Une immense leçon de vie

Le titre n’est pas très vendeur, Un peu plus loin n’évoque pas grand chose pour nous, mais pour son auteur Guilhem « Pone » Gallart, cela doit signifier un énorme pas à faire, je ne sais pas. Je l’ai découvert dans une émission de radio par son épouse Wahiba, une femme pleine de vitalité, qui faisait la promo de « Pone », un des pseudonymes de son mari qui est définitivement couché chez lui dans un lit médicalisé et ne peut plus bouger.
Il a écrit ce livre avec sa pupille, imaginez le temps que ça pris, c’est extrêmement bien « rendu » au niveau du langage actuel car Pone est un mec très actuel. Il a fait un milliard de choses avant d’être figé. Il a fréquenté la scène tag, une vrai passion, puis le hip hop, il a fondé des groupes, a été leur producteur, dont Fonky Family (moi, je n’y connais rien) dont il a réalisé les albums, et bien d’autres aussi, dont il a assuré les mixages et mastering avec des pointures souvent américaines.
Puis il a monté des affaires, sécurité, événementiel, boîtes et restaus, tout cela entre Toulouse, sa ville familiale, et Marseille, la capitale du rap et de tout de qui pulse la nuit. Il s’est confronté à pas mal de mauvais joueurs (le mot est faible) puis, lorsqu’il a rencontré sa femme, il s’est rangé, ils ont fait deux filles dont il est raide dingue puis hélas,en 2015, il a choppé cette épouvantable maladie dont on ne ressort pas, la maladie de Charcot. Il a failli mourir plusieurs fois mais sa force vitale l’a sauvé, et même si son existence n’est pas idéale, il jouit d’être vivant, d’aimer et d’être aimé.
Rendez-vous compte qu’il a écrit un livre de recettes (simples) alors qu’il est nourri par sonde, qu’il a composé des dizaines de musiques alors qu’il ne peut plus se servir d’un clavier, qu’il a refondé son groupe qui a joué sur scène, mais sans lui bien sûr, et qu’il a écrit ce gros livre qui raconte toutes ses aventures d’électron libre depuis ses quinze ans. Il a aussi crée une asso pour aider les gens à propos de cette foutue maladie, et bien d’autres chose. C’est incroyable. Et ce livre l’est, même si je ne connais pas les noms des graffeurs, rappeurs, groupes etc… j’ai trouvé passionnante cette plongée dans une jeunesse marseillaise bouillonnante et créative. Un récit hallucinant.

Un peu plus loin de Guillhem « Pone » Gallart, 2023 aux éditions JCLattès. 362 pages, 20,90 €

Texte © dominique cozette

Jewish cock

Je me suis dit comme ça : ils ne se sont pas foulés, les éditeurs, pour le titre. Mais comme je me suis trompée ! Jewish cock, qui veut dire approximativement la bite juive, soit le sgueg circoncis, est le titre EN français, mes ami.es. Le titre originel du livre de Katharina Volckmer est The Appointment qui signifie, si je ne Mabuse docteur, le rencart. Ne nous arrêtons pas à ce détail mais c’est sûr que Jewish cock, ça respire plus la rigolade coquine, d’autant que dans une de mes librairies préférées était apposé un petit mot qui disait « lu d’une traite ».
J’aurais dû me méfier. Je lis le soir au lit et quand je sens mes petites paupières s’abaisser, je me dis comme ça je vais aller jusqu’à la fin du paragraphe. Or, de paragraphe, point. Bon, alors jusqu’à la fin du chapitre. Mais ohhhh ! Pas de chapitre. Ce livre est un monologue, le monologue d’une nana logorrhéique, une sorte de monologue de son vagin, ce mot étant cité dix fois par page ce qui est normal puisqu’elle est dans le cabinet du docteur Seligman qui, la tête entre ses cuisses durant toute cette histoire, farfouille dans son organe qu’il va transformer en bite. Mot cité très souvent aussi car elle ne désire qu’une chose : en avoir une et devenir enfin ce qu’elle pense qu’elle doit être : un Juif. Circoncis tant qu’à faire.
Elle nous dit tout sur elle : issue de parents plus ou moins nazis, grosse mère beurk beurk à laquelle elle ne voudra jamais ressembler, père je ne sais plus, elle fuit l’Allemagne et toute cette horreur pour s’installer à Londres. Mais elle ne pourra pas échapper à l’héritage d’un grand-père Heil H. donc retour chez les siens.
Un beau jour, peut-être moche je ne sais pas, elle attaque un collègue à l’agrafeuse. Elle est virée et sommée de se faire soigner. D’où la rencontre avec un psy tragiquement médiocre. Sinon, elle a une sorte de compagnon, K., un type rencontré dans les WC où elle pissait aussi, marié, spécial, pleurnichard, caniphobe et maniaque. Elle rêve de connaître monsieur Shimada, un Japonais créateur de sextoys sur mesure. Elle conchie la religion « Dieu devait avoir un pénis de la taille d’une cigarette » et évoque maintes fois la masturbation. Et parle d’ailleurs de tout.
Une citation pour vous donner le ton : « Mon incapacité à m’asseoir correctement parce que je n’ai jamais compris pourquoi il y avait deux façons de s’asseoir selon qu’on avait une bite ou pas. Et je m’emmêlais tout le temps les pinceaux, parce que la logique de la chose m’échappait complètement dans la mesure où une fille a de fait moins à cacher qu’un homme, mais ça c’était avant que je comprenne qu’une bite est une sorte d’épée, un objet de fierté et de comparaison, tandis qu’un vagin est quelque chose de faible, quelque chose qui n’engage pas à la confiance. Quelque chose qui sera toujours un objet de baise, qui peut être violé et inséminé, qui peut couvrir de honte un foyer et une famille. Quelque chose qui a besoin d’être protégé sans que personne ne remette jamais en cause ce besoin de protection, ne se demande comment il se fait que les rues ne soient pas sûres la nuit et que les filles aux cheveux courts ressemblent aux garçons et pas l’inverse. J’ai toujours trouvé tout ça terriblement déconcertant et je me suis souvent dit que c’était plutôt les bites qu’il faudrait cacher, que c’était l’arme plutôt que la plaie qu’il faudrait interdire. »
C’est cru, trash, immoral, iconoclaste et déconnotique à souhait. Bref on rigole à gorge déployée devant cet espèce de truc improbable et totalement déjanté.

Jewish cock de Katharina Volckmer, traduit par Pierre Demarty. 2021 chez Grasset. Au Livre de Poche pour 7,70 €

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #626


A tous ceux qui s’en tapent la pituite du couronnement du vieux croûton big ears fils à mother, profitez de ces jours d’apaisement — que nous offre chaque membre pas forcément viril du gouvernement en soufflant le chaud à chaque apparition — et applaudissez le ministre de l’économie qui a sorti un guide d’utilisation de l’organe qu’il connaît le mieux : l’anus. Bon courage à ceux qui vont plonger le nez dedans (n’oubliez pas de vous nettoyer après). Bon, donc un nouveau long week-end de mai où vous allez encore bambocher alors que Fillon (prononcez Fion) va vendre ses rillettes sur la Place Rouge aidé de sa célèbre assistance Pinilopi à des gens extrêmement frustrés de ne plus trouver les produits de notre beau pays pour cuase de sanction. Donc tchin tchin à tous, dearest friends

  • OK : On a le droit de dire que le couronnement de Charles Trois, on s’en cogne le renflement brun, on s’en tape la saucisse, on s’en tamponne la rondelle, on s’en bat les roubignoles ?
  • DC : le livre au renflement brun ? Il va rester dans les annales.
  • GL : Macron appelle ses militants à «sillonner le pays» plutôt que «déserter le terrain» Qu’ils n’oublient pas les boules Quiès et les sorties de secours.
  • AP : Le député Renaissance Zulesi de Salon-de-Provence a annoncé porter plainte après avoir été pris à partie lors d’une casserole en marge de la Fête de la Fraise.
  • DC : Harry Belafonte, larme à gauche. François Léotard, rien à droite.
  • RF : Toujours impressionnant de voir un président rendre hommage à un criminel condamné qui de par ses actes (financement illégal de parti politique et blanchiment de capitaux; abus de biens sociaux et recel) a volé et humilié la république !
  • PR : Si j’ai bien compris, l’inflation, payée par les ménages, finance les entreprises qui financent les profits et dividendes. Jolie tuyauterie. Perso, je trouve ça beau, simple, efficace, esthétique. Propre.
  • NW : Macron cadenasse sa venue au Château de Joux, dans le Doubs. Le préfet interdit « toute manifestation de type rassemblement festif (sic) à caractère musical » pour la journée et instaure un filtrage dès ce soir. Le président va finir dans une papamobile…
  • NMB : — Bonjour, je m’appelle Michel, j’ai 35 ans, et j’entame aujourd’hui ma deuxième semaine d’apaisement — Félicitations Michel !!!
  • GE : Alors j’ai juste une remarque sur Blanche Gardin qui aurait refusé 200 000 euros pour…. PUTAIN 200 000 euros, mais qui peut encore refuser 200 000 balles aujourd’hui pour une journée de taff. Alors tout ce qu’elle dit éthiquement, je comprends, hein mais 200 patates !
  • DC : Au large de Saint-Trop’, le milliardaire Bernard Arnault a fait couler 380 tonnes de béton dans la Grande Bleue pour amarrer son “Symphony”, un yacht de 101,5 mètres de long avec une piscine à fond de verre et un ciné sur le pont supérieur. Et il y en a qui se demandent pourquoi on n’aime pas trop les très riches…
  • MBC : Clément Beaune : « Il faut arrêter de critiquer les yachts, car les riches ont aussi le droit, comme les usagers du RER, de faire leurs déplacements domicile-travail. »
  • JML : C’est marrant qu’un type qui n’a pas fini ses études, qui a trouvé un boulot par piston, a hérité plus que tout ce que tu économiseras dans ta vie, qui a un secrétariat, un chauffeur, un majordome et qui fait appel a des cabinets de conseil t’explique ce qu’est le travail.
  • IP : Les salariés ont augmenté les patrons de 66% alors qu’eux-mêmes gagnent beaucoup moins. Ces gens sont trop gentils.
  • LO : « Les super profits je ne sais pas ce que c’est ! » Par contre un « renflement brun de l’anus » je peux vous expliquer ce que c’est… (Bruno Le Maire, Ministre des sciences naturelles)
  • RC : Tweet de Le Maire « Mon deuxième roman, dans vos librairies dès demain. Bonne lecture ! » Je crois que la France est le seul pays au monde où un ministre peut trouver le temps d’écrire un roman et s’en vanter.
  • BR : « Après mes règles, pendant deux ou trois jours, je suis excitée comme jamais ; je mouille ». Bruno Lemaire (Fugue américaine, Ed. Gallimard)
  • OM : N’empêche, la nouvelle candidature de Joe Biden à la Présidence aux States va certainement donner des idées à Ramsès II en Égypte…
  • EN : Aller voir un match de foot Nantes-Toulouse, c’est presque aussi dangereux qu’un concert des Clash à Paris en 1981. Avant y avait les punks et les skins qui attendaient la baston à l’entrée, à l’intérieur, à la sortie, maintenant y a l’inter syndicale avec ses cartons rouges, ses sifflets, et Macron et 4000 policiers.
  • JPT : 1er Mai : 400 policiers blessés contre 60 manifestants. C’est indigne d’un Etat policier répressif. Ce devrait être l’inverse.
  • JEB : Quels sont les bénéfices de l’anus étoilé dit l’athée pour Bruno Le Maire ?
  • PA : Bruno Le Maire va dénoncer les influenceurs « qui n’ont pas respecté les règles ». Le nom de celles qui ont un renflement brun dilaté.
  • OM : Inflation, pouvoir d’achat, impôts… Posez votre question à Bruno Le Maire. « Bonjour Monsieur le Ministre, pour une sodomie plaisir, beurre stérilisé ou lubrifiant liquide ? »
  • RR : Je viens de lire l’extrait du roman de Bruno Le Maire. Je n’étais pas prête. Oskar avec un K c’est vraiment choquant. (NB : Oskar est l’anagramme de Sarko)
  • TS : Bon. Emmanuel Macron, son surnom c’est Jupiter. Pour Bruno Le Maire, je propose Uranus.
  • GD : Si seulement Bruno Le Maire pouvait se contenter d’écrire de mauvais romans avec de laborieuses scènes de sexe !
  • TV : Le guide du couronnement de Charles III : 1/ Pose la couronne sur la tête . 2/ Rentre la première oreille dans la couronne. 3/ Rentre la deuxième oreille dans la couronne.
  • NP : Le problème, c’est pas quand tu vends des rillettes sur la Place Rouge. Le problème c’est quand Poutine est ton seul client, qu’il te paie 3000 euros le pot de rillettes et que tu n’es même pas obligé de livrer la commande.
  • IP : Liste de toutes les mesures prises par Emmanuel Macron pour faire reculer le vote d’extrême droite :
  • WS : La coiffeuse qui arrive à placer dans les vingt minutes d’une coupe homme que les 20-30 ans sont des branleurs qui veulent toucher le chômage tous les deux ans, ceux qui défilent sont des chômeurs, son neveu s’est fait tabasser par trente arabes. J’ai été lâche, j’ai rien dit.
  • OVH : Les Anglais sont très conservateurs. Avant, ils avaient une vieille reine, maintenant, ils ont un vieux roi.
  • HJS : Il n’y a donc que moi que cela attriste/chagrine de voir cette manigancière et intrigante Camilla sacrée reine d’Angleterre à la place de la seule, la vraie qui aurait dû être souveraine d’outre-Manche, Diana, notre idole ?
  • PA : L’année prochaine, dans l’école où j’enseigne, les profs qui le souhaitent seront armés. Voilà, voila… D’après vous, lesquels vont choisir de l’être ? Les plus calmes et raisonnables ? J’ai des doutes. Oh, et bien sûr aucune formation n’est nécessaire. J’ai trop hâte !
  • TV : Le gouvernement présentera mardi son plan de lutte contre la fraude fiscale. …Ahaha… noooon, on déconne.
  • GD : Et il y a ce courrier avisé d’un lecteur qui nous signale que l’anagramme de Gérald Darmanin est « Malandrin gradé ».

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La grève du sexe

Bon alors, moi ce bouquin d’Ovidie, La Chair est triste hélas m’a fait beaucoup rire, du moins la première partie. Le même rire goguenard qu’ont les hommes pour se moquer des femmes, même s’ils les aiment. Car tous les travers de nos chers mâles et ce que nous leur sacrifions pour leur plaire, parce qu’ils dominent tout, sont rassemblés de façon ironique et irrésistible. Qu’on est connes, faut dire. Si, si, j’insiste. Voici d’ailleurs la 4ème de couv : « J’ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m’étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. À toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n’avais pas joui. À tous ces coïts où j’avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d’épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. À tous ces sacrifices pour rester cotée à l’argus sur le grand marché de la baisabilité. »

Bon, ceux et celles qui ne le savent pas, Ovidie a arrêté tout rapport sexuel depuis quatre ans (sauf avec elle-même) par lassitude. Marre d’être mal baisée (oui, on est toutes des mal baisées et ce n’est pas une insulte aux femmes, en fait) malgré tous les efforts qu’il faut faire pour leur faire plaisir. Comme sa copine obligée de faire une pipe à son mec TOUS les matins sinon il ne lui cause plus. On sait que c’est un système vénal où les femmes se vendent plus ou moins contre quelque chose, sécurité, valorisation, situation, etc, que les femmes ne baisent jamais gratuitement avec les hommes pour une simple raison : ils baisent mal. Ovidie est très drôle aussi sur le cunni car ils ne savent même pas où est le clito et s’activent vaillamment sur les poils. Plus loin : et tous ces mecs de gauche qui baisent comme des mecs de droite sans jamais politiser l’intime… Bon, tout ça quoi.
Puis la deuxième partie qui est plus une bio explicative, psy : elle voit d’ailleurs une psy et semble se justifier de certaines pensées par ce livre. Elle explique ce qu’elle voudrait pour améliorer les relations hétéro mais c’est impossible finit-elle pas conclure. Partie un peu moins inspirante, mais ça se lit vite. Comme c’est écrit car dit-elle dans l’avant-propos, ce n’est ni un essai, ni un manifeste, tout au plus un exutoire, un texte cathartique en écriture automatique. Un livre qui fera rire toutes les femmes et hurler leurs mecs. Enfin, je n’en sais rien…

La Chair est triste hélas par Ovidie, 2023 aux Editions Julliard, sous-édition fauteuse de trouble initiée par Vanessa Springora. 156 pages, 18 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #625

C’était la semaine des casseroles, je ne vous apprends rien. Mais savez-vous que casserole en anglais, ça se dit pan. Pan ! Après pif paf le chien, pan la casserole ! Oui, si on le prononce à la française. Pan pan pan ! C’est drôle non ? Exactement le bruit mat d’une casserole qui s’abat sur le casque d’un Brav mec. Moi ça me fait rire. Pan pan pan ! Et si on le prononce à l’anglaise, ça donne panne. Oui, comme une panne. La République en Panne, quoi. Hey, les marcheurs, vous avez besoin d’une manivelle ? Ha ha ha ! Un petit décalaminage ? Réglage de vos culbutos, heu, culbuteurs ? Ah oui, drôle de semaine, mais vous pariez que ça va continuer ? Moi oui. Je sens venir les lendemains qui chantent … comme une casserole ! Ha ha ha ! Bon, à part ça, pas grand chose si ce n’est ce petit week-end où les accros de la bonne bouffe vont pouvoir se servir intelligemment de leur dispositif sonore portatif pour le plaisir de la famille. Miam-miam et tchin, tchin, dear friends !

  • GD : In French, we do not say « casserole », we say « dispositif sonore portatif » and I think it’s beautiful.
  • ER : Il n’y a pas d’emoticones casserole ?
  • BR :« Devant la grande menace que représentent les casseroles pour la République, j’ai décidé de dissoudre Téfal » (Darmanin)
  • LG : Hérault – Un homme arrêté en marge de la visite d’Emmanuel Macron après avoir fait accidentellement un bruit de trompette en se mouchant.
  • OM : From « Start-up nation » to « Casserole nation » so quickly…
  • NMB : – Mes chers compatriotes, suite à l’accueil qui m’a été réservé aujourd’hui, j’ai décidé de céder l’Alsace à nos voisins allemands. Vive la République et vive la France mais sans l’Alsace (Macron)
  • IP : C’est nul vos concerts de casserole là, du coup on n’entend pas le président remettre en cause la probité de Schiappa.
  • GP : on n’a plus le droit de promener sa casserole, non mais dans quel pays est-on ?
  • DB : On se rappellera du jour où la casserole est devenue une arme par destination…
  • IP : Police et gendarmerie n’arrivent plus à recruter et, pire, les agents se barrent. Chef, on a un problème !
  • NA : Imagine, tu paies tes impôts et une partie de la somme a servi à financer le coup de matraque que tu reçois sur la tête.
  • NC : Sur France Info ce matin : « En raison d’un mouvement social, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’interview de Gérald Darmanin. » Bravo !
  • NP : Ne dites plus « La CGT a coupé le courant dans le collège où intervenait Macron », dites « La CGT a mis le bâtiment en sobriété énergétique ». J’adore.
  • WIP : Bravo la CGT ! Les coupures de courant, c’est ça qu’on veut voir ! On veut pas voir Macron, donc autant couper la lumière !
  • JS : Ça c’est bien. TF1 qui coupe le son aux matchs où Macron se fait siffler, là ils peuvent pas éclaircir l’image, y’en a pas.
  • AB : Vu qu’il se prend pour une lumière, la pièce va s’illuminer avec son verbiage.
  • NP : Le Prix Nobel 2019 juge qu’il n’y a rien de « rationnel » dans ce projet de réforme et qu’il permet de faire des économies sur le dos « des plus pauvres ». Ok. Mais à part avoir reçu un Prix Nobel d’Économie pour ses travaux sur la lutte contre la pauvreté, elle y connait quoi exactement en économie, Esther Duflot ?
  • IP : Après Pôle Emploi qui devient France Travail, le gouvernement propose de rebaptiser le système hospitalier du pays : France Malade.
  • TV : Que va faire Macron dans l’Hérault ? … Peut-être que, comme Ravel, il trouve que c’est beau l’Hérault ?
  • DA : Suite au changement de nom du Pôle Emploi qui deviendra FRANCE TRAVAIL le 1er janvier 2024, il est annoncé que courant 2025, l’Assurance Maladie Ameli sera renommée FRANCE OUILLE OUILLE OUILLE, ainsi que la SNCF rebaptisée FRANCE TCHOUTCHOU.
  • MN : En train de sortir une casserole pour faire cuire des œufs durs; le GIGN a fait irruption dans ma cuisine et m’a plaqué au sol. Destruction de la casserole à coups de Famas. Ça prend des proportions dingues ces conneries.
  • IP : Les Portugais ont eu la Révolution des Œillets, les Ukrainiens la Révolution Orange et nous, en bon gastronomes, on va faire une Révolution des Casseroles.
  • NMB : Recette facile de coquillettes : Faites bouillir un grand volume d’eau salée dans un dispositif sonore portatif et faites-y cuire les coquillettes en suivant les instructions de cuisson indiquées sur le paquet.
  • CEMT : Macron devrait dormir 12 heures par jour, il ne dirait pas forcément moins de conneries mais il n’en dirait que la moitié du temps, ce serait déjà un progrès.
  • RR : C’est quand même hyper utile d’avoir 3 kilos en trop pour écraser la cuisse du voisin de métro en plein manspreading.
  • OR : Personnellement, pour 200.000 € la journée, je suis prêt à bosser pour n’importe qui, et je rigole pas.
  • OVH : Je suis tellement fatiguée que je lis une biographie de Michel Drucker.
  • FR : Circonscription de Bruno Le Maire : — 2012 : 7 900 voix pour le FN. — 2017 : 11 700 voix pour le RN. — 2022 : 18 500 voix pour le RN, sa candidate élue. Bravo Bruno, beau travail.
  • CC : Adrien qui avait signé chez les Chasseurs Alpins se retrouve à gérer la paperasse et à laver le linge à la main, les six machines à laver étant en panne. « C’est pas l’aventure pour laquelle j’avais signé ».
  • EB : Rachat de Vinci Autoroutes par Elon Musk : les abonnés premium pourront rouler jusqu’à 180 km/h et seront autorisés à circuler sur la bande d’arrêt d’urgence.
  • OVH : Hier, j’ai consulté une gynéco formidable. Elle a cru bien faire en me tendant un miroir pour que je voie ce qu’elle faisait. J’étais ravie de retrouver mon vieux complice.
  • RR : Je viens de croiser un groupe de touristes chinois qui hurlaient comme des Italiens. Ça va trop loin le réchauffement climatique.
  • GD : Rêver d’une start-up nation, se réveiller avec un Intervilles des casseroles.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Un régal absolu

Je ne connaissais pas Bill Bryson, cet auteur d’une drôlerie totale que l’on range, du moins chez Joseph Gibert, au rayon des écrivains voyageurs. Car il nous raconte les us des coutumes des pays qu’il visite. En tout cas, c’est ce qu’il se passe dans American rigolos Chroniques d’un grand pays, commandées par un grand journal britannique à la fin du siècle dernier. L’auteur vient de passer vingt ans en Grande Bretagne, il est marié à une Anglaise et ils ont quatre enfants. Et puis ils sont revenus s’installer dans son pays, les Etats-Unis, en Nouvelle Angleterre, au nord-est du pays, région très froide l’hiver, sauvage et belle.
Ce livre réunit 75 chroniques irrésistibles sur la vie, les mœurs de ses compatriotes qui, après cette longue absence, le déroutent totalement.
Tout y est abordé, les chroniques font cinq pages, ça se lit, se laisse, se reprend. Mais non, je n’ai pas pu le laisser tellement c’est drôle, étouffant mes fous rires dans le lit pour ne pas réveiller mon homme. Il a un tel talent pour scanner et commenter tout ce qu’il trouve, de la bouffe merdique américaine que son atavisme réclame à la peine de mort qui coûte plus qu’une blinde à la société. L’administration idiote, les supermarchés et leurs millions de produits, son abominable coiffeur, sa propre femme qui réclame des choses insensées … pour un Américain. La censure et le politiquement correct en prennent pour leur grade (définition du puritanisme par M. L. Mencken : « la crainte perpétuelle que quelqu’un, quelque part, puisse être heureux »). Sur le PNB, mode de calcul idiot fondé sur les dépenses des états, « le héros national de la nation américaine est un cancéreux en phase terminale empêtré dans un coûteux divorce ».
Puis sur la manie de vouloir tout ce qui rend la vie la plus confortable possible, Bryson attire notre attention sur « un tourniquet automatique à cravates avec éclairage » pour 39,95 dollars, évitant la tâche exténuante de la choisir manuellement. Et tout à l’avenant : le mode d’emploi des ordinateurs, les pubs mensongères, les suppressions de service ou de personnel dans notre propre intérêt, la gentillesse conne des élans (il y en a beaucoup vers chez lui), la difficulté de connaître toutes les lois et règlements quand on passe d’un état à un autre. Et beaucoup de chiffres et statistiques nous apprenant des tas de choses. Avec un humour déconcertant.
Le fait qu’il ait écrit beaucoup de livres de ce genre me console d’avoir fini celui-ci grâce auquel je me réjouissait de me mettre au lit ou me réveillais plus tôt me donner la pêche.

American rigolos Chroniques d’un grand pays par Bill Bryson (Notes from a Big Country, 1998). Petite Bibliothèque Payot, 2003, traduit par Christiane et David Ellis. 380 Pages. 9,20€…

Texte © dominique cozette

Hey, toi, mec viril, tu nous coûtes un pognon de dingue

Lucile Peytavin est historienne, spécialiste du travail des femmes dans l’artisanat et le commerce. En 2016, elle rejoint le Laboratoire de l’égalité, où elle travaille sur la lutte contre la précarité des femmes. Le Coût de la virilité est son premier essai.
En France, les hommes sont responsables de l’écrasante majorité des comportements asociaux : ils représentent 84% des auteurs d’accidents de la route mortels, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes relevant d’atteinte aux biens et aux personnes au collège, 90 % des personnes condamnées par la justice, 86 % des mis en cause pour meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc. La liste semble inépuisable.
Elle a surtout un coût. Un coût direct pour l’Etat, qui dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en services de police, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Et un coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions de biens. Pourtant, cette réalité est presque toujours passée sous silence.
Lucile Peytavin s’interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes comme principaux auteurs des violences et des comportements à risque, et tente d’estimer les conséquences financières de l’ensemble de ces préjudices pour l’Etat et donc pour chaque citoyenne et citoyen. Quel est le coût, en France, en 2020, des conséquences de la virilité érigée en idéologie culturelle dominante ?
Il est impossible de résumer ce livre. Lucile Peytavin a fouillé toutes les sources possibles et fiables : 26 pages de notules pour les références et les sources. Et des calculs complexes pour séparer la part du viril dans les données.
On sait tous et toutes que l’éducation et la culture sont pour une grande part responsables de l’héroïsation de la virilité, dès la naissance de l’enfant. L’autrice cite des pays nordiques qui ont tenté de la déconstruire, à l’école par exemple, et ça n’a pas donné beaucoup de résultats. Un critique du Figaro rétorque à ce livre qu’il oublie l’apport de l’homme (pas le viril, hein, l’homme) pour le progrès versus la femme. Je réponds à ça qu’il n’a eu de cesse d’étouffer les divers talents des femmes, savantes et artistes, que l’on commence petit à petit à reconnaître.
En tout cas, ce petit livre (pas cher) est super intéressant et nous inciterait à agir différemment avec nos p’tits gars. Mais je me vois mal offrir une poupée en poussette à mon petit-fils.

Le coût de la virilité par Lucile Peytavin. 2021? Aujourd’hui au Livre de Poche. 162 pages, 7,70 €.

Les Fessebouqueries #624

Fin du suspense en fin de semaine : le Cons-Cons a validé la réforme de la police musclée, de la police à roulettes, de la police à matraque et a enfoncé le clou dans notre petite tête de populace : tu ne vaux rien, sois rebelle et tais-toi. C’est pas toi qui commandes. Ils ont dû bien kiffer là- haut, et enrichir les riches groupes de champagne dont le richissime Nanar Naunaud tandis qu’une tête à claques surmontée d’une brosse rousse a réintégré le nid, j’allais dire conjugal hi hi, bon, la culture du viol a encore frappé, et paf ! Sinon je suggère de mettre Gims en HP car visiblement il délire : les Egyptiens avaient peut-être l’électricité mais quid des interrupteurs ? Ha ! Et ce pauvre Dalaï Lama qui veut qu’on lui baise la langue, mais où s’arrêteront les dégâts des religions ? Je pose la question tout en souhaitant un bon week-end à mes réseauteurs/trices et un bon dimanche à mes abonné.es, tchin, dear friends.

  • NMB : « Oui je sais, c’est choquant, j’ai promulgué la loi en pleine nuit, mais j’avais pas le temps avant, on était en grosse soirée avec Fabius, Borne, Dussopt et le MEDEF, j’ai pas vu l’heure passer. » (EM)
  • CEMT : Emmanuel Macron : « J’ai aussi promulgué que je vous emmerdais, au cas où vous auriez eu un doute. »
  • CEMT : Comme disait l’autre, je ne m’attendais à rien mais je suis déçu quand même.
  • SEG : On s’en fout un peu que ce soit constitutionnel et légal en fait. Le droit n’est pas une bonne boussole. On va donc répéter pour ceux du fond : L’esclavage était constitutionnel. La ségrégation était constitutionnelle. L’infériorité légale des femmes était constitutionnelle…
  • DL : Le conseil constitutionnel vient de valider le fait que la cinquième république n’est plus une démocratie !
  • CM : On les fait partir du Palais Royal en hélico les « Sages » ?
  • JPT : Honnêtement, si Marine Le Pen n’est pas élue en 2027, les médias n’auront rien à se reprocher.
  • JD : La ville n’a pas été mise sous couvre-feu, la salle n’a pas été remplie de figurants, les CRS n’ont pas gazé les jeunes, et conséquemment, les gens ont été libres d’interpeller Macron et le mettre en difficulté. C’est dingue cette forme de liberté aux Pays-Bas, on devrait essayer ça en France.
  • GP : Le Dalaï Lama demande à un gosse de lui lécher la langue. L’église catholique dénonce le bouddhisme pour plagiat.
  • SDD : Quatennens : Stage de récupération de points : mettre la table et desservir, faire les courses, la bouffe, le ménage et s’occuper des gosses. C’est hallucinant, mais pour son pote Manuel Bompard, mettre une gifle c’est pas comme battre sa femme tous les jours (?!?!?).
  • ES : Quatennens réintègre LFI après avoir suivi un stage de responsabilisation : c’est bon, il a récupéré tous ses poings !
  • EG : Franchement à voir le retour de Quatennens, le torchon de Beigbeder, les agressions de Depardieu, les « excuses » gerbantes du Dalaï Lama, la carrière « brisée » de Depp tout ça dans un flot de minimisations, on se dit qu’on n’a pas le cul sorti des ronces du patriarcat.
  • QC : Proverbe masculin : « Je peux mettre ça dans ton sac à main ? »
  • NP : On a quand même beaucoup de chances d’avoir des gouvernants aussi géniaux alors qu’on est cons comme des balais et qu’on ne comprend jamais rien à rien.
  • NMB : On apprend dans la même semaine qu’ils avaient l’électricité au temps des pharaons et que ce ne sont pas des lumières au Conseil Constitutionnel, ça fait quand même beaucoup d’informations d’un coup.
  • GP : Gims refuse un concert au Japon, la terre étant plate, c’est trop près du bord.
  • FP : Les Egyptiens, ils communiquaient grâce au réseau Nefertwitwitt.
  • CV : Maître Gims ne chante pas que des conneries, il en dit aussi.
  • JPT : Quinze députés LFI ont voté contre la réintégration de Quatennens dans le groupe à l’Assemblée. Or le groupe compte 30 femmes. Ce qui signifie qu’au moins la moitié des députées LFI ne sont pas opposées à l’idée de prendre une torgnole de la part de leur mec. Ou est-ce que je simplifie à l’extrême ?
  • PA : Je sais pas vous, mais moi je trouve Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, beaucoup plus jolie que Philippe Martinez.
  • CE : Les membres du Conseil Constitutionnel savent donner l’exemple : ils se sont exonérés de toute obligation de transparence sur leur patrimoine ou leurs revenus et bénéficient, depuis 2001, de discrètes rallonges de leurs indemnités…
  • TV : Je vous rappelle que Macron a annoncé que la réforme serait promulguée sous 48 heures. Il a aussi annoncé qu’il allait recevoir les organisations syndicales lundi. C’est quel niveau de foutage de gueule ça?
  • CEMT : Emmanuel Macron : « Je ne veux pas faire pression sur le Conseil Constitutionnel, je demande juste à Laurent Fabius s’il veut finir écartelé sur la place publique. »
  • OM : Réforme des retraites : pour Dominique Strauss-Kahn, le problème, ce n’est pas l’âge de départ, « c’est plus la taille des nichons. »
  • CC : Décision du Conseil constitutionnel : « vous l’avez dans le baba ».
  • OV : URGENT Les sages du Conseil Constitutionnel rendent enfin leur avis : « Le droit constitutionnel l’impose : il faut dire « pain au chocolat » et pas « chocolatine » ».
  • OK : Alors les experts autoproclamés en constitutionnalité, on mouille la culotte ? C’est l’excitation ? Ça change de l’épidémiologie ou de la géopolitique russo-ukrainienne !
  • IP : Attention : le Conseil ne dit pas que bosser jusqu’à 64 ans c’est super. Le Conseil décide que la double sodomie avec gravier, c’est conforme à la Construction.
  • TV : Donc « Manu-votre-vote-m’oblige » il a promulgué la réforme pendant la nuit, comme un pleutre, alors que tout le monde dormait, c’est bien ça?
  • NMB : J’espère au moins que les matraques sont de fabrication française, quitte à me faire tabasser sans raison, j’aimerais que ce soit par de l’artisanat local.
  • OL : Le président vient de déverser un jerrican d’essence sur le pays.
  • NMB : « Nous travaillons pour le pouvoir d’achat des Français, et nous prenons l’engagement solennel que les coups de matraque continueront d’être distribués gratuitement. » (Bruno Lemaire)
  • MK : Supprimer les tickets de caisse pour sauver la planète. Mais ni les jets privés ni l’arrosage des golfs, il faut oser…
  • OVH : Il paraît que la suite du film d’Artagnan, s’appelle Léo Ferré de la Reine.

NB : bien sûr, vous pouvez emprunter des posts pour les partager, mais c’est mieux d’y adjoindre les initiales de leurs auteur/trices. Merci pour eux.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Quel est donc ton tourment ?

Ce drôle de titre est la traduction approximative du titre original « What are you going through » qui vient d’une question que posait souvent Simone Weil, la philosophe. Sigrid Nunez a fait un drôle de livre qui parle de tout et de rien, qui use de digressions comme pas possible, raconte des polars qu’elle lit parce qu’ils se trouvent dans une chambre airbnb, parle d’une conférence menée par son ex et de beaucoup d’autres choses qui retardent le moment où le problème de son amie se pose à elle. Ça peut plaire ou déplaire complètement, c’est juste bizarroïde, moi j’ai apprécié, comme si je lisais une revue intéressante.
Je laisse le pitch à Babelio qui le fera mieux que moi, désarmée :
« Une femme rend visite à une amie atteinte d’un cancer en phase terminale. Brillante, énergique mais terriblement seule, cette amie lui formule une demande capitale : l’accompagner en vacances, durant lesquelles, un jour, sans prévenir, elle prendra une pilule mortelle pour mettre librement fin à sa vie. La femme accepte ; s’ensuit l’histoire extraordinaire – profonde, surprenante et drôle – d’une amitié de toute une vie confrontée au défi ultime : l’accompagnement jusqu’aux portes de la mort.
Quels mots utiliser, formuler pour être à la hauteur de l’événement ? Que dire de ces souvenirs qui composent une vie ? Petit à petit l’inhabituel et la gêne laissent place à l’empathie et à l’apaisement, laissant un immense champ de réflexion aux lecteurs sur ce que « faire ses adieux » signifie. Avec sagesse, humour et perspicacité, Sigrid Nunez revient avec un roman sur les relations humaines à l’ère moderne et leur nature ambivalente.
Quel est donc ton tourment ? nous offre un portrait bouleversant et provocateur de notre façon de vivre aujourd’hui. »

Quel est donc ton tourment, par Sigrid Nunez. (What are you going through ? 2020) 2023 aux Editions Stock. Traduit par Mathilde Bach. 256 pages, 20,90 €

Texte © dominique cozette & Babelio

le choix, quand on l’a.

Isabelle Hanne, journaliste a vécu cinq ans aux Etats-Unis. On s’en rend compte tant les informations de son roman sont précises et sincères. Dans ce premier roman, le choix, elle campe plusieurs personnages qui s’affrontent autour du thème de l’avortement. Nous sommes bien sûr au Texas, patrie des ultra-cons (servateurs) autour d’une clinique où des médecins ne font que leur métier dont avorter des femmes qui n’ont pas choisi d’avoir un bébé. Les pro-choice. Le délai est très court, six semaines, et la religion est hyper présente et stressante. Du côté des pro-life, la violence monte. Ils balancent des enregistrements de battements de cœurs de fœtus, ils harcèlent, ils abordent les femmes dès qu’elles sortent de leur voiture. C’est une bataille de tous les instants. Dans un camp comme dans l’autre.
Nous suivons avec compassion la mésaventure de Marta qui a déjà élevé un gamin seul et refuse de garder celui-ci. D’ailleurs, il n’y a pas de père. Mais lorsqu’elle débarque sur le parking de la clinique, le leader des pro-life, Mark, la reconnaît, il est fou amoureux d’elle et tentera de l’empêcher de détruire la petite vie en elle. Il y a aussi une très jeune fille, Leah, shootée puis violée lors d’une soirée. C’est la fille d’un puissant politique pro-life, ce qui rend l’affaire très difficile. Et le médecin, un homme de devoir très courageux car souvent menacé, et, ironie du sort, qui ne peut pas avoir d’enfants avec sa femme.
Les arguments des ultra-cathos volent bas mais sont omniprésents dans la culture de cet état et on ne peux s’empêcher de penser à ce gros nase de Trump qui a placé ses équipes (à vie) à la Cour Suprême qui est devenue l’organe le plus réac de l’Administration (d’ailleurs, entendu ce matin aux infos que ces gens font tout pour interdire la pilule du lendemain dans le pays tout entier. Ça promet).
Donc, les filles et les femmes qui ne s’y sont pas prises à temps n’auront qu’une solution : aller dans l’état voisin, dans une rare clinique qui accepte cette intervention.
Et puis un beau jour, endoctrinés par leurs préceptes religieux mal interprétés, deux jumeaux pro-life très actifs dans le groupe, vont finir par s’armer pour régler le problème.
Livre passionnant, tendu, caillant, on redoute que ce mouvement s’étende quand on voit comment les droites prennent le pouvoir un peu partout dans le monde. Seul défaut que je déplore : pourquoi l’autrice parsème-t-elle toutes ses pages de mots et expressions en anglais, ça ne se justifie en rien et, pour qui le pratique mal, ça peut même être gênant car rien n’est traduit. Et c’est dans toutes les pages… Bon, on s’habitue.

Le Choix, par Isabelle Hanne, 2022 aux éditions Goutte d’Or. 350 pages, 19,50€.

Texte © dominique cozette

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