Les Fessebouqueries #590

L’actu de la semaine émerge à moitié asphyxiée du slip du président qui nous informe que l’un de ses testicules serait plus mobile que l’autre, vitrifié celui-ci même si l’on le touche. Voilà qui est fort intéressant dirait mon urologue si j’en avais un. Qui d’ailleurs pourra bientôt devenir un uberurologue comme tout auto-entrepreneur qui se respecte. Et si je vous offre ce petit chat doux en image, c’est pour me faire pardonner les sujets qui fâchent comme la Cayeux, ministre remaniée, homophobe, qui s’excuse en prétendant qu’elle a des amis « chez ces gens-là », une vraie brêle. Bien sûr l’Ubergate ou dernier scandale révélé sur Emmanuel lobby friendly Macron, la canicule qui, augmentée du prix des transports, va geler sérieux les projets de vacances des petits revenus (quoi que pas encore partis), du retour ou pas du masque. Pourtant, une excellente nouvelle, Lallement qui dégage, cet inébranlable préfet coupeur de mains et creveur d’yeux… Comme vous le voyez, tout n’est pas que mauvais pourvu qu’on ait encore des ami.es avec qui trinquer sans abuser, bien sûr. Tchin, dearest friends et peut-être pas à la semaine prochaine ni à l’autre, je ferai de mon mieux-mieux miaou miaou. Mais je ne promets rien.

– FM : C’est reposant ce silence des LREM qui attendent de recevoir leurs éléments de langages pour réagir aux UberFiles.
– PD : Au Mont Saint Michel, vu le prix de l’omelette, j’ai toujours cru qu’on pouvait sodomiser la mère Poulard au dessert. En fait paraitrait que non.
– OS : Si on m’avait dit il y a six ans que Macron se battait pour défendre les intérêts d’une entreprise américaine au mépris des droits des travailleurs, et bah je l’aurais totalement cru. C’est très peu surprenant. Quand on y pense.
– CS : Reportage TF1 sur les restrictions d’eau. Les 3 premiers cas : —  Jean-Mich Bourge peut pas remplacer l’eau de la piscine de sa villa, alors qu’elle s’évapore  —  On peut plus laver son bateau dans la marina — Les terrains de golf peuvent plus être arrosés… C’est terrible !
– RR : Ok, Uber a pris le monopole, mais Joe le taxi il n’allait pas partout !
– GB :  » Oui mais les taxis parisiens étaient pas trop sympas et prenaient un peu cher « . C’est vrai que ça valait bien la destruction d’un modèle social, la précarisation du travailleur et une fraude fiscale géante validées par l’Etat lui-même.
– RA : Avec l’affaire McKinsey, l’affaire Rotschild et l’affaire Uber, normalement on devrait tous être dans la piscine de Macron là.
– BR : « Oui c’est vrai j’ai accepté beaucoup d’argent de cette compagnie américaine mais comprenez-moi, j’avais besoin de mettre d’Uber dans les épinards » (Macron)
– CB : A la façon des PanamaPapers ou PandoraPapers, on va donc voir filer dans l’horizon médiatique ce UberFiles pendant quelques heures/jours. Et puis, on reviendra à nos petites routines, on dira que la NUPES est en dehors de la République parce qu’ils viennent en baskets à l’AN.
– ML : Normalement, quand ça en touche une, ça fait bouger l’autre. Sinon, C’est une ectopie testiculaire, et ça nécessite une intervention chirurgicale, appelée l’orchidopexie.
– RDB : Keuwa ?!! Le nom complet du « quoi qu’il en coûte » était donc « quoi qu’il en coûtera aux pauvres de sauver les riches » ?!! La surprise est totale !.
– DC : Jean-Noël Barrot, ministre délégué au numérique, est le frère de Noëlle du même nom, directrice de la com d’Uber. Ce serait con-comploter que de dire qu’il s’agit d’une coin-coincidence…
– CS : Je trouve ça assez injuste que le préfet Lallement s’en aille… avec ses 2 yeux et ses 2 mains.
– RT : —  Je bosse pour Uber —  A quel poste ? — Président de la République.
– MD : Nan, mais cherchez pas les gens. Macron pourrait être filmé en train de broyer des panda roux à la barre à mine rouillée que ses soutiens trouveraient toujours à dire que c’est pour le bien de la France et que c’est le meilleur président de la République qu’on n’ait jamais eu.
– SA : C’est marrant, ceux qui disent adorer la chaleur sont ceux qui ont la clim chez eux et une piscine dans leur jardin.
– NW : Olivier Veran affirme que « si vous prenez les transports en commun, vous aurez noté que depuis quelques jours, c’est le retour du masque sur presque tous les visages ». Il les a aperçus de sa voiture avec chauffeur.
– DB : Uber Files: François Hollande dit n’avoir jamais «eu connaissance du moindre deal».
– OR : On nous sort une photo de l’univers il y a quinze ou seize milliards d’années où on ne voit rien ni personne et tout le monde s’ébahit.
– MK : Contre ce gouvernement de vampires, je vote une motion de sangsue.
– OR : « Qu’ils viennent me chercher! » (Macron. 2018) « Vous nous donnez l’adresse, on arrive. » (Uber 2022)
– RT : Macron qui t’explique qu’il a fait du lobbying pour Uber pour le bien des jeunes des quartiers populaires, pour qu’ils gagnent le bonheur de se faire surexploiter pour des piécettes sans statut par une multinationale esclavagiste… J’en déduis que quand un macroniste s’occupe de ton bien, t’as plus besoin de personne pour te faire du mal.
– DC : Encore combien de scandale faut-il pour que Macron dégage !? Ah oui, mince, c’est vrai qu’on est en France…
– BF : Etant au chômage, on m’appelle pour me proposer un poste à l’hôpital. Je répond que je ne suis pas vax, on me dit « pas besoin du pass pour ce poste, c’est pour contrôler les pass ! »
– QI : Je bois une bière, détendue de la vulve, à poil dans mon spa, pendant que le roux fait la bouffe. Je viens de roter bruyamment de satisfaction en me grattant un téton.
– PA : « Un de perdu, dix de retrouvés », comme si, après une rupture, dix mecs débarquaient en te disant « Salut, on est les mecs du dicton ».
– BR : Donc nous avons un président de la République, Emmanuel Macron, qui ne vaut pas mieux qu’un dealer de shit, ou un voleur d’autoradio. La différence c’est qu’il fait ses rapines en col blanc et à grande échelle.
– HM : L’Espagne annonce une taxe exceptionnelle sur les groupes énergétiques et les banques. En France Macron parle de ses couilles.
– RR : La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où un ovaire arrivera à toucher l’autre sans le faire bouger.
– AD : Ce qu’il se passe dans le slip de Macron ne m’intéresse pas
– CF : Mes voisins m’ont proposé gentiment de profiter de leur piscine cet aprèm, ils m’ont dit que l’eau était à bonne température. Je veux bien les croire, ils viennent d’y faire cuire des œufs durs. Du coup je pense que je vais décliner l’invitation poliment.
– NP : Vu la vitesse du réchauffement climatique, les seuls glaciers que les enfants qui naissent en 2022 connaîtront ce sera Ben & Jerry et Haagen Dasz.
– GD : Le jour de la fin du monde, quand tout sera réduit en cendres, il se trouvera bien encore quelqu’un pour geindre que « ouais bon ça va, quand j’étais petit aussi il faisait chaud l’été, hein ».
– JEB : Eh les ami(e)s profitez-en ce jeudi à Bastille, après il n’y aura plus Lallement pour vous crever les yeux et vous arracher les mains, !
– LG : j’ai vu la composition du défilé… il y aura encore des chars, des avions et des hélicoptères. Mais comme d’habitude, jamais une frégate ou un sous marins sur les Champs-Elysées.
– IL : « On les aura ces connards » « j’ai très envie de les emmerder » « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre »… La place de Macron c’est chez les Tuche, pas à l’Elysée.
– HK : Bonjour, il est 7h56. Vous vous réveillez dans un pays où on fait défiler les militaires sur les champs Élysées et les étudiants au secours populaire. Passez une bonne journée.
– SS : On a un président ex-ministre qui travaille depuis des années pour des intérêts étrangers mais pour les chaînes d’infos le contrefeu ce sera Éric Coquerel parce qu’il a dansé un tango avec une dinde.
– SA : Chez les écolos, on ne dit plus « prédateur sexuel », on dit « surHulot ».
– FC : On manque de moyens humains partout dans les administrations. Et puis, on apprend que certains ont passé un temps infini pour savoir s’il fallait mettre « Bonjour » au lieu de”Bonjour Madame”sur le courrier des impôts.
– CEMT : Gazage d’un SDF qui n’avait rien fait : Ah, on sent que la police déstocke avant la retraite du préfet Lallement.
– TV : Sinon, les gens qui trouvent les propos dégueulasses (et réitérés) de cette vieille pie réac de Caroline Cayeux seulement « maladroits », je vous invite à vous asseoir sur un appareil à raclette puis à soulager vos cloques avec des Mister Freeze enduits de harissa périmée.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Un monde de salauds souriants

Un Monde de salauds souriants est le premier roman de Thomas Rosier, quarante balais, ex-étudiant en sciences po et urbanisme et aujourd’hui charpentier. Ce roman prête la voix à trois personnages, chacun sa façon de parler (de morigéner, plutôt).
Lucas est un homme jeune de 27 ans, hikikomori, nom donné par les Japonais aux jeunes tétalisés par le monde actuel et qui, ne voulant pas en faire partie, s’enferment dans leur chambre. Lucas est nourri par sa mère  qui dépose ses repas devant sa porte car il refuse de lui parler, et est menacé de violence par son père qui n’admet pas son comportement et veut l’envoyer bosser à coups de pied oc’.
Mélanie est une nana tout ce qu’il a d’actuel et de vivant. Mais elle vient d’être larguée par sa meuf —  elle n’est d’ailleurs pas réellement lesbienne — puis, après de faux espoirs, virée d’un job qui la passionnait car emprunt de social. En fait, on fait sa connaissance un matin de gueule de bois absolue où elle se retrouve près d’un inconnu moustachu qui ronfle, qu’elle fuit en titubant. Comme tous les pochetrons, elle se promet d’arrêter la bibine sous peine d’avoir la gueule de Johnny à 35 ans. En même temps, sa mère meurt contre un platane et c’est d’une tristesse sans nom, surtout lorsqu’elle va apprendre ce qu’était la passion d’icelle, une passion totalement délétère.
Et il y a Michel, une sorte de gourou médecin qui, ayant déjà réussi à créer une belle entreprise de total soin de soi, veut aller plus loin, emprunter lourd pour comprendre et séduire le marché énorme des gens qui ne sont pas dans cible.
Contre toute attente, ce qu’on pourrait penser si on n’était pas dans un roman, ces trois-là vont se percuter pour le meilleur ou le pire, je ne dirai rien, dans une sorte de maelström très critique sur les dérives du capitalisme. Bien des questions se posent à nos protagonistes mais les réponses se font prier. Ça va se poursuivre dans un feu d’artifice de malversations, maladresses, humiliations, manigances, déceptions et/ou requinquage (?) d’une partie de ce beau monde rudement bien peint par ce nouveau venu dans une littérature qui manie les nouvelles technologies à bras le corps comme on tient un pinceau (et alors, j’ai pas le droit de faire des phrases idiotes, parfois ?). Un livre qui a du caractère et du clic à revendre.

Un monde de salauds souriants de Thomas Rosier, 2022 aux éditions Actes Sud. 236 pages. 20,50 €

*NB : La couverture présente un détail d’un tableau de Brueghel l’Ancien intitulé La Danse de la mariée en plein air (1556) dont une reproduction se trouve dans la chambre confinée de Lucas

Texte  © dominique cozette

Les Fessebouqueries #589

Cette semaine, on a eu une actu politique sans surprise avec le retour très remarqué/critiqué de la ministre à la robe qu’on siffle au poulailler et qui écrit des livres pendant son mandat, mandat dont le nouveau est affublé d’un titre à rallonge que la dite dame sera priée de connaître par coeur (bizutage). Les accusations de harcèlement sexuel tombent comme à Gravelotte qui rime d’ailleurs comme un fait exprès avec culotte. D’où départ d’un sinistre par ailleurs handicapé et caillassage d’un député de l’opposition par qui une femme s’est sentie menacée. Petit conseil aux femmes : arrêtons d’avoir des fesses. Et les hommes, des mains… merde, quoi, c’est pas compliqué ! Au Japon, quand on n’a pas d’arme pour tuer un politique, on en imprime, c’est le progrès voyez-vous, on peut imprimer n’importe quoi eud’nos jours. Et puis Elon Musk se retire sans même avoir joui dans aucun twittos. Ça alors ! Et si ça vous traumatise, n’allez pas aux urgences ce week-end, c’est fermé. La différence avec les bouteilles de rosé qui, elles, s’ouvrent facilement en faisant un joli plop. Tchin dearest friends !

– NP : On est sûrs que c’est Marlène Schiappa qui est revenue au gouvernement et pas Manuel Valls avec une perruque ?
– SB : La majorité présidentielle s’intitule Renaissance ou Recyclage ?
– IJ : Une chose me turlupine….Comment Lrem peut sortir à jet continu un si grand nombre de têtes à claques ?
– DC : Remaniement. Le présumé innocent violeur est parti mais la parité en a pris un vieux coup. Ça apprendra aux femmes à libérer leur parole !
– CEMT : Retour de Marlène Schiappa : Ah, ça c’est bien, Macron a compris que malgré la crise les gens avaient besoin de rire un peu.
– CS : Nous en sommes arrivés là. Une femme dit qu’il n’y a « rien de grave, rien de répréhensible, qu’un homme ne l’a pas agressé » mais qu’elle porte plainte malgré tout contre cet homme. Il y a quelque-chose qui nous échappe tout de même.
– RA : En me rendant la monnaie, la boulangère m’a touché la main. Dois-je porter plainte pour agression sexuelle ?  (Coquerelgate)
– JMF : Thomas Guénolé sort du silence et accuse Éric Coquerel d’attouchements sexuels a son encontre. Il sera l’invité de BFM, LCI, TF1, CNEWS, Europe 1, RTL, France info, France Bleu, M6, France 24, Sud Radio, RMC, Canal +, France 2, France 3, France 4, TV5 monde, Netflix…
– CD : Madame Tissier se décide à porter plainte contre Éric Cocquerel pour harcèlement ! Elle avait des preuves (des textos sans équivoque) mais ne les a pas conservées……..c’est con quand même !
– OR : “Je me refuse à croire à toutes ces viles rumeurs sur Éric Coquerel qui est un économiste de grand talent, je suis même prêt à l’embaucher pour son carnet d’adresses. » (Dominique Strauss Kahn)
– MV : Appel au secours. Je suis une femme célibataire de 50 ans. Si jamais un monsieur voulait m’offrir un verre ou m’inviter à danser, je m’engage à ne pas porter plainte. Merci.
– LC : Je voudrais pas dénoncer qui que ce soit mais si vous aviez tous acheté les livres de Schiappa et fait d’elle une auteure à succès, elle n’aurait pas besoin d’avoir un poste de ministre pour vivre, hein.
– UE : Je viens de retrouver la portière de ma voiture éraflée sur le parking de mon supermarché. Savez-vous si je dois porter plainte au commissariat ou à la « commission de suivi des infractions automobiles » de la France Insoumise ?
– MG : SVP, faites votre AVC en semaine et aux horaires de bureau !! Macron a quand même choisi un ministre de la santé qui propose de fermer les urgences la nuit, les week-ends et les jours fériés. C’est tout pour le moment.
– SA : Je suis triste pour Damien Abad. Un homme qui utilise du GHB pour compenser son handicap aurait mérité au moins le ministère de l’Égalité des chances.
– ET : Pour m’accompagner pendant mes écrits fastidieux pour le boulot, j’ai écrit dans la barre de recherche en ripant malencontreusement sur mon clavier : « Nocturnes de Chopi, » et, preuve de dédadence ultime, YouTube m’a proposé « t’choupi aime les guns ».
– RT : Le macronisme, c’est ce projet d’ouvrir les magasins le dimanche mais bientôt de fermer les urgences la nuit.
– CL : J’ai entendu « France Travail »; je trouve à cette nouvelle appellation de Pôle Emploi un petit air pétainiste, cela est sûrement apprécié en ce moment…
– TU : Stupeur en Angleterre. À peine le temps de réagir à la démission du Premier ministre, la Reine constate avec effroi l’intrusion de Manuel Valls à sa table de déjeuner.
– MH : Au Japon, l’ancien premier ministre Shinzo Abe a été assassiné. L’ancien PDG de Renault Carlos Ghosn a tenu à démentir qu’il est absolument étranger à cet attentat.
– RC : Je suis condamné à vivre à une époque où existent Enthoven et TF1 alors que j’aurais pu être contemporain de Descartes ou de Kant. J’avoue que c’est assez difficile.
– PI : Un LR à l’écologie, ok mais je veux une abeille à la tête de Monsanto pour compenser.
– DC : Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Boris !
– OR : Il fait un pot de départ Boris Johnson ou il attend le retour de la pandémie pour ça ?
– VF : Mort de Shinzo Abe : Manuel Valls aperçu dans un avion pour Tokyo
– MB : Manuel Valls ne sait plus où donner de la tête : doit-il postuler comme premier ministre du Japon ou de la Grande-Bretagne ?
– PL : Il faudra nous expliquer comment la Russie a été exclue du système bancaire international en 24 heures… Alors que depuis 30 ans aucun paradis fiscal ne l’a été.
– DC : « Nous devons parler aux tripes des Français » (Darmanin). C’est purement une incitation à la sodomie. Ça va, ils nous l’ont assez fait subir !
– RR : Ne dites plus : —  Je n’ai pas assez de thune pour partir en vacances. Dites : —  J’adore Paris au mois d’août !
– TV : Vous en faites des tonnes sur Elon Musk et Twitter mais perso, ça m’est déjà arrivé, quand j’ai acheté mon Monsieur Cuisine Lidl sur Le Bon Coin de dire « ah bah finalement je le prends pas » quand le mec m’a dit qu’il n’y avait pas le panier-vapeur. Et ça a pas fini en TT hein.
– OM : « À Taïwan, vous pouvez être payé pour balancer les bêtises des autres. Les Taiwanais à deux doigts d’inventer le porte-parole du gouvernement Borne.

(Pour ceux qui ont suivi cette polémicvictor ) – DA : Dérapage à la boulangerie : je suis avec mon amie Elisabeth et je demande 3 baguettes bien cuites. Le boulanger me répond avec un sourire désobligeant « ça tombe bien elles sortent du four ». Je lui ai immédiatement rappelé que l’antisémitisme n’était pas une opinion mais un délit.

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La femme gelée

La Femme gelée d’Annie Ernaux, le titre m’a longtemps rebutée, je pensais à frigide, mais comme je suis plongée aussi dans les cahiers de l’Herne, je comprends que j’ai fait fausse route. Gelée s’entend comme figée. Figée dans son rôle de femme défini dès la naissance et quoi qu’il se passe dans sa vie. Annie Ernaux a compris que la condition féminine nous entraînait dans le piège terrible de la femme « dedans » la maison, car dehors est le terrain de l’homme. C’est comme un arrêt sur image (frozen picture) qui coupe net tous les élans qu’elle avait depuis sa petite enfance, la curiosité, l’audace, l’indépendance.
Et ce livre, son troisième est d’un style ahurissant, très dense et loin de son écriture plate habituelle. Elle déroule comme en accéléré le film de sa vie et y retrouve pratiquement gravés tous les portraits de femmes qui l’entouraient, non pas des fées du ménage ou des foutues femmes au foyer compétentes et maniaques mais des  personnages hauts en couleur, au verbe asséné, peu soucieux de leur apparence, des femmes pas coquettes et se fichant de tenir la maison comme on l’entend dans le milieu bourgeois. Elle n’a pas eu le « bon » modèle, celui qui l’aurait façonnée, préparée à la vie future, les mômes à torcher, d’où son ahurissement lorsqu’elle s’est retrouvée dans ce pétrin.
Qu’on en juge : dans le modeste café tenu par ses parents, c’est son père qui épluche les patates et fait la vaisselle tandis que sa mère fait beaucoup d’autres choses, notamment la compta. mais elle lit aussi, beaucoup, elle ne peut pas s’en passer et elle va pousser sa fille à s’enrichir l’esprit pour pouvoir sortir de leur condition. Le père leur demande pourquoi elles perdent leur temps ainsi, lui ne lit jamais. Donc pas de schéma classique chez elle. Et puis ses copines sont parfois des garçons manqués comme elle, pas toujours mais quand on joue dehors toute la journée, on se fiche de tout ça.
A l’adolescence, elle comprend qu’il faut plaire aux garçons, elle-même conçoit beaucoup de désir pour ces personnages tellement différents et suscitera la première rencontre pour le premier flirt. Ensuite, vite, perdre sa virginité mais pour autant, travailler d’arrache-pied pour réussir. Elle deviendra étudiante, commencera à réaliser que le monde des hommes est plus libre que celui des femmes et rencontrera celui qui deviendra son mari. C’est rigolo, au départ, on fait tout ensemble, la chambre louée, on s’en fout puisqu’on bosse, qu’on va à la bibliothèque, au resto U et au cinoche.
Lorsque l’enfant paraît, pas spécialement désiré (interrogation sur un avortement), ça passe encore, le papa compatit, « aide » un peu, s’occupe du Bicou etc. Mais lorsqu’il a enfin trouvé son emploi de cadre et même si elle tente de dégager du temps pour son capes, il devient le mari qui régente : la maison, la bouffe, l’enfant qui dort quand il rentre, bref le vieux schéma se met en place sans moyen de l’éviter.
Ce n’est pas l’histoire qu’elle raconte, terriblement classique qui m’a emballée, c’est sa façon de faire ressurgir tous les souvenirs de l’époque des baby boomers, de l’espoir d’une vie meilleure, plus égalitaire, et d’y faire revivre de façon extrêmement dynamique avec des centaines de petits détails notre histoire, des centaines de petites images ou chansons qui nous reviennent en mémoire. Et c’est aussi le glissement progressif qu’elle décrit superbement, qui guette chaque femme dont le destin se lie à celui d’un homme, pas méchant bien sûr, mais lui aussi élevé dans une forme de virilité qui lui interdit de compatir un peu plus aux tracas de sa femme qui aimerait tout comme lui avoir du temps pour le tennis, le cinéma, les copines. Mais non. Il faut briquer, faire cuire et emmener le Bicou au parc avec les autres landaus.
Passionnant !

La Femme gelée par Annie Ernaux, 1981. Editions Folio poche, 184 pages. Pas cher.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #588

L’actu de la semaine, c’est un drôle de fourre-tout, ça rentre n’importe comment, comme un juge suprême US qui déciderait de s’introduire dans les utérus sans en connaître le chemin et puis après tant qu’à faire dans les anus, ou comme un milliardaire qui prierait les petits que nous sommes de n’allumer qu’une lampe quand il fait vraiment nuit parce qu’il faut pas gaspiller, comme un philosophe qui recevrait des millions pour appuyer une guerre meurtrière etc… On peut être colère parce qu’un terroriste est trop puni ou parce qu’un gauchiste va mettre son nez dans les Comptes ou parce que les vestes politiques se retournent avec trop de célérité, oui, tout est possible puisque Copenhague fait maintenant partie de la France. Puisque l’Arabie Saoudite se situe entre Paris et Dakar ou encore puisque le RN ex FN est dorénavant soluble dans la démocratie. Bon. Ne nous laissons pas abattre, trinquons joyeusement à ce rayonnant été, tchin tchin dear friends !

– TE : Donc il y a des mecs qui veulent décider de ce qui se passe dans notre utérus mais qui sont incapables de savoir où est le clitoris.
– AG : Aux mecs qui disent « Ben si tu veux pas être enceinte, faut pas coucher » :  Je suppose donc qu’à chaque fois que vous couchez avec une femme, c’est que vous avez envie de devenir père ? Non. Ben alors fermez vos gueules !
– PBC : Trois « grands-patrons » appellent les Français à diminuer leur consommation d’énergie. Pour qu’eux-mêmes puissent continuer à se balader en hélico, jet privé, et Ferrari  ?
– MA : Les plus gros pollueurs de France qui rincent leurs actionnaires sur le dos de la planète et tout ce qui vit dessus appellent le petit peuple, qui vit déjà les lumières éteintes, à la sobriété, dans le journal perfusé d’argent public d’un milliardaire. On vit une époque formidable…
– BP : Si on m’avait dit que TotalEnergies et Engie allaient appeler à la décroissance en 2022…
– DC : + 52% de hausse de salaire en un an pour le patron de TotalEnergie, Patrick Pouyanné. Soit 6.000 000 avec l’aval de ses actionnaires. Et voilà-t-y pas qu’il nous demande, de modérer notre consommation d’énergie ! Mais il a promis de faire pipi dans sa douche. Good boy
– OVH : Si notre vagin crachait des balles, vous rendriez l’avortement légal.
– OM : L’État du Texas se dit prêt à interdire la sodomie en cas de feu vert de la Cour suprême. C’est bien la première fois que les Texans se préoccupent des trous de balle…
– JB : Et si on légalisait la pratique de l’avortement par arme à feu ? Ça serait peut-être une option qui permettrait un consensus ? Je propose hein.
– CEMT : Macron : « Oui, OK, on a filé des sièges au RN, mais quand j’ai appelé mon parti « Ensemble », j’ai pas dit avec qui. »
– GB : J’aurais au moins appris aujourd’hui que refuser de serrer une main quand on ne porte pas de cravate est un affront républicain bien plus important que de donner des pouvoirs législatifs gigantesques à un parti issu de la collaboration.
– LA : 2022 : Interdisons l’IVG. 2023 : Les femmes ont-elles une âme ? 2024 : La terre est plate.
– PA : Il y a un paradoxe entre le fait que les cons soient bornés et que la connerie soit sans limite !
– AQ : Si vous cherchez Richard Ferrand, il est en train de réparer les ascenseurs des Mutuelles de Bretagne.
– PDT : Rappelons que pour être homologué, un vrai viol™ doit être commis dans un lieu sombre et sale, entre 1h et 6h du matin, par un inconnu musclé, avec un couteau, portant une moustache et salivant abondamment, sans lien parental, professionnel, amical ou médical avec la victime. Il est invalidé si la victime ne s’est pas présentée à la police dans des vêtements abîmés, avec un air choqué (mais digne). La plainte doit aussi être déposée au minimum 6 mois avant ou après un évènement heureux pour l’accusé (promotion, récompense, nomination au gouvernement).
– MT : BHL sur Europe ce matin. « Moi je n’ai pas envie de me coucher devant les Russes, devant les Iraniens, devant les Chinois »… Vas-y Bernard-Henry, on te regarde !
– NW : Coquerel aux finances, c’est « tourner le dos à la tradition d’y nommer un modéré comme Cahuzac, Carrez et Woerth », écrit les Echos. Le premier, condamné pour fraude fiscale, le second soupçonné de violation du secret fiscal et le troisième mis en examen pour « concussion »…
– SA : J’ai vu que certaines personnes trouvent la peine de Salah Abdeslam un peu dure. Personnellement, je l’aurais bien condamné à 300 ans de prison à Guantanamo et forcé à écouter 24h sur 24 l’intégrale de Diam’s remixé par Jul.
– MK : Un Insoumis président de la Commission des finances, ça s’arrose ! Je vais me mitonner un Coquerel au vin !
– RS : Vu l’augmentation des prix en France, bientôt faudra aller faire ses courses en suisse pour faire des économies…
– OK :  Eric Coquerel devient président de la commission des finances, et les trains circulent à nouveau normalement ! Alors, les athées, on dit quoi ?
– MP : Le Texas veut interdire la sodomie … Pour interdire l’homosexualité… C’est systématiquement débile mais toujours inattendu.
– DC : Le ministère de l’Intérieur a comptabilisé, entre 2016 et 2021, 673 homicides qui n’ont jamais eu lieu. Pour moi personnelement, j’ai échappé à une fausse-couche, un suicide et un crash en avion. Oh, la belle vie !
– UQ : Une infirmière française est actuellement (malgré leur augmentation de 183€ en moyenne) moins bien payée qu’une infirmière mexicaine.
– DC : — Il paraît que Coquerel, il couche avec … — Avec qui ??? Avec qui ???? —  Avec sa femme !!! —  Oh merde, un homme si bien.
– GD : Imaginez le scandale si le groupe parlementaire d’un président de la République élu grâce au barrage contre l’extrême-droite permettait de faire élire deux vice-présidents d’extrême-droite à l’Assemblée nationale ? Imaginez !
– GA : un notaire ça mange cinq usufruits et légumes par jour
– GE : Je n’ai pas l’habitude de me vanter d’aller dans des lieux de luxe, mais là je viens juste de quitter la station essence..
– OK : Ne vous embêtez pas à suivre le Tour de France, parce que de toute façon, c’est un Ukrainien qui va gagner.

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Les Fessebouqueries #587

Nous jouissons — si je puis dire — cette semaine d’une actu aussi chargée qu’une arme automatique entre les mains d’un adolescent blond du Texas qui ne sera pas le seul à la pointer (son arme) puisque l’autorisation d’en détenir s’étend. Comme celle de détenir un pénis, certes rabougri et hors d’usage vu l’âge des juges suprêmes, et de viser les ventres des femmes, ces salopes qui se permettent de faire ce qu’elle veulent de leur utérus. C’est comme si le distributeur de Coca-Cola te refusait la divine boisson une fois que tu as introduit ta pièce dans sa fente. Non mais des fois ! Heureusement qu’un journaleux nommé Zemouri (tiens, tiens) peut encore diffamer dans ce magnifique magazine le Point (final ?) pour le plus grand plaisir des cons qui gobent tout et le répercutent telles les percussions démesurées de la Fête de la Musique, on peut encore faire ce qu’on veut dans notre beau pays caniculé  dont certains citoyens ont subrepticement introduit dans la fente d’une urne un papier pour installer sur les bancs de l’Assemblée quelques présumés innocents de viols. C’est comme ça, et on n’a pas le cul sorti des rances, chères consœurs… Mais trinquons tout de même joyeusement à l’avenir qui nous offre toujours de belles surprises tintinnabulant comme de gros glaçons dans une boisson rose pâle. Tchin tchin !

– BR ou OM* : Mais du coup j’ai pas suivi, à quel moment les talibans ont envahi les USA ?
– OM : C’est magnifique tous ces fœtus américains qui vont être sauvés de l’avortement et qui vont pouvoir se tirer dessus tranquillement à l’adolescence…
– SG : L’utérus des femmes est plus surveillé que la circulation des armes aux USA.
– TA : Si on interdit le droit à l’avortement, laissez-nous au moins celui de nous ligaturer les trompes pour nous éviter de pondre des abrutis qui voteront contre le droit à l’avortement. Merci.
– NP : Arrêtez de dire n’importe quoi ! L’avortement n’est pas interdit aux USA, ça va juste être plus long et compliqué. Il faudra d’abord accoucher, élever l’enfant, le mettre à l’école et puis attendre qu’un taré vienne le tuer avec une arme achetée tout à fait légalement.
– CEMT : Gérald Darmanin : « Soutien à toutes les femmes Américaines, je suis prêt à en discuter en prenant un verre avec elles dès ce soir. »
– GB : Quand les hommes commencent à légiférer sur l’utérus des femmes c’est rarement pour le progrès.
– NP :  Il y a une certaine logique à ce que les chrétiens soient contre l’avortement de victimes de viol. Après tout, Dieu n’a pas demandé son consentement à Marie avant de l’inséminer…
– RS : Bon maintenant que le droit à l’avortement est supprimé aux USA, ils vont pouvoir se concentrer sur la réintégration de la ségrégation raciale, la pendaison pour vol de chevaux et le remplacement des médecins par des chamans.
– PR : C’est une nouvelle forme du libéralisme amerloque. La liberté d’interdire.
– MP : Le sud, dans 10 ans il fait 50°C en mai mais ils votent comme si leur problème c’était les Arabes.
– CEMT : N’empêche qu’on aurait dû accepter quand Jacques Brel voulait nous offrir des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas.
– NP : Il a fait tellement chaud à Biarritz qu’on aurait même vu des touristes se promener sans avoir un pull noué autour du cou.
– RS : Si on veut être positif, on vit quand même un des printemps les plus frais de ces vingt prochaines années
– OVH : Roselyne Bachelot retourne aux Grosses Têtes. Elle ferait mieux de retourner aux Gros Derches.
– FI : En tant que femme, je prends l’élection de Darmanin et de Abad comme une insulte personnelle.
– OM : Macron n’aura pas la majorité… Ça va rappeler des bons souvenirs à Brigitte.
– MGC : Je plains les profs, notamment d’éducation civique, qui auront à expliquer à des enfants comment un parti fondé par un ancien Waffen-SS, des néo-fascistes, des pétainistes et des poujadistes se retrouve en 2022 en masse à l’Assemblée Nationale pour voter des lois pour la France.
– SA : Quand la fête de la Musique a été créée, je regrettais de ne pas savoir jouer d’un instrument. Aujourd’hui, je regrette de ne pas être sourd.
– DC : C’est chouette, la fête de la musique ! Trois orchestres me parviennent dans une joyeuse cacophonie douteuse. On se croirait dans la nouvelle chambre des députés !
– DA : Tous les couillons qui ont voté RN le prenant pour un parti d’opposition et qui découvrent que c’est une succursale de LREM avec juste le racisme plus visible !
– RO : On vit dans un pays fantastique dans lequel Woerth, qui trempe dans des magouilles de tous les côtés, donne son avis sur qui il faut placer à la Commission des Finances. N’hésitez pas à demander son avis à Francis Heaulme sur la protection de l’enfance.
– SK : Il y a des gens qui attendent des postes fixes depuis plus de dix ans dans l’éducation nationale mais Blanquer a le droit de bénéficier d’une création de poste dans le supérieur rien que pour lui. La chantilly c’était trop gentil, c’est des cailloux qu’il faut leur lancer.
– MC : Blanquer, le seul poste qu’il aura créé à l’université c’est le sien.
– OM : L’emmerdant c’est que maintenant quand on te dit « mais tu sais, le membre du gouvernement accusé de viol », tu sais toujours pas de qui il s’agit.
– MR : Evénement : mon stagiaire a coincé deux capsules dans la machine à café; on a immédiatement monté une équipe projet en mode agile pour construire une roadmap visant le décoinçage desdites capsules et un plan de test rigoureux à la suite ; c’est un succès.
– AR : Le Point : « Jean-Luc Mélenchon surpris en train de manger un enfant ». Le Point, 12 heures plus tard : « Ah non pardon on s’est gouré, c’était juste une côtelette d’agneau, désolé, on aurait dû vérifier en détail avant la publi ».
– ME : Selon le journal Le Point Melenchon aurait eu un atelier clandestin de 200 Maliens dans la cave de son hôtel particulier. Les travailleurs devaient fabriquer du Doliprane à des cadences folles. Ils étaient enchaînés et fouettés s’ils ne produisaient pas assez.
– CEMT : Le Point accuse Philippe Poutou d’obliger son majordome à nettoyer sa Rolls pour un salaire inférieur au SMIC.
– EM : Entendu au rayons fruits et légumes :  — Prends des avocats. On va faire du gargamol. Ton frère aime bien.

* Il arrive que je trouve le même post chez des personnes différentes. Qui plagie ? Va savoir, Nanar…

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Quel foutoir, sa vie !

C’est ce que signifie Ma vie balagan, mot hébreu ou yiddisch ou encore issu du russe. C’est feue la délicieuse petite bonne femme qu’était Marceline Loridan-Ivens qui évoque des épisodes marquants de sa vie faite de très hauts et de très bas.
Juive, elle fut déportée à l’âge de 15 ans à Auschwitz-Birkenau, perdit son père adoré et beaucoup d’autres membres de sa famille comme elle déportés, mais l’optimiste toujours la mena par le bout du nez. Au détour de diverses anecdotes qui remontent à sa mémoire, elle livre les atrocités des camps dont elle fut victime et témoin et ses façons quelques peu originale d’échapper à ces horreurs en racontant toutes sortes d’histoires, en aidant les plus faibles, en s’intéressant aux autres. Et confirme que c’était irracontable, c’est pourquoi, lors de leur retour, les rescapés cessèrent d’en parler : personne ne voulait les croire.
Mais Marceline ne se laisse pas aller à la nostalgie. Elle lit, elle se met au travail et, chemin faisant, découvre la formidable liberté des jeunes à Saint-Germain-des-Près. Elle se mêle à eux, se nourrit de leur culture, de leurs connaissances et de leur entrain. Elle y vit beaucoup la nuit, elle adore le jazz et danser le bop. Et un jour, elle rencontre celui qui deviendra son premier mari dont elle a gardé le nom : Loridan, mais plus tard, elle refusera de le suivre sur ses chantiers dans les pays étrangers. Pas question de quitter la folle ambiance rive gauche.
Elle s’engage en politique, s’intéresse de très près à la guerre d’Algérie, transporte des valises pour le FLN, découvre Brecht et Jean Vilar. Par le manque d’études, elle se rend compte qu’elle est sous influence des intellectuels, principalement des hommes mais  son culot, son humour et sa détermination en font une femme forte. Elle sera dans la lutte pour l’avortement et son nom fera partie des 343 salopes.
Elle rencontre des gens de cinéma qui vont la faire avancer. Notamment Jean Rouch, grâce à qui elle va faire la connaissance d’un cinéaste important, de trente ans son aîné : Joris Ivens. Un amour puissant qui va lui faire parcourir le monde, la Chine surtout, et dédier sa vie au cinéma, celui de son homme et aussi le sien.
Elle nous raconte son amitié avec Simone Veil qui vivait aussi dans le même camp, leurs retrouvailles, leur entente mais aussi leurs différences.
Elle parle d’événements essentiels et traumatisants que le cerveau masque pendant des années et qui reviennent un jour tout bouleverser, comme son emploi au camp qui était de creuser des trous pour enfouir les morts. Elle dit aussi avoir un regret inconsolable : son père, prisonnier dans un autre camp, lui avait fait parvenir une lettre qu’elle a lue et relue puis planquée mais qui a été perdue dans ses pérégrinations. Dès lors, elle n’a plus pu se souvenir de ce qu’il lui avait écrit, et c’était le dernier contact qu’il a eu avec elle. (Elle lui a consacré un livre formidable.
Ce livre, écrit lorsqu’elle avait soixante-dix-huit ans, avec l’aide d’Elizabeth D. Inandiak, fourmille d’histoires, de moments, de réminiscences parfois très drôles, à son image, joyeusement bordélique. Un grand moment d’humanité par un petit bout de femme à l’énergie contagieuse. Elle s’est éteinte en 2018, à quatre-vingt-dix ans.
(Voir aussi son magnifique livre où elle évoque l’amour après, sous-entendu les camps)

Ma vie balagan par Marceline Loridan-Ivens, 2008. Editions Arion Robert Laffont (poche). 266 pages, 9 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #586

Dernière semaine avant fermeture des urnes ! Bizarrement, sur le ring, il n’y a plus que deux gros catcheurs, le petit roi et le râleur en chef. Car la blonde a été virée, elle n’est plus le terrible repoussoir qui fait craindre le pire. Remarquez, ce n’est qu’une simple femme. Au gouvernement, on nomme ministres des mecs qui les soi-disant maltraitent, des menteuses sûrement, ou alors elles l’ont bien cherché. Ou alors faut attendre que la justice se prononce. Dans quelques années. Avec 97% de relaxe pour les agresseurs (décontractés du gland, forcément). Bourdin lui, l’a été, viré. De BFMTV, comme quoi, il y a encore, dans des boîtesqu’on imagine intermopes, une certaine éthique. Et toc. A part ça, le ronron pré-scrutin, langues de bois, langues de putes, coups fourrés, coups foireux, coups de sang, coups bas, on verra qui aura le mieux tiré son coup. Et puis l’actualité qui fait pleurer, la disparition de Trintignant sur laquelle personne n’a vanné. Ouf. Quant à la canicule, paraît qu’en plongeant son coude dans l’eau fraîche, on le rafraîchit. Avec tous les éternuements qu’il s’est pris, il a bien mérité ce soin. Bon WE à vous, si le rosé est au frais (truc de vieux), je suppose que la bière aussi (truc de jeune). Alors tchin à vous toustes et votez dans le bon sens !
(Image twittée par Benoît Le Cam. Il ne dit pas qui en est l’auteur).

– SK : Macron pourrait être filmé en train de manger des chatons bouillis dans du champagne, il y aurait toujours un mec pour venir te dire que c’est mieux que de voter pour un dangereux communiste qui propose d’augmenter le SMIC.
– RR : N’oubliez pas que les musées et les cinémas sont aussi bien climatisés que les centres commerciaux.
– CEMT : Dépêchez-vous quand même d’aller voter parce que, ok il n’y a pas grand monde, mais les gendarmes qui vous posent des questions juste après, ça prend deux heures.
– EC : Les gendarmes auraient conseillé à Laura de prendre exemple sur Nathalie Saint-Cricq ou Léa Salamé. « Tu vois, elles, elles ne posent pas des questions qui dérangent le président »
– CEMT : Gérald Darmanin : « Bon, on a déjà 13 870 lycéens qui ont répondu NON à « revient-il à l’Etat de décider ce qui est juste », on interpelle ! »
– PA : Nymphomane : Terme utilisé par certains hommes pour désigner une femme qui a envie de faire l’amour aussi souvent qu’eux.
– PI : J’ai rien contre les araignées chez moi mais je pense qu’au-delà d’un certain diamètre, il doit y avoir participation au loyer.
– SA : Désormais, Jean-Michel Blanquer ambitionnerait de devenir maire d’Ibiza. Le souci, c’est que Manuel Valls est déjà sur les rangs.
– MK : Vu le nombre d’ânes au gouvernement, pourquoi le parti animaliste et LaREM n’ont-ils pas fait liste commune ?
– JF : Avis de recherche : on recherche activement les mots « salaires » et « augmentation » dans les discours de Pap Ndiaye.
– BNC : Élisabeth Borne prévient fermement : « À la 15e accusation d’agression sexuelle ou de tentative de viol portée à l’encontre du ministre Damien Abad, il recevra un avertissement. Au bout de trois avertissements il sera convoqué dans mon bureau.»
– DC : Lors d’accusations de viol, en face de présumé innocent, il faudrait toujours inscrire présumées menteuses. Puisque ça revient à cela.
– RT : Moi, ce que je retiens, c’est que dès qu’on demande à Macron de préciser son programme, il prend l’avion et il se barre à plusieurs milliers de kilomètres.
– CEMT : Les trucs dépassés qui ont fermé cette semaine : – Les cryptomonnaies. – Internet Explorer. – Le parti d’Eric Zemmour. – Manuel Valls.
– DC : Mélenchon tape sur Macron, Macron tape sur Mélenchon, Et LePen ? Elle tape sur des bambous et c’est numéro un ???!!!
– SP : Macron, le soi-disant écolo qui fait un discours en laissant tourner les réacteurs de l’avion présidentiel, le tout alors qu’une vague d’extrême chaleur arrive sur l’Europe.
– CEMT : — Voter NUPES est-il un danger pour l’humanité ? —  Pourquoi Macron est-il notre meilleur président de tous les temps ? — Décrivez votre futur boulot chez McDo.
– OM : « Des sirènes d’alerte entendues à Kiev une heure après l’arrivée d’Emmanuel Macron »(BFM). Après, on nous aurait posé la question, on aurait prévenu que depuis qu’il était arrivé, ici aussi on avait que des emmerdes…
– DC : Macron voyageant en Europe de l’est découvre le train. Et s’étonne que son luxueux wagon ne soit pas arrivé plus vite que les autres !
– GP : Va faire vraiment chaud, ce matin j ai vu passer des moustiques en string !
– EB : URGENT ! Un homme interpellé après avoir tenté de brancher sa voiture électrique sur Élisabeth Borne.
– RS : Je sais de source sûre que mon beauf compte bien poser deux trois questions gênantes à Emmanuel Macron. Ça serait quand même dommage que les gendarmes viennent au 31 rue des acacias à Caunette-sur-Loquet. en face de la poste, portail bleu.
– OK : Dans le train j’entends une discussion : « Dimanche avec la canicule et la reprise de l’épidémie de covid, les vieux n’iront pas voter. Macron est foutu. »
– NP : De toutes façons la canicule c’est une fête commerciale inventée par les vendeurs de climatisation.
– SF : Ils ne savaient pas pour Abad comme ils ne savaient pas que Poutine allait envahir l’Ukraine. C’est plus ce que c’était McKinsey !
– CEMT : Kevin Spacey, accusé d’agressions sexuelles au Royaume-Uni, laissé libre. Il va pouvoir prendre la nationalité française et entrer au gouvernement.
– FC : « Je n’ai pas lu cet article, mais je ne suis pas d’accord avec ce que j’ai imaginé qu’il pourrait dire ».
– MK : Bientôt le retour de la moutarde en rayon. Avec Mélenchon la vie redevient possible !
– RS : Vu le réchauffement climatique, je me demande si je vais pas acheter un mas provençal vers Perros-Guirec
– CEMT : Si Jean-Jacques Bourdin est viré, qui va interviewer Damien Abad ?
– OM : Bordel maintenant même BFMTV donne des leçons de moralité à Emmanuel Macron…
– JB : Quelqu’un a des nouvelles de Roselyne Bachelot ? À l’occasion, elle est restée Ministre de la Culture et personne ne s’en est aperçu, comme quand elle était Ministre de la Culture !?!!
– OR : J’avais déjà remarqué que les filles n’avaient pas les mêmes poumons que nous mais, là, je me demande si elles ne respirent pas par le nombril compte tenu de toutes celles qui ont le ventre à l’air pendant qu’on suffoque.

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Encore un autre monde de Mayliss

Lire Un Monde à portée de main de Mayliss de Kerangal, c’est flotter sur un océan de poésie. Sa littérature est indicible de joliesse d’autant qu’ici elle nous inroduit dans le monde merveilleux de la matière brute que nous ne savons pas, ou peu, regarder, à savoir, le marbre, le bois, les pierres et bien d’autres qui font notre environnement naturel lors de nos sorties. Pourquoi ces descriptions ? Parce qu’elle nous embarque dans l’univers des copistes, des faussaires de la réalités, des peintres ou artisans qui créent trompe-l’œil, décors, reproductions de grottes… Elle nous y plonge littéralement et on sent la somme de temps passé auprès des étudiant.es moulu.es par les journées d’apprentissage et de pratique sans fin, sans pause, sans pitié dans cette grande école bruxelloise. On y fait connaissance avec les instruments utilisés, les techniques appliquées, les différentes familles de marbres ou autres matériaux plus ou moins nobles, on y découvre surtout un vocabulaire étrange, fleuri, boisé, parfumé ou très sec, rude et sauvage. Une merveille.
J’apprécie énormément cette plongée rare mais suis consciente que ça puisse en déconcerter certains, peut-être il faut aimer l’art dans toute sa nuance pour s’en délecter.
Les protagonistes de cette histoire sont principalement Paula, une jeune dilettante qui trouve subitement sa voie ici, par hasard presque, malgré le harcèlement que la discipline lui fait subir : fatigue musculaire, manque de sommeil, douleurs corporelles, insatisfaction permanente, isolement. Elle a presque tout coupé avec ses potes de bar et ses parents restés à Paris. Son coloc, un personnage celui-ci, n’est pas forcément le type idéal sauf qu’il n’est pas question de perdre du temps en coucheries. Mais peu à peu, ils se découvrent, s’apprécient, et forment un trio-cocon avec une autre étudiante.
Puis, séparation irrémédiable à la fin du cycle, chacun pour soi dans le vaste monde de la copie. Il va être question de recherche de contrats, de boulots à l’étranger, notamment à Cinecitta qui n’est plus la capitale du cinéma italien mais un agglomérat de studios de téléréalité et de séries B. N’empêche que son immersion dans cette cité où vivent les fantômes felliniens nous apprendra encore beaucoup de choses sur cet art décadent.
Puis ce sera un immense chantier pour créer la réplique parfaite, grandeur nature, de Lascaux, un travail de titan, de dingue qui nous en apprendra bien long sur les procédés et les artistes de la préhistoire.
Ce drôle de roman reste, pour moi, un documentaire pointu, extraordinaire sur le travail riche et pointilleux des « faussaires » qui, tout en nous montrant l’envers (l’enfer) du décor, nous entraînent dans une vaste réflexion sur le temps. Epoustouflant. Mais quelque peu ardu pour qui n’apprécie pas les  descriptions précises.
NB : Mayliss de Kerangal a écrit, entre autres très bons livres, Naissance d’un pont et Réparer les vivants, sur les greffes d’organes.

Un Monde à portée de main de Mayliss de Kerangal, 2018 aux éditions Verticales. 286 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Tout Edmonde


Avant d’attaquer Edmonde, l’Envolée sorti cette année, j’ai fait connaissance avec Edmonde Charles-Roux, cette grande bourgeoise libre et brillante dans le premier livre que Dominique de Saint Pern lui a consacré. Ainsi, je ne perdrai pas une miette de la vie extravagante et originale de cette fille d’ambassadeur ayant vécu dans de nombreux pays, parlant plusieurs langues, charmante même si moins belle que sa sœur Cyprienne, paraît-il.
On commence en 1938 à Rome. De bal en bal, de réception en réception, elle se lie avec tout le gratin de l’aristocratie et elle rencontre celui qui va devenir l’homme de sa vie, grand, beau, courageux, érudit… mais non, cela ne se fera pas : il partira à la guerre et sera vite tué. Le père d’Edmonde, lié aux puissances italiennes elles mêmes amies avec un certain Hitler, va couper les liens avec ces fâcheux et ramenera sa filles à Marseille, un des lieux où vivait sa grand-mère. Tandis que sa sœur reste proche des chemises noires, par amour ou aveuglement.
Les (més)aventures de la famille seront détaillées dans ce premier tome, les passe-droits mais aussi la droiture, les compromissions de certains, les morts par exécution. Edmonde ne peut rester passive aussi s’engage-t-elle comme infirmière sur les champs de bataille. Elle résiste plutôt bien aux horreurs auxquelles elle est confrontée, la pourriture de la guerre, et se voit décorée. Lorsqu’elle revient, ou entre deux missions, elle va se distraire à Paris où elle charme un autre soupirant sérieux, alors que le maréchal Delattre a besoin d’elle. Elle ira aussi skier et s’amuser à Megève pour oublier la guerre.
Le livre s’arrête à la fin de la guerre. Edmonde est sur le rebord de sa vie, ne sachant pas vraiment ce qu’elle va en faire. En attendant, on aura eu droit à toutes les histoires de l’Histoire et aux anecdotes mondaines de cette époque bouillonnante, créative, intellectuelle.

NB : la façon de raconter vaut autant que les faits, c’est écrit d’une manière tellement vivante et anecdotique que chaque paragraphe est un vrai régal. Idem, sinon encore plus, pour le deuxième tome.

Edmonde, l’Envolée toujours par Dominique de Saint Pern, nous livre la suite et fin de l’incroyable existence d’Edmonde Charles-Roux, femme libre, curieuse, aventureuse, audacieuse, que rien n’arrête. Et chanceuse aussi. Car à la fin de la guerre, au lieu de profiter de la chance d’être nantie, de se trouver un beau parti et de faire des gosses dans le confort d’une vie bourgeoise, elle veut se rendre utile, travailler, se servir de son cerveau. Et tape dans l »œil des Lazareff lors d’une soirée — elle va dans TOUTES les soirées où il faut être — et ils l’engagent dans leur tout nouveau magazine ELLE, à la rubrique chiens écrasés. Mais sa personnalité lui fait grimper les échelons, elle s’allie à l’encore anonyme Robert Doisneau pour concocter ses articles, lancer des modes, rendre sexy et désirable ce jeune magazine.
Mais voilà-t-il pas que Condé-Nast la remarque et lui offre un super poste chez Vogue dont elle deviendra vite la directrice. Vie encore plus ultra-mondaine si c’est possible, bonjour ! Si vous aimez les gossips, vous allez être servi.es ! Entre les people et artistes de tous bords qu’elle fréquente, qu’elle fait découvrir, avec qui elle fonde une amitié éternelle, elle nous donne le tournis. Et ses amants ! Si chancun sait qu’elle se donne à qui lui plaît comme le chante BB, on ne les connaît pas tous, alors en voici quelques-uns avec qui elle s’affiche sans complexe : Orson Welles, le peintre André Derain, François-Régis Bastide, Maurice Druon, le Général Oufkir.
Et puis, comme si elle n’avait pas assez à faire dans sa vie foisonnante,  elle écrit. Elle a énormément d’amis dans l’édition, n’empêche qu’elle possède une belle plume et qu’elle reçoit le Goncourt pour Oublier Palerme. (Je ne l’ai pas lu).
Sa vie ne se résume pas en ces quelques modestes lignes : ses aventures professionnelles, familiales, sociales sont passionnantes et ne seront pas freinées quand elle partagera un amour incandescent et total avec Gaston Defferre. Il va lui ouvrir les plus grandes portes de la politique. Elle n’arrête pas pour autant de vivre de façon trépidante, d’écrire, de se placer, d’ourdir, de manigancer mais en tout bien tout honneur, pense-t-elle. Et nous suivons son parcours haletant qui ne sera stoppé que par sa mort. Comme on dit : une vie bien remplie. Deux livres qu’on ne lâche pas !

Edmonde par Dominique de Saint Pern, 2019 au Livre de Poche, 334 pages, 7,70 €.
Edmonde, l’envolée par Dominique de Saint Pern, 2022 aux Editions Stock, 430 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

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