Des bons voeux testostéronés !

Chère UMP du Groupe Val de Marne Autrement, ,
merci beaucoup pour tes voeux, c’est tellement sympa de ta part moi qui dis pis que pendre de toi, de tes penchants réac, de ta calamiteuse bicéphalie, hé bien tu vois, je fais mon mea culpa, chouette bande de ma-couille.
Oui, vous avez l’air cool sur la photo, et j’aimerais bien vous rencontrer pour qu’on échange un peu sur diverses choses comme par exemple le foot, le noeud de cravate,  le mariage gay — j’aime pas trop le terme de mariage pour tous — ainsi vous pourriez m’expliquer comment vous faites pour ne pas devenir pédés en étant  toujours entre mecs. Je plaisante ! Je sais que vous n’êtes pas homophobes, juste un peu coincés du col… Que vous n’êtes pas non plus misogynes, juste que vous préférez casquer  pour cause de non-parité. Ça en fait des sommes, dites-donc ! Des millions ! J’ai lu que ça s’élevait  à plus de 4 millions par an durant le dernier quinquennat. C’est pas pour dire, mais ça fait mal aux fesses, non ?
D’ailleurs, je me demande ce qu’est-ce qu’elles foutent, ces deux nanas sur la photo, Marie-France et Catherine. Elles apportent le café, elles photocopient les rapports ?
Sinon, c’est chouette, votre carte de voeux. Bon, y a pas beaucoup de couleurs, je veux dire de couleurs de peaux, pourtant, dans le Val de Marne, on a un sacré nuancier…
Bref, je vous souhaite à mon tour  une belle année, qu’elle vous ouvre l’esprit et les yeux, qu’elle vous apporte un brin de modernité, qu’elle époussète vos vieilles idées.  Mais je ne vous embrasse pas, je suis allergique à la poussière.

Entre adultes consentants

Non, je ne vais pas jouer sur le mot consentants, non plus que sur concupiscent. Simplement, je me pose la question du consentement.
Jadis, la femme du monsieur épousé devait se plier quoi qu’il arrive au devoir conjugal : ce terme en dit long sur l’agrément, dans les deux sens du terme, de l’épousée. Ce fut l’époque de la fameuse migraine des femmes.
Et puis vint la libération sexuelle. Et madame découvrit que c’était rudement chouette de prêter son corps à un artiste qui savait en jouer, en jouir. Elle le prêtait d’autant plus volontiers qu’on le lui rendait en meilleur état qu’en celui auquel elle l’avait (aban)donné …
Et puis la nouveauté se tassa. La libération s’accentua, porno à la télé, puis sur le web et découverte d’un autre type de sexualité, tendance lourde, qui fit les beaux jours des blagues et vidéos potaches : l’éjac faciale, la tournante, le gang bang et autres facéties dont je n’ai même pas idée, t’as qu’à voir ! Certaines (beaucoup ?) de nanas n’étaient pas très consentantes, mais si elles ne se pliaient pas à ces blagues ou à ces jeux, elles étaient exclues du groupe, traitées de mal baisées réacs.
En même temps, la lutte contre le sexisme se poursuivait dans les pays anglo-saxons, principalement aux USA où, il y a pas mal d’années,  une sécu fut mise en place pour éviter tout malentendu : le monsieur faisait signer à sa partenaire un papier comme quoi leurs imminentes relations sexuelles étaient librement consenties. C’est d’un romantisme ! Espérons qu’on n’en arrivera jamais là.
Aujourd’hui, le petit monde politico-médiatique fait mine de découvrir que les Français sont machos. Je n’ai plus l’âge d’être harcelée par un employeur, d’être une proie pour un taré encore qu’il n’y a pas d’âge pour avoir les jetons quand on est une femme dans certaines circonstances. Je dis simplement que quand  les dirigeants au sens large se décideront à admettre que les femmes ne sont pas qu’un cul —  ou un pied —  ne sont pas non plus qu’une bonniche/potiche mais qu’elles ont un cerveau adapté  et qu’il serait temps de le mettre au service de tous, donc quand les problèmes de parité seront enfin réglés, les pratiques sexuelles de domination seront forcément moins lourdingues, moins violentes et donc  moins criminelles. CQFD.
Je vous signale en passant que la France est en 46ème position — derrière vous n’imaginez même pas quels pays (voir ici)  — en terme de parité, alors j’aimerais qu’on arrête de dire que ce pays est très respectueux des droits des femmes, merde, quoi  !

Texte et dessin © dominique cozette

La journée de la femme, ce vieux truc…

Quand je pense à la journée de la femme, ce vieux truc ! Franchement, on n’a plus à se plaindre ! On a eu tout ce qu’on voulait.
Nous ne sommes plus brutalisées, plus violées, plus battues, plus harcelées,  plus intimidées, plus forcées.
Nous sommes sur le même pied que les hommes question salaire et choix de carrière, d’ailleurs, il commence sérieusement à y avoir plus de femmes de pouvoir dans les médias, les ministères, les centres de décisions, et comme le dit notre chère Présidente de la République avec son humour bien à elle  : il va falloir penser à créer la journée des hommes !
Nous n’avons plus à nous taper seules/gratuitement  les corvées domestiques et nos hommes s’occupent tellement bien des enfants !
Dans le monde entier, les femmes sont respectées. Ont été abolies au cours des dernières décennies toutes les horreurs telles que la lapidation, l’excision, les humiliations machistes, les obligations vestimentaires, le massacre des bébés-filles, le viol comme arme de guerre, les mariages forcés, les talons aiguilles …
Les religions ont supprimé leurs fondamentaux sexistes et Dieu s’est même excusé de nous avoir punies injustement. Marie a avoué qu’elle n’était pas vierge. Les avancées de la médecine ont permis de faire disparaître l’hymen.
Nous n’avons plus peur. Peur de quoi ? Nous pouvons sortir, créer, présider, déclarer, enfin nous exprimer sur tous les sujets sans être condamnées, ou biffées, ou même  raillées.
Nous sommes bien ensemble, avec les hommes. Et ils n’ont pas l’air de s’en plaindre, enfin, si j’en crois le peu qu’ils avouent sur le sujet …
Mais il faut que je vous laisse : je dois saupoudrer le pas de ma porte de sucre en poudre. Oui, c’est aujourd’hui la Journée Internationale des Droits de la Fourmi. Un clou chasse l’autre, un combat fini annonce le suivant et comme le dit Virgile : carpent tua poma nepotes (tes arrière-neveux cueilleront les fruits).

Texte et peinture © dominiquecozette

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