Pour les aficionados de Levé

Edouard Levé, je l’ai connu en 2001 grâce à Martine C. qui avait ouvert une super galerie à Malakoff où elle exposait des artistes peu ou pas encore connus, rares, exigeants. C’est là que j’ai pu apprécié le talent protéiforme de cet artiste, plasticien, photographe, écrivain, poète… Puis je suis venue à ses écrits, notamment le si original « œuvres » où il énumère toutes les création qu’il a en tête, 533 en fait, et qu’il ne réalise pas. Impressionnant. Il a fait des photos de ses rêves à savoir photographier les personnes qui y étaient présentes dans le décor reconstitué. Il a photographié Eugène Delacroix, Raymond Roussel, André Breton, André Masson, Fernand Léger, Henri Michaux, Georges Bataille, Emmanuel Bove, entre autres, non pas ceux que l’on connaît mais leurs homonymes trouvés dans l’annuaire. (voir ici dans la fameuse galerie La Périphérie, aujourd’hui disparue, une bonne partie des œuvres de Levé.) Son dernier livre s’intitule Suicide. Après avoir déposé son manuscrit chez son éditeur P.O.L., Edouard Levé s’est suicidé. Il avait 41 ans, en 2007.
Il écrivait beaucoup, tout le temps. Et moi qui ai tellement apprécié son travail, je me suis précipitée sur Inédits, une partie des écrits non publiés de l’artiste qui couvre un vaste panorama de genres littéraires :  chapitres de roman, fictions, promenades dans Paris, un abécédaire, des textes autobiographiques, des poèmes, des textes de performances, des chansons, des essais, etc. « Un surprenant cabinet de curiosités littéraires redéfinit ainsi l’image d’un auteur qui se voulait sans style, refusant la limitation que celui-ci impose au créateur. » (L’éditeur).
Bien sûr, tout ne m’a pas forcément ébloui mais il y a beaucoup à prendre dans cet ouvrage qui montre qu’au niveau littéraire, Levé avait un sacré style. Il y a un article étonnant concernant l’écologie : ses réflexions sont d’une actualité brûlante, et d’un dépit dévastateur.
Si vous ne connaissez pas Edouard Levé, lisez d’abord ses autres livres, notamment Autoportrait, remarquable de par sa forme et son fond, publié en poche.

Inédits d’Edouard Levé, 2022 chez P.O.L. Editions, 510 pages, 24 €

Texte © dominique cozette

(ici, deux portraits de lui, chacun constitué par un côté de son visage)

La petite menteuse

Vous avez peut-être entendu parler de ce livre, La petite menteuse, écrit par Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire. Il conte le viol d’une gamine de quinze ans puis l’aveu, le fait que c’était un mensonge, pendant que l’homme, faussement accusé, passait trois ans en prison.
Pour une fois, je suis partagée sur mon ressenti. D’habitude, je vous parle uniquement des livres qui m’ont plu, un peu ou beaucoup car je ne vois pas l’intérêt de dézinguer des ouvrages qui ne rentrent pas dans mon nuancier de goûts personnels.
Ce livre, ce n’est pas qu’il m’ait déplu, c’est plutôt que je n’en saisis pas l’argument. Au moment du procès en appel, une avocate est choisie par le jeune-fille qui est devenue majeure au moment d’avouer son mensonge. Et elle suppose que cette femme saura mieux la comprendre (dans son déni) que l’homme, célèbre avocat qui l’avait défendue lors du premier procès. Au début, l’avocate n’est pas au courant du mensonge, cela viendra après l’étude du dossier et le début du procès.
Dès qu’elle saura, elle va dérouler toutes les raisons qui ont amené la gamine à inventer ce mensonge. Et les raisons sont nombreuses.
C’est habile, c’est défendable, bien sûr, on y apprend pas mal de chose sur le déroulé d’une affaire mais comme je l’ai vu écrit dans une critique, c’est assez politiquement incorrect dans notre société actuelle où l’on se bat pour que la parole des femmes soit écoutée et crue. Jusqu’à en excuser les débordements ? Je ne sais pas, je n’ai pas, finalement, adhéré à la cause, au soutien tellement manifeste de cette jeune-fille — par ailleurs assez maltraitée par les garçons de son collège car elle a eu trop tôt des gros seins qui les ont appelés à abuser de sa candide féminité — qu’il sous-entendait la condamnation de tous ceux et celles qui l’avaient … entendue et crue.
Cela et son contraire donnent au livre du grain à moudre et de bonnes raisons d’être lu et discuté. C’est un ouvrage très intéressant. Le fait qu’on a laissé tomber la piste du malheureux innocent qui a séjourné en prison pour rien  m’a chiffonnée… Mais ce n’est pas le sujet.
On comprendra mieux la démarche de l’autrice, pour ceux et celles que ça intéresse, en écoutant comment elle expose son livre (lien ici). Oui, c’est complexe.

La petite menteuse de Pascale Robert-Diard, 2022 à l’Iconoclaste. 230 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

L’envers des McDo

En salle est le premier roman  (c’est écrit roman sous le titre mais ça ressemble beaucoup à un récit) de Claire Baglin. C’est la cohabitation de deux périodes de sa vie marquées par le fast food,  dont la marque n’est jamais citée, et qui était source d’une joie sans nom quand, petite, ses parents l’y accompagnaient avec son petit frère, un gosse vif et quelques peu brutal. Il s’y précipitait en premier, dès que la voiture stoppait, de peur que les parents changent d’avis. Mais aussi source de stress, lorsqu’à vingt ans, elle y travaille. Claire Baglin y alterne ses périodes « heureuses » mais pas toujours, et pénibles. Un paragraphe après l’autre. Le plus surprenant, c’est le langage littéraire qu’elle emploie : simple, tranchant, sonore, factuel, impressionniste. Avec des assemblages de mots étonnants, souvent très populaires piqués de petits mots familiaux. Quel plaisir !
Son père, Jérôme, est un prolo qui travaille à l’usine, sa mère, Sylvie, est peu décrite. Le père fait les trois huit, autant dire que les enfants ne savent jamais quand il rentre, quand il part, quand il est là, si on mange avec lui. Il travaille dur, et dans sa nouvelle usine, il a la possibilité de rapporter des trucs de la déchetterie voisine de l’usine, qu’il stocke, entasse avant le réparer. Il y en a partout, beaucoup de choses inutiles mais comme neuves. La maison est un vrai bordel, on voit la gamine le dimanche soir essayer de rassembler ses affaire pour l’école, perdues dans cet océan de déchets. Elle n’a pas le droit d’y inviter ses copines, sinon la honte. Et puis il y a les vacances, grâce au comité d’entreprise mais le père ne sait pas se reposer. Il aime ses enfants « vous êtes mignons, les titis ». Il examine toujours les objets montés en usine, il aime y reconnaître la fabrication. Et raconte souvent les blagues qu’ils se font entre collègues. Il aime bien l’ambiance de son boulot. L’autrice ne le décrit pas comme quelqu’un de malheureux.
Cette fois, dans la période actuelle, elle bosse dans le fast food. C’est ultra fast. Il faut tout faire à toute allure sans faillir. Sans penser. Ses mains s’y abîment, pèlent, se brûlent, souffrent. Sa tête aussi. Elle n’entre dans aucune relation, elle reste à l’écart, ne mange pas avec les autres. Elle se rend tellement insignifiante que personne n’enregistre son prénom, on l’appelle par le poste qu’elle occupe. Chaque jour invariablement, c’est la tenue à mettre, filet, pantalon, tablier, sur-chaussures, puis les tâches plus ingrates les unes que les autres : l’entretien des machines, des toilettes, de la salle, les frites, le service en salle qui représente le poste le plus cauchemardesque, enfin la caisse et le drive, sortes de planques dont on ne peut pas profiter car elles ne sont que provisoires, chaque « équipière » lorgnant dessus, distribuées par la cheffe selon son gré.
Super livre sur l’aliénation au travail mais sans pathos, plutôt une sorte de regard détaché, tendre et parfois drôle. La cadence du travail y est tellement bien rendue qu’on ne peut plus aller au fast food sans penser à l’enfer que ça représente pour ceux qui y travaillent.
Claire Baglin, une sacrée virtuose de l’écriture. D’ailleurs, les éditions de Minuit ne s’y sont pas trompées.

En salle de Claire Baglin, 2022 chez Minuit. 160 pages, 16 €

Texte © dominique cozette

 

Les Fessebouqueries #607

Tremblez, cyclistes ! Un dangereux vélophobe est lâché dans toute la France, oui, l’actu de la semaine est impitoyable. Qu’importe les missiles russes ou pas, la fin annoncée de Twitter pour cause que le rat Muské ne sait pas comment qu’ça marche, le recasement du maudit Castaner dans le noir effrayant du tunnel du Mont Blanc, qu’importe que la courageuse femme à Chiotti ait cumulé trois salaires de la peur, que les horribles maths soient de retour à l’école, que la COP 27 n’aie rien conclu de concluant pour ce monde agonisant, qu’importe qu’Hanouna continue à hanouner de ses naseaux fumants, que le nouveau beaujolpif soit insupportablement buvable, que la corrida reste un loisir tout à fait ordinaire, ou que le clito ait servi de modèle pour la mascotte Qatar (ne pas confondre avec queutard), qu’importe enfin que la bière et autres alcools soient tricards au pays des maladroits de l’homme, qu’importe tout cela puisqu’on vous dit que Sardou va se faire le prochain vélo qui passera devant sa McLaren 12C, une de ses Audi ou sa Tesla S. Que cela n’empêche pas les non-qatariens que nous sommes de lever le coude. Tchin-techin amigas-gos !

– VD : Je monte sur le vélo, le prochain Michel Sardou que je croise je me le fais.
– CC : Le fait que les méduses aient survécu 650 millions d’années sans cerveau, donne de l’espoir à beaucoup de fans de Cyril Hanouna et autre « influenceurs »….
– NA : —  Papa, ça sert à quoi la Cop 27 ?  —  Je crois que ça sert à caler une date pour la Cop 28.
– ES : Ndiaye corrige la réforme des lycées de Blanquer : le Pap mise sur l’évangile selon St Maths.
– GL : Et j’enlève les maths. Et je remets les maths. On dirait une chanson de Philippe Katerine.
– NMB : C’est dommage, on aurait attendu vendredi matin pour dévoiler les mascottes des jeux 2024, on aurait au moins eu l’excuse du beaujolais nouveau. Mais là…
– OR : Avec le missile russe tombé en Pologne on avait un bon prétexte pour déclencher la Troisième Guerre Mondiale et on ne l’a pas exploité. Tant pis, on n’aura qu’à attendre le prochain qui ne saurait tarder…
– GD : Ces mêmes bonnets phrygiens que le gouvernement qualifierait aujourd’hui de « terroristes » de « la désobéissance civile », ou bien ?
– MM : Il y avait pas une meuf dans la team conception des mascottes pour leur dire que ça ressemblait à un clitoris ?
– NMB : Je me demande ce que je vais bien pouvoir foutre pendant mes heures de boulot quand Twitter aura fermé.
– CC : Le monde change, aujourd’hui il est plus facile de trouver le clitoris plutôt qu’un prêt immobilier à moins d‘1,5%.
– CM : Sardou vient de dire que c’est son épouse qui l’avait décidé à remonter sur scène. Tu m’étonnes ..  L’ avoir sur le dos toute la journée. Brrrr
– OK : Le ministère de la défense russe vient d’indiquer que si deux missiles russes ont atterri en Pologne, c’est parce qu’ils ont été éblouis par le soleil.
– RR : C’est cool de manger avec des amis d’enfance, on fait la liste de tous nos traumas : nos mères en pleurs apprenant l’attentat contre le pape, les journées à bouffer du riz en soutien inutile aux petits Éthiopiens, la bûche de Noël dégustée devant les Ceaucescu. La belle époque.
– CD : Castaner au port de Marseille, Castex à la RATP, Pénicaud je sais plus où…….ça va les parasites incompétents ? Contents de votre sort ? Et n’oubliez pas de vous augmenter !
– NMB : Merci par avance aux grandes puissances de régler le problème du missile en Pologne avant dimanche pour qu’on puisse boycotter sereinement la Coupe du Monde.
– CEMT : Donc en gros Trump affirme avoir gagné l’élection en 2020 mais il se présente quand même en 2024 alors que normalement c’est limité à deux mandats.
– PY : Et c’est parce que je défends la valeur travail que mon épouse travaillait 47 heures par jour, 9 jours par semaine dans diverses institutions sous mon contrôle. Parce que dans notre famille, on bosse, nous ! (Eric Ciotti)
– NMB : Boinville-Le-Gaillard : il confond un sanglier avec le cubi de beaujolais nouveau, la partie de chasse est annulée.
– NMB : Je viens de roter mon verre de beaujolais nouveau, ça m’a détartré toutes les molaires.
– CEMT : « Comment ? Il fallait des gens pour faire tourner Twitter ? Je pensais que mon ego suffisait… » (Elon Musk)
– RR : « Quand une abeille mâle jouit pendant l’accouplement, ses testicules explosent et il meurt. » Si tel était aussi le cas chez les humains, cela aurait réglé depuis longtemps le problème du patriarcat…
– DC : A Potes Emploi, Castaner avait déjà intégré le port de Marseille, et Macron lui refile la direction du tunnel du Mont Blanc. Tout ça payé par qui ? Devinez, bande de rats !
– VS : Lundi, Elisabeth Borne a fait un allez retour en jet privé Paris-Marseille au lieu de faire 3 heures de train pour… signer un protocole sur la planification écologique.
– NR : Après le port de Marseille, Castaner traverse une seconde fois la rue et trouve un boulot de président du tunnel du Mont-Blanc avec un modeste salaire brut annuel de 150.000 €. Bref, Renaissance, c’est pas un parti, c’est une agence Pôle emploi de luxe pour ministres déchus…
– GD : Écoutez, ce matador venu expliquer au micro d’une radio que la corrida « prône la vie », je ne l’avais pas trop vu venir.
– DT : C’est curieux la corrida, ceux qui la matent adorent, mais personnellement, celui qui me feria l’aimer, il n’est pas encorné. Il faut quand même dire qu’on préfère les bouchées à la reine aux bouchers à l’arène…
– LC : Ça me manque l’époque où on pouvait dire qu’on était cas contact pour éviter une soirée, et personne n’insistait.
– TV : Je lis partout « c’est la fin de Twitter »… « On se retrouve où ? »… arrêtez bordel… vous allez nous attirer Patrick Bruel qui va nous péter les noix avec son « et pourquoi pas Place des Grands hommes? ». Le cauchemar ultime, putain !
– BC : On manque de médecins. On manque de professeurs. On manque de conducteurs de bus. On manque d’artisans. On doit bien avoir quelque chose en trop, mais quoi ?
– AS : La vente d’alcool interdite près des stades du Mondial au Qatar. Les stades climatisés, d’accord, les vols entre les stades, aussi, les ouvriers traités comme des esclaves, passons, mais ça, non !
– CH : Imagine. Twitter ferme et on est obligé de faire in real life ce qu’on venait faire ici… Dans les rues des mecs courront derrière d’autres mecs pour leur donner leur opinion dont ils n’ont rien à foutre. D’autres raconteront des vieilles blagues à haute voix dans le métro.
– NP : Imagine le patron d’un réseau social qui lance un appel à l’aide à toute personne capable de coder, parce que tout le staff des développeurs s’est barré… Nan je déconne…
– CEMT : Je constate que Twitter tourne encore ce matin alors qu’on l’a enterré hier, Elon Musk ne respecte même pas notre deuil.
– CD : Patrick Pouyanné promet que Totalenergies paiera l’impôt sur les sociétés l’an prochain. Et mon coiffeur promet que demain on rase gratis. Et le gouvernement, que demain il n’y aura plus de pauvres….
– MK : Bière interdite au Qatar. Seules les mises en bière étaient encouragées. Mais ça, c’était avant !
– ED : Alcool au Mondial: la Source qu’a tari !

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Les Fessebouqueries #606

On ne va pas se raconter d’histoires, il y a des cactus partout dans cette sombre actualité par ailleurs tellement ensoleillée et joyeuse qu’on n’ y croit pas. Hanouna déjà tellement content d’avoir fait le buzz avec ses guignolades habituelles et son léchage de pompes à son boss Bobo alias le Breton d’Afrique alors que les migrants, selon l’autre guignol, Z, vont aller se marrer au Club Med de Gien, et qu’un autre bateau s’apprête à polluer, un énorme paquebot (pas que beau,)  qui ne transportera que des milliers de gogos bobos qui eux ne seront pas boudés par les ports des pays d’Europe, car le fric c’est chic, alors que le méat coule pas, toujours pas, chez les évêques pédo-chrétiens et qu’une ministre de la transition énergétique bien toc trempe ses enfants dans un sombre marigot pas très catho… mais mais mais heureusement, Gad Elmaleh amuse la galerie contant sa rencontre inattendue avec la Vierge Marie mais l’est-elle toujours, vierge, va savoir avec ce séducteur aux yeux bleus… Rien n’est jamais joué, qui perd gagne et tel Kiri vendredi dimanche trinquera. A la bonne vôtre, un grand tchin !

– ET : Je vous rappelle que « Hanouna » ressemble drôlement au mot qui veut dire crotte de nez en arabe. Ceci explique sans doute cela…
– OR : Dans l’altercation entre Boyard et Hanouna, moi, je soutiens Bolloré : Qu’il retourne en Afrique!
– DM : Cotillard a été choisie par France 2 pour être la marraine de son émission sur l’écologie : artiste complotiste à l’empreinte carbone catastrophique, installée aux USA pour ne plus payer d’impôts en France, elle viendra vous expliquer ce qu’il convient de faire pour la planète.
– CD : Emmanuel Macron : « La France peut devenir le leader des industries vertes, elle va le devenir ! » . Deux condamnations pour inaction climatique……fin de la blague.
– GD : Franchement, qui n’a jamais oublié, dans un instant d’inattention, de déclarer une société détenue par ses enfants dont les fonds de 1,2 millions d’euros proviennent de paradis fiscaux ? Hein ?
– IJ : Je lance les paris ! L’affaire Pannier-Runacher….disparaît des écrans en trois jours ? Qui met son billet?
– BR : Néanmoins, Agnès n’a Pannier les faits reprochés
– OV : Au cas où je deviendrais ministre, je précise tout de suite que mes filles possèdent un patrimoine de 157 cartes Pokémon (dont certaines assez rares dans leur cour de récré) mais que je n’en ai absolument pas l’usufruit.
– DM : Le bureau de l’Assemblée vient de voter le port de la veste obligatoire pour les députés. Incroyable sens des priorités. Heureusement qu’on n’a pas 10 millions de pauvres dans notre pays.
– OR : Un nouveau scandale dans l’Église. La Vierge Marie reconnaît un comportement inapproprié envers Gad Elmaleh quand il avait neuf ans.
– GD : Pardon aux poubelles pour les comparaisons faites avec la télévision bolloréenne.
– MN : J’ai testé pour toi les câlins aux arbres pour recharger les batteries et absorber son énergie de vie. Bon c’est nul. Un rail de cocaine c’est vachement mieux.
– CV : La fin d’un tube de dentifrice dure deux fois plus longtemps que tout le reste du tube et personne ne s’en étonne.
– CD : De Zemmour à Devilliers en passant par Maréchal et Rieu (et j’en oublie) tous s’insurgent que les méchants migrants vont être logés dans un village vacances. Alerte, braves gens  ! 234 personnes sont là pour profiter de l’aide sociale et violer vos filles! Les fachos en PLS (position latérale de sécurité).
– EL : Eure : Un couple viole sa chienne pendant sept mois et filme les scènes. Par ailleurs, un très gentil couple très implanté dans cette jolie petite commune de l’Eure ! Très bons voisins … très polis et toujours bien habillés ! C est important ça les habits.
– OB : Marlène Schiappa est au gouvernement ce que l’ananas est à la pizza. Personne n’en veut mais il faut la mettre à la carte au cas où.
– RR : Si seulement certains hommes pouvaient arrêter de battre des elles.
– RS : Le bateau de croisière de 250 000 tonnes, le plus grand au monde, pourra embarquer dès l’année prochaine 7000 passagers. C’est rassurant de voir qu’on a enfin pris des mesures fortes pour le réchauffement climatique.
– ES : Onze évêques sous le coup d’une enquête pour pédocriminalité. L’Eglise ébranlée.
– PI : On n’a jamais le droit de critiquer les gens sans être taxé de mépriser la liberté de consommer ce qu’on veut et j’ai pourtant un vrai problème avec deux catégories de personnes : ceux qui cuisent les endives et ceux qui regardent Hanouna.
– CEMT : Agnès Pannier-Runacher loue une maison appartenant à la famille Dassault : « Je ne m’étais rendu compte de rien, bon j’avais bien vu l’avion dans le salon mais je pensais que c’était de la déco. »
– VI : Y a-t-il un modèle mathématique qui explique que quand on fait une lessive avec une couette, toute la lessive se retrouve DANS la couette à la fin ?
– OR : Si un musulman se convertit à une autre religion, il risque la mort. Si un chrétien se convertit à une autre religion, il risque le bûcher. Si un juif se convertit à une autre religion, il risque de rester juif.
– CEMT : Gérald Darmanin : « Je voudrais rassurer Eric Zemmour et Eric Ciotti : Les migrants de l’Ocean Viking sont très mal traités, on leur passe des discours de Jean Castex et du Lara Fabian à fond. »
– EL : Dorénavant, il sera interdit de critiquer un ancien employeur, toute sa vie il faudra le vénérer puisqu’il aura payé notre travail. Cet amendement dit « amendement Baba » sera discuté prochainement à l’assemblée.
– PA : Les nanas d’1m75 qui mettent des talons de 20 cm, c’est quoi votre but dans la vie ? Attraper un aigle en plein vol ?

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Buk et la Beat

Le titre du libre est bizarrement Jean-François Duval et les Buk Beats, suivi d’un soir chez Buk. Pourquoi pas ne pas mettre son nom dans le titre. Il faut reconnaître à JFD l’énorme quantité de savoir qu’il possède et partage sur cette Amérique tant chérie par beaucoup d’entre nous qui aurions adoré connaître cette époque de folie, de permissivité sur les addictions de toutes sortes, alcool, drogues, sexe, vitesse, marginalité, liberté, quoi.  Les principaux héros traités, ou plutôt précisés, dans le livre sont Kerouac et son double, Cassady, et toute la bande, d’un côté, et de l’autre, Bukowski qui n’apprécie pas trop l’amalgame dont on l’affuble à propos de cette clique.
Le livre, une mine d’anecdotes, de dates, de verbatim, est une mise au point entre les intervenants qui ont fondé le concept de la Beat Generation. On y retrouve les poètes insolents que furent Ginsberg, Burroughs, Neal Cassady et leurs femmes, maîtresses, amants, dont beaucoup ont écrits des livres relatant leurs grandes aventures, peu traduites en français. On y voit la naissance du mouvement, les amitiés et amours multiples, les caractères tellement différents des uns et des autres, les dissensions et on s’aperçoit que  Bukowski (qui s’appelle en réalité Henry — d’où Hank — mais qui n’aimant pas son prénom, le change en Charles) ne fait résolument pas partie de la troupe, assez indépendant voire misanthrope, préférant se planquer. Ou provoquer vertement.
Il y a aussi des rencontres improbables et particulièrement ratées entre Buk et Godard, par deux fois, Godard qui inclura néanmoins le poète vinophile dans Sauve qui peut la vie, et aussi Jean-Paul Sartre.  On y découvre que Buk semble vaguement jaloux de la beauté ravageuse de Kerouac « La beauté, c’est un truc qui n’existe pas… Elle est l’effet d’un mirage de généralités »  confie-t-il à son ami Sean Penn. On y croise l’immense Crumb, ils ont réalisé trois recueils ensemble, qui dit de lui « Les deux fois où j’ai croisé Bukowski, il était joliment soûl. Je ne crois pas que c’était le meilleur type avec lequel socialiser. Il n’aimait pas tellement les gens de chair et d’os. Dire qu’il manquait de grâce sociale est un euphémisme. »
Il y est question, évidemment, du film que fit Barbet Schroeder d’après son scénar, et du livre Hollywood qu’il écrivit pour remettre les choses en place. Et de tellement d’autres choses.

Le livre est illustré de très nombreuses photos, notamment de personnages secondaires (le titre d’un livre écrit par Joyce Johnson, une compagne de Kerouac) et beaucoup de petit dessins simplistes du poète mais surtout, et pour finir en beauté, on est invité à assister à un soir chez Buk où s’est rendu JF Duval, et où Bukowski et sa femme, Linda, qui l’a accompagné jusqu’au bout, ont discutaillé de choses et d’autres, l’écrivain livrant malgré lui quelques faits d’armes ou petits secrets parfois retoqués par Linda, bien sûr en picolant. Où Buk dit qu’il n’écrit jamais sans boire (ah bon ?) mais qu’il a définitivement remplacé bière plus whisky par vin : ça dure plus longtemps, on peut écrire durant trois heures. Sa femme, Linda ne boit plus, par sagesse, elle était capable d’en absorber plus que son mari.
Et pour clore cet ouvrage dense, toute la production écrite, enregistrée et filmée des participants y est documentée, leur bio et leurs liens y sont résumés, ce qui fait une somme de docu dans laquelle plonger quand on a envie de revoir ses basiques.
Passionnant pour qui aime cette période mythique unique.

Jean-François Duval et les Buk Beats, suivi d’un soir chez Buk 2014 édition augmentée chez Michalon. 270 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

 

Les Fessebouqueries #605

Oh les belles contradictions dans l’actu de cette semaine ! D’un côté la bossa nova qui swingue sur le Corcovado avec be bop a Lula, de l’autre les penchants morbides des racistes qu’ils soient d’ici bien (r)assis à la chambre ou chez nos amis les Italiens qui ont préféré une grosse blonde bien facha (je mets au féminin). On n’en est pas loin, nous aussi, petits coqs gaulois s’égosillant sur notre tas de fumier. Amplement bassinés par de sales histoires d’O et d’écoterrorisme, dramatiquement consternés par une fiesta Halloween qui pue la mort, attristés par la disparition de l’homme qui voyait tout en noir, déjà atterrés par la COP 27 et son déluge de jets sans aucune compensation carbone, nan mais des fois, c’est le peuple qui compense, nous on pense con, c’est comme ça… pourrait dire aussi le Noiseau Bleu Muské, menaçant de nous piquer du blé contre le droit de l’ouvrir. J’vous jure. Bon, c’est le week-end, on a encore le droit de tirer un coup avant de le boire comme dit le proverbe, alors tchin dearest friends !

– NMB : Je trouvais archi-nulle la nouvelle pub Damart avant de réaliser que c’était un discours d’Élisabeth Borne.
– OVH : 150 fantômes pour Halloween à Séoul. C’est vraiment la fête des morts.
– GD : BolsonarOut.
– MLG : Elle va être belle la COP27 : « Et vous la France, vous faites quoi après les records de canicule, de sécheresse et les incendies de cet été ? — Bah on pompe dans les dernières nappes pour faire du maïs à bétail et on pète la gueule aux paysans et aux écolos qui protestent ».
– PI : Toi aussi, quand on te dit éco-terrorisme tu penses à la déforestation, aux épandages de pesticides ou aux SUV, ou c’est que moi ?
– JD : Ma fille m’a demandé de faire un compost. Un compost à huit ans. Clairement sur la voie de la radicalisation éco-terroriste. Je suis à deux doigts d’appeler Darmanin pour la ficher S.
– DP : Une grossesse abominable qui m’a appris ce qu’était le mot fatigue, un accouchement en mode fusée, pas le temps pour la péri, presque dix mois d’allaitement, zéro nuits complètes. Pour que son premier mot soit « papa ». Ma fille est un troll.
– PA : Apophtegme Quand on voit beaucoup de glands à la télé, faut-il changer de chêne ?
– GM : Apres l’islamogauchisme, Zemmour promeut le francocide et Darmanin l’écoterrorisme. Il doit y avoir un concours de néologismes à l’extrême droite.
– MK : Ouf, c’est Duralex qui suspend son activité et pas Durex !
– OVH : Mon mari m´a fait un somptueux cadeau : dix litres de SP. Yes we jerrycan.
– KR : La nouvelle validation Twitter ça voudra juste dire que t’es un pigeon qui paie huit dollars par mois pour montrer au monde que t’es un pigeon.
– GD : Et voilà, dans un moment d’inattention, j’ai encore failli comparer Gérald Darmanin à du jus de poubelle. (Pardon aux jus de poubelle.)
– CEMT : Donc Pierre Soulages il a peint des trucs noirs toute sa vie et à la fin, ils le collent dans cercueil bleu, quelle indignité.
– RR : Bientôt on fera apprendre aux élèves la table de multiplication de 49.3.
– EL : La maison de Céline (pas la chanteuse) va être restaurée. Chouette ! Bah non, elle va va être louée en Airnb à des inconnus. Vous rêviez d un musée dans la maison qui avait abrité son cabinet médical ?? Et bah non ! Le maire est con ou bien ?
– NMB : N’empêche, depuis qu’Elon Musk a racheté Twitter, on a perdu dix degrés et il fait nuit une heure plus tôt, le pouvoir de nuisance de cet individu est sans limite
– CH : La paléontologie ou la science qui étudie les trucs qui ont été fait par des mecs qui s’appellent pas Léon
– MA : Arrêtez de rendre tout et n’importe quoi à César, il ne sait plus où mettre vos merdes.
– NA : Patient : J’ai un trouble de la personnalité. Psy : Ça se traduit comment ? Patient : I have a personality disorder.
– RR : Présentement en train de rédiger la « Charte du bon neveu stagiaire de 3ème hébergé chez sa tante maniaque ». Le pauvre va retourner en courant chez ses parents.
– LC : Je dis pas que je suis vieille je dis juste que j’ai connu l’époque où quand je répondais au téléphone ça pouvait potentiellement arrêter le téléchargement d’une chanson que j’avais lancée 5h avant.
– ES : On dira ce qu’on voudra, celui qui a écrit les chansons les plus cochonnes c’est quand même Leonard Couenne.
– CEMT : Arrêtez de dire que le gouvernement italien est fasciste, c’est de la diffamation, il est juste nazi.
– AP : Pas moins de 400 jets privés de dirigeants mondiaux vont se rendre au sommet sur le climat de la COP27. Pour expliquer aux pauvres comment rouler en vélo ou en trottinette et arrêter de se chauffer l’hiver pour “sauver le climat”.
– JD : Qu’ils retournent, qu’il retourne.. On est en train de faire des analyses syntaxiques poussées pour les propos d’un raciste notoire, que l’historique de ses tweets confirme.
– DE : Hier soir, je suis monté à 22 degrés dans mon séjour avec mon poêle à granulés. Le GIGN est dans mon salon. Je serai exécuté demain, je vais devoir écouter des interviews de Marlène Schiappa jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ni fleurs, ni couronnes. Merci.
– SA : Salah Abdeslam s’est marié en prison par téléphone avec une femme qu’il ne connaissait pas. Il a aussi tué  des gens qu’il ne connaissait pas… Décidément.
– TV : Ah putain… en suivant l’actualité de ces deux dernières journées, je découvre que le Rassemblement National est un parti raciste. Quelle déception. Moi qui pensais qu’ils étaient juste xénophobes.
– SF : Le raciste a été viré quinze jours de l’Assemblée Nationale. Celui qui tabassait sa femme est toujours en arrêt maladie. Nous, on se repose ce week-end avant de reprendre le taf pour payer leurs salaires de dingue. Vive la République !
– CEMT : Gérald Darmanin : « Concernant les chômeurs nés Français, je propose qu’on leur donne une autre nationalité pour pouvoir les expulser, comme ça deux problèmes résolus d’un coup. »
– CC : L’Etat s’apprête-t-il à voler 90 milliards aux retraites complémentaires des salariés du privé ? Même le Medef s’inquiète de ce tour de bonneteau, c’est vous dire.
– GD : Comme quoi, même poliment assis à l’Assemblée et « bien habillé » et propre sur lui, un parti xénophobe fondé par des nostalgiques du IIIe Reich reste un parti xénophobe fondé par des nostalgiques du IIIe Reich.
– SA : Lula élu président quinze ans après son départ. Et me voilà à croire qu’un retour de Lionel Jospin serait possible.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Lucas Belvaux écrit aussi

Lucas Belvaux a réalisé de nombreux films dont une géniale trilogie Un couple épatant, Cavale, Après la vie qui prend la même histoire et les mêmes personnages sous un angle différent, l’un est une comédie de couple, l’autre est un polar tout a fait scotchant et le dernier un thriller psychologique. Une vraie prouesse. C’est pourquoi je n’ai pas balancé à m’offrir son premier roman Les Tourmentés, sachant d’avance que Belvaux sait construire une histoire. Et quelle histoire.
Au départ, trois personnages principaux : Skender, un type sympa qui se clochardise irrémédiablement, Max, son « frère » d’armes avec qui ils ont combattu lors de sales guerres, tué des hommes et sauvé d’autres, et Madame, richissime jeune veuve dont Max est devenu une sorte de majordome, garde du corps, confident. Cette femme à l’histoire tragique, est une chasseresse hors pair. Elle a tout chassé par delà le monde, elle manie les armes avec une précision diabolique, c’est la passion que lui a transmise son affreux mari dont on peut se demander si c’est elle qui l’a tué lors d’une chasse.
Combien vaut la vie d’un homme qui ne vaut plus rien et qui a plus ou moins abandonné sa femme formidable et ses deux fils ? C’est un contrat que se passent ces trois-là. Skender sera le gibier, Madame le chasseur et Max l’arbitre, c’est lui qui les a mis en contact. Il aura trois millions, le premier lors de l’acceptation de ce marché, le deuxième lorsque la chasse débutera, dans six mois dans une forêt de l’Europe de l’est, et le troisième un mois plus tard, à la fin de la chasse. S’il est mort, tout sera pour sa femme et ses fils. Il a le droit aussi de se défendre, sans arme bien sûr, de tuer Madame, qui, elle, est armée et aidée de ses deux féroces chiens.
Je ne divulgâche rien. Skender bénéficiera d’un logement confortable pour se préparer. Opiniâtre et toujours amoureux de sa femme, il va se refaire une santé, arrêter alcool et autres saletés, mettre au point un entraînement diabolique tandis que Max et Madame lui inventent une profession dans une multinationale qui justifie, auprès de sa femme « innocente », son nouveau look d’homme de confiance, son salaire, sa belle voiture et son retour aux bonnes manières..
Jusque là, nous apprenons à connaître les protagonistes, dont aussi l’aîné de ses fils car chaque chapitre est dit par la voix de l’un ou l’une d’eux. Nous sondons leurs pensées et assistons à l’évolution de leur mental au fur et à mesure qu’on approche du début de la chasse. Et ça devient passionnant, les personnages s’observent, s’entremêlent parfois, analysent leurs motivations, interrogent leurs valeurs.
On a envie que Belvaux fasse un film de cette histoire mais en regardant la présentation qu’il a faite de son roman, je m’aperçois que c’était d’abord un scenario. Puis c’est devenu, bizarrement, un livre. Un roman très fin, très émouvant, très profond. Avec un peu de longueur au début qu’on oublie vite.

Les Tourmentés de Lucas Belvaux, 2022 chez Alma Editeur, 344 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #604

Joignons l’inutile au désagréable comme disait mon arrière-tonton en décrochant son fusil du râtelier, remettant le sien en place dans sa gueule avinée, vérifiant que sa gibecière contenait bien ses fiasques de tord-boyaux nécessaires à tout chasseur qui se respecte (mais pas les autres) et cherchons un peu de bonheur dans l’actu… Heu, je ne vois pas trop, je suis dans le schwartz comme disait le gardien du musée de Rodez, le musée de Soulages si vous préférez et gageons que les arroseurs de tableaux ne vont pas y balancer du goudron fondu par la température insensée de notre petit monde, ça ne se verrait pas. Du goudron et des plumes, réservons-les aux fachos qui fleurissent un peu partout, et quand je dis plumes, je pense à celle du l’oiseau bleu, alias Twitter qui s’est muské grave. Beurk. Bon allez, fêtons ce qu’il reste à fêter tant qu’il y a des verres et de quoi les remplir et bon dimanche !

– NMB : Les trois cyclistes légèrement blessés ce dimanche par le tir d’un chasseur seront jugés demain en comparution immédiate pour avoir refusé de restituer les plombs à leur propriétaire.
– EL : Grâce à l’effort conjugué des plus riches, des industriels, des voyageurs en jet, des destructeurs de forêts, des gros pollueurs, de nos amis Chinois et de tous ceux qui consomment pour consommer, sans oublier Vlad le guerrier, nous sommes arrivés à repousser l’hiver ! Continuons.
– CEMT : Emmanuel Macron : « Je voudrais d’abord saluer Pierre Soulages, ce visionnaire qui avec ses tableaux noirs avait anticipé les coupures d’électricité de cet hiver. »
– PA : J’ai un ami qui pensait que sa vasectomie empêcherait sa femme d’être enceinte, mais en fait, ça change juste la couleur du bébé.
– MAP : Ça me manque les portables à clapet, on raccrochait au nez avec plus de classe.
– DC : Le premier bébé « PMA pour toutes », est né en août. Elle s’appelle Zola. Le second, si c’est un garçon, s’appellera Gorgon.
– CEMT : Un peu répétitif cette émission quand même, ça fait deux fois de suite qu’Emmanuel Macron invite Caroline Roux.
– PL : Un chasseur grièvement blessé après avoir été chargé par un sanglier. Réaction du sanglier : — Désolé ! Ébloui par le soleil, j’ai confondu le chasseur avec un gland !
– RR : « Intérieur ou terrasse ? » C’est tellement louche cette question en plein automne qu’à chaque fois, j’ai l’impression que le serveur c’est Dupont de Ligonnès.
– GD : C’est le même monsieur qui s’est empressé d’aller saluer l’héritière revendiquée des fascistes italiens qui nous donne de grandes leçons de lutte contre l’extrême-droite, ou bien ?
– CEMT : « Attendez, si on peut même plus tirer sur des cyclistes en étant pétés comme des coings tous les week-ends, quel est l’intérêt de la chasse ? »
– EL : Soulages vient de mourir ! J ai peur des titres demain dans les canards ! Noir c’est noir ou pire encore ….
– AB : Désormais, l’amour est  sur Tinder, le bureau est en télétravail, les recrutements se font par des algorithmes, la joute entre partis politiques a lieu sur Twitter. Est-ce que l’on a encore besoin de se rencontrer en chair et en os pour faire société ? Entretien avec Daniel Cohen.
– PI : Je ne sais jamais s’il faut dire LREM ou Renaissance alors pour éviter de me tromper, je dis le parti avec le ministre de la justice mis en examen.
– CC : Quand tu as en tête inconsciemment « Noir c’est noir » de Johnny…
– CEMT : Emmanuel Macron : « Je crois au dialogue social, les travailleurs demandent une augmentation, les patrons disent non et tout le monde retourne joyeusement au travail. »
– MK : Comme si un chasseur pouvait être bourré ! (ils ferait mieux de faire passer un alcootest aux électeurs du Rassemblement National).
– PI : Quand les gens auront l’intelligence de voir autre chose que le pays d’origine des meurtriers, on pourra peut-être se poser cinq minutes et parler de la crise de la psychiatrie en France.
– CV : Quand tu descends du trottoir étroit pour laisser passer une vieille dame avec une canne et que tu écrases une merde de chien posée exprès dans le caniveau, tu sais que tu tiens une nouvelle preuve irréfutable de la non-existence de Dieu.
– OVH : Après Sadiq Khan, premier maire de Londres d’origine indo-pakistanaise, Rishi Sunak, premier premier ministre d’origine indienne. Il ne manque plus qu’une femme d’origine féminine pour compléter la diversité biopolitique de la Grande Bretagne. Ah ! Oui et un roi homme, pourquoi pas ?
– FA : Tu les vois, toi, les flics, en train de chasser les chasseurs bourrés dans la forêt ? Voilà une loi qui va servir mais tellement à rien…
– NMB : Acheter pour 44 milliards de dollars un réseau social qui débat depuis seize ans sur le nom d’une viennoiserie, et ça se dit homme d’affaires.
– BR : Le PDG de Total gagne autant qu’une assistante maternelle qui garde 1500 enfants (pour avoir une idée de l’ordre de grandeur … )
– PI : Boycotter la coupe du monde au Qatar ou quitter Twitter à cause de Musk, je sais pas trop, j’hésite encore, dans le doute j’attends qu’une attaque nucléaire ne me laisse pas le choix, appelez ça la sagesse si vous voulez.
– CEMT : Elon Musk : « Suite à un référendum d’une seule personne (moi), j’ai décidé de rattacher Twitter à la Russie. »
– PI : En fait si j’ai bien compris, on a tout miniaturisé sauf les bagnoles parce qu’on a besoin de beaucoup de place pour mettre tous nos trucs miniaturisés.
– RP : Pour réconcilier les chasseurs et la société civile, il faut autoriser la chasse en centre-ville aux heures de pointe afin de réguler l’espèce des utilisateurs de trottinettes électriques.
– NMB : Je vais aller fleurir les tombes ce week-end en mettant des pieds de tomates plutôt que des chrysanthèmes, c’est plus de saison et ça changera un peu.
– OB : Edouard Philippe plaide pour un report de l’âge légal de départ à 65 voire 67 ans. Il ajoute, altruiste : « Les salariés pourront bien sûr, sans problème, venir avec leur déambulateur. Nous envisageons d’encourager la création d’une « team arthrose » dans chaque entreprise, le bien-être de nos seniors ne doit pas être négligé. »
– EL : Pour attirer les pauvres dans les musées, le ministère jette de la purée et de la soupe sur des toiles célèbres espérant que les gens vont lécher ! Cette fois ça va trop loin.. la culture pour tous a des limites !

MERCI À VOUS QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…
RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Non de nom !

 

Nom est le titre très court du dernier Constance Debré, ce nom de potentats dont elle ne veut plus. On a déjà lu dans ces deux précédents ouvrages ( Play boy ici et Love me tender ici) comment elle a brusquement tout largué, famille célèbre — son grand-père a tout de même participé à l’écriture de la Constitution de la Vème — père camé jusqu’à l’os puis  alcoolo, mère mannequin morte bien plus tôt d’overdose, son mari pénible qui fera tout pour qu’elle ne voie plus leur fils, coming out qui l’envoie faire ses nuits du côté des filles, métier d’avocat qui finit par la dégoûter vu l’injustice de la justice selon la classe d’où l’on est, crâne rasé, tatouage etc.
On la retrouve pareille,totalement radicalisée, ne possédant que ce qu’elle a sur elle : sac à dos, quelques tee-shirts et un jeans, ordinateurs et autres babioles obligatoires de la vie courante, une minuscule piaule où elle a entreposé des restes mais qu’elle décide de liquider. Dans ce livre où elle ne révèle pas grand chose, elle continue de cracher violemment sur la bourgeoisie, le pouvoir, les dignitaires, les bien placés, les puissants etc. Elle dénonce la violence de classe dont la meilleure façon d’observer la rupture entre le haut et le bas est de parcourir la ligne 4 qui traverse Paris depuis les plus pauvres qu’elle trouve beaux aux plus vides, les bourges qu’elle trouve vide.
J’ai bien aimé ce passage : « Dans la famille on ne trouve pas d’ouvriers, de paysans, de domestiques, d’instituteurs, de commerçants, de petits fonctionnaires, pas non plus de taulards, de putes, de pédés, d’assassins, pas d’étrangers, d’exilés, d’émigrés. Dans la famille, il y a des ministres (de de Gaulle, Pétain, Giscard, Pompidou, Napoléon III, Louis XV, etc) des députés (de tous les régimes), des comtes, des barons, une duchesse, deux peintres célèbres, un architecte de gares, un prix de Rome, des rabbins, des pasteurs, des professeurs de médecine, des diplomates, des membres du Jockey Club, des académiciens. Aristocratie incluse, la bourgeoisie est ridicule. Ils se croient importants, ils sont ridicules. » Elle pense cela car elle veut s’en défaire, de cette hérédité.
Et plus loin : « On ne dit pas manger, on ne dit pas bon appétit, on ne dit pas bonjour tout court, si j’étais un garçon je saurais exactement quand on fait un baise-main et quand on ne le fait pas, et quand envoyer des fleurs, et on ne commente pas la bouffe, et on n’est lourd sur rien, on va toujours bien, et on est très gentil avec les domestiques, on ne dit pas monsieur au serveur, on laisse des pourboires, on n’est jamais trop habillé, on n’a jamais honte. Toutes ces manières, ces bonnes manières que je connais par cœur, je les déteste, je les déteste parce qu’elle sont en moi, incrustées bien plus que le sang, elles sont plus qu’une langue […] » A rapprocher de ce qu’exprime Annie Ernaux sur son origine de classe, la basse, incrustée aussi même si elle a fait ce qu’il fallait pour s’en échapper. Au risque d’y perdre le lien avec sa parentèle. L’inverse l’une de l’autre.
Constance Debré n’a pas renié son père, sûrement parce qu’avec sa femme il formait un tandem de dingues, de dégénérés. Elle va l’accompagner dans son agonie, sa triste décadence. Lui a perdu beaucoup avec ses addictions, son boulot de grand reporter, ses maisons, ses amis. Constance Debré  évoque aussi sa sœur, bien  dans le rang elle avec un bon mari, des bons enfants, une bonne vie. Elles ne se voient plus, elle n’a plus rien à lui dire.  L’autrice consacre un bon morceau de son livre à expliquer comme elle est contre la filiation, la famille, l’héritage, l’autorité parentale… Ça ressemble à de l’anarchie mais sans éclat.
Sinon, elle est d’un strict absolu sur la tenue de son corps : piscine tous les matins, rasage de cheveux tous les quinze jours, très peu de nourriture ou d’alcool. L’ennui total, je dirais. Mais la jouissance d’être libre de tout, de rencontrer des femmes avec qui ça matche, qu’elle quitte quand ça ne matche plus, et puis d’aller vivre dans des appartements ou des maisons de gens qui lui demandent de garder un chat ou d’arroser des plantes.
Ce livre possède un côté toxique ou venimeux qui me plaît bien car il ne manque pas de style et qu’il est sans filtre, direct et cru. Savoir où se trouve la sincérité est une autre affaire.

Nom de Constance Debré aux éditions Flammarion. 2022. 170 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

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