Fessebouqueries #77

Que trouve t-on cette semaine ? la vilaine Morano, les vilains opérateurs téléphoniques, les vilains GI, le vilain Hoover et surtout le vilain A qui s’est barré et alors, du coup, ça en fait, du vilain !
– Thomas Dutronc : J’aime bien tous vos commentaires ! Ça fait plaisir la plupart du temps !
– PK donne amis qui s’en tapent…livraison gratuite…
– MC : P*** d’administration de m*** qu,i pour daigner te payer, te demande de remplir un dossier épais comme un annuaire, des photocopies des impôts, de l’urssaf, de la sécu, des signatures de trois personnes différentes évidemment injoignables, des attestations sur l’honneur etc… Il feraient mieux de demander un coton-tige avec de la salive, ce serait plus simple.
– PR : vient de recevoir un coup de fil de Orange Telecom; le directeur commercial propose les mêmes conditions que la nouvelle offre mobile Free. Je précise que SFR puis Bouygues viennent de me faire la même proposition, et mentionne le rajout de l’option « petit déjeuner » par Bouygues. Le directeur me soumet l’option supplémentaire gratuite « Limousine avec chauffeur, kilométrage illimité ». Faut-il accepter?????
– JPT : Nadine Morano aime Twitter parce que chaque Tweet de 140 caractères lui permet d’utiliser la totalité de son vocabulaire.
– EL : Pourquoi un journal est-il dix fois plus intéressant quand c`est la personne assise à côté qui le lit ?
– HAD à un ami qui veut noyer son chagrin dans l’alcool….je lui dit fait gaffe il sait nager!!!!
– JT : tu sais mon garçon, tu pourras pas faire des statuts toute ta vie
– DT : Député : individu qui siège dans une chambre tout en dormant sur son siège.
– JPT : La vérité sur le suicide de Loana : elle a avalé d’un trait 200 pages d’un roman de Guillaume Musso.
– DT : Leonardo Di Caprio a été choisi par Clint Eastwood pour incarner John Edgar Hoover dans un film consacré à la vie du patron du FBI pendant près de 50 ans : « Je signale à toutes fins utiles que bien qu’il ait beaucoup fait le ménage dans sa carrière, Hoover n’est pas l’inventeur de l’aspirateur »
– Denis Robert : J’ai croisé Jean Luc Mélenchon ce soir sur France 2. Je suis resté rivé au poste. Il était vraiment bon, clair, passionné, intelligent, crédible, porteur d’un truc assez sympathique. Appelons ça, un inversement possible des tendances.
– DT : La lyophilisation des cons conduirait à une relance immédiate de la production de laids en poudre.
– JPT : La nouvelle devise de l’armée américaine : Pisse and Love !
– MB : Ce que les chattes ont de chouette, c’est qu’elles sont nyctalopes.
– JPCM : ne fer ps de sttut u sujet du triple mchin qu’on urit perdu
– FM : Et comment qu’on v fire vec le cc qurnte? Les bourses vont être moroses…
– FB : Après une vie à mépriser et à ostraciser les pauvres, quelle consécration pour Sakozy d’être achevé une agence qui s’appelle  »Standard & POORS ».
– JPT : En soutien à la situation dramatique de la France, j’ai décidé de renoncer à mes 3 A : je suis désormais Jen-Pul Tpie !
– PE : Allez Nicolas, merci pour tout et AA+
– JPT : Sale découverte ce matin en ouvrant mon frigo : mes yaourts à l’ananas étaient devenus des yaourts à l’anan+s !
– CS : Préfère ZZ Top
– KT : De toutes façons, il n’y a jamais eu trois A dans « NicolAs SArkozy » ou dans « FrAnçois HollAnde ». Alors que NicolAs Dupont-AignAn, lui, en a bien trois. On comprend, dès lors, pourquoi il part grandement favori pour la présidentielle.
Bon, j’y go.
@@+
– MC : « J’aurais préféré perdre mon triple A et trouver mon point G » Angela Merkel.

Peinture © dominique cozette

Diane Keaton, pas Buster, ni Closer…

Voici un livre de mémoires, c’est écrit dessus, il s’appelle « une fois encore » (genre de titre qui ne veut rien dire et dont on ne se souvient jamais) de Diane Keaton, actrice bien aimée de tous, enfin presque, car personne n’a de raison de ne pas l’aimer, un peu comme Edward Hopper. Donc je me suis ruée sur le livre où elle pose dans toute la splendeur de ses t’huit ans, grand feutre noir et pieds en l’air, pensant y partager ses souvenirs de Manhattan avec Woody qui n’est pas resté de bois (ha ha ha !) devant cette charmante créature à leur époque heureuse.
Hé bien balpeau. De Woody, il est question, forcément puisque c’est pour Annie Hall qu’elle a reçu l’Oscar. Or quand elle a reçu l’Oscar, elle n’était plus avec lui mais avec Warren. Warren Beatty, voyons. On apprend qu’elle aime toujours tendrement Woody, elle a d’ailleurs remplacé Mia Farrow au pied levé dans je ne sais plus quel film au moment où les époux Allen frayaient avec les mauvaises chroniques des faits divers.
Donc, nous ne saurons rien de rien de sa vie avec Woody Allen, sauf que c’était un gars un peu compliqué, merci du renseignement, pas plus qu’avec Warren sauf qu’il était considéré comme un coureur de jupons, merci encore, et encore moins avec Al Pacino, sauf qu’il avait un grand nez, qui l’eût cru ? Et quand elle dit nez, elle ne dit pas autre chose.
On apprend quand même qu’elle a été boulimique grave, elle apparaît comme pas très entreprenante,  un peu floue comme fille. Les choses lui tombent dessus, comme ça. On a l’impression de quelqu’un de velléitaire, de dilettante, d’assez fade finalement.
Alors quid de ce livre ? Ce livre est tout bonnement celui que sa mère voulait faire, sa mère chérie, morte d’Alzheimer dans ses bras, entourée des autres frère/soeurs de Diane, sa mère qui avait rempli des milliers de pages sur sa vie, ses enfants, ses désirs et fait des centaines de collages s’y rapportant, que Diane a retrouvés après. Qu’elle n’a pas eu le coeur de bazarder. Donc, dans ce livre, Diane nous conte son père, sa mère son frère et ses soeurs, tous très beaux à en croire les photos. Elle nous raconte aussi son parcours dans le théâtre et le cinéma et met en parallèle les écrits de sa mère à la même époque.
L’on peut dire que la mère a plus de talent littéraire que la fille car elle analyse, elle détaille, elle appuie où ça fait mal. Diane, pas vraiment. Elle manque de profondeur et de dramaturgie (ça se dit ?). C’est un peu plat, parfois charmeur si on aime se retrouver dans l’Amérique des sixties et d’après. Elle évoque plus longuement les deux petits qu’elle a adoptés après 50 ans pour être moins seule et compare sa vie de « jeune » mère à celle de sa mère qui, au même âge, n’avait plus ses enfants à la maison.
Un peu décevant malgré tout car on y cherchait du Woody Allen, de l’humour, de la dérision : il n’y  en a pas. C’est juste une nana comme vous et moi qui avait envie d’écrire sur ses liens familiaux. C’est déjà pas mal.

Diane Keaton, Une fois encore, Robert Laffont 2011, 314 pages 21 euros.

Texte © dominique cozette.

Asterios Polyp, super(be) roman graphique

C’est une BD qui m’a esbroufée, laissée sulku, aussi bien dans la forme que le fond. Un pavé soigneusement découpé en chapitres de flash back, de tranches de vie, de considérations sur l’architecture, la philo, le massacre des Indiens d’Amérique, l’art, le style…. et un épisode hilarant sur un chorégraphe contemporain qui se la pète…
Ça se passe aux Etats-Unis, l’auteur, David Mazzucchelli, est de là-bas et, après avoir sévi dans les super héros, se consacre à des travaux plus personnels. Ce roman graphique narre le parcours d’un architecte « de papier », théoricien en vogue et prof se tapant ses élèves, mais n’ayant rien bâti,  en crise morale et personnelle dans l’Amérique d’aujourd’hui. Un incendie ravage son appartement new-yorkais bordélique — il a été largué par sa chouette femme — et taille la route, seulement  vêtu de ses  frusques cracra, dans l’Amérique profonde. Il devient mécanicien dans une bourgade de red necks, tandis qu’en cut, on découvre sa vie de mondain qui-sait-tout avec sa femme sculptrice style art brut, et son enfance d’hyper doué veuf d’un jumeau homozygote. Ce bouquin énorme, d’une foisonnante richesse formelle et narrative, à la mise en page et  direction artistique remarquables, a été salué par les médias américains. Il a reçu de nombreux prix ainsi que le Fauve d’Angoulême – prix spécial d’Angoulême.
Plein de blogs, de critiques  et de références sur Google.

Asterios Polyp de David Mazzucchelli chez Astermann 2010 (2009 aux USA).

Texte  dominique cozette

 

Fessebouqueries #76

Première fessebouqueries de 2012 : ça commence par des voeux simplissimes puis moins. Quelques ovairedoses de Pucelle et Morano. Et des broutilles à brouter pour des posts un peu vaches
– FC : Bonne année bonne santé !
– RD : Malgré une fin de soirée qui s’est apparentée à un début de matinée foireuse – J’ai perdu mes lunettes dans un lavabo géant ou un truc comme ça, et sans mes lunettes, moi … – je tiens à assurer tous et toutes mes ami(e)s ici abonné(e)s de mon affection dévouée et de tous mes souhaits de bonheur les plus sincères ! Si en plus l’un ou l’une d’entre eux ou elles pouvait m’aider à retrouver mes bésciles et à me relever, là, c’est la reconnaissance éternelle !
– PCI : à vous toutes et tous, à tous vos proches, je vous souhaite une putain de d’année 2012, qu’elle vous soit heureuse, musicale, amicale, pleine de peps, de luttes,de projets, d’amour, de cul, de rêves, et que vos verres soient remplis de bons jus tous les jours!!!
– EL : Merde j’ai oublié un truc en 2011, faut que j’y retourne….
– GG : Plus difficile de monter un camion de pompiers Playmobil que de descendre une campagne de pub.
– PAG : Crise, chômage, tremblements de terre, tsunamis, catastrophes nucléaires, réchauffement climatique, couche d’ozone, bêtise du genre humain, obscurantisme de tous types de gens qui croient en différents dieux, réélection du nabot en mai, Guéant à BB, sauvetage à coup de milliards des putains d’enculées de banque de merde, Johnny qui chante toujours, les White Stripes qui ne chantent plus et cerise sur le gâteau d’immondices, la fin du monde le 21 décembre. Ne vous attendez pas à ce que je vous souhaite une bonne année. Une bonne santé et le moral, ce sera déjà pas mal.
– DT : L’encadrement militaire des jeunes délinquants débutera le 1er janvier : « Après la garde à vue, le garde à vous .
– PK : morts voeux
– SG : Irréfutablement, la moitié d’entre nous est moins intelligente que la moyenne. Cette moitié se situe généralement entre le sol et le nombril.
– EL : Argh, j`ai marché sur un cornflake ! Je suis un céréale killer !
– EL : Libéralisme : Doctrine politique visant à faire cohabiter des poules et des renards dans un poulailler, en proclamant l’égalité des chances pour tous…
– HV : En 2011, on n’avait toujours pas inventé le faisceau de télécommande qui traverse le chien. Obligée de me redresser dans le canap’ pour zapper. pffff
– JPT : Savez-vous quel est le nom de jeune fille de Nadine Morano ? Pucelle !!! Transformé en Pugelle par décret quand elle avait 13 ans. Autrement dit, la secrétaire d’Etat à la famille a cessé d’être Pucelle à 13 ans ! Elle est belle, la France !
– CA : 5 janvier 2012. Dans la série gestes de survie: j’arrête d’écouter et de regarder les journaux télévisés. Les JT tuent. Les JT sont dangereux pour la santé…
– JPT : Si des « pompiers volontaires » de Fukushima ont survécu, qu’on nous en envoie un ou deux pour désactiver Nadine Morano. Grosse récompense.
– EO : Pour votre santé, arrêtez les PIP
– EO : Sur décision officielle de Mlle Ol. et Mr M., le sapin « dit de Noël » bénéficie d’une grâce de 24h avant d’être emmené dans les couloirs de la mort.
– SG : En train d’écrire une reco. Comment tu dis bouche-à-oreille sur Internet ? Doigt-à-oeil ?
– EL : A trop vouloir rentrer dans le moule, on finit tarte….
– JPT : Rendons hommage à Nadine Morano qui, à sa façon, remet au goût du jour un de ces vieux métiers oubliés : aboyeur.
– SG : J’irai bien aux Alcooliques Anonymes. Mais j’ai peur qu’on me reconnaisse.
– MC : Sarkozy rend hommage à Jeanne d’Arc… Il fait vraiment feu de tout bois.
– EO : Il me fait rire le Daïla Lama « ouiiii les hommes veulent profiter de la vie et passent toute leur vie à travailler pour pouvoir profiter de la vie, c’est incohérent » (quelque chose comme ça) ben oui Papy! C’est la vie qui est comme ça! Ca c’est bien une rêflexion d’assisté qui a vécu toute sa vie à méditer. Va mouiller le maillot!
– CA : ZZZZZZZZZ…. ZZZZZZZZ….ZZZZZZZZ…. Mais qu’est-ce qui fait dans ma chambre celui-là ? Tiens mais c’est mon mari qui poirote ! Fb tue la libido… Niark !
– JPT : Décidément, Sarkozy a du goût pour les Pucelles. Qui l’eût cru après son troisième mariage ?
– Gérard Collard : ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE!!!!!!! CHRISTINE ORBAN A ENFIN ECRIT UN BEAU LIVRE!!!!!!

Peinture © dominique cozette

Du cul ? Pas que. Du Crumb et de la Crumbette à donf !

Parlez-moi d’amour, l’énorme album que vient de sortir le couple Robert Crumb et Aline Kominsky-Crumb est d’ une jouissance parfaite. Il est énorme en boulot, en intérêt graphique, littéraire, sociologique, psychologique, philosophique, mais énorme aussi en taille et en poids. Le lire au lit relève d’un tour de force de plusieurs jours/nuits vu le temps qu’il faut pour détailler une page de Crumb et de sa moitié — qui est plutôt son double vu sa densité physique, son imposante stature de sportive compulsive qui n’aime que les petits mecs geignards, style avortons portables (elle le porte fréquemment dans ses séances de baise). Ça tombe bien, lui raffole de ses fessiers bombés et charnus. Donc ce couple qui s’est réellement trouvé après tâtonnements maritaux a vite fait dessins communs, ne se privant pas de se surcorriger de préciser ou d’annoter  dans la case de l’autre. Kiffant d’infantilisme.
Il y a plusieurs époques  dans cette somme, des trucs des années 70 jusqu’à nos jours, ce qui permet de les voir, non pas vieillir, mais avancer en âge et en mentalité, faire leur gosse, une fillette qu’ils laissent pousser de façon très cool. La question juive prend beaucoup de place : Aline est une vraie juive américaine, brillante, bruyante, extravertie et lui non. Elle est athée mais reste représentative de sa communauté avec la bouffe y rattachée, la façon peu discrètes de causer aux gens ou de s’habiller, sa propension à grossir,  oui elle est forte. Lui, ça continue de l’interroger ce folklore mais elle s’en fout à un point ! Elle part ramasser le vomi du chat ou prépare la table. On les voit vraiment dans leur intimité de dessineux, de ménagère, leurs balades avec leurs discussions animées. Et dans leurs activités sexuelles au stade prémisses.
Ils s’installent dans un village médiéval du sud de la France dans les années 90. Et là, c’est hilarant la façon dont ils appréhendent les Français (qu’ils adorent) : toutes les différences socio-culturelles entre nos deux pays sont là. Ne manquent pas les crottes de chiens fumantes, les tracts (Le Pen, vite !) collés aux murs, les vieux sur les bancs de l’église, l’absence d’ambition à faire du fric, la queue au bureau de poste, les journées de ces drôles de Latins passées au bistro. Et les Françaises ! Des maigrelettes à tête d’oiseaux habillées strict.

Passage très marrant aussi où ils se rendent à la grande cousinade de la famille Crumb, aux Etats-Unis. Elle s’est mise sur son 31 (des trucs voyants, comme d’hab) et se rend compte que le chic crumbien c’est d’être en beige/blanc/bleu ciel, sobre. Elle est désappointée aussi par le fait que tous ces goyim qu’elle imaginait coincés se marrent, sont branchés, rigolos, pas comme il faut, bref ultra-fréquentables.
Il faut la voir aussi revenir de Londres, le visage en canard ultra-botoxé et les arguments qu’elle développe pour se faire accepter par son mari halluciné qui ne lui demandait que de « vieillir avec grâce ».
Et puis le sexe. Ils essaient d’être soft un moment car ne voudraient pas que leur fille ait honte. Mais Aline est une chaudasse surtout depuis sa ménopause et lui se laisse tenter. En même temps, ils refusent la monogamie depuis toujours et elle ne vit que dans la séduction. Une sacrée nana qui picole jusqu’à tomber raide au milieu du village… puis se met au Coca Light.
Ça foisonne, ça foisonne, ça n’arrête pas, on finit par se sentir bien chez eux et se dire qu’aux prochaines vacances, on se pointera dans leur bled médiéval (elle tient à ce terme) pour s’en claquer deux, trois, quatre, faut voir, ils n’ont pas de limites.

Aline et R. Crumb. Parlez-moi d’amour d’amour | Drawn together, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Lili Sztajn | Ed. Denoël Graphic | 264 p., 35 EUR.

Texte © dominique cozette.

Portrait d’un fumeur de crack, l’ultime expérience…

Il devrait être mort. Avec tout ce qu’il s’est enfourné en quelques jours pour en finir, ces litres de vodka pour arrondir les effets du crack, plus les somnifères pour être sûr d’y arriver. Il avait déjà perdu  son job — une petite boîte d’édition montée avec une amie — perdu son amoureux qui ne pouvait plus supporter l’addiction mortifère, perdu son corps, 18 kg qui avaient fondu en un rien de temps, et son fric donc impossibilité de continuer à cracker.
Bill Clegg, beau jeune homme séduisant menait une vie agréable entre les auteurs pour qui il bossait, son amoureux cinéaste, leur bel appart, les fêtes où ils étaient toujours conviés et ses  excès d’alcool et de dope  qu’il contrôlait assez bien.
Un soir de beuverie, il suit un type plus âgé qui lui propose le caillou. Et c’est un tel pied qu’il se hâte de s’y adonner, d’autant qu’il possède un solide compte en banque. La descente est rapide, l’argent dans les beaux hôtels où il se réfugie vite claqué, la vie vite saccagée. Il devient une loque sale, maigre, indifférente à tout ce qui n’est pas le crack. Rejeté par la société des gens propres sur eux, il s’enfonce dans un enfer terrible. Il est pourtant rattrapé par les bretelles, sauvé, sevré lors d’une sincère rehab. La vie peut reprendre, ça n’aura été qu’une sale parenthèse. Mais non, quelques mois plus tard, le démon revient et là, ça sera la fin. Il ne sait pas comment il se retrouve à l’hosto.
Ce récit passionnant d’une aventure de l’extrême ultra-détaillée vue de l’intérieur  est entrecoupé de douloureux souvenirs d’enfance, difficulté tragique d’uriner avec rituels humiliants, père méprisant au verbe violent, mère présente mais tellement absente. Il ne tente pas d’y voir des excuses à son addiction, il ne tente rien, d’ailleurs, il raconte, il déballe. C’est sec, bref, concis et froid. « Au scalpel » comme on dit dans les rubriques littéraires. Efficace en tout cas et brillant.
C’était  au début du siècle, il est clean à présent et s’apprête à sortir la suite.
Ici vous pouvez voir le personnage interviewé.

Portrait d’un fumeur de crack en jeune homme par Bill Clegg. Editions Jacqueline Chambon Actes Sud 2011. (New-York 2010). 253 pages.

Fessebouqueries #75

Entre gavages, voeux et bévues… les statuts de cette fin d’année baveuse
– OVH : C’est Noël, mon mari s’est couché à 22h. On attaquait le foie gras.
– MC : Parle à son ventre, le rassure, lui dit que tout va bien se passer, qu’il doit se décontracter s’il ne veut pas avoir mal, qu’il ne sera pas obligé de reprendre de la bûche.
– JPT : Je trouve Benoit XVI un peu gonflé de recommander modestie et rigueur à ses fidèles alors qu’il s’habille comme Ivana Trump.
– EO : L echographie vient de reveler que je suis bien enceinte de faux jumeaux: un saumon et une dinde. La maman se porte bien et digere.
– HV : Arnaque sur e-bay !!! Attention si vous achetez sur ce site !!!! 
Mon voisin ma dit avoir dépensé 60 euros pour un « agrandisseur » de pénis. Les salauds, il lui ont envoyé une loupe!!!!!!
– JPT : Je ne suis pas de ceux qui affirment que les défauts se lisent sur le visage. Je confirme donc que Nadine Morano respire l’intelligence, Claude Guéant l’amour de l’autre, Eric Besson la franchise. Quant à Frédéric Lefèvre, il respire, c’est tout ce qu’on peut dire.
– EO : Je n’ai pas envie de mettre les pieds dans une salle de sport à quelques jours du réveillon, ce serait comme un aveu.

Et je n’avoue jamais.
– MC : Le week-end dernier, l’UMP a cru que le compte Twitter de Nadine Morano avait été piraté par quelqu’un qui voulait la faire passer pour une mégère. Vérification faite, c’était bien elle qui twittait.
– HPE : Le gouvernement va sauver l’emploi le 18 janvier. Et l’euro les 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 et 31. Pour février, on verra.
– MP : Le pain m’a dit « ce n’est pas le beurre qui est important, mais la confiture ». Je l’ai regardé avec attention, il avait un air sincère.
– HPE : D’après Reuters, Xavier Bertrand « prône des solutions rapides contre le chômage ». C’est bien qu’après 9 ans au pouvoir, la droite se rende compte qu’il y a du chômage en France.
– MC attend 2012 pour repartir sur de nouvelles bouses.
– JPT : Les plaisirs de la vie en Corée du Nord : les yeux mouillés et les obsèques…
– CV : Bilan de ma visite à Orsay : j’aime toujours exactement les mêmes oeuvres que quand j’avais vingt ans, du coup, je me pose cette question : à quoi ça sert de vieillir, alors ?
– DC (c’est moi !) : Après avoir essuyé le sperme de DSK tout le printemps, nous avalons de l’implant mammaire à tous les repas. Pour 2012, je crains le pire…
– GC : Je viens de calculer que sur 7 milliards d’humains, il devait bien y avoir… allez… 700 millions de femmes potentiellement faites pour moi ! Que dis-je ? 70 000 0000 faciles… si je puis dire. Euh, disons 7 000 000…Même 700 000… potentiellement femmes de ma vie. Dans le monde entier. 700 forcément rien qu’en France… 70 à Paris. 7 dans mon arrondissement… Alors pourquoi je m’emm… avec cette c… !!?? éh hé
– NL : Pour répondre à ceux qui en on marre des vœux traditionnels, voici un vœu chinois, ça change des éternelles joies, santé, prospérité …
 »Que les puces d’un millier de chiens galeux, infestent le cul de celui qui te gâchera une seule seconde ton année 2012 et que les bras de cet abruti deviennent trop courts pour qu’il ne puisse jamais se le gratter!
– MC : Cette année j’ai fait un bilan énergétique, un bilan mammaire, un bilan sanguin, un bilan ex-marital, un bilan financier, un bilan professionnel, un bilan amoureux. Y’a du bon et y’a beaucoup de mauvais. Mais je me fais pas de bile, ça ira mieux en 2012. J’ai arrêté le Nutella.
– OVH : Dernier conseil avant la route : « Pour récurer les casseroles en inox, il faut que tu prennes la paille de fer, sinon ça s’oxyde. » Comment pourrais je détester 2011 qui jusqu’au dernier jour m »aura apporté des sages et bons conseils de mon mari?
– JPT : Si j’en crois mon expert-comptable, mon bilan 2011 se situerait entre celui de Fukushima et celui des prothèses mammaires.
– HV : Vu ce qu’il reste de mon savon de Marseille, je sais désormais que mes souris ont l’haleine fraîche. Il ne me reste plus qu’à leur mettre de l’eau à disposition pour les bulles.
– HV : Je vais éviter de vous présenter mes voeux, vu le résultat catastrophique de la dernière fois.

dessin © dominique cozette

Dernières nouvelles pour mes abonnées non-facebouquiens : Je figure en bonne place (3 tableaux) dans le tout dernier ARTENSION, excellentissime magazine de l’art vivant, le n° 111, tiens, c’est drôle, pour illustrer un grand article « élections présidentielles : aux arts, citoyens » !

 

Bil’an très égocentré

Voici un vrai blog nombriliste qui concerne ma petite personne et mon petit bilan en cette fin d’année morne, presque moribonde, bientôt cadavérique.
J’habite près de Paris et c’est heureux parce que c’est là où tout s’est passé en 2011 :
Je n’ai pris que 7 fois le train et zéro fois l’avion. Mais passé 18 heures à ramer sur mon skiff immobile. Activité uniquement territoriale donc, zéro mile accumulé, et bilan carbone excellent !
En revanche, mon bilan Cambronne est lamentable, je n’ai pas cessé de jurer contre les mêmes que vous.
Mais !!!  Mais !!! Mais…  j’ai beaucoup circulé dans les lieux culturels, ah ouf : j’ai visité 70 expositions, salons et portes ouvertes  — du beau et du scotchant — sans compter les ateliers d’artistes découverts pour la sélection de Mac Paris, du bon et du zarbi.
J’ai visionné 45 films dont beaucoup m’ont bien plu ou franchement enthousiasmée grâce à l’excellent choix éclectique de mon ciné-club.
J’ai assisté avec un plaisir non feint à 25 spectacles vivants, théâtre, one man show, danse. Curieusement aucun concert.
J’ai lu une centaine de bouquins dont une vingtaine de BD et romans graphiques d’excellente facture, mais pas tous, des centaines de quotidiens et une bonne centaine de magazines, je ne compte pas les torchons ni les féminins feuilletés chez le coiffeur ou chez le dentiste, d’ailleurs je ne vais plus chez le premier et j’ai zappé le second, me voilà bien entartrée ! En revanche,  j’ai effectué trois visites médecin/spécialistes et subi quatre examens/analyses de routine sans gravité.
J’ai joui de la compagnie d’amis et de proches lors d’une centaine de dîners chez les uns, les autres ou au resto, plus les déjeuners du dimanche et les petites bouffes du midi entre copines. J’ai assisté à un mariage sans messe.  Et pas d’enterrement, thanks god.
Quant à ma production, je la trouve convenable pour une année impaire :  plus d’une vingtaine de peintures de différents formats, une pièce pour les 3 Jeanne — qui étaient deux  à Avignon —  et près de 150 articles dans ce blog, si j’enlève la cinquantaine de Fessebouqueries écrites par mes amis fb (et patiemment récoltées par bibi). Et  plus d’une centaine de petits dessins pour agrémenter tout ça.
Et puis j’ai essayé de rendre un homme heureux.

Texte © dominique cozette / dessin d’après une appli Simpson

Yayoi Kusama, la folle de Tokyo

Une sorte de folie terriblement productive s’est emparée  de Yoyoi Kusama, depuis son âge tendre, depuis qu’elle eut une hallucination de pois rouges alors qu’elle était à table. Validée par un psychiatre, cette folie devint l’emblème de son art qu’elle exerça principalement à New-York, dans les années 60, où elle explosa littéralement. C’est un travail de fourmi, sans relâche, qu’elle entreprend en créant de gigantesques peintures obsessionnelles,  des Infinity Net, d’abord blanc puis en couleur, sans début ni fin.
Elle devint aussi une performeuse opiniâtre qui en appelait à la presse dès qu’elle se produisait avec ses modèles, souvent nus comme elle ou peints de pois, ou encore vêtus de ses créations textiles à caractère orgiaque.
Bien que très provoc, Yayoi exprime sa peur/hantise du sexe par la confection de myriades de sculptures phalliques souples, en tissu rembourré, dont elle tapisse murs, barques, mobilier, pièces entières. On a tous vu celles qui jaillissent du sol comme de superbes tentacules rouges à pois blanc ou réciproquement.
Il y a aussi ces espaces fermés, boîtes tapissées de miroirs qui renvoient à l’infini ses formes molles à pois mais aussi des petites étoiles qui changent de couleur : c’est magique de s’y recueillir !
Suite à des problèmes personnels aigus, Yayoi Kusama rentre à Tokyo en 73 et se fait admettre en hôpital psychiatrique pour s’y faire soigner. Depuis, elle y demeure et  travaille régulièrement dans son atelier voisin. Elle réalise de grandes peintures très graphiques, très colorées, ainsi que de nombreuses autres choses car c’est une artiste protéiforme qui alterne films, romans, poésie…
Yayoi Kusama, née en 1929, a exposé dans de prestigieux musées. Une infime partie de son travail (150 oeuvres) forme une importante expo- rétrospective  à Beaubourg jusqu’au 9 janvier, attention, c’est demain !, avant de partir à  la Tate Modern de Londres puis au Whitney Museum de New-York.
Une expo hallucinante, variée, joyeuse, délirante, totalement frappadingue. Courrez-y !

Yayoi Kusama au Centre Pompidou jusqu’au 9 janvier. Lien ici.

Texte © dominique cozette

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