Les Fessebouqueries #279

Sale semaine. La guerre, les attentats, les morts, on morfle tous. Chacun a sa vision des choses, son avis, son explication, tout le monde devient ministre de l’intérieur, chef de guerre, politologue, daeshlologue, spécialiste en tas de choses. En même temps, les fleurs, les bougies, les textes, les odes, les chansons, les prières, tout est bon pour adoucir la peine. Et très très modestement, ces petites drôleries glanées ça et là sur le net.

– SV : La guerre, faut pas s’y fier.
– FV : Si vous cherchez un appart, Daeschbnb, ça a l’air rapide! pose peu de question en plus…
– CL : Toi le touriste qui tente de profiter de l’état d’urgence pour rester à gauche dans les Escalators, sache que les parisiens ne lâchent rien.
– OVH : Une kamikaze se fait exploser à Saint-Denis. Sans aucun doute, l’une des premières à pulvériser le plafond de verre qui empêche la femme d’être l’égale de l’homme.
– OV : Les terroristes de Daesh ont fait une grosse erreur en tuant un chien policier : maintenant Brigitte Bardot va les traquer jusque dans les chiottes.
– OVH : Le chien abattu à Saint-Denis était un Malinois. Encore la filière belge.
– OV : Tu sais que quelque chose ne tourne pas rond quand les supporters dans un stade de foot se comportent plus dignement que les députés à l’Assemblé Nationale.
– DC : Très joli lapsus de François Hollande dans son discours des Maires de France tout à l’heure : « les attentats qui ont ensangloté Paris »… ce mot me plaît.
– PD : Entendu à Bordeaux : « Stopper Daesh, alors qu’on arrive même pas à arrêter Balkany… »
– MAF  : Chez le coiffeur ma voisine a de grosses préoccupations : elle a des cochenilles sur ses hortensias et des aleurodes sur ses pélargoniums. Je me demande si je ne devrais pas l’adresser a une cellule psychologique.
– RR  : Et là le drame. Ces tarés fanatiques s’envoient en l’air et tombent sur Jeanne la Pucelle.
– LY : En une semaine, on est passé de Benzema fait chanter Valbuena à la France fait chanter l’Angleterre.
– HDD : L’opposition veut refaire de la politique. Pas de souci, on s’était arrêté où vendredi ? Ah oui, Guéant condamné, financement libyen avéré.
– DT : Les salafistes de Daesh prônent le retour vers le passé. Ils risquent fort d’y rencontrer Rase Poutine.
– LC : Parfois je me dis que la France a changé pour jamais. Puis je vois qu’on perd encore en foot et ça me rassure.
– AdN : Mes 5 chats ont fait une minute de silence en mémoire de Diesel la chienne policière. Ensuite, elles se sont jetées sur les croquettes, la vie continue.
– AB : au risque de paraitre d une mesquinerie crasse en ces heures douloureuses, me vient une question. Serait ce de bon ton de demander que les 600 millions nécessaires aux nouvelles mesures sécuritaires soient payées par les marchands d’ armes et les compagnies pétrolières ? merci de votre attention
– GD : François Hollande était surnommé Flamby.
A la suite de son discours à Versailles, tout le monde s est levé.
Et si nous l’appellions Danette ?
– HW : Mesure du gouvernement : Sarkozy devra porter un dentier électronique pour l’empêcher de dire des conneries .
– LC : Wauquiez propose d’interdire la vente de ceinture d’explosifs en France. J’ai une pensée pour ses parents qui se demandent où ils ont merdé.
– HDD : Choquée que l’on vérifie la véracité de ses propos, Marine Le Pen n’accordera désormais d’interview qu’à David Pujadas
– MG : Entendu hier : « Si boire de l’alcool c’est résister, Depardieu c’est Jean Moulin ».
– PD : rumeur Le gouvernement envisagerait d’incarcérer préventivement le réchauffement climatique.
– FR : Pour Noël, pensez à offrir un puzzle Abdelhamid Abaaoud (2000 pièces).
– PdJ : Nous vivons une époque où prêcher dans le désert n’est plus sans conséquences.
– LY : Je suis conseiller communal à Molenbeek et je souhaite que notre commune ne soit plus associée à l’image des Balkany. C’est déjà assez dur
– SP : Je vais quand je veux devant les Juges, je quitte la radio si on me prouve que je mens et je vire ceux de mon parti qui veulent ma place. Je suis ?
– CL :  » nous sommes en guerre  » et nous en sommes le fournisseur officiel.

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici.

Robillard, fabricant d'armes brut

Hier, nous nous sommes rués au vernissage de l’expo d’André Robillard, une des plus importantes figures de l’art brut. J’avais envie de le voir, de lui parler, c’est drôle cette espèce de fan-attitude qui me vient pour certaines personnes. Mais il le vaut, c’est un être génial, un artiste simple, un bonhomme aux petits plaisirs immenses. Il vient d’avoir 84 ans.

Sur le boulevard Saint-Germain, je repère tout de suite sa petite tronche de cacahuète et je me précipite sur lui comme une ado pré-pubère sur Justin Bieber. Il est minuscule, tout fin, on a l’impression qu’il peut s’envoler au vent mauvais. Il porte une casquette US (« c’est quoi ces plantes ? Des auriers ? Il parle de la branche de laurier brodée dessus. Il a des façon de dire les mots assez rigolote.). Puis il rentre, il y a encore peu de monde, s’assoit à l’immense table centrale. Il échange avec une femme (impassible, alors qu’il est si drôle) qu’il connait depuis 20 ans. Chaque fois qu’ils évoquent une relation, il cite son adresse complète. Il adore papoter, se raconter, il a un verre dans la main qu’il ne pense pas à vider. Il n’a pas l’air de réaliser qu’il est un artiste si important, s’étonne encore que Dubuffet ait pu s’intéresser à lui, parle de la photo d’eux deux qu’il a affichée dans son atelier à l’hosto. Il me raconte que deux personnes s’occupent de lui, son secrétariat en quelque sorte. Il demande quand a lieu son vernissage.

Il a quand même toute sa tête, celle qu’il avait enfant lorsqu’il a intégré, à l’âge de 9 ans, l’hôpital psychiatrique (il dit sichiatric) près d’Orléans. « J’étais un peu nerveux, je cassais des chaises, alors mon père m’a emmené là pour que j’apprenne à lire et à compter ». Là, il n’a pas fait grand chose avant la trentaine où on lui a confié des travaux simples. C’est alors qu’il s’est mis à récupérer des tas d’objets et qu’il a fabriqué des armes « pour tuer la misère ». Une armada. Grâce à Dubuffet, il a été reconnu et a été exposé au musée de Lausanne, le musée de l’art brut. De là, son aura a rayonné dans le monde.

Il n’a plus jamais arrêté d’accumuler, de scotcher, de peindre, de découper. Il dessine aussi, c’est superbe. Et il joue de l’accordéon et de l’harmonica. Des films ont été réalisés sur lui, c’est ainsi que je suis tombée en amour avec ce petit être touchant et créatif.
J’ai eu du mal à choisir parmi les pistolets, il sont tous plus beaux les uns que les autres.  Ils possèdent tous une boîte de Ninas servant de chargeur, et dans chacune d’elles, il a glissé des petits trucs personnels, paraît-il. Réservés à la personne qui aura l’objet. Je saurai fin décembre ce qu’il y a caché.
Très intéressé par l’univers, il fabrique planètes, spoutniks, fusées et engins interplanétaires. Ses cosmonautes géants sont de bien beaux personnages. Quant à ses magnifiques kalach’, elles ne feraient pas de mal à une note de musique. Sacré Dédé ! C’est bientôt la sainte André, il en est tout content.

André Robillard expose à la galerie-librairie Nicaise (lien ici ), 145 bd Saint Germain 75006 . Jusqu’au 31 décembre.

Texte © dominique cozette. Photos © catalogue et L.S

Brigitte Giraud et son petit héros

Le dernier opus de Brigitte Giraud, Nous serons des héros, met en en scène un jeune garçon, Olivio, qui vit entre son père et sa mère au Portugal. Puis on lui raconte que son père est parti travailler loin. En fait, il est emprisonné par le gouvernement Salazar puis exécuté, comme opposant au régime. Le garçon l’apprendra plus tard. Pour l’instant, il s’agit de fuir avec sa mère et un tout petit chat, en France, du côté de Lyon, chez sa soeur qui vit en couple. L’installation, provisoire et précaire, s’étire car, sans papiers, elle ne peut pas travailler. C’est pesant pour tout le monde.
Ça s’arrange enfin quand sa mère rencontre un homme. Elle se remet à vivre, à sourire, à exister. Ils s’installent chez lui, Olivio aura sa chambre, mais le chat est interdit, il doit rester dehors. Ce beau-père, rapatrié d’Algérie, plein d’amertume auprès de son ex-femme qui a le pouvoir sur lui puisqu’elle a la garde de son fils, n’aime pas Olivio. Il le brime de façon discrète, non violente mais pénible. Il est parfois violent aussi lorsqu’il boit et la mère le craint. Elle n’ose pas intervenir lorsqu’il est injuste.
Olivio s’est fait un ami à l’école, Ahmed, un rapatrié algérien mais n’a pas le droit de le recevoir. Olivio n’a pas d’autres amis parce qu’il ne fait le le poids, pas assez sportif, casse-cou.
En 74, c’est la révolution des œillets au Portugal. D’un seul coup, la mère devient plus forte, cesse de s’effacer. Elle demande à l’homme de passer les vacances au Portugal l’été suivant, mais il ne veut pas, son garçon ne peut pas être loin de sa mère. Olivio va y aller avec sa tante et son oncle. Il va découvrir enfin les lieux de son père, mais, curieusement, il ne ressent rien. Rien de ce qu’il espérait ne se produit dans son pays. Il va revenir à Lyon, plus fort, mieux armé, et décide de ne plus se plier aux exigences d’un homme qui ne l’aime pas.
Ce n’est pas un livre à suspense mais plutôt à ambiance. On s’attache à ce gamin qui n’est pas martyrisé mais lourdement méprisé. Ses relations avec Ahmed sont assez équivoques, c’est son seul ami. Le livre se termine brutalement, on aurait aimé une page de plus. C’est un récit âpre et bien construit, qui ne gnangnantise pas sur l’enfance.

Nous serons des héros de Brigitte Giraud aux éditions Stock. 2015. 197 p. 17,50 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #278

Les Fessebouqueries sont en deuil mais elles sont là, modestement. N’évoqueront pas ces terribles attentats, mais les arnaques républicaines comme savent les perpétrer ceux qui se targuent d’en être, des républicains. Mais aussi le sang contaminé du boeuf dans l’assiette, le monsieur en slip qui roule sa pelle aux braconniers et la bactéricide le Pen qui pose un deuxième lapin à la laxiste, je veux dire à la justice.

– EPI : Tu sais que quelque chose est allé trop loin quand tu te retrouves à suivre une recette qui demande du sel de l’Himalaya. Et que t’en as.
– DT : Pécresse veut lancer le plan « Lycée sans drogue ». Le plan LSD, en somme. Bien joué.
– OM : – Ne mange pas ce steak, c’est cancérigène ! – Merci, tu m’as sauvé la vie. – C’est normal. Allons boire un verre de RoundUp pour fêter ça !
– EN : Entendu aux infos: « Onzième mort à Marseille depuis le début de l’année ».
Ca doit être le onze de l’OM.
– OM : On notera au passage que c’était beaucoup moins compliqué pour un poilu que pour un homosexuel de donner son sang.
– MW : Et tu crois, qu’en ne bougeant pas chez toi, derrière ta porte, lumières éteintes, que le pompier et son calendrier ne vont y voir que du feu ?
– JMC : Cambadélis a vendu 450 exemplaire de son bouquin. Freinant ainsi de façon spectaculaire le déboisement de la planète, il fait un grand pas vers les écologistes. Espérons que ceux-ci entendront ce génial message subliminal aux régionales.
– OK : L’acteur de Massacre à la tronçonneuse, Gunnar Hansen, est mort. Dans le prochain remake il sera remplacé par un mec en slip avec une pelle.
– OVH : Laurent Fabius se plaint que l’on ait perforé la rondelle de sa précieuse sphère privée lors de conversations qu’il aurait eues avec un tiers qui était sur écoute. Et après ça, il va râler parce que Thomas, recherché par tous les casinos américains, ne téléphone plus pour dire bonjour à papa.
– OK: Guéant condamné AVEC SURSIS … parce que c’est la Journée De La Gentillesse ?
– FO : Ça va trop loin, un moustique m’a demandé cette nuit si j’étais gay et si j’avais eu des relations dans l’année avant de me piquer.
– OK : Comme Darty et la FNAC, les magasins H&M et Castorama pourraient se rapprocher afin de vendre à la fois des slips et des pelles.
– ZJ : EXCLU : l’agence antidopage s’apprête à publier des déclarations choc! Il y a aurait un sport totalement propre. Ok, ok, c’est le curling…
– OM : « Béziers : alcoolisée au volant, la mamie défonce la pizzeria. » Vu le nombre de kebabs qu’il y a à Béziers, c’est quand même pas de bol…
– DS : Je viens de croiser un moustique avec un tomahawk… Putain, l’été indien, ça plaisante pas.
– JdlC : En cete graive des médessin, Monsieur BA, marabout à St Denis vous ressoit sans rdv. 17ème étage paurte goche.
– CdA : Pour avoir volé 420 000 €, Claude Guéant a été condamné à une amende de 75 000 €. Racaille, ça rapporte.
– FR : Margarine Le Pen qui a encore refusé de se rendre à une convocation judiciaire craint de contaminer la Justice avec ses bactéries haineuses.
– FR : Bras droit condamné (Guéant), bras gauche amputé (Bygmalion), qui tiendra la quéquette de Sarkozy quand Carla n’est pas là ?
– DJ : 10 ans après ses affaires, Guéant privé de fonction publique.5 semaines après la chemise arrachée, 4 salariés d’AirFrance virés. Justice
– CC : « Les yeux dans les yeux, je vous le répète : JE-NE-CONNAIS-PAS-CLAUDE-GUEANT » (Nicolas Sarkozy)

Illustration empruntée à la ligue des Droits de l’Homme.

Crans-Montana, attention, poudreuse !

Monica Sabolo raconte la jeunesse dorée que ses parents ont connue puisqu’ils y ont passé leurs vacances, été et hiver, dans cette station sulfureuse des années glorieuses, celles où le fric n’est pas l’important quand on en a plein et où rien ne semble d’ailleurs important. Crans-Montana, lieu de rencontre entre jeunes nantis, snobs, méprisants mais méprisés aussi par plus snobs qu’eux. Quel drame. C’est le portrait de trois filles divines, les trois C, Claudia, Charlie, Chris, qu’aucun de la bande des garçons n’osent aborder, écrasés par la nonchalance classieuse des Italiens de Milan, de purs mecs irradiant leur micro-société.
Un superbe autre Italien, le fils du traiteur, fait aussi des ravages dans le cœur des femmes et, curieusement, dans l’estime des play-boys puisque tout le monde l’accueille à bras ouverts lorsqu’il débarque dans les boîtes et les fêtes. C’est une sorte de lien entre tout ce petit monde qui se jalouse, s’épie, s’ignore, se sépare puis se retrouve, les mêmes, pour les vacances.
Les trois C ont du mal à grandir, la vie de folie qu’elles mènent ne leur aura rien appris, l’une d’elles se fera tristement engrosser et, plus tard, son sosie de fille voudra demander aux deux C rescapées de l’accident qui a tué la mère, demander si elle a un jour été aimée d’elle. Les années 80 prendront la suite avec sa flamboyance, ses excès, ses indécences, dans les mêmes lieux…avec plus d’alcool, de fric, de poudre, d’esbrouffe.
L’histoire — un peu complexe vu le nombre de personnages — n’est pas l’essentiel. C’est le feeling, le ressenti, les ambiances, l’impalpable qui sont brillantissimes dans ce livre des jeunesses perdues, des rêves jamais vécus, des rancœurs mal digérés. Une petite photo, à la fin, où l’on voit des amis des parents de l’auteure dans la boîte. Comme si elle était nostalgique pour avoir loupé quelque chose de terriblement excitant et que ce livre lui permettrait de combler le retard de sa naissance. Vu comme ça, c’est réussi.

Crans-Montana par Monica Sabolo, 2015, aux éditions jclattès. 250 pages, 19 €.

Texte © dominique cozette

 

Un livre à l'eau de rose, la bonne

L’Islandaise Audur Ava Olafsdottir (j’ai simplifié au niveau des petites barres ou accents sur les lettres !) nous tient en suspens avec une histoire toute simple et toute charmante dans son dernier opus traduit en français : rosa candida. Oui, bon, c’est du latin mais on ne le perd pas en se plongeant dans ce récit car, pour une fois, les prénoms sont sexués. La fille s’appelle Anna, la petite fille Flora Sol.
Le héros est un jeune homme orphelin d’une mère aimée, qui vit harmonieusement avec son père et partage ses week-ends avec son jumeau (faux), sorte d’autiste sage.
Un soir de fête, il couche avec Anna et l’histoire s’arrêterait là si Anna venait lui annoncer, dans pathos, qu’elle est enceinte. C’est une petite fille tout ce qu’il y a de chouette, qui fait ses nuits et sourit tout le temps. Le jeune homme lui rend parfois visite. Sans plus. Puis il décide de ne pas faire les études que son père lui préconise. Il adore les jardins et les fleurs alors il part dans un autre pays s’occuper du jardin célèbre d’un monastère dont personne ne s’occupe. A part le fait qu’il n’a pas l’occasion de la moindre sexualité, il s’adapte à merveille et, avec le moine cinéphile, dévore des cassettes en VO sans sous-titres chaque soir. La façon qu’a trouvée le moine d’apprendre la vie.
Puis un jour, Anna se pointe avec la petite qui a 9 mois. Elle demande au garçon de la garder un mois le temps qu’elle rédige son mémoire sur la génétique. Et elle reste chez lui, finalement. Et entre eux se tissent des liens dont il ne sait pas quoi penser. C’est toute l’histoire du livre. C’est joliment écrit, le jeune père se prend les pieds dans ses sentiments et son désir, la petite fille, surdouée, nous enchante et Anna, dans ses livres, regarde tout ça distraitement. Que pense-t-elle ?
Beaucoup de questions sur la vie, l’amour, la mort, la religion jalonnent le livre qui n’est en fait qu’une longue interrogation sur le sens des choses. Mais c’est  ce n’est pour autant pas une prise de tête, chacun peut y cueillir sa fleur.
Un livre tendre comme ça, ça fait du bien, c’est moi qui vous le dis.

Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir chez Zulma.  2010 pour la traduction française, 2007 pour la VO. 264 p. 8,95 €

Les Fessebouqueries #277

Qu’est-ce qui a fait pleurer les blondes, cette semaine douce et printanière ? Une sextape aussi palpitante que l’accouplement du tenon et de la mortaise, l’ex-président à talonnettes qui se prend tellement pour Jésus qu’il finira les bras en croix, le don du sang pour les gays qui se demandent s’ils le sont encore au bout d’une année sans sexe et, cerise sur le gâteau, notre ministre du travail qui connaît son dossier CDD sur le bout des doigts, comme disait un ami lépreux au stade final. Ça rassure, tout ça.
– OB : Quand je pense que les américains tuent tout le monde avec des flingues, alors qu’il suffit d’un saucisson.
– CC : je reviens du Cantal, c’est le paradis sur terre : de la viande rouge et pas de café starbucks
– ER : Je plains le gars qui a été chargé par une juge de géolocaliser Nicolas Sarkozy et qui est maintenant épileptique.
– NP : Donc en France on peut très bien être homo et donner son sang. Faut juste pas être un homo sexuel.
– DO : Rebondissement extraordinaire dans l’affaire de la sextape de Mathieu Valbuena Le nom de N. Sarkozy n’est pas encore apparu dans le dossier
– FIA : J’ai Alzheimer et Gilles de la Tourette : je sais plus où j’ai rangé mes fils de pute.
– JPT : Air Cocaïne : pour voyager sur nos lignes, un billet de 1 dollar soigneusement roulé suffit.
– NP : Sarkozy qui critique l’affaiblissement de l’autorité de l’état c’est un peu comme si Marc Dutroux critiquait la pédophilie.
– OV : Il faut avoir le courage de reconnaître qu’Hitler n’a pas fait que des mauvaises choses : par exemple c’est lui qui a tué Hitler.
– OK : URGENT: Béziers : Un homme qui venait de mettre un tshirt « I love kebab » à sécher à sa fenêtre vient d’être abattu par la police municipale.
– OK : Sarkozy veut créer des places en prison. Dans les quartiers VIP ?
– EM : Rappelons que tant que Michel Platini ne lui a pas apporté son soutien, Karim Benzema est présumé innocent.
– FIA : 12 mois d’abstinence pour pouvoir donner son sang. Après on te file plus un sandwich mais une bite.
– ACD : Il faut quand même admettre que les moustiques sont beaucoup moins cons que les humains quand il s’agit de don de sang.
– SP : Moi aussi j’en ai marre de l’acharnement de Sarkozy ……à se retrouver mêlé à toutes les affaires depuis 2012
– OB : – On baise ? – Pas cette année, j’ai un don du sang.
– FR : Le décès de l’académicien René Girard libère un fauteuil pour le filozof Jean Roucas, futur ministre de la Culture du FN.
– CC : les gays ne peuvent pas donner leur sang, par contre les électeurs du fn ont le droit de donner leur avis
– DP : Amis gays, nos nouvelles ceintures de chasteté en kevlar sont dotées de microprocesseurs contrôlés par le ministère de la santé. Elle s’ouvrent automatiquement au bout d’un an.
– FR : OFFICIEL Novembre 2015 : Nicolas Sarkozy est désormais moins populaire que l’herpès et la redevance audiovisuelle.
– RR : Il paraît que la sextape de Valbuena tient sur une clé USB 8 Minibit.
– PM : une question de Lucette au standard : « si ceux qui baisent ne peuvent pas donner leur sang , les branleurs pourront ils donner leur sperme?  »
– OM : « Un ver solitaire retrouvé dans le cerveau d’un américain. » Quoi ? On a retrouvé quelque chose dans le cerveau d’un américain…?
– ADN : Je me demande si je peux parler de la ministre du travail qui ne connait pas son travail. J’y travaille
– DC : La ministre du travail ne sait pas qu’elle est en CDD. Elle n’a pas lu son contrat de travail. Elle ne sait même pas de quoi elle est ministre. Mais c’est pas grave, nous la payons aussi pour ça, pour nous payer sa gueule…
– HDD : Il paraîtrait que Maud Fontenoy est clito sceptique

Et un beau bonus de LH sur le beau métier de ministre :
Salut à tous !
Arrêtez donc de vous moquer de notre Ministre du Travail qui ne savait pas combien de fois on peut renouveler un CDD …merde, comment voulez vous qu’elle le sache…. alors qu’elle ne sait déjà pas ce qu’est un CDD !
Parce que je viens de l’avoir au téléphone et la pauvrette a cru que Bourdin parlait du dernier CD de Dédé …bon, ça arrive quoi !
 Alors, hein, c’est facile de se moquer ! Bande de méchants, va…
C’était comme pour Fleur Pellerin Tout le monde lui reprochait en tant que Ministre de la Culture de ne même pas avoir lu Modiano, auteur Français primé par le Nobel de littérature – elle a pas le temps de lire la pauvre chérie… oui, bon, pour une Ministre de la Culture, c’est un peu embêtant, il est vrai …mais bon, c’est pas bien grave, n’est ce pas ? Elle sait qui sont Zahia et Nabilla, c’est déjà pas mal ! ( Oui elle a le temps de regarder la télé….ouf ! )
Bon, sinon, moi j’ai envoyé ma candidature pour devenir Ministre des Sports au fait…ben quoi ? 
C’est pas mal quand même !
Tu gagnes bien : 
- l’indemnité de base 11 029,35 €
- l’indemnité de résidence 330,88 €
- l’indemnité de fonction non imposable 2 757,33 €
Et en plus il y a des avantages ! Tu as un logement de fonction, tu ne paies pas les billets de train pour les déplacements personnels ou professionnels, tu disposes d’une voiture de fonction avec son chauffeur et tu bénéficies de voyages gratuits en avion partout dans le monde !
Trop cool !
Hein ? Vous dites quoi ? J’y connais rien en sport ? Oui c’est vrai…
Mais ça semble pas un critère nécessaire de toute façon. 🙂
Bonne journée à tous !

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici.

Les 14 voyages de Mauvignier

Dans son dernier roman, Autour du monde, Laurent Mauvignier nous embarque en fait dans la tête des gens de chacun de ses récits qui pourraient être des nouvelles mais qu’il s’ingénie à relier entre elles. Le prétexte fallacieux du tsunami japonais n’a pas cet effet papillon attendu, non, c’est juste que tout ce qui arrive de lourd, de tragique, de complexe aux différents héros se passe à ce moment-là. Parfois, le tsunami joue un rôle dans l’histoire, la première où un type embarque une nana tatouée et pleine de cicatrices, sorte de punk adulte et succombera à la vague. Pas elle. Parfois, ce sont juste des images à la télé qui touchent plus ou moins les gens notamment les derniers, en voyage à l’étranger, qui cherchent à cacher à la fillette la catastrophe car sa mamie habite là.
Pour tout le reste, il y a l’Afrique, la Californie, Moscou, les Bahamas et ce qui m’a impressionnée dans de livre, c’est la puissance d’évocation des sentiments des personnages, de leurs implication et questionnements dans ce qu’ils vivent, de leur profondeur. On a l’impression que Mauvignier tient un scalpel et qu’il dissèque jusqu’à la moelle de l’os ce qu’il se passe en eux. Et pourtant, je ne suis pas fana des nouvelles, je les fuis même car je n’ai pas la sensation de m’attacher aux personnage. Ce qui n’est pas le cas ici. Leurs reliefs sont tellement détaillés qu’on a envie de tout savoir, de tout connaître sur leur histoire. Et d’une pirouette, d’un prénom, Mauvignier nous envoie vers quelqu’un d’autre. Rien de forcément palpitant à première vue mais qui le devient petit à petit comme sur une photo lentement dévoilée. Très bel exercice.

Autour du monde de Laurent Mauvignier, 2014 aux Editions de Minuit. 372 pages, 19,50 €

texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #276

Le grain à moudre de cette semaine est, bizarrement, composé de paires. Non pas celles que vous croyez, d’autres, plus proches de la paire de baffes : Delon-le Pen, viande rouge-kébab, tampons-sang contaminé, rafales-air cocaïne, Roucas-Morano. Oui, des bonnes paires de baffes…
– OVH : France Télévisions cherche des poujadas dans la tête de Marine Le Peigne.
– FIA : – Vous avez quelque chose à ajouter Mme Boutin ? – Oui Monsieur le Juge : pourquoi portez-vous une robe ?
– RC : Le programme du FN c’est un peu comme la viande de kebab. On sait pas vraiment ce qu’il y a dedans mais on sait que c’est de la merde.
– DS : Quand la fin de mois est tendue, ça t’arrive de faire un chèque en bois.Thomas Fabius, lui, c’est la forêt amazonienne qu’il signe.
– JPT : Alain Delon : commencer avec Romy Schneider pour finir avec Nadine Morano, tu parles d’une dégringolade !
– DS : Je sais pas qui est le plus con entre celui qui fait un chèque en bois d’1 million de dollars et celui qui l’accepte sans vérifier.
– DP : À Orly quand tu fais pipi dans l’urinoir des mâles, tu peux lire cet avis préventif: eau non potable. Pour le cas ou on aurait traverse le désert et qu’on se serait précipités pour laper nerveusement la porcelaine.
– RR : Je vais être vulgaire, mais c’est tellement la merde dans le monde qu’il faudrait penser à tirer la chasse.
– FIA : C’est des conneries ces histoires de viande cancérigène. C’est ce que m’expliquait mon buraliste pendant qu’il préparait mon entrecôte.
– FIA : Gagnez du temps, mangez des métastases.
– DC : Roucas a été exfiltré du Front National, en échange de Nadine Morano. Un clown chasse l’autre !
– ZJ : François Hollande a réussi à gâcher la seule croissance constante qu’on avait jusqu’ici : Le chômage. Hollande démission!!!
– FIA : Risque de cancer : c’est encore pire si vous mangez du saucisson sans filtre.
– DS : Bon on va faire 2 groupes : 1 – Les gens qui vont mourir de la viande rouge 2 – Les gens qui vont mourir aussi
– RR : Le savon et les chiffres ayant été inventés par les Arabes, je suppose que Robert Menard pue et compte sur un boulier.
– FIA : « Du désherbant dans les tampons ». En gros, si tu jettes ton tampax ds la forêt de Fontainebleau, 6 mois après il y a un parking à la place.
– MK : Lu, dans Le Point : « Alain Delon aime Nadine Morano pour ses couilles ! ». Je savais bien que Morano est un travelo qui drague le FN, et que son mac c’est Sarko.
– LC : Les 2 pilotes qui fuient en laissant leurs amis se démerder, c’est comme si Sarkozy accusait tous ses potes au lieu d’assumer. Impensable.
– OK : J’espère que les saoudiens ne nous achètent pas nos rafales avec des cheikhs en bois.
– RR : « Du désherbant dans les tampons ». Si au moins ça évitait aux poils pubiens de repousser.
– EM : Gilbert Collard traite Jean Roucas d’intellectuel, Jean Roucas s’estimant gravement insulté quitte le FN, c’est cohérent.
– FIA : Dans la prison de Béziers : – T’es là pour quoi toi ? – Linge aux fenêtres. Et toi ? – Kebab clandestin.
– JS : La réédition de Mein Kampf apportera un démenti cinglant à tous ceux qui affirment que les partis d’extrême-droite n’ont pas de programme.
– FR : Après la fuite piteuse de Jean Roucas, le FN n’a plus un seul intellectuel, Philippe Pétain, maréchal et traître, 159 ans.
– JC : viens de recevoir un coup de fil de Bolloré (qui m’a appelé « cher Monsieur C., je le signale en passant), qui me proposait un tarif « préférentiel » pour un abonnement à Canal +. Je lui ai dit que je m’abonnerais à Canal + le jour où Bruno Carette réintégrera la chaîne. Ça lui a claqué le beignet
– FIA : Cancer : hâte de voir Justin Bridou dans Faites entrer l’accusé.
– JPT : Au Guatemala, un ancien comique est devenu Président. En France, Sarko a fait l’inverse.
– ZJ : Pauvre Thomas Fabius, il a perdu 3 millions de dollars au jeu en une soirée…
– OM : « Le fils de Laurent Fabius à nouveau dans le viseur de la justice. » Bon sang contaminé ne saurait mentir.
– NP : Si Ménard apprend que les tomates, les pommes de terre, le tabac et le café sont des immigrés les habitants de Béziers sont mal. Très mal.
– FIA : Du coup, j’ai tout arrêté pour la cigarette électronique parfum saucisson.
– OK : – Waoww ! Il est trop bien ton déguisement tout déchiré de zombie pour Halloween. – Mais non, je suis déguisé en DRH d’Air France.
– NM : Le kébab en fait c’est rien d’autre qu’un jambon beurre beur.

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Le requin de Bertrand Belin

Je ne parle pas de ses chansons que je ne connais pas bien mais de son premier roman, Requin, qui m’a beaucoup plu. D’abord, son écriture est talentueuse, tueuse même et l’histoire qu’il nous raconte est saugrenue : c’est celle du héros en train de se noyer. Tout le livre raconte cette noyade très peu glorieuse, suite à une crampe assassine dans la cuisse, dans un lac … artificiel. C’est moche. A la limite, il espère que ses proches diront : il est mort dans un contre-réservoir, c’est un peu plus classe. Mais dès qu’on sait qu’il s’agit d’un lac de barrage, l’intérêt tombe.
Et son cerveau se met à tourner, pas forcément vite d’ailleurs, et à constater qu’on peut penser à toutes sortes de choses quand on va être englouti : des événements marquants de sa vie comme la nuit où il avait péché du lait dans le port du Havre, oui, du lait, la fois où il a décapité un cygne, mais aussi sa rencontre avec Peggy, sa femme. Peggy qui bouquine sur la plage du lac sans se douter de rien et leur gamin qui joue à faire des pâtés. Mais aussi à des détails futiles, inutiles et sans intérêt comme des couleurs de rideaux, des trucs insignifiants.
Ce n’est pas qu’il soit si triste que ça de mourir. Il l’a souvent souhaité. Mais il aurait aimé finir autrement. Que la vie est cruelle.
Je ne développerai pas plus sauf pour vous dire que c’est un petit livre de dérision, d’humour, bien ficelé, soigné, bien écrit, qui laisse planer un certain suspens car on s’attache au personnage, on est plein d’empathie, on n’aimerait pas qu’il disparaisse …

Requin de Bertrand Belin aux éditions P.O.L. 2015. 182 pages, 14 €.

texte © dominique cozette

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