Le super Goncourt 2018

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, est un formidable bouquin autour duquel j’ai longtemps tourné sans me décider à le lire : le titre me rebutait (et me rebute toujours, il doit venir d’une phrase ou d’un poème, comme souvent…) et c’est ma fille qui me l’a passé il y quelques jours. Heureusement, car c’est un super travail d’écrivain, une longue chronique à la fois classique dans ses qualités descriptives qui nous laissent à penser que nous sommes au cinéma, et moderne dans son style franc, véloce, net et très actuel.
Nicolas Mathieu nous emmène dans une petite vallée du nord, en perdition, quittée par les grandes industries et habitée par ceux qui restent en n’ayant plus d’espoir de carrière parmi les hauts-fourneaux refroidis, les baraques, les pavillons sans grâce, les bistrots. Nous suivons trois personnages principaux durant quatre étés de 92 à 98-coupe du monde, et beaucoup de personnages secondaires dans un remue-ménage sociétal souvent désespérant. Il y a d’abord Anthony, 14 ans au début, et son cousin, plus âgé, plus joli et plus dégourdi, qu’il envie pour ses succès féminins. Il va tenter lui aussi d’entrer dans l’âge d’homme, il désire comme un fou la belle Steph qu’il va poursuivre dans ses rêves et sans trêve, comme on le fait de tout premier amour, fondateur des autres. Anthony n’est pas un mauvais gars mais il est un peu sans consistance, il se laisse mener et ses maigres ambitions ne vont pas le transporter bien loin, tandis que Steph fera tout pour sortir de cette maudite vallée où, certes, il y a ce fameux lac où tout commence et peut finir, mais rien de bien intéressant. Elle opiniâtre et bosseuse, elle va y arriver. Le cousin, c’est pas terrible non plus, ne sait pas y faire avec ce gosse venu trop tôt et cette vie étriquée où manque le fric pour un peu de joie.
A côté d’eux, un des pères, devenu abstinent mais resté violent, qui se remet à boire dangereusement, une des mères plutôt sexy qui décide que rien n’est fini à cinquante balais, un copain au prénom arabe pour qui tout est encore plus difficile, et quelques autres personnages dont on suit le trajet dans la quête au bonheur. C’est réjouissant parfois, c’est terrible souvent de voir comment cette classe d’individus se retrouve coincée dans un déterminisme social bien délimité. C’est aussi stressant quand la violence nous emmène sur des intentions de meurtre, ou des trahisons, des injustices. Mais c’est toujours très juste, très prenant et on avance en haletant pour essayer de deviner comment ça va finir. Et on espère. Or, ce n’est pas un feel-good pavé, tout le monde ne va pas s’en sortir et d’ailleurs la fin m’a laissée d’humeur maussade, comme le temps ces jours-ci.
Ces quatre étés, avec leur canicule terriblement bien rendue, étouffante, épuisante, dégoulinante, nous montrent les transformations du tissu territorial, les quelques bonnes initiatives des dirigeants pour améliorer l’ordinaire, en même temps que leur vanité en regard du sort des gens qui peuplent cet endroit où presque rien ne peut les sauver du destin qui les emprisonne.

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, 2018, chez Babel Actes sud, 560 pages, 9,90 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #574

Foin des Chemins de la Liberté, ce convoi venir, c’est des gros camions, des gros blindés, des gros emmerdes en ville mais Balkany est rangé, bien à l’abri, on ne peut pas en dire autant de Guéant, lui aussi convoi en liberté mais pour combien de temps. Et nous ? Ben y aurait comme un risque de guerre imminent, on sent le président US qui frétille à cette idée, tous au PQ et au sucre ! Je rigole mais les élections approchent, certains LR quitte la meuf pour le prèz, c’est tout d’même pas une gonzesse qui va faire joujou avec les manettes, Darmanin est bien d’accord, il perd ses nerfs rien qu’à l’idée, calmez-vous mon gars, tout va bien… Sinon, faire du foot dans un chat c’est pas bien, le chat a été placé (ce qui n’est pas le cas des femmes maltraitées mais c’est une autre affaire) et ne nous voilons pas la farce, s’enfoularder pour shooter dans un ballon quand on vit en France, drôle d’idée les filles, pourquoi pas avec une coiffe de bigouden. Quant au Caca-rente, ça enfle, ça enfle, ça va faire un énorme prout un jour et là, vous savez quoi ? Le ruissellement pourra commencer. Sur ce, ne négligeons pas les bons moment, les bonnes gens, et les bons tchin-tchin. A la vôtre aussi ! Et hop.

– CEMT : Emmanuel Macron : « Attention, quand je dis qu’on va arrêter les énergies fossiles, ça ne veut pas dire qu’on va fermer le Sénat. »
– HD : Les candidats aux élections présidentielles, à eux tous ont moins de programmes que mon lave linge.
– KA : Mon frère va au meeting de Zemmour à Lille et ma mère est à la manif anti-Zemmour de la même ville. Sauf que pour économiser un trajet ils y vont ensemble. J’imagine pas l’ambiance dans la voiture.
– AAS : J’ai l’impression que cette campagne présidentielle avec le duel Zemmour/Marine est en train de nous éloigner de la question essentielle : Line Renaud survivra-t-elle à Michel Drucker, oui ou non ?
– DB : Quand on voit le cynisme et les mensonges des dirigeants d’Ehpad, on se dit qu’on va finir par juger exemplaires et angéliques les éleveurs industriels de porcs et leurs copains des abattoirs…
– GP : Les Balkany vont retourner en taule, j’ai peur qu’ils se radicalisent.
– JPT : Une seule maison de retraite n’a enregistré aucune plainte à ce jour : le Sénat.
– DC : Guéant qui sort, Balkany qui entre… bref, un clown chasse l’autre !
– AAS : -“Zemmour m’a tout pris : mon programme, mes électeurs, et mes nazis !”. Marine le Pen
– JML : Je ne m’habille que chez Hugo Boss parce que c’est eux qui habillaient les nazis alors on sait que c’est de la qualité.
– CEMT : Patrick Balkany entre en prison et Claude Guéant en sort, on sent que l’administration pénitentiaire a peur d’exploser son quota de LR.
– IJ : Zinzin 1er chez les soviets… La presse française : « il a sauvé le monde ». La presse étrangère : « va ranger ta chambre »….. Tout va bien!
– DC : Déçu de n’a pas avoir réussi à convaincre Poutine, Macron a déclaré en le quittant : OTAN pour moi.
– CC : « Madame Tapie vivrait avec 450 € par mois ». En 2019, 9,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Sans avoir eu la possibilité de vivre à grand train pendant la majorité de sa vie. Vous m’excuserez de ne pas souhaiter ruiner mon mascara.
– DC : Poutine et Macron sont des hommes de petite taille. C’est pour ça qu’ils sont toujours en colère. Ensemble, ça donne une bataille de pe-titans !
– HD : Les Balkany relancent le plan d’urbanisme à Giverny, le maire propose de réduire la taille des propriétés à une portée de bracelet électronique..
– MK : Tentative de suicide d’Isabelle Balkany : la piste de l’empoisonnement aux fraises Tagada sérieusement à l’étude.
– BR : En France 2022, des filles se battent pour pouvoir taper dans un ballon en hijab. En Iran, des filles courageuses posent tête nue sous un panneau stipulant que retirer son voile = prison.
– NMB : Si ça se trouve, on va à peine réussir à s’en sortir du Covid qu’on va devoir porter un masque à gaz et une combinaison anti-radiations pour aller faire nos courses à cause des missiles de Poutine. On sait pas.
– CEMT : Eric Woerth : « Ecoutez, je suis allé sur Parcoursup et comme il n’y avait plus de débouchés chez LR, ça m’a conseillé de rejoindre LREM. »
– GB : Servile, fuyant, sarkozyste, conservateur, libéral et multi mis en examen, Woerth est Macron compatible depuis le début, ne faites pas les étonnés.
– NP : Le Zemmour qui dit qu’il ne touchera à aucun droit des femmes c’est le même qui écrit qu’il faut supprimer les allocations aux mères célibataires pour qu’elles soient obligées de vivre en couple ? Ou c’est un homonyme ?
– OM : « Calmez-vous, ça va bien se passer » a été élu 12 fois meilleur argument de proctologue, il ne faut pas l’oublier.
– GB : Darmanin paternaliste, sexiste, et condescendant, personne ne s’y attendait. C’était un voisin tout ce qu’il y a de plus discret toujours prêt à rendre service dans un dossier contre une faveur sexuelle. La France est sous le choc.
– DC : Aidé par l’Etat, le Caca-rente a réalisé de super profits.  Ce n’est pas que ça a ruisselé sur les actionnaires, ça a puissamment dégouliné !
– VC : « Est-ce que tu mettrais ta fille de trois ans dans une crèche cotée en Bourse ? »
– CC : Ah du coup en une semaine, Woerth est passé de « on n’entend plus parler de sa mise en examen » à « Pécresse a perdu son Premier Ministre ».
– DC : Faut-il séparer le footballeur qui shoote dans un ballon de l’homme qui shoote dans son chat ?
– CEMT : Le saviez-vous ? Emmanuel Macron brasse assez de vent pour alimenter plusieurs turbines.
– RR : Camilla, reine consort, ça changera un peu Charles de ses habitudes de reine qu’on rentre.
– MN : Y’a un gentil monsieur qui vient de me dire que j’avais la robe accrochée dans le collant… Et ça fait donc quinze minutes que je me balade le cul à l’air dans Toulouse.
– CR : Partager un bureau avec un conjoint bordélique c’est aussi trouver par hasard une réservation dans un joli hôtel en bord de mer pour la semaine prochaine. Soit il me fait une surprise, soit il me trompe : réponse dans quelques jours !
– NP : LA preuve que les complotistes anti-vaxx gilets jaunes qui montent sur Paris en voiture sont totalement illogiques, c’est qu’ils ont appelé ça « les convois de la liberté » alors que ça devrait s’appeler « les cons voient de la dictature. »
– AW : Il paraît que si tu dis « bifteck » trois fois devant ton miroir, y a Fabien Roussel qui apparaît.
– RR : La meilleure quand même, c’est qu’on risque de rester chez soi au lieu d’aller se promener à cause de gens qui sont contre tout confinement.
– ES : Si tu te sens inutile, dis-toi qu’actuellement, il y a des gens en train de manifester, de tenter de bloquer des villes, de crier à la dictature sanitaire pour faire abroger une mesure sanitaire dont le gouvernement a déjà annoncé sa fin avant le début des élections.
– MM : Vouloir venir bloquer Paris avec des voitures c’est bien, mais c’est déjà fait. Ça s’appelle Paris… Je leur laisse une heure dans les embouteillages parisiens avant de vouloir retourner en province.
– MC : On sait plus trop si c’est la Russie qui met la pression sur l’Ukraine ou les Etats-Unis qui mettent la pression sur la Russie pour mettre la pression sur tout le monde.
– PR : Baisser les salaires des patrons pour enrichir les actionnaires, c’est possible !
– PE : Emmanuel Macron, qui cherche à recruter à gauche pour casser son image d’homme de droite, vient de demander à Éric Woerth, qui a tout juste quitté Les Républicains, de d’abord adhérer au PS avant de le rejoindre.
– CV : — Marlon ? Pourquoi y a-t-il deux bouteilles vides, du polystyrène et une boîte en carton dans ton cartable ? —  C’est ce que j’ai rapporté de l’atelier recyclage, Maman !.. Je préférais l’an passé, quand il avait chorale et percussions à l’école. Il me rapportait des chansons, pas des ordures.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Vie et mort de Belhazar

Belhazar, le troisième roman de Jérôme Chantreau est passionnant. Il évoque un personnage hors du commun, un poète du temps, de l’ésotérique, un collectionneur de tout et de rien, un amateur de vieilles mécaniques, voitures et armes anciennes, un constructeur de bidules, peintre, inventeur, un beau jeune homme curieux comme personne, qui sait répondre à tout ou presque, et inadapté à l’enseignement tel que pratiqué. Le narrateur, qui est l’auteur, l’a eu comme élève mais sans s’apercevoir qu’il avait affaire à quelqu’un de précieux, de riche, et l’a même viré d’un cours.*
Belhazar — dont la naissance est contraire à toutes les lois de probabilité d’où son nom — est resté ami avec Pierre, le beau-fils de l’écrivain, c’est par lui qu’il a appris sa mort. Il avait dix-huit ans.
Sa mort est bizarre : il s’est tué lui-même avec un vieux pétard de la guerre de quatorze lors d’une interpellation policière qui a mal tourné. C’est un pacifique, il n’a rien d’un suicidaire bien au contraire, il fourmillait tellement de projets, et surtout, la trajectoire de la balle montre que ça aurait une curieuse position pour tirer. Alors quoi ? Une bavure, un accident stupide ? La police ne veut pas d’histoire, elle va bâcler l’enquête, pas de reconstitution, bâcler aussi l’autopsie.
Pour la mère, tant qu’on ne sait pas ce qu’il s’est passé, son fils n’est pas mort. Le père (ils sont séparés mais en bons termes) est plus fataliste. Mais cette histoire finit pas interroger l’écrivain qui va entreprendre une nouvelle enquête. Hélas, comme dans un vieux puzzle, il y a des pièces manquantes. Les deux amis de Belhazar ne peuvent pas témoigner. Le troisième flic qui était réserviste donc moins tenu au secret s’est pendu. Un « gros » avocat, genre grande gueule à intéresser les médias nationaux se passionne pour cette histoire, mais ne pourra aller au bout car il meurt, il était malade. Le jeune avocat qui prend la relève est bourré de motivation et très talentueux. Malheureusement, il a la très mauvaise idée de se trouver au Bataclan le soir de l’attentat et d’y laisser sa peau. Et, last but nos least, l’éditeur qui soutenait l’auteur décide de ne plus le publier. C’en est trop pour la mère qui en mourrait. Alors, il faut continuer… D’autres faits et rencontres viendront enrichir le récit, rendre l’enfant encore plus tangible. Mais drôle d’idée d’avoir invoqué une certaine forme de magie pour finir. On aurait pu s’en passer, heureusement que ça ne gâche en rien le roman. Formidable.
* Au tout début du livre, Jérôme Chantreau nous informe que l’histoire est vrai mais qu’il a changé les noms et lieux, tout ce qui pourrait nuire à la tranquillité des personnes autour de ce fait divers.

Belhazar de Jérôme Chantreau, 2021 aux éditions Phébus. 316 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #573

Voilà une bien mauvaise semaine pour certains. Par exemple, Jeff Bezos qui jouerait à la frog plus grosse que le beef, queoi (prononciation Coluche) ? Taubira qui jouerait les surgés sévères dans une école buissonnière, queoi ? Véran qui continuerait à progresser par essais et horreurs, queoi ? Macron qui n’aurait toujours pas ruisselé, queoi ?, Zemmour qui aurait des nazis dans la manche , queoi ?, Thierry Solère qui en serait à sa treizième mise en exam, queoi ?, Trudeau qui aurait joué les filles de l’air, queoi ? et surtout, surtout les Balkany qui n’auraient toujours pas compris pourquoi on leur a confisqué ces beaux bracelets qu’ils amusaient à faire sonner. Cependant, un beau dimanche s’annonce, vacances pour certains, rien pour d’autres. Alors, tchin, tchin, dear friends et à tout plus tard ! Y a pas de queoi !

– CEMT : Patrick Balkany : « Moi je vous le dis, si la justice commence à faire la justice dans ce pays, on ne pourra bientôt plus rien faire d’illégal ! »
– BT : Je félicite Madame Taubira pour son élection en tant que déléguée de classe de la 3e B du collège Georges Pompidou de Versailles. Leur première revendication : des frites plus souvent à la cantine !
– EB : Profitant de l’engouement du monde occidental envers la Primaire populaire, les troupes russes ont envahi l’Ukraine et la Pologne
– PA : —  Papa, c’est quoi l’empathie ? —  C’est La capacité qu’on a à se mettre à la place des autres. —  Comme toi sur les places handicapés ?
– GD : Depuis un moment, beaucoup trop de gens disent tout haut ce que personne ne devrait penser tout bas.
– RP : Justin Trudeau vient de sonner à ma porte pour me demander de le cacher dans le grenier. Très sympa en vrai.
– EATK : On se demande tous « c’est quoi, être adulte ? » Ma fille de presque 4 ans vient de m’expliquer que c’est « quand on aime la salade ».
– YP : Grand confort en EHPAD !  Pour 6 000 euros par mois, tu as droit chaque jour à une biscotte et une couche-culotte…
– OR : La grève de la faim des pensionnaires d’Ehpad est un succès: le groupe Orpéa a débarqué son DG !
– DC : Je suis de gauche mais alors, quel condidat.e suivre … pour aller dans le mur ?
– CR : Il est faux de dire que Macron ne prête qu’aux riches : il leur donne !!
– JPT : Résultat de l’élection présidentielle du 24 avril prochain : l’élève Macron doit redoubler pendant cinq ans avec la mention Assez Bien, mais Peut Mieux Faire. L’élève Pécresse est recalée avec la mention : Médiocre, Prière aux parents de venir me voir d’urgence. Signé : Mme Taubira, principale du Collège Electoral.
– PA : Le livret A est à 1%.  P…,  il rattrape Hidalgo !
– DS : Il paraît que le 13, ça porte bonheur. C’est le nombre de mises en examen, de Thierry Solère, Le conseiller spécial de Macron. Ah, oui, bon, bah, restons blasés.
– GB : Félicitations à Thierry Solère désormais ultra-ministrable
– LM : Yves Lemasne, ex-patron d’Orpéa, a vendu 5456 de ses titres Orpea pour la coquette somme de 588.157 euros, trois semaines après avoir appris la prochaine publication du livre choc « Les Fossoyeurs ». Après, l’intéressé va nous dire que c’est une pure coïncidence ?!
– OR : Si j’ai bien compris, Macron qui n’est pas encore candidat, est le seul à avoir ses 500 signatures et plus, alors que tous les autres rament…C’est le moment d’appliquer la théorie de ruissellement, mon gars!
– DC : Les Balkany auraient dû interdire à leurs amis de finir leur vœux par « et surtout la santé » !
– OB : Hidalgo à 2% dans le dernier sondage. Elle se fait même dépasser par l’inflation.
– JK : S’il y avait une Justice on mettrait les Balkany chez Orpea.
– DCL : Les époux Balkany espéraient-ils que Levallois paierait ?
– RF : Quand mon père gérait un festival de musique, on devait recevoir Jean-Luc Lahaye avec quelque chose d’exceptionnel. Mon père lui dit: « Dans votre loge, Margaux, 13 ans d’âge ». Il a fait la gueule quand il a vu la bouteille. Il doit pas aimer le vin.
– BR : Si à 50 ans t’as pas fait démonter un pont du 19ème siècle pour faire passer ton yacht, t’as raté ta vie.
– LI : « Emmanuel Macron bouleversé par les révélations sur Orpéa. » On espère  qu’il ne se renseignera jamais sur le capitalisme. Ça pourrait l’achever.
– CEMT : Anne Hidalgo : « Je voudrais remercier les électeurs de la Primaire Populaire qui m’ont collé un Passable +, c’est ma meilleure note depuis le début de ma campagne. »
– DA :  —  « Un Lucky Gold, s’il te plaît. Et tu peux me mettre un paquet sans photo de trachéotomie ? J’en ai déjà une, ça m’angoisse. —  Pas de souci, j’ai un fœtus mort, des dents pourries, un amputé et une panne d’érection. —  Amputé c’est parfait ! » Les dialogues avec ma buraliste sont surréalistes.
– PI : Petite promenade digestive dans ma campagne, il fait beau, petits chants d’oiseaux, bruit des feuilles et des branches sous la semelle quand on traverse par la forêt, arrachage d’une affiche de Zemmour, les petits plaisirs simples.
– MK : Chandeleur au balcon. Balkany(s) en prison(s).
– PA : J’aime les personnes qui, pour briller, n’éteignent pas la lumière des autres.
– DC : Isabelle Balkany testée positive au Covid-19 après sa tentative de suicide. Comme quoi, un bracelet à sonnette ne protège de rien.
– LNA : Heureusement que Veran n’est pas gynécologue… La grossesse de 9 mois passerait de 6 puis à 4 mois ….
– PO : Les gens qui se réconcilient sur l’oreiller, vous savez que vous pouvez utiliser le reste du lit ?
– OK : C’est cool les canons à neige. Il parait que les JO d’hiver se passeront en Jamaïque en 2034. Trop hâte d’y être !
– NMB : Je sens que cette campagne électorale s’annonce vraiment nauséabonde, mais finalement, avoir de l’odorat en pleine vague de Covid, ça me rassure un peu.
– MK : Chez Éric Zemmour «il y a quelques nazis», selon Marine Le Pen. C’est la Kommandantur qui s’fout d’la charité !

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Quatre heures vingt-deux minutes et dix-huit secondes

Imaginez. Vous avez la belle soixantaine, vous êtes l’épouse d’un fringant retraité avec qui vous entretenez une enviable relation, vous avez toujours, chaque jour, et sans emmerder personne, couru et pédalé sur de longues distances, votre corps est magnifique, longiligne, vos jambes sont toujours splendides sauf que … aïe, votre genou droit affligé d’une terrible arthrose qui le fait enfler démesurément, cruellement, et vous interdit le sport tel que vous aimiez le pratiquer. Vous avez refusé de vous faire opérer car selon la légende urbaine, c’est extrêmement risqué.
Imaginez maintenant que votre cher époux, pour lequel jusqu’à maintenant faire du sport équivalait à lever le coude ou ouvrir la portière de sa voiture, vous annonce qu’il a décidé de courir le prochain marathon. Vous auriez tendance à rire et pourtant, il s’y met. Et très sérieusement. Et rien ne vous agace plus que ses fanfaronnades alors que vous auriez très bien le faire, vous aussi, les doigts dans le nez. Sauf que ni la compèt’ ni les records ne vous branchent. Lui si. Et en plus, il finit ce marathon. Pas très glorieusement, en vrac et bon dernier, mais il y arrive. Vous vous dites : bon, c’est fait, il va se calmer, maintenant. Hé bien pas du tout. Entraîné par une belle et impitoyable jeune coach, Bambi, il décide de faire le tri Mettleman, soit un triathlon infaisable quand on a un certain âge.
Et pour Serenata, la narratrice, tout bascule dans l’horreur . Ce tri, ce truc, c’est une vraie secte : on ne vit que pour ça, on ne parle que de ça, plus on souffre, mieux c’est et d’ailleurs, on ne soigne pas ses tendinites, on continue coûte que coûte. Son mari et elle ne font plus que cohabiter sauf que c’est elle qui reçoit, les soirs après l’entraînement, l’équipe des coureurs de l’écurie Bambi, la coach qui la méprise (c’est réciproque). C’est encore elle qui fait les courses et les dîners, qui s’emmerde comme pas possible, qui assure aussi le financement de ce sport excessivement coûteux. Et notre pauvre épouse ne peut pas se plaindre auprès de sa fille qui est dans une autre secte, la religion avec ses cinq enfants endoctrinés, ni auprès de son grand fils, une sorte de Tanguy qui « bricole » (entendez qui deale probablement) et qui se fout de tout et surtout de la gueule des sportifs pour ces souffrances infligées pour rien…
Quatre heures vingt-deux minutes et dix-huit secondes est le dernier opus de Lionel Shriver qui avait écrit le best-seller Il faut qu’on parle de Kevin. C’est aussi le temps moyen d’un marathon.
Au début, ça ne me plaisait pas trop, flûte, encore une histoire de couple vieillissant qui se délite mais Shriver est tellement habile pour vous entraîner dans son univers, qu’on veut tout savoir. S’y adjoint aussi une calamiteuse histoire, une sorte de procès où est jugé son mari parce qu’il s’est énervé contre sa jeune cheffe noire. Cause de son licenciement qu’il digère très mal. Ceci dit, la narratrice, Serenata, est elle aussi une plaie ambulante. Elle sait tout, fait tout mieux que tout le monde, ne possède aucune souplesse d’esprit et frise souvent l’intolérance. Bref, ici, tout le monde en prend pour son grade. A l’américaine of course !

Quatre heures vingt-deux minutes et dix-huit secondes par Lionel Shriver aux Editions Belfond, traduit par Catherine Gibert. 2020 pour l’original, The of the Body through Space. 384 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

 

Les Fessebouqueries #572


Bonne nouvelle pour les abstinents, le dry january tire sur sa fin ! Rien d’autre cette semaine. Ah, si, suis-je bête ! Maréchal-nous-revoilà tire à son extrême-droite en lorgnant sur Zemmouroïde, ce qui tire les larmes de tata Ririne.On va pas pleurer non plus, d’autant que Rocco Siffredi va relever le niveau en se présentant aussi à la présidentielle… italienne. Ouille, se disent in petto nos amies transalpines de cheval redoutant qu’il la leur mette bien profond. Je sais, ça manque classe, tout ça. Un peu de tenue, voyons. OK, allons alors du côté d’Hanouna-la-nouille qui nous la joue politologue en présentant « Face à Baba », ce qui veut dire « Face à Moi ». La France Insoumise s’y est soumise, hé oui, on en est là pendant que nos pauvres aînés marinent (non, pas de jeu de maux) dans leur jus, escarrés, affamés, assoiffés, meurtris, humiliés autant qu’humidifiés pour le bonheur d’actionnaires qu’on est peut-être sans le savoir (se renseigner sur comment nos banques placent nos éconocroques quand on en a. Econocroque-morts, ouais). Ne gâchons pas tout, les mimosas sont de sortie, vive les petites boules jaunes si délicatement parfumées ! Tchin tchin, friends !

– LJ : Après la nouvelle défection de Marion Maréchal Le Pen à l’endroit de sa tata Marine, nous avisons cordialement nos collègues de la presse que le titre «La nièce a bien planté sa tante» a déjà été fait.
– GS : Un auditeur de France Inter à Yannick Jadot ce matin : « Quand porterez-vous une cravate ? ». Léa Salamé et Nicolas Demorand de s’extasier « elle est géniale cette question ! ». Au secours..
– GD : Ajouter à la liste des très très très mauvaises idées : confier sans contrôle les vies des personnes âgées à des entreprises privées obsédées par le profit et la rentabilité.
– ES : Le PDG d’Orpea rejette toute responsabilité : « Les mauvais traitements, c’Ehpad ma faute ! »
– SW : Orpéa c’est du Made in France. Comme on est fiers !
– DC : Always Discreet et Couche Confiance envisagent une action en justice contre Orpéa, réclamant d’importantes indemnités pour manque à gagner.
– CMET : Noël à Ibiza, Pâques en réa.
– DS : Le livre-scandale sur les Ehpad piraté avant sa sortie : il y aurait eu d’importantes fuites.
– CL : Youpiii! On vient d’accueillir le remplaçant d’anglais. Il n’a jamais enseigné. C’est un danseur. Il nous a dit que cela serait facile car il avait l’habitude de faire du coaching. J’ai halluciné.
– MU : Moi aussi quand j’entends « boomer » ça me donne envie de réagir. Puis je me rappelle de cette phrase de Groucho Marx: « Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé » Ils comprendront un jour.
– LE : Hollande devrait se souvenir qu’il a déjà mis le pays bas…
– DC : J’ai ramoné les narines de mon mec hier pour son autotest. Ça faisait un bail qu’on n’avait pas eu de rapport sexuel !
– DC : Qu’est-ce qu’on a pu en bouffer du Angel de Thierry Mügler ! Qu’est-ce qu’on s’est régalées !
– PEH : Les JO de Pékin vont se dérouler sur 100% neige artificielle. La Coupe du Monde se jouera dans le désert du Qatar dans 8 stades climatisés. Lufthansa : 18.000 vols « à vide » pour conserver ses couloirs..Est-ce une aimable plaisanterie ?
– OM : Le papa qui est viré, la nièce qui s’apprête à trahir sa tante… Je crois qu’on a bien compris que le RN était contre le regroupement familial.
– DS : D’accord, pas le physique. Mais ça serait dommage que les petits de Maréchal et de Zemmour aient les yeux de maman et les oreilles de papa.
– BL : Je viens d’apprendre que Carlito est le fils de Guy Carlier. N’hésitez pas à me demander d’autres anecdotes, je suis un puit de savoir (mais j’ai dû chercher comment on écrivait « puit ») *Sic
– DS : Rocco Siffredi se présente officiellement à la présidentielle italienne. Dominique Strauss Kahn est vert !
– FIA : Notre époque : Une ministre de la santé qui avait dit qu’il n’y aurait pas de pandémie reçoit la légion d’honneur. Un animateur télé qui mettait des spaghettis dans le slip d’un de ses chroniqueurs anime des débats de la présidentielle. Nous : tous fatigués.
– OR :  Très déçu de ses discussions avec Macron, Vladimir Poutine s’apprête aussi à apporter son soutien à Éric Zemmour.
– PI : L’avantage que je trouve à Hanouna c’est que quand quelqu’un dit « hier dans l’émission d’Hanouna »,  je pars en courant et ça me fait faire un peu de sport, c’est toujours ça de pris.
– CEMT : Il est étonnant Mélenchon, il va sur une chaîne de Bolloré qui soutient quasi ouvertement Zemmour et il s’indigne que le débat soit biaisé.
– RP : Avec ma maigre pension de 12 500€/mois, j’ai dû renoncer à acheter mon troisième pavillon à La Baule cette année. Encore une fois, les petits retraités sont les grands oubliés de la crise sanitaire.
– PE : Je me demande si Line Renaud, ce ne serait pas notre Keith Richards à nous …
– PE : Rocco Siffredi se présente à l’élection présidentielle italienne, il a raison, quitte à se faire baiser, autant que ce soit par un professionnel.
– GB : Les débats de la présidentielle sont menés par Cyrille Hanouna. Si cette phrase ne vous effraie pas sur le niveau politique atteint, c’est qu’on est déjà perdus.
– OR : Pour saluer le ralliement de Marion Maréchal Le Pen à Éric Zemmour, l’enfant de Sarah Knafo sera nommé Nous Voilà à sa naissance.
– SR : Ça fait une semaine qu’on n’a pas eu de polémique de Blanquer. Il se passe quoi ? Il est en vacances ?
– DS : Zemmour propose 10.000 euros pour chaque naissance à la campagne. Sa nana va donc accoucher dans leur maison de campagne. Il n’y a pas de petits profits.
– OB : Qu’est-ce que c’est que cette pseudo émission politique présentée par Cyril Hanouna ? On est dans une dystopie et personne ne m’a prévenue ?
– NP :  —  Bon les gars, il faut qu’on trouve un truc pour donner aux gens l’envie de faire des enfants. Mais sans aider les arabes qui font déjà trop d’enfants.  —  Dur… – Compliqué…  —  J’ai trouvé ! Les arabes ça vit pas à la campagne !  —  Génie !
– DS : Quand le compagnon de Ruth Elkrief lui fait l’amour, est-ce qu’on peut dire de lui qu’il est en Ruth ?
– PE : Est-ce qu’arborer un œil au beurre noir dans une soirée mondaine ça ne fait pas un peu tape-à-l’œil

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Ma vie Manœuvre comme il dit

Après Rock (voir ici) où Philippe Manœuvre nous raconte, très partiellement, sa vie de dingue et de patachon, voici son dernier opus, Flashback Acide, où il nous narre d’autres épisodes mais en plus « poudrés » car tous axés sur les excès de dope qui ont jalonné son immense parcours de critic rock presse-TV, écrivain et rédac-chef, et il écrit tellement bien, une punchline toutes les lignes, que c’en est un régal. Pour ceux qui ont le rock dans le sang. Même si je suis de la demi-génération du dessus, on a beaucoup en commun à commencer par les pionniers, puis les Stones etc… et même si je n’ai pas fréquenté ouitivement la plupart des artistes cités ici, on s’amuse beaucoup à imaginer ces énormes frasques.
Il avertit au début du livre qu’un fan de son bouquin Rock lui avait dit qu’il avait trouvé ça  bien sage, ajoutant  « mais je comprends, aujourd’hui, on ne peut plus parler de rien ». C’est de là qu’est parti son bouquin. Donc merci le fan !
Le livre n’enfile pas que des épisodes. Chaque chapitre est dédié à un thème ou une personne en particulier, c’est net, c’est carré mais pour autant, pas square du tout. Donc il va être question de champignons, LSD, coke, speed, whisky, bitures, trips, descentes, morts… Philippe tient à nous informer qu’il a cessé alcool et coke depuis plus de vingt ans. (Mais pas la fumette occasionnelle et certaines occasions de champignons).
Le premier chapitre s’intéresse aux Scorpions qui vont entraîner notre journaliste à un trip extraordinaire en Russie, pour commencer leur amitié, car bien plus loin ensuite. Puis avec Virginie Despentes, ils vivent ensemble à ce moment-là, ils vont aller goûter de terribles champi à Amsterdam. Un chapitre sur joies et misères de la cocaïne (NB : PM met les vrais noms des protagonistes avec leur accord, on sait à qui on a affaire, c’est plus facile de les imaginer).
Puis vie et mort d’un certain Lemmy, personnage extraordinaire qui fut, principalement, bassiste insensé de Motörhead. Trois chapitres différents sur la dope, l’un est un musée suisse de ouf, l’autre une convention hors normes du LSD et le dernier, mais pas le moindre, la cannabis cup. Là, on plane dru du matin au matin suivant. Hallucinant, si j’ose ce mauvais jeu de mot.
Un beau, oui, chapitre sur Bowie qui ne fut pas le dernier à en user grave de chez grave. Et quelques autres plongeons dans sa mémoire riche de quarante années d’assiduités nocturnes dans le bain bouillonnant du rock et du punk. Edifiant !
Tout ça tissé d’humour overdosé, de name dropping à l’excès, de révélations ébouriffantes (ou pas pour les connaisseurs fidèles), de réminiscences farfelues, d’indiscrétions posthumes, dans un style explosif, volcanique et jamais poncé à l’émeri. Du glitter, de la fulgurance, bref le rock’n drôle de Philman !

Flashback Acide de Philippe Manœuvre, 2021 aux éditions Robert Laffont. 270 pages, 19,90 €.

Les Fessebouqueries #571

Oh la la la ! Quelle folle semaine ! Pensez-donc, un ministre qui part en voyage de noces avec une journaliste, la même qui va commenter tout ça sans dire qu’elle y était aussi, la coquine ! Heureusement, là-bas, il a fait beau, les métisses d’Ibiza sont cool et puis pendant ce temps-là, on n’entendait plus parler du nouveau groupe popu-popo, Gigi Connard et ses Zemmouroïdes, ni du virus Omacron qui nous prépare à la privatisation des études sup, ni du passe vacciquoi ? Excusez-moi j’étais sous l’eau, j’ai rien entendu… Djoko est reparti la queue basse avec sa raquette pleine de troutrous, Montebourg est retourné faire son miel de la future défaite de la gauche qui croit qu’elle peut gagner. Mais si, c’est mathématique, c’est elle qui propose le plus de candidats, un vrai Club Merd ! Sinon, debout, tout l’monde ! on a le droit de se relever, ouf… on fatiguait de s’assoir pour boire, et on a même le privilège royal d’emmerder les boomers cinéphiles avec le retour du popcorn en salle (le bruit et l’odeur). Donc tout va bien, même Guéant qui soigne sa Santé et se chauffe gratuitement à nos frais ,donc de quoi se plaint-on ? De rien, c’est le week-end pour tout le monde, alors joyeux tchin-tchin !

– CF : « Vous savez, moi j’étais parti à Ibiza en mission dans l’unique but de savoir si Mélissa, métisse d’Ibiza, vit toujours dévêtue. Les Français doivent savoir. »
– AÏ : Quel niveau de démence avons-nous donc atteint pour que le fait de pouvoir boire son café debout soit considéré comme une « levée de restrictions » ?
– JB : Est-ce qu’il existe un mot suédois pour dire « Allons bon, une nouvelle candidature à gauche pour les Présidentielles, nous v’la bien » ? ONÅPALKUSSORTIDËRONS peut-être ?
– DS : Mélenchon est le jambon du sandwich Taubira-Hidalgo. Mais qui est le cornichon ?
– NA : Djokovic vient de déposer un recours contre le repas servi dans son avion de retour. La découverte de traces de gluten constituerait une atteinte grave à son intégrité physique justifiant l’annulation de son expulsion. Affaire à suivre donc.
– OM : Le pays qui a eu peur d’un sportif qui ne mange pas de gluten, c’est le même que celui où il y a des sauterelles de la taille d’un pied et des araignées capables de t’arracher la tête avec les dents ?
– ED : Au train où vont les choses, l’optimisme va devenir une discipline olympique.
– NA : « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant à l’élection. » La Gauche.
– JPT : Djokovic n’a pas tout perdu : par son obstination à ne pas se faire vacciner, il a gagné l’admiration sans réserve de Florian Philippot.
– PI : Est-ce qu’il ne serait pas temps de menacer, de faire exploser je sais pas, un chaton ou une planète toute entière à chaque fois qu’un créateur de contenu dit « viendez » pour se promouvoir ?
– NN : —  Pourquoi l’union de la gauche semble impossible ?  — Parce que certains sont de droite.
– DS : A droite toute, que du beau monde : Gigi Connard rejoint les Zemmouroïdes ! Bonne bourre les mecs !
– DS : François Lenglet affirme qu’un jeune gagne 5000 € net par mois après un bac +5. J’aimerais bien savoir de qui il s’agit.
– PI : Macron il s’est dit : bon, ils font grève, faut que je dise un truc rassurant, ah tiens j’ai une idée : parler de privatiser les études supérieures. Mais quel génie je suis !
– ES : Depuis quand on n’a plus le droit de partir en vacances ? Vous êtes Ibizarres quand même…
– CG : L’histoire se souviendra que le 2 janvier 2022, en direct d’Ibiza, un ministre a interdit aux enseignants de boire leur café debout en salle des profs.
– LDC : Bonjour Le Parisien, comment ça se passe concrètement dans une rédaction quand vous décidez de ne pas dire que le ministre est à Ibiza et que vous mettez une photo de lui à son bureau de Grenelle ? C’est pour mon cours d’éducation aux médias. Merci.
– GD : Encore un effort et on va nous expliquer qu’Ibiza, c’est moins tendance que la cafétéria du Super U de Laguenne-sur-Avalouze.
– LC : L’Élysée souhaite remplacer Blanquer par David Guetta.
– PE : Blanquer, qui a transmis le fameux protocole de rentrée scolaire de janvier depuis Ibiza, dit avoir respecté les règles du télétravail. C’est bien joué, ça lui permet de faire passer son voyage en frais professionnels.
– HB : Noël à Ibiza, Pâques à Pôle emploi.
– PM : Arnaud Montebourg annonce qu’il se retire, manquerait plus que ça, qu’il nous fasse un gosse …
– JB : Choc dans le monde du dancefloor : David Guetta annonce la sortie de son nouvel album depuis le Bureau des personnels enseignants du premier degré de l’Inspection Académique du Mans.
– OR : Un nouveau scandale déstabilise Jean-Michel Blanquer : le mec à l’accueil du Macumba d’Ibiza prétend que le ministre a plagié son protocole d’accueil à l’école sur celui de ce club.
– DC : (From Ibiza)  —  J’ai une idée ! Si on interdisait aux gens de boire leur café debout ? —  T’es con, ça passera jamais ! —  On parie ?
– RR : Bon, calmez-vous un peu avec Blanquer. Je vous rappelle que De Gaulle a aussi annoncé son protocole de résistance sur une île et en distanciel.
– OR : Les gens sont vraiment de mauvaise foi : après avoir reproché à Blanquer de présenter son protocole depuis Ibiza, ils reprochent à son épouse d’animer un débat sur le sujet alors qu’elle était sur le plateau et pas à Ibiza pour le faire !
– BV : Lorsque l’épouse de Jean-Michel Blanquer anime un débat sur « l’affaire Blanquer ».
– DS : Imagine-t-on Yvonne de Gaulle faire une émission sur Charles sans dire que c’est son mari ?
– MK : Crise de l’immobilier : Claude Guéant loue une chambre à l’année à la Santé
– PE : Est-ce que le cercueil peut être considéré comme une caisse de retraite ?
– OM : Si j’ai bien compris, c’est ce soir qu’on sait à quelle date le passe vaccinal, qui vient juste d’être adopté, ne servira plus à rien.
– DS : Les popcorns de retour au cinoche ! Je largue les blockbusters et reviens vers Apichatpong Weerasethakul, Hong Sang-Sue et à l’extrême limite, les frères Dardenne.
– MK : 400 ans après, l’héritage de Molière est immense. Mais toujours rien pour David et Laura.
– GB : « Un Américain sur dix pense que HTML est une maladie sexuellement transmissible ». Arrêtons de nous foutre de la gueule des Américains. Ici certains croient au Grand Remplacement, ou que le chômage rapporte plus que le travail, que l’allocation de rentrée scolaire sert à acheter des écrans plats ou préfèrent attraper le COVID plutôt que subir une injection bénigne.
– JB : Vous aussi vous faites les mêmes fautes de frappes quasi systématiquement ? Moi par exemple j’écris souvent « bine » au lieu de bien, « enfnat » au lieu d’enfant, « jrounée » au lieu de journée et « merci d’arrêter de m’emmerder maintenant » au lieu de « cordialement »…
– MK : Ah, pouvoir à nouveau se goinfrer de pop-corn au cinoche, c’est ça la liberté ! Merci Macron !
– FB : Présidentielles :  Anne Hidalgo accuse Christiane Taubira de vouloir lui voler sa défaite.
– OR : Quand tu penses que Guéant est en prison parce qu’il n’avait pas les moyens de payer sa caution et qu’il vient de se faire condamner juste parce qu’il a contribué à enrichir ses amis sondeurs… Voilà comment on récompense le désintéressement!
– PA : Je ne voudrais pas paraître paranoïaque ou possessif, mais j’ai parfois l’impression que vous likez d’autres personnes que moi…

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Journal d'un intellectuel en chômage.

Ce Journal d’un intellectuel en chômage est le titre de ce petit livre formidable de Denis de Rougemont (1906-1985), un écrivain, philosophe et universitaire suisse qui a produit une liste ahurissante d’écrits et participé à des centaines de rencontres, conférences et autres discussions publiques. Le titre et la couverture du livre m’ont attirée je ne sais pourquoi, cependant la photo de l’auteur, par ailleurs bel homme, m’a induite en erreur puisqu’il a écrit ce journal avant d’avoir trente ans. Pourquoi « en » chômage, précise-t-il en exergue ? Parce qu’un intellectuel n’est jamais « au » chômage puisqu’il réfléchit tout le temps. Mais il s’y retrouve malgré tout après la faillite d’une maison d’édition où il travaillait. Il décide alors de prendre une retraite de deux ans, au loin (de Paris), dans un trou perdu, avec sa femme, et il pointe sur … l’île de Ré. Avec juste de quoi tenir quelques semaines.
Et c’est ça qui est drôle déjà. L’île de Ré dans la fin des années 30, vu par un homme issu de la société bourgeoise. Déjà un voyage très long et éprouvant, puis la pluie pour prendre le bac et le gramophone à protéger car on le lui a prêté. Puis un car pour aller du port à l’autre bout de l’île, soit deux heures de route mal tenue pour faire trente bornes. Une maison basse sans chauffage ni eau courante. Il adore. Une vieille poule vit dans un coin, il vont la nourrir bien qu’eux-mêmes sans trop de ressources, elle va revivre et faire des petits. Sur l’île, les gens sont moches, pauvres et simples. Ce sont des pêcheurs, des cultivateurs et des sauniers (sel), mais en hiver, ils vivent de très peu. Lui aussi. Il n’a que 900 francs et l’argent fond trop vite, surtout que les manuscrits qu’il pond sur sa vieille machine sont très chers à envoyer. Son métier d’écrivain ne trouve aucun crédit auprès des gens du cru pour lesquels seul les travailleurs manuels exercent un métier. Celui d’écrivain n’existe pas car pas socialement classé, privé de  la protection des conventions. « Non seulement je ne sens pas qu’ils se méfient de moi en tant qu’intellectuel ou « spécialiste », mais encore je devine qu’ils n’estiment pas que je puisse avoir une opinion plus avertie que la leur sur les sujets que je viens de nommer. Ils ne se doutent pas que c’est de cela précisément qu’un écrivain peut faire sa « spécialité ». Et rien ne les étonnerait davantage que d’apprendre un beau jour que je m’intéresse à leurs « idées », à leur situation, à leurs problèmes, et que j’en fais parfois la matière même de mon travail … »
Denis de Rougemont étudie les mœurs des gens, leur vie minuscule, leurs croyances, leur soumission inconsciente à la pensée d’en haut (celle qui leur vient par quelques  journaux, sans esprit critique, ou celle de quelques orateurs dont la pensée ne pèse en rien par rapport à leur talent d’orateur), leur manque de désir d’une autre existence plus riche, par exemple. « Je note, à l’usage d’un futur historien des mœurs, que la presse « de droite » reflète assez exactement la mentalité et les conversations de la bourgeoisie conservatrice, alors que la presse de gauche ne reflète nullement la mentalité ni les conversations populaires. C’est que les journaux socialistes et communistes sont dirigés par des bourgeois, ou par des candidats à la bourgeoisie, en tous cas par des gens qui recherchent la « considération » du peuple. D’où le ton haineux, typiquement petit-bourgeois, de certaines de ces feuilles. Je n’ai jamais retrouvé ce ton dans le peuple. S’il en paraît parfois, par accident, quelques traces ici ou là, c’est que le peuple de France lit trop de journaux, ne lit que cela, et finit par se croire « le peuple » tel que l’imaginent les bourgeois et leurs journalistes. » Il fait intervenir ses philosophes de prédilection, Nietzsche, Kierkeegard… et commente les courants politiques du moment, marxisme, totalitarisme, capitalisme. Et puis ce qui est incongru : ses réflexions sur la condition animale, la prédation humaine, lorsqu’il s’agit de jeter les crevettes vivantes dans l’eau bouillante : « Je regrette vraiment beaucoup mais il faut que je vous mange ! Dure nécessité, et croyez que cela me fend le cœur ! »
Après l’île de Ré, un village du Gard où il va rencontrer d’autres personnes, des « gens » toujours, qui parlent drôlement (accent plus expressions locales), son rapport avec eux, le peuple (dont il parle sans mépris, d’ailleurs il ne se sent pas appartenir à une élite, loin de là), les beaux paysages qu’il décrit avec un superbe talent poétique.
Il se complaît à décrire le « grain rugueux de cette vie sans horizon, sans dimensions, qui est la vie du très grand nombre », une vie dépouillé d’art et de lien spirituel.
Puis le retour à Paris, porte de Choisy, en été. Périple assez long encore qui lui permet de comprendre les différences de mentalité entre les régions (qu’il voit comme crasseuses) et la banlieue : « les provinciaux ignorent obstinément, peut-être même haïssent la couleur verte, le soleil, la nature, la propreté. Ils aiment le noir avec fanatisme. J’observe aussi qu’ils s’arrangent pour vivre plus mal que la population des faubourgs des grandes ville. Le goût de « la vie saine » et du grand air, vous ne le trouverez que dans « la banlieue rouge » de Paris, d’ailleurs importée d’U.R.S.S., et récemment ».
Il faut lire ses notes à propos du métro, de l’ennui qui nous guette, des urbains. A la fin du livre, on devine la possibilité d’une fuite ailleurs…
Il y a beaucoup à citer dans cet ouvrage très intéressant sur le plan de l’évolution des mœurs, des idées, des styles de vie. Près d’un siècle s’est écoulé, néanmoins son récit n’est en rien démodé, son écriture est très actuelle. Et son sens de la poésie, très profond, saupoudre ce texte d’un authentique plaisir de lire.

Journal d’un intellectuel en chômage de Denis de Rougemont, écrit en 1933-1935. 1945 et 2012 aux Editions de la Baconnière (Suisse). 270 pages, 15 €.

Texte © dominique cozette

Monument National

J’avais aimé  le premier livre de Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville, pas trop les deux suivants et me suis régalée avec ce dernier, Monument National, qui fait référence à deux possibles gloires nationales adorées du public, Bebel ou Johnny. Pas ressemblants. Mais dont la jeune femme est un calque de Laetitia, ici prénommée Ambre, asperge blonde, mère adoptive d’une petite Asiate, la narratrice. Ambre gère tout de sa star en mauvaise santé et en fin de carrière, elle souhaite que le couple Macron les invite à l’Elysée pour un soufflage national de 70 bougies car, oui,  toutes les médailles et décorations possibles lui ont déjà été offertes. Y arrivera t-elle ?
Ce n’est pas le moindre suspense de l’ouvrage où l’on croise aussi des 9-3, une caissière de Super-U, mère célibataire d’un même insupportable, et personnage très louche, un type clinquant qui deviendra coach de l’acteur, un patron ordinaire de super marché, une dame Gilet Jaune …
Ce petit monde va se retrouver au Château, où vit la famille people, avec des histoires de jalousie, celle de l’épouse par rapport à la fille de l’idole qui se ramène tambour battant juste avant le confinement. Où se côtoie aussi l’intendance, chauffeur et gardien des somptueuses voitures de collection, cuisinière, jardinier, nurse etc.
C’est un texte effréné, une pochade avec des complots, des surveillances, des unions, car à la clé il y a beaucoup à gagner ou à perdre à la prochaine mort du Monument, cela dépend où l’on se place. C’est bien sûr une satire de notre microcosme, les personnalités n’existant que par le prisme des réseaux sociaux, principalement Instagram, et d’abord le pognon de dingue qu’on peut ensevelir sous le sable brûlant des paradis fiscaux où la vieille star possède une somptueuse villa.
Cocasse et rigolo, un peu foutraque parfois comme aime l’autrice, c’est un prétexte idéal pour prendre du bon temps.

Monument National de Julia Deck, 2022 aux Editions de Minuit. 206 pages, 17 €.

Texte © dominique cozette

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