La fortune de Sila, passionnant roman de Fabrice Humbert sur une addiction actuelle : le fric. Mais pas qu’un peu. Celui qui rend fous les traders, les oligarques russes, les assoiffés de pouvoir. Sila, lui, n’est pas comme ça. Sa fortune, c’est la chance. Il fait toujours les bonnes rencontres qui lui permettent, lui un Noir sans papier, d’avoir un bon job dans un des meilleurs restaurants de Paris. C’est là que le drame survient : un gosse mal élevé essaie de le faire tomber, il l’attrape par le bras pour le calmer, alors le père outré, un Français qui a fait fortune à Miami, le frappe, lui cassant le nez. Puis retourne à son assiette, comme si de rien n’était. Sa femme est horrifiée mais ne dit rien. Aux tables voisines, personne n’osera intervenir : ni le milliardaire russe et sa femme, ni le trader et son ami ingénieur en algorithme qui font tous deux fortunes dans les banques de Londres.
Le récit va décrire l’ascension de tous ces personnages vers les sommets de l’énorme réussite financière, bien souvent immorale, teintée d’arnaques, de meurtres, de faillites, de bobards, d’appuis politiques. On y retrouvera l’éclosion des richissimes oligarques russes qui se sont gavés des ruines de leur pays et n’ont aucun scrupule à profiter des autres, voire à les supprimer car ici, soit tu bouffes le autres, soit ils te bouffent. Les traders et leurs bulles qui peuvent leur exploser au nez mais qu’ils peuvent aussi reconstruire car rien ne les intéresse plus que le pouvoir de tout posséder, n’importe qui et n’importe quoi. Et les spéculateurs immobiliers qui profitent de la crédulité des masses pour leur soutirer le peu qu’ils ont et qui donneront lieu à la crise des subprimes.
Quelques personnes un peu candides se baladent là-dedans, pensant naïvement y être arrivées. Et une femme qui, bien plus tard, demandera pardon à Sila, qui exerce aux Etats-Unis, sans prévoir le drame que cela va engendrer.
Car tout ce monde va se retrouver en même temps du côté de Wall Street où de nouveaux enjeux naîtront qui en entraîneront certains vers le drame absolu alors que d’autres s’en sortiront.
Captivant.
La fortune de Sila, de Fabrice Humbert, 2010, éditions La Passage. 320 pages. Sorti au Livre de Poche. (FH est l’auteur de L’origine de la violence).
Ma chère Valoche,
depuis que tu as fait les tiennes, je n’ai jamais autant entendu parler de toi. Rassure-toi, je ne ferai pas un livre sur notre relation car j’ai beaucoup de boulot, de l’huile sur le feu, de l’eau dans le gaz, Gattaz et l’Irak, les sans-dents comme tu l’as fait buzzer, et dont tu as même la preuve. Tu me rappelles Monika Levinski qui avait gardé sa robe tachée du sperme de Clinton pour le jour où elle devrait apporter des preuves. Heureusement que nous faisions l’amour à poil, ma grosse !
De quoi te plains-tu finalement ? Que je ne t’aie pas épousée ? La belle affaire ! Tu sais comme je suis : un ego-jouisseur mou. Avec les femmes, c’est le meilleur qui me motive, pas le pire. Assez de soucis comme ça.
Cependant, j’ai tenu quelques promesses : Tu voulais gravir les marches du pouvoir à mon bras : tu l’as fait. Tu voulais garder ton boulot chez Lagardère, tu l’as fait. (Lagardère, tout de même, Valoche !) Tu voulais le pouvoir et l’argent, ça y est ! Grâce à qui ?
Tu me voulais pour toi tout seul, ça, ma vieille, c’était pas possible, entre la France et toi, y a pas photo.
Quant à mon histoire avec JG, je n’y peux rien si je suis bourré de la testostérone des mâles dominants. Je ne suis qu’un animal soumis à ses glandes, comme le coq, le lion, le chimpanzé… Vous êtes drôles, les femmes, vous voulez toujours nous changer ! Si j’avais été fidèle, nous n’aurions pas vécu ces dix belles années ensemble, je serais encore avec Ségo.
Oui, elle est de retour au harem, heureuse et consentante. Comme toi, ma Valoche, un jour, quand Lagardère te trouvera has been et que tu auras claqué tes droits d’auteur ! Bien contente de revenir dans l’aile des dames de l’Elysée. Note que je n’y serai probablement plus, un peu grâce à toi et à tes sans-dents.
J’ai pas lu le bouquin mais comme ce n’est pas toi qui l’as écrit, nous sommes quittes.
Et puis, chère Valoche, entre nous, je suis bien content que tu m’enfonces un peu plus dans les sondages. Ça va m’aider à toucher le fond, pour mieux rebondir comme je l’ai toujours fait. Avec une petite sirène peut-être. Qui sait ?
Le capitaine de pédalo t’embrasse bien fort.
Françou
PS : Tu as oublié ton bonnet de bain dans le tiroir. Mazette, c’est au moins du 95 C ! Je ne savais pas que la première dame était aussi une grosse tête ! OK, c’est pas drôle. Je vais te le faire porter à Match par un motard.
Pour les nouveaux qui s’interrogent sur les Fessebouqueries : il s’agit de petites phrases concernant l’actu, postées sur facebook et Twitter, patiemment récoltées par moi-même au cours de la semaine et régurgitées telles quelles. Du copié-collé sans correction. Les initiales sont celles de leurs auteurs.
Au menu de cette semaine : des hors d’oeuvres avariés sous forme de bouquin qui pue, un plat de forte résistance à la déclaration d’impôts et autres paiements, une farandole de desserts avec un assassin qui court, qui court sur ses pieds à ressort, un porteur de talonnettes qui revient sur lui-même, une montre très chère qui donne l’heure et un couple d’ex-ministres dont tout le monde se contrefout !
– MC : Je ne me suis pas lavée depuis trois ans. Je ne suis pas sale, je suis négligente.
– EO : Moi si j’étais psy, j’irai directement prospecter sur les forums de Magic Maman, y a des nanas qui sortent de chez leur gynéco et qui vont directement poster des trucs du genre » j’ai eu mes règles, j’ai pissé sur 4 tests de grossesse négatifs, la prise de sang est négative elle aussi, mon gynéco ne voit rien mais j’ai des picotement dans le bas du ventre, est il possible que je sois quand même enceinte? »… Et là t’as l’internaute en face, mère au foyer qui a une fée clochette en avatar qui répond très sérieusement comme si elle était diplomée de la International School of Foufoune de Miami « Oui, c’est possible ». C’est magnifique.
– OV : La preuve que les leaders de l’UMP sont sincères quand ils citent Jean Jaurès c’est qu’ils organisent leurs universités d’été dans des villes ouvrières comme Nice, Le Touquet ou Arcachon.
– EO : A mon avis elle va avoir du mal à re pécho la Valoche… « Jeune femme 50 ans divorcée 2 fois et demi, recherche homme d’âge mûr pour relation saine et durable jusqu’à la mort. Attachante, je suis douce même si comme le disent certains de mes proches « j’ai mon petit caractère » LOL . …
– JPT : Le quinquennat Hollande : un long chemin de couacs.
– HD : La chanson du député Thevenoud demain au Palais Fourgon….Je suis venu te dire que je mens vrai…..
– JPT : Un conseil à la prochaine petite amie d’Oskar Pistorius : si t’as envie de pisser la nuit, te lève pas, pisse au lit !
– OV : Si Darwin avait vu des gens camper devant les Apple Store pour acheter l’iPhone 6 avant même son annonce officielle il n’aurait jamais formulé sa théorie de l’évolution.
– OV : Pour pouvoir utiliser le système de paiement sans contact de l’iPhone 6 les voleurs t’arracheront donc ton téléphone ET ton index. Sympa.
– HD : Papa c’est quoi l’obsolescence chez Apple…mon fils c’est simple!!…c’est quand tu cours partout dans Barbès avec ton iPhone 5 à la main, nu, ignoré par les autochtones,que tu le jettes sur des jeunes, qui te le rendent
– DC : Remarquez, le député (ex-ministre) qui ne paie ni ses impôts ni ses loyers peut toujours se targuer d’être le représentant d’un certain nombre de citoyens français.
– OV : En fait un socialiste c’est un peu comme un parisien qui, voulant partir en vacances sur la côte d’azur avec toute sa famille, s’obstinerait à ne prendre que les routes départementales puis comme au bout de 8 heures de route ses enfants menaceraient de se jeter par la portière et sa femme de divorcer s’arrêterait finalement à Moulins en disant qu’il faut savoir être réaliste et que c’est déjà un bon compromis.
– BZL : phobie administrative : merci de respecter la douleur des patients
– ALR : Maintenant on va pouvoir regarder l’heure sans avoir à sortir son téléphone. Que c’est malin.
– JC : les mémoires de madame T.. ne vaudront pas celles de ST SIMON aussi, je ne les lirai pas, même si je m’etonne de voir autant de femmes se disputer ce président au sex-appel de cageot d’endives. vivement 2007 qu’on puisse voter pour Aain JUPPE
– DC : Il paraîtrait que Valérie T. a vendu autant de PQ en une semaine que Lotus et Trèfle réunis !
– OV : Pourquoi est-ce que Thomas Thévenoud doit démissionner de son poste de député alors que Patrick Balkany peut rester à l’assemblée ? C’est simple : parce que quand Thévenoud a été élu ses électeurs croyaient qu’il était honnête. Alors que quand Balkany a été élu ses électeurs savaient qu’il était pourri.
– HD : Si vous voyez un mec marcher dans la rue avec les bras écartés,c’est MOI!!! en effet à la suite d’une méprise j’ai bombé sous mes aisselles Oréal GEL fixation forte au lieu de Willams déodorant!!!!
– AdN : « Tu vas pas bosser aujourd’hui ? » « Non je vais chez le toubib » « T’es malade ? » « Non , me faut un certificat médical pour ma phobie du boulot »
– FB : oscar pistorius peut-être libre demain… pour ma part je prends de suite mes jambes à mon coup pour avoir un peu d’avance… enfin en même temps, je ne suis pas mannequin.
– AdN : L’ancien président nous a amené au bord du gouffre, le nouveau nous a fait faire un grand pas en avant.
– QR : Rigolez : je viens de passer quatre heures à positionner des images dans un document texte. J’ai cru devenir fou. Rendez-moi mon stylo ! ma feuille ! ma colle ! mes ciseaux ! Ceux de l’époque où tout était si simple…
– EM : « Une chaudière défectueuse aurait provoqué l’explosion de Rosny-sous-Bois. » Sous Sarkozy on aurait fait voter une loi contre les chaudières.
– DC : Le gel de plein de choses, retraites, salaires etc… s’appelle aussi vaseline. En avoir toujours un plein tube chez soi !
– HD : Thomas Thévenoud hospitalisé pour une crise de tétanie provoquée par la découverte du carnet de correspondance de sa fille.
– OK. : Thomas Thévenoud a décidé d’arrêter la procrastination et de prendre son courage à demain !
– NS : Je sais pas ce qui me trouble le plus : que des gens aient encore confiance en Hollande ou que d’autres pensent que Sarko aurait fait mieux.
– NS : L’exception culturelle française c’est de voir un bouquin sans grand intérêt éclipser tous les autres livres de la rentrée littéraire.
– PM : Le déontologue de l’assemblée nationale va publier un guide de bonnes pratiques. Il y aura deux tomes : 1. Le code civil 2. Le code pénal
– NP: La différence entre un écossais indépendantiste et un unioniste ? L’indépendantiste n’a pas de slip sous son kilt.
– OM : “Frédéric Lefebvre (UMP) au secours de François Hollande.” Les emmerdes continuent pour François Hollande.
– TV : Appel à témoignage: on cherche quelqu’un que Thomas Thévenoud A payé.
– CT : Contrairement aux dividendes des actionnaires à dents longues, les petites retraites des sans-dents seront gelées.
– OK : Ici pièce jaune, Karcher va revenir
– OK : Montebourg & Filippetti à San Francisco ? On s’en fout on veut juste savoir s’ils ont vu la maison bleue, celle qui est adossée à la colline?
– EM : Très surprenante cette annonce du retour de Nicolas Sarkozy, je ne me souvenais pas de l’avoir vu partir.
– OK : Il revient ! Il va rendre la vue aux aveugles. Il va faire marcher les paralytiques. Il va sauver le monde. Alléluia!
– CC : si ça se trouve, jack lang il tourne sept fois sur lui-même avant de parler
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Les Arènes, ça s’appelle la boîte d’édition de Trierweiler. Ça lui va très bien. Du sang, des coups et des cornes. A part ça, un élu ripou, des dentiers en pagaïe, une rentré chahutée, une semaine qui pue vaguement la vieille poubelle oubliée dans le coffre en plein soleil.
– OV : La fraude fiscale coûte 3,6 milliards d’euros à la France. La fraude à la TVA 8 milliards d’euros. Pour la fraude à Pôle Emploi c’est 39 millions d’euros. Il est donc urgent de contrôler ces feignasses de chômeurs.
– ZJ : Et si les chômeurs se cherchent une vraie planque rentable où personne ne les contrôle, ils n’ont qu’à se faire élire. Ça marche à merveille
– DC : Isabelle Balkany blanchit un million d’euros sous forme de caution pour ne pas faire de prison pour blanchiment de fraude fiscale. Trop forte !
– AdN : « Je ne comprends pas, l’heure est bloquée sur 23 depuis une heure » -« mais, belle-maman, vous regardez le thermomètre ». Blague à part, ça commence à m’inquiéter
– DC : J’imagine tous ces parents demandant à leurs petiot(e)s : Alors, ça s’est passé comment ? Et la maîtresse, elle est gentille ? Tu as mangé quoi, à la cantine ? Tu t’es fait des amis ? Et la théorie du genre, t’en penses quoi, finalement ?
– PG : Je viens de me rendre compte que j’ai atteint des sommets dans l’Esprit Vacances…. Je suis parti du restau en oubliant mes pompes sous la table et suis rentré pieds nus …. Putain le pied !!!! Bon j’irai les reprendre ce soir !
– MN : Si on respectait vraiment les travailleurs qui rentrent de vacances….le jour de la rentrée devrait être un jour de congé ….
– OV : C’est en voyant les coiffures des garçons le jour de la rentrée qu’on mesure à quel point la Coupe du Monde de Foot a eu une mauvaise influence sur les jeunes.
– CC : l’eau chaude appartient à ceux qui se lavent tôt
– DC : Trierweiler vide son sac, ça a l’air plein de merde, là-dedans !
– DJ : Deux victimes dans l’affaire Trierweiler : la politique et le journalisme. Le Samu essaie de les réanimer mais il est peut-être trop tard.
– XA : Le livre de Valérie Trierweiler va permettre à ceux qui ne lisent pas la presse people de lire pire, mais dignement.
– PL : La vengeance est un plat qui se mange à 200 000 exemplaires.
– DD : C’est dans les vieilles peaux que l’on fait les meilleures déconfitures.
– SS : Le Socialisme qui s’est fait lui aussi larguer par François Hollande réfléchit aussi sérieusement à écrire un bouquin…
– MB : Les sans dents qui ont élu hollande sont aussi myopes car ils n’ont rien vu venir ! Lunette et dentier c’est ce qui coute le plus cher
– MDE : Les sans dents pourraient vite devenir des sans culottes, histoire de rappeler au « roi » que le petit peuple est seul maître de son destin!
– OVH : Pourquoi s’étonner de la publication du livre de Valérie Trierweiller ? Dès qu’un président fait un prout, on écrit un bouquin, alors quand il lâche sa purée, je te raconte pas.
– OV : Le livre de Valérie Trierweiler est choquant mais on a quand même évité le pire : si Nicolas Sarkozy avait largué Carla Bruni elle aurait fait un disque.
– SM : Apres « De l’intérieur » de Duflot & « Merci pour ce moment » de Trierweiler, Bientôt « Merci pour ce moment à l’intérieur » par Julie Gayet.
– MT : Trierweiler touchera 600000 € (Figaro) pour Merci Pour Ce Moment On peut donner des leçons sur le respect de la vie privée..et changer d’avis
– EM : Les ex-copines de DSK vont aussi sortir chacune un livre, les 1437 volumes seront en librairie la semaine prochaine.
– RR : Karim Benzema s’offre une voiture à 2 millions d’euros. Lui… Il doit avoir 41 dents.
– LC : Arrêtez avec l’Amour est dans le pré. Tout le monde sait que l’amour, le vrai, se trouve dans une camionnette au Bois de Boulogne.
– JPT : Valérie Trierweiler. Ex-Première Dame. Ex-Dame tout court.
– SM : Si tout ceux qui ont le sentiment de s’être fait baiser par François Hollande écrivent un livre, on risque de vite manquer de papier.
– DS : Je crois que le respect de la fonction de président de la république est déjà décédé d’un AVC, à Disneyland, le 15/12/2007…
– ML : « Quand les pauvres auront des dents. » Nouvelle expression quand on parle des promesses de Hollande
– DM : le plus drole est que les SansDents qui ont élu Hollande doivent s’en mordre les doigts…
– MH : Hollande va finir par avoir le mon dentier contre lui, en tout ça molaire mal parti pour lui…
– JPT : Les « sans-dents » existent : j’ai vu Michel Houellebecq au Grand Journal.
– JPT : Sarkozy nous avait couverts de honte, Hollande nous couvre de ridicule. De quoi nous couvrira notre prochain Président ? Les paris sont ouverts.
– HY : ERRATUM : dans mon post 20 142, il fallait lire « j’aime la rhubarbe » et non pas « j’aime te fouetter avec une dorade congelée ».
– SG : « J’irai chercher la croissance, sans les dents. »
– HD : retour sur la démission de Thomas Thevenoud : Son successeur Matthias Fekl ne pense pas quitter le gouvernement avant samedi 23h30.
– CR : Super bonne nouvelle, je n’en reviens toujours pas !! On m’a proposé un emploi pour être cadre ! Je ne sais pas quoi répondre car je ne sais pas si je pourrais rester toute la journée accroché à un mur..
– HD : les lois se font à la chambre mais l’exécutif est dans la salle de bains…Sarkozy pensait à devenir Président en se rasant. Hollande réfléchit à comment le rester en se brossant les dents.
.- JPT : Je ne suis ni surpris ni choqué qu’autant de gens se précipitent sur le livre de Valérie Trierweiler : on n’a jamais vu des mouches à merde se poser sur un pot de miel.
– SG : Paraît que Spielberg a acheté les droits du bouquin de Trierweiler. L’histoire d’un gouvernement sur un bateau. « Les sans-dents de la mer. »
– LY : Ce que je retiens du livre de Valérie Trierweiler, c’est qu’un animal blessé qui charge est encore plus dangereux quand il a des cornes.
– ML : Allez, on va se brosser les… non rien. Bonne nuit.
– DS : Qui n’a pas fait un truc genre « Thévenou, Térepartou » ? C’est pour me sentir moins seul.
– LM : Trierweiler sort « Merci pour ce moment ». À venir: « De rien » de Gayet et « Puisque vous êtes réconciliées on se fait un plan à 3? » d’Hollande.
– ML : Jérôme Cahuzac : Coucou Thevenoud ! J’ai une chambre d’amis si tu veux…
– AB : Trieirweiler a réussi là où Hollande et Filippetti ont échoué : sauver les librairies.
– DC : Panique à l’UMP ! Rachida Dati va sortir son bouquin « merci pour ces moments » où elle raconte comment elle a conçu sa fille Zora avec ses 6 pères.
– OV : Tu sais que c’est vraiment le merdier quand tu commences sérieusement à envier les belges qui vivent avec un roi et pas de gouvernement.
– JPT : Je suis debout depuis trois heures déjà et je n’ai pas encore entendu parler d’un nouveau couac socialiste. J’attends impatiemment. C’est long, une journée sans couac.
– SC : thévenoud milite pour la simplification administrative ….ne pas déclarer ses impôts est peut être un peu extrême non ?
– OK : Un « Rendez-vous en Terre Inconnue » avec Thevenoud , ça aurait de la gueule non ? – Où ça ? – Dans un centre des impôts !
– SS : On ne dit pas : « il a des hémorroïdes ! » mais « il a un problème de conformité avec son anus ! »
– SS : Ben, les mecs avaient nommé un spécialiste. Cahuzac n’avait aucune chance de s’en sortir…
– SM : Démission d’un secrétaire d’Etat, Hollande se précipite dans la salle de bains, saisis le petit sac en plastique contenant des somnifères.
– OO : La dignité, c’était mieux avant.
– SM : Qui osera encore baiser avec Valerie Trierweiler après ça?
– ZJ : Il est bientôt 9h et toujours pas de couac au gouvernement ; c’est louche!
– OK : En France, la droite la plus conne du monde risque bien d’être sauvée par la gauche la plus débile !
– PM : Ma fille devait entrer en CP mais quand j’ai dit qu’elle savait écrire son nom et compter jusqu’à 49 le directeur l’a inscrite au bac.
C’est un livre atypique que l’on m’a passé. Il s’appelle 911, le numéro d’urgence aux Etats-Unis, bien que le titre original soit black flies, ces sales mouches qui s’agglutinent sur les cadavres pas frais. Je vous confirme, rien de bien gai dans tout ça. Assez trash même. Mais l’écriture de Shannon Burke est telle qu’on a l’impression de voir une super série très noire.
Ça se passe à Harlem, la nuit, là où s’étripent les mecs en manque, où crèvent les clodos, où claquent les overdosés, où accouchent les accros au crack, où clamsent les angoissés, où se suicident les désespérés. Tout un monde de losers, d’inutiles, de gens foutus. Selon certains des ambulanciers du livre, pas tous.
Le héros, étudiant en médecine ayant raté le concours, a choisi de faire le boulot pour se perfectionner. Il surmonte avec difficulté son dégoût, ses répulsion, sa peur de faire souffrir mais de toute façon n’échappe pas à l’horrible bizutage. Il reste bleu assez longtemps, trop sensible, peut-être, trop consciencieux.
Il fait équipe avec un mec bien cynique, le genre taciturne, misanthrope. Chaque nuit, le cauchemar des vies de merde auxquels ils sont confrontés reprend. Sa copine, en médecine elle, a beau le mettre en garde contre le changement de mentalité qu’apporte nécessairement ce job, il s’entête à s’enfoncer dans une cuirasse de détachement et de solitude. Il ne communique plus avec personne sauf ceux de son unité. Après une faute grave commise par son équipier, il prendra pour modèle le plus hard d’entre tous, et ira jusqu’au burn-out. Ce qui l’aidera peut-être à réagir.
L’écriture de Burke est incisive, claquante, acérée, sans fioriture. Son style est bétonné, noir, sans joie, sans humour. Il a été urgentiste, bien sûr. L’étonnant, c’est que l’on voit tout ça comme dans un film. Les sales quartiers de NY, les bruits, les odeurs, les cailleras, les putes, et parmi ça, parfois, un peu de tendresse. Très très peu, comme tombée par hasard dans un interstice de phrase. Un bouquin sauvage !
911 de Shannon Burke aux éditions Sonatine. 2008. 2014 pour la traduction française (Diniz Galhos). 206 pages.
Si vous n’avez jamais lu un bonbon, essayez celui-ci. Mai 67 est le dernier opus de Colombe Schnek, c’est une brève histoire d’amour entre BB et un timide assistant costumier. L’auteure nous prévient qu’il s’agit bien d’une fiction. L’anecdote est inventée mais Brigitte est bel et bien là, je devrais dire belle et bien. On va jusqu’à entendre sa voix dans les dialogues.
C’est un bonbon, un vrai marshmallow, pas de prise de tête, pas de phrases à double sens, ni trop longues, ni trop drues. C’est écrit gros, double interligne et vastes marges. Commencé hier soir, fini au réveil, avec une nuit entre les deux. Et puis on se place du point du vue du jeune homme — puisqu’il écrit l’histoire sous forme de lettre — un jeune homme peu averti qui a couchaillé avec deux ou trois femmes encore coincées (on est avant 68, avant la pilule, avant les hippies et avant je t’aime moi non plus). Il n’en revient évidemment pas de se voir appelé dans la chambre de la plus belle fille du monde. Et de la plus libre des femmes.
BB, on le sait pour qui s’intéresse à elle, a horreur du vide, comme la nature. C’est une nature, elle est nature, elle n’a pas de tabous. Son mari, le milliardaire Sachs la délaisse mais la fait surveiller. Alors, malade de solitude, elle se trouve un petit homme mignon et gentil qui va faire tout ce qu’elle veut.
Et comme il vient du monde de la confection, il se permet de nous décrire tout ses chichis, ses fanfreluches, ses décors. On s’y retrouve sans peine. Il sait bien, le pôvre, que ça ne va pas durer éternellement, il sait bien qu’il n’est pas à la hauteur, il ne peut que profiter de cette chance inouïe de prendre (et donner) du plaisir à la plus grande star du monde.
Lecture facile, plaisir régressif que de revivre ces années de minijupes naissantes, de festival de Cannes pas encore industrialisé, de célébrités vivant encore de façon assez simple. Très documenté, ce bouquin semble résumer à la perfection toutes les aventures anti-solitude de Bardot. C’est frais, c’est léger, ça se lit sans faim !
Mai 67 par Colombe Schneck. Aux éditions Robert Laffont. 2014. 256 pages écrites gros.
Le nouveau « roman » (c’est écrit sous le titre) de Lydie Salvayre renvoie à la jeunesse de sa mère pendant l’été 36 en Espagne. C’était la guerre d’Espagne. La mère, Montse (pour Montserrat) a été envoyée chez le seigneur du village pour être bonne mais il l’a trouvé très modeste, comme s’il lui gravait un sceau dans la peau l’empêchant un jour de prendre son essor. Elle a 15 ans, est convoitée par le fils de celui-ci, rouquin adopté mal embouché qui s’inscrit au PC pour emmerder ses parents, peut-être. On saura plus loin pourquoi tant de griefs devant ce paternel et la belle-mère.
Elle, avec Josep, son frère combatif, s’enfuit en ville où elle découvre la vraie vie. Les lumières, les boutiques, les cafés où les femmes peuvent consommer gratuitement un verre d’eau. Et l’amour torride. Un Français, juste une nuit, même pas le temps de se donner le nom. Juste André. Elle l’appellera André Malraux. Et le bébé qui se forme. Rester au village avec la honte ? Se suicider ? Ou alors accepter d’épouser le garçon roux qu’on a mis au courant, entrer au château par la grande porte. Ce qu’elle fait.
Et pendant ce temps-là, la guerre et ses exactions, les horribles meurtres par ceux qui se croient habilités à descendre n’importe qui, les pauvres, les curés, d’éventrer les femmes, sous couvert d’approbation de l’Eglise, franquiste donc. Et Bernanos, l’ultra-catho, qui se dessille, qui se rend compte que ses croyances n’étaient pas les bonnes et va s’engager dans un pamphlet anti-clérical, les grands cimetières sous la lune.
Il y a aussi la haine profonde et farouche de son frère Josep et du mari roux, qui se terminera très mal. Puis la naissance de la fillette, la grande sœur de l’écrivain, adulée de ceux du château. Lydie verra le jour bien des années plus tard, fille biologique de l’époux.
Ce qu’elle raconte devient un récit formidable dans la bouche de Montse, sa vieille mère, l’héroïne, réfugiée à Paris depuis la guerre et qui parle un français hautement coloré, métissé d’espagnolismes à mourir de rire, souvent. Cette mère fragile, qui a perdu toute mémoire sauf celle de son amour de braise et de sa jeunesse brûlante.
Un superbe roman d’amour et d’aventure !
Par pleurer de Lydie Salvayre aux éditions du seuil. Août 2014. 280 pages.
Comme les bébés dont le cerveau travaille non pas à acquérir mais à éliminer tout ce qui se présente, j’ai passé plus de temps à virer des posts qu’à les sélectionner tellement vous avez foisonné, les amis. Non mais c’est dingue, cette rentrée ! Une véritable éruption ! Merci la gauche, merci la droite, merci le FMI, merci la pluie, n’en jetez plus !!!
– RC : Une pensée pour toutes les filles qui se font fait chier à faire des régimes pour être au top cet été sur la plage en doudoune.
– HD : Montpellier : deux hommes tués par balles, un troisième en fuite..La ville de Marseille porte plainte pour plagiat.
– EM : Désolé, les Ukrainiens, mais nous on a une VRAIE guerre civile entre Montebourg et Valls, on vous rappelle plus tard.
– MK : Au point où nous en sommes, qui de Vals ou de Hollande briguera en octobre prochain la tête de l’UMP ?
– OV : Avant tu pouvais être ministre en CDI, puis ça a été des CDD mais maintenant c’est carrément des missions d’intérim.
– CM : quelqu’un peut -il dire à François qu’il existe un accessoire très pratique, léger et pas cher qui s’appelle un « parapluie », et qui permet de s’abriter? ou même, un autre petit truc très chouette en cas d’averse, que l’on nomme un « chapeau ». Merci.
– OM : On a tous eu ce vieux prof incapable de tenir une classe. Ce dont on ne se doutait pas, c’est qu’il deviendrait Président de la République.
– DS : Ils se pacsent quand Macron et Gattaz ?
– JPT : C’est inquiétant : selon certaines rumeurs, le nouveau ministre de l’Economie aurait des notions de sa nouvelle fonction.
– DS : Ces « négligents » qui nous gouvernent.
– DC : Christine Lagarde file « par négligence, 384 bâtons à Bernard Tapie. Houps, excusez-moi, j’ai pas fait exprès, j’étais en train de nettoyer ses comptes et le coût est parti tout seul !
– EM : Mais non, Pierre Gattaz ne va pas rentrer au gouvernement, c’est déjà lui qui le compose, ce serait de la gourmandise.
– JPT : Chaque fois que Hollande m’exaspère – et c’est quotidien – il me suffit de penser au Nain pour m’en consoler. Je pense que cette consolation durera jusqu’en 2017. C’est à ce moment-là que le problème se posera de nouveau avec acuité. Sauf si le Nain se présente de nouveau : le choix sera alors aussi facile qu’en 2002.
– DJ : Mise en examen dans l’affaire Tapie, Ch.Lagarde a repris son travail au FMI, où elle se sent habilitée à donner des leçons au monde entier
– JPT : Quand j’entends Polony et Apathie au Grand Journal, j’ai l’impression de revoir les deux vieux du Bébête Show.
– PGL : Gattaz aurait dû être au gouvernement, cela aurait évité les intermédiaires.
– JPT : Franchement, comment peut-on reprocher à quelqu’un qui manie les dollars par centaines de milliards de ne pas faire preuve à l’occasion d’un peu de négligence pour 400 malheureux millions d’euros ?
– ZJ : Emmanuel Macron, ou la gauche plus décomplexée que la droite.
– DC : « Comment expliquer notre aveuglement face à la crise environnementale ? » demandent les Inrocks. Moi je sais ! C’est à cause la buée sur les lunettes !
– DS : En fait tu prends les pires conneries de la droite et de la gauche, tu secoues bien et t’attends que ça te pète à la gueule en souriant…
– PM : Et le pire, c’est qu’en 2017, beaucoup voteront à droite, déçus par la politique de droite de la gauche.
– DS : Ça ferme à quelle heure, Carrefour, faut que j’achète des tee-shirts roses et des cartables Hello Kitty à mes fils pour la rentrée.
– RA : Moi ça ne me gêne pas que mon fils joue à la poupée. Du moment qu’il la regonfle bien avant de me la rendre.
– DS : PERSONNE NE BOUGE C’EST UNE NÉGLIGENCE ! FILEZ-MOI TOUT VOTRE FRIC OU JE VOUS NÉGLIGE LES UNS APRÈS LES AUTRES !!!
– BG : Le FMI rappelle qu’il n’est « pas un centre de réinsertion » et demande à la France « d’arrêter de lui envoyer ses délinquants ».
– AdN : En contrepartie de l' »assouplissement des 35 heures », je propose l' »assouplissement de la motivation » pour aller bosser le matin
– HT : Triomphe à l’université du Medef : tout le monde s’est levé pour applaudir Valls. Les socialos avaient Flamby, maintenant ils ont Danette.
– PL : « Jean-Luc Mélenchon travaillerait bien avec Arnaud Montebourg. » Je crois que ça ne va pas être possible, jean-Luc. Pas deux coqs dans le même poulailler.
– EG : A toux ceux qui se jettent un sceau d’eau glacée sur la tête pour rigoler sans faire de dons à l’ARSLA, faites vous ligoter à une chaise, bâillonner la bouche, le tout pendant 15 minutes et vous aurez le début d’une idée de ce que vivent les personnes atteintes d’une SLA lorsqu’ils sont emprisonnés par leur corps.
– OVH : Hollande se fait saucer à l’île de Sein. A-t-il la bonne taille de bonnet ?
– JPT : Gouvernement Valls 2 : Un Vert, ça va, trois Verts, bonjour les dégâts !
– EO : La sncf me souhaite une Bonne journée, merci chérie mais si j ai réussi à pisser en équilibre sur 7 cm de talons dans un train conduit par un mec qu à le hochet, plus rien de grave ne peut m arriver
– JMC : Heureux dénouement : U.S.A : Lors de son entraînement quotidien à l arme automatique, une fillette de 9 ans tue son instructeur. Interrogée après son exploit la coquine aurait répondu » le carton, c’est bien, mais la viande, c’est mieux »
– OK : NKM dit qu’il faut ouvrir les magasins le dimanche « sinon les gens vont à Londres » ?? Non ? Elle est « merveilleuse » !
– OK : Je ne vous remercie pas les parisiens ! Si vous aviez élu NKM, on aurait eu le grand Paris jusqu’à Londres !
– EM : Elle gagne quand même vachement plus de compétitions, Laure Manaudou, depuis qu’elle a changé de sexe.
– PB : Boutin va-t-elle demander l’asile politique à la Russie ? Poutine acceptera-t-il l’importation d’une courge française ?
– OK : Jérôme Lavrilleux, c’est un peu le Bardarbunga de l’UMP. Ça a commencé par des petites fumées, mais ça finira par leur péter à la g***** !
– EM : Le principal risque du volcan Bardarbunga est quand même qu’on en fasse une comédie avec Dany Boon dans trois ans.
– ZJ : Non Silvio Berlusconi! Bardarbunga est un volcan Islandais, au sens propre ; et il est entré en éruption, pas en érection!
– OK : On se trouve grosso modo dans un triangle volcan islandais / Ukraine / La Rochelle. Boom ! Bonne journée !
– ZJ : Benoit Hamon aura été ministre de l’éducation nationale, le temps des grandes vacances juste. Génie!
– RR : Suite au discours de Valls, on aurait vu le fantôme de Jaurès se jeter dans la Seine.
– MP : On vire Hamon avant la rentrée, on va donc attendre le 23 décembre pour virer Sapin.
– TG : Soyons heureux. ( En plus, de toute façon, on a que ça à foutre, au fond. )
On se disait qu’on se paierait un voyage en Californie, ou qu’on changerait la voiture, ou qu’on referait la salle de bain. Oui, je sais, c’est assez petit-bras comme envie mais je n’ai aucune notion du prix d’un gros diamant. Un gros diamant éclatant trouvé dans les cailloux par mon époux qui adore passer le râteau dans le jardin.
Dimanche à l’apéro du village, le vieux bijoutier retraité l’a examiné à l’œil presque nu puisque chaussé de lunettes. Cherchant à savoir si la monture était en or blanc ou en argent. Il trouvait que le sertissage n’était pas tout à fait assez top pour un gros diamant comme ça, mais trop top pour un faux.
On ne sait jamais, ce n’est pas impossible, mais ne rêvez pas, nous a-t-il conseillé. Venez me voir chez moi, cette semaine !
Alors je l’ai rangé en attendant de savoir.
Donc une nouvelle voiture plus le voyage plus les travaux, peut-être. Ou encore plus. Et les enfants avec leur toit à refaire ! On verra bien.
Lundi, c’était branle-bas de combat à la maison, les amis qui repartent à Paris, les enfants et leurs kids aussi, à tout boucler, ne rien oublier et à conduire à la gare. Et divers autres tâches.
Hier à Avignon, les bijoutiers étaient fermés à l’heure où nous sommes passés.
Alors aujourd’hui, nous sommes allés chez ce modeste bijoutier qui, avec un appareil tout bête, peut diagnostiquer la chose.
C’est un vrai, a-t-il lancé, après avoir piqué mon diamant de sa petite électrode. Il parlait de celui que j’avais au doigt, un petit, bague de ma GM puis de ma mère. Vous voyez, ça marche bien, cet appareil. Regardez, ça marche aussi avec cette aigue-marine. Et puis aussi cette petite pierre.
Bref, l’appareil était en état de marche. J’avais ma grosse pierre dans la main et pas trop envie de savoir si c’en était ou pas. J’aime bien espérer. Je n’aime pas être déçue.
Alors il l’a prise dans ses vieux doigts noueux, a planté la petite aiguille sur la pierre. Un mouvement de faible amplitude s’est produit sur le vu-mètre. Trop petite amplitude. Il a répété l’examen trois fois pour être sûr : c’était juste un très beau zircon, très finement ouvragé, très lumineux. Mais un diamant, point.
Samedi, mon mec amène la vieille caisse chez Leclerc Centre Auto pour changer les amortisseurs.
Mais en tout cas, c’est de l’or, a-t-il précisé à l’aide d’un autre bidule.
On n’aura pas tout perdu.
Il a ajouté le petit embout en or pour que la boucle d’oreille tienne.
Mon époux, qui est un bon bricoleur, s’apprête à me percer le lobe avec une mèche de deux. Mais je me tâte : le lobe gauche ou le lobe droit ?
Dommages collatéraux, l’héritage de John Fante, par Dan Fante et On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt, racontent des vies de malheur, des vies qui pourrissent, format bio ou roman, et qui puent très fort la misère intérieure. Dans ces deux livres, le malheur vient du haut, du géniteur, de la génitrice, de ceux qui auraient dû prendre soin des enfants, qui ne l’ont pas fait. De ces deux livres se dégage une force de vie énorme que les héros voudront anéantir. Du sordide, du violent, du hard.
Dan Fante, histoire vécue, a déversé dans son ouvrage le trop plein de mal être de la « fantittude », léguée de père en fils dans cette famille de Ritals râblés, irritables, érotophiles et rugueux, boostés par la déraisonnable coulée d’alcool et de dopes qu’ils étaient capables d’ingurgiter sans interruption, des jours entiers, jusqu’à des comas infernaux pour les proches. Et alors toutes sortes de dégueulasseries pouvaient arriver. Dommages collatéraux est une confession sans pudeur, jusqu’aux détails sordides et puants de ce déchet humain que le fils Fante était devenu la majeure partie de son temps. Quant à John, on peut se demander comment une femme cultivée et racée a pu lui rester fidèle malgré la vie de patachon qu’il menait, les violences qu’il perpétrait sur son entourage, les sommes folles qu’il claquait, jusqu’à son héritage à elle, en jeux d’argent, nuits de beuverie et consommation de putes. Et comment leur second fils, Dan, petit gros dyslexique, ratant tout, dénigré par son pater — qui porte aux nues l’aîné, enfant doué — a pu ressentir autant d’amour pour ce géniteur mal aimant.
Bouquin qui dérange car on y voit la déchéance irrémédiable de deux êtres, père et fils, qui ne font rien pour la freiner. Par orgueil. Ne pas se plier aux lois, aux conventions, même si c’est la réussite assurée, boire jusqu’à l’inconscience parce que c’est plus facile que de se battre, ou de s’excuser, ou si on peut dire, de mettre de l’eau dans son vin. Et ruiner ses relations, ses amours, ses liens pour toutes ces raisons.
Bien sûr, on sait d’avance que Dan Fante finira par être un écrivain reconnu, que son père a été finalement reconnu, in extremis pour certaines de ses œuvres. Ça encourage la lecture mais c’est vraiment hard. Quant à la rédemption très morale américaine de notre héros par une sorte de foi envoyée par Dieu, hum.
On ne voyait que le bonheur, quatrième opus de Grégoire Delacourt est moins trash, quoi que, mais d’une violence inouïe. La force de son héros est de ne pas en avoir, de force. C’est un lâche qui a tout fait pour ne pas l’être, ne surtout pas être comme son père qui avalait des couleuvres devant ses gosses. Manque de chance, cette tare tombe aussi sur lui, semant la honte en lui, le dévalorisant à ses yeux, ceux de sa femme et de ses gosses. Des hommes veules, des enfants malheureux de ne pas être aimés comme il faudrait, c’est ce que décrit très bien Delacourt. Dans cette famille, on ne voyait que le bonheur car on ne montrait jamais le revers de la médaille, les mots d’amour jamais dits, les gestes d’amour jamais faits. Il n’y avait pas d’amour. Pas assez.
Trois générations tressent cette histoire. Le père du narrateur dont l’ambition de prix Nobel de chimie a fondu dans le coup de foudre pour sa femme qui ne le lui a jamais rendue. Il est devenu quincailler, préparateur de toutes sortes de lotions et potions dans sa petite ville du nord, blouse blanche et charme médiocre qui néanmoins agit sur ses clientes. Il ne saura pas, ni rendre sa femme heureuse, ni alimenter les sentiments de ses enfants après le drame.
Le narrateur, son fils, croit que lui saura y faire avec la vie. Il s’y entend en vie et en valeur des choses puisqu’il est expert dans une compagnie d’assurance. Il est expert pour déceler les triches et escroqueries et pour empêcher les versements de dommage. Cruel mais pro. Et puis les merdes arrivent, toutes ensemble. Enfin le geste insensé, terrible, pour effacer la malédiction. La fuite, ensuite, loin, où personne ne lui demandera rien, ou il ne demandera rien non plus.
Troisième génération, la jeune fille du narrateur, victime du drame, qui apportera sa voix à l’indicible et, aidée par des personnes extérieures, réussira peut-être, peut-être, à donner un sens à toutes ces vies, qu’elles soient finies ou pas.
Du pathos, bien sûr, et des passages formidables, notamment le début où Delacourt résume à sa façon une vie d’homme. Et la façon d’évaluer le prix des existences humaines. Mais aussi le manque des sentiments, l’atrocité de la faillite de l’amour, la vanité de nos vies, notre impuissance à la réussir. Sans oublier l’espoir, ce moteur.
– Dommages collatéraux, l’héritage de John Fante, par Dan Fante, 2014 pour la sortie en France, 2011 pour la première édition. Editions 13ème note, 448 pages. – On ne voyait que le bonheur par Grégoire Delacourt, août 2014. Editions JC Lattès, 362 pages.