C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule #1

Célèbre phrase d’Audiard, Michel, reprise par l’obscur réalisateur Jacques Besnard pour faire son fil éponyme en 1975 d’une haute teneur intellectuelle et philosophique avec, pour héros, Max et Riton, minables escrocs, et pour vedettes Lhermitte, Jugnot et Clavier (et aussi un certain Bob Asklof, ex-chanteur bellâtre suédois dont j’avais affiché le portrait dans ma chambre en 1963). Très drôle peut-être, je ne sais pas.

Comme vous le subodorez, cette  rubrique sera uniquement dédiée à tous ceux qui estiment que ça mange pas de pain de lire des conneries, surtout celles dont on n’a rien à foutre. Quoique.

Aujourd’hui : la pensée américaine.
Atttttention, la pensée américaine, sujet très sérieux.

C’est dans les films US en VF — que je ne regarde que par erreur, mais aussi dans les interviews et commentaires doublés en français qu’on repère immédiatement qu’elle n’est pas comme la nôtre, la pensée américaine. Car traduite pratiquement mot à mot, elle ne ressemble pas aux valeurs intellectuelles dont on a sucé le lait. L’expression qui m’a fait tilter ce matin se trouve dans une interview d’une lutteuse devenue comédienne : « Quand Soderbergh m’a appelée, je ne savais même pas qui il était. Je ne suis pas une de ces personnes qui restent dans la salle jusqu’au générique de fin ».

Ben moi, je ne suis pas une de ces personnes qui gobent tout dans réfléchir et il se trouve que cette expression et ses variantes (je ne suis pas le genre de types qui défouraillent sans s’excuser, je ne fais pas partie de ces femmes qui avortent toutes les cinq minutes…) est ultra-clivante, voire dichotomisante : dans la vie, il y a deux sortes de gens, ceux qui baisent et ceux qui se font baiser (sous-entendu : devinez où je me place ?). Autres propositions clivantes : voir Google ici.

C’est donc toujours moralisateur, restrictif ou communautariste, la personne qui émet la chose se situant of course dans la bonne catégorie. Donc dire Je ne suis pas une de ces personnes qui restent dans la salle jusqu’au générique de fin sous-entend que ces personnes aïe aë aïe, ce que c’est craignos que de regarder qui a coaché les crapauds du lac, quel stagiaire a véhiculé les comédiens, quelle équipe a réalisé la patine, quelle société de cantine a nourri tout ce monde, quelle assurance la prod a choisi pour couvrir les weather days et quel couturier a fabriqué les hardes de mademoiselle truc. Je m’en tape mais à un point…Qui ça peut intéresser ?

Ça peut vouloir signifier aussi Je ne suis pas une de ces personnes qui restent dans la salle jusqu’au générique de fin parce que moi, vous comprenez bien que j’ai vraiment beaucoup de choses à faire, les enfants, les animaux, les courses, mon entraînement, le temps passe tellement vite que si on commence à mal le gérer, on peut dire adieu au reste…

Ou encore : je ne comprends pas pourquoi des tas de gens regardent les génériques, quelqu’un peut-il m’expliquer (très américain aussi, ça) pourquoi il faudrait attendre la fin de ce déroulant ?

FIN
Un article de Dominique Cozette.
d’après un papier des Inrockuptibles peut-être, faut voir
tapé sur ordinateur Mac Book Pro 15 pouces
blog sur Worpress, mis en place par Factor-i
etc etc
car je ne suis pas ce genre de personne à vous emmerder avec le générique de tout ce qui par quoi ça a été possible et les mercis et les blablas.

Texte et peinture © dominique cozette

Fessebouqueries #103

Merci aux courageux qui continuent à produire de l’humour malgré les contrariétés causées par les vacances, la pluie, ou le boulot. Ce n’était pas une avalanche de posts cette semaine mais comme on dit : fessebouqueries du 14 juillet, fessebouqueries ramonées (proverbe savoyard qui signifie que dans les petites cheminées, il y a plus de grattage que de tirage, comprenne qui pourra).
– RP : Indemnisation pour les clients d’orange: un gigaoctet. Vaudrait mieux un gigot entier, c’est dimanche.
JPT :  Je pose la question : qui a voulu avoir la peau d’Orange ?
– HAD : Breaking news..Dans le Nord, on ne dit plus discothèque, mais balle populaire…je sais …je sais…mais c’est une boutade qui n’exclut pas la compassion pour les victimes!!
– DC: J’aime beaucoup les facebookers persuadés d’avoir un public suspendus à leurs posts et commentaires, qui préviennent quand ils s’absentent de facebook, qui
s’excusent de leurs absence, qui effectuent leur rentrée…
– AR : c’est inratable un clafoutis, ou alors faut se donner beaucoup de mal … je HAIS la pâtisserie
– AB : Mon fils repart demain à Melbourne pour 6 mois, je voudrais épouser une hôtesse de l’air.
– RP : A fond dans mes arrangements et partitions. Le problème est que je ne sais pas écrire la musique et que je confonds les bémols avec les clés de 12. Vu la musique que je fais, cela ne devrait cependant pas être trop gênant.
– HAD :  Mc Do??? un client porte plainte contre lui ….il a trouvé une frite dans son sel!!!!
– HAD : Question existentielle!!!!!!une poule qui met de la crème anti-âge redevient elle un oeuf?????
– DT : Il ne faut pas prendre de gants avec les mufles.
– PL : 06h40. Le jour se lève et la pluie tombe. Ce doit être l’hiver austral, mais sans l’Australie.
– SN : Aimerai voir la gueule des joueurs de foot à qui on annoncera que leur nouveau patron s’appelle Eric Besson
– GL : Un coureur cycliste qui perd les pédales, est-ce qu’il faut le mettre au régime sans selle ?
– HD: Thomas Hollande me fait regretter Pierre Sarkozy, dont on entendait parler que quand il se faisait rapatrier pour cause de chiasse.
– YH : Je ne suis pas bon en calcul mental : six foies gras = dix huîtres ?
– DC : A tout ceux qui ont peur de grossir et ne veulent pas arrêter la clope : rassurez-vous, le cancer ça fait maigrir.
– JPCM : Rappelle-moi de poser mes congés d’été en Octobre.
– AR : une option « je m’en fous » serait bien utile, mais faudrait aussi qu’elle soit anonyme de façon à ne pas faire mousser les trucs inintéressants …
– PL : Audrey Pulvar à la direction de la rédaction des Inrockuptibles. Ce qui s’appelle un redressement productif.
– DC : Vu le temps qu’il fait à Paris, Les Inrocks ont bien fait de mettre leur Pulvar à col roulé… (domcoz, humoritz)
– ALD : Il ne faut pas sauver Doux, le contraire de l’agriculture dont on a besoin; d’ailleurs ce n’est plus de l’agriculture, juste de l’industrie volaillère. Si le milliard d’euros dont il a bénéficié avait été employé à mettre en place une agriculture bio en Bretagne, on ne parlerait plus d’algues vertes.
– AD : L’UMP avait réussi 0 fracture du col du fémur sur la Concorde malgré 30 000 vieillards et Hollande casse la jambe d’un para. Bravo hein.
– DC : Avec Hollande, on annonce la fin des golden parachutes !
– TC : A force de l’appeler Rain Man, Marie Drucker va finir comme présentatrice météo.

Peinture © dominique cozette

 

 

Lapeyre, y en a … deux !

Eh si, contrairement à la pub des fenêtres, le romancier nous en colle deux pour le prix d’un. Deux quoi ? deux amoureux de la même femme. Une femme éthérée, jamais là, qui s’en va sans prévenir, qui revient sans le dire, qui laisse deux ans mariner Louis Blériot, l’amant de Paris par ailleurs marié avec une femme assez tolérante et qui gagne suffisamment  sa vie pour activer la pompe à phynance de son adultérin de mari pendant que notre héroïne insouciante dicte sa loi à son compagnon de Londres, car elle est anglaise voyez-vous.
Pour écrire « la vie est brève et le désir sans fin », très joli titre, l’auteur s’est paraît-il inspiré de Manon Lescaut, qui comme elle, s’activait entre deux hommes. Ça rappelle aussi Jules et Jim mais Jeanne Moreau a trop de présence pour incarner la petite créature sans consistance qui a permis à Patrick Lapeyre de remporter le prix Femina.
Je ne dirai pas que je n’ai pas aimé le bouquin parce que ce serait faux. Je l’ai aimé jusqu’à une certaine page, vers le milieu, où j’ai fini par comprendre que notre héroïne, non contente de balader ses amoureux transis, nous menait par le bout de notre nez, pauvres lecteurs captifs. Disons que j’ai fini par lui dire de choisir d’en finir avec ses va-et-vient ridicules car ça va bien comme ça, ces types sont trop cons de marcher ainsi dans la combine et elle-même est une vraie petite tête à claques.
Ceci dit, ce bouquin est absolument bien écrit, les phrases sont chics et originales, c’est de la dentelle, comme on dit en refermant un Bobin. Sauf que la dentelle, on se prend les diams dedans et à force, ça lasse.
L’histoire finalement n’a pas grand intérêt, la fin est shuntée sur des considérations philosophiques qui laissent entendre exactement ce que vous avez envie d’entendre. Mais pour lire sur la plage, entre deux ballons qui vous assomment et trois mômes qui vous enjambent en vous ensablant, c’est tout à fait de circonstance. Je pense que s’il a eu ce prix, c’est qu’il a plus plu au jury qu’à moi. J’espère qu’il a moins plu sur votre plage que sur les pages du bouquin où, bizarrement, il tombe des cordes dès que Louis Blériot retrouve sa gredine. A noter qu’il a été écrit bien avant l’avènement de notre pluviofuge  président.

La vie est brève et le désir sans fin, Patrick Lapeyre, 2010 chez P.O.L. 345 pages imprimées très proprement en Normandie, pays pluvieux s’il en est.

Texte et image © dominique cozette

Fessebouqueries #102

On essaie de faire comme si de rien était, comme si le nord de la Loire allait retrouver le soleil, comme si Fillon était sympathique comme Coppé, comme si le XXIème siècle était le meilleur de tous, comme si la gauche était aussi adroite que la droite avait été gauche mais rien n’y fait : si les fessebouqueries ne sont pas au rendez-vous, elles ne sont pas au rendez-vous, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! Mais elles le sont, donc ça ira pour cette fois. Ouf !
– CV s’amuse toujours beaucoup de l’expression gênée des hommes croisés dans les boutiques de lingerie.
– JPT :  Séance de signature, hier, dans une librairie dyonisienne. Je redoutais qu’il y ait peu de monde. J’avais tort : il n’y avait personne.
– RP : Fusillade dans une boîte à Lille : Guetta pan !
– CM : il suffit de sortir le barbecue pour que les nuages se pointent. Ok ok , je le rentre!
– RV :  Interdire le foie gras et autoriser le port d’armes et la peine de mort,les canards et les oies doivent bien rire
– DC : Fin des années 80, Bernard Tapie disait : « Si un type réussit, on dit que c’est un escroc, s’il échoue, que c’est un con ». 
L’avenir lui a donné raison. deux fois.
– MC : Ta fille qui t’appelle, hystérique: « la voiture est en panne au milieu de la route, sur une bretelle d’autoroute et à la sortie d’un virage, les portières sont bloquées on peut pas sortir ». Tu respires. 17 fois. Puis t’appelles la police. Calmement. Très calmement.
– HAD : En mode sharpei !!je vais me dérider vers 9H….CTLT!!
Couché tard Levé tôt!
– DT : La Garde des Sceaux n’a pas forcément un cabinet des anses.
– CD : Le médecin qui est passé ressemblait à Denis Podalydès vraiment incroyablement. Il a dû me trouver étrange car je l’observais faire. En effet, je voyais Denis Podalydès jouant Diafoirus ; ça n’a pas loupé : il m’a fait une ordonnance longue comme le bras.
– EO : Je m arrete devant un clodo, lui donne 50 centimes en pieces de 5 centimes, il lève la tête et me dit « tu me prends pour Bernadette Chirac? » ben merde…il est drôle ce con!
– JMB : Ce matin, j’ai entendu le nom d’un journaliste : Jean-Louis Pacul. Et j’ai eu une pensée émue pour ceux dont le nom est une contrepèterie.
– HAD : La fidélité c’est une forte démangeaison avec défense de se gratter.
– CA : Toi qui as volé la guitare Gretsch de Johnny ! Son cadeau d’anniversaire pour ses 69 ans, tu lui rends tout de suite ! On ne vole jamais les instruments d’un artiste. C’est une question de respect.
– JPT : J’approuve l’initiative d’harmoniser les saisons entre la métropole et la Réunion. Ici, c’est l’hiver, chez vous aussi apparemment. A quand la même heure ?
– CD : Si quelqu’un, à part Samuel, a compris la découverte du boson de Higgs ; pourrait il avoir l’ extrême obligeance de me l’expliquer doucement ? Avec des mots simples.
– ED : au boulot, y’ en a un, il sait même pas écrire le mot  » alcool » et pourtant qu’est ce qu’il me soûle!…
– MB : Si j’mets que des boxers, ça veut dire quelque chose ou pas … ? J’veux dire, ça suppose que le sexe est mon ring ou que ma chatte est une chienne … ?
– DC : J’ai vu sortir de l’institut de beauté de ma rue une nana (je suppose) entièrement voilée, même les mains, que les yeux de visibles. Nettoyage de la cornée et teinture des cils, peut-être…
– PG : Je dois vous l’avouer… Il y a un sport que j’adore à le Télé, c’est « la pétanque » … en ce moment sur F3 il y a la finale France/ Madagascar….. putain c’est saignant !!! avec les gens qui parient en direct et les paris annoncés au micro ….. Un bonheur !!!!! Ça c’est pas du foot…. pour l’instant c’est la triplette de Tananarive qui mène…. la marseillaise est un peu dans les choux…. The Foot !!!
– ML : Tu devrais mettre 2 comptoirs l’un sur l’autre tu sers les gens petits en même temps tu sers les grands qui sont au-dessus des petits.
– HAD : Une chance au grattage..une autre au tirage..38 millions de voitures x 2 éthylotests à 1€ pièce = 76 millions d’euros. A défaut, 11 Euros d’amende, c’est gagnant gagnant 😉
– DC : Tiens, aujourd’hui j’ai fait comme Guéant : j’ai passé mes coups de fil moi-même ! Etonnant, non ? Ensuite, je vais me brosser les dents moi-même et peut-être aller faire pipi moi-même avant de me mettre au pieu moi-même avec mon bouquin que je lirai moi-même. 
(j’ai posté ce post moi-même)
– JPT : Avertissement : je viens d’envoyer une vingtaine de pulls dont je n’ai plus l’usage à la Réunion à l’association « Métropolitains sans été ». N’hésitez pas à réclamer le vôtre !
– CV : URGENT CAUSE DOUBLE EMPLOI
Vends cauchemar, état neuf (servi une fois), convient à toutes les tailles, unisexe, belle qualité, fabrication française.
Prix à débattre, frissons garantis.
– SG : La Justice est sans pitié. Si on avait des problèmes à chaque fois qu’on tire dans une discothèque à Lille….

Peinture © dominique cozette

Rendez-moi mon sourire !

Un matin, je sors guilleret de chez moi et je croise ma jolie nouvelle voisine. Vous auriez fait comme moi : je lui souris. Malheureusement, elle me rend mon sourire ! Mon sang ne fait qu’un tour ! Je me replace devant elle et lui refais un sourire. Elle me le rend encore, quoi qu’un peu plus crispé, mais bon, je le reconnais, c’est le même. Un peu plus crispé.
Ma bonne humeur s’envole d’un seul coup. Je la trouve saumâtre. Je m’approche d’elle et lui demande, sans aménité, pourquoi elle me rend mon sourire.
Elle reste bouche bée, ça ne m’étonne pas.
Puis se décide à répondre : Mais … vous m’avez souri le premier, non ?
– certes, et sans mauvaise intention.
– Alors moi, je vous ai souri.
– Vous m’avez rendu mon sourire. On peut dire ça, non ?
Gênée, elle fronce ses sourcils effilés.
– Si on veut, on peut dire ça.
– Pourquoi me l’avez-vous rendu ? Il ne vous plaisait pas ?
– Mais… c’est une expression !
Bien sûr que le sourire est une expression, elle me prend pour un béotien ou quoi ? C’est même une des expressions les plus aimables qu’un visage peut prendre lorsqu’il veut faire preuve d’empathie.
– Je sais, mademoiselle, que c’est une expression. Mais ce sourire, je vous l’ai adressé de façon candide, c’était un cadeau, certes modeste, mais sincère.
Elle refronce ses sourcils et le rose lui monte au front. Néanmoins, je poursuis : Me rendre ce sourire constitue non seulement une incivilité notoire mais en plus, c’est blessant.
– Vous plaisantez, là ?
– Ah non, je sens même la moutarde me monter au nez !
– Vous êtes vraiment dingue ! Laissez-moi passer.
– Pas avant que vous ne vous soyez excusée…
– Vous voulez des excuses ? En voilà une !
Et vlan, elle ma envoyé une baffe, mais une baffe ! Une vraie torgnole. Comme je suis un honnête homme, que mes parents m’ont bien élevé, je ne la lui ai pas rendue.
Un partout.
Hier, nous nous sommes croisés devant les boîtes. Je lui ai donné le bonjour.  Elle ne me l’a pas rendu. Je suis heureux de voir que la situation s’améliore, qu’elle n’est pas rancunière. Je souris intérieurement et décide que demain, je passe à l’attaque, je lui donne un baiser.

Texte et dessin © dominique cozette

La dette, quelle dette ?

Hier, je suis sorti avec ma dernière conquête dans un somptueux restaurant d’un quartier chic de vieux réacs, pour dire comme c’était calme, dont on m’avait affirmé qu’on y dînait gratuitement. C’est pas que je sois radin mais j’aime pas dépenser pour un résultat aléatoire. Un valet gare mon véhicule tandis qu’une sorte de laquais nous installe à une table aux dimensions confortables. Il nous donne la carte : pas de prix sur celle de ma (future ?) prise, et une petite phrase en tête de la mienne : « Ce repas vous est offert votre grand-père ». Ce n’est pas précisé lequel mais j’ai ma petite idée.
Donc, sans vouloir forcément pousser le bouchon, nous choisissons le menu gastronomique en même temps qu’astronomique, arrosé des vins  fins du siècle dernier, sélectionnés par le sommelier.
Nous passons là trois heures merveilleuses.
Au moment de me lever, je suis arrêté dans mon élan par le chef de salle, avec classe certes. Il me dépose un coffret en cuir qui contient … la note. Là, je fronce les sourcils
– mais, je ne comprends pas, je croyais que ma note était réglée par mon grand-père !
– Tout à fait Monsieur (il s’incline. Je me dis ouf). Mais ceci est la note que vous devez régler pour votre petit-fils.

Cette anecdote pour parler de la dette. La fameuse dette ! On nous dit qu’elle sera payée par nos petits-enfants.  Mais comment vont-ils faire, nos pauvres  petits-enfants  ? Hé bien, ils la refileront  à leurs petits-enfants… Ainsi va le monde.

Texte et dessin © dominique cozette

Fessebouqueries #101

Pour ceux qui sont sur la route des vacances, je vous signale que les Fessebouqueries sont interdites au volant. En revanche, si on vous dit que l’éthylotest est obligatoire, ne vous précipitez pas : pas d’amende avant novembre car l’usine qui a fait adopter le décret (et assuré sa future fortune) est en pénurie. Ce n’est pas une raison pour rouler bourré ! A part ça, vous avez parlé foot, météo, politique, et puis DSK et Bruni qui sont de retour dans les posts !
– PAG : Je propose d’intégrer Nadine Morano à l’équipe de France de football. Au niveau des insultes, elle ne dépareillerait pas. Au niveau du jeu non plus.
– HAD : De temps en temps, je vais faire un tour sur Twitter, histoire de me tenir parfaitement au courant de ce dont je me contrefous royalement.
-CV a bien fait d’emporter sa doudoune, c’est si chic avec une robe d’été.
– OVH : Mon mari m’a mermis de faire la vaisselle#j’aitropdelachance
– CN : L’injustice paritaire, c’est quoi ??
C’est quand toutes les copines de ta femme enceinte viennent lui caresser le ventre en disant « félicitations », mais qu’aucune ne vient te caresser les « roupettes » en disant « bien joué ! »…
– PG : Il est 3h 30 du matin? Sushi a faim, moi j’ai soif, personne n’a envie d’une baffe, puisque je suis debout ?????
Autant en profiter… Non, personne, bon ben je vais me recoucher…..
– DC : C’est quoi l’idée aujourd’hui ? C’est de vous dire, messieurs, ne vous teignez pas les cheveux, ça se voit, ça n’est jamais bien fait, ça donne une image de vous pas terrible voire pas tétique. Cheveux gris, blanc, poivre et sel, y a rien de mieux. Maintenant si c’est votre femme bouche-de-canard qui vous le demande…
– DM 
 »Dans ce métier, à chaque fois que quelqu’un te dis que tu es extraordinaire, sache qu’ on te dis juste bonjour. »
Bien vu c’est comme quand on te dis mon chéri t’es pas le jules de la nana….tu es un fournisseur ou un client!!!
– OMT : J’ai rien contre l’obligation d’avoir un éthylotest dans ma voiture. De toute façon, quand je suis bourré, je ne retrouve jamais ma voiture.
– SG : Le dernier statut de Juppé (tronqué, mais inchangé) ressemble furieusement à une légende de dessin de Sempé. 
 »Les disparitions tragiques dans la Garonne ne sont hélas pas réservées à Bordeaux. D’autres grandes villes connaissent ce fléau du à la suralcoolisation. Je partage l’émotion des Bordelais et je veux dire, en toute sérénité, que l’ensemble des mesures ont été prises pour garantir le bon déroulé des festivités cet été, notamment à l’occasion de la Fête du Vin. »
– SG : « Papa, c’est quoi ton travail ?
Et bien, j’incite les gens à changer de voiture trop souvent pour tuer des ours blancs, comme ta peluche tu vois, un coup sur la tête et Bam!. Sinon, je vends des frites qui tuent – ouvre la bouche, et du lait caillé qui pue, au prix du Champagne (Papa aime), en faisant croire que c’est bon pour la santé. » Il faudra que je trouve un vrai travail avant de penser à arrêter les capotes.
– MM : Ma copine m’a quitté parce que soit disant le foot prenait trop de place dans ma vie.Elle me manque.On est resté ensemble 4 saisons
– DC : Un éthylotest non utilisé obligatoire dans sa voiture ? C’est comme un préservatif dans la soutane du pape, un peigne dans l’élastique du maillot de Zidane, une boîte pilule dans le sac de Line Renaud, un chèque de Khadafi non signé dans la poche d’un candidat président, un manuel du savoir-vivre dans les mains de Morano…
– SG : Un spermatozoïde qui rencontre un ovule dans Carla Bruni, c’est un peu de la fécondation in vitro, non ?
– MC : C’est distrayant tous ces ex-ministres, qui après avoir chèrement vendu leur âme pendant la campagne, essaient désormais de se racheter une bonne conscience à bas prix.
– FT : DSK est célibataire. Anne #Sinclair devait en avoir marre de ses dix-Putes…
– DC : Carla Bruni enceinte de DSK ? Ah, non, c’est la page de Closer qui était mal mise…
– HAD : Je lance un appel à Mme DSK, Anne je suis pas trop libre ! Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais en mettant nos revenus en commun, on y arrivera, on pourra même racheter l’appart de F. Hardy, pour la dépanner!
– MC : Il va donc être obligatoire d’avoir un éthylotest non usagé. Il va donc être formellement déconseillé de s’en servir.
Mention spéciale à JPT pour cette requête :
– JPT : Si je m’écoutais, je vous dirais : s’il vous plaît, ne publiez plus de photos de chatons ou de chiots, de couchers de soleil ou de paysages sous la neige, ni des pensées philosophiques à deux balles ou des maximes moralisantes truffées de fautes d’orthographe, cessez de me dire « bonjour » le matin et « bonne nuit » le soir, ou de me répéter que l’amour et l’amitié sont aussi beaux qu’une chanson de Francis Lalanne ou d’Yves Duteilh… Oui, si je m’écoutais, je vous dirais tout ça, mais alors, vous me répliqueriez, non sans raison : MAIS QU’EST-CE QUE TU FOUS SUR FACEBOOK, DUCON ! »

Peinture © dominique cozette

Je te prête ce livre mais il s’appelle … les revenants !

C’est mon deuxième Laura Kasischke, je n’avais pas fini mon premier. J’y suis entrée sur la foi d’un athée, ami de même goût, donc en confiance mais sans trop d’enthousiasme ! Ah, ces histoires de campus US avec ces petites garces aux cheveux lisses et épais qui font tourner les garçons en bourrique ! Ah, ces rituels de bizutage tous plus cruels les uns que les autres ! Et ah ! ces profs politically corrects qui font gaffe à ce qu’ils racontent. Mais peu à peu, je me suis laissée submerger par un implacable suspens.
A l’instar des romans américains issus de la grande vogue des ateliers d’écriture, les Revenants ne dérogent pas à la règle qui veut que lorsqu’on croise un personnage même secondaire ou marginal, on s’intéresse à lui, à ce qu’il a bouffé la la veille, comment s’entendaient ses parents et les relations qu’il entretenait avec le jules de sa baby-sitter. Donc, c’est vrai, ça fait du monde, ça fait du volume, ça fait de la lecture.
Selon le même principe, on s’attache à décrire — attention, je vais utiliser les italiques — précisément les décors, murs, sols, meubles, déco, odeur des bougies, vue de la fenêtre. Mais aussi les vêtements des protagonistes, leur parfum, leur démarche, leur voix. On dirait presque une intention de réalisation : tout y est pour faire le film. D’ailleurs, à ce propos, le montage est moderne très cut, découpé soigneusement pour nous laisser maronner tandis que l’on saute à l’action qui se passe à côté ou qui s’est passée avant, un peu comme dans les films d’Inarritu (Amours chiennes, 21 grammes) : il faut un petit temps d’adaptation à chaque fois. C’est pour la forme. Ce à quoi je peux ajouter que c’est de la belle écriture classique d’aujourd’hui, précise et sans gras. Avec des entrées de paragraphes pour aérer et des dialogues ni trop ni trop peu comme dans tout bon roman.
Pour le fond, c’est une histoire troublante de jeunes étudiantes mortes ou disparues, que l’on aperçoit parfois, de loin, à peine, dont on a voulu apparemment masquer l’accident ou la mort et on est aidées dans cette sorte d’enquêtes menées par un prof et un étudiant qui fut l’ami de l’héroïne depuis l’enfance et le coloc du fiancé qui a provoqué l’accident mortel.
Cette histoire est d’autant plus inquiétante et les soupçons de trafic de la mort d’autant plausible que la prof qui mène l’enquête fait son séminaire sur les rituels liés au deuil, la mort, les non-morts… On est en plein dedans. Et on y saute à pieds joints et après on veut absolument savoir ce qui se passe, on t’attache à deux ou trois personnages, leur femme ou leur mari, ou leur mère, ou les jumeaux pénibles qui ne parlent qu’en sabir etc…
C’est américain donc il y a de la morale, un zeste de sexe, des horreurs ! comme la drogue, l’homosexualité féminine, les bals de fin d’année, les groupes/clubs/ sororité et autres amalgames de gens interchangeables à la pensée unique. Ou inique.
Il y a des critiques qui font rien qu’à vous raconter le pitch comme Télérama, ou le Monde des Livres,  allez sur Google si vous aimez savoir avant. Moi j’ai fini mon boulot. Vous avez 587 pages drues et mal reliées  — car elles ont tendance à se détacher et pourtant il était presque neuf quand on me l’a donné — bref 587 pages d’une bonne littérature on va dire, très appliquée, super bien construite et carrément efficace. Voilà le mot : efficace.

©Les revenants par Laura Kasischke. Christian Bourgois editeur 2011.

Aventures des Toiles, comment que je me la pète !

Figurez-vous que l’un de mes tableaux a suffisamment plu à François Gadrey, PDG de la très belle marque Aventures des Toiles, pour qu’il en fasse l’un des thèmes de sa collection été 2013. Sept artistes par saison ont ainsi le bonheur de représenter un thème sur une large palette de très beaux vêtements, robes, ensembles, hauts, jupes, pull, etc…
J’ai débarqué au Creusot la semaine dernière pour voir les collections et là, chers amies/amis, j’ai roucoulé !


Vous allez me dire que sur les belles mannequines, c’est une chose… Non, parce que toutes les femmes qui étaient là portaient une, deux ou trois pièces de vêtements de saisons passées, de la dame qui fêtait ses 80 ans à pratiquement tout le personnel féminin de l’usine, et aux acheteuses, responsables de magasins, représentantes,  petites, grandes, rondes, maigres, jeunes ou mûres.  Toutes avaient fière allure, c’était très joyeux !

La visite de l’usine le lendemain m’a donné d’autres sentiments de satisfaction : c’est une marque éthique qui fait appel aux talents nationaux, aux machines et à la main d’oeuvre françaises. Pas d’esclaves à 29 € par mois au fin fond de l’Asie, pas d’abattage, pas de pratiques douteuses. C’est respectueux. Plus cher que chez H&M mais ça le vaut. Et les personnes qui travaillent là ont l’air bien plus heureux que dans certaines boîtes que j’ai fréquentées. Elles adorent leur job. Et tant mieux parce qu’en même temps, il faut vivre au Creusot. Le lundi soir après nos agapes, trouver un bar ouvert c’est comme demander à Samir Nasri de dire s’il vous plaît. Mais Paris n’est qu’à 1h20 et tout autour, la campagne est magnifique, et le vin mondialement apprécié. Le bourgogne.

Et puis, dans cette usine, voir des techniciennes travailler sur des rouleaux de tissu ou de maille issu de mon tableau, ça fait drôle ! C’est énorme !
Je vous signale qu’il y a un très beau concept store Aventures des Toiles à Paris dans le Marais, 38 rue Sainte Croix de la Bretonnerie. Les soldes viennent de commencer, c’est le moment de découvrir les dernières collections !

Ce dernier modèle est un petit pull d’été en maille, c’est une stylisation de mon tableau, très fin, très chic. J’ai hâte de le porter mais il faut attendre 2013.
Pour en savoir plus sur Aventures des Toiles, voir le site ici, très complet, assez technique, avec des vidéos pour présenter les différents postes de la création et le blog actu.
Pour finir, voici le tableau :

La légende a été gommée sur les modèle car tout le monde n’aurait pas eu envie d’exhiber  I’m fuckin’ so great ! Oh my God ! Keep in contact. See you later (= CUL). Trop clivant.
Je ne vous parle pas des autres artistes 2013, je n’ai pas les photos mais ils seront en ligne avec moi dès que la collection sortira. Vous verrez, tous sont magnifiques et chacun a son style.

Texte et tableau © dominique cozette. Photos © Aventures des Toiles.

Crumb, serial fesses-booker !

Au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris se tient la somptueuse énorme rétrospective de Crumb. Robert Crumb. le dessinateur bigleux qui chevauche les filles à gros cul, à jambes costaudes et velues, qui fornique à tout bout de champ et se rit de la vie sociale que des siècles de morale judéo-chrétienne ont pondu aux Etats-Unis. Et de celle, française, à laquelle il pige que pouic. Sorte de geek pour le physique, érotomane priapique et masturbateur récurrent, infidèle — le mot est faible — et narquois, this is the man.
Certes il dessine avec art et ostentation, talent et obstination, humour et fornication. Mais ce n’est pas sa passion. Même s’il ne peut s’empêcher de manier le rotring et la plume, il a deux autres plaisirs bien plus forts : le sexe et la musique. Oh, attention, pas la pop, la vieille musique, le vieux jazz d’avant-guerre qui craque sous le saphir, les formations be-bop  old school qu’il collectionne comme un malade et auxquels il tient comme à la prunelle de ses grosses lunettes. Il en a des milliers, maniaquerie totale.
Crumb est issu d’une famille tarée, réellement. Il faut voir le film commenté par David Lynch (en streaming sur le web)  sidérant. Freaks, presque. Un père violent et tordu qui lui a déboîté la clavicule quand il avait cinq ans, que tous craignaient, une mère aujourd’hui avachie qui se droguait aux amphétamines pour lui échapper, deux soeurs dont on ne parle pas (qui ne veulent pas apparaître dans le film) et les trois frères, imbriqués les uns dans les autres par leur rapports d’amour/haine, de dépendance et de luttes narcissiques.
L’aîné, Charles, est un dingue des comics (et sexuel maniaque aussi, jeune, abstinent). Il ne vit que pour ça, tombe amoureux d’un lapin et oblige ses frères à dessiner, sous peine de rétorsion. Il prend la place du père. J’y reviens.
L’autre Maxon, est en perpétuelle frustration, blessée par Robert qui lui vole la vedette. Aujourd’hui, Maxon vit sur un tapis de fakir à vrais clous et avale lentement un très long lacet enduit de je ne sais quoi qui va mettre trois jours à ressortir par l’autre bout, ayant accompli une sorte de purification intestine. Il ne parle qu’à une personne : Robert. Il a de magnifiques yeux bleus. Il n’a jamais eu de relations sexuelles.

Robert, lui, est un renfermé. Enfin, quand il était ado. Moche, une dent en moins, creux du torse, rêvant chaque soir à une des filles de sa classe, celle qui louche ou l’autre moche, sans l’idée de passer à l’acte. Sa mère prédisait : il épousera la première venue. Gagné. Zoom sur cette première femme devenue grosse dame qui lui a fait un fils.
Heureusement, la célébrité amène son flot de fans femmes qui veulent toutes être dessinées, dessillées, dessalées par lui. Il ne dit jamais non. Jamais. Le sexe devient son activité de prédilection, même après son installation avec Aline, celle qui ressemble à ses dessins, qui le porte sur son gros cul, qui le pompe et qu’il nique goulûment. Lisez « parlez-moi d’amour » (blog ici), leur livre à deux, c’est top.
Charles, donc, l’aîné. Charles est devenu une grosse larve qui vit toujours avec sa mère, sans jamais, jamais sortir. Il se lave toutes les six semaines, n’a plus de dents, est sous tranquillisants depuis toujours. Il est entouré de murailles de livres. Ça pue le renfermé à vue d’oeil. Robert, très enjoué avec lui, ne semble pas affecté par sa déchéance, pas plus qu’avec Max d’ailleurs. Depuis, Charles s’est suicidé et le film lui est dédié.
A part cette famille calamiteuse, le film montre les  divers aspect du boulot de Crumb, ses marottes, sa façon de croquer, ses réflexions caustiques sur la société. Tout Crumb est là. Aline aussi, bouffeuse de vie, énergie personnifiée. Et leur fille qui est devenue dessinatrice. Bizarre.
Si vous avez une semaine devant vous, vous pouvez vous enfermer au MAM. Il y a tellement à lire, à détailler, à examiner qu’on ne peut, en une fois, en faire le tour. Beaucoup de BD ont leur version française sous les originaux. Bécassine est là aussi, je ne vous raconte pas ce qu’il lui faire faire, à tomber ! Et toutes ses collections perso d’albums BD de son enfance, toute usées. Touchant.

Crumb de l’underground à la Genèse. Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris jusqu’au 19 août 2012.

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