La légèreté irisée de la Bulle

Bulle c’est la femme idéale, tous les hommes sont amoureux d’elle : belle, douce, souriante, rêveuse, planante, se déplaçant dans l’espace-temps avec une grâce folle… Le livre de ses souvenirs affleurants qu’elle a intitulé J’ai oublié et qui vient de sortir le confirme, il est impressionniste comme le ciel doucement nuageux d’une vie bien remplie au hasard de rencontres, de coups de chance, de coups de cœur. Elle n’a rien décidé, les choses se sont faites — même si elle y a beaucoup travaillé, étant perfectionniste — simplement, comme par enchantement. Beaucoup d’anecdotes et de péripéties en ont jailli malicieusement, durablement, amoureusement, les rencontres de rêve,  Marc O, Duras, Chéreau et tant d’autres grandes figures de la rive gauche et de la culture, des liens se sont tissés d’une drôle de façon, son amour immarcescible avec Barbet Shroeder dont elle avait confondu le nom avec Servan-Shreiber (!), ses amitiés indéfectibles sauf à se rompre d’une façon stupide avec Marguerite un peu avant sa disparition, son goût pour l’aventure comme ce départ insensé avec Barbet « qui compte jusqu’à trois pour en décider »,  pour la Nouvelle-Guinée.
Et puis le drame qui l’habite chaque jour et chaque heure, la disparition de sa fille Pascale, l’amour de sa vie, qui continue à l’accompagner dans tout ce qu’elle fait. Pascale, elle en parle de façon tellement lumineuse qu’on a l’impression qu’elle est sur le canapé juste à côté, souriante de complicité. La modestie aussi, c’est tout Bulle, ne s’enorgueillissant de rien, racontant juste à sa façon, poétique, aérienne, ce qu’a été sa vie, ce qu’elle est encore : l’enfance et l’adolescence avec juste sa mère, l’élevant de façon bourgeoise mais libre dans le XVIème, puis l’arrivée de Pascale très tôt dans sa vie de jeune fille, un mariage en grandes pompes mais vite rompu (ce mari fugace fut aussi le mien, plus tard, d’où le fait que nos filles furent sœurs et que j’eus l’occasion de connaître Bulle et Pascale dans le chaleureux cadre familial), puis ses rencontres avec la bande de la Coupole qui décidèrent de sa vie professionnelle, sa lignée féminine dont elle est fière, les trois générations d’Ogier qui ont vécu longtemps ensemble, trois femmes fortes, indépendantes, artistes.
Dans ce livre, elle se livre en catimini l’air de rien, se souvenant parcellairement de faits graves ou au contraire de toutes petites anecdotes auxquelles elle a le talent de donner un brin d’intérêt. On y rencontre une somme de personnages passionnants, des histoires insensées comme les parties de ping-pong avec le roi du Népal, on s’invite dans ses nuits interminables d’après théâtre, on passe quelques temps avec Barbet et Bukowski dans le ghetto de L.A. où ils ont élu domicile, tout cela dans un labyrinthe de réminiscences surgissant de façon fluide au fil du récit.
Ces émotions qu’elle a dévidées auprès d’Anne Diatkine, extrêmement touchantes, souvent bouleversantes, amusantes, parfois hilarantes, semblent avoir été écrites du bout de la plume tant elles paraissent magiques, oniriques, irréelles. C’est tout Bulle, une fée tout en fragilités, en mystère, en délicatesse, en nuances. Quelle belle écriture, quelle magnifique façon de se dévoiler ! Un véritable enchantement.

J’ai oublié par Bulle Ogier, avec Anne Diatkine. 2019 aux éditions du Seuil. 236 pages, 19€.

Texte © dominique cozette

Pour mémoire « Pascale Ogier, ma sœur » par Emeraude Nicolas chez Filigranes. Ici à la Fnac hier, la fille et la mère.

Les Fessebouqueries #462


Petit melting pot de choses sans importance et de gens de peu : Balkany logé à nos frais, Onfray mieux sans lui, Moix d’abord et le monde peur crever, Zemmour-ir de rire, Méluchette, Finkelcroûton, le Pen nase mais pas nazi, rien de bien net dans la semaine passée mais toujours l’humour de mes aimables contributeurs qui permet qu’on se poile et se dépoile un peu en cette fin de semaine, jour d’Alzheimer et des marches pour le climat, et du patrimoine et des Gilets Jaunes et de la police déployée un peu partout comme une hydre lugubre et menaçante… Bon WE néanmoins à vous my friends…
– MK : Si le fisc confisque tout aux Balkany, que restera-t-il pour David et Laura ?
– JC : Michel Onfray préface un bouquin dénonçant les « imposteurs de la philo ». 
Et bientôt dans toutes les bonnes librairies, un bouquin dénonçant les fautes de syntaxe chez les footballeurs, préfacé par Frank Ribéry.
– PL :  « Le Goncourt. Il ne passera pas par Moix. »
– JB :  Balkany est parti si vite que la mairie n’a pas eu le temps de lui payer impôt de départ.
– MK  : Les experts ont pris la température : + 7° en 2100. Inédit dans les annales !
– JPT  : Bruno Dumont cherche une non actrice entre 11 et 15 ans pour le rôle principal de son prochain film, « Les derniers jours de Jeanne Calment ».
– JFR : Réforme du bac 2020. Sachant que M. Balkany bénéficie de 9 mètre carrés pour une fraude fiscale évaluée à 4 M € 
et qu’un bracelet électronique vous exonère de 30%
, calculez la surface de la cellule de M. Cahuzac
– JPT : Ce matin, à Avignon, visite de la synagogue. Par souci d’équité religieuse, samedi je visiterai le Palais des Papes. Et dimanche, j’achèterai une barrette de shit à un musulman.
– MK : Macron en Robespierre ? Ne mélenchons pas tout.
– CL : Céline Dion lance sa tournée mondiale baptisée « Courage ». C’est sympa de penser aux spectateurs.
– JB : Pour Mélenchon, frapper dans une porte était juste une manière de défoncer le pêne.
– AB : Sixième nuit à l’hôtel des haricots pour Balkany. Patience Patrick, à trente tu gagnes une Rolex offerte par la bande organisée de Pinocchio Sarkozy, qui te remercie de faire l’éclaireur
– NP : Éric Zemmour a été condamné définitivement (au nom du peuple français), donc c’est officiel : il est islamophobe.
– PI : Un mec m’a dit « on se croirait en été ».  J’ai répondu que c’était l’été, il m’a regardé, je l’ai regardé, il a regardé sa montre, j’ai regardé un oiseau, il s’est retourné, je me suis retourné, on en est resté là.
– SG : 48 heures de garde à vue pour un homard de carnaval. « Quant au crustacé géant, il est actuellement sous scellés au commissariat de Nantes. Et il finira sans doute par être détruit, devenant malgré lui un symbole de la menace qui plane sur les libertés »
– AB : S’il prend du ferme, Mélenchon sera placé dans une cellule jouxtant celle de Balkany à la Santé, où ils s’affronteront lors d’un concours permanent de ronchons à grande gueule.
– YM : Aujourd’hui Macron part en Italie. Mais vu qu’il penche très à droite en ce moment, je crois qu’il part plutôt en Italique.
– AB : Jean-Marie LePen gagne en appel contre Jacques Séguéla, qui l’avait traité de « nazi ». On peut toujours le qualifier de vieux croûton pétainiste.
– OM : Si ça se trouve le comité de soutien à Patrick Balkany, c’est juste des gens qui ont peur que la galette des rois 2020 soit annulée…
– JJ : Le fatalisme, c’est quand on se prend les pieds dans le tant pis.
– JV : Haut-Rhin : l’odeur du crottin du cheval Sésame gène les voisins qui attaquent les viticulteurs bio en justice. Il faudrait sérieusement envisager les poursuites pénales dans les cas de « connerie aggravée »…
 Le problème: les tribunaux seraient totalement engorgés…
– MK : Edouard Balladur enfin devant la justice ? Léotard que jamais…
– JV : À l’occasion de la Journée du Patrimoine, le Président Macron a décidé d’ouvrir les portes du ministère de la Culture pour montrer que le ministre Riester est bien en vie, que ce n’est pas une légende urbaine
– NP : Coucou France Inter, est-ce que vous pouvez rappeler au vieux Finkelkraut qui célèbre les poètes mais s’insurge qu’on s’incline devant une jeune de 16 ans que Rimbaud n’avait que 17 ans quand il a écrit « Le bateau ivre » ? Merci d’avance.
– PA : En Arabie saoudite, les voleurs sont amputés. En France ils sont députés.
– AB : Huitième jour à l’hôtel des haricots pour Balkany : drapeaux en berne, Levallois a été déclarée ville morte, sauf pour les centaines de caméras de surveillance.
– DA : Un jeune homme m’a demandé si ça allait, j’ai répondu couci-couça. Cette expression ne doit plus exister depuis 75 ans parce qu’il a pas compris et m’a regardé comme si je lui avais dit d’aller niquer sa daronne.
– JPP : Je sais que vous vous moquez de mon intérêt pour les anagrammes mais sachez que je m’en bats les lucioles.
– PB : Edouard Balladur : je vous demande d’arrêter les poursuites.
– TP : Ségolène Royal : L’absentitude

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Les Fessebouqueries #461

Cette semaine a vu fleurir un match dont on connaît le perdant, il a pris cher certes mais il n’a pas lésiné non plus quand il a entourloupé. On peut dire loupé, d’ailleurs. Quant au concurrent, mister Ferrant, il a le soutien de tous, quelle époque mes amis où la mafia tient les rênes de la prétendue démocratie ! Démocrassie. Sinon, poum-poum, la chasse avec les écolos à fusils est toute-verte, la grève est finie, les otages ont été relâchés sans rançon et le gars de la Marine a déserté, attiré peut-être par un banc de morues au large du lit conjugal. Rien de bien palpitant, donc bon WE à vous tout’ss si vous prenez soin de marcher à plus de 5 mètres des cons.

– MK : Aujourd’hui grand lâcher de cons, c’est l’ouverture de la chasse
– ES : Je commencerai à croire à la responsabilité individuelle quant je ne verrai plus de détritus trainer au pied ou à proximité des poubelles de rue.
YP : Interdire les pesticides agricoles à moins de cinq mètres des maisons, c’est comme interdire à la marée noire de venir polluer toute la côte !
– MK : Féminicide : le gouvernement va imposer une distance minimale de 5 à 10 mètres.
– NP : En fait l’élection présidentielle est un complot politique destiné à salir l’image de Jean-Luc Mélenchon…
– JT : Je déclare la saison des chaussures fermées ouverte et inversement.
– RP : Il paraît que Marion Maréchal va épouser Richard Ferrand ?
– OM : Logé, nourri, blanchi par le contribuable… Finalement foutre Patrick Balkany en prison, ça change pas grand chose.
– GD : Bon, et puis quoi ? Il aurait piqué dans la caisse, soit. Mais il n’a pas non plus décroché de portrait de Macron, ça va deux minutes les gauchistes, hein.
– RR : Courage les profs ! Plus qu’un dodo et on ne parlera plus de votre salaire mais des méchants preneurs d’otages de la RATP.
– AB : La séduisante Marine Le Pen, 51 ans, est un beau parti, si l’on oublie mises en examen et discours haineux. Attention, elle a toujours vécu dans le fric : pauvre et non-blanc s’abstenir.
– NP : Je ne voudrais pas vous filer un coup de vieux mais à partir d’aujourd’hui il y a des gens qui ont le droit de vote et qui n’étaient pas nés le 11 septembre 2001… Voilà…
– DC : Louis Aliot aurait pu attendre que sa femme Marine LP soit élue présidente pour la quitter. Comme l’avait fait Cécilia ! Ça, ça avait de la gueule !
– GD : La secte macroniste va bientôt nous expliquer que Richard Ferrand ne peut pas démissionner « car il a été un petit enfant, un jour ».
– ES : Richard Ferrends l’argent !
– PE : Je suis musulman, mon ex est juive et malgré nos différences, nos familles se sont directement entendues le jour de la séparation.
– MK : Le maréchal Ferrand mis en examen. Mis aux fers bientôt ?
– NP : La désolation est totale à Levallois après la condamnation des Balkany. Des hommes pleurent dans la rue, des femmes se lacèrent le visage en hurlant, certains envisagent même de déménager à Nice pour ne pas risquer d’avoir un maire de gauche.
– SA : La condamnation de Balkany, enfin un truc qu’il a pas volé.
– CE : Alerte info : Patrick Balkany élu maire de Fleury-Mérogis avec 86,8% des voix.
– MA : D’ici un mois, Balkany aura été élu directeur de la prison, il aura vendu la cour pour y construire un hypermarché et embauché sa femme comme responsable marketing de l’établissement, on va voir flou.
– SY : Après renseignements, les Balkany auraient acheté la prison et fait installer un héliport..Et une piscine..
– CE : « Mais monsieur le juge, il voulait juste mettre des paillettes dans ma vie et des moulures au plafond ! »
– OA : La 1ère cause de la saleté de nos villes (pas seulement Paris ! ), c’est l’incivisme. Nous sommes, collectivement, de gros dégueulasses. On s’en rend effectivement compte à l’étranger.
– OVH : Me vient une âme de tricoteuse : Balkany prend 4 ans ferme avec incarcération immédiate. Eric-Acquitator-Moretti va sans doute se réjouir que le maire de Levallois ne prenne pas perpète.
– MK : Balkany : l’homme de fer part en tôle
– RV : Après la condamnation de Balkany, Dupond-Moretti se dit choqué; « on a voulu se payer Balkany ! ». Depuis le temps que Balkany se paye la gueule du monde il ne devrait pas être surpris.
– FP : Ce matin, j’ai pu circuler avec mon RER de fonction. Je suis de tout cœur avec vous.
– DC : C’est mon dernier bal(kany) / Ma dernière virée / Demain dans l’journal / Y’aura mon portrait
– IS : Et la Balkany, quand il s’agit d’aller en taule, elle est trop malade mais pour aller enfiler les petits chaussons de maire de son bien-aimé Patounet, là, elle est guérie….
– CV : Affaire Balkany : quatre ans de prison, ce n’est pas si grave, tant qu’on a la Santé.
– CD : Sa cellule fera 9m2. N’en jetez plus ça me brise le cœur
– DC : C’est vrai qu’à l’apéro, on ne pourra plus dire « santé » sans penser à lui
– NP : EXCLUSIF : Balkany vient de mettre une très mauvaise note sur Tripadvisor à la prison de la Santé : il se plaint de l’exiguïté de sa chambre et de la mauvaise qualité du room-service.
– GD : Voir tant de peigne-zizi vitupérer sur la condamnation du bourgeois épais de Levallois-Perret est décidément un délice de fin gourmet.
– NP : EXCLUSIF : Patrick Balkany sera dans le casting de la prochaine saison de « Sortez-moi de là, je suis une célébrité ».
– RR: En fait ce qui me choque le plus dans « La Maison France 5 » c’est le peu de livres présents dans les appartements et les maisons.
– ME : A tous les coups, sur ses 4 années de prison, Balkany n’en déclarera qu’une.
– SF : Je bloque tous les cons qui se réjouissent de l’emprisonnement de Patrick Balkany et qui commentent sans connaître une ligne du dossier. Avis aux amateurs.
– PI : La grève le métro, le basket,  le flic non suspendu, Balkany etc… Twitter, elle était trop grosse pour toi cette journée.
– ES : Première réaction de Balkany : « Bah, à mon âge, tant qu’on a la Santé… »
– CC : Balkany va en prison mais n’oubliez pas que le gars est capable de corrompre les barreaux de sa cellule

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Dubois dont on fait les formidables romans.

Ça fait des mois et des années que je guette les parutions de Jean-Paul Dubois dont j’adore l’esprit et le talent. Tout est fait en douceur et avec intelligence, jamais de violence ou de vulgarité dans ses histoires qui sont parfois tragiques. Et toujours enrobées du velours d’un homme empathique et compatissant. Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est le titre de l’opus qui commence joyeusement par la sarabande d’une bande de rats dans la cellule de six mètres carrés que Paul, le héros, partage avec Patrick, une montagne de chair tatouée aux cheveux longs, adepte des Harley Davidson dont il connaît tout. Ils s’entendent plutôt bien mais il y a l’heure gênante où le mastard fait son gros popo en racontant ses trucs sous le nez du coloc. A part cet épisode de fin de journée, Paul s’est fait au régime puant et dégueu de cette geôle québecoise  où il ne s’abaissera pas à demander pardon pour ce qu’il a fait — ce qui pourrait réduire sa peine  — regrettant même de ne pas avoir tué le sale type. Donc, de là, on apprend peu à peu son histoire : élevé par un père pasteur danois plutôt rigide et une mère joyeuse tenancière d’un ciné d’art et d’essai de plus en plus pointu puisqu’elle y programmera fièrement Gorge profonde, the porno scandaleux de l’époque. Son père est viré du presbytère, plus ou moins radié de France, alors il s’en va au Canada, dans une petite église sans histoire. Le fils le suit péniblement. Je passe la vie du père qui se fourvoie aux jeux du hasard…
Paul, devenu adulte, est le superintendant de l’Excelsior, une résidence haut de gamme où les gens vivent tranquillement puis vieillissent, comme ailleurs, mais où ils lui font tellement confiance qu’il devient indispensable, apprécié de tous et surtout de toutes, même après avoir rencontré la femme de sa vie, une Irlando-Algonquine, pilote d’un aéronef hors d’âge. Hélas, le gentil proprio de l’Exelsior meurt et est remplacé par un type sans âme, sans états d’âme, sans pitié, rabiotant sur tout et même sur la vie des gens. C’est là que Paul va dérailler.

C’est un bouquin extrêmement attachant, fait de mille anecdotes étonnantes, de détails techniques ahurissants, de personnages atypiques comme ce Read qui est adjuster, c’est à dire qu’il doit évaluer le prix des morts pour que l’assurance qui l’emploie verse le minimum d’indemnités aux ayants-droit. Patrick, le codétenu est particulièrement émouvant avec ses peurs et ses phobies qui choquent dans un corps si énorme et si craint. Et la petite chienne de Winonna et de Paul tellement craquante qu’on a envie d’avoir la même chez soi.
Lire Dubois, c’est un vrai bonheur ! Et puis comme je le trouve sexy, je vous offre son portrait.

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois, 2019 aux éditions de l’Olivier. 250 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #460

Cette semaine nous offre un super fourzytou de news pas forcément news, de celles qui puent des pieds dans ses tongs made in Brazil à celles qui puent du crâne dans un livre de la rentrée, mais s’en dégagent deux infos de la plus grande importance, elles concernent des volatiles : ce fier coq Gaulois qui remporte le grand prix de la chanson bouseuse et, plus parisienne, ce fringant matheux qui cherche à mater un autre oiseau…Faute de merle on mange des Griveaux, comme disait ton grand-père. Bon week-end dear old friends !
– ES : Bolsonaro est en train de devenir le plus grand défenseur de la francophoBic.
– PI : Un mathématicien veut se faire élire à la mairie de Paris sans placer « comptez sur moi ». Qui gère sa com, sérieux ?
– JC : Rugy, c’est le mec qui évoquait dramatiquement la possibilité de se tirer une balle dans la tête comme Bérégovoy mais qui, après réflexions, a trouvé qu’il était moins risqué pour sa santé de se tirer des balles dans le pied.
– OVH : Quand tu es drogué à mort, il y a toujours des voix qui t’enjoignent de tuer ceux qui insultent Dieu. Jamais de voix qui te commandent de devenir l’Abbé Pierre.
– SL : le coq Maurice est autorisé à chanter et devient notre meilleure chance de gagner l’Eurovision 2020
– LM : Le coq Maurice prépare un duo avec Maître Gims
– PI : —  bah oui docteur je le savais déjà que j’étais allergique aux poils de chat. —  j’ai dit aux graminées. – — aux poils de gros chats si vous voulez, enfin, bon ça change pas grand chose.
– CC : C’est curieux quand même ce monde. Tu as trois personnes qui portent plainte contre un coq et des canards et tu as des députés qui veulent faire une loi où inscrire le cri du dindon dans la constitution
– DH : Un pote me demande: tu as lu le bouquin de Yann Moix ?
 J’ai répondu : «non j’utilise Lotus»
– MK : « Le réchauffement ranime une plante éteinte depuis des millions d’années ». Patience, encore deux degrés et Giscard d’Estaing se ranime lui-aussi.
– HT :  « — Faut-il porter un prénom gaulois pour s’intégrer ? Je me tourne vers vous, Zineb el Rhazoui, votre avis ? —  Oui tout à fait, ceux qui portent un prénom arabe refusent de s’intégrer, c’est évident. —  Merci Zineb »
– MK : Boris Johnson se croit être le jumeau de Trump. Il n’en est que le placenta
– NP : Franchement si Aya Nakamura a le droit de chanter, je ne vois pas pourquoi Maurice devrait fermer sa gueule.
– RO : Sibeth Ndiaye sur la réforme des retraites: « Il n’y aura plus de régimes spéciaux ». Sauf pour les anciens présidents, ministres, sénateurs, députés, conseillers spéciaux, très hauts fonctionnaires, grands patrons…
– OM : Bolsonaro boycotte BIC.  C’est déjà ça de gagné : il ne pourra plus utiliser leurs briquets pour faire flamber l’Amazonie.
– KW : La rentrée scolaire s’est très mal passée. Ils m’ont rendu mon gamin à la fin de la journée !
– LC : On ne fait plus d’omelette sans casser les couilles d’au moins quelques vegans.
– ACD : J’ai un pote, il est tellement sûr de lui qu’on l’a surnommé « Comme j’aime ».
– OM : Yann Moix n’est pas dans la première sélection du Goncourt. Certainement encore un coup de ces enculés de youpin.
– TC : « En Bretagne, ce restaurant offre une crêpe au sucre en échange d’un verre rempli de mégots de cigarettes » Après une bière offerte, une crèpe offerte. A quand « le plaisir de pas être un gros porc dégueulasse mal élevé » en échange de pas jeter ses mégots dans la rue ?
– CC : On est passé de Blaise Pascal à Pascal Bruckner quand même.
– OB : Hey les futures mamans, un conseil : oubliez la préparation à l’accouchement, la sophrologie, l’haptonomie, tout ça. Préparez-vous plutôt à couvrir des livres. Parce que là vous allez souffrir et sans péridurale !
– LC : Le vrai défi d’une mère de famille c’est pas de réussir à coucher ses enfants avant 22h, c’est d’ensuite réussir à regarder un film sans s’endormir avant la fin.
– DA : C’est PARFAIT cette idée de remplacer les pailles en plastique par des pailles en carton qui ramollissent en 20 secondes, du coup on siphonne nos mojitos vitesse lumière, on sauve les tortues, la planète nous dit merci & on peut même pas en être conscients vu qu’on finit torchés.
– NA : Je vous laisse 15 petites minutes, je vais lire le dernier Nothomb.
– PA : Ikéa est le meilleur prénom pour une femme : Suédoise, bon marché, à emmener tout de suite chez soi, et facile à monter. Ça y est, je vais encore perdre des amies…
– DW : Un jour, mon chien a pissé dans le couloir, et, de stress, a chié dans sa pisse. Puis il a essayé de faire disparaître les preuves en commençant à manger sa merde, donc il a fini par gerber. (Véridique) Voilà, quand je lis quoi que ce soit sur Yann Moix, ça m’évoque ce souvenir.
– PS : Ce que je sais sur Villani et sa campagne : —  Il s’est coupé les cheveux — Il a changé de veste — Il a beaucoup impressionné quelqu’un que je ne connais pas —  Il va au café —  Il n’est pas exclus de LREM —  Les gens n’osent pas trop dire du mal de lui — Il a eu la médaille Fields
– PA : Si le plus grand plaisir des hommes est de se payer le corps des femmes, celui des femmes est de se payer la tête des hommes.
– PS : Ce que je ne sais pas sur Villani et sa campagne : —  Sa politique en matière de logement —  Sa politique en matière d’infrastructures —  Sa politique en matière d’aménagement de l’espace —  Sa politique en matière économique —  Sa politique en matière de service public local
– ES : — Ci sono molti pesci nel mare  —  Il y a plein de bars dans le Marais.
– OK : J’aime bien Cédric Villani, juste parce qu’il a foutu une merde intégrale chez LREM.
– NP : En ce moment c’est facile de reconnaître (même de très loin) ceux qui ont des vélos électriques : ils sont déjà en manteau-écharpe alors que toi qui dois pédaler tu es encore en short-tee shirt.
– PR : Il faut louer le parlement britannique de nous prouver que les décisions majeures concernent l’Europe peuvent être prises de façon ouverte et démocratique et non par l’appareil dans le secret de la nuit.
– MK : Ceux qui y exilent leurs économies pourraient être un peu solidaires des Bahamas…

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Les Fessebouqueries #459

 

Ah mais que c’est court, mais que c’est court ! Quoi donc, les vacances qui s’étiolent ? Meuh non ! Les shorts des filles dans les rues concupiscentes  ? Meuh non ! Bah quoi alors ? Les Fessebouqueries, voyons ! Soit mes contributeurs sont encore ensablés, soit l’actu est stérile comme une terre glyphosatéee, soit les deux. Bon, il y a bien cet écrivain chafouin autant que renfrogné qui créé son buzz puant (voir photo), il y a bien le sale dérapage de Macron sur les blessures réparables, il y a bien aussi heu, pas grand chose. Et tout ça très peu dosé, comme d’étiques échantillons retrouvés dans une vieille trousse de toilette de secours au cas où. De toute façon, arrêtez de vous plaindre, vous n’auriez pas eu le temps pour un long article car,  faut-il vous le rappeler, la France rouvre ses portes dès lundi dans un grand fracs de gonds, de cadenas, de serrures et de pênes ! Bon week-end néanmoins !
– CR : Pendant la réunion du G7, les conjointes des divers chefs d’Etat sont allées se promener à Espelette.
 Les médias ne nous ont pas dit si M. Merkel les avait accompagnées ?
– HD : Je sens que l’ambiance sera tendue chez les Moix à Noël autour de la dinde. 
Une fin de Moix et d’année turbulente ??
– OVH : Macron tout bronzé parlait avec Anne Sophie Lapix bourrée de coups de soleil. Je me suis endormie en sursaut.
– PR : Il faut bien admettre que le coup des piments d’Espelette au G7 a été une magnifique opération diplomatique de premier plan, que le monde entier nous envie, évidemment. Ben oui.
– FT « Il n’y a pas eu de violences irréparables », d’après Emmanuel Macron. Les yeux et les mains ça repousse. Quand on veut on peut.
– MK  : Retour des Gilets jaunes : passé les borgnes, y’a plus d’limite !
– AB : Yann Moix se planque avec son avocat Naulleau dans la cave de Zemmour, service d’ordre assuré par Alain « Goebbels » Soral.
– PI : Ma fille a un gros bouton sur le nez. Ça donne « papa je te préviens si c’est comme ça mardi on reporte la rentrée ».
–  EG : Yann Moix a glissé, et en tombant sur son clavier a accidentellement écrit des articles négationnistes. Achetez son livre
– TC : Je suis pas sûr que ce soit bon pour l’environnement de pisser sous la douche…Surtout quand je bois de la bière. J’arrête pas de pisser, du coup j’en suis déjà à 7 douches aujourd’hui.
– CC (écrivaine) :  Changement de programme : je ne suis pas dans la liste des finalistes Fnac en revanche je suis dans la liste des finalistes du prix de la tranche de saint-nectaire en guise de marque-ta-page.
– GD : Un jeudi où l’on se gausse des condamnations de fascistes français ne peut pas être un mauvais jeudi
– OB : Laurent Ruquier, recruteur de psychopathes since l’éternité.
– DA : Le mec du kebab qui venait de m’appeler « chef », « mon ami » puis « bogosse » vient de dire exactement la même chose au gars derrière moi, j’imagine que je dois annuler mes plans de mariage et prévenir mes parents que ce n’était finalement qu’une passade…
– GD : Excusez mon absence, j’étais parti nager la brasse coulée dans les larmes des « ouin ouin les identitaires ne sont pas racistes ».

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Les furies, roman préféré d'Obama !

Je vous ai parlé de Lauren Groff récemment à l’occasion de la sortie de ses nouvelles sur la Floride (lire ici). Encouragée par le Masque et la Plume, j’ai eu envie de lire les Furies et voilà, c’est choses faite. Un excellent roman très tendu, très musclé, d’une lexicographie incroyable  — merci la traductrice — et d’un fourmillement d’anecdotes stupéfiant. Il faut se concentrer pour ne pas oublier le déroulement de l’histoire qui se scinde en deux parties très nettes : la première et la deuxième, ha ha ha ! Pourquoi ? Parce qu’il y a mort d’homme à la fin de la première. Les Furies narre les relations fusionnelles entre deux personnages hors du commun, très grands en taille tous les deux, et charismatiques. Ils nous sont présentés ensemble, à l’âge de 22 ans, juste après un mariage discret et avant une scène de sexe, discrète aussi au niveau de la description mais brûlante, comme il y en aura tant dans le roman. Ils s’adorent, font l’amour tout le temps mais c’est elle, Mathilde, qui s’occupe de tout. Lotto, de son vrai prénom Lancelot, paresse dans la vie, sa mère étant richissime mais vivant cachée depuis son veuvage. Ensuite, Lauren Groff déroule la genèse de leurs existences, lui dans une famille riche mais rongé par l’acné, baisant à tout rompre toutes les filles, elle, rejetée par ses parents pour avoir poussé son petit frère dans l’escalier qui en est mort, pestiférée, ayant connu de grosses difficultés. Coup de foudre puis mariage puis vie de bohème car la mère de Lotto ne lui file pas d’argent pour cause de mauvais mariage. Fêtes, amis, alcool, drogues… Dans ce déluge de plaisirs étourdissants, elle réussit à cadrer cadrer et motiver son mari car il a du talent, elle en est sûre. Et bim, ça marche. Il devient un célèbre dramaturge envié de tous, invité partout, désiré par toutes. Mais il est fidèle. Jusqu’au bout. Et elle ? Elle le sert, elle l’attend, elle le baise, elle le nourrit, elle corrige la nuit ce qu’il a écrit le jour, elle le regarde avec avidité. Et boum ! Un événement se produit qui clôt la première partie.
Alors ? Hé bien l’histoire est re-cacontée. Les satellites qui tournent autour de ce couple lumineux se dévoilent, la passion n’est plus la même et jusqu’au bout, au bout du bout, des tiroirs vont s’ouvrir pour redistribuer les rôles  qui ne sont pas du tout ceux qu’on imaginait. C’est glaçant,  c’est incroyable, c’est horrible, c’est formidable ! Je n’en dirai pas plus. Ah si : sacré bouquin !

Les Furies par Lauren Groff. Titre original Fates and furies, 2015. Chez l’Olivier en 2017. Excellemment traduit par Carine Chichereau. Editions  Points, 524 p. 8,50 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #458

Une jolie fille ne peut donner que ce qu’elle a, comme les Fessebouqueries ne peuvent répercuter que ce qu’on leur donne. Et comme beaucoup de cerveaux ont fui pour ce long WE, vous n’aurez que ce que vous méritez : pas grand chose ! Un petit G7 mini bikini, une flambée pas très bossa nova, un Trump de plus en plus couillon etc… Mais je suis pleine d’optimisme, la verve va nous revenir à l’heure de reprendre le collier de perlouzes et les chaînes dorées de l’esclavage moderne. En attendant, ne frottez pas trop votre peau sous la douche, ça fait partir le bronzage. Bon week-end !
– YB : Certes, Jean-Luc Mélenchon est le seul homme politique français à être parti pour le Brésil lutter contre les incendies en Amazonie. Je dis juste qu’il aurait pu y aller en voilier
– AB :  Tout va bien au G7  : la mouche qui avait tenté de forcer un barrage a été abattue par un missile Sol-Air. Castaner jubile…
– CC : Au lieu de mettre des radars partout qui sont dégradés et qui coûtent un bras, remettez les gendarmes sur la route. Et qui ne roulent pas en kangoo.
– PI : Sérieux arrêtez de parler des moustiques, ça leur fait de la pub c’est exactement ce qu’ils cherchent.
– AB : Bregançon. Viré du G8, le démocrate humaniste Poutine, soutien du gentil boucher Assad et des sympathiques mollahs rétrogrades d’Iran vient se faire câliner par Macron. Comme Kadhafi par Sarkozy.
– OVH : Tragique. Jeffrey Epstein violait des jeunes filles dans les Iles Vierges.
– DA : N’empêche, si Gustave Eiffel s’était appelé Gustave Ette, des millions de visiteurs atteindraient chaque année le sommet de la Tour Ette dans notre putain de bordel de capitale de merde.
– AB : Après le Groenland, le déjanté Trump fera une offre à Macron pour racheter la Tour Eiffel et la délocaliser sur son parcours de golf en Floride.
– JPT : Parce que je transpire en randonnant, on me surnomme « le Suif Errant » !
– JMM : Selon l’IGPN, « Il n’y a aucun rapport entre la disparition de 300 000 chômeurs et les 300 000 radiations chez Pôle Emploi. »
– TC : On dit verser un salaire, c’est parce que c’est comme remplir un réservoir de liquide lave-glace. Y en a les deux tiers qui foutent le camp à côté.
– AB : • Allocation de rentrée scolaire : merveilleuse, phénoménale augmentation d’un euro. C’est trop. • Fraude fiscale : 100 milliards dans les paradis fiscaux. C’est rien
– MK : Rentrée politique : un gouvernement de bras cassés et Brigitte le bras en écharpe
– GP : le G7 se  joint aux Gilets Jaunes pour nuire aux commerçants de Biarritz . Mais qu’elle idée un G7 en août à Biarritz .
– PA : Je me suis mis au régime. (Sans l’aide de cet abruti de Canneti). En deux semaines, j’ai perdu 14 jours.
– PI : Ce qui m’inquiète avec la rentrée c’est surtout que c’est le moment à partir duquel l’apéro quotidien devient socialement anormal.
– PV : Tout bronzé, revenant de ses vacances en Corse puis en Grèce, Raphaël Glucksmann vient expliquer aux prolos que pour eux les week-ends à l’étranger c’est fini. La transition écologique les gars. En revanche lui et ses amis auront toujours les moyens, eux.
– AB : Un militant RN : « L »Amazonie, on s’en fou, c’est loint, plein de primittifs qui ne parle pas franssais et risque de débarqué ici, de serpant et d’inssectes, soutient à notre ami jair bolsonaro
– AB : On nous rabâche que l’État doit économiser, et le G7 coûtera 36 millions… Les dirigeants communiquant toute l’année, pourquoi ne pas organiser ces inutiles sommets hors-saison dans un camping ?
– VS : D’où vient le soja qui sert à nourrir les animaux abattus et mangés en France ? Principalement de la forêt amazonienne partie en fumée. Ce qui devrait relativiser certaines lamentations.
– OK : La forêt amazonienne voudrait demander l’asile politique au Groenland ou à l’Antarctique, elle hésite.
– OB : Je dis pas qu’on prend les femmes pour des connes, je dis juste qu’on nous vend des crèmes de jour et de nuit qui hydratent 24h.
– AB : G7 Bison Futé : bouchons à Biarritz, vous roulerez à 0 Km/h de samedi à lundi. Prévoyez un marteau pour briser la vitre si on vous oublie dans votre véhicule.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Sauver la planète ? Elle s'en tamponne le coquillard, la planète !

Que ce soit moins d’enfants, de glyphosates, de Trump, de dépenses d’énergies, de chasseurs de baleines, de bouteilles de plastoc, de lumières dans la ville, de voitures polluantes, de déchets nucléaires, de sècheresses, d’incendies, de béton, de fumées diverses, de vaches qui rotent… n’importe quoi de moins ou plus, s’il y en a une qui s’en bat la breloque, c’est bien la planète ! Elle va continuer sa petite promenade intersidérale avec des milliards de bandes de cons à l’agonie, aux poumons explosés, au sang marronnasse, au cœur obèse, bavant sur de plus en plus de joujoux technologiques, addicts à de plus en plus de poisons pour se soigner, s’envoyer en l’air ou se tenir debout, des milliards de sans bras et sans dents qui regarderont fixement le nuage pharamineux qui ne fait pas de pluie des fois qu’il s’entrouvre vaguement et qu’on aperçoive ce qu’on nommait le soleil, des milliards de descendants d’idiots qui ont préféré le déluge d’après-moi qu’un peu de confort en moins, alors que quelque part, dans des endroits tenus secrets, se gobergeront des dynasties d’ultrariches dans des demeures à l’air filtré et à l’eau intarissable, regardant se reproduire dans d’immenses bassins sains des huîtres et des langoustes, caressant un chat de luxe et attrapant par-ci par-là des nouvelles de la pourriture extérieure, jusqu’à ce qu’elle s’infiltre dans leurs interstices et les fasse crever les uns après les autres dans l’atroce souffrance du privilégié qui s’aperçoit soudain, tel un Ghosn emmuré ou un Epstein suicidé, qu’on peut tomber dans l’ordinaire, le commun, le vulgum, le mortel quoi, sans qu’un miracle se produise.
Et la planète dans tout ça ? Elle va continuer à tourner autour de son Maître-Soleil, va se nettoyer grâce aux petites bêtes bien plus résistantes que nous et donner naissance à des trucs insensés, des bidules qui vont voir le jour, des trucs qui nous paraîtraient immondes ou monstrueux si nous étions encore là pour les voir, mais nous n’en saurons rien. Le monstre le plus pourri qu’aura porté la terre sera définitivement enseveli sous la couche insensée de son incommensurable connerie.
Pour la peine que je vous cause, je vous invite à écouter une chanson joyeuse en buvant le jus d’un flacon divinement travaillé par une vigneronne sincère en caressant la petite tête blonde ou brune du rejeton que votre avenir n’inquiète pas encore. Mais gardons espoir, le G7 va bientôt se tenir dans un spot où le rouleau compresseur de la police répressive n’a rien à envier à celui de la vague surfante toujours recommencée…

Texte © dominique cozette

A jeter sans ouvrir

Viv Albertine, je l’ai découverte il y a peu avec son premier livre sur sa période punk (voir mon article ici : De fringues, de musique et de mecs). Et comme j’ai bien kiffé, je viens de lire le deuxième opus A jeter sans ouvrir, l’histoire interprétée sur le tard de sa famille restreinte, père, mère et sœur. C’est raconté sans filtre, ça pique, c’est cash. Car la mère de Viv est en train de mourir dans une chambre d’hosto. Viv aimerait bien qu’elle s’éteigne gentiment dans les meilleures conditions, entourée d’elle-même et de sa fille ado. Mais voilà-t-il pas que sa soeur, qui est restée longtemps fâchée avec la mère, débarque du Canada et vient lui voler les derniers instants chéris. Rester digne autour du lit d’agonie, rester digne à tout prix mais… ça déborde, Pascale la sœur s’est approprié la main, les oreilles et même le bord du lit de leur mère dont elle ne veut pas bouger, même pour les soins. C’est trop fort, c’en est trop, Viv est quand même restée une rebelle et après tout, c’est elle qui s’est occupée de leur mère toutes les années d’absence de sa sœur. Donc elle finit par lui sauter dessus et l’attraper par les cheveux par-dessus le corps encore en vie de la mourante, et s’ensuit une baston épique, incroyable de violence, de coups et de sang qui gicle sur les murs de la chambre. Cet épisode, assez long, est découpé en tranches servies au début de chaque chapitre.
Les chapitres eux, nous ramènent dans l’enfance des fillettes, un truc pas marrant du tout car ils étaient d’une pauvreté totale et surtout, les parents se battaient constamment, cruellement, prenant les fillettes en otages. Viv raconte d’abord son souvenir ressenti. Puis, à la mort de son père français réfugié en France, elle trouve une enveloppe « A jeter sans ouvrir » qu’elle garde jusqu’à la mort de sa mère. Puis elle le lit : il s’agit du journal que son père a tenu lors de leur divorce pour démontrer aux juges la cruauté de sa femme, son inaptitude à élever ses filles. C’est vrai que c’est cruel et Viv commence à comprendre la genèse de sa vie à la lumière de ce témoignage extrêmement touchant par rapport à l’amour qu’il portait aux petites. Sauf qu’après la mort de sa mère, elle découvre aussi le journal que celle-ci a tenu dans les mêmes circonstances, où elle décrit la personnalité violente du père. C’est alors que la mémoire de Viv renaît et qu’elle se souvient des coups, des menaces, de sa méchanceté, mais aussi de ses penchants pédophiles. En plus, et ce n’est pas la moindre des fêlures de son enfance, sa mère a été forcée par son mari d’abandonner un fils d’un premier lit à son père, qu’ils ne se sont pas revus avant qu’il ait dix-sept ans, qu’il a appris seulement à ce moment là l’existence de ses sœurs élevées par sa mère. Ne parlons pas des multiples et très graves problèmes de santé de Viv, la coupe est pleine.
Tout cela enrobé de nombreuses citations féministes car Viv est abreuvée de lectures de femmes qui en ont, de Simone de Beauvoir à Virginie Despentes en passant par toutes les autres.
Seul bémol : la fin du livre, les quelques dernières pages, sont un peu chiantes, beaucoup de descriptions et peut-être aussi une sorte de mea culpa envers sa sœur dont elle dit qu’elle l’aime quand même. On peut s’en passer. Sinon, ses démêlées  familiales telles qu’elle les décrypte, tranchantes et sans concessions, nous rendent la lecture de l’ouvrage passionnante.

A jeter sans ouvrir de Viv Albertine, 2018.  2019 aux éditions Buchet Chastel, traduction par Anatole Muchnik. 352 pages, 22 €.

Texte © dominique Cozette

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