Les Fessebouqueries #404

Sale temps pour les poètes de l’amour : JV Placé a commis une sacré bévue, sexiste et déplacée (j’ai bu j’en ai bévu pas vous ?), Boudou le beauf à Johnny traficote dans la caisse, ça doit être l’atavisme ((Boudou, quelle famille !), la SNCF déraille et chaque jour on se tape Pépy tôt mi corazon à la radio, pfff, mais tout ça ne serait qu’une chatouille sous le pied si, horreur et pestilence, la Grande Faucheuse n’avait attrapé le grand Jacquot par le plumeau, quel toupet !, pour épousseter les quelques cendres de Johnny qui voletaient encore ça et là. Champagne pour tout le monde et pour les autres auusi pour la peine (de coeur).
– JLL : Geler les avoirs de Johnny ? On va pouvoir relancer la tournée Hallyday on ice !
– CP :  Grégory Boudou, le frère de Laeticia Hallyday, est en garde à vue dans une enquête sur sa discothèque du Cap d’Agde. De plus, les policiers veulent savoir pourquoi, lors de la descente des enquêteurs, tous les clients de la discothèque étaient habillés.
– BS : C’est parti, vous avez 3 mois pour vendre vos biens immobiliers en bordure de voies ferrés avec cet argument imparable : Ah non, non, on ne les entend pas les trains, allez-y ouvrez la fenêtre.
– RV :  Comme dirait Rachida Dati:  » mieux vaut se sentir bottom-up que botox-down ! »
– CC :  quand je vois les montants des agios je me dis que ça n’a jamais été aussi cher d’être pauvre
– OM : Grève des cheminots : 1er jour de grève selon les syndicats, 2.857ème selon les médias.
– JPT: A Bordeaux, 34% de grévistes, 2% de trains. Cela signifie-t-il que 66% du personnel ne servent pas à grand chose ?
– CP : Une copine policière me confirme que Jean-Vincent Placé est en garde à vue. Mais il est tellement torché que c’est plutôt une « garde à bu ».
– PM : Jean Vincent placé en GAV…le verbe est dans la phrase
– DC : Placé en garde à vue ! Il a enfin trouvé sa place ! Ah ah ah !
CP : Ça blague dans le milieu politique sur Jean-Vincent Placé : -« Il a enfin trouvé un poste. Le poste de police » -« Avant, il était écolo et maintenant alcoolo » -« Les femmes l’appelleront désormais Jean-Vincent Déplacé » -« Depuis qu’il a arrêté la politique, il est au bout du goulot »
– OM : N’empêche on se fout de sa gueule, mais Jean-Vincent Placé n’a jamais été aussi près d’un destin à la Nicolas Sarkozy…
– NP : Te faire arrêter bourré, après avoir emmerdé une fille, insulté un portier et menacé des policiers, quand tu es d’origine étrangère c’est quand même la preuve que tu as bien intégré la culture française.
– IBL : Toutes façons la SNCF c’est parti en couille le jour ou ils ont installé la Gare de Lyon à Paris.
– OM : Je suis dans un train bondé, des gens qui ne se connaissent pas s’engueulent sans raison. On se croirait sur Twitter.
– NP : Une pensée particulière pour Sarko coincé depuis plusieurs jours en gare d’Avu.
– AB : La GAV étant le dernier plan médiatique à la mode, sur le conseil de son coach en com, Jean-Vincent Placé se bourre la tronche pour ne pas rater le coche.
– DC : Mon coeur est en deuil. Higelin est parti. J’attends Higelautre…son fantôme tonitruant.
– JPT : Au moins, Higelin, lui, a légué son talent à ses enfants de son vivant.
– NP : Depuis l’annonce de la disparition d’Higelin j’ai ses chansons qui tournent en boucle dans ma tête… Du coup j’ai très très peur du jour où Sardou va mourir.
– NA : Vincent Placé condamné à 2 mois de TIG dans un bar PMU Breton pour apprendre à gérer l’alcool.
– LP : La GAV de Jean-Vincent Placé étant prolongée, Nicolas Sarkozy lui propose de dormir chez lui ce soir.
– JT: Quand vous annoncez le décès d’une célébrité merci de penser aux hypocondriaques et nous dire quelle en est la cause, on aimerait bien savoir de quoi on doit s’inquiéter.
– CC : La nuit promet d’être belle car Mona Lisa tombée du ciel klaxonne. Une rousse au chocolat trop petite pour être malheureuse chantonne qu’elle ne peut plus dire « je t’aime ». Dans un dernier sourire Jacques répondit « je suis mort qui, qui dit mieux : Champagne ! ».
– JB : ALERTE SOLEIL
Que faire en Bretagne en cas de soleil ?
Le soleil est cette sorte de boule lumineuse dans le ciel qui peut apparaître entre deux averses et trois nuages gris. 
Il suffit généralement de plisser les yeux quand on sort dehors, et de retirer son ciré et son caban. 
Ne regarder ni trop haut, ni trop bas (car le soleil se reflète dans les flaques d’eau). 
Un brusque accroissement de luminosité est souvent compensé Sud-Loire par le port de lunettes adaptées (lunettes « de soleil »), mais le plus simple ici est de se réfugier dans un bar en attendant la prochaine averse.

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo.

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Rouge de soi. Une splendeur !

Si vous ne connaissez pas Babouillec, vous ne me croirez pas. Son portrait ici. C’est une autiste profonde qui n’a jamais appris à lire, à écrire, à parler mais qui possède un cerveau somptueux. Elle retient tout, s’intéresse à tout, écrit comme personne avec un vocabulaire insensé. Chacune de ses phrases est une lumière dans une explosion d’artifice, c’est interrogeant, ça demande une attention pour ne rien rater car tout est important, ou interpellant, ou philosophique dans Rouge de soi. Comme dans Algorithme éponyme et autres textes son premier opus.
Il faut savoir qu’elle « écrit » en déposant des petites lettres en carton sur une feuille et c’est sa mère qui transcrit tel quel. Pas une seule faute d’orthographe, jamais. Des litanies superbes, des pensées magnifiques.
C’est un roman, l’héroïne s’appelle Héloïse Othello, elle est danseuse et participe à des ateliers de créations. Elle a deux chères amies plus le frère de l’une d’elles, en sus, pour le fantasme. Elle a aussi une réparatrice de vie, madame Sanchez (jeu de mot ?) qui la remet sur des rails. C’est pas qu’elle veut être comme tout le monde, avec son cerveau qui ne se plie pas aux règles sociétales, bien au contraire, elle attache une grande importance à la différence mais cherche le minimum de confort pour pouvoir communiquer.
Héloïse, qui jouit de l’autonomie de son corps ce qui n’est pas le cas de Babouillec, est néanmoins sa projection. Elle aussi écrit son livre qui va s’appeler Rouge de soi. Elle explique : « rouge comme les interdits, le sang, l’intimité, l’émotion suprême, la timidité, le dépassement de soi dans la profondeur de l’identité, le carrefour des sens interdits. »
A lire absolument si vous êtes amoureuse/reux des mots, des questions philosophique, du vocabulaire. C’est l’éloge de la différence ou comment faire d’un enfermement terrifiant la zone de décollage d’une poésie hallucinante !

Quelques citations d’Hélène Nicolas, alias Babouillec :
« La définition du mot plaisir oriente notre vision du plaisir : fournir du désir à nos intentions. La vie occupée à décrypter les intentions polymorphes de ses hôtes ignore la routine. »
« La liberté d’opinion est un acte précieux inscrit dans la charte des droits de l’homme. A-t-on le droit de s’en servir lorsque nos opinions froissent notre famille, doit-on élire à l’unanimité les opinions permises ? »
« Ma soeur, c’est la nana qui aimerait squatter votre subconscient pour écrire votre histoire avec ses idées. Elle fait partie des gens qui prennent beaucoup de place. Elle ne sait pas où loger son « elle », alors elle déborde. »
 » Suzy la femme a la générosité sauvage d’un cerveau sans garde-fou. Elle a laissé entrer Héloïse et ses valises remplies d’inconvenances  dans la démesure. Suzy, cette raccommodeuse d’esprits effilochés, aide son amie à rassembler les morceaux rouges de soi ».
« Je me suis battue en dehors des conventions sociales qui véhiculent des modèles indéchiffrables dans ma panoplies sensorielle, ce vaste monde de l’auto-construction et je me suis construite dans cet indéchiffrable surréalisme de la pensée, cet ailleurs tellement loin de l’hypothèse du bébé parfait. Combien sommes-nous dans ce monde réglementé à dérailler dès la naissance et à ne jamais trouver la bonne bicyclette ? »
Et la plus belle :
« Avec l’écriture, j’ai enfin trouvé un moyen de me raconter sans parler de moi. »
Epoustouflante, je vous dis !

Rouge de soi de Babouillec, 2017 aux éditions Rivage. 142 pages. 15 €

Texte © dominique cozette

Trouville Casino, drôle de jeu (d'écriture) !

Pour une fois, je ne parlerai pas d’un livre parce que l’aimé, mais parce qu’il m’a étonnée d’une drôe de façon. Il s’appelle Trouville Casino et relate, si on peut dire, le braquage du Casino de Trouville par un pépé de 75 ans, un type tout ce qu’il y a plus ordinaire, sage et banal. C’était en 2011, durant l’été. Sans maquiller la plaque de sa modeste caisse, armé d’un petit pétard dont il ne s’est peut-être jamais servi, il s’empare de quelque milliers d’euros, tire sur un policier qui avait son gilet para-balle, s’enfuit, re-tire sur un policier à un barrage, prend un otage et sa voiture (l’otage saute et s’enfuit) puis, à un autre barrage, tire à nouveau. Mais il reçoit deux balles, et il mourra.
A partir de ce maigre argument, réel, Christine Montalbetti va écrire un truc qui n’est ni une fiction, ni l’histoire de cet homme. A part la reconstitution précise, à l’heure près, des fait, elle invente le reste. Mais elle nous en informe. Elle nous dit qu’à chaque fois, c’est ce qu’elle imagine. Sa rencontre avec sa compagne, l’emménagement dans la maison de celle-ci, dans l’Orne, où rien ne lui appartient, la pêche, les visites au Casino pour jouer etc…
On a vraiment l’impression qu’elle fait du remplissage. Ce n’est pas désagréable, certes, mais c’est curieux. Ce n’est pas non plus très palpitant. Elle raconte ce que pouvait être ce petit village, avant notre ère. Puis au moyen âge. Elle imagine comment ça serait d’aller dans le petit salon de coiffure, elle invente des animaux dans la maison, des insomnies, elle raconte le lac Léman parce que quelqu’un du village est allé en Suisse, etc. A la toute fin, pour ne pas finir trop vite sur le dénouement, elle décrit diverses choses, dont le camping du golf etc…
« Je vous en supplie, n’écrivez pas sur vos blogs qu’il est dommage que je digresse. »
supplie -t-elle quelque part, car elle est comme ça, c’est sa façon d’écrire. Bon,  voilà. Au début, je me disais que ça fait comme des vacances mais moi qui suis impatiente souvent et pragmatique toujours, ça finit par me lasser. On peut aimer. Donc, si leur cœur vous en dit

Trouville Casino de Christiane Montalbetti. 2018 chez le regretté P.O.L

Texte © dominique cozette

Valérie Lagrange la bourlingueuse

C’est une très belle plante quand elle commence, à tel point, que les grands réalisateurs, Godard, Lelouch, Schroeder, Garrel la font tourner quand elle veut bien, parce qu’elle n’a pas que ça à faire. Elle a sa vie, ses rencontres, ses fiestas, ses aventures de toutes sortes, ses ivresses, elle qui ne picole pas mais touche à tout le reste, comme tout ceux qu’elle fréquente, la bande de la Coupole d’abord avec Marc’O, Bulle Ogoer et Kalfon avec qui elle vivra une passion rageuse où chacun fait ce qui plaît, couche avec qui lui plaît, va tourner loin. Elle a eu un petit gars très jeune, s’est mariée, puis a quitté le papa qui s’est suicidé pour la peine. Dur. Le petit gars, elle le trimballe parfois, souvent le laisse à ses parents. Sinon, elle entre en hippitude, va partout où se regroupent les adeptes de la route, sans jamais rien prévoir, Maroc, Baléares, Asie. Une grande bourlingueuse. Entre de très longs voyages, elle occupe les squats en vogue dans les grands villes. Elle travaille sa guitare avec les musiciens rencontrés, monte un groupe puis des groupes, enregistre de nombreux albums, se déchire avec des amoureux jusqu’à ce qu’elle rencontre celui avec qui elle est encore, déglingué aujourd’hui par les drogues et l’alcool mais dont elle s’occupe car il ne sait plus le faire.
On expérimente la vie des années de libération extrême, on côtoie ceux qui ont fait l’actu artistique ou défrayé la chronique hype et surtout on y voit une belle personne qui n’a jamais fait de plan de carrière. Sauf que plus tard, vers les quarante et quelques, elle aurait bien aimé que sa musique marche plus fort. Elle a quand même eu un prix aux Victoires.
C’est un livre édifiant pour les gens qui, comme moi, n’ont jamais taillé la route pour courir après les chimères, se mettre en danger, suivre un groupe au débotté sans rien d’autre qu’une guitare à la main, se défoncer à toutes sortes de substances, prendre la vie comme elle se présente sans se poser trop de questions. Ça ne rit pas tout le temps, bien sûr, dans ces communautés en marge, mais ça pulse. En tout cas, si son coeur en a pris un coup à chaque mort de ses amis, cette vie de dingue n’a pas fait de ravages sur sa belle gueule. Peut-être aussi parce qu’elle a pris son temps pour méditer, contempler, réfléchir…

Mémoires d’un temps où l’on s’aimait par Valérie Lagrange, première sortie en 2005 au Pré au Clercs, réédité en 2017 aux éditions Le Mot et Le Reste. 382 pages, 24 €.

Texte © dominique Cozette

Une sacrée nana qui n'a peur de rien!

C’est une frêle personne, Catherine Poulain, mais avec un courage d’acier. Elle a vécu de drôles de choses, a fait de drôles de boulots, en tout cas, a passé dix ans à pêcher avec les foutus marins sur des foutus bateaux en Alaska. Et si vous n’avez jamais vu ces redoutables reportages de pêche dans les conditions extrêmes, où on risque de périr chaque jour en glissant sur un pont chargés de sang et de viscères, d’être emporté par une monstrueuse vague, accroché par un hameçon géant, déséquilibré par un énorme flétan, empoisonné par les épines d’un poison redoutable ou fatigué de n’avoir pas assez dormi, car on ne dort que très peu, d’avoir trop bu ou pris trop de dope, ou tout ça ensemble, vous découvrirez ce que c’est que ce cauchemar auquel les pêcheurs et elle sont accros. Pourquoi ? Parce qu’ils fuient, parce qu’ils ne savent pas faire autre chose, parce qu’ils kiffent la décharge d’adrénaline qui les cuirasse, qu’ils se sont habitués à ce satané corps à corps avec la mort qui les rend insensible à la souffrance, à la crasse, au froid, au danger et qu’ils n’attendent souvent qu’une chose : se bourrer la gueule à mort pour dormir enfin.
Ce premier roman couronné de nombreux prix raconte ce que cette femme insensée a vécu en dix ans. Une héroïne qui refuse d’être considérée comme une demi portion, refuse souffrance, douleur, peur, tout ce qui pourrait l’empêcher de faire comme les hommes qu’elle côtoie. Elle rencontre son double, le grand marin, un homme brisé par la vie qui ressuscite à son contact. Mais l’amour tranquille n’est pas un projet. Coûte que coûte, elle continuera à chevaucher la mer, le retrouvant peut-être au hasard des bateaux qui les emploient.
Formidable bouquin, d’un inconfort total, formidable portrait d’une femme extraordinaire qui sait se faire respecter.

Le grand marin, par Catherine Poulain. 2016 aux Editions de l’Olivier. 374 pages. Existe en poche.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #403

Toujours des sales nouvelles dans ces longues semaines fraîches et pluvieuses dans la moitié de notre beau pays, des gens qui tuent des gens, puis des gens qui ne veulent pas que des gens qui viennent saluer ces gens par des gens dans la politique qui ne pensent pas de la même façon que les autres gens ou qui demandent que les gens fichés fichent le camp ailleurs, et puis un immense président d’un petit pays rigolo qui s’accouple à la grande Faucheuse,  mais heureusement, les bonnes nouvelles arrivent avec les cloches, un petit président qui doit ramasser son caca mais qui dit que ce n’est pas à lui, un monsieur qui va offrir des nounoursettes à des nounours et un monsieur chef d’une usine qui donne des sèche-linge aux gens qui les fabriquent au lieu de leur donner les sous que ces gens fabriquent pour lui, quelle classe !

– JPT :  terroriste inspiré par un islam meurtrier, un colonel de gendarmerie motivé par un catholicisme pratiquant : putain, ce n’est plus un fait divers, c’est une pub comparative !
– DC : Deux ours n’ont pas vu de femelle depuis 2014. Et soudain, Nicolas Hulot va introduire deux oursettes. La jolie et la moche. Aïe, aïe, aïe !
– MI :  Sarkozy et ses défendeurs : soyez logiques et ne vous plaignez pas que les réseaux sociaux et l’opinion publique se posent en juges alors que Sarkozy lui-même nous prend à témoin en venant nous exposer ses arguments à la télé.
– NP : Bref Manuel Valls veut priver de liberté des gens qui n’ont commis aucun crime puis les relâcher si ils ne commettent aucun crime pendant leur rétention… Un génie.
– RR : On mise souvent sur le mauvais cheval en amour, ce piège haras.
– OM : Assez surpris que « 50 nuances plus sombres » ait provoqué une hausse des ventes de cravache chez Décathlon… Perso le film ne m’a pas du tout donné envie de faire de l’équitation.
– JT : Je refuse de vivre dans un monde où on tue des mamies.
– CC : Mise en examen de Sarkozy: «Ceux qui volent un saucisson n’ont pas droit au 20H de TF1 pour se défendre», lance Hamon
– JPT : Marine Le Pen propose que l’on arrête tous les étrangers et bi-nationaux et qu’on les renvoie chez eux. Je ne vois pas ce qui autorise le Front national à se positionner comme un spécialiste en France des rafles et de  la déportation.
– CC : Même les marches blanches se transforment désormais en ring d’hypocrisie où s’agitent tous les clowns de notre république : il faut en être. Il faut paraître. Et on s’étonne que le lambda s’en détourne attiré par de meilleurs programmes TV.
– MK : Stéphane Audran en emporte le vent…
– CC : — Monsieur Hulot, vous avez validé l’enterrement de déchets radioactifs, renoncé à sortir du nucléaire, dégommé le plan loup, abdiqué devant les glyphosates… —  je vais réintroduire 2 ours. — oki
– OM : On arrive quand même à se déchirer pour savoir qui doit ou pas participer à une marche blanche… Je me demande pourquoi Daesh s’emmerde encore à essayer de nous diviser.
– AB : Bernard Arnault, l’onc’ Picsou français, sous le coup d’un redressement fiscal d’un milliard d’euros : ça suffit, les riches comme les pauvres doivent le rester ou ce serait le bordel
– JT : Les politicards et les religieux vous devriez aller vous faire foutre ça nous ferait des vacances.
– JLL :  ALERTE : Paul Bismuth serait passé chez Sosh.
– FG : Le président Grolandais nous a quittés. Groland et Fluide Glacial, c’est une longue histoire d’amour. Salengro, c’est aussi notre président à nous… Étant parti le jour de la mort du Christ, peut-être va-t-il ressusciter le lundi de Pâques. Espérons-le. Président, on t’aime
– PHP : Pour remplacer le regretté Christophe Salengro à la tête du Groland, je propose François Bayrou. Les mêmes oreilles. Le même potentiel comique. Une inutilité comparable dans le débat public. Et on lui offrirait le poste dont il aura toujours rêvé vainement : Président.
– MM : Adieu Christophe Salengro, regretté président de Groland, tu auras été le seul homme politique pour lequel j’aurais volontiers voté !
– AV : Je propose que la moitié des artères de France au nom de Roger Salengro soient rebaptisées Christophe Salengro.
– DC : Cher Christophe Salengro, ton gag est trop nul. C’est pas beau de rire de la mort.
– EM : Christophe Salengro, faux président rigolo, nous laisse avec les clowns sinistres qui nous gouvernent pour de vrai.
– RdB : 20h37 et on attend toujours une apparition de Macron en porte-jarretelles en hommage à Salengro.
– IBL : Nicolas Sarkozy ça doit être le seul avocat au monde qui a passé plus de temps à plaider sa cause que celle de ses clients.
– CC : Ruissellement : après avoir proposé un sèche-linge en compensation pour délocaliser en Pologne, la direction de Whirlpool d’Amiens propose finalement la coquette somme de… 100€. Voilà.

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Les Fessebouqueries #402

Une semaine où l’on baigne totalement dans l’indignité ! Pensez ! Encore des grèves en France ! Comme si on avait besoin de ça alors que le monsieur qui a un examen à passer auprès de vilains juges roule en limousine et qu’on ne lui laisse que sept heures pour réviser ses accusations, honorer sa femme, prendre sa douche et son café et préparer son mea non culpa télévisé avant sa confrontation prochaine avec monsieur Kadhafi !  Sinon, bon week-end et sortez couvert, le sida guette au trou !
– JT : 37% des jeunes pensent qu’on peut attraper le sida en lisant des livres.
– TK : Ne manquez pas les 3 temps forts de cette journée nationale du faux espoir : – Nicolas Sarkozy n’ira jamais en prison – C’est le printemps et il fait 2°C – On n’est pas vendredi
– FC : Gerard Larcher ce matin sur C News 
 » Chaque sénateur coute 4,25€/an et par français c’est pas grand chose « . 
Étonnant non ? 4,25€ x ( 577 députés+ 348 sénateurs) = 3 931,25 € par an par français
– EN : On a tous quelque chose en nous de Johnny, on espère que c’est ni le foie ni le testament.
– EM : « Ecoutez, Monsieur Bouleau, je n’ai jamais vu ce monsieur Kadhafi que j’ai reçu en visite officielle pendant trois jours en 2010. »
– OVH : Si t’es pas en garde à vue après avoir été président de la République, t’as raté ta vie.
– NP : Le Nicolas Sarkozy qui a été mis en examen c’est celui qui trouvait que la justice était trop laxiste avec les délinquants ou c’est un homonyme ?
– JM : Pour retrouver l’unité chez les Républicains, une garde à vue de Sarko ça vaut tous les discours de Wauquiez.
– NA : Patrick Balkany félicite Nicolas Sarkozy pour sa Garde à vue.
– MK : Est-ce que Rolex fait aussi des bracelets électroniques ?
– JM : Des gens qui te laissent rentrer chez toi pendant ta garde à vue et qui te font même pas un bisou sur le front avant de te coucher, moi j’appelle ça de l’acharnement.
– OVH : Sarkozy fera peut-être de la taule. Mon Dieu, qui va baiser Carla ?
– DC : J’espère que Sarkozy va réussir son examen !
– EM : — Nadine, si je suis sorti de garde à vue, c’est pour te dire d’arrêter de parler de moi. — Mais je te défends Nicolas !  — Justement, Nadine, justement…
– NP : —  Allo Nicolas ? — C’est qui ? —  Ton ami. — Quel ami ? — L’ami zenexamen.
– KB : Les gens qui lisent des bouquins en marchant dans les couloirs du métro, ça vous dérange pas trop de bousculer ceux qui sont sur leur smartphone ? C’est quoi cette génération scotchée sur ses bouquins ??
– NP : Forcer Nicolas Sarkozy à passer 8 heures avec Carla Bruni… Les juges gauchistes ne reculent décidément devant aucune torture pour le faire craquer.
– GA : Si je vous suis bien, des gens qui ne foutent rien de la journée arrivent à paralyser un pays quand ils arrêtent de travailler ?
– KM : La Légende raconte que si tu prépares à bouffer dans toutes les casseroles de Sarkozy, tu peux éradiquer la faim dans le monde. Deux fois.
– PV : Comme Nelson Mandela, M. Sarkozy supporte sa captivité avec courage et dignité. Il sera un exemple pour les générations futures.
– PJ : Après Carla Bruni à la guitare, bientôt Nicolas Sarkozy au violon ?
– PM : Nicolas Sarkozy :  » je n’ai jamais vu un centime d’argent Lybien pendant la campagne électorale …c’était que des grosses coupures  »
– CC : En raison d’un avis de grève générale, les trains arriveront exceptionnellement à l’heure prévue en gare, la sncf vous présente ses excuses pour ce désagrément
– DC : Qu’est-ce qu’on dit à l’hiver qui se termine ? : « Tu m’as beaucoup plu et maintenant tu dégages ! »
– FB : Ah ça niera, ça niera, ça niera…
– OVH : Et pendant ce temps-là, Marine Le Pen qui habitait déjà dans le même bled que moi, vient d’emménager à 200 mètres. Elle va être chouette la fête des voisins.
– ACD : Hâte de voir Nordal Lelandais et Jonathann Daval au JT de TF1 pour que eux aussi nous racontent l’indignité de leur garde à vue.
– JPT : Ils n’ont pas de bol, les syndicats ! Pour une fois qu’ils arrivent à mobiliser un peu de monde, paf ! Sarkozy est mis en examen, et re-paf ! prise d’otages islamiste à Carcassonne !
– NP : Pas la peine de faire des études scientifiques pour savoir que le portable bousille le cerveau. Il suffit d’écouter le niveau des conversations des gens qui téléphonent en continu dans le bus.
– NA : Laurent Wauquiez propose la suppression des Super U.
– LC : Tu vas voir que Sarkozy va réussir l’exploit d’aller en taule avant Balkany.

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Ör, un bon roman islandais avec trois Güdrun

Ör est le cinquième roman de l’Islandaise Audur Ava Olafsdottir. Elle a un nom bien de chez elle et un style qui me ravit quand j’y glisse l’oeil. Ör raconte l’histoire de Jonas qui en a tout simplement marre de la vie. Il ne s’emballe plus pour rien, il n’a pas touché de femme depuis longtemps, sa mère Güdrun est gâteuse et en bonne santé, sa femme Güdrun l’a quitté en lui annonçant que sa fille bien aimée Güdrun n’est pas de lui mais de celui qu’elle fréquentait à leurs débuts. Il n’a pas vraiment d’amis, alors il va chez son gentil voisin, qui lui fait un gâteau, et lui demande de lui prêter son fusil. Pour se suicider. Mais il répugne à l’idée que c’est sa fille qui peut le trouver. Il réfléchit à se pendre, idem.  Eurêka, se dit-il, le mieux n’est-il pas de se rendre dans un pays en guerre où la mort arrive n’importe quand. Il laisse tout en plan, même son portable mais embarque sa petite boîte à outil car il faudra peut-être fixer un crochet pour s’y prendre.
On le retrouve dans ce pays où vient d’être déclaré le cessez-le-feu. Il avait réservé dans un hôtel qui était mieux en photo, forcément, c’était avant. C’est un frère et une soeur plus son petit gars qui tiennent l’hôtel de la tante, morte. Il n’y a rien dans cette ville dévastée, les commerces sont vides, pas de resto, rien.
Il se donne quelques jours pour mettre son projet à exécution mais il commence à se rendre utile avec sa petite boîte à outil. Et puis il aime bien les gens de l’hôtel. Bref, que va-t-il se passer ensuite ?
Je ne dis pas que le suspense est insoutenable. Mais ce texte est original, assez poétique, l’homme est attachant et l’histoire aussi. Tout ce qui a trait à la guerre est impressionnant. Le lieu n’est pas précisé, je pensais à la Serbie sauf que l’hôtel est au bord de la mer. C’est sûr que les touristes vont mettre un certain temps à revenir s’y baigner.
Les deux autres livres, très bien,  que j’ai lus d’elle sont sur ce blog.

Ör de Audur Ava Olafsdottir aux éditions Zulma. Traduction de Catherine Elyoffson. 242 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #401

Drôle de semaine ! Stephen Hawking s’est envolé vers les étoiles en emportant son immense intelligence et il nous laisse d’horribles trous noirs ! Qu’on en juge : une foutue blonde raciste, un foutu chanteur féminicide, des semaines trouées de foutues grèves SNCF, un foutu parti de partis de gauche , un parti de droite dirigé par un foutu cerveau quiet, de foutu(e)s retraité(e)s qui ne pourront plus se payer leurs foutus Chamonix Orange… mais dans quel foutu monde Vuitton, mister richer than ever Arnault ? Hé bien dans notre foutu monde, foutue banane. Ah ben oui, where else ? Foutu truc !

– RR : Régulièrement, pour me rassurer sur mon état mental, j’écoute deux minutes Angot. Efficace.
– OVH : Il y a des gens … Je peux les comprendre : il faut voter FN, revenir à la peine de mort, appeler les Africains des nègres, les arabes, des bougnoules, les Juifs, des youpins, rejeter les migrants à la mer, interdire l’avortement, la PMA, la GPA, le mariage gay mais alors quand ils disent que les œufs bio c’est de la connerie, là, franchement, je me fous en rogne.
– CD : Au bout du compte, c’est pas mal fait le vieillissement féminin. Ta vue baisse quand te pousse un poil au menton.
– EN :  Marine nationale, c’était bien comme nom.
– MM : Marine Le Pen fâchée à mort avec son père, ne parlant plus à sa mère, ni à sa sœur, ni à sa nièce ni à son ex-meilleur ami, choisit d’appeler son parti Rassemblement ?!?
– CC : Je n’ai rien contre le progrès mais quand je vois à quel point le simple fait d’avoir mis des roulettes sur des valises nous rend complètement cons dans les gares et les aéroports je m’inquiète un peu pour la suite
– QR : Mon avis éclairé sur Bertrand Cantat : qu’il crève.
– CC : pourquoi débattre des concerts de bertrand cantat quand on peut aller s’embrasser au soleil ?
– HB : Et c’est parti pour la Journee Stephen Hawking… auteur du livre qu’on a tous acheté mais jamais lu
– OK : Stephen Hawking est mort. Le QI moyen de l’humanité vient de chuter de moitié. RIP
– PI : Stephen Hawking écrivait ses conférences à l’aide d’un système qui détecte les contractions des muscles de sa joue. Toi pendant ce temps là tu tweetais « l’batar chu mort pddrrr » avec tes doigts.
– EM : Cyril Hanouna rendra ce soir hommage à Stephen Hawking en diffusant un trou noir de la pensée en direct dans Touche Pas à Mon Poste.
– OM : Pour mieux comprendre le fonctionnement des trous noirs, observez attentivement celui dans lequel va s’engouffrer l’intérêt pour Stephen Hawking sur Twitter.
– OVH : RIP Stephen Hawking : enfin raide.
– DT : Puisqu’on ne veut plus de lui Bertrand Cantat a décidé d’intégrer le groupe Supertrempe.
– OK : Stephen Hawking meurt en plein milieu de la semaine du cerveau. C’est un comble !
– OM : Le Rassemblement National, pour un rassemblement de tous les Français* ! *à l’exception des noirs, des arabes, des PD, des gouines, des musulmans, des juifs, des journalopes, des gauchiasses, des migrants, des étrangers, des Socialistes, des Républicains, des insoumis, etc.
– RR : Pourrait-on savoir la date des prochaines grèves SNCF bien en amont, que les usagers puissent avoir le temps de trouver un substitut à l’expression « pris en otages » ? Merci.
– NA :  Laurent Wauquiez annonce qu’il va comme le FN changer de nom et s’appeler Jean-Marie Wauquiez.
– RR : Stephen Hawking est mort en avouant n’avoir jamais rien compris aux femmes. En même temps, ce n’est pas en étudiant les trous noirs qu’il aurait pu entrevoir les tréfonds complexes de notre intelligence…
– AB : Maintenant que Stephen Hawking est parti, Nadine Morano est la seule à pouvoir expliquer le secret des trous noirs et enfin trouver son amie noire.
– JPT : Le sacré défi des cheminots : faire en sorte que les Français s’aperçoivent qu’ils ne travaillent pas 2 jours sur 5 !
– AB : En 2050, il y aura plus de sacs en plastique et déchets industriels que de poissons dans les océans, ce qui permettra de les traverser à pied et ouvrira la voie à un nouveau tourisme écologique sans avion pollueur.
– PC : Comme le dit ma chère belle-mère, « je suis fatigué d’avoir toujours raison »…
– JB : Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus de la mort, certes. Mais le côté positif c’est que ça nous rapproche aussi un peu plus de la mort de Laurent Wauquiez.
– YB : au magasin d’alimentation, je me retrouve à la caisse derrière un jeune noir, à peu près de ma taille. Je constate que ses fesses sont à peu près à la hauteur de mon nombril. je me dis qu’il doit y en avoir un des deux qui est mal proportionné.
 Saisi d’un doute affreux, je vérifie discrètement que mes fesses ne traînent pas sur le sol…
– AM : Quand le sage montre la fortune de Bernard Arnault  : 58 milliards €,  l’idiot regarde le statut cheminot
– NP : Il y a tellement peu de gens qui ont voté au PS que ce n’est plus un scrutin pour un premier secrétaire, c’est une élection de délégué de classe.
– RR : Dites donc les retraités !! Vous avez vu « Soleil vert » ? Alors calmez-vous et rentrez garder vos petits-enfants.
– OV : Je dis pas que les agents de la SNCF foutent rien, je fais juste remarquer que même la grève ils la font à mi-temps.

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo.

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Comprendre les ravages du viol sur les enfants

la petite fille sur la banquise d’Adélaïde Bon est un livre exceptionnel sur la violence faite aux enfants car il démonte entièrement le processus de destruction de la personne. Jusqu’au jugement où là aussi, faute de connaissances, la souffrance de la victime peut être encore niée. Heureusement, il y a aussi des personnes, des psys, des associations, des avocats qui aident les victimes. Mais encore faut-il le savoir, le pouvoir, en avoir les moyens ou même, tout simplement, sortir de la léthargie émotionnelle dans laquelle elles se sont souvent réfugiées.
Adélaïde Bon relate les ravages que le viol subi à l’âge de neuf ans ont produit sur sa vie jusqu’à récemment, jusqu’à ce qu’une psychiatre l’aide à se souvenir de la scène traumatisante et à mettre des mots sur l’agression. Malgré une plainte déposée juste après, malgré l’examen par un médecin*, on (les adultes) avait qualifié cela d’attouchements (ce qui veut dire que c’est un délit, pas un crime et que la prescription est plus rapide.
(* Sa mère et le médecin avaient décelé que la vulve de la fillette était anormalement ouverte mais en l’absence de description de la part de la fillette et aussi de sang, de bleus, de manifestations de violence, avaient oblitéré le viol. Alors qu’un adulte prédateur sait vraiment violer des fillettes sans qu’il soit besoin de les frapper.)
Depuis, la fillette, puis la jeune fille, puis la femme, se demandait pourquoi les méduses angoissantes surgissaient dans sa tête, pourquoi ces dégoûts, ces cauchemars, cette volonté de détruire son corps, ce penchant aux obscénités, cette terreur de faire de sales gestes sur son bébé, ces envies récurrentes de vomir, cet empêchement à l’amour… Sans parler de la boulimie. Mais toujours souriante, toujours gaie en public, ne pas se plaindre.
Après des centaines de thérapies individuelles, en groupe, de séances d’ostéopathie, de méthodes diverses, les centaines de livres sur le sujet, elle ne vient à bout de ce drame qu’avec la rencontre de M. Salmona qui va lui venir en aide et parallèlement, avec l’arrestation du prédateur, 25 ans plus tard !, pour le procès duquel il faut tout mettre en mots. Adélaïde a rempli des carnets, toutes ses plaies, ses douleurs, ses éclaircies y sont consignées, c’est pourquoi son livre est si intime, si détaillé, si implacable. Elle ne nous épargne rien, même le plus trash.
Le procès ne lui apportera pas le soulagement souhaité. L’experte qui la cuisine n’est pas sensible à sa dévastation, le juge pas tellement non plus. Sur les 74 victimes, six ou sept seulement son présentes. Une avocate estime que le nombre des victimes de ce pervers (soit celles qui n’ont pas parlé et encore moins porté plainte) est de 7 à 800. Quant à l’accusé, soit il insulte le président (« enculé ») pour être viré du tribunal, soit il débite des choses sans queue ni tête. Alors qu’il s’exprime tout à fait normalement quand il prépare son coup. Donc aucun regret ou pardon. Rien.
Il se trouve qu’avec sa psychiatre, les attouchements subies par la fillette ont pu être requalifiées en viol, et au cours des différentes phases du procès et de sa thérapie, Adélaïde Bon s’est rendu compte que le pervers était allé beaucoup plus loin qu’elle ne l’avait imaginé. (Poignants récits des victimes lors du procès).
Le mécanisme de l’oubli est très bien expliqué (p.166) scientifiquement. Comment le cerveau se mobilise en cas de choc et de traumatisme, comment il rationalise ensuite pour agir. Mais ici, pas de rationalisation possible, le choc reste à l’état brut, le cerveau est court-circuité, on appelle cela la dissociation. La personne dissociée ne pourra pas s’en sortir seule. De plus, pour taire les sales instincts que le prédateur a fait germer, elle sera encline à répéter le processus sur autrui.
Aujourd’hui, Adélaïde Bon va mieux, elle a repris possession de son histoire et si elle vit plus sereinement, le mal reste au centre de sa vie.
Toutes les personnes concernées par les violences faites aux enfants (et aux adultes) devraient lire ce livre qui n’est pas qu’un témoignage. Qui est avant tout une recherche de sens.

La petite fille sur la banquise par Adélaïde Bon. 2018 aux éditions Grasset. 256 pages. 18,50 €.

Texte © dominique cozette

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