Les Fessebouqueries #607

Tremblez, cyclistes ! Un dangereux vélophobe est lâché dans toute la France, oui, l’actu de la semaine est impitoyable. Qu’importe les missiles russes ou pas, la fin annoncée de Twitter pour cause que le rat Muské ne sait pas comment qu’ça marche, le recasement du maudit Castaner dans le noir effrayant du tunnel du Mont Blanc, qu’importe que la courageuse femme à Chiotti ait cumulé trois salaires de la peur, que les horribles maths soient de retour à l’école, que la COP 27 n’aie rien conclu de concluant pour ce monde agonisant, qu’importe qu’Hanouna continue à hanouner de ses naseaux fumants, que le nouveau beaujolpif soit insupportablement buvable, que la corrida reste un loisir tout à fait ordinaire, ou que le clito ait servi de modèle pour la mascotte Qatar (ne pas confondre avec queutard), qu’importe enfin que la bière et autres alcools soient tricards au pays des maladroits de l’homme, qu’importe tout cela puisqu’on vous dit que Sardou va se faire le prochain vélo qui passera devant sa McLaren 12C, une de ses Audi ou sa Tesla S. Que cela n’empêche pas les non-qatariens que nous sommes de lever le coude. Tchin-techin amigas-gos !

– VD : Je monte sur le vélo, le prochain Michel Sardou que je croise je me le fais.
– CC : Le fait que les méduses aient survécu 650 millions d’années sans cerveau, donne de l’espoir à beaucoup de fans de Cyril Hanouna et autre « influenceurs »….
– NA : —  Papa, ça sert à quoi la Cop 27 ?  —  Je crois que ça sert à caler une date pour la Cop 28.
– ES : Ndiaye corrige la réforme des lycées de Blanquer : le Pap mise sur l’évangile selon St Maths.
– GL : Et j’enlève les maths. Et je remets les maths. On dirait une chanson de Philippe Katerine.
– NMB : C’est dommage, on aurait attendu vendredi matin pour dévoiler les mascottes des jeux 2024, on aurait au moins eu l’excuse du beaujolais nouveau. Mais là…
– OR : Avec le missile russe tombé en Pologne on avait un bon prétexte pour déclencher la Troisième Guerre Mondiale et on ne l’a pas exploité. Tant pis, on n’aura qu’à attendre le prochain qui ne saurait tarder…
– GD : Ces mêmes bonnets phrygiens que le gouvernement qualifierait aujourd’hui de « terroristes » de « la désobéissance civile », ou bien ?
– MM : Il y avait pas une meuf dans la team conception des mascottes pour leur dire que ça ressemblait à un clitoris ?
– NMB : Je me demande ce que je vais bien pouvoir foutre pendant mes heures de boulot quand Twitter aura fermé.
– CC : Le monde change, aujourd’hui il est plus facile de trouver le clitoris plutôt qu’un prêt immobilier à moins d‘1,5%.
– CM : Sardou vient de dire que c’est son épouse qui l’avait décidé à remonter sur scène. Tu m’étonnes ..  L’ avoir sur le dos toute la journée. Brrrr
– OK : Le ministère de la défense russe vient d’indiquer que si deux missiles russes ont atterri en Pologne, c’est parce qu’ils ont été éblouis par le soleil.
– RR : C’est cool de manger avec des amis d’enfance, on fait la liste de tous nos traumas : nos mères en pleurs apprenant l’attentat contre le pape, les journées à bouffer du riz en soutien inutile aux petits Éthiopiens, la bûche de Noël dégustée devant les Ceaucescu. La belle époque.
– CD : Castaner au port de Marseille, Castex à la RATP, Pénicaud je sais plus où…….ça va les parasites incompétents ? Contents de votre sort ? Et n’oubliez pas de vous augmenter !
– NMB : Merci par avance aux grandes puissances de régler le problème du missile en Pologne avant dimanche pour qu’on puisse boycotter sereinement la Coupe du Monde.
– CEMT : Donc en gros Trump affirme avoir gagné l’élection en 2020 mais il se présente quand même en 2024 alors que normalement c’est limité à deux mandats.
– PY : Et c’est parce que je défends la valeur travail que mon épouse travaillait 47 heures par jour, 9 jours par semaine dans diverses institutions sous mon contrôle. Parce que dans notre famille, on bosse, nous ! (Eric Ciotti)
– NMB : Boinville-Le-Gaillard : il confond un sanglier avec le cubi de beaujolais nouveau, la partie de chasse est annulée.
– NMB : Je viens de roter mon verre de beaujolais nouveau, ça m’a détartré toutes les molaires.
– CEMT : « Comment ? Il fallait des gens pour faire tourner Twitter ? Je pensais que mon ego suffisait… » (Elon Musk)
– RR : « Quand une abeille mâle jouit pendant l’accouplement, ses testicules explosent et il meurt. » Si tel était aussi le cas chez les humains, cela aurait réglé depuis longtemps le problème du patriarcat…
– DC : A Potes Emploi, Castaner avait déjà intégré le port de Marseille, et Macron lui refile la direction du tunnel du Mont Blanc. Tout ça payé par qui ? Devinez, bande de rats !
– VS : Lundi, Elisabeth Borne a fait un allez retour en jet privé Paris-Marseille au lieu de faire 3 heures de train pour… signer un protocole sur la planification écologique.
– NR : Après le port de Marseille, Castaner traverse une seconde fois la rue et trouve un boulot de président du tunnel du Mont-Blanc avec un modeste salaire brut annuel de 150.000 €. Bref, Renaissance, c’est pas un parti, c’est une agence Pôle emploi de luxe pour ministres déchus…
– GD : Écoutez, ce matador venu expliquer au micro d’une radio que la corrida « prône la vie », je ne l’avais pas trop vu venir.
– DT : C’est curieux la corrida, ceux qui la matent adorent, mais personnellement, celui qui me feria l’aimer, il n’est pas encorné. Il faut quand même dire qu’on préfère les bouchées à la reine aux bouchers à l’arène…
– LC : Ça me manque l’époque où on pouvait dire qu’on était cas contact pour éviter une soirée, et personne n’insistait.
– TV : Je lis partout « c’est la fin de Twitter »… « On se retrouve où ? »… arrêtez bordel… vous allez nous attirer Patrick Bruel qui va nous péter les noix avec son « et pourquoi pas Place des Grands hommes? ». Le cauchemar ultime, putain !
– BC : On manque de médecins. On manque de professeurs. On manque de conducteurs de bus. On manque d’artisans. On doit bien avoir quelque chose en trop, mais quoi ?
– AS : La vente d’alcool interdite près des stades du Mondial au Qatar. Les stades climatisés, d’accord, les vols entre les stades, aussi, les ouvriers traités comme des esclaves, passons, mais ça, non !
– CH : Imagine. Twitter ferme et on est obligé de faire in real life ce qu’on venait faire ici… Dans les rues des mecs courront derrière d’autres mecs pour leur donner leur opinion dont ils n’ont rien à foutre. D’autres raconteront des vieilles blagues à haute voix dans le métro.
– NP : Imagine le patron d’un réseau social qui lance un appel à l’aide à toute personne capable de coder, parce que tout le staff des développeurs s’est barré… Nan je déconne…
– CEMT : Je constate que Twitter tourne encore ce matin alors qu’on l’a enterré hier, Elon Musk ne respecte même pas notre deuil.
– CD : Patrick Pouyanné promet que Totalenergies paiera l’impôt sur les sociétés l’an prochain. Et mon coiffeur promet que demain on rase gratis. Et le gouvernement, que demain il n’y aura plus de pauvres….
– MK : Bière interdite au Qatar. Seules les mises en bière étaient encouragées. Mais ça, c’était avant !
– ED : Alcool au Mondial: la Source qu’a tari !

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Les Fessebouqueries #606

On ne va pas se raconter d’histoires, il y a des cactus partout dans cette sombre actualité par ailleurs tellement ensoleillée et joyeuse qu’on n’ y croit pas. Hanouna déjà tellement content d’avoir fait le buzz avec ses guignolades habituelles et son léchage de pompes à son boss Bobo alias le Breton d’Afrique alors que les migrants, selon l’autre guignol, Z, vont aller se marrer au Club Med de Gien, et qu’un autre bateau s’apprête à polluer, un énorme paquebot (pas que beau,)  qui ne transportera que des milliers de gogos bobos qui eux ne seront pas boudés par les ports des pays d’Europe, car le fric c’est chic, alors que le méat coule pas, toujours pas, chez les évêques pédo-chrétiens et qu’une ministre de la transition énergétique bien toc trempe ses enfants dans un sombre marigot pas très catho… mais mais mais heureusement, Gad Elmaleh amuse la galerie contant sa rencontre inattendue avec la Vierge Marie mais l’est-elle toujours, vierge, va savoir avec ce séducteur aux yeux bleus… Rien n’est jamais joué, qui perd gagne et tel Kiri vendredi dimanche trinquera. A la bonne vôtre, un grand tchin !

– ET : Je vous rappelle que « Hanouna » ressemble drôlement au mot qui veut dire crotte de nez en arabe. Ceci explique sans doute cela…
– OR : Dans l’altercation entre Boyard et Hanouna, moi, je soutiens Bolloré : Qu’il retourne en Afrique!
– DM : Cotillard a été choisie par France 2 pour être la marraine de son émission sur l’écologie : artiste complotiste à l’empreinte carbone catastrophique, installée aux USA pour ne plus payer d’impôts en France, elle viendra vous expliquer ce qu’il convient de faire pour la planète.
– CD : Emmanuel Macron : « La France peut devenir le leader des industries vertes, elle va le devenir ! » . Deux condamnations pour inaction climatique……fin de la blague.
– GD : Franchement, qui n’a jamais oublié, dans un instant d’inattention, de déclarer une société détenue par ses enfants dont les fonds de 1,2 millions d’euros proviennent de paradis fiscaux ? Hein ?
– IJ : Je lance les paris ! L’affaire Pannier-Runacher….disparaît des écrans en trois jours ? Qui met son billet?
– BR : Néanmoins, Agnès n’a Pannier les faits reprochés
– OV : Au cas où je deviendrais ministre, je précise tout de suite que mes filles possèdent un patrimoine de 157 cartes Pokémon (dont certaines assez rares dans leur cour de récré) mais que je n’en ai absolument pas l’usufruit.
– DM : Le bureau de l’Assemblée vient de voter le port de la veste obligatoire pour les députés. Incroyable sens des priorités. Heureusement qu’on n’a pas 10 millions de pauvres dans notre pays.
– OR : Un nouveau scandale dans l’Église. La Vierge Marie reconnaît un comportement inapproprié envers Gad Elmaleh quand il avait neuf ans.
– GD : Pardon aux poubelles pour les comparaisons faites avec la télévision bolloréenne.
– MN : J’ai testé pour toi les câlins aux arbres pour recharger les batteries et absorber son énergie de vie. Bon c’est nul. Un rail de cocaine c’est vachement mieux.
– CV : La fin d’un tube de dentifrice dure deux fois plus longtemps que tout le reste du tube et personne ne s’en étonne.
– CD : De Zemmour à Devilliers en passant par Maréchal et Rieu (et j’en oublie) tous s’insurgent que les méchants migrants vont être logés dans un village vacances. Alerte, braves gens  ! 234 personnes sont là pour profiter de l’aide sociale et violer vos filles! Les fachos en PLS (position latérale de sécurité).
– EL : Eure : Un couple viole sa chienne pendant sept mois et filme les scènes. Par ailleurs, un très gentil couple très implanté dans cette jolie petite commune de l’Eure ! Très bons voisins … très polis et toujours bien habillés ! C est important ça les habits.
– OB : Marlène Schiappa est au gouvernement ce que l’ananas est à la pizza. Personne n’en veut mais il faut la mettre à la carte au cas où.
– RR : Si seulement certains hommes pouvaient arrêter de battre des elles.
– RS : Le bateau de croisière de 250 000 tonnes, le plus grand au monde, pourra embarquer dès l’année prochaine 7000 passagers. C’est rassurant de voir qu’on a enfin pris des mesures fortes pour le réchauffement climatique.
– ES : Onze évêques sous le coup d’une enquête pour pédocriminalité. L’Eglise ébranlée.
– PI : On n’a jamais le droit de critiquer les gens sans être taxé de mépriser la liberté de consommer ce qu’on veut et j’ai pourtant un vrai problème avec deux catégories de personnes : ceux qui cuisent les endives et ceux qui regardent Hanouna.
– CEMT : Agnès Pannier-Runacher loue une maison appartenant à la famille Dassault : « Je ne m’étais rendu compte de rien, bon j’avais bien vu l’avion dans le salon mais je pensais que c’était de la déco. »
– VI : Y a-t-il un modèle mathématique qui explique que quand on fait une lessive avec une couette, toute la lessive se retrouve DANS la couette à la fin ?
– OR : Si un musulman se convertit à une autre religion, il risque la mort. Si un chrétien se convertit à une autre religion, il risque le bûcher. Si un juif se convertit à une autre religion, il risque de rester juif.
– CEMT : Gérald Darmanin : « Je voudrais rassurer Eric Zemmour et Eric Ciotti : Les migrants de l’Ocean Viking sont très mal traités, on leur passe des discours de Jean Castex et du Lara Fabian à fond. »
– EL : Dorénavant, il sera interdit de critiquer un ancien employeur, toute sa vie il faudra le vénérer puisqu’il aura payé notre travail. Cet amendement dit « amendement Baba » sera discuté prochainement à l’assemblée.
– PA : Les nanas d’1m75 qui mettent des talons de 20 cm, c’est quoi votre but dans la vie ? Attraper un aigle en plein vol ?

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Buk et la Beat

Le titre du libre est bizarrement Jean-François Duval et les Buk Beats, suivi d’un soir chez Buk. Pourquoi pas ne pas mettre son nom dans le titre. Il faut reconnaître à JFD l’énorme quantité de savoir qu’il possède et partage sur cette Amérique tant chérie par beaucoup d’entre nous qui aurions adoré connaître cette époque de folie, de permissivité sur les addictions de toutes sortes, alcool, drogues, sexe, vitesse, marginalité, liberté, quoi.  Les principaux héros traités, ou plutôt précisés, dans le livre sont Kerouac et son double, Cassady, et toute la bande, d’un côté, et de l’autre, Bukowski qui n’apprécie pas trop l’amalgame dont on l’affuble à propos de cette clique.
Le livre, une mine d’anecdotes, de dates, de verbatim, est une mise au point entre les intervenants qui ont fondé le concept de la Beat Generation. On y retrouve les poètes insolents que furent Ginsberg, Burroughs, Neal Cassady et leurs femmes, maîtresses, amants, dont beaucoup ont écrits des livres relatant leurs grandes aventures, peu traduites en français. On y voit la naissance du mouvement, les amitiés et amours multiples, les caractères tellement différents des uns et des autres, les dissensions et on s’aperçoit que  Bukowski (qui s’appelle en réalité Henry — d’où Hank — mais qui n’aimant pas son prénom, le change en Charles) ne fait résolument pas partie de la troupe, assez indépendant voire misanthrope, préférant se planquer. Ou provoquer vertement.
Il y a aussi des rencontres improbables et particulièrement ratées entre Buk et Godard, par deux fois, Godard qui inclura néanmoins le poète vinophile dans Sauve qui peut la vie, et aussi Jean-Paul Sartre.  On y découvre que Buk semble vaguement jaloux de la beauté ravageuse de Kerouac « La beauté, c’est un truc qui n’existe pas… Elle est l’effet d’un mirage de généralités »  confie-t-il à son ami Sean Penn. On y croise l’immense Crumb, ils ont réalisé trois recueils ensemble, qui dit de lui « Les deux fois où j’ai croisé Bukowski, il était joliment soûl. Je ne crois pas que c’était le meilleur type avec lequel socialiser. Il n’aimait pas tellement les gens de chair et d’os. Dire qu’il manquait de grâce sociale est un euphémisme. »
Il y est question, évidemment, du film que fit Barbet Schroeder d’après son scénar, et du livre Hollywood qu’il écrivit pour remettre les choses en place. Et de tellement d’autres choses.

Le livre est illustré de très nombreuses photos, notamment de personnages secondaires (le titre d’un livre écrit par Joyce Johnson, une compagne de Kerouac) et beaucoup de petit dessins simplistes du poète mais surtout, et pour finir en beauté, on est invité à assister à un soir chez Buk où s’est rendu JF Duval, et où Bukowski et sa femme, Linda, qui l’a accompagné jusqu’au bout, ont discutaillé de choses et d’autres, l’écrivain livrant malgré lui quelques faits d’armes ou petits secrets parfois retoqués par Linda, bien sûr en picolant. Où Buk dit qu’il n’écrit jamais sans boire (ah bon ?) mais qu’il a définitivement remplacé bière plus whisky par vin : ça dure plus longtemps, on peut écrire durant trois heures. Sa femme, Linda ne boit plus, par sagesse, elle était capable d’en absorber plus que son mari.
Et pour clore cet ouvrage dense, toute la production écrite, enregistrée et filmée des participants y est documentée, leur bio et leurs liens y sont résumés, ce qui fait une somme de docu dans laquelle plonger quand on a envie de revoir ses basiques.
Passionnant pour qui aime cette période mythique unique.

Jean-François Duval et les Buk Beats, suivi d’un soir chez Buk 2014 édition augmentée chez Michalon. 270 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

 

Les Fessebouqueries #605

Oh les belles contradictions dans l’actu de cette semaine ! D’un côté la bossa nova qui swingue sur le Corcovado avec be bop a Lula, de l’autre les penchants morbides des racistes qu’ils soient d’ici bien (r)assis à la chambre ou chez nos amis les Italiens qui ont préféré une grosse blonde bien facha (je mets au féminin). On n’en est pas loin, nous aussi, petits coqs gaulois s’égosillant sur notre tas de fumier. Amplement bassinés par de sales histoires d’O et d’écoterrorisme, dramatiquement consternés par une fiesta Halloween qui pue la mort, attristés par la disparition de l’homme qui voyait tout en noir, déjà atterrés par la COP 27 et son déluge de jets sans aucune compensation carbone, nan mais des fois, c’est le peuple qui compense, nous on pense con, c’est comme ça… pourrait dire aussi le Noiseau Bleu Muské, menaçant de nous piquer du blé contre le droit de l’ouvrir. J’vous jure. Bon, c’est le week-end, on a encore le droit de tirer un coup avant de le boire comme dit le proverbe, alors tchin dearest friends !

– NMB : Je trouvais archi-nulle la nouvelle pub Damart avant de réaliser que c’était un discours d’Élisabeth Borne.
– OVH : 150 fantômes pour Halloween à Séoul. C’est vraiment la fête des morts.
– GD : BolsonarOut.
– MLG : Elle va être belle la COP27 : « Et vous la France, vous faites quoi après les records de canicule, de sécheresse et les incendies de cet été ? — Bah on pompe dans les dernières nappes pour faire du maïs à bétail et on pète la gueule aux paysans et aux écolos qui protestent ».
– PI : Toi aussi, quand on te dit éco-terrorisme tu penses à la déforestation, aux épandages de pesticides ou aux SUV, ou c’est que moi ?
– JD : Ma fille m’a demandé de faire un compost. Un compost à huit ans. Clairement sur la voie de la radicalisation éco-terroriste. Je suis à deux doigts d’appeler Darmanin pour la ficher S.
– DP : Une grossesse abominable qui m’a appris ce qu’était le mot fatigue, un accouchement en mode fusée, pas le temps pour la péri, presque dix mois d’allaitement, zéro nuits complètes. Pour que son premier mot soit « papa ». Ma fille est un troll.
– PA : Apophtegme Quand on voit beaucoup de glands à la télé, faut-il changer de chêne ?
– GM : Apres l’islamogauchisme, Zemmour promeut le francocide et Darmanin l’écoterrorisme. Il doit y avoir un concours de néologismes à l’extrême droite.
– MK : Ouf, c’est Duralex qui suspend son activité et pas Durex !
– OVH : Mon mari m´a fait un somptueux cadeau : dix litres de SP. Yes we jerrycan.
– KR : La nouvelle validation Twitter ça voudra juste dire que t’es un pigeon qui paie huit dollars par mois pour montrer au monde que t’es un pigeon.
– GD : Et voilà, dans un moment d’inattention, j’ai encore failli comparer Gérald Darmanin à du jus de poubelle. (Pardon aux jus de poubelle.)
– CEMT : Donc Pierre Soulages il a peint des trucs noirs toute sa vie et à la fin, ils le collent dans cercueil bleu, quelle indignité.
– RR : Bientôt on fera apprendre aux élèves la table de multiplication de 49.3.
– EL : La maison de Céline (pas la chanteuse) va être restaurée. Chouette ! Bah non, elle va va être louée en Airnb à des inconnus. Vous rêviez d un musée dans la maison qui avait abrité son cabinet médical ?? Et bah non ! Le maire est con ou bien ?
– NMB : N’empêche, depuis qu’Elon Musk a racheté Twitter, on a perdu dix degrés et il fait nuit une heure plus tôt, le pouvoir de nuisance de cet individu est sans limite
– CH : La paléontologie ou la science qui étudie les trucs qui ont été fait par des mecs qui s’appellent pas Léon
– MA : Arrêtez de rendre tout et n’importe quoi à César, il ne sait plus où mettre vos merdes.
– NA : Patient : J’ai un trouble de la personnalité. Psy : Ça se traduit comment ? Patient : I have a personality disorder.
– RR : Présentement en train de rédiger la « Charte du bon neveu stagiaire de 3ème hébergé chez sa tante maniaque ». Le pauvre va retourner en courant chez ses parents.
– LC : Je dis pas que je suis vieille je dis juste que j’ai connu l’époque où quand je répondais au téléphone ça pouvait potentiellement arrêter le téléchargement d’une chanson que j’avais lancée 5h avant.
– ES : On dira ce qu’on voudra, celui qui a écrit les chansons les plus cochonnes c’est quand même Leonard Couenne.
– CEMT : Arrêtez de dire que le gouvernement italien est fasciste, c’est de la diffamation, il est juste nazi.
– AP : Pas moins de 400 jets privés de dirigeants mondiaux vont se rendre au sommet sur le climat de la COP27. Pour expliquer aux pauvres comment rouler en vélo ou en trottinette et arrêter de se chauffer l’hiver pour “sauver le climat”.
– JD : Qu’ils retournent, qu’il retourne.. On est en train de faire des analyses syntaxiques poussées pour les propos d’un raciste notoire, que l’historique de ses tweets confirme.
– DE : Hier soir, je suis monté à 22 degrés dans mon séjour avec mon poêle à granulés. Le GIGN est dans mon salon. Je serai exécuté demain, je vais devoir écouter des interviews de Marlène Schiappa jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ni fleurs, ni couronnes. Merci.
– SA : Salah Abdeslam s’est marié en prison par téléphone avec une femme qu’il ne connaissait pas. Il a aussi tué  des gens qu’il ne connaissait pas… Décidément.
– TV : Ah putain… en suivant l’actualité de ces deux dernières journées, je découvre que le Rassemblement National est un parti raciste. Quelle déception. Moi qui pensais qu’ils étaient juste xénophobes.
– SF : Le raciste a été viré quinze jours de l’Assemblée Nationale. Celui qui tabassait sa femme est toujours en arrêt maladie. Nous, on se repose ce week-end avant de reprendre le taf pour payer leurs salaires de dingue. Vive la République !
– CEMT : Gérald Darmanin : « Concernant les chômeurs nés Français, je propose qu’on leur donne une autre nationalité pour pouvoir les expulser, comme ça deux problèmes résolus d’un coup. »
– CC : L’Etat s’apprête-t-il à voler 90 milliards aux retraites complémentaires des salariés du privé ? Même le Medef s’inquiète de ce tour de bonneteau, c’est vous dire.
– GD : Comme quoi, même poliment assis à l’Assemblée et « bien habillé » et propre sur lui, un parti xénophobe fondé par des nostalgiques du IIIe Reich reste un parti xénophobe fondé par des nostalgiques du IIIe Reich.
– SA : Lula élu président quinze ans après son départ. Et me voilà à croire qu’un retour de Lionel Jospin serait possible.

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Lucas Belvaux écrit aussi

Lucas Belvaux a réalisé de nombreux films dont une géniale trilogie Un couple épatant, Cavale, Après la vie qui prend la même histoire et les mêmes personnages sous un angle différent, l’un est une comédie de couple, l’autre est un polar tout a fait scotchant et le dernier un thriller psychologique. Une vraie prouesse. C’est pourquoi je n’ai pas balancé à m’offrir son premier roman Les Tourmentés, sachant d’avance que Belvaux sait construire une histoire. Et quelle histoire.
Au départ, trois personnages principaux : Skender, un type sympa qui se clochardise irrémédiablement, Max, son « frère » d’armes avec qui ils ont combattu lors de sales guerres, tué des hommes et sauvé d’autres, et Madame, richissime jeune veuve dont Max est devenu une sorte de majordome, garde du corps, confident. Cette femme à l’histoire tragique, est une chasseresse hors pair. Elle a tout chassé par delà le monde, elle manie les armes avec une précision diabolique, c’est la passion que lui a transmise son affreux mari dont on peut se demander si c’est elle qui l’a tué lors d’une chasse.
Combien vaut la vie d’un homme qui ne vaut plus rien et qui a plus ou moins abandonné sa femme formidable et ses deux fils ? C’est un contrat que se passent ces trois-là. Skender sera le gibier, Madame le chasseur et Max l’arbitre, c’est lui qui les a mis en contact. Il aura trois millions, le premier lors de l’acceptation de ce marché, le deuxième lorsque la chasse débutera, dans six mois dans une forêt de l’Europe de l’est, et le troisième un mois plus tard, à la fin de la chasse. S’il est mort, tout sera pour sa femme et ses fils. Il a le droit aussi de se défendre, sans arme bien sûr, de tuer Madame, qui, elle, est armée et aidée de ses deux féroces chiens.
Je ne divulgâche rien. Skender bénéficiera d’un logement confortable pour se préparer. Opiniâtre et toujours amoureux de sa femme, il va se refaire une santé, arrêter alcool et autres saletés, mettre au point un entraînement diabolique tandis que Max et Madame lui inventent une profession dans une multinationale qui justifie, auprès de sa femme « innocente », son nouveau look d’homme de confiance, son salaire, sa belle voiture et son retour aux bonnes manières..
Jusque là, nous apprenons à connaître les protagonistes, dont aussi l’aîné de ses fils car chaque chapitre est dit par la voix de l’un ou l’une d’eux. Nous sondons leurs pensées et assistons à l’évolution de leur mental au fur et à mesure qu’on approche du début de la chasse. Et ça devient passionnant, les personnages s’observent, s’entremêlent parfois, analysent leurs motivations, interrogent leurs valeurs.
On a envie que Belvaux fasse un film de cette histoire mais en regardant la présentation qu’il a faite de son roman, je m’aperçois que c’était d’abord un scenario. Puis c’est devenu, bizarrement, un livre. Un roman très fin, très émouvant, très profond. Avec un peu de longueur au début qu’on oublie vite.

Les Tourmentés de Lucas Belvaux, 2022 chez Alma Editeur, 344 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #604

Joignons l’inutile au désagréable comme disait mon arrière-tonton en décrochant son fusil du râtelier, remettant le sien en place dans sa gueule avinée, vérifiant que sa gibecière contenait bien ses fiasques de tord-boyaux nécessaires à tout chasseur qui se respecte (mais pas les autres) et cherchons un peu de bonheur dans l’actu… Heu, je ne vois pas trop, je suis dans le schwartz comme disait le gardien du musée de Rodez, le musée de Soulages si vous préférez et gageons que les arroseurs de tableaux ne vont pas y balancer du goudron fondu par la température insensée de notre petit monde, ça ne se verrait pas. Du goudron et des plumes, réservons-les aux fachos qui fleurissent un peu partout, et quand je dis plumes, je pense à celle du l’oiseau bleu, alias Twitter qui s’est muské grave. Beurk. Bon allez, fêtons ce qu’il reste à fêter tant qu’il y a des verres et de quoi les remplir et bon dimanche !

– NMB : Les trois cyclistes légèrement blessés ce dimanche par le tir d’un chasseur seront jugés demain en comparution immédiate pour avoir refusé de restituer les plombs à leur propriétaire.
– EL : Grâce à l’effort conjugué des plus riches, des industriels, des voyageurs en jet, des destructeurs de forêts, des gros pollueurs, de nos amis Chinois et de tous ceux qui consomment pour consommer, sans oublier Vlad le guerrier, nous sommes arrivés à repousser l’hiver ! Continuons.
– CEMT : Emmanuel Macron : « Je voudrais d’abord saluer Pierre Soulages, ce visionnaire qui avec ses tableaux noirs avait anticipé les coupures d’électricité de cet hiver. »
– PA : J’ai un ami qui pensait que sa vasectomie empêcherait sa femme d’être enceinte, mais en fait, ça change juste la couleur du bébé.
– MAP : Ça me manque les portables à clapet, on raccrochait au nez avec plus de classe.
– DC : Le premier bébé « PMA pour toutes », est né en août. Elle s’appelle Zola. Le second, si c’est un garçon, s’appellera Gorgon.
– CEMT : Un peu répétitif cette émission quand même, ça fait deux fois de suite qu’Emmanuel Macron invite Caroline Roux.
– PL : Un chasseur grièvement blessé après avoir été chargé par un sanglier. Réaction du sanglier : — Désolé ! Ébloui par le soleil, j’ai confondu le chasseur avec un gland !
– RR : « Intérieur ou terrasse ? » C’est tellement louche cette question en plein automne qu’à chaque fois, j’ai l’impression que le serveur c’est Dupont de Ligonnès.
– GD : C’est le même monsieur qui s’est empressé d’aller saluer l’héritière revendiquée des fascistes italiens qui nous donne de grandes leçons de lutte contre l’extrême-droite, ou bien ?
– CEMT : « Attendez, si on peut même plus tirer sur des cyclistes en étant pétés comme des coings tous les week-ends, quel est l’intérêt de la chasse ? »
– EL : Soulages vient de mourir ! J ai peur des titres demain dans les canards ! Noir c’est noir ou pire encore ….
– AB : Désormais, l’amour est  sur Tinder, le bureau est en télétravail, les recrutements se font par des algorithmes, la joute entre partis politiques a lieu sur Twitter. Est-ce que l’on a encore besoin de se rencontrer en chair et en os pour faire société ? Entretien avec Daniel Cohen.
– PI : Je ne sais jamais s’il faut dire LREM ou Renaissance alors pour éviter de me tromper, je dis le parti avec le ministre de la justice mis en examen.
– CC : Quand tu as en tête inconsciemment « Noir c’est noir » de Johnny…
– CEMT : Emmanuel Macron : « Je crois au dialogue social, les travailleurs demandent une augmentation, les patrons disent non et tout le monde retourne joyeusement au travail. »
– MK : Comme si un chasseur pouvait être bourré ! (ils ferait mieux de faire passer un alcootest aux électeurs du Rassemblement National).
– PI : Quand les gens auront l’intelligence de voir autre chose que le pays d’origine des meurtriers, on pourra peut-être se poser cinq minutes et parler de la crise de la psychiatrie en France.
– CV : Quand tu descends du trottoir étroit pour laisser passer une vieille dame avec une canne et que tu écrases une merde de chien posée exprès dans le caniveau, tu sais que tu tiens une nouvelle preuve irréfutable de la non-existence de Dieu.
– OVH : Après Sadiq Khan, premier maire de Londres d’origine indo-pakistanaise, Rishi Sunak, premier premier ministre d’origine indienne. Il ne manque plus qu’une femme d’origine féminine pour compléter la diversité biopolitique de la Grande Bretagne. Ah ! Oui et un roi homme, pourquoi pas ?
– FA : Tu les vois, toi, les flics, en train de chasser les chasseurs bourrés dans la forêt ? Voilà une loi qui va servir mais tellement à rien…
– NMB : Acheter pour 44 milliards de dollars un réseau social qui débat depuis seize ans sur le nom d’une viennoiserie, et ça se dit homme d’affaires.
– BR : Le PDG de Total gagne autant qu’une assistante maternelle qui garde 1500 enfants (pour avoir une idée de l’ordre de grandeur … )
– PI : Boycotter la coupe du monde au Qatar ou quitter Twitter à cause de Musk, je sais pas trop, j’hésite encore, dans le doute j’attends qu’une attaque nucléaire ne me laisse pas le choix, appelez ça la sagesse si vous voulez.
– CEMT : Elon Musk : « Suite à un référendum d’une seule personne (moi), j’ai décidé de rattacher Twitter à la Russie. »
– PI : En fait si j’ai bien compris, on a tout miniaturisé sauf les bagnoles parce qu’on a besoin de beaucoup de place pour mettre tous nos trucs miniaturisés.
– RP : Pour réconcilier les chasseurs et la société civile, il faut autoriser la chasse en centre-ville aux heures de pointe afin de réguler l’espèce des utilisateurs de trottinettes électriques.
– NMB : Je vais aller fleurir les tombes ce week-end en mettant des pieds de tomates plutôt que des chrysanthèmes, c’est plus de saison et ça changera un peu.
– OB : Edouard Philippe plaide pour un report de l’âge légal de départ à 65 voire 67 ans. Il ajoute, altruiste : « Les salariés pourront bien sûr, sans problème, venir avec leur déambulateur. Nous envisageons d’encourager la création d’une « team arthrose » dans chaque entreprise, le bien-être de nos seniors ne doit pas être négligé. »
– EL : Pour attirer les pauvres dans les musées, le ministère jette de la purée et de la soupe sur des toiles célèbres espérant que les gens vont lécher ! Cette fois ça va trop loin.. la culture pour tous a des limites !

MERCI À VOUS QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…
RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Non de nom !

 

Nom est le titre très court du dernier Constance Debré, ce nom de potentats dont elle ne veut plus. On a déjà lu dans ces deux précédents ouvrages ( Play boy ici et Love me tender ici) comment elle a brusquement tout largué, famille célèbre — son grand-père a tout de même participé à l’écriture de la Constitution de la Vème — père camé jusqu’à l’os puis  alcoolo, mère mannequin morte bien plus tôt d’overdose, son mari pénible qui fera tout pour qu’elle ne voie plus leur fils, coming out qui l’envoie faire ses nuits du côté des filles, métier d’avocat qui finit par la dégoûter vu l’injustice de la justice selon la classe d’où l’on est, crâne rasé, tatouage etc.
On la retrouve pareille,totalement radicalisée, ne possédant que ce qu’elle a sur elle : sac à dos, quelques tee-shirts et un jeans, ordinateurs et autres babioles obligatoires de la vie courante, une minuscule piaule où elle a entreposé des restes mais qu’elle décide de liquider. Dans ce livre où elle ne révèle pas grand chose, elle continue de cracher violemment sur la bourgeoisie, le pouvoir, les dignitaires, les bien placés, les puissants etc. Elle dénonce la violence de classe dont la meilleure façon d’observer la rupture entre le haut et le bas est de parcourir la ligne 4 qui traverse Paris depuis les plus pauvres qu’elle trouve beaux aux plus vides, les bourges qu’elle trouve vide.
J’ai bien aimé ce passage : « Dans la famille on ne trouve pas d’ouvriers, de paysans, de domestiques, d’instituteurs, de commerçants, de petits fonctionnaires, pas non plus de taulards, de putes, de pédés, d’assassins, pas d’étrangers, d’exilés, d’émigrés. Dans la famille, il y a des ministres (de de Gaulle, Pétain, Giscard, Pompidou, Napoléon III, Louis XV, etc) des députés (de tous les régimes), des comtes, des barons, une duchesse, deux peintres célèbres, un architecte de gares, un prix de Rome, des rabbins, des pasteurs, des professeurs de médecine, des diplomates, des membres du Jockey Club, des académiciens. Aristocratie incluse, la bourgeoisie est ridicule. Ils se croient importants, ils sont ridicules. » Elle pense cela car elle veut s’en défaire, de cette hérédité.
Et plus loin : « On ne dit pas manger, on ne dit pas bon appétit, on ne dit pas bonjour tout court, si j’étais un garçon je saurais exactement quand on fait un baise-main et quand on ne le fait pas, et quand envoyer des fleurs, et on ne commente pas la bouffe, et on n’est lourd sur rien, on va toujours bien, et on est très gentil avec les domestiques, on ne dit pas monsieur au serveur, on laisse des pourboires, on n’est jamais trop habillé, on n’a jamais honte. Toutes ces manières, ces bonnes manières que je connais par cœur, je les déteste, je les déteste parce qu’elle sont en moi, incrustées bien plus que le sang, elles sont plus qu’une langue […] » A rapprocher de ce qu’exprime Annie Ernaux sur son origine de classe, la basse, incrustée aussi même si elle a fait ce qu’il fallait pour s’en échapper. Au risque d’y perdre le lien avec sa parentèle. L’inverse l’une de l’autre.
Constance Debré n’a pas renié son père, sûrement parce qu’avec sa femme il formait un tandem de dingues, de dégénérés. Elle va l’accompagner dans son agonie, sa triste décadence. Lui a perdu beaucoup avec ses addictions, son boulot de grand reporter, ses maisons, ses amis. Constance Debré  évoque aussi sa sœur, bien  dans le rang elle avec un bon mari, des bons enfants, une bonne vie. Elles ne se voient plus, elle n’a plus rien à lui dire.  L’autrice consacre un bon morceau de son livre à expliquer comme elle est contre la filiation, la famille, l’héritage, l’autorité parentale… Ça ressemble à de l’anarchie mais sans éclat.
Sinon, elle est d’un strict absolu sur la tenue de son corps : piscine tous les matins, rasage de cheveux tous les quinze jours, très peu de nourriture ou d’alcool. L’ennui total, je dirais. Mais la jouissance d’être libre de tout, de rencontrer des femmes avec qui ça matche, qu’elle quitte quand ça ne matche plus, et puis d’aller vivre dans des appartements ou des maisons de gens qui lui demandent de garder un chat ou d’arroser des plantes.
Ce livre possède un côté toxique ou venimeux qui me plaît bien car il ne manque pas de style et qu’il est sans filtre, direct et cru. Savoir où se trouve la sincérité est une autre affaire.

Nom de Constance Debré aux éditions Flammarion. 2022. 170 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #603

Très étoffée fut l’actu de la semaine mais elle n’a pas toujours prêté à rire, alors voici quelques petites saillies qui feront peut-être votre joie et si vous n’êtes pas content, je vous fais un super 49,3 et alors, vous ferez moins le malin, comme ils disent sous les ors de la république, comme ces autres potentats sénateurs qui jugeant que le droit à l’avortement ça ne fait pas partie des droits de l’homme, diront niet et re-niet pour l’inscrire dans la constitution. Ma parole, on est en Russie ou quoi ? Mais c’est une autre histoire, revenons à notre pouvoir de crachat, les jets privés, les trop gros salaires qu’on se demande qu’est-ce qu’ils font de cet amas de billets qu’ils n’emporteront pas au paradis, et puis une pensée pour la première ministre d’outre-manche qui va quand même se ramasser une sacrée prime pour quelques malheureux jours de boulot. Mais on s’en fout, c’est pas chez nous. Sous-entendu : qu’on verrait ça. Tchin, amigas et amigos, régalez-vous du beau temps avant qu’il nous sorte par les trous de nez.

– AR : Et délivrez-nous de la souffleuse à feuilles mortes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!
– RR : Je ne dis pas que c’est la crise. Je dis juste qu’avant un inconnu pouvait t’offrir des fleurs et que maintenant il te dit que tu as de beaux yeux en t’offrant un kilo de carottes bio.
– MK : Un gros bourrin me grille la place dans la file au supermarket. Je proteste, il m’insulte, me traitant de « cégétiste ». J’ai jamais été aussi fier d’être pris pour la CGT !
– EG : La valeur d’un repas à la Wauqiez c’est presque ce que je touche par mois, comme beaucoup. Ce soir c’était soupe aux orties, le plus coûteux c’était le gaz pour la cuire.
– NP : Tu reconnais un raciste au fait qu’il veut connaître la nationalité de la victime et du coupable pour savoir si c’est un crime grave ou s’il s’en fout.
– NMB : Comment on passe trop pour des cons avec notre 49.3 alors qu’en Angleterre, en deux mois, ils ont déjà changé deux fois de Premier Ministre et une fois de monarque.
– RT : Le gouvernement va envoyer la gendarmerie réquisitionner les entreprises qui pouvaient augmenter les salaires et ne l’ont pas fait.
– NP : Je crois qu’on peut tous quitter Twitter pour aujourd’hui, on ne pourra pas faire mieux comme blague :  « Je sui un salarié comme un autre » assure Carlos Tavares répondant à une question sur son salaire de 19 millions d’euros par an ».
– PAG : Le 49.3 est à la politique ce que la claque est à l’éducation.
– SG : On est d’accord, le 49.3, c’est un viol en réunion démocratique, non ?
– RR : Désolé Sartre hein … mais l’existence ne précède pas l’essence, elle la cherche partout.
– DC : Nos vieux sénateurs refusent d’inscrire l’IVG dans la constitution. Ils se vengent de ne plus pouvoir bander, je suppose.
– RP : Très affecté par le départ de Liz Truss car on va encore avoir droit à une série de tweets nuls sur Manuel Valls à la recherche d’un poste.
– PB : Saluons l’exceptionnelle longévité de Liz Truss, qui a quand même connu deux monarques.
– NMB : Ça rentre et ça sort tellement vite au 10 Downing Street, si j’étais eux, j’installerais une chatière
– RDB : In French, we don’t say « danse de néo-nazis sur le cercueil d’une enfant », we say « débordements », and I think it’s beautiful.
– CEMT : « Il est temps que la pénurie de carburant cesse, Bernard Arnault a dû attendre 5 minutes pour faire le plein de son jet privé, ça devient insupportable. »
– PA : Ce n’est pas la peine de vous disputer pour savoir s’il faut, oui ou non, boycotter le mondial Qatari ! De toute façon, vous n’aurez plus d’électricité pour allumer la télé !
– PE : T’es là, peinarde, à étaler du mitosyl sur le cul rouge de ton bébé et le lendemain, il te demande la copie de tes trois derniers bulletins de salaire et de ton avis d’imposition pour être garant de sa première colocation.
– OB : Quand un médecin vous dit que « Vos douleurs, c’est dans la tête », n’hésitez pas à lui répondre que les dépassements d’honoraires, il les aura dans le cul.
– JPT : Ceux qui se demandent quelle planète ils vont laisser à leurs enfants feraient mieux de se demander quels enfants ils vont laisser à leur planète.
– CC : Cette sensation d’être passée sous un train —  mais comme y a la grève, cette sensation d’être passée sous vingt trottinettes électriques débridées.
– JB : Liz Truss déjà périmée : à quoi servent les conservateurs ?
– OR : Il semble que le clonage de Margaret Thatcher a moins bien marché que celui de la brebis Dolly.

MERCI À VOUS QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…
RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Les locataires de l'été

Les locataires de l’été de Charles Simmons, m’a été conseillé par un ami écrivain. Merci à lui car c’est un livre charmant, très agréable, très frais, très vacances justement même s’il commence par une phrase terrible : « C’est pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya ». Je dis agréable car il est clair, simple, écrit de façon fluide, avec de très bonnes parties dialoguées où l’on trouve des pépites sur la vie, l’amour, la mort comme dirait un réalisateur du bord de la Manche.
Le héros, Michaël a seize ans cet été-là et, pour une fois, des nouveaux locataires occupent le pavillon dépendant de cette maison destinée à être reprise par l’état,  bâtie, comme quelques autres, sur une courte langue sableuse de la côte atlantique des Etats-Unis auxquels elle appartient. Même si ça rappelle un peu l’ambiance des romans de Fitzgerald, c’est très peu habité. Un vieux monsieur fait la navette avec son engin car il n’y a pas de moyen de transport qui la relie à la côte. Ce qui n’empêche pas des fêtes ou la venue d’amis.
Les locataires en questions sont une très belle femme, très séduisante, sa fille de vingt et un ans, très attirante elle aussi et leur chienne. Dans la maison principale, le jeune homme, travaillé par ses hormones, bien sûr, mais plus sur le mode des sentiments que du sexe, le père, très bel homme aussi qui ne rechigne pas à faire le beau, et la mère, forcément jalouse mais avec modération. Et leur chien qui bien sûr, va aller renifler la femelle, s’échiner sur elle à la manière d’un jeu. Pourtant, il est trop petit en taille pour lui faire son affaire. Serait-ce pour montrer au garçon que lui aussi est un peu petit ? On ne sait pas.
Il y a donc des histoires qui se tissent entre ces gens plus les invités, une très jeune poétesse amoureuse de Michaël, un copain qui met les pieds dans le plat et d’autres par lesquels tombent des conseils ou se devinent des secrets. Comme la ville où ils habitent tous n’est pas loin, il se trouve que chacun de ces personnages s’y rend, parfois à l’insu des autres. Et chacun de s’interroger sur qui rencontre qui. Mais surtout qui est amoureux de qui.
La jeune fille se joue de Michaël, sans méchanceté, le père approche d’un peu près la mère de la fille, sans trop d’insistance, et les bains de mer et les tours sur le petit voilier font de belles diversions. Parfois. Le titre anglais, salt water fait référence à la mer mais aussi aux larmes versées.
J’ai vraiment beaucoup aimé cette ambiance. Dommage que cet auteur écrive aussi peu.

Les locataires de l’été de Charles Simmons. 2022 chez Libretto. (2017 pour l’original Salt Water, traduit par Eric Chédaille). 156 pages, 8,30 €. Edward Hopper est l’auteur de la peinture en couverture.

Texte © dominique cozette

Les petits fêtards

Après avoir décrit et réalisé un film sur son enfance dévastée par une mère qui abusait de son innocence, Eva Ionesco nous raconte la suite dans Les Enfants de la nuit. Lorsque cela commence, elle a onze ans et est juchée sur des talons aiguilles. Elle veut faire femme, échapper à l’emprise de sa mère qui continue à lui faire faire des photos porno et à la présenter à des hommes dont Roman Polanski (qui n’a pas consommé car il l’a trouvée trop jeune), Eva n’a qu’une envie : rencontrer un ami, un vrai, et s’amuser. L’ami, elle le rencontrera au collège, bien qu’aucun des deux n’y aille très régulièrement, il s’appelle Christian Cricri Louboutin, il a deux ans de plus qu’elle et lui aussi adore s’amuser.
S’amuser, c’est quoi ? C’est s’offrir toute liberté, aller danser dans tous les endroits tops, s’habiller pour chaque sortie avec des vêtement luxueux qu’ils glanent chez les people que leurs mères fréquentent, couturiers, mannequins, gens de la mode… Puis, incidemment, consommer des cocktails et différentes substances. Eva va vite partager le lit de Cricri mais ils ne le font pas, lui ne peut pas avec une fille, ils rigolent tout le temps, ils piquent du pognon chez leurs amis nantis et vont d’une boîte (le Sept principalement, la Main Bleue) à l’autre, à la Coupole avec toute la bande de l’époque, des adultes bien sûr dont Alan Pacadis, dans des inaugurations, des événements… Parfois elle rentre dormir dans le mini studio de sa vieille mémé mais évite sa mère, d’ailleurs elle n’y a pas d’endroit à elle chez celle-ci, au grand dam d’une personne de la protection de l’enfance qui menace de la placer si elle ne s’amende pas.
Elle ne s’amende pas. Le clou du livre, c’est l’ouverture du Palace, elle a alors douze ans, où tous les nightclubbers et personnalités vont se retrouver, Mike Jagger, Andy Warhol, les égéries des couturiers, tout ce que compte Paris de stars, chanteurs, acteurs, dealers bien sûr,  la drogue circule et tous les excès sont permis. Pierre et Gilles, piliers de la boîte, la photographient pour la une de leur magazine hyperbranché Façade avec Dali, excusez du peu.
Le livre plutôt épais s’arrête lorsque qu’elle et sa mère sont rattrapées par les services de protection. Alors, elle passe sa nuit à danser comme une folle. Comme d’habitude en fait.
Cette histoire est une vraie collection de noms des célébrités de cette époque éméchée, effrénée, il y en a trois ou quatre par page, gentils, ou bourrés, ou défoncés, ou chouettes, ou …ou. L’histoire n’est pas vraiment pleine de suspense mais entre les lieux fréquentés par ces « enfants », les objets, les ambiances décrits ainsi que les musiques et les chansons rapportées, Eva nous remet dans cette période bénie pour beaucoup et complètement dingue. La photo de la couverture nous montre Eva alors qu’elle n’a que douze ans, hé oui, avec Christian Louboutin, encore loin de la pompe à semelle rouge… Sûr que ça n’intéressera pas tout le monde ! Mais c’est marrant.

Les Enfants de la nuit par Eva Ionesco, 2022 aux Editions Grasset. 444 pages, 24 €.

Texte © dominique cozette

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