie a avoué qu’elle n’était pas vierge. Les avancées de la médecine ont permis de faire disparaître l’hymen.
Nous n’avons plus peur. Peur de quoi ? Nous pouvons sortir, créer, présider, déclarer, enfin nous exprimer sur tous les sujets sans être condamnées, ou biffées, ou même  raillées.
Nous sommes bien ensemble, avec les hommes. Et ils n’ont pas l’air de s’en plaindre, enfin, si j’en crois le peu qu’ils avouent sur le sujet …
Mais il faut que je vous laisse : je dois saupoudrer le pas de ma porte de sucre en poudre. Oui, c’est aujourd’hui la Journée Internationale des Droits de la Fourmi. Un clou chasse l’autre, un combat fini annonce le suivant et comme le dit Virgile : carpent tua poma nepotes (tes arrière-neveux cueilleront les fruits).

Texte et peinture © dominiquecozette

RAPPEL : Notre* expo « de l’amour, de l’état brut, de la nature humaine », joyeux programme,  continue au Cabinet d’Amateur. Détails ici (*Cathy Burghi, Céline Guichard et moi-même)

Faites vos courses et le bonheur des autres !

Banniere_Op_Partage300X250.gif

Pour faire une bonne action, je pique le texte du blog d’Olivia van Hoegarden :
« La preuve, je vais faire un peu de réclame, pour Carrefour et Danone. Bon, je l’ai déjà fait, c’était pas mes pires clients, quoi que mais je ne vais pas m’étendre ni cracher dans le yaourt qui m’a nourrie si longtemps.

Et puis, c’est pour aider les Restos du coeur qui est tout de même une des plus belles causes à soutenir, une institution, ça fait 25 ans que ça dure.

Les Enfoirés ont beau dire, enfin chanter, que c’était pas prévu pour durer, moi, je dis : mais heureusement que ça existe et qu’un jour un mec heuh… hors norme et d’origine italienne, a eu cette idée. Coluche on l’appelait. En vérité son nom, c’était Michel Collucci.

Bon, tout ça vous le savez, ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que les deux géants de l’alimentaire et de la distrib’ soutiennent massivement les Restos depuis trois ans. Au passage, ils se font de l’image, mais pour une fois qu’il ne s’agit pas de délocalisation de sites ou de pub Boum Boum, il vaut mieux ne pas passer cette action sous silence.

Carrouf’ et Danone font appel aux blogueurs, un billet publié, dix repas offerts. Ainsi l’année dernière pour 1 457 blogueurs, 16 675 repas offerts. Du coup, j’y vais de mon petit post moi aussi.

Alors, comment on fait? Les 4 et 5 mars, on soutient la collecte de denrées alimentaires et du 16 au 22 mars, on achète 4 produits Danone en promo, à chaque fois un repas offert. Pour cette fois, vous ferez vos courses de miam chez Carrefour, même si vous ne jurez que par Leclerc, et achèterez du Taillefine ou du Velouté et tant pis pour Yoplait, enfin pour cette fois.

Voilà, j’espère vous avoir mobilisés et que vous allez vous bousculer les caddies aux dates que j’ai écrites ici au-dessus. Et puis, rien ne vous empêche de faire des dons ou de bénévoler à tout va.

C’est pas le moment de pédaler dans le yaourt. »

Olivia van Hoegarden
Merci

Fessebouqueries #33

Pour ceux qui se posent la question sur ces fessebouqueries, je précise qu’il s’agit de statuts postés dans la semaine par les amis  facebook, juste copiés-collés, tels quels, avec les initiales des auteurs.
– JPT : C’est une impression personnelle, ou Henri Guaino est le mec le plus puant de la Sarkosphère ?
– JPT : La pire phrase qu’un ministre puisse entendre de Sarkozy : « Vous avez toute ma confiance ! »
– JT s’ennuie autant qu’un concerto de hautbois de Bach
– CS :  Attention pour ceux qui ont un windows 7 64 bits avec des modules linguistiques: le sp1 que microsoft envoie par windows update crash totalement le laptop.
– PE : Sémantique présidentielle, leçon 1 : ne jamais glisser plus de 2 mots entre « immigration » et « terrorisme ».
– JPCM : On peut remanier le Président, please ?
– PE : Emu aux larmes par la lettre d’Alliot-MArie, Sarkozy envisagerait d’en faire la successeur de Guy Moquet dès la prochaine rentrée scolaire.
– JT : est bien content de ne pas avoir eu de mère sur facebook dans son enfance
– MC Reprend aussi brutalement qu’un tire fesse qui arrache le scrotum. L’animateur de la réunion vient de dire que les mouvements transversaux peuvent masquer les mouvements identiques de sens opposé…
– DC : brise Hortefeux s’est reconduit à la frontière de son ministère, sans violence.
– JPT : Selon Fillon, MAM a été évincée, non pour des raisons morales, mais politiques. Autrement dit, elle ne serait pas à la hauteur de la diplomatie française. Si on pouvait mettre la main sur le con qui l’a engagée il y a un mois, ça nous arrangerait bien…
– JT : il y a encore quelqu’un qui est mort aujourd’hui, ça arrive souvent quand même
– TP :  « Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! » Moi j’aimais quand elle parlait !…
– EL : Prépare sa traversée de new york à dos d’âne et cherche des sponsors…
– JT se prépare psychologiquement à la journée de la femme
– DB : Annie Girardot a oublié qu’elle etait morte, c’est l’avantage avec Alzheimer
– DB : Au moins si l’armée allemande se pique de revenir à Paris ils auront Galliano pour refaire leur uniforme.
– OVH Après avoir arrêté le tabac, l’alcool, la drogue, le sexe et la publicité, a prouvé qu’elle pouvait se passer de Facebook pendant au moins 24 heures.
– JPCM regarde un film des frères Coen, la moindre des choses serait qu’ils lisent mon livre
– FM : Aujourd’hui en France, entre les repris de justice et les extrémistes de droite à la tête du gouvernement, on ne sait plus à quel démon se vouer…
– DT : Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent :
-Te rappelles-tu ce western où nous jouions les Indiens ?
- Oh oui ! Et je sais que nous nous y plûmes.
– EL Essaie d’attraper un pigeon pour le diner !
– JPCM : Le sens de la vie, c’est là, tout droit, jusqu’à nouvel ordre
– MC : j’ai rêvé que je sortais avec Patrick Sébastien. Le cauchemar absolu.
– EL : Soyez gentil avec vos enfants, car c’est eux qui choisiront votre maison de retraite !
– JPT : Chez Dior, quand il s’agit de dire des conneries, si c’est pas la nièce, c’est la tante !
– HH :  gasp! le terrain voisin est vendu! y a plus qu’à esperer que les nouveaux voisins soit une famille de taupe..
– KT :  Quand l’Union Européenne aura fini de discuter sur la couleur des boutons de manchettes, il faudra peut-être qu’elle pense à envoyer Daladier et Chamberlain prendre le thé chez Kadhafi, notre ami le démocrate. Petite pensée affectueuse pour Kouchner, le champion des droits de l’homme (rayer les mentions inutiles).
– SK : c’est ma signature quand je mixe : tout le monde, par une certaine configuration psycho physiologique des muscles faciaux, a l’extrémité des lèvres qui remonte en direction des oreilles, et découvrant ainsi leurs dents, ont indéniablement les yeux qui brillent bizarrement ; résultat : je suis curieusement content, et on dirait qu’eux aussi…).
– CA : Plus je vieillis, plus je ris, plus j’ai de rides ! Dr Delajoue, que dois-je faire ?
– MW : Depuis que j’ai ma mère en amie…. Elle m’appelle plus…. Dingue non ?

AVIS AUX BLECTEURS (lecteurs de blog) ET AUX BLAUTEURS (= auteurs dans ce blog) : Je laisserai dorénavant vos noms car beaucoup d’amis ont envie de connaître et cliquer ceux qui se cachent sous les initiales.  Ce blog paraissant aussi dans le Monde.fr, sur Twitter et mySpace, si  vous préférez vos initiales, dites-le moi  sur mon mail ici . Merci.

MON EXPO, RAPPEL IMPORTANT : Mon expo commencée avec enthousiasme jeudi 3 se poursuit. C’est à la Bastille, 500 mètres à pied au soleil, la galerie Le cabinet d’amateur est ouverte aussi dimanche. Voir le lien ici

dessin © dominiquecozette

R.I.P. Serge et Dédé

Ils n’avaient pas grand chose de commun, ces deux-là, à part celui de mourir en même temps. Je parle de Serge Gainsbourg, LE Serge Gainsbourg, et d’André Cozette, mon père. Rien de commun non. Ou alors quelques trucs…
La clope. La brune pour tous les deux. Mais si Gaingain appréciait la danseuse à castagnettes, Dédé préférait téter de la bien de chez nous, la bonne goldo.
La musique aussi puisque Dédé jouait du piano avec deux doigts, index et auriculaire. Seul accompagnement :  do/fa, quel que soit le morceau joué.  « Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne » était son tube joyeusement dissonant.
L’alcool aussi sur lequel mon père ne crachait pas, tout en restant dans les normes acceptables de l’époque. Nos dimanches étaient vraiment bien arrosés.
Et  69, ah 69.  Ce ne fut pas l’année érotique de mes parents, loin s’en faut, mais l’âge fatidique auquel Dédé rendit les armes et cetera…
La décadance ? Sûrement pas celle qu’on danse, celle de leur couple qui roupillait dans l’hôtel du cul tourné. Dommage pour eux  que mon père n’ait pas dit  » je suis venu te dire que je m’en vais », j’avoue qu’ils en bavèrent beaucoup et c’était pas très in mais très out pour les three easy pisseuses que nous fûmes.
Chez les yéyé, mon père se voyait contraint de subir nos tam-tam, pas très heureux  de ces rythmes qu’il ne sentait pas, et de ces filles qu’il ne comprenait pas toujours car, comme pour Serge, les femmes c’est du chinois. Il nous aurait bien dit « sois belle et tais-toi », sachant que nous n’obéirions qu’à la première de ses injonctions.
Pour le reste, c’était le jour et la nuit. Mon père ne flamba pas, ne brûla pas, ne provoqua pas, ne coucha pas avec BB, Deneuve ou Jane, ne composa pas. Ce n’était pas un artiste, ni un jouisseur, ni un people. Mais un monsieur sérieux,  prince-de-Galles fiscaliste.
Ils ont juste fait ce bout de chemin ensemble. Le dernier. Dernier sourire, dernier soupir.
Je me demande bien ce qu’ils se racontent, là-haut.  Dédé a t-il convaincu Serge de faire un cover des chapeaux ronds des Bretons ? Serge a t-il enseigné à Dédé la gamme en mi bémol ? Je le saurai peut-être un jour MAIS ÇA N’URGE PAS  !

Texte et image © dominiquecozette

Tiens, des drôles de films !

« Victime d’une sévère chute de rein, contre toute attente, elle se releva indemne. »

Comme je n’ai rien d’avance à vous servir pour cause de peinture fraîche (vernissage ce jeudi), je vais vous parler de quelques films charmants qui peuvent tout aussi bien  ne pas vous plaire. Mais qui constituent d’excellents lavages de cerveaux par leur éloignement des tyrannies  commerciales habituelles.

Dans le genre minimaliste, le premier est chinois, d’une lenteur esthétique que d’aucuns apparentent à un Jarmush à ses débuts. Les plans sont d’une langueur monotone, fixes et peu causants. Il s’appelle « winter vacations » de Li Hongqi, il a gagné le grand prix et la prix de la critique à Locarno et conte le quotidien oisif de quatre ados pendant les vacances d’hiver. Ils ne font rien de spécial, se racontent en deux mots une histoire de coeur, se prennent des baffes sans s’en formaliser. Une fillette de quatre a des insomnies, un pépé immobile menace son petit-enfant sage, et le film se clos sur l’interrogation écrite de la rentrée : comment être utile à la société. Tête des mômes. Le genre de film dont l’ambiance absurde et étirée ne s’oublie de sitôt. Bande annonce (en fait, il s’agit de la deuxième séquence) ici
« La BM du Seigneur » de Jean-Charles Hue est tournée dans une communauté de gens du voyage : unité de lieu totale. Des caravanes, la zone, des personnages (des vrais) dans une vie plutôt simple entre larcins et code d’honneur , respect dû au patriarche, sens de la famille. Les sentiments y sont rudimentaires, les échanges primaires, la vie basique. Quand l’un d’eux, après avoir eu une vision, décide de se ranger des voitures, c’est à dire de ne pas voler la BM qu’on lui a commandée, ça fout la zizanie. Bon. Curieux, dépaysant, sans ironie ni décalage. Un peu effrayant quant aux facultés d’adaptation de ces personnages à la société actuelle. La poésie ethnologique si on veut.
Si vous avez envie de mer et de soleil, un autre film où il ne passe pas grand chose mais c’est dans une des plus grandes barrières de corail de la planète, au Mexique. Il s’appelle Alamar,  il est réalisé par Pedro Gonzales Rubio et a été sévèrement primé. C’est l’histoire — réelle — d’un beau petit garçon né de l’amour entre une Romaine et un pêcheur mexicain. Qui se sont séparés. Alors, un jour, le petit, citadin italien, va aller passer des vacances avec son père  pour le connaître, et son grand-père, simple pêcheurs vivant dans une petite maison sur pilots. Il apprend la mer, la pêche, les fonds sous-marins, les oiseaux, les crabes, la nature, l’humilité, l’attention aux autres. Le papa est un magnifique spécimen naturaliste, délié, souple, élancé, craquant. C’est le vrai père. Bande annonce aqui
Enfin, plus proche de notre cinéma mais atypique quand même, « je suis un no man’s land » de Thierry Jousse, avec Philippe Katerine et Julie Depardieu, protagonistes d’un improbable amour. Ça se passe dans le terroir, dans les champs et les bois. Il se retrouve fortuitement, après le harcèlement d’une ex, dans la ferme de ses parents superbement campés par Aurore Clément et Berroyer, et curieusement, ne peut plus en repartir. Très poétique aussi, drôle, inattendu, rafraîchissant. Bande annonce ici

Texte et dessin sans rapport © dominiquecozette

Donc jeudi 3, vernissage au cabinet d’amateur, près de la Bastille. Lien ici

Fessebouqueries #32

Perles ramassées à la petite cuillère tout au long de la semaine sur facebook…
– EL : Le piment, c’est comme l’autoroute, on paie à la sortie…
– MW : Ma mère me demande en amie ////////ça va pas être possible…. Comment lui dire ?
– JPT : Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie s’appelle Godefroy de Boillon
– JPT : Au Salon du livre, j’irai cracher sur Nothomb !
– JPT : A 15 ans, les Windsor sont mignons. A 25, ils commencent à ressembler à leur cheval. A 40, ils l’épousent en secondes noces.
– JPCM : Les vacances se passaient bien jusqu’au moment où mère s’est mis à fredonner du Jean-Jacques Goldman à table
– NP : Contente de recevoir une joli courrier de la Maaf qui m’annonce qu’à compter de ce jour j’ai le Bonus à Vie pour mon véhicule… qui part à la casse vendredi. Bientôt Canal + grâtos avec une tv bonne pour la poubelle et un shoot de coke gratis alors que j’ai la tension à 28 ? Ho c’était sans compter le nouveau portable qui plante 8 jours après réception. 7 jours ç’aurait été trop bête, j’aurais pû changer d’avis….
– JPCM : Joggeuse disparue, DSK est innocent
– JPT : Avoir honte de pleurer quand on est ému, c’est comme avoir honte de bander quand on est excité. (JPT, philosophe réunionnais sous Viagra depuis deux ans)
– CP : Putain, y a un gang de mariachis (ça s’écrit comme ça ?) qui joue « Les feuilles mortes » à la trompette et à la guitare, c’est clair ils veulent ma peau. Le Mexique m’aura pas vivant.
– OVH : Mes dernières volontés : battre Tiger Woods, Roger federer et Laure Manaudou, avoir un nain de jardin, défiler pour Chanel, épouser le sultan de Barhein, marcher en Louboutin tous les jours, peser 50 kilos au lieu d’avoir à les perdre, avoir de l’acné juvénile, me marier en blanc et être vierge pour le mariage, la vraie vie quoi.
– CV : Il parait que Kadha fuit ?
– JPT : Ils font chier, ces Arabes : ça ne leur suffit pas de foutre le bordel chez nous, il faut aussi qu’ils foutent la merde sur nos lieux de vacances ! Signé : un client de Fram Voyages en colère.
– JPT : Si j’en crois Boris Boillon, le colonel Khadafi est tripoli avec les amis de Nicolas Sarkzy… Hi hi !
– GC : Et pendant ce temps-là… Chez Hermès, faubourg Saint-Honoré, Carla hésite entre le sac Birkin et le sac Kelly…
– JT a un peu honte en repensant à ce qu’il a demandé à son boucher
– JPT : Bientôt un troisième vieil homme arabe privé de son travail et des économies de toute une vie ! Que fait l’ONU ?
– DB : Pauvres vaches qui se prennent des mains au cul toutes la journée. Mais que font les chiennes de garde?
– PCC : Y a du mou dans la cannette, comme on dit chez SINGER. Est-ce bien normal qu’un ministre de l’agriculture ne sache pas combien fait 1 hectare ? Qu’un ministre des affaires étrangères s’occupe de son héritage en Tunisie ? Qu’un ministre de l’intérieur demande des quotas d’interpellation sur des Arabes Tunisiens ?
Qu’un ambassadeur França…is en Tunisie, con comme une huitre, soit en photo « moule-couilles » sur sa page « Copains d’avant » ? L’arrivée des produits cosmétiques pour enfants, à quand la liposuccion au CP ? Et la brunasse de ce matin avec son tel à l’oreille qui me brule la priorité ? Mais moi les dingues, j’les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j’vais lui montrer qui c’est Raoul.
– JT : c’est l’histoire d’un type qui sait l’amour voué au nauvrage et qui reprend le bateau malgré tout
– JT dit fuck et 15 phoques se retournent
– JT  trouve les horloges biologiques indigestes
– JT se demande qui jouit le mieux entre la trompette de Miles et la guitare de Jimi et la réponse n’est certainement pas la voisine qui a sorti le balai
– CV trouve qu’il y a un nombre inquiètant de béquilles devant la patinoire, place de l’Hotel de ville.
– JPCM : Ne dites pas à ma mère que je suis reparti acheter des croissants
– CV : Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart ont la même bouche, et sûrement aussi le même chirurgien esthétique…
– JPCM : premier footing des vacances jusqu’à la fourrière, un grand merci à toute l’équipe municipale pour ses arrêtés surprises à 6 h du mat
– CV : Elle s’en va !!!!!
Elle s’en va !!!!
Enfin une bonne nouvelle !!!
– LG : Je compte jusqu’à un million et je me lève

Dessin © dominiquecozette

EXPOSITION : Je vous rappelle ma prochaine expo « de l’amour, de l’état brut, de la nature humaine » (qui mérite vraiment ce titre) à partie du 3 mars, c’est jeudi,  au Cabinet d’Amateur près de la Bastille, où j’accroche en compagnie de Cathy Burghi et Céline Guichard. Plus de détails ici

L’année 58 racontée à mes blecteurs

L’année 58 commence en beauté avec l’ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle, Jeanne Moreau, sublime, Maurine Ronet, glamourissime et l’incroyable impro de Miles sur les images.
Puis Fidel Castro kidnappe Fangio pour attirer l’attention du monde sur l’état catastrophique de son île, mais il le relâche vite en en faisant un ami pendant qu’Elvis, la boule à zéro, fait ses classes à Memphis, que les Russes continuent d’humilier les Américains qui se plantent dans l’espace mais pas sous les mers avec la première mission réussie du Nautilus, sous-marin atomique, ça rigole pas. A propos d’atomique, 9235 savants de 44 pays demandent l’arrêt des expériences nucléaires. Lol.
Jerry Lee Lewis,  jamais à un scandale près, épouse sa cousine de 13 ans et quelques. Une autre fois, pour enfoncer Chuck Berry qui passait après lui, il met le feu à son piano tout en martelant Great Balls of Fire, hystérisant complètement le public. Quand c’est au tour de Chuck de chanter, il lâche « assure après ça, negro ».
Deux naissances d’importance bien de chez nous : les 5 dernières minutes avec le débonnaire Raymond Souplex dans le rôle de Maigret et le jeu des 100 000 francs qui deviendra le jeu des 1000 francs en fin d’année pour cause de nouveaux francs et de dévaluation : 17,5% quand même !
Le Brésil se distingue au foot grâce à un jeunot de 17 ans, Edson Arantès Do Nascimento dit Pelé. Mais c’est  Just Fontaine qui  devient le meilleur buteur de Coupe du Monde. Et, hélas, Manchester perd son équipe dans un crash aérien.
Le Royaume Uni a un nouveau prince de Galles de 10 ans, Charles, appelé araignée. Mais qui ne régnera pas.
Chez nous, Mon Oncle de Tati sort enfin, après 5 ans de prépa, ça c’est Tati le Tatillon ! Le Cnit de la Défense est érigé et inauguré par le général en personne, fier de cette oeuvre qui fait honneur à notre génie. C’est ce même général, rappelé de ses deux Eglises,  qui expliquera à des milliers d’Algérois qu’il les a compris…Puis il s’attellera à la rédaction d’une nouvelle constitution : celle de la Vème république. Il sera élu à 77% des voix. Dans le cadre de la guerre d’Algérie, la France fait quand même une grosse connerie : elle bombarde un village tunisien, tuant 61 civils, à la grande indignation de la communauté internationale.
L’assurance auto devient obligatoire, c’est pas du luxe parce qu’il n’est pas interdit de boire avant de prendre le volant  au contraire, on ne se prive jamais du « p’tit coup pour la route »
A côté du rock et du be-bop, les rythmes afro-cubains, latino on dit aujourd’hui, continuent à sévir. Dario Moreno avec « si tu vas à Rio » rivalise avec  Dalida et son « come prima » et autres italianades. La Bamba de Richie Valens et Tequila par des tas d’artistes mettent le feu au dance-floor.  Cliff Richards, lui, et sa tête poupine, embrase les jeunes pouliches.
Bizarrement, Boris Vian déclare : « Pour adapter un rock d’Elvis Presley, autant ne pas se gêner et confier le boulot à un illettré, ça aura l’avantage de respecter l’esprit du modèle ».
Un clou chassant l’autre, Jean XXIII succède à Pie XII.
Cette année-là, on fête les naissances de Michael Jackson, Madonna, Sharon Stone, Albert de Monac’ et… Christophe de Chavanne et Laurent Boyer mais on s’en tape le coquillage !
A la radio, les mêmes qu’en 57 avec un Aznavour qui pointe son ancien nez, et un certain poinçonneur des Lilas.  In english, Peggy Lee fait monter la Fever et Bobby Darin nous conte une histoire de baignoire qui déborde  le soir d’une party : c’est « splish splash ».
Quant à moi, je nargue de façon très prépubère  ma grande soeur et ses amies qui pleurnichent à chaudes larmes en écoutant Paul Anka.

L’année 57 ici

Texte et dessin © dominiquecozette. Sources diverses.

EXPOSITION : Je vous rappelle ma prochaine expo « de l’amour, de l’état brut, de la nature humaine » (qui mérite vraiment ce titre) à partie du 3 mars au Cabinet d’Amateur près de la Bastoche, où j »accroche en compagnie de deux pétroleuses, Cathy Burghi et Céline Guichard. Plus de détails ici

L’année 57 racontée à mes blecteurs*

Né au 19ème siècle et ayant fait la fortune de quelques  cigarettiers, Humphrey Bogart abandonne le monde à sa veuve, la sublime Lauren Bacall. Disparaissent aussi Christian Dior qui passe le flambeau à Yves Saint Laurent et Sacha Guitry, le misogyne de service, qui va vérifier le sexe des anges.
Gaston Lagaffe, m’enfin !, apparaît, anti-héros attachant qui n’arrête pas de merder sa vie et son idylle,  au son de l’eau vive de Guy Béart qui fera, outre une fille-chatte appelée  Emmanuelle, de bien jolies choses conchiées par Gainsbarre en direct à la télé, qui le traite de connard et de  blaireau. Violent. Ici. C’était marrant, le direct.
Cette année-là est celle du Frisbee, des siffleurs puisque le Pont de la rivière KwaÏ et sa retentissante BO connaissent un succès fracassant. Fracassant aussi celui de Brel « quand on n’a que l’amour » qui remporte de prix de l’Académie Charles Cros.
La déferlante rock s’empare des croulants tels Jacques Hélian ou Dick Rasuel et ses Berlurons — je n’invente rien — qui tentent d’enfourcher la vague sans trop y croire. Y en a qui n’enfourchent rien et qui sont tout de suite dans le ton comme ce martien à pull marin qui chante (mal en plus) que le camembert c’est bon quand c’est bien fait, vive l’amour : l’irrésistible et surréaliste Bobby Lapointe.
N’empêche, les jeunes se mettent aux vinyles anglo-saxons comme Jerry Lee Lewis, le pianiste qui joue avec ses pieds, Ricky Nelson qui joue avec sa moue et ses yeux verts, et les Everly Brothers qui jouent avec nos émotions de midinettes. Le très myope Buddy Holly fauche la première place au puceau canadien Paul Anka que les ventes de Diana consolent de ce premier rateau sentimental
La reine Elisabeth, qui trône déja, s’encanaille en recevant son premier chanteur rock, Tommy Steele. Plus tard, elle en anoblira plus d’un.
Sur la route circulent deux mythiques caisses inconfortables à souhait, la Fiat 500 alias le pot de yaourt et la Trabant — à l’est seulement — qui sera fabriquée jusqu’à la chute du Mur, en 91 (la chute dûe à Sarkozy, ne l’oublions pas. Je blague). Sur la route est le titre du tout aussi mythique (tout est mythique de ces années-là) bouquin que Jack Kerouac (Jean-Louis, il s’appelle, est canadien et sa première langue est le français) a tapé en 51 sur un rouleau de papier. La Beat generation prend corps. Comme le mouvement international situationniste en Italie.  Et l’Europe aussi qui, avec le traité de Rome, devient  la CEE : y circulent allègrement le charbon et l’acier, pour la dope, ça attendra.
Ça bouge en géopolitique comme on ne dit pas encore : Duvallier s’autoproclame président à vie d’Haïti et désigne son chiard Baby Doc à sa suite. La république tunisienne est proclamée, et Mao lance sa campagne des cent fleurs où il prône une plus grande liberté d’expression. Mais  les critiques des intellos qu’il comptait séduire tombent dru : il rewinde prestement, répresse violemment et déporte massivement.
Aux USA, malgré l’abolition de la ségrégation, de meurtrières émeutes raciales ont lieu à Little Rock où, malgré les forces de l’ordre, un collège choisit de fermer plutôt que de recevoir quelques Noirs.
Le général Massu est envoyé en Algérie « avec notre savoir-faire français pour remettre de l’ordre » dans ce pays.
Chez nous, Pinay reste un jour au gouvernement et Guy Mollet six.
Cette année là naissent Caroline de Monac, Michelle Pfeiffer, Florence Arthaud et son pote Thierry Lhermitte. Ah, et aussi, mais on s’en fout, Mimi Mathy.
Au poste, on écoute Dalida, Patachou, l’excellent René-Louis Laforgue, le non moins séduisant Philppe Clay, mais aussi Harry Belafonte, Elvis et The Crickets.
Quant à moi, bouleversée par l’horrible mort de la chienne Laïka, lancée dans l’espace par les Russes, je lui compose mon premier poème.

L’année 56 ici

* Blecteurs : lecteurs de blog.
Sources diverses. Texte et dessins© dominique cozette.

INFO OU RAPPEL : VERNISSAGE de l’expo « de l’amour, de l’état brut, de la nature humaine » avec Cathy Burghi et Céline Guichard,  le 3 mars à 18 h. au cabinet d’amateur, 12 rue de la Forge Royale, 75011, près de la Bastille. En savoir plus ici

Fessebouqueries #31

Actu entre les envolées malhonnêtes de MAM avec son ministre-amant (!) et celles des valentins qui n’y croient pas, aux envolées honnêtes…
– VR : combien faut-il de trous au gruyère pour cesser d’exister ?
– OVH se trouve dans un état déliquescent voisin de l’amniotisme
– MW : tiens.. Le chat se met à boire du café maintenant… Pfiou !!!!
– PE : A peine un mois et demi, et les variétés Ben Ali et Moubarak ont déjà détalé : 2011 est bien l’année du lapin.
– DB : Le seul truc vraiment ennuyeux quand on bosse le Dimanche c’est l’impression dérangeante de faire plaisir à Sarkozy.
– JPCM au chevet de son manuscrit, le pronostic vital n’est pas engagé
– FB : La déchéance d’Adam et Ève : une erreur de Genèse.
– HV : Le théorème de Dukan. 
Sachant que le régime Dukan t’astreint à UNE crêpe aux sons par jour,
que c’est une règle immuable, la première crêpe que l’on cuit est toujours ratée, je commence donc toutes mes journées par un ratage.
– LC : Michèle, Degage, sont des mots qui vont très bien ensemble (ad lib)
– CVa fait poser un nouveau tapis rouge dans son escalier pour recevoir dignement ses invités de marque.
Et pense à mettre très bientôt un jet privé à leur disposition.
– FL : « La bourre, toujours la bourre…»
(je sais c’est con d’avoir un rhume de chien le jour de la Saint-Valentin.)
– DB : Le matin: Non, non, on fait rien pour la St Valentin c’est trop nul.
Le soir: Ouais…enfin, bon, tu aurais pu m’acheter au moins un bouquet!!!
– JPT : Le Roi de France avait son fou, l’UMP a son con : Frédéric Lefèvre étant devenu ministre, Christian Jacob a pris sa place. On ne voit pas la différence.
– CK : A défaut d’exception culturelle, nous avons l’exception salariale. Les patrons du CAC 40 sont les mieux payés d’Europe, ouf. 
La France : so chic, never cheap.
– DC : Le restaurant le plus couru actuellement, impossible d’y réserver tellement il y a d’attente. C’est toujours comme ça, dès qu’un lieu a un peu de succès, c’est la ruée. Ah, oui, le nom : restau du coeur
– EM : Sarkozy ? Des réponses à tout et des solutions à rien.
(Merci RM).
– PE : s’étonnequedieu,quiainventél’espace(danslequelonseperd)soitplusconnuque celui qui a inventé la barre espace (sans laquelle on s’y perd)…
– FM : Si une démocratie c’est là où on a le droit de dire qu’on est en dictature et une dictature là ou on on est obligé de dire qu’on est en démocratie, où qu’on est nous exactement?????
– NP : rrrraaaaaaaaa sortie du bureau à 21h38 et croisé la couv de l’Obs de demain « Déprime, Stress, Harcèlement, comment rester zen au bureau ? » Paf encore pour moi le maronnier… ça devient moche de représenter les tendances, merde !
– BR : AVIS DE RECHERCHE
J’ai cherché partout sans trouver. Je finis par croire que ce n’est qu’une fausse rumeur. Aussi je lance un dernier appel, sans trop d’espoir. Voilà : il paraît qu’il existe un politicien honnête en France. Quelqu’un en a-t-il entendu parler ? Merci de votre aide.
– JPCM : Entendu dans le 190 « à cause du silicone elle a eu la poitrine défigurée »
– JPT : « C’est con », me dit le responsable du Salon du Livre avec son franc-parler habituel, « si j’avais su que vous veniez, j’aurais fait de vous l’invité d’honneur du Salon… »
 »Et pourquoi croyez-vous que je ne vous ai rien dit ? » rétorquai-je, avec ce regard baissé de l’homme modeste qui ne s’est pas laissé griser par l’insuccès.

Texte : amis facebook. Image © dominiquecozette

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
Twitter