Le dernier d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Le dernier des nôtres, sous-titré : une histoire d’amour interdite au temps où tout était permis, d’Adélaïde Clermont-Tonnerre, grand prix du roman de l’Académie Française est une histoire insensée, haletante et inouïe comme dans les grandes épopées romanesques. Une histoire d’amour époustouflante comme dans un film de Claude Lelouch des années 80, les uns et les autres, où le hasard faisait bien ou mal les choses, où se produisaient d’improbables rencontres. Ce genre.
Le héros, un beau grand mec aux yeux délavés et aux cheveux très blond, construit son avenir et sa richesse à New-York. C’est un play boy avenant pas très cultivé mais super sympa, cool. On est à la fin des 60’s et dans les 70’s, flower power, hippies et Factory.
Flash back récurrent qui raconte sa naissance : en 1945, à Dresde bombardée, sa mère meurt en le mettant au monde et en le nommant Werner. Sa tante prend le bébé et cherche dans les décombres d’une ville entièrement détruite, une nounou. Ça tombe bien, une jeune femme vient de perdre son bébé. Elle se charge avec répulsion de Werner, et finira par s’y attacher dans ce road-movie infernal où les deux femmes plus une russe fuiront pour tâcher de retrouver des liens, notamment le père du bébé. Elles y parviennent mais il est abîmé, les SS l’ont torturé et il a perdu les pédales.
Et voilà qu’à New-York, dans un resto chicos où dîne Donald Trump (oui, oui !), Werner tombe irrémédiablement amoureux d’une jeune femme accompagnée d’un vieux de 40 ans. Il va tout faire, des choses insensées, pour la rencontrer, la séduire, la garder. Hélas, la mère de cette jeune femme dont le père est un ponte milliardaire, à la seule vision du jeune homme, blêmit, montre le numéro que les SS lui ont gravé sur le bras et disparaît avec sa fille. Celle-ci ne va plus donner de nouvelles pendant des mois au triste Werner qui vit très mal cette situation. Qui ne comprend rien à l’histoire, parce qu’il ne peut pas la comprendre.
Tout le livre s’attache à dévoiler, petit à petit, les raisons ignobles pour lesquelles ces deux-là n’ont pas le droit de s’aimer (non, ils ne sont pas frère et sœur, ça serait trop simple) et à entrouvrir une petite porte d’espoir.
C’est un vrai bon gros roman avec des situations rocambolesques, des ambiances d’avant comme on aurait aimé en vivre au bon temps des années de libération où tout était facile, joyeux et prometteur. (Oui, j’ai vécu ce bon temps-là !)

Le dernier des nôtres d’Adélaïde Clermont-Tonnerre, 2016 aux éditions Grasset. 492 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette.

Lionel Duroy et l'absente

Si, comme moi, vous vous passionnez pour la vie racontée de Lionel Duroy, cet écrivain qui triture son histoire et celle de ses étranges parents ayant mis au monde 10 enfants qu’ils n’avaient pas les moyens d’élever, ce livre paru cette année, L’absente, vous ravira. L’absente, c’est sa mère. Sa foutue mère qu’il a toujours détestée et qui le lui a bien rendu. Il l’a toujours trouvée moche et se demande comment son père, Toto (un petit nobliau qui vend des Tornado) peut être aussi amoureux d’elle, même quand elle devient folle d’avoir été déchue de sa caste, chassée manu militari de son chic appartement de Neuilly pour être relogée dans un « taudis » d’une sale banlieue prolo, indigne d’elle.
Donc ce livre trouve notre auteur en complète capilotade, totalement éparpillé dans sa tête comme dans sa vie : Esther, son dernier amour, s’est barrée avec leurs deux enfants, il a été obligé de vendre et de vider leur maison en pleine campagne, en province. Le jour du déménagement, il a enfourné dans sa vieille voiture tout et n’importe quoi : photos, jouets d’enfants, dossiers, livres, vêtements etc, en vrac. Le reste est allé au garde-meuble. Il ne sait que faire, ou aller. Il s’installe dans un petit hôtel de l’est où une libraire fan amoureuse excessive de lui le reconnaît et s’y accroche, contre son gré. Pendant son road-trip lui vient l’idée de faire le livre sur sa mère (ses parents sont morts depuis longtemps, il est fâché avec toute sa famille à cause de ses livres).
Pour cela, il fuit l’est et s’en va près de Bordeaux, un château où toute la famille très riche de sa mère vivait, en grands bourgeois. Et dans laquelle vivait aussi une magnifique cousine dont il était follement amoureux et qui l’aimait bien. En faisant le tour du parc, il est surpris par un cousin et lui raconte un bobard pour pénétrer dans le château, se faisant passer pour un bricoleur (ce qu’il est). Il découvre avec tristesse que la cousine est morte après un mariage, un divorce et une vie à s’occuper de petits orphelins indiens. Il découvre aussi des secrets de famille et l’énorme histoire que sa mère a vécue dans sa jeunesse et qui lui révèle enfin pourquoi elle a épousé Toto, si peu en accord avec son rang, et pourquoi elle est partie de Bordeaux. C’est énorme quand on suit l’histoire et il raconte très bien cette épopée, tandis que la libraire de l’est de la France est venue le rejoindre et commence à le rendre amoureux. Et surtout, comment une cousine plus jeune du château l’a reconnu, car elle lit ses livres et suit ses interviews. Elle ne lui en veut pas de les avoir mystifiés et c’est elle qui le mettra en relation avec le vieil homme qui racontera sa mère, jeune et belle, ce qui le réconciliera avec cette femme dont il n’avait jamais découvert l’âme. Très beau livre.
C’est encore mieux si vous avez lu les livres sur son enfance, Priez pour moi (clic), Colère (clic), Le chagrin dont j’ai parlé dans ce blog.
Une video ou l’auteur parle de son livre ici.

L’absente de Lionel Duroy, 2016, aux éditions Julliard. 352 pages

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #329

Qu’est-ce qu’on s’est marrés cette semaine  ! D’abord nos rythmes circadiens fracassés sur le mur du temps, puis notre peur halloweenesque de la primaire LR mais ouf,  le brief était : surtout pas d’idées les mecs qui pourraient foutre la trouille aux électeurs, puis la terreur des parents d’enfants jeunes quand ils liront le prix Goncourt décerné à … une Arabe. Vous plaisantez, j’espère ! Mais non, pas du tout. D’ailleurs on va mettre des flics autour des librairies pour éviter l’amalgame. Trump, à côté, c’est de la pisse de chat. – De la pisse, quand même ! – Oui, mais de chat. – Certes, mais  ça pue grave. Tu l’as dit, Goofy. Une semaine, quoi.
– JB : J’ai bêtement voulu changer d’heure plus tôt que l’heure officielle et je me suis perdu dans une faille spatio-temporelle. Rdv marcredi 34 novobre à 89h58.
– ZPV : 2017 sera l’année du renouveau avec Trump, Erdogan, Poutine, Kim Jong-un et Sarkozy.
– LC : Astuce: Si l’année prochaine on s’y met tous, et qu’au lieu de bonbons on distribue des capotes, on peut éradiquer Halloween en 4 ou 5 ans.
– LF : Le Foll: « Hollande est un battant »…..un battant de la porte qu’il va prendre ou il est le bâton pour se faire taper dessus.
– AG : J’aime bien l’idée des légumes moches en conserve, mais je me demande à quel moment on est devenu assez con pour trouver des légumes moches.
– TK : L’heure d’hiver, cette arnaque qui nous fait perdre 1h de soleil et 3h de vie si tu tentes de régler l’horloge de ta voiture et de ton four.
– NP : Cette année pour Halloween je me suis déguisé en un truc qui fait super peur : un second tour Sarkozy-Le Pen.
– VE : De toute manière si Sarkozy perd aux primaires il faut que Juppé démissionne pour lui laisser la place.
– AB : On a trouvé un cerveau fossile de dinosaure vieux de 133 millions d’années ; contactée, Mme Boutin prétend que le sien est entier
– IV : Tous ces étrangers qui viennent manger le foie gras des français
– EM : Les Français mangent au MacDo, fêtent Halloween et regardent des séries américaines mais ont peur que des Syriens dénaturent leur culture.
– OV : – Ils ont donné le Goncourt à une arabe du coup je vais pas l’acheter.
- Tu l’achètes jamais. D’ailleurs t’achètes jamais de livre.
- Oui mais cette année je vais l’acheter encore moins. Bref, les fachos sont fâchés.
– ZPV : À tous les coups, les jurys du Goncourt et du Renaudot sont noyautés par le PS, les communistes, les protestants et les islamistes.
– ML : Le grand gagnant de cette primaire de droite, c’est Bayrou qui est au coin de sa cheminée ce soir, dans ses chaussons oranges et son canapé Henri IV, en train de se dire : « mais putain, qu’est-ce que j’ai fait ? »
– EM : La remontée de Donald Trump et Nicolas Sarkozy dans les sondages vous est offerte par le lobby mondial des fabricants d’anxiolytiques.
– KB : Résumé de ce Primaire-Le-Debat : 10 min sur Bayrou. 15 min sur le ni-ni. 20min sur l’islam politique. 1 min sur l’Éducation Nationale.
– HS : Je propose que tout enfant qui ne maîtrise pas la langue française à 10 ans soit abattu parce que c’est moderne. (Je tente une synthèse)
– TK : – Je veux 5 000 policiers de plus. – J’en veux 10 000! – 15 000 ET POUR 1 000 DE PLUS LA 2ÈME PIZZA EST OFFERTE. La-Primaire-Le-Debat
– JB : Il y a des gens qui se font tellement chier le samedi matin, qu’au lieu de se gratter les parties génitales en regardant des vidéos YouTube, ils vont faire du footing, des courses, ou s’arrangent pour travailler. C’est ça la France qu’on veut laisser à nos enfants ?
– OK : Bruno Le Maire : « Ma droite sait où elle habite ». Ca sent la contrepèterie …
– RR : Les Républicains veulent des flics, des prisons et des flingues. On attend la nomination d’un shérif.
– EM : Le CSA annonce le recrutement de 7000 intérimaires pour traiter les plaintes relatives aux émissions de Cyril Hanouna.
– JB : Je parie que, comme Hillary, Alain Juppé sera emmerdé par la DGSS pour avoir conservé illégalement des infos sur son Minitel.

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Que fœtus là ? #24

L’église catholique réprouve toute forme de contraception artificielle. Elle prône la méthode naturelle dont elle déplore qu’elle ne soit pas plus recommandée par le corps médical (qu’elle soupçonne d’être lié aux intérêts financiers des laboratoires). La méthode naturelle, c’est l’abstinence lors des périodes de fécondité, méthode aménagée par Dieu qui n’a pas jugé bon de rendre la femme féconde toute la durée du cycle. Cette méthode est assimilable à la vieille méthode Ogino, célèbre pour le  nombre d’enfants non désirés auxquels elle a permis de voir le jour  —  avec environ 75%  de fiabilité  —  appelés les bébés Ogino (Ogino était un gynécologue japonais).

« Que fœtus là » est une série où je m’interroge sur l’origine de l’humanité par le biais du fœtus : Comment es-tu arrivé là ? Qui t’a fait ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Etait-ce par désir, par défi, par ignorance, de force, par conformisme, par habitude, par instinct de procréation, par esprit de domination, par accident ?… Cette extraordinaire banalité qu’est la procréation,  j’ai eu envie d’en savoir plus et de la partager. A suivre…(voir précédent article ici)
Texte et illustration © dominique cozette

Prendre le train avec Patti Smith

M Train est un livre flottant, oscillant entre rêverie, souvenirs, fantasmes, réalité et références arty et en même temps bourré de descriptions hyper précises du lieu, des odeurs, du goût des choses, des vêtements, de ce qui se passe chez elle, ce qu’elle donne à son chat, de l’environnement général, c’est fascinant le pouvoir d’évocation qu’elle possède dans son écriture qui a l’air de couler tout naturellement de son stylo.
Patti Smith s’habille toujours pareil. Son manteau (un vieux manteau noir effiloché et mité), son bonnet et ses bottes, passe un temps fou au café. Celui qui se trouve en bas de chez elle à New-York et ceux de toutes les villes qu’elle traverse, qu’elle visite, qu’elle peuple de ses visions. Elle traîne avec elle son inclassable appareil photo, polaroïd en noir et blanc et elle shoote avec discernement ce qui servira de support à ses souvenirs. Un jour, son manteau disparaître et il continue à lui manquer. Elle oubliera son polaroïd sur le banc de sa plage avant une tempête. Le café au bas de chez elle fermera à son grand regret. Les polas qu’elle a faites, parfaites, de la tombe de Genêt (je crois, ou Verlaine. Elle passe beaucoup de temps dans les cimetières) disparaîtront aussi. Elle oubliera son moleskine au café.
Elle raconte beaucoup de choses, grandes ou petites, simples ou littéraires, avec force détails. Elle dit comment elle s’est acheté une bicoque délabrée entre métro et bord de mer. Comment ils vivaient avec son mari musicien brusquement décédé, horaires farfelus, nourritures improbables, les voyages qu’elle entreprend pour visiter la chambre de Frida Kahlo, son amour des écrivains japonais dont elle va nettoyer/honorer les tombes lors de séjours-conférences. Des polaroïds de ses souvenirs agrémentent le récit.
Rien à voir, certes, avec Marguerite Duras, mais elles ont en commun la force qui les pousse à écrire, écrire, écrire, pour que rien ne se perde, filmer pour Duras, photographier pour Smith. Des artistes qui se fichent bien de l’image qu’elles renvoient mais qui ont la plume magique.

M Train par Patti Smith, 2015, traduit de l’américain par Nicolas Richard. Editions Gallimard en 2016. 272 pages imprimées en police Granjon. 19,50 €.

Texte © dominique cozette

Marguerite Duras, l'amie

L’amie, le livre de Michèle Manceaux a été publié en 1997, un an après la mort de Marguerite Duras, l’amie qu’elle évoque ici, malgré la rupture de Marguerite pour semble -t-il, une sorte de jalousie ressentie à la publication d’un livre de Michèle, un tellement bon livre qu’il empiétait sur le territoire de Marguerite, la sacro-sainte littérature. C’est ainsi qu’elle l’explicite. Certes, elle en avait écrit d’autres, mais apparemment, ils ne menaçaient pas de faire de l’ombre.
Michèle Manceaux, c’est pour elle que j’achetais Marie-Claire il y a longtemps car, en tant que journaliste, elle y écrivait de somptueuses interviews sur les personnalités singulières. En tout cas, qu’elle rendait singulières. J’ai trouvé ce livre en me baladant dans les rayons de ma médiathèque et je peux vous dire, si vous aimez Duras, qu’il vous enchantera. D’abord parce que son écriture est superbe, simple, précise, sensuelle. En quelques phrases, elle recrée les ambiances des journées, soirées, nuits passées à Neauphle-le-Château où Marguerite avait acheté sa maison chérie, sa maison où elle faisait ses confitures, ses mets métissés, où elle cousait ses vêtements, où elle recevait tous ses amis de l’édition ou du théâtre. Elle entretenait des relations simples et de commérages avec des gens du coin, jardinier, commerçants, elle fouillait les recoins de la région, apprenait les noms des GI enterrés pas loin. Elle avait convaincu Michèle d’y acheter aussi une maison, ce qu’elle fit, ainsi qu’une autre amie comédienne. C’était un gynécée, des femmes libres comme elle disait, qui aimaient rire, boire, manger. C’était avant l’amant, pendant et après. Puis il y eut l’arrivée impromptue (pour Michèle) de Yann Andrea, mais tout ça se mélangeait très bien avec les fils, les filles laissées par des pères partis courir la gueuse.
Il n’y a pas que ça. Il y a les mots de Marguerite car Michèle commença à prendre des notes. Il y a ses commentaires sur l’écriture, son écriture, sa sève. Il y a ce que pensait Marguerite d’elle-même, comment elle s’attifait, comment elle se fichait de plein de choses, de l’âge par exemple. Puis il y a le début d’un alcoolisme dévastateur qui faillit la tuer. Mais qu’elle vainquit. Il y a la rupture, la blessure. Qui dura jusqu’à la mort de Duras.
Ce livre est un bijou. Il existe en poche aussi. Il doit pouvoir se trouver.

L’amie de Michèle Manceaux, 1997 aux éditions Albin Michel. 216 pages. 89 francs !

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #328

Cette dernière semaine avant les feux de l’hiver (n’oubliez pas de mettre les pendules à l’heure, comme disent les politicreux) n’aura pas brillé par son explosion de news hallucinantes et le caca d’or revient à l’ami Copé (Salut les Copé !) pour sa si juste appréciation du coût de la vie. Donc les migrants en car Macron, la Madonne des slips in, le Morandini qui nie, le so boring Fillon qui a oublié de crever l’écran et le Hollande qui poursuit son glissement descendant (des sans dents ha ha ha !) sans même nous inspirer un mini-suspense rapport à sa candidature. Pour la peine, je vais reprendre une poignée de ces excellents mini pains au choc ! Olà !
– HF : – maman t’as pas 2€ ? – tu vas chercher le pain ? – non je vais m’acheter des Louboutin
– LC : Face à la polémique Copé, Marine Le Pen aurait déclaré « Le vrai problème est que le chocolat soit noir et non pas blanc dans le pain ».
– FIA : J’avais un euro, j’ai racheté la boulangerie.
– OM : Des bus qui partent gratuitement vers le sud de la France… Faudra pas s’étonner si on retrouve des Calaisiens parmi les migrants.
– DS : « Des CE2 qui disent des conneries en espérant que les CP les répètent et que les CM2 les remarquent. » J’ai expliqué Twitter à mon fils…
– VO : Réfléchissez bien avant d’aller voter à la primaire de la droite, 2€ ça fait quand même 20 pains au chocolat.
– DJ : Hollande est passé de 3% d’opinions positives en 2011 à 4% en 2016. Il sera OK pour 2052 si la courbe de sa popularité ne s’inverse pas.
– GB : Selon une étude la France est 17è pour l’égalité H/F. A ce rythme elle serait effective en 2187. Mais ce sont sans doute des combats de bobos
– AB : Plus que 4 jours cette année pour expulser des familles de pauvres : les huissiers ont le blues.
– OM : Tout ce bordel alors que pour évacuer radicalement et définitivement la jungle il aurait suffi de la vendre à Bolloré..
– LM : « Les Français sont en surpoids. » « Baisse spectaculaire du chômage en France. » Ça donne un peu l’impression qu’on mange nos chômeurs, non ?
– LC : Tu sais qu’il est temps de passer l’aspirateur quand ton chat sort de dessous le canapé avec une perruque grise.
– DT : Madonna franchit une étape en promettant une fellation à tous ceux qui voteront Clinton. En France on se contente de se faire baiser.
– JB : Aie aie aie, Jean-Marc Morandini qui cumule problèmes avec la justice, chute dans les sondages et rejet de la part de ses pairs… Vous allez voir qu’il va finir par se présenter à la primaire des Républicains.
– ADN : Avec mon ami JF Copé, j’ai pu m’acheter une Ferrari à 329 euros
– OK : Petite annonce : Couple recherche appartement type F2 dans 6e arrondissement de Paris pour 300€ par mois max. RT SVP
– KW : Arrêtez de vous moquer de Copé ! Si on vous demande le prix d’une coupe de champagne au Ritz, vous seriez bien dans la merde aussi !
– CR : D’après « Libé », François Hollande « juge indispensable la neutralisation de Bachar al-Assad ». De leur côté, 55 millions de Français jugent indispensable la neutralisation de François Hollande.
– EM : Si le CETA n’est pas signé, Justin Trudeau menace de prolonger la tournée de Céline Dion en Europe comme mesure de rétorsion.
– OM : Si ça se trouve les 4% de cote de popularité de François Hollande, c’est juste une estimation de Jean-François Copé.
– AB : Un français sur deux en surpoids et c’est toujours celui qui m’écrase les orteils dans l’ascenseur.
– DS : Les nomades, sous Vichy, ils avaient 50% de chances de se faire déporter… Et ouais mec, un coup tsiganes, un coup tsiperds.
– LC : Fillon a été 1er Ministre pendant 5 ans et t’explique que Sarkozy n’a fait que de la merde. Même mon pote schizophrène est moins flippant.
– LM : Encore un séisme en Italie. On dirait que la Terre leur dit: « Merci d’avoir inventé la pizza, votre mission est remplie, crevez maintenant. »

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Que fœtus là ? #23

La procréation n’est pas un droit pour les détenu(e)s et si l’adoption n’est pas formellement interdite, on imagine mal des services sociaux l’autoriser pour des personnes incarcérées. Idem pour la fécondation assistée. Reste la sexualité qui estthéoriquement interdite (sauf dans de rares prisons françaises avec lieux de rencontres). Cela n’empêche pas la procréation dans l’enceinte même de la prison, notamment lors de parloirs ou les couples s’arrangent tant bien que mal pour une étreinte brève et fertile. Ainsi sont conçus un certain nombre de bébés-parloir, d’un des partenaires incarcérés, ou des deux. Il en naîtrait au moins une centaine par an, estime l’Observatoire international des prisons.

« Que fœtus là » est une série où je m’interroge sur l’origine de l’humanité par le biais du fœtus : Comment es-tu arrivé là ? Qui t’a fait ? Où ? Pourquoi ? Comment ? Etait-ce par désir, par défi, par ignorance, de force, par conformisme, par habitude, par instinct de procréation, par esprit de domination, par accident ?… Cette extraordinaire banalité qu’est la procréation,  j’ai eu envie d’en savoir plus et de la partager. A suivre…(voir précédent article ici)
Texte et illustration © dominique cozette

Quête de la mère de Sophie Daull

Le dernier de Sophie Daull me rappelle énormément les gens dans l’enveloppe (que j’avais bien aimé, voir ici) d’Isabelle Monnin où, après avoir acheté un stock de photos aux puces, elle avait décidé d’en retrouver les vraies personnes.
Le livre de Sophie Daull part d’une démarche plus intime : la recherche de sa mère. L’an dernier, Sophie avait écrit un livre très remarqué sur la mort toute récente de sa fille de 16 ans, suite à une maladie foudroyante (Camille, mon envolée) que je ne ai pas lu. En cette rentrée, on parle de La suture, son nouvel opus. Si elle a perdu sa fille de 16 ans, elle a aussi perdu sa mère à 19 ans. Les deux n’ont pas pu se connaître. Elle-même sait très peu de choses sur sa mère qui ne lui racontait rien, gardant le secret de son enfance et de son adolescence peu joyeuses, près d’un père, violent poivrot, (ce n’était pas son vrai père, tout le monde le savait), une mère peu attentive et une aînée indifférente voire méprisante envers cette bâtarde. Tout ce petit monde dans un bistro bas de gamme, dans une bourgade miteuse.
Donc sa mère, qui a été assassinée à la quarantaine sans que ce meurtre ait été élucidé, n’a laissé que quelques traces, quelques photos, des fiches de paie, peu de choses, qui tiennent dans une boîte à chaussures. Armée de ces maigres indices, Sophie part à la rencontre de son ascendance. Beaucoup des ami(e)s de classe de sa mère sont morts ou gâteux, le café a été vendu plusieurs fois, personne ne connaît plus les anciens du village. Elle réussit malgré tout à sauver quelques pièces du puzzle à partir desquelles elle entreprend de fictionner ce qui lui manque d’après les décors et ambiances qu’elle a découverts. On suit sa quête avec intérêt, en espérant retrouver le plus mystérieux de tous : le père biologique, dont elle connaît le nom, mais il restera comme le grand secret de sa vie. Quant à l’assassin de sa mère…

La suture par Sophie Daull aux éditions Philippe Rey, 2016.208 pages, 17 €. Vidéo où l’auteure nous parle de son livre.

 

Le premier Laurent Mauvignier

Je n’ai pas lu beaucoup de livres de Mauvignier, j’ai cependant été bluffée par Des hommes, par son talent à scalpeliser le crâne des gens pour voir ce qu’il y a dedans. Loin d’eux est son premier roman, écrit à 32 ans, en 99 et publié aux éditions de Minuit qui reste son éditeur principal. Actuellement, on parle beaucoup de son dernier livre, une mère qui embarque son ado pénible dans un périple sauvage, à cheval dans les montagnes Kirghizes, je le lirai prochainement.
Loin d’eux n’est pas un livre gai, on s’en doute. L’auteur y dissèque se qui se passe dans la tête des protagonistes de l’histoire banale d’un jeune homme qui se donne la mort au grand dam de ses proches. Il avait réussi à quitter la prison aliénante de sa famille, un père ouvrier taciturne, une mère un peu étouffante, dans une petite ville inintéressante. A côté de chez eux, son oncle, sa tante et leur fille, la cousine qui avait perdu son mari très jeune et à laquelle on reprochait de vouloir l’oublier trop vite. Sauf Luc qui lui donnait raison. Donc, après avoir trainassé chez lui, à ne s’intéresser qu’aux vieux films en noir et blanc, il trouve un boulot à Paris, la nuit, dans un bar. Les siens guettent ses lettres avec avidité mais elle sont rares et peu explicites. Seule, la cousine se doutait qu’un jour il se suiciderait. Pourtant il n’explique pas son geste, il ne laisse pas d’indices, simplement son éternelle impression de malaise, d’inadaptation à la vie.
Le livre est la voix intérieure des personnages confrontés à cette triste histoire. Des voix solitaires. C’est court mais dense, c’est dur et précis, c’est fouillé et détaillé, c’est brillant. Je l’ai acheté il y a longtemps à la Samaritaine 34,77 francs / 5,30 euros. Je l’ai retrouvé en triant, il était caché, tout petit, entre d’autres plus gros…

Loin d’eux par Laurent Mauvignier. 1999, aux éditions Minuit. Collection double. 126 pages.

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