La claque du dernier Lehane

Après Shutter Island et Mystic River, Dennis Lehane nous offre un éblouissant thriller, le Silence (Small Mercies, in english), roman qui se situe en 1974 dans le quartier irlandais de Boston. Les vétérans du Vietnam sont rentrés (ou morts) et le racisme bat tellement son plein qu’une loi passée dans ces quartiers peu aisés de la ville instaure une mesure explosive : des enfants noirs seront transportés dans des écoles à majorité blanche et réciproquement. « Elle ne peut pas en vouloir aux gens de couleur d’avoir envie de s’échapper de leur trou merdique, mais ça n’a pas de sens de vouloir l’échanger contre son trou merdique à elle ». Dingue.
Dans ce contexte, Marie Pat s’inquiète terriblement de l’absence de sa fille de dix-sept ans, Jules, qui n’est pas rentrée au domicile depuis deux jours. La police, oui mais elle est tenue en respect par les mafieux irlandais et il se trouve que des amis de Jules en sont proches. Il se trouve aussi qu’un jeune Noir a été projeté contre un wagon de train dans le quartier blanc, il en est mort, et il n’est pas fou de penser qu’il s’agit d’un crime racial. Il est très rare que les Blancs et les Noirs s’aventurent dans les quartiers qui ne sont pas les leurs, des violences risquent de les atteindre.
Marie Pat, dont le fils est mort d’overdose de retour du Vietnam, et qui vit seule avec sa fille, ne supporte pas la passivité des gens du quartier qui connaissent tous ces petits jeunes, ni de la police, et qu’elle va s’investir seule dans la recherche effrénée de sa fille, sans prendre de gants avec la loi, ce qui veut dire de façon violente. Elle n’a pas froid aux yeux, elle n’a plus rien à perdre, c’est une sacrée bonne femme, elle veut faire payer ceux qui sont responsables non seulement de la disparition de Jules, mais aussi de la mort de son fils, à savoir les dealers chapeautés par la mafia locale.
Comme toujours dans les livres de Lehane, les histoires sont abondamment développées, il nous fait réellement prendre part à la vie du quartier, un endroit qui pourrait être tranquille si ne sévissaient pas pauvreté, racisme, ségrégation, drogue. Donc la haine et la violence.
Haletant. Superbe.

Le Silence (Small Mercies), de Dennis Lehane, 2023, traduit par François Happe, aux Editions Gallmeister. 496 pages, 25,40 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #628


Triste actualité, il pleut à Cannes et Sarkozy se pourvoit. En cassation, voyons ! Où voudriez-vous qu’il se pourvoie alors qu’il est tellement chez lui, au chaud, dans ces bons vieux tribunaux tout de velours rouge tendus, entouré de mecs en robe emperruqués ? Ça vaut bien Cannes, non ? C’est Macron qui biche oh ma biche, Sarko va pouvoir (pas pourvoir, hein) l’intégrer dans son gouvernement de fripouilles, il ne déparera pas. Mais son bracelet rolextronique l’autorisera-t-il à se rendre à Maquignon ? Oh, ils vont probablement lui allonger la tolérance car sinon, c’est indigne ! Souhaitons une bonne journée aux gens du Carlton, journée qui menace d’être électrique. Attention à ne pas jouer à Cloclo avec le déluge que nous envoie la nature pour se moquer de nos petits travers bien ridicules ! Allez, tchinons tranquillement mais sûrement, dear friends !

  • NR : Mon mec à moi c’est une sacrée pointure Et quand il gruge le mafieux On a souvent des ennuis Un vrai voyou Une belle imposture Et moi j’le suis où il veut Tellement je kiffe son grisbi Tellement je l’aime ce bandit Oh oui Mon Nicolas
  • CC : Valéry Giscard d’Estaing avait « gagné » les diamants de Bokassa, Sarko a gagné un bracelet électronique. La justice est désormais partout et tant mieux.
  • MH : Quand elle a appris le verdict condamnant son mari, Carla Bruni a déchanté.
  • PI : — Nicolas, on me dit méprisant. Faut-il que je sois plus à l’écoute des gens ? — Ne sois pas trop à l’écoute, mon petit Emmanuel. Cela ne m’a pas trop réussi.
  • NR : Bref, si Nicolas Sarkozy avançait d’une heure chaque fois qu’il est mis en examen, renvoyé devant le tribunal correctionnel ou condamné, sa Rolex lui servirait d’hélicoptère…..
  • CEMT : Emmanuel Macron : « Bravo Nico, maintenant que tu es condamné, tu peux être premier ministre. »
  • LO : Condamné en appel à trois ans de prison dont un ferme, Sarkozy réussit son examen d’entrée au gouvernement Macron !
  • PC : Si l’on n’agit pas, d’ici 30 ans, toutes les personnes bipolaires auront fondu.
  • BF : Malgré la volonté d’empêcher toute manifestation, les manifestants et militants CGT étaient devant le Carlton pour rappeler que le Festival de Cannes est une création de Jean Zay du front populaire et que la CGT a joué un rôle essentiel dans sa création.
  • MK : J’ai 39 ans et ne comprends toujours pas l’idée « d’islamo-gauchistes » … quelqu’un peut m’expliquer ? PS : j’ai fait polytechnique et une autre école.
  • IP : France Inter qui vient de censurer sa propre antenne parle du RN qui censure la Culture. C’est rigolo.
  • IM : En gros les Jeux Olympiques vont nous coûter une blinde, seront réservés aux riches, les gens devront y travailler bénévolement, la rentrée scolaire sera reportée et des étudiants précaires foutus dehors.
  • CC : La gymnaste retraitée Marine Debauve ironise : « il pourrait être plus facile de participer aux JO que d’y assister en tant que spectateur dans mon propre pays… ça me rend folle ».
  • JG : « Je ne suis pas méprisant, c’est pas ma faute si vous êtes trop cons » (Macron)
  • HU : Salut les classes moyennes. Vous allez payer deux cents balles de moins d’impôts sur le revenu, mais votre accès aux soins, à l’éducation, à la justice, aux services publics de base sera toujours plus dégradé. Enjoy.
  • JC : Emmanuel Macron souhaite que l’Europe installe une centaine de « centres de santé mentale » en Ukraine. Bonne idée, mais s’il commençait par l’Elysée ?
  • JPT : Vu « Jeanne du Barry. Une belle escroquerie, soit dit en passant : à aucun moment on ne nous donne sa recette du foie gras !
  • PPP : Je sais que vous vous moquez de mon intérêt pour les anagrammes mais sachez que je m’en bats les lucioles
  • PA : Deux vérités : L’homme ment plus que la femme. La femme ment mieux que l’homme.
  • MK : Les restrictions sur les ventes de diamants russes ne me touchent pas : j’en achète rarement.
  • MOT : Y a des gens qui partagent des trucs avec leurs ados ? Parce que, ici, en ce moment, les échanges c’est limité à — qu’est-ce qu’on mange? ou — tu peux me rajouter du temps [d’écran NDLR] ? C’est vraiment très épanouissant comme relation.
  • CC : Quand tu sais que même si tu es condamné à de la prison ferme, tu n’iras jamais. Que l’Etat continuera de payer ton indemnité d’ancien président, tes frais de représentation, ton bureau dans le huitième, tes collaborateurs, ton personnel, ton service de sécurité, ta voiture, etc…
  • FR : Si déjà on lui supprimait la rente à vie de deux millions d’euros que NOUS lui versons chaque année avec l’argent public. Lequel ? Le nôtre, concept qui dans les pays du sud reste difficile à admettre.
  • MBC : François Fillon : « Je le dis en toute amitié à mon ami Nicolas, c’est peut-être le moment d’aller vendre de la rillette en Russie. »
  • OVH : Quand je vois le nombre de choses qu’on peut acheter et faire pour un chien, équipements sportifs, fringues, friandises, baballes, bijoux et joujoux en tout genre, sans compter l’institut de beauté, le véto, les dog walkers, les éducateurs et les psys, j’hallucine. Dire que de notre temps, on avait juste droit à un os à moëlle. Signé Mirza.

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Jouissive Nouvelle Vague

Jean Seberg, Brigitte Bardot, Belmondo et Gabin, Maurice Ronet, Jean-Pierre Léaud, Delphine Seyrig, Michel Piccoli, Romy Schneider, Sami Frey, Yves Montand, André Dussollier, Jean-Pierre Bacri… j’en passe, et là, je ne cite pas les réalisateurs présents dans Nouvelle Vague de Patrick Roegiers, dont le premier est … une réalisatrice, Agnès Varda qui, la première de cette période, s’est affranchie de tous les codes pour son premier film — elle ne les connaissait pas — La Pointe Courte avec Philippe Noiret débutant et Sylvia Montfort. Agnès mesure 1m50 (l’auteur va nous donner la taille de tout le monde, c’est drôle) et a tout fait toute seule, sauf le montage. Elle demande alors à Resnais de le lui faire moyennant … un repas par jour.
Tout le livre te file des petits bonbons de réminiscence des années diablement pétillantes du cinoche français, bonbon que tu n’a pas le temps de sucer qu’un autre, autre goût, t’arrive, mélangeant les bobines, mettant en abîme, inventant du début à la fin un dialogue entre Dussollier et Bacri visitant des appartements pour que Resnais, justement, y tourne On connaît la chanson.
On a le plaisir d’y retrouver Maurice Ronet, 1m84 alors que Belmondo n’en fait que 1m79. et de savoir où tout ce petit monde habitait et avec qui. On y apprend que Sylvie, oui, la Vartan, aurait dû tourner avec Godard à la place de Karina. On y voit tout ce petit monde bouffer avec les adresses des restos, et ce qu’ils disaient les uns des autres.
Et puis quelques apparitions d’importance, pas très Nouvelle Vague, comme Rohmer aux jambes d’échasses et Sautet, incapable d’écrire une ligne, le seul réal qui ait accepté d’adapter les Choses de la vie, parce qu’il y a un foutu accident trop casse-gueule à mettre au point. Cet accident, il est décrit en plusieurs pages et on découvre comment il a été fait, on en voit quelques petites erreurs (deux numéros différents pour la même ambulance) et les inventions sophistiquées palliant la pauvreté des outils d’effets spéciaux de l’époque.
On y entend aussi des dialogues entre Sautet et Montand, le premier tentant de convaincre le chanteur de jouer dans ses film car Montand n’appréciait pas le rôle de cocu de César et Rosalie ou de larbin dans Garçon !
On le savait, mais c’est bien raconté, qu’Eric Rohmer a pris ce pseudo pour ne pas contrevenir à la morale hyper catho de sa mère qui le croyait prof de français dans un lycée de province. Elle est morte sans avoir su ni vu un film de son fils.
Quant à Godard, 1m72, il a acheté le synopsis de A bout de souffle à Truffaut, qui y voyait plutôt Brialy, pour 10 000 anciens francs, rien, quoi, mais Godard n’avait pas plus. Il se fait naturaliser suisse à vingt ans pour échapper au service puis revient en France pour ne pas faire le service suisse. Fauché de chez fauché, il pique du fric dans les poches de ses potes et les caisses des Cahiers du Cinéma.
Bon, je ne vais pas tout vous raconter sinon je recopie le livre. Sachez que ça m’a régalée de côtoyer tous ces talents, ce beau monde et cette époque bénie d’un cinéma spontané, tellement divertissant et surtout, toujours vivant !

Nouvelle Vague de Patrick Roegiers, 2023 aux éditions Grasset. 430 pages, 24 €

Texte © dominique cozette

Un sacré champion

Je n’aurais jamais ce livre sans y avoir été poussée par l’enthousiasme du Masque et la Plume. Le Nageur écrit par l’excellent PIerre Assouline conte le destin exceptionnel d’un petit homme (au départ), Alfred Nakache, né à Constantine, pétri de modestie, de bons sentiments, d’empathie, mais aussi d’humour et de gaité. Et qui est devenu, à force de travail, d’entêtement, de rigueur, un immense champion dans de nombreuses catégories de nages. Il a participé, bien que juif (car l’antisémitisme régnait déjà en Allemagne) aux J.O de Berlin en 1936 puis à ceux de Londres en 1948.
Mais que s’est-il passé entre ces deux dates ? Une horreur. Dénoncé par son rival, qu’il est décidé à tuer vaille que vaille, il a été embarqué, ainsi que sa femme et leur fillette de deux ans à Auschwitz. Il ne les reverra jamais. Puis il sera envoyé à Buchewald et grâce à sa réputation d’athlète (qu’il n’est plus, dans son corps amaigri), il sera muté à l’infirmerie ce qui lui permettra de sauver des prisonniers. Mais avant qu’il occupe ce « poste » vaguement confortable (tout est relatif), Assouline décrit la façon dont il a été traité, comme des milliers d’autres, maltraité, torturé, humilié. Il s’en est sorti grâce à une volonté de fer. Résister à tout prix.
Lorsque la guerre est finie, lorsqu’il sait que ses deux amours ne reviendront plus, le rire l’a déserté. Tous ceux qui l’ont aimé n’ont de cesse de le soutenir, de l’entourer. Il reprendra certes la natation, il ne sera bien sûr plus champion mais s’occupera d’enfants et continuera à faire son kilomètre dans le port de Cerber, Pyrénées orientales, où il se noiera, une mort sur mesure. La boucle est bouclée.
Quand on parcourt la somme des livres, documents, et autres sources consultés pour l’écriture de cet ouvrage, on comprend pourquoi il est est si vivant, pourquoi il fourmille de tant de détails passionnants, pourquoi il est si prenant. Il est superbe.

Le Nageur de Pierre Assouline, 2023 aux éditions Gallimard, 256 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Amour pas mort

Reste est le dernier livre d’Adeline Dieudonné qui m’avait déjà scotchée avec La Vraie vie, roman terrible. Celui-ci ne l’est pas moins. Je dirais même plus. L’histoire est simple : l’amant (marié) d’une femme de quarante ans meurt noyé dans le lac qui borde leur chalet d’amour. Ils étaient là pour deux ou trois jours, sous la protection d’un ami qui leur filait les clés. Elle ne veut pas y croire. Elle le ramène au chalet, l’étend sur le lit et se love contre lui. Elle le caresse, tente de le réchauffer. Et ne peut pas se décider à prévenir qui que ce soit car on lui enlèvera son amour, on le mettra dans un endroit clos, froid et elle ne supporte pas cette idée. Alors elle va continuer à vivre encore avec lui.
Elle sait que sa femme, ne le voyant pas revenir, va s’inquiéter, ce qui lui fera perdre la partie. Alors elle le porte comme elle peut dans sa voiture, l’allonge sur la banquette et l’emmène elle ne sait pas où. Vers le barrage où elle fait quelques rencontres.
Et bien sûr, le corps finit par sentir, se couvrir de taches, cela ne la rebute pas. D’autres obstacles, et non des moindres, vont se mettre en travers de la route mais toujours, elle va continuer à assumer le vol du corps et à l’adorer.
Ce livre, c’est une lettre, un récit destiné à la femme de son amant, qu’elle ne connaît pas mais dit aimer, se déculpabilisant de le lui emprunter parfois car elle ne lui enlève rien.
Ainsi, on fait connaissance avec elle, son environnement, son ex-mari, leur fille, son boulot, ce qui fait d’elle ce qu’elle est : cultivée, raisonnable, solide et équilibrée. L’inverse de ce qu’elle nous montre. Une sorte de monstre. Elle en est consciente, bien sûr. Elle, ce qu’elle voudrait, c’est une belle cérémonie dans la nature, ou au bord du lac, le corps de son amour serait dans une barque en feu que l’on pousserait au large. Elle rêve, elle est folle d’amour, et bizarrement, ne ressent pas la douleur de la perte. Un drôle d’amour, une drôle de nana qu’on lit avec un certain ravissement. (Qui n’est pas sans me faire penser à ce beau film dérangeant, Lune Froide de Patrick Bouchitey et son sujet tabou de l’amour avec une morte, d’après Bukowski).

Reste d’Adeline Dieudonné, 2023 aux éditions l’Iconoclaste. 284 pages, 20 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #627

Que de râlous, cette semaine écoulée ! Notez, entre un vieux roi rubescent et son tintouin planétaire pour l’acclamer, un plus si jeune président sans aucun tintouin pour l’acclamer sur les Champs, les fâcheux extrême-droits dans leurs bottes autorisés à défiler, les villes cadenassées pour empêcher le peuple de casseroler, un maire maltraité par d’autres fâcheux, franchement, y avait pas de quoi se taper le cul par terre pour rigoler. A propos de cul, qui a dit : ça schlingue ? Oui, c’est vrai, à vue de nez, le renflement brun se dilate dangereusement comme pour une imminente salve de pets. Ouch ! La bonne nouvelle, c’est qu’il pleut à nouveau, c’est contrariant, mais sachez que le soleil est là, juste derrière les nuages. Alors fêtons cela les pieds dans la gadoue… Tchin dear friends.

  • ES : Une manif néo-nazie autorisée à Paris : c’est donc ça le fameux « renflement brun » ?
  • IP : A chaque fois qu’on me parle de « battue administrative », j’imagine des agents de l’État se promener dans les champs en criant : «J’ai du Cerfa, qui veut mon Cerfa ?»
  • IP : Un an après avoir fait barrage, les Français découvrent qu’il n’y a plus d’eau.
  • LE : On m’a traité de bien des choses mais me faire traiter de macroniste est de loin la pire insulte que j’ai reçue. Je suis une gauchiasse, un terroriste intellectuel, ce que vous voulez mais pas ça pitié.
  • SP : – Pap Ndiaye : « concernant la rémunération des enseignants, nous envisageons la possibilité que les parents d’élèves puissent laisser des pourboires lors des rencontres parents-profs. Cela n’a jamais été fait, c’est historique ! »
  • OVH : Et au Renflement National, ils portent des chemises brunes ?
  • JNP : Ah, c´était un couronnement ? D´après les photos, je croyais que c’était un bal masqué à Buckingham entre gens de bonne famille.
  • OR : Après les cérémonies, Camilla posera son impressionnante et lourde couronne sur la table de nuit et dira à Charles III: « Pas ce soir, chéri, j’ai la migraine. »
  • GD : De ce que je peux en voir ici, ce couronnement transpirait la joie et l’énergie d’un reste de raviolis oublié dans le frigo.
  • PA : Avant les réseaux sociaux, il n’y avait que notre famille qui savait qu’on était cons.
  • DDS : Commémoration du 8 mai : Macron défile sur les Champs-Élysée sous la nuée d’applaudissements des platanes, des marronniers, des tilleuls et des sophoras.
  • JD : On lit des commentaires du style :  » OK bon, les néonazis c’est mal, mais quand ils ont paradé, ils ont rien cassé eux, c’était très propre. »
  • OM : Visiblement le bruit des bottes dérange moins que celui des casseroles…
  • LO : T’imagines si on interdisait l’accès au Champs Élysées au peuple le 14 juillet, jour de la fête nationale ? Nan je déconne. Mais imagine quand même. (En plus, y’a pas beaucoup d’efforts à faire)
  • MH : J’ai regardé la mini série consacrée à Bardot et c’était décevant. Je vais commencer une cure d’anti biopics.
  • BB : « La seule chose qui importe, c’est ma vraie vie avec moi dedans. Et pas des biopics à la con ».
  • DDS : Il a raison Macron, de rendre hommage au Maréchal Pétain de la première guerre sans tenir compte de Vichy. D’ailleurs on pourrait faire une expo des peintures d’Hitler, sa période bleue était fort intéressante. Ah, et j’ai aussi une recette de cuisine d’Émile Louis. Un régal.
  • FQ/OS : Que Bruno Le Maire soit édité par Gallimard est une insulte à tous les écrivains qui ont vu leurs manuscrits refusés. Plutôt que des manuscrits, les refusés auraient mieux fait d’envoyer des anuscrits…
  • IP : Nous sommes dans ce pays où une entreprise confondue pour fraude fiscale se voit contrainte de payer une amende… inférieure aux montants des impôts qu’elle a volés.
  • GL : Le gouvernement veut tourner la page de la réforme des retraites mais on s’est arrêtés à la page 49.3.
  • NP : L’Histoire retiendra qu’au moment où il était urgent d’agir pour espérer contenir le dérèglement climatique et ses ravages, nos élus se disputaient pour savoir s’il fallait mettre un drapeau sur les bâtiments officiels.
  • EB : Sécheresse, feux de forêts, canicules : Gérald Darmanin demande aux préfets d’interdire les manifestations du réchauffement climatique.
  • CEMT : Gabriel Attal : « Et pour lutter contre la fraude fiscale, nous allons ouvrir un numéro vert pour que les fraudeurs se dénoncent eux-mêmes. »
  • OM : Le dernier roman de Bruno Le Maire écoulé à 3430 exemplaires depuis sa sortie. Le cul ça ne marche plus, il devrait se mettre à la politique.
  • IP : Sous Macron, on soulignera que la maison d’un maire incendiée, c’est moins alarmant que pour le Fouquet’s.
  • IP : “Un maire” c’est comme “une femme” il n’a pas de nom, il n’a qu’une étiquette. Je rappelle donc que le maire de Saint Brévin s’appelle Yannick Morez. De rien.
  • PR : Il faudrait une loi qui oblige les présidents français à être mégalos, démagos, suffisants, verbeux, fats, prétentieux, parce que ce sont des caractéristiques qui font l’identité de nos dirigeants, et qu’il serait bien dommage de perdre.
  • NMB : « Je suis profondément choquée par cette affaire touchant le maire de Saint-Brévin, c’est pourquoi j’ai décidé de créer le fonds de soutien Marianne 2 » (Marlène Schiappa)
  • MN : Ce serait bien que les cerveaux reviennent à la mode et qu’on mette un peu de côté les culs et les nichons.
  • LG : France Inter affirme que la décision de remplacer l’émission « C’est Encore Nous » de Charline Vanhoenacker par deux heures de pédagogie gouvernementale quotidienne avec Bruno Le Maire et Aurore Berger n’a « rien de politique ». (Le Gorafi)
  • MS : Charline Vanhoenacker : « On a quadruplé l’audience de la case avec une émission de qualité ». Adèle Van Reeth : « Ok, on ferme ! »
  • PB : Sarkozy , Guéant, Hortefeux et Woerth, y a du lourd là, les Dalton à côté c’était des rigolos.
  • CEMT : Gérald Darmanin : « Ecoutez, je ne savais pas qu’il était interdit pour l’extrême-droite de menacer un maire, je vais veiller à ce que ça ne se produise plus. »
  • FR : L’odeur du barbecue me fait saliver en général… je me demande si l’odeur de la pelouse fraîchement tondue fait saliver un végétarien ?
  • NP : — Les racistes : y’en a marre de ces étrangers qui vivent à nos crochets et ne font pas d’efforts pour s’intégrer. — Étranger devient boulanger, fait la meilleure baguette de Paris. — Les racistes : y’en a marre de ces étrangers qui volent le travail des Français !
  • DC : Poutine est attendu accompagné de plus de 1500 policiers et des groupes électrogènes. Le centre-ville est barricadé. Un dispositif jamais vu pour une visite présidentielle. Présidentielle ? Ah, il s’agit de Macron à Dunkerque ? Au temps pour moi.

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Une immense leçon de vie

Le titre n’est pas très vendeur, Un peu plus loin n’évoque pas grand chose pour nous, mais pour son auteur Guilhem « Pone » Gallart, cela doit signifier un énorme pas à faire, je ne sais pas. Je l’ai découvert dans une émission de radio par son épouse Wahiba, une femme pleine de vitalité, qui faisait la promo de « Pone », un des pseudonymes de son mari qui est définitivement couché chez lui dans un lit médicalisé et ne peut plus bouger.
Il a écrit ce livre avec sa pupille, imaginez le temps que ça pris, c’est extrêmement bien « rendu » au niveau du langage actuel car Pone est un mec très actuel. Il a fait un milliard de choses avant d’être figé. Il a fréquenté la scène tag, une vrai passion, puis le hip hop, il a fondé des groupes, a été leur producteur, dont Fonky Family (moi, je n’y connais rien) dont il a réalisé les albums, et bien d’autres aussi, dont il a assuré les mixages et mastering avec des pointures souvent américaines.
Puis il a monté des affaires, sécurité, événementiel, boîtes et restaus, tout cela entre Toulouse, sa ville familiale, et Marseille, la capitale du rap et de tout de qui pulse la nuit. Il s’est confronté à pas mal de mauvais joueurs (le mot est faible) puis, lorsqu’il a rencontré sa femme, il s’est rangé, ils ont fait deux filles dont il est raide dingue puis hélas,en 2015, il a choppé cette épouvantable maladie dont on ne ressort pas, la maladie de Charcot. Il a failli mourir plusieurs fois mais sa force vitale l’a sauvé, et même si son existence n’est pas idéale, il jouit d’être vivant, d’aimer et d’être aimé.
Rendez-vous compte qu’il a écrit un livre de recettes (simples) alors qu’il est nourri par sonde, qu’il a composé des dizaines de musiques alors qu’il ne peut plus se servir d’un clavier, qu’il a refondé son groupe qui a joué sur scène, mais sans lui bien sûr, et qu’il a écrit ce gros livre qui raconte toutes ses aventures d’électron libre depuis ses quinze ans. Il a aussi crée une asso pour aider les gens à propos de cette foutue maladie, et bien d’autres chose. C’est incroyable. Et ce livre l’est, même si je ne connais pas les noms des graffeurs, rappeurs, groupes etc… j’ai trouvé passionnante cette plongée dans une jeunesse marseillaise bouillonnante et créative. Un récit hallucinant.

Un peu plus loin de Guillhem « Pone » Gallart, 2023 aux éditions JCLattès. 362 pages, 20,90 €

Texte © dominique cozette

Jewish cock

Je me suis dit comme ça : ils ne se sont pas foulés, les éditeurs, pour le titre. Mais comme je me suis trompée ! Jewish cock, qui veut dire approximativement la bite juive, soit le sgueg circoncis, est le titre EN français, mes ami.es. Le titre originel du livre de Katharina Volckmer est The Appointment qui signifie, si je ne Mabuse docteur, le rencart. Ne nous arrêtons pas à ce détail mais c’est sûr que Jewish cock, ça respire plus la rigolade coquine, d’autant que dans une de mes librairies préférées était apposé un petit mot qui disait « lu d’une traite ».
J’aurais dû me méfier. Je lis le soir au lit et quand je sens mes petites paupières s’abaisser, je me dis comme ça je vais aller jusqu’à la fin du paragraphe. Or, de paragraphe, point. Bon, alors jusqu’à la fin du chapitre. Mais ohhhh ! Pas de chapitre. Ce livre est un monologue, le monologue d’une nana logorrhéique, une sorte de monologue de son vagin, ce mot étant cité dix fois par page ce qui est normal puisqu’elle est dans le cabinet du docteur Seligman qui, la tête entre ses cuisses durant toute cette histoire, farfouille dans son organe qu’il va transformer en bite. Mot cité très souvent aussi car elle ne désire qu’une chose : en avoir une et devenir enfin ce qu’elle pense qu’elle doit être : un Juif. Circoncis tant qu’à faire.
Elle nous dit tout sur elle : issue de parents plus ou moins nazis, grosse mère beurk beurk à laquelle elle ne voudra jamais ressembler, père je ne sais plus, elle fuit l’Allemagne et toute cette horreur pour s’installer à Londres. Mais elle ne pourra pas échapper à l’héritage d’un grand-père Heil H. donc retour chez les siens.
Un beau jour, peut-être moche je ne sais pas, elle attaque un collègue à l’agrafeuse. Elle est virée et sommée de se faire soigner. D’où la rencontre avec un psy tragiquement médiocre. Sinon, elle a une sorte de compagnon, K., un type rencontré dans les WC où elle pissait aussi, marié, spécial, pleurnichard, caniphobe et maniaque. Elle rêve de connaître monsieur Shimada, un Japonais créateur de sextoys sur mesure. Elle conchie la religion « Dieu devait avoir un pénis de la taille d’une cigarette » et évoque maintes fois la masturbation. Et parle d’ailleurs de tout.
Une citation pour vous donner le ton : « Mon incapacité à m’asseoir correctement parce que je n’ai jamais compris pourquoi il y avait deux façons de s’asseoir selon qu’on avait une bite ou pas. Et je m’emmêlais tout le temps les pinceaux, parce que la logique de la chose m’échappait complètement dans la mesure où une fille a de fait moins à cacher qu’un homme, mais ça c’était avant que je comprenne qu’une bite est une sorte d’épée, un objet de fierté et de comparaison, tandis qu’un vagin est quelque chose de faible, quelque chose qui n’engage pas à la confiance. Quelque chose qui sera toujours un objet de baise, qui peut être violé et inséminé, qui peut couvrir de honte un foyer et une famille. Quelque chose qui a besoin d’être protégé sans que personne ne remette jamais en cause ce besoin de protection, ne se demande comment il se fait que les rues ne soient pas sûres la nuit et que les filles aux cheveux courts ressemblent aux garçons et pas l’inverse. J’ai toujours trouvé tout ça terriblement déconcertant et je me suis souvent dit que c’était plutôt les bites qu’il faudrait cacher, que c’était l’arme plutôt que la plaie qu’il faudrait interdire. »
C’est cru, trash, immoral, iconoclaste et déconnotique à souhait. Bref on rigole à gorge déployée devant cet espèce de truc improbable et totalement déjanté.

Jewish cock de Katharina Volckmer, traduit par Pierre Demarty. 2021 chez Grasset. Au Livre de Poche pour 7,70 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #626


A tous ceux qui s’en tapent la pituite du couronnement du vieux croûton big ears fils à mother, profitez de ces jours d’apaisement — que nous offre chaque membre pas forcément viril du gouvernement en soufflant le chaud à chaque apparition — et applaudissez le ministre de l’économie qui a sorti un guide d’utilisation de l’organe qu’il connaît le mieux : l’anus. Bon courage à ceux qui vont plonger le nez dedans (n’oubliez pas de vous nettoyer après). Bon, donc un nouveau long week-end de mai où vous allez encore bambocher alors que Fillon (prononcez Fion) va vendre ses rillettes sur la Place Rouge aidé de sa célèbre assistance Pinilopi à des gens extrêmement frustrés de ne plus trouver les produits de notre beau pays pour cuase de sanction. Donc tchin tchin à tous, dearest friends

  • OK : On a le droit de dire que le couronnement de Charles Trois, on s’en cogne le renflement brun, on s’en tape la saucisse, on s’en tamponne la rondelle, on s’en bat les roubignoles ?
  • DC : le livre au renflement brun ? Il va rester dans les annales.
  • GL : Macron appelle ses militants à «sillonner le pays» plutôt que «déserter le terrain» Qu’ils n’oublient pas les boules Quiès et les sorties de secours.
  • AP : Le député Renaissance Zulesi de Salon-de-Provence a annoncé porter plainte après avoir été pris à partie lors d’une casserole en marge de la Fête de la Fraise.
  • DC : Harry Belafonte, larme à gauche. François Léotard, rien à droite.
  • RF : Toujours impressionnant de voir un président rendre hommage à un criminel condamné qui de par ses actes (financement illégal de parti politique et blanchiment de capitaux; abus de biens sociaux et recel) a volé et humilié la république !
  • PR : Si j’ai bien compris, l’inflation, payée par les ménages, finance les entreprises qui financent les profits et dividendes. Jolie tuyauterie. Perso, je trouve ça beau, simple, efficace, esthétique. Propre.
  • NW : Macron cadenasse sa venue au Château de Joux, dans le Doubs. Le préfet interdit « toute manifestation de type rassemblement festif (sic) à caractère musical » pour la journée et instaure un filtrage dès ce soir. Le président va finir dans une papamobile…
  • NMB : — Bonjour, je m’appelle Michel, j’ai 35 ans, et j’entame aujourd’hui ma deuxième semaine d’apaisement — Félicitations Michel !!!
  • GE : Alors j’ai juste une remarque sur Blanche Gardin qui aurait refusé 200 000 euros pour…. PUTAIN 200 000 euros, mais qui peut encore refuser 200 000 balles aujourd’hui pour une journée de taff. Alors tout ce qu’elle dit éthiquement, je comprends, hein mais 200 patates !
  • DC : Au large de Saint-Trop’, le milliardaire Bernard Arnault a fait couler 380 tonnes de béton dans la Grande Bleue pour amarrer son “Symphony”, un yacht de 101,5 mètres de long avec une piscine à fond de verre et un ciné sur le pont supérieur. Et il y en a qui se demandent pourquoi on n’aime pas trop les très riches…
  • MBC : Clément Beaune : « Il faut arrêter de critiquer les yachts, car les riches ont aussi le droit, comme les usagers du RER, de faire leurs déplacements domicile-travail. »
  • JML : C’est marrant qu’un type qui n’a pas fini ses études, qui a trouvé un boulot par piston, a hérité plus que tout ce que tu économiseras dans ta vie, qui a un secrétariat, un chauffeur, un majordome et qui fait appel a des cabinets de conseil t’explique ce qu’est le travail.
  • IP : Les salariés ont augmenté les patrons de 66% alors qu’eux-mêmes gagnent beaucoup moins. Ces gens sont trop gentils.
  • LO : « Les super profits je ne sais pas ce que c’est ! » Par contre un « renflement brun de l’anus » je peux vous expliquer ce que c’est… (Bruno Le Maire, Ministre des sciences naturelles)
  • RC : Tweet de Le Maire « Mon deuxième roman, dans vos librairies dès demain. Bonne lecture ! » Je crois que la France est le seul pays au monde où un ministre peut trouver le temps d’écrire un roman et s’en vanter.
  • BR : « Après mes règles, pendant deux ou trois jours, je suis excitée comme jamais ; je mouille ». Bruno Lemaire (Fugue américaine, Ed. Gallimard)
  • OM : N’empêche, la nouvelle candidature de Joe Biden à la Présidence aux States va certainement donner des idées à Ramsès II en Égypte…
  • EN : Aller voir un match de foot Nantes-Toulouse, c’est presque aussi dangereux qu’un concert des Clash à Paris en 1981. Avant y avait les punks et les skins qui attendaient la baston à l’entrée, à l’intérieur, à la sortie, maintenant y a l’inter syndicale avec ses cartons rouges, ses sifflets, et Macron et 4000 policiers.
  • JPT : 1er Mai : 400 policiers blessés contre 60 manifestants. C’est indigne d’un Etat policier répressif. Ce devrait être l’inverse.
  • JEB : Quels sont les bénéfices de l’anus étoilé dit l’athée pour Bruno Le Maire ?
  • PA : Bruno Le Maire va dénoncer les influenceurs « qui n’ont pas respecté les règles ». Le nom de celles qui ont un renflement brun dilaté.
  • OM : Inflation, pouvoir d’achat, impôts… Posez votre question à Bruno Le Maire. « Bonjour Monsieur le Ministre, pour une sodomie plaisir, beurre stérilisé ou lubrifiant liquide ? »
  • RR : Je viens de lire l’extrait du roman de Bruno Le Maire. Je n’étais pas prête. Oskar avec un K c’est vraiment choquant. (NB : Oskar est l’anagramme de Sarko)
  • TS : Bon. Emmanuel Macron, son surnom c’est Jupiter. Pour Bruno Le Maire, je propose Uranus.
  • GD : Si seulement Bruno Le Maire pouvait se contenter d’écrire de mauvais romans avec de laborieuses scènes de sexe !
  • TV : Le guide du couronnement de Charles III : 1/ Pose la couronne sur la tête . 2/ Rentre la première oreille dans la couronne. 3/ Rentre la deuxième oreille dans la couronne.
  • NP : Le problème, c’est pas quand tu vends des rillettes sur la Place Rouge. Le problème c’est quand Poutine est ton seul client, qu’il te paie 3000 euros le pot de rillettes et que tu n’es même pas obligé de livrer la commande.
  • IP : Liste de toutes les mesures prises par Emmanuel Macron pour faire reculer le vote d’extrême droite :
  • WS : La coiffeuse qui arrive à placer dans les vingt minutes d’une coupe homme que les 20-30 ans sont des branleurs qui veulent toucher le chômage tous les deux ans, ceux qui défilent sont des chômeurs, son neveu s’est fait tabasser par trente arabes. J’ai été lâche, j’ai rien dit.
  • OVH : Les Anglais sont très conservateurs. Avant, ils avaient une vieille reine, maintenant, ils ont un vieux roi.
  • HJS : Il n’y a donc que moi que cela attriste/chagrine de voir cette manigancière et intrigante Camilla sacrée reine d’Angleterre à la place de la seule, la vraie qui aurait dû être souveraine d’outre-Manche, Diana, notre idole ?
  • PA : L’année prochaine, dans l’école où j’enseigne, les profs qui le souhaitent seront armés. Voilà, voila… D’après vous, lesquels vont choisir de l’être ? Les plus calmes et raisonnables ? J’ai des doutes. Oh, et bien sûr aucune formation n’est nécessaire. J’ai trop hâte !
  • TV : Le gouvernement présentera mardi son plan de lutte contre la fraude fiscale. …Ahaha… noooon, on déconne.
  • GD : Et il y a ce courrier avisé d’un lecteur qui nous signale que l’anagramme de Gérald Darmanin est « Malandrin gradé ».

NB : bien sûr, vous pouvez emprunter des posts pour les partager, mais c’est mieux d’y adjoindre les initiales de leurs auteur/trices. Merci pour eux.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

La grève du sexe

Bon alors, moi ce bouquin d’Ovidie, La Chair est triste hélas m’a fait beaucoup rire, du moins la première partie. Le même rire goguenard qu’ont les hommes pour se moquer des femmes, même s’ils les aiment. Car tous les travers de nos chers mâles et ce que nous leur sacrifions pour leur plaire, parce qu’ils dominent tout, sont rassemblés de façon ironique et irrésistible. Qu’on est connes, faut dire. Si, si, j’insiste. Voici d’ailleurs la 4ème de couv : « J’ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m’étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. À toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n’avais pas joui. À tous ces coïts où j’avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d’épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. À tous ces sacrifices pour rester cotée à l’argus sur le grand marché de la baisabilité. »

Bon, ceux et celles qui ne le savent pas, Ovidie a arrêté tout rapport sexuel depuis quatre ans (sauf avec elle-même) par lassitude. Marre d’être mal baisée (oui, on est toutes des mal baisées et ce n’est pas une insulte aux femmes, en fait) malgré tous les efforts qu’il faut faire pour leur faire plaisir. Comme sa copine obligée de faire une pipe à son mec TOUS les matins sinon il ne lui cause plus. On sait que c’est un système vénal où les femmes se vendent plus ou moins contre quelque chose, sécurité, valorisation, situation, etc, que les femmes ne baisent jamais gratuitement avec les hommes pour une simple raison : ils baisent mal. Ovidie est très drôle aussi sur le cunni car ils ne savent même pas où est le clito et s’activent vaillamment sur les poils. Plus loin : et tous ces mecs de gauche qui baisent comme des mecs de droite sans jamais politiser l’intime… Bon, tout ça quoi.
Puis la deuxième partie qui est plus une bio explicative, psy : elle voit d’ailleurs une psy et semble se justifier de certaines pensées par ce livre. Elle explique ce qu’elle voudrait pour améliorer les relations hétéro mais c’est impossible finit-elle pas conclure. Partie un peu moins inspirante, mais ça se lit vite. Comme c’est écrit car dit-elle dans l’avant-propos, ce n’est ni un essai, ni un manifeste, tout au plus un exutoire, un texte cathartique en écriture automatique. Un livre qui fera rire toutes les femmes et hurler leurs mecs. Enfin, je n’en sais rien…

La Chair est triste hélas par Ovidie, 2023 aux Editions Julliard, sous-édition fauteuse de trouble initiée par Vanessa Springora. 156 pages, 18 €.

Texte © dominique cozette

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