Miam-miam le Vieux Comptoir !

Foin des régimes, de toute façon, c’est pas maintenant que vous deviendrez la brindille que vous avez toujours rêvé d’être. Autant se régaler avec son amoureux(se) ou ses potes autour d’un plat génial et d’une bonne bouteilles (je mets un S exprès car on pense boire peu et puis et puis…).
Donc, voici un resto extra qui pète le feu. Il s’appelle le Vieux Comptoir.
J’adore ce resto ! Rue des Lavandières Sainte-Opportune, la rue de feu le Petit Opportun et à côté de la Robe et le Palais, voici un bistrot à vins tout ce qu’il y a de plus agréable. C’est Anne qui nous accueille. Anne, c’est la nana la plus joyeuse que j’aie vu dans une salle de resto ! Elle sait te faire attendre avec un verre d’une de ses trouvailles — c’est une fée de la vigne — et elle virevolte de table en tables avec l’air d’être née pour rendre les gens gais.
La carte est celle d’un bistrot de qualité avec des produits triés, goûtés et approuvés par Anne et Cyril, qui va d’excellentes charcuteries de terroir, pour attaquer, aux enivrants babas pour finir en s’enracinant avec appétit sur des plats costauds et authentiques, marins et fins, originaux et étonnants…. Comme les plats et les vins changent tout le temps, le mieux c’est d’aller voir le site ici. Pour avoir une table, réservez, c’est très souvent blindé. Il y a une petite terrasse pour les beaux jours.
Je m’aperçois que je suis une piètre critique gastro, c’est juste pour vous faire partager mon enthousiasme car ce bistrot attachant n’a nul besoin de ma pub.
Le vieux comptoir 17 rue des Lavandières Sainte Opportune Paris 1er, au Châtelet. 01 45 08 53 08

Texte et dessin © dominiquecozette

toutes les filles de mon âge…

Dernier couplet (Oui, y en a marre de commencer toujours par le premier).

Toutes les filles de mon âge en 60 ont comme moi 60 ans aujourd’hui
elles ont tout vu tout bu tout essayé elles ont fait toutes les conneries
elles se regardent en tirant sur leurs joues et elles sentent quelque part que c’est cuit
s’il y a une chose qui leur donne du regret c’est qu’elles n’ont rien qu’une vie
Oui mais moi, j’ai été tellement seule
oui mais moi, j’en ai pris plein la gueule
oui mais moi, moi…. ça va.
Oui, ça va, et toi, ça va ? Oui, moi ça va..

Cette chanson est une sorte de cover quelques 40 ans et des poussières  plus tard de l’histoire que chantait Françoise Hardy à qui on me comparait souvent.
Donc, voilà où on en est, les baby-boomeuses sexygénaires, toujours à nous vanter que tout va bien, qu’on est en pleine forme (mettre un s, ici), que la vie est belle… Non, mais franchement, ça veut dire quoi cette espèce d’optimisme à la mords-moi-le-vieux, toutes ces bonnes femmes en pantacourts, sac à dos, billets de trains en veux-tu en voilà, iphone avec photos des petits-enfants « oh ils sont trop kiffants », blogueuses à la petite semaine, créateuses d’associations diverses, chassant le vieux beau sur la route de Compostelle, laissant le botox aux petites cinquantenaires, avec le parler fort de celles qui ont assurét en Rodier, à la mine compatissante pour les pauvres jeunes qui se préparent à un drole d’avenir (et toi, patate, tu en seras où avec ton monologue pour un asticot, hein ?). Bref, vous voulez que je vous dise ? Que je vous dise franchement ? Vaut mieux entendre ça que d’etre sourde !
Et si vous ne l’etes pas, sourd(e), vous pouvez écouter ce chef d’oeuvre de l’art crypto yéyé ici sur mon mySpace. (Ouais parce qu’en plus, on a son mySpace !). En revanche, pas d’accent circonflexe, ça, c’est raide !

Texte, chanson et dessin © dominiquecozette

Dutronc au bureau

« Comment se passaient mes journées chez Vogue ? Eh bien je me levais vers 11 heures, 10 quand j’étais en forme, je prenais ma douche puis j’allais au bureau. Je pointais ma carte dans la machine, puis je téléphonais à Londres, à New-York, à Tananarive, à Papeete, à Marnes-la-Coquette pour des contrats importants.  Ensuite je prenais ma Rolls pour aller acheter un sandwich et je revenais. Je repointais, je retéléphonais, je signais des feuilles de droits d’auteur, je faisais des courbes et des graphiques pour savoir si les disques de Jules Stroumzigloff se vendaient bien, ensuite je mangeais un chocolat fourré et j’attendais six heures. A six heures, je repointais et me tirais. Le samedi, je ne venais que le matin, mais je prenais deux chocolats fourrés avant de partir. »
 » Un jour, un type m’a dit :
– Vous avez une longue carrière devant vous !
J’ai enlevé mes lunettes et j’ai répondu :
– Où ça ? »

Texte © Jacques Dutronc,  Pensées et répliques.
Dessin © dominiquecozette

La peau des yeux

Oh la la ! Encore du nouveau pour améliorer notre image qui est déjà à son top. Figurez-vous qu’on peut changer sa couleur d’yeux dé-fi-ni-ti-vement. Vous n’êtes pas content de vos yeux marrons, noisette, bleu azur, violets, verdâtres, glauques, rouges ? Alors allez à Panama et là, si vous avez pris rendez-vous, vous serez reçu par le célèbre ophtalmo Delary Kahn (ricanne, oui, je sais mais c’est pas une blague) et il vous implantera, devant l’iris, une lentille intraoculaire de la couleur voulue.
Ce n’est pas sans risque ! préviennent des ophtalmos jaloux. Certes, aucune opération n’est sans risque, on parle d’une top model argentine devenue pratiquement aveugle qui ne pouvait donc même pas profiter de son nouveau look !

Le docteur Kahn, tranquille, assure avoir déjà pratiqué 600 opérations de ce genre avec à peine 1% de dommages collatéraux. 1%, ça fait quand même six personnes qui se retrouvent en carafe. Bon, d’accord, elles ont de beaux yeux, mais si c’est pour se mettre à la colle avec une personne qu’elles ne voient pas et qui est sûrement très moche, quel intérêt ?

Texte et dessin © dominiquecozette

Oui, c’est court. C’est bientôt l’été, je raccourcis mes billets. Je ne suis même pas sûre que le président me reconduise à ma fonction à la fin du mois.

La bonne odeur de mer…captan !*

Le métro parisien pue, c’est pas nouveau. Moi qui y circule depuis la nuit des temps, je m’y suis habituée, sauf à l’odeur de quelques insoutenables clodos  qui font le grand vide autour d’eux. Une femme-nez vient de réaliser une thèse sur les odeurs spécifiques de certaines stations. D’abord, elle explique que les remugles de ce moyen de transport sont dus à de nombreux facteurs : matériaux des trains, matériaux des sièges et revêtements divers, pneus ou rails, colle des panneaux d’affichage, proximité à des lieux odorants, détergents de nettoyage, voyageurs, heure, saison, quartiers traversés etc.
Si la ligne 14 — principalement Madeleine et Pyramides — sent l’hydrogène sulfuré (oeuf pourri) c’est parce qu’elle passe près d’une nappe phréatique qui pue. Si la ligne qui passe à Clignancourt renferme cette odeur de poulet, c’est à cause du Kentucky Fried Chicken implanté au-dessus. Vers Concorde ou Champs Elysées, une odeur un peu plus raffinée qui se rapproche de Chanel 5 ou Rive Gauche d’Yves Saint Laurent. C’est dû au parfumage des parkings voisins par des ersatz de ces fragrances chics.
65 millions sont dépensés pour tenter de rendre nos transports respirables. Outre le nettoyage avec des Messieurs Propres à la lavande ou des pulvérisations d’huiles essentielles, on utilise le procécé du micro-encapsulage : de minuscules billes sont réparties un peu partout afin d’être écrasées au fil des heures par les pieds des usagers. Ainsi, l’odeur se renouvelle.
Sinon, il y a aussi le parfum de la voisine, l’after-shave de l’autre, le chien mouillé, le croissant chaud de certaines stations et quelques odeurs corporelles inévitables. Quand j’ai commencé à prendre le tromé, à 11 ans, , il y avait l’odeur de cigarettes dans les wagons autorisés. Ça masquait  pas mal. Et j’ai le souvenir de l’odeur des cheveux. Des cheveux gras, car à l’époque, on ne se lavait les cheveux qu’une fois par semaine à tout casser, souvent par quinzaine, et on était tous séborrhéiques. Chouette, non ?

Texte © dominiquecozette d’après un article de Rue 89. Photo © dominiquecozette

* Le mercaptan est un composé à base de sulfure de je ne sais quoi. Odeur terriblement fétide style oeuf bien ripou. Pouah !

Ma femme m’affame

Ma femme m’affame c’est infâme
ma femme m’affame c’est infâme et j’ai faim.

Moi qui suis toujours en rut pur
je stocke mes humeurs séminales
puisqu’elle refuse en sa fêlure
que je plante la fleur du mâle.
Mon ex-amazone érogène
libidineuse repentie
devant ma rigidité vaine
fait de la sexe-anorexie.

Au refrain

Toutes mes valeurs sont à la baise
je rêve d’être lover-dosé
mais elle ferme en ses parenthèses
l’objet du désir déserté.
Dans la vallée siliconique
de sa paire de seins animés
je n’ose plus glisser mon stick
de peur de le frigidifier.

Au refrain

Irascible autant qu’érectile
j’onanise tel un veuf poignant
jouissant du spectacle infertile
de son après-ventre abstinent.
J’essaie parfois de l’ébranler
prostré à genoux et à jeun
mais son sexe clos sous scellés
ne recèle plus que le mot faim.

Texte © Sacem dominiquecozette. Dessin © dominiquecozette

Un extrait de fragment de passage de texte.

« Chez moi, tout est noir sauf le catalogue de l’exposition du moment au Guggemheim qui trône sur la table basse. Je fais partie des « Amis du musée », une amitié à 10 000 dollars l’an. Je n’y mets jamais les pieds mais reçois tous les beaux livres de l’institution. Le dernier, celui de l’exposition Bill Viola, est parfaitement aligné avec deux pots d’orchidées blanches et une pile de magazines. Toujours les mêmes, au même endroit, dans le même ordre. André le majordome les change chaque lundi. Je ne les ouvre jamais. Il y a aussi  Risk Magazine, la bible du trader, dont j’ai souvent fait la couverture. Quand je prends quelques vacances, j’emmène André. C’est la dame de compagnie. Du haut de son mètre soixante, il me sauve des contingences de la vie.
Chaque matin, à l’aube, je cours une heure sur le tapis d’entraînement. Casque sur les oreilles, j’écoute Bon Jovi ou Mozart, zappe de Bloomberg à CNBC. J’enfile un pantalon de flanelle sombre et une chemise bleu ciel — bleu banquier — et suis l’évolution des Bourses asiatiques. En quittant l’île de la Jatte, je connais déjà tout de ma journée.
Je gare la Lamborghini Countach au niveau -6 de la défense. Vingt types veillent sur ce parking en permanence. On entre sur empreintes digitales. C’est un perk, un avantage en nature offert par le Crédit Général. Comme l’accès à la salle de sport du Ritz, la loge à Roland-Garros, les concerts privés de Barbara Hendricks à la Salle Pleyel, les caisses de champagne à chaque clôture d’exercice. Ce parking est notre coffre-fort. Nous y entreposons nos jouets. »
{…}
« Mes copains de promo de l’X sont englués dans leur quotidien de cadre de direction. Ils sont des salaires de misère, partent en vacances à l’île de Ré. Leurs maîtresses lisent People or not People. Elles traversent l’existence avec un distributeur de sucrettes dessiné par Karl Lagerfeld. Ils passent leur vie à tenter de la gagner. La mienne n’a aucun sens. Je suis une machine à cash, un cerveau-serveur, un père absent, un amant qui paie. J’ai la rémunération de Brad Pitt. Lui a un vrai métier. »

Cet extrait un peu cliché sur les traders est tiré du livre de Flore Vasseur —  spécialiste du monde de la finance — »Comment j’ai liquidé le siècle ». Livre formidable.
Dessin  dominiquecozette

Sur la pointe des pattes.

Cela faisait cinq minutes que je regardai un pigeon marcher sur la pointe des pieds. Il ne faisait pas que marcher sur la pointe des pieds, il se pavanait. Ça se passait sur le banc rond devant la médiathèque. Je m’étais  assise pour observer son manège. Figurez-vous qu’il faisait les cent pas — cent aller, cent retour — devant son reflet dans la porte vitrée. Il ne tournait pas la tête comme nous pour se regarder vu que l’implantation de ses yeux l’autorise à voir sur les côtés. J’ai l’impression qu’il m’a repérée et qu’il s’est même rengorgé. Un pigeon qui se rengorge !
Au bout de huit minutes, il y avait sept autres personnes sur le banc rond. Toutes étaient fascinées par ce colomba unicincta, gris donc, qui se la pétait. C’était si drôle que nous rîmes sous cape (depuis la fameuse grippe aviaire nous savions  qu’il était malséant d’envoyer ses miasmes à la figure d’autrui) mais nous fûmes interrompus par l’oiseau, qui était en fait une oiselle.
« Et alors, stupides humains, vous n’avez jamais vu une pigeonne tirer parti de son charme ? On n’aurait pas le droit  de se faire liposucer le jabot, gommer le tour de l’oeil, raccourcir le bec, friser ses plumes ? Vous trouveriez ça grotesque ? Pauvres humains, que vous êtes bêtes ! Si vous saviez comme vous nous faites marrer ! »
Là-dessus, elle se remit  à plat et s’envola dans un grand éclat de rire. De retour chez moi, je compulsai ma doc et appris que ces bestioles mal aimées formaient des couples stables et que le mâle participait activement aux tâches ménagères, nourrissant même ses petits avec du lait de jabot. J’annulai illico ma séance de botox et filai mes stiletto à semelles rouges à ma femme de ménage, lui demandant juste de remercier le pigeon. Le pigeon ? s’étonna t-elle, les yeux tout ronds !

Texte et dessin © dominiquecozette

Des noms ! Des noms !

Dans ma commune, on naît, on se marie et on meurt comme partout. Mais la couleur locale a bien changé en trois générations. D’une ville ouvrière qui possédait le plus grand nombre d’usines avant guerre, on est passé à une ville mosaïque qui rassemble l’une des variétés d’ethnies les plus riches de banlieue. Les usines disparaissent peu à peu, faisant place à des lofts et ateliers, des logements sociaux, des équipements sportifs ou culturels. Au bistrot, les Mimile ne s’envoient plus le p’tit côte avec leur mégot collé au bec, la sirène appelant à débaucher ne fonctionne plus que le premier jeudi du mois et dans les rues, on assiste journellement à des défilés de magnifiques boubous arborés par d’altières femmes de toute beauté.
Et les noms ont changé. Ceux qui sont morts se prénommaient Simone, Pierre Georgette, Jean, Andrée, Solange, Joseph, Fortuné (oui, oui), Danièle, Guy ou Suzanne. Mais aussi Sultana, Nadji, Giorgio, Youcef et Antonio.
Ceux qui se marient se nomment Corinne et Jean-Michel, Laire et Issa, Kate et Moussa, Maud et Patrick, Elodie et Nawfal ou Yamina et Khélifa.
Et ceux qui voient le jour ont pour prénoms Noam, Ziyane, Saphyra, Noéline, Nathan, Laciné, Rodrigo, Fadwa, Kimyah, Chaïma mais aussi Steeve, Marck, Lisa, Yann et Mathias.

Texte et photo © dominiquecozette

Il ne faut absolument pas…

Il ne faut pas, il ne faut surtout pas , il ne faut absolument pas :
– parler de corde dans la maison d’un pendu. S’agissant de France-Télécom, on a le droit de parler de fil.
– réveiller le chat qui dort. Ça, je ne sais pas pourquoi.
– vendre la peau de l’ours avant qu’on ne l’ait tué. De toute façon, il est mort.
– remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même. Ce serait de la procrastination, c’est moche !
– jeter le bébé avec l’eau du bain. Le congélo, c’est plus pratique.
– mélanger les torchons et les serviettes parce que c’est cracra, ho, cochon !
– mettre tous ses oeufs dans le même panier. Les oeufs de saumon et esturgeon en haut du frigo, please.
– clocher devant les boiteux. Ils croiraient qu’on les moque.
– dire : fontaine je ne boirai pas de ton eau. La fontaine, ça la vexe qu’on lui dise ça.
– prendre les enfants du bon dieu pour les canards sauvages. Un magret d’enfant du bon dieu, c’est fadasse.
– mettre les doigts entre l’arbre et l’écorce. Essayez voir.
– se fier aux apparences. Oui, c’est su.
– pousser mémé dans les orties. Elle aura vite fait de sortir la boîte à gifles, la giroflée à cinq branches
– être complaisant avec la Grèce (C. Lagarde). Bon, ça, ça change tous les jours.
– laisser l’apanage de la musique à Daniela Lumbrose (Pierre Lescure). L’apanage, c’est comment déjà ?
– avoir peur d’Hadopi sinon l’Etat policier a gagné (Richard Sallman). Ah, si c’est Richard Sallamn qui le dit ! (C’est qui ?)
– souhaité (sic) la mort des gens (commentaire sur un clip de Dominique A.). Ah, tu a réson, c’est pas bien !
– avoir une certaine taille pour faire de la politique, mais une certaine hauteur. C’est ce qui en fait sa « grandeur » (Fabius). Ouais.
– que les policiers deviennent des boucs émissaires (Brice Hortefeux). Les poulets émissaires, ça sonne moins bien, en même temps.
– rouler en Jaguar à Charleroi (le Figaro International). Hé, faut être con déjà, franchement, là !
– se relâcher (JP Huchon, fév 2010). On tient bon, paulo, abdos-fessiers de l’enfer !
– tourner autour du pot (Agoravox, à propos de la constipation)… Alors on pousse !
– se voiler la face. Heu, qui se la voile ?
– soupçonner le gouvernement d’arrière-pensées contre les musulmans (E. Besson). Besson, dès qu’il l’ouvre, ça sent le prout.
– opposer salariés du privé et fonctionnaires (E. Woerth). Franchement, drôle d’idée !
– se fier à la photo du profil de face bouc. Ta photo de profil de facebook m’écoeure.

Texte et photo © dominiquecozette

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