Basquiat en permanent vacation…

Après avoir vu et revu tous les autres, j’ai découvert le tout premier film de Jim Jarmusch, film de fin d’études réalisé  en 1980 alors qu’il se tâtait pour devenir écrivain ou musicien. Il a d’ailleurs co-écrit la bande-son du film avec John Lurie, qui joue dans le film. C’est Wim Wenders qui le convaincra, sans trop de difficulté, de poursuivre sur cette voie lorsqu’il verra le film juste terminé.
Permanent vacation est un road movie « à pied » car Jim n’avait pas les moyen de le faire autrement. Dans son esprit, d’ailleurs, et sur le scénario, le rythme du film aurait dû être bien plus rapide. Le jeune homme qui joue le héros, Chris Parker, était quelqu’un de dynamique et de nerveux. Ce n’était pas un comédien, aussi, lorsque la camera tournait, il adoptait bizarrement un rythme très lent aussi bien pour la marche que pour le débit de sa voix. Comme Jim n’était pas metteur en scène, il ne savait pas le diriger, il lui laissa donc cette liberté qui convient étonnamment bien à l’histoire. Une histoire sommaire puisqu’il s’agit de passer deux jours et demi avec Allie Parker qui, laissant sa copine seule dans leur squatt, erre dans un Manhattan en friche, dort à la belle étoile, rencontre des êtres singuliers, marginaux, musicos. C’est une balade punk et jazzie, poétique et creuse, entre romantisme et bourdon. C’est lent, c’est beau, c’est touchant, touchiant parfois, c’est original et originel : on devine le style de Jim lorsqu’il s’y mettra pour de bon, c’est à dire dans Stranger than paradise en 83.
Ce qui est sidérant dans la séquence en lien ci-dessous, c’est la présence invisible de Basquiat. Car Basquiat, qui faisait partie des potes de Jim, squattait la piaule où a été tournée cette scène de danse. En fait, il pionçait dans un coin. Lorsque Jim déplaçait la camera pour le plan suivant, l’équipe faisait glisser le sac à viande et Basquiat continuait à roupiller. Et c’est assez drôle de savoir qu’il est dans la pièce, juste derrière mais qu’on ne l’y verra jamais.
Pour voir cette magnifique séquence, superbement éclairée, c’est ici.

Fessebouqueries #71

Résumé des deux semaines : fuck la politique, vive le plumeau !
– KT : La Presse Française, tout à son honneur, mate la vie privée d’une homme politique à terre, mais se garde bien d’évoquer les dessous des affaires politico-financières. Agitateurs de pompon.
– EO : Ladurée porte bien son nom, comptez 20 mn d attente au minimum
– BB : Au fait !! Vous n’êtes pas au courant? Une nouvelle monnaie va faire son apparition en Europe !! oui oui !! L’euro Light avec moins de Grèce
– DT : Dans les années 60, les jeunes étaient attirés par la faucille et le marteau, aujourd’hui ce serait plutôt les faux-cils et le Margaux.
– JC : Le Capitaine de police de Philadelphie Ray Lewis arrêté par la police de New York pour avoir manifesté avec occupy Wall Street.
Si maintenant les flics se mettent à penser par eux mêmes, nous approchons vraiment de la révolution
– DT : Peintre assumant son homosexualité vend toiles de tentes.
– OVH : Depuis que je joue du plumeau comme personne, mon mari et moi sommes très heureux en ménage.
– AP : Decidement, le jour me nuit…
– OVH : J’ai fait une chute de reins. C’est très douloureux
– GC : La semaine passée fut celle des rendez-vous ratés…
Celle-ci sera t’elle celle des lapins réussis ?
– JPT : Bousculant l’ordre immuable des saisons, je crains que le printemps arabe ne débouche directement sur un hiver islamiste.
– MC : J’adore facebook. Sur un même mur on peut discuter avec des communistes, des libéraux, des éditeurs, des gens du voyage, des publicitaires, des aristos, des profs, des indignés, des snobs, des déprimés, des fêtards, des chats, beaucoup de chats, des alcoolos, des footeux, des producteurs, des artistes et même des menteurs, sans jamais être obligé de subir leur mauvaise haleine, leur mauvaise humeur, leur conjoint hystérique, leur rôti trop cuit, leur vin bouchonné, leurs enfants braillards ou leur CD de Francis Lalanne en fond sonore. J’adore facebook.
– PG : Alors il paraît que notre sinistre du budget ou de je en sais quelle connerie, le petit Barouin qui ne voit pas loin entre nous soit dit car chaque fois qu’il nous annonce que quelque chose n’arrivera pas, Paf !!! le lendemain c’est là !!! tu parles d’une pythie !!! Oui le petit François Barouin,disais-je , paraît qu’il nous aurait pété un talon quand on lui a changé sa citroën C6 pour une C5… …Il en fait un patafar du diable pauvre choute !!!! ben oui il faut réduire les dépenses qu’il a dit mais pas les siennes putain !!!! Il s’estime « déclassé » (Véridique) Petite merde…. A mon avis c’est un coup de sa pétasse Michèle Laroquette qui doit lui chier une pendule grave… j’imagine: « Ouhai, tu me fais revenir en France où les impôts sont pas possibles alors que j’étais peinarde dans le Nevada et là, tu me forces à rouler dans une bagnole de marcel !!!! et gna gna gna et gna gna gna !!!! » Putain elle, je te jure, c’est une teigne, elle se croit irrésistible, intelligente et drôle… Manque de bol ce n’est qu’un pétasse qui se la pète…. tu vas voir que le jour où François n’est plus rien, elle se rebarre aux US….. Bons débarras !!!!
– DT : La dernière fois que j’ai prêté l’oreille à un sourd, il ne me l’a pas rendue : on ne peut plus faire confiance à personne…
– JPT : Parce qu’il avait fait une bêtise, des parents punissent leur enfant en le mettant dans le lave-linge. Il en meurt. Ils auraient pu se contenter de lui passer un savon.
– AR : j’adore Libé : après une belle double page inquiète sur réchauffement de la planète et le sommet climatique de Durban, huit pages de nouveaux gadgets électroniques trop bien …
– AV : Il n’y a plus de cités dortoirs, mais des conurbations « zombisantes »
– JT a trouvé une benne de recyclage de soucis
– PG vit un drame matinal…… Extinction de voix….. je sens que je vais gueuler deux fois plus fort sur FB ! Ne croyez pas que je vais vous foutre la paix!!!!!
– SG : J’ai une chance de cocu dans ma vie professionnelle. J’ai une chance de chômeur dans ma vie sexuelle. Je suis vraiment dans la merde.
– JC : Après un an et demi de quiétude, les ennuis vont reprendre pour nos amis belges. Toutes nos condoléances
– Denis Robert : J’étais là peinard à zapper d’une chaîne à l’autre, entre revue de presse et citations de journalisssstes quand soudain une question terriblement pertinente a commencé à encombrer mon espace neuronal : pourquoi continuent-ils à appeler le Figaro un « journal » alors que ce n’est que le transmetteur d’informations des amis de Nicolas Sarkozy avec des trucs autour? Pourquoi?
– JPT : Quand j’entends Sarko prononcer un discours écrit par Guayno, j’ai l’impression de voir une petite fille qui essaie de marcher avec les talons hauts de sa mère.
– JC : « A Marseille, le climat de sécurité s’améliore »
Claude Guéant le 29/11/2001

ajoutant que les habitants de la cité phocéenne ne cessent de dire leur satisfaction

Encore une ou deux fusillades et la ville lui érigera une statue
– PG : Ah, les cellules régénératrices !!!!! bonne nouvelle, avec une cellule de couille on reconstruit un pancréas…..Putain, il ne serait pas 7h je fétrerait ça avec une mauresque…. Ah non c’est pas le foie… Merde….
– CR : Selon Taubmann, N.Diallo était en « service commandé » pour faire craquer DSK. Si c’est vrai, je ne félicite pas le directeur de casting
– JPCM : Je vais me coucher parce que les enfants sont, tous les matins du monde, des créatures impitoyable qui réclament des activités et de la nourriture comme si j’étais un parc Astérix à moi tout seul
– JPT : Un gouvernement de droite qui reproche à une partie de la population française son hostilité aux Allemands tout en favorisant une politique d’expulsion des étrangers, ça me rappelle quelque chose, mais quoi…?
– JPCM est myope et psychopathe, mais ne touchera rien du téléthon
– SR : C’est de l’aversion que je ressens pour la politique. Alors, savoir qu’une campagne présidentielle se profile n’est pas pour me réjouir. 
Ah ! Si je pouvais émigrer une petite année en Papouasie…

NB : Un ami a cru que je bloguais la nuit, aux heures où vous sont livrés mes articles. Je vous rassure (ou pas) : la nuit je dors. En général. Je les écris à n’importe quelle heure du jour, je les poste et un robot les garde précieusement pour vous les envoyer la nuit, à l’heure où les tuyaux sont vides.

Détail tableau © dominique cozette

121 curriculum vitae…

… pour un tombeau.

C’est le titre du premier roman de Pierre Lamalattie qui a déjà peint de nombreux romans et curriculum vitae tant ses images sont loquaces. Allez voir son site ici, vous serez conquis si vous aimez les phrases fulgurantes. Rien que sa bio, ça vous donnera l’idée. D’ailleurs, il l’a reprise pour commencer le livre. D’une causticité réjouissante. Je vous la cite car elle incite : « J’ai 54 ans. J’ai connu moins de femmes qu’un animateur du Club Med. J’ai gagné moins d’argent que mon voisin orthodontiste. Je suis moins sportif que ma belle-soeur. J’habite toujours à 500 mètres de chez ma mère. Et bien sûr, je n’ai vécu aucune aventure de l’extrême. Je suis un type inoffensif, une sorte de raté irrémissible. » Bon, on prend un peu pitié, on se dit merde, c’est dommage quand même ! Puis on lit la suite : « J’aurais pourtant bien tort de me plaindre, car, au fond, je m’en fout complètement. » Ouf.
Je vous le dit tout net : ceci n’est pas une pipe. Je veux dire pas un roman conventionnel. C’est un prétexte à nous livrer les histoires que ce peintre pompier (dit-il de lui, mais on n’en croit pas une image) a accumulées dans sa carrière professionnelle d’agro, section ressources humaines. Pierre Lamalattie est aussi à l’aise pour réduire en quelques coups de pinceaux (mouais, c’est un peu plus compliqué que ça) une personnalité à un visage qu’à le décrire en quelques phrases choc. Il y en a 121 donc, et ça va de Hervé qui a rencontré la mère de ses enfants dans une association pour le renouveau de la bourrée à Laura avec laquelle il comprend que se poserait un problème : que faire durant la période réfractaire ?
Pierre Lamalattie est le seul écrivain qui parle, dans le même ouvrage, de période réfractaire, d’anachorète idiorythmique (un homme seul qui vit à sa façon) et de la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer (rassurez-vous, moi non plus !). C’est vous dire combien il est atypique. En même temps, quand il raconte le mariage participatif auquel il se rend dans le seul but de baiser une « nénette » et où il est affecté à l’atelier équeutage de haricots verts alors qu’elle se trouve dans celui des tartes salées, ça me fait vraiment rire : on se croirait dans un  film choral de mauvaise qualité avec des héros bien ringards dont l’honnête homme aime se moquer « au deuxième degré ».
Ce livre m’a appris où en était ma vie, selon la théorie de Schopenhauer : « il voit la vie un peu comme la digestion chez les vaches : en deux temps. Dans un premier temps, la vie se présente comme une succession d’actions. Mais on ne se rend pas compte de ce qu’on vit. Dans un deuxième temps, s’il y a deuxième temps, la vache arrête de s’agiter, elle s’allonge. On passe à la rumination. C’est là que se produit la véritable digestion, avant, ce n’était que du bourrage d’estomac. C’est dans la rumination des souvenirs, dans la représentation, dans l’art que la vie peut être appréciée, connue. La vraie vie est donc dans la rumination. » C’est là que j’en suis personnellement, depuis que j’ai un peu de temps pour réfléchir.
Une idée de description à la Lamalattie : « [elle] avait opté pour un look cool : jean partout, à l’exception de Converse vertes. Son visage, criblé de taches de rousseur, évoquait l’univers mental de l’érotisme breton. »
Sur l’art contemporain : « En France, intellectuel, on voit très bien de quoi il s’agit. Mais artiste, c’est indiscutablement moins clair. Je ne parle pas de pseudo-artistes qui gravitent autour du ministère de la Culture et des galeries à la mode. En réalité, la plupart du temps, il ne s’agit pas d’artistes, mais plutôt d’intellos bas de gamme. Toute leur habileté professionnelle consiste à faire des commentaires filandreux pour justifier leur « travail ». Non ! J’en reste à cette idée : on ne voit pas très bien en quoi ça consiste, un artiste. »

Sur la mort, ou le mort, enfin, après je vous laisse découvrir par vous-même le reste de cette somme : « Un vrai défunt se distingue d’un vivant par le fait qu’il incarne des valeurs. L’homme ordinaire est balloté dans la vie ordinaire, il doit faire ses courses, essuyer des scènes de ménage, payer des impôts, aller chez le dentiste, bosser, épargner. Le défunt, lui, s’est consacré uniquement à des valeurs, à énormément de valeurs. Parmi celles-ci, la plus large place doit revenir, bien évidemment, aux valeurs humaines. »

121 curriculum vitae pour un tombeau, Pierre Lamalattie. L’Editeur, 2011(vient de sortir), 448 pages.
Vous trouverez, à côté ou au rayon arts plastiques, le recueil des 121 portraits, dont le sien en couverture.

Texte © dominique cozette

Pauvres blaireaux !

Le blaireau, petit animal non nuisible contrairement aux blaireaux qui sévissent dans le monde politique, subit actuellement le sort que notre courageuse droite inflige aux pauvres : les harceler, les priver de ce qui aide à vivre, donc les acculer à la mendicité et au glanage dans nos poubelles, puis interdire ce mode de sustentation donc les rendre illégaux. Oui, le pauvre est illégal, de nos jours. Le maire de New-York, un nom en i, avait réussi à les déporter hors de sa ville pour faire plus style classe. C’est dégueu, un pauvre, ça salit tes semelles rouges quand tu marches dessus, ça tousse, ça pue parfois et c’est pas beau à voir.
Les blaireaux, c’est un peu pareil. Chassés de leur habitat naturel — il faut savoir qu’ils ne paient pas la taxe d’habitation, ces fumiers — par la politique agricole commune qui consiste à stériliser la terre et à empoisonner ses pensionnaires, ils se réfugient vers les voies ferrées où on leur fout la paix. Enfin, jusqu’à ce qu’on découvre qu’ils construisent des galeries labyrinthiques dans les talus et que le risque d’affaissement lors du passage d’un train est exponentiel au nombre de familles blaireaux qui viennent s’y installer.  Alors, que fait la police ? Elle bétonne les terriers.
C’est vraiment pas sympa, crient les amis des bêtes ! On n’a pas le droit de bétonner les blaireaux. Bon, alors, on va poser des chatières pour que bêtes puissent sortir. Mais pas re-rentrer, attention. Elles ont juste le droit de se casser. Ça rappelle le sort de certains autres mammifères nommés roms, squatters ou  « individus ».
Voilà la triste vie du blaireau, chassé de son champ, puis de son talus, condamné à errer avec sa petite famille sur une terre devenue hostile, et qu’on conspue parce que ça coûte cher tout ça, 250 000 euros. Le blaireau ? La chatière ? Le bétonnage ? Ce n’est pas précisé, c’est juste pour dire que ces putains de pauvres, en plus, ils nous dépouillent… Non, mais on aura tout vu !
Si vous êtes curieux (se), la vie des blaireaux est sur Wikipedia, ici
(Cet article est inspiré des infos entendues à FIP ce matin)

Texte et dessin médiocre © dominique cozette

Mac Paris, du talent à revendre !

Oui, c’est une vraie réussite , ce Mac 2012 ! Des talents énormes, vraiment, des artistes qui sont allées au bout de leurs idées, de leur patience, de leur quête pour nous donner à voir d’étonnantes productions, détonantes et  joyeuses pour la plupart.  Voilà qui file un grand coup de pied au cul des effrayants pessimistes qui dominent le monde. Ici, espace Champerret, métro Champerret, porte Champerret, ce qui domine est la créativité, l’énergie, la générosité, la fougue, la folie, toutes choses qui se partagent allègrement et sans mesquinerie.

Le public, très nombreux ce jeudi, s’émerveille de la qualité du salon.

il y a des portraits faits avec des Barbie ou des petites voitures — tenez vos marmots —, des tableaux à base de choses ramassées sur les plages — très beau —, des sculptures sorcières faites pour brûler et dévoiler une structure différente — si son possesseur veut bien y mettre le feu car elles sont sublimes — des personnes à tête de chien très attachantes, un poisson rouge qui, par ses mouvements et le génie de sa maîtresse, réalise des dessins, oui oui, des beaux dessins même, des murs tapissés de cartes de crédit — quelle époque ! — mais repeintes, ah, quand même !, des choses  ordinaires devenues extraordinairement artistiques car tout extrudées par un génie de la mèche, de sublimes photos floues, d’autres très nettes, un artiste de la géométrie noire etc… il y a 125 stand, moi-même j’en suis et je n’ai pas plus de temps que ça pour vous parler de tout ce beau monde.

  C’était nocturne aujourd’hui, ça l’est encore vendredi qui commence à 11 h. Samedi et dimanche, c’est de 10 h. à 20 h. N’oubliez pas vos chéquiers ou vos liasses à blanchir, vos achats d’aujourd’hui feront votre fortune de demain. Il y a aussi des impressions d’oeuvres sur le forum  qui  permettent d’acquérir de belles choses à petit prix pour de beaux cadeaux de… cette fête, dans un mois, vous savez… mais si ! Bref, c’est un salon de l’enfer cette année !
Excusez-moi pour ne pas avoir mis les noms, je ne les ai pas tous en tête.  Mais on les trouve dans le catalogue et sur le site. Et au salon !

Rappel : vous pouvez télécharger votre invitation (gratuite) sur le site ici. Mais pas votre ticket de métro. A tout bientôt, j’espère. Et si vous êtes ami(e) fessebook ou abonné(e) à mon blog, je vous réserve un chouette cadeau.

(En revanche, pas de fessebouqueries samedi… un double next week)

Texte et photos © dominique cozette

Rendez-vous au Grand-Palais : du sexe, du cul, de l’incorrect, du beau, du kitsch, du … comment dire ?

Bon, ça y est, les 2500 artistes d’Art en Capital ont installé leur oeuvre sous l’immense verrière, dans cinq salons différents avec chacun sa couleur — le mien, Comparaisons, est taupe au mur et rouge au sol — dont monsieur Fredo, alias le neveu, alias l’homme accidenté du scooter, alias le ministre nonchalant, nous affirme qu’ils ont marqué l’histoire : la Société des Artistes Indépendants, la Société Nationale des Beaux-Arts, Dessin et Peinture à l’Eau, la Société des Artistes Français et Comparaisons.
D’abord, la photo qui témoigne qu’à Paris, il fait toujours beau. Près de ma Marianne qui titre « Marre de faire la pute pour les politiques », un superbe portrait de femme qui annonce « nous avions l’habitude de nous retrouver le samedi soir » et montre les images de ses agapes, majoritairement des scènes de sexe. C’est Pierre Lamalattie qui, en plus d’être peintre de talent, vient de commettre un premier roman, épaisse somme déjà encensée par la critique. Allez sur son site, c’est top  !
Nous faisons partie du groupe « existentiel et sociétal », C 20, c’est notre alvéole — le salon n’est fait que d’alvéoles, une vraie ruche — qui compte des artistes pas piqués des vers. D’autres groupes, il y en a 27, s’intitulent Matière et Intériorité, retour d’Emotion, Anartistes, Evocation Narrative etc…, le tout regroupé dans un catalogue qui fait 500 pages (500 artistes) et 40 kg, j’exagère à peine.
Il y a de tout, vraiment, dans cette immensité. De l’étonnant d’abord, du très beau, de l’impressionnant. Et des drôles de machins. Je ne dirai pas de trucs car c’est nom d’un de « nos » artistes.
Notez que nous n’avons droit qu’à une oeuvre de 130 de large maxi, plus une mini  pour les acheteurs pauvres, mais faut aller vite car c’est la ruée sur les petits formats regroupés aux acceuils. Notez aussi que l’originalité de Comparaisons, c’est de mettre à la tête de chaque groupe un artiste pratiquant lui-même,  qui choisit ses pairs. Pas de jeu de mot, merci.
Demain, les grandes portes du Grand Palais vont s’ouvrir sur le flot d’amateurs fébriles qui, tels de voraces étourneaux en hypoglycémie, vont s’égailler joyeusement dans l’immense labyrinthe classieux pour nourrir leur esprit malicieux et leur regard fiévreux. Enfin, c’est l’idée.

Salons Comparaisons, Grand Palais, du 22 au 27 novembre, site ici.

(Sinon, mercredi j’accroche pour Mac Paris qui commence jeudi et se termine aussi dimanche. Espace Champerret)

Texte © dominique cozette. Photo © laurent sainmont

Fessebouqueries #70

Y a des semaines comme ça où j’ai moins le temps d’aller sur FB… Heureusement que certains amis à longs ou fréquents posts sont là ! Gloire à vous ! Et au langage fleuri absolument formidable (ah, bon, on dit pas absolument formidable ?) de PG.
– SG : Peut-être qu’un jour, je serai un vrai gigolo. Après une nuit d’amour, de problèmes et de plaisirs avec une Dame, beaucoup trop jeune pour être dans le livre des records, elle se lèvera – quatre ou cinq heures avant moi. Quand soudain, je serai réveillé par un cri : mais on a le même dentifrice ! Oui, moi aussi j’utilise Sensodyne ProEmail, pour atténuer les effets de l’âge. Et moi non plus, ça ne marche pas. Je crois que c’est le début d’une très belle histoire, Liliane.
– JPCM Dépense tout avant que la gauche revienne au pouvoir
– EL : Merci à Sarkozy d’avoir gelé son salaire pour donner l’exemple, demandons aussi un gel de nos salaires après une augmentation de 140 %
– KT : Le coiffeur de BHL est-il sous acide ?
– JPCM Célèbre la journée de la gentillesse en partageant sa mauvaise humeur avec autrui.
– AR : pour éviter que les chiens ne pissent contre les murs ou les portes, il existe des produits repoussants, pour les hommes en revanche, il n’y a rien à faire, rien ne les répugne
– JMB : Mélenchon vient de traiter Hollande de « capitaine de pédalo ». Il est quoi, lui, dans ce cas ? Plagiste ?
– PG : Bon ben je ne sais pas qui a décidé qu’aujourd’hui c’était la journée de la gentillesse, ben je ne le félicite pas ce trou du cul…. comme si on pouvait être gentil un jour…. J’ai bien fait de me connecter qu’à minuit passée…. comme ça je peux vous dire que je vous emmerde tous…..
– DT : Inondations : l’Hérault est sorti de son lit : « Il ne faut pas s’inquiéter, quand les héros sont fatigués, ils y retournent » : Le gouvernement envisage d’envoyer le Garde des Sceaux et Copé pour lutter contre les inondations.
– JPT : Dès qu’il aura terminé de nous expliquer comment il a chassé Khadafi du pouvoir en Libye, BHL s’occupera d’El Assad en Syrie. Il paraît que Kim Jong Il a les couilles comme des raisins de Corinthe !
– EL aimerait que quelqu’un qui croit en Dieu lui demande ce qui a motivé son choix de mettre autant de bouffons au kilomètre carré.
– AR : face à moi dans le métro, une dame coiffée comme un garçonnet, cheveux gris blanc, visage et mains longues, maigres, col roulé, manteau bleu marine, air sévère bienveillant … son phone sonne et la première chose qu’elle dit, c’est : la messe est à midi. WHAT ELSE ?
– JPT : Je comprends très bien les critiques de cinéma qui vous encouragent à aller voir les films qu’ils ont trouvés chiants : moi aussi, après deux heures à m’emmerder devant un écran, j’ai besoin de me venger sur quelqu’un.
– PK : faudrait peut-être commencer à prendre les enfants du bon dieu pour des connards sauvages!
– PG : Il y a des jours où ça chie des bulles et il y a des jours chiants comme aujourd’hui par exemple…. pas une seule baffe à donner, pas un coup de gueule…. Oh si après toujours les mêmes, mais là ça devient lassant alors je change mes photos…. ça change…. J’entre dans cette période terrible pour moi, je veux dire celle des « fêtes » Pûtain les « Fêtes » !!!!!! un jour je me ferai un beau cadeau d…e noël moi !!!! ce sera une capsule de cyanure ou un bon flingot pour me faire sauter le caisson le soir du réveillon, histoire de plomber l’ambiance chez ceux qui m’auront invité…. Là je crois que je me suis bien démerdé….. plus personne ne va plus jamais m’inviter à leur putain de réveillon de merde….. Tiens, ch’uis assez content de moi là….
– CL : quand on cherche des proverbes ou citations sur le thème de la femme, on trouve en 3ème et 4ème position :  » Porc – Wikipédia » et « Sodomie – Wikipédia » Ça laisse rêveur…
– PG : à l’instar des connards de footeux qui pariaient sur les états d’âme d’un poulpe quelque part en Hispanie, moi je crois aux intuitions de mon chat Sushi qui vient de vomir devant les infos de TF1 , et d’ailleurs j’ai le trou du cul qui me gratte (mauvais signe), je sens que ça va très mal tourner…. merde!!!!!, tous aux abris !!!! car si les banques commencent à virer leurs employé(e)s ça va pas tarder avec les clients, comme en angleterre !!!!! je ne connais pas les responsables mais j’ai la liste !!!!!
– GC : Indigné… mais pas au point d’aller me geler les c… sur le parvis venteux de la Défense… 
J’attaque autrement.
Olé !
– PG : Pûûûrée, dès qu’on lui parle de nucléaire, le Gouda de Hollande tourne en cancouaillotte (je ne connais pas l’orthographe de cette horreur fromagère)
– JC : Et être payé pour dire des conneries, c’est responsabilisant ?
– AM : Aujourd’hui tous les hommes et femmes politiques français se réclament du général de Gaulle. Le général de Gaulle avait dit : « Les français sont des veaux  » . à méditer …
– HAD : Les statistiques sont comme les minijupes…ça donne des idées mais ça cache l’essentiel .
– PG : Entre le commandant de bord d’un avion amerlocked enfermé dans les ciottes de son avion au moment de l’atterrissage, d’où s’ensuit une alerte rouge dans toutes la bases américaines que ce connard chiasseux arrive à stopper parce qu’il a été oblige de défoncer la porte pour reprendre son boulot et le cimetière du Limousin qui voit surgir des « tombes fantômes » bien entretenues , nettoyées, fleuries,… ratissées mais vides ….. avec des croix en céramiques dont le « christ » tourne la dos et leur montre son cul donc !!! tout ça me met en joie !!!! me fait oublier, pour un temps, les conneries et les escroqueries des gens en qui nous avons placé notre confiance…en toute bonne foi…. là, j’ai un début d’érection….. Merci l’info, désolé mesdames….

Peinture (détail) © dominique cozette. Cette peinture sera entière (c’est tout le gouvernement qui a posé pour moi !) à Mac Paris, espace Champerret, du 24 au 27 novembre. + d’info

La semaine prochaine, deux grosses explositions !

La semaine prochaine, j’ai deux Marianne à vous présenter. L’une, solitaire et vénère, sera au grand palais pour le salon Comparaisons. L’autre, plus bling-bling (photo), se tiendra à Mac Paris avec plein d’autres personnages très intéressants à  fréquenter.

Comparaisons fait partie des cinq salons d’Art en Capital, au Grand Palais, du mardi 22 novembre — vernissage — au dimanche 27. Je n’y serai que le mardi,  mais si vous aimez la peinture dans toutes ses expressions et le dessin, vous ne saurez où donner de la tête dans cette foultitude étourdissante d’oeuvres uniques sous la superbe verrière. Plus d’infos ici

Mac Paris, c’est à l’Espace Champerret, porte Champerret, du jeudi 24 au dimanche 27. Je serai tous les jours sur mon stand, comme les 124 autres artistes de la sélection, une sélection plus pointue sur l’art contemporain.  Photo, peinture, sculpture, installation… beaucoup de découvertes dans le cru 2011. Et sur le site Mac Paris où vous pouvez télécharger votre invitation. Les enfants sont les bienvenus, un atelier leur est réservé. Mais surtout, c’est un moment privilégié pour échanger avec les artistes qui seront présents tout au long de cette manifestation.

A bientôt dans l’un de ces prestigieux salons, ou pourquoi pas, dans les deux.

Diptyque techniques diverses 130 x 160 © dominique cozette

Une enfance laconique

Quand j’ai entendu parler de cet homme, Santiago H. Amigorena et du titre de ses trois premiers romans autobiographiques  : une enfance laconique, une jeunesse aphone, une adolescence taciturne, je n’ai eu de cesse de le lire. Je l’ai cherché partout, j’ai fait le tour du monde, de Venise à Java, de Manille à Ankor, plus prosaïquement de Grignan à Arles, de Montélimar à Valence puis, ultime espoir estival, à Sète. Rien, pas la queue d’un reste de stock. Septembre, Paris, la FNAC affiche zéro et d’autres librairies bien fournies itou. Jusqu’à ce qu’un employé modèle de chez Virgin me le commande en m’assurant qu’il serait en ma possession en moins de dix jours.
Des livres espérés comme ça, on s’en fait une montagne, on imagine un récit tout en grisaille, une confession glauque ou sournoise, un compte rendu-rendu morne ou morose. On le tient, l’auteur, qui nous tiendra lui aussi dans sa saga talentueusement misérabiliste !
Hé bien non. Rien à voir. Pas du tout. Le premier, l’enfance, raconte avec un indescriptible brio littéraire, trop même, la riche et longue généalogie de cette famille d’émigrés d’ici et de là, principalement installée en Amérique du Sud, avec des ramages conquérants ou pas, des faits d’armes ou rien, des modesties, des exils ou des déménagements. Puis l’auteur nous approche tant bien que mal de son enfance dont on ne saura presque rien puisqu’il ne veut pas se souvenir, en parler ou la réinventer. Bref, on se heurte à un mur d’incompréhension racontée avec des phrases et des mots inusuels, des tournures de phrases inusités, des sensations unisées. Il écrit pour ne plus écrire. Il use le mot, la langue pour ne plus s’en servir. Il a d’ailleurs été muet, mutique ou quelque chose comme ça, comme le petit gamin rouquemoute à taches de rousseurs de la pub d’antan qui n’a parlé qu’à 8 ans pour dire que le roquefort, c’était bon. car avant ça, il n’avait rien trouvé d’intéressant à dire.
En fait, comme il est dit en quatrième de couv’, c’est la vie d’un écrivain qui ne voulut jamais écrire, de la première à la dernière syllabe.
Mais S. Amigorena écrit toujours. Il écrit des films, des scénars, excellents, avec ou pour Klapisch notamment, Brigitte Roüan, Marion vernoux et il a réalisé aussi.
J’ai son troisième livre, une adolescence taciturne, au pied de mon lit. On verra ça plus tard.
C’est de la très bonne littérature mais, comment dire, pas distrayante du tout. Mais à part, à côté de la plaque connue, en marge.  Le contraire de Foenkinos. Je ne peux pas vous le conseiller d’autant plus qu’il est introuvable.  Je trouve qu’il fallait juste en parler. Dont acte…  gratuit.
(Pour l’adolescence, je vous tiens au jus)

Santiago H. Amigorena. Une enfance laconique 98. P.O.L. 184 pages.

Texte et dessin © dominique cozette

 

Dubois dont on fait les meilleurs bouquins… bravo m’sieur Jean-Paul

Quelle toujours super bonne nouvelle la sortie d’un nouveau Dubois. Celui-ci, le cas Sneijder (vous jure, ce nom !) bat tous les records de mon admiration. C’est l’histoire d’un homme lâche, enfin ça ne saute pas aux yeux tout de suite, mais il est extraordinairement lâche, au point de sacrifier sa fille à ses deux exécrables jumeaux. Sa deuxième femme, une vraie pouffiasse, je veux dire une wonderwoman qui vit selon les codes actuels : efficacité, ambition, soin maniaque de son image n’a que  mépris pour tout le reste, pour les sentiments, la curiosité intellectuelle, le bonheur ou son semblant.
Monsieur S…machin a suivi sa mégère et ses « univitellins »  — car ils ne sont pas dizygotes —  au Canada où s’épanouit sa carrière (à elle). Lui fait ce qu’il peut jusqu’à ce dramatique accident d’ascenseur. Je n’en dirai pas plus. On s’en fout, vous le lirez vous-même. L’intérêt de ce bouquin, c’est que Dubois nous donne à considérer la vie, ou la société, ou le couple, enfin tout, avec un regard différent du nôtre. Il réussit à mettre des mots là où il n’y en avait pas. Chaque paragraphe est d’une précision d’entomologiste. Ça nous (quand je dis nous, j’attige car je parle pour moi) met en position de l’ignare, du sauvage, du mal éduqué, celui qui ne sait pas nommer ce qui titille et donc qu’il ne nomme pas, donc qu’il tait. Et ça n’existe pas. Avec Dubois, plein de choses se mettent à exister parce qu’il met le doigt dessus. Ce n’est pas le moindre de ses talents.
Car c’est toujours bien documenté, dans ses histoires. Monsieur S…bidule, après cet accident que personne ne peut expliquer parce qu’il ne peut pas se produire, se met à étudier tout ce qu’il trouve sur les ascenseurs du monde entier et nous en apprend de bien bonnes. Et nous montre comment notre société verticale s’articule autour de ce moyen de transport sans lequel rien ne serait possible ce qui fait notre présent. Il y a aussi un délire sur les nombres premiers qui deviennent des palindromes quand on les multiplie, et quelques anecdotes sur les promeneurs de chiens, dogwalkers.
C’est passionnant. C’est simple. C’est spirituel. C’est un super bon roman. Un seul défaut et il est de taille : p. 215, douzième ligne, trois mots sont mal imprimés, un peu bouffés. Franchement, l’Olivier… Bon, allez, ça ira pour cette fois.

Jean-Paul Dubois. Le cas Sneijder. L’olivier, 2011. 218 pages.

Texte et dessin © dominique cozette

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