La femme, ce poison !

C’est un vrai poison, ce bidule qu’on appelle la femme !  Pourquoi lui a t-on donné un cerveau ? Une bouche, un vagin, un utérus, deux bras costauds et voilà. Ça aurait suffi au bonheur de l’homme sot. Mais malgré tout ce qui a été tenté en occident, le cerveau de la femme s’est mis à produire ses idées (des idées !) notamment de parité. Et ça, ça fait mal aux testicules. Mais vraiment mal. Car comment expliquer qu’il y ait si peu de bidules qu’on appelle les femmes aux postes occupés légitimement par les hommes — ce sont les hommes qui les ont fabriqués, pute vierge, ces postes confortables, bien rémunérés, bien considérés, bien huilés, non ?
Alors comme ça, les bidules qu’on appelle les femmes veulent elles aussi leur part de « gâteau », comme si c’était du gâteau de diriger une entreprise, une administration, de présider un conseil, de donner une parole d’expert, d’animer des médias, de donner des ordres, de gérer son petit personnel etc… C’est comme si on leur disputait le droit à la grossesse !
Quand même,  faudrait quand même pas se les mettre à dos sinon quéquette blues. Donc, laissons passer une loi pour la parité. Oh, mais attention, pas pour tout suite, bordel de cul, la greffe ne prendrait pas, il faut faire ça au goutte à goutte. Car souvenez vous bien : le bidule qu’on appelle la femme, c’est du poison. Il faut se mithridatiser, en absorber chaque jour une petite dose pour que les organes ne s’endommagent pas. Petit à petit, dans un délai qui n’existe plus en politique (une éternité), en 2018, on aura introduit … 40% de bidules qu’on appelle des femmes parmi les hauts fonctionnaires.
– Heu… si je peux me permettre, dans des lois plus anciennes, on avait parlé de 50 %…
– Vous en êtes sûre, madame Chaussure ?
– Affirmatif, monsieur Bourpif !
– Ils ont dû faire une erreur, madame Vapeur !
– Non, non. D’ailleurs, je peux vous lire la définition du terme parité, monsieur Chospié !
– Gageons que la progression continuera par la suite, madame  Tagueule !
– Ça ne rime pas du tout, monsieur Bandemou ! Et cette loi, elle ne rime à rien non plus, monsieur Fégafatoncu !
Bref, les mamies ne lui disent pas merci, à cette loi dont elles n’ont que faire vu qu’en 2018, la parité elles ne sauront même plus ce que ça signifie car les hommes de leur âge, y en aura plus bézef !  Mais les autres bidules qu’on appelle des femmes, celles qui produisent encore des ovocytes, moi je serais que d’elles, je me dirais qu’ils se foutent de ma gueule. Car quand ça sert leurs intérêts, ils n’attendent pas la fin d’un quinquennat, plus un quinquennat, plus le début d’un autre pour agir ! (et se disent que d’ici là, centrales nucléaires, révolutions, réchauffement climatiques… y aura plus urgent à régler, madame Baisée).

texte et peinture © dominique cozette qui vous remercie de partager ce blog s’il vous semble que ça pourra intéresser vos ami(e)s…

 

Bretécher, une frustrée pas du tout fruste !

Il suffit de feuilleter ce superbe album très lourd pour s’en rendre compte : le talent de Claire Bretécher est extrêmement sophistiqué ! Ses BD en donnent un petit éventail. Mais qu’elle nous expose ses travaux personnels — des portraits —  et elle nous subjugue par sa technique et son regard.

Claire Bretécher peint, dessine, esquisse. Elle croque, elle saisit, elle peaufine. Elle fait de tout : crayon, encre, lavis, aquarelle, pastel, acrylique, huile, « gratouillis », monotype, tricot (trop fort), carrelage, fusain, bricolage, crayon de couleur. Et mix de tout ça. Et sur divers supports.

 

Ses modèles ? Son fils, ses nièces, des amies, des amis, sa grande copine Dominique Lavanant, les deux célèbres rousses, Régine Desforges et Sonia Rykiel. Et elle-même.


Des autoportraits où elle est loin de se mettre en valeur. Voilà d’ailleurs ce qu’elle dit de cette discipline : « On croit que l’autoportrait dénote un certain narcissisme. Faux. Ce serait plutôt la manifestation d’un ennui mortel. N’avoir que soi à se mettre sous le crayon est une punition. Imméritée en général. Heureusement, on constate souvent que le résultat n’est pas ressemblant, sauf accident. »

Dans un reportage passé à la télé il y a quelques années, on la voyait dans son atelier, une sorte de maison sur un toit plat à Place Blanche, havre de paix, en baver littéralement sur la confection de sa BD. Elle ne dessine absolument pas à main levée, elle peine, elle gomme, gomme gomme comme une forcenée, gratte, froisse, jette, recommence… Elle rame, donc, ce qu’on n’imagine pas venant d’une femme comme elle au style dilettante.

  Donc un très beau livre, surprenant car très varié comme j’essaie de vous le montrer dans ce blog. Les frustrés peuvent aller se rhabiller !

Il existe aussi un coffret collector numéroté avec une sérigraphie originale de l’artiste. J’ai raté la séance de signature, à l’automne, et tant mieux, j’ai horreur des séances de signature.

 

Claire Bretécher. Dessins et peintures. Editions le Chêne octobre 2011. 240 pages, 39,90 €. Imprimé en … Chine, pays de l’encre à dessiner…

Texte © dominique cozette

Ce livre était sur « la liste de mes envies ».

Et voilà, il est dévoré. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de ralentir un peu, d’en garder la fin pour le lendemain, mais le lendemain devient vite la veille.
J’avais donc apprécié au-delà du raisonnable le premier opus de Grégoire Delacourt « l’écrivain de la famille » (mon article ici) paru l’an dernier, me disant qu’il allait falloir attendre un bail pour en savourer un autre — selon mon pessimisme optimiste — et toc ! me voilà avec le deuxième !
Ce qui est top, c’est que Grégoire Delacourt nous change de registre. Après avoir raconté son histoire de façon romancée, il fait dans la fiction totale en nous contant celle de Jocelyne, mercière à Arras, qui, poussée à jouer par des copines, gagne le gros lot. Puis décide de ne pas le claironner mais surtout de ne pas l’encaisser, de peur de perdre ses bonheurs tout simples. Je n’en dirai pas plus, l’auteur le raconte très bien.
Grégoire, que j’ai connu dans une autre vie, aime les gens de peu, les humbles, les simples et les gentils. Et puis le nord. Il nous introduit avec grâce dans la famille de Jocelyne, dans son couple, dans sa tête et ses rêves de jeunesse évaporés. Jocelyne qui, sans faire de philosophie, soupçonne qu’il y a plus à perdre qu’à gagner avec une telle somme. Jocelyne qui fait confiance aux autres, qui ne voit pas le mal, ou ne veut pas le voir, qui, sans être une sainte, aime bien rendre service. Elle tient d’ailleurs un blog sur les astuces, les trucs, les cent idées de la vie quotidienne via les travaux d’aiguilles. Elle pardonne assez facilement quand on lui fait des crasses mais attention, faut pas en remettre une couche ! C’est une pragmatique, pas une victime.
Bien sûr, c’est sentimental car Jocelyne est sentimentale. Elle lit et relit Belle du Seigneur tout en déplorant sa tragique issue. Et revient  sur le lieu d’un de ses bonheurs pour essayer, sans trop y croire mais on ne sait jamais, de le retrouver.
Et puis, grâce ou à cause de son gain, il y a la liste de ses envies, qu’elle refait de temps en temps, et qui nous met bien le nez dans l’incohérence de notre société bling-bling et autiste.
C’est un roman pas très épais, ça n’est pas une critique car tout est dit avec précision, acuité et sentiment.  C’est un roman suffisamment dense pour en faire un  film. Et pourquoi pas ?  Son premier livre a été couronné de plus d’une dizaine de prix. Et celui-ci « a déjà séduit les éditeurs du monde entier » comme c’est écrit sur le bandeau.
Bravo Grégoire ! Sans mettre la pression, j’attends le suivant…

Grégoire Delacourt « La liste de mes envies ». Editions JC Lattès. 2012. Imprimé développement durable. Presque 200 pages. 16 €.

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #80

En première ligne cette semaine, le terroriste NS qui braque toutes les chaînes de télé et qui agace. Puis kaï, kaï, bonjour monsieur l’Hiver, des aphorismes toujours très drôles et un peu de poésie trash de l’ami PG. Bref, une semaine fructueuse !
– SG : Les économistes s’affrontent pour savoir s’il faut laisser faire la main invisible ou s’il faut la guider. Les économistes sont des cochons.
– PM : Quelqu’un peut il dire à Merkel que le petit président n’est pas candidat?
– ML : 20h10, Sarkozy façon Kim Jong-Il occupera 9 chaînes. Les spécialistes annoncent un baby boom sans précédent pour octobre 2012.
– PAG : Ce soir sur TF1 : La Vérité si je Mens. Sur France 2 : La Vérité si je Mens. Sur LCI : La Vérité si je Mens. Sur BFM TV : La Vérité si je Mens. Sur I-Télé : La Vérité si je Mens. Sur La Chaîne Parlementaire : La Vérité si je Mens. Sur Public Sénat : La Vérité si je Mens. Sur TV5 Monde : La Vérité si je Mens. Sur France 24 : La Vérité si je Mens. Bref, allez au cinéma.
– OVH : Mon cher Nicolas,
Tu voudras bien m’excuser de ne pas assister à ton show de ce soir mais mon mari veut voir Inspecteur Barnaby. J’espère que tout se passera mal pour toi.
Des bises,
La Belge qui ne pourra jamais ne pas voter pour toi.
– PL : La même image à la même heure, prévue sur ce soir sur TF1, Fr2, i-Télé, BFM TV, LCI… Dois-je faire une réclamation pour défaillance technique ou porter plainte pour harcèlement psychologique?
– BD : Ce soir j’ai zappé sur 9 chaines et je suis tombé sur la même image. Je pensais habiter en France pas en Corée du Nord…
– SG : On ne dit pas javelliser, mais j’ai lu !!!!
– JPT : Si j’avais su tout ce que Sarkozy avait l’intention de faire s’il avait été élu président, je crois bien que j’aurais voté pour lui en 2007.
– PE: Sarkozy a également présenté la météo ce soir, histoire de pouvoir enfin annoncer une baisse de quelque chose.
– RD : A préféré « La France Sauvage » sur Arte à « La France Sauvetage, Chômage, Cafouillage, Cirage, Clivage, Enfumage, Gaspillage, Naufrage, Matraquage, Pourcentage, Racolage, Raffinage, Rattrapage, Repêchage, Renflouage, Sabotage, Saccage, Sondage, Suffrage, Tapage, Trucage et Ratissage » de Sarko…phage !
– HAD : Le président a dit : Je ne me déroberai pas.. Heureusement !! Ne pas oublier qu’il fut avocat!! Et puis seul le roi est nu!
– DT : Par ces temps de crise, il y a malgré tout une banque qui est beaucoup moins exposée que toutes les autres : la banque du sperme !

Elle est très solide, en effet, puisque ses avoirs y sont gelés. 
Son succès est grandissant: pour y entrer il faut sans arrêt faire la queue, mais ensuite vous êtes bien pris en main. 
Une banque paradoxale car, pour faire un dépôt, il faut être à découvert.
Une banque qui propose des placements juteux, en liquide, surtout en bourse. 
Une banque vraiment inébranlable…
– EO : Hier j’étais au premier rang, devant ma télé, pour la tournée d’adieu de Nicolas Sarkozy
– DC : Quand on a perdu un A, courage ne devient-il pas courge ?
– MB : Putain, faut que je me maîtrise, ce soir. J’suis à deux doigts de vous faire une déclaration d’humour. Alors qu’on sait qu’avec deux doigts, on peut faire mieux. Beaucoup mieux …
– SP : Mise sous tutelle de la Grèce !… Par l’Allemagne !… Aristote, au secours !
– CK : J’ai hâte d’être au 7 mai pour échapper à la paranoïa qui m’envahit quand je lis les posts concernant un certain « Nicolas » et qu’il me faut une nano seconde (tout de même) pour réaliser qu’il ne s’agit pas du mien 😀
– EL : L’affiche de Stéphane Guillon interdite dans le métro. En revanche, pour nous infliger le slip de Bigard, la RATP a moins de scrupules…
– ML : Chevènement se retire. Mais on avait rien senti.
– MM : Ah les ados ! L’été ça met des pulls et l’hiver ça met des tee-shirts ! Prise de tête tous les matins ! Bras en croix de la maman devant la porte : « tu ne sors pas comme ça ! »
– HPE : d’après le député Dosière, un ministre coûte 17 millions d’euros par an. Morano ? Lefèbvre ? Chatel ? Berra ? Ca fait cher l’incompétence crasse.
– ND : J’ai rêvé qu’on avait vendu 126 Chevènement à l’Inde.
– CC : je crois qu’on va passer la fin de notre vie à décocher, paramétrer, déparamétrer, démonter ( dans le meilleur des cas ) suspecter, oui …. aussi , où sont les années 70 avec Amicalement vôtre, Manix , et les dossiers de l’écran qu’on pouvait regarder peinards sans que le planète entière le sache ? J’te dis, un cabanon, de l’eau claire et une chèvre
– CR : c’est vraiment la crise, quand on envoie que le farine et pas une tarte entière
– PG : Putain, la mère Dehlia, elle nous pète une durite avec ses basses températures…. pour une fois qu’il se passe quelque chose…. elle trempe sa culotte, fais gaffe Evelyne, en sortant de TFI tu vas te retrouver avec un glaçon entre les cuissots….!!!!!
– DT & EL : « The Artist », le film muet, rafle 10 nominations aux Oscars;une première pour un film Français !

Comme quoi, quand les Français ferment leurs gueules, tout le monde les apprécie !
– JPCM : Quelle chanteuse à la mode faut-il détester, déjà, pour être à la mode ?
– AB : « Tiens ca fait longtemps que j’ai pas fait une purge dans mes amis facebook. » (Staline)
– SG : Il est cinq heures, Paris s’éveille, deux claques, une douche froide et je la mets dans son taxi avant que les paparazzi rappliquent.
– KB : Recensement 2012. Mon immeuble sélectionné. Je remplis les documents. La case PACS n’existe (toujours) pas. Bienvenue en France en 2012.
– BA : Que les politiques cessent de tout mettre sur le dos de la crise. Qu’ils se remettent en cuse. La crise, c’est peut-être eux !
– HV : Demain, le premier chiot que j’attrape, j’en fais un manchon.

Dessin © dominique cozette

En toute pour le Goncourt !

C’est une BD très marrante et légèrement littéraire qui fera rire tous ceux qui se sont essayés un jour à la littérature. « En toute pour le Goncourt » est l’illustration de ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire si on veut se retrouver un jour sur une table de la FNAC à côté de Jauffret et de Nothomb.
Les strips — deux par page —  sont tous un petit gag à eux seuls et nous montrent un héros avec un giga poil dans la main qui ne cesse de procrastiner, jusqu’à ce qu’il se contente d’un roman minusculissime. Prétentieux, en plus, et pénible car il ne cesse de solliciter son ami Mathieu qui lui donne les bon conseils — jamais suivis — il n’envisage de publication que chez Gallimard. Puis éventuellement Minuit. Il campera devant sa boîte aux lettres comme si ces éditeurs n’attendaient que lui, et avaient accepté sa courte prose dès réception.

Je voulais vous mettre plusieurs strips mais le format n’est pas lisible, alors tant pis. Vous auriez vu que le dessinateur ne s’est pas trop cassé le tronc non plus puisqu’il doit y avoir une dizaine d’images différentes – au bureau, au lit, dans la cuisine, à vélo, nuit/jour — avec juste la bouche qui change d’expression. N’empêche, ça reste très efficace.
Si vous ne  l’achetez pas, si votre bibliothèque municipale ne l’a pas, allez le lire dans votre librairie pour bien commencer la journée, ou la finir… ou lisez presque tout (mais pas la fin) sur le site du Figaro ici

En toute pour le Goncourt. Jean-François Kiezkowsi & Mathieu Ephrem. Editions Cornelius 2011.

1960, le bonheur ? Pas vraiment…

Réalisé par deux poids lourds du regard sur la société, Jean Rouch, cinéaste et Edgar Morin, sociologue, ce film, « Chronique d’un été », qui a été tourné l’été 1960 a reçu le prix de la critique à Cannes, en 1961.
Ce qu’en dit Wikipedia : « Paris, été 1960, Edgar Morin et Jean Rouch interviewent des Parisiens sur la façon dont ils se débrouillent avec la vie. Première question : êtes-vous heureux ? Les thèmes abordés sont variés: l’amour, le travail, les loisirs, la culture, le racisme etc. Le film est également un questionnement sur le cinéma documentaire : cinéma-vérité et cinéma-mensonge. Quel personnage jouons-nous devant une caméra et dans la vie ? »
Les protagonistes de l’affaire interviewent des inconnus dont certains entrent dans le groupe et tissent des relations qu’ils vont rejouer devant la camera. Car les auteurs pensent qu’on se lâche mieux dans une ambiance conviviale où l’on peut manger, boire et fumer. (Ils fument tous comme des dingues).
Ce qui est remarquable, c’est la pudeur des gens sur leur vie personnelle. Rappelons que les premières émissions  psy où les gens déballaient leurs problèmes sont arrivées bien plus tard et ont fait scandale ! Donc, on ne parlait pas de ça, de la relation simplement amoureuse. Affaire privée. On pouvait juste évoquer le fait que oui, « dans mon foyer » ça va bien. Et c’était pas si mal, déjà. Une des filles — sorte de Béatrice Dalle italienne stupéfiante — qui est tombée amoureuse  durant le tournage se confie mais c’est très critiqué par les autres, ensuite.
En revanche, on est plus loquace sur les conditions de travail qui sont assez épouvantables dans les ateliers Renault ou autre, où  le petit chef a tous les droits. Il y a des millions d’ouvriers dont la vie se résume à métro, boulot, dodo. Et peur de se faire licencier. Il y a aussi les intellos, ou étudiants (on verra Régis Debray très jeune mais on ne le saura qu’après la projo).
Où ils vivent, tous ces gens, c’est loin d’être le minimum syndical. Souvent dans des piaules minables, sans eau ni chauffage, sous les toits en général et loin de Paris, déjà. Ils se lèvent très très tôt et le soir, ne font pas grand chose. Il n’y a pas grand chose à faire à cette époque le soir, pas de télé, pas de téléphone, pas de livres de poche… Les rues de Paris sont moches, toutes noires — Malraux n’est pas encore passé par là avec sa loi sur le ravalement — , les jeunes font adultes, soucieux, leurs engagements politiques sont déçus et la guerre d’Algérie les attend, pour les envoyer dans l’horreur durant 28 mois !
Une séquence drôle se passe à Saint Trop car Rouch trouvait que le film était tristouille. Et là, une starlette insensée, taille de guêpe,sosie cheap de Bardot, nous donne sa petite leçon de vie : c’est la mode de dire qu’on s’emmerde, à Paris, à Saint Trop, partout,  mais elle, elle s’amuse bien, on la prend en photo, elle fait du ski nautique, elle profite joyeusement… une blonde qui finalement, n’est pas si conne. (je me souviens qu’effectivement pour faire bien, il convenait d’être « blasé ». Ça n’a pas tellement changé).
Alors quoi ? Tous ces gens qui affirment qu’on était des petits vernis, si on les envoyait vivre ces années-là, ben ils feraient une drôle de tête ! Je vous le dis en face…

Extrait de 30 mn

Extrait de 5 mn  sur le racisme

Un très bon article de Critikat

Texte © dominique cozette

Paul Auster m’a invitée à Sunset Park : Super !

J’avais abandonné Paul Auster ces dernières années, ça ne me disait plus rien. Et là, je viens de lire son dernier, « Sunset Park » et je le trouve formidable, d’une très belle écriture et d’une construction très simple et efficace. Les personnages y sont décrits avec une minutie qui, sans être aussi alambiquée que celles d’écrivains sortant d’ateliers d’écriture, nous les attache durablement car ils se mettent à exister dans notre esprit avec leur historique de souffrance, de petites victoires ou de tares mal assumées.
On y croise, croiser n’est pas le mot, on y rencontre d’abord le héros, Miles, anti-héros plutôt, mal dans sa vie depuis toujours, sa mère l’ayant laissée  à six mois à son père pour vivre sa vie de comédienne. Puis Pilar, la femme de sa vie, une jeune lycéenne mineure, orpheline dont il s’occupe comme un père puisqu’il est plus âgé. Puis son père, éditeur marié à sa belle-mère qui l’a élevé avec son demi-frère. Le problème de Miles, c’est qu’il se demande s’il a tué son demi-frère en le poussant sur la route. Avait-il vu la voiture qui l’a heurté avant de le pousser ?
Ne pouvant vivre avec cette horrible question sans réponse, il fuit ses parents, ne donne plus signe de vie et c’est en faisant des petits boulots qu’il rencontre Pilar. Mais une des sœurs de celle-ci veut le rançonner sinon elle le dénonce. Il retourne donc à New-York, dans un squatt où vit son meilleur ami et deux femmes au parcours pas facile non plus. En attendant la majorité de la jeune fille qu’il se prépare à épouser.
Après sept ans et demi, comment renouer avec son père, sa belle-mère et sa mère ? Comment se prouver qu’on a grandi, qu’on est apte à mener une vie probe et apaisée ? Mais est-ce qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive ? Est-ce qu’il faut être conforme à ce que la société exige pour s’en sortir ?

A travers ses personnages touchants, Paul Auster nous donne une image de l’Amérique d’aujourd’hui qui commence à s’accommoder de la vie en marge. En même temps, elle reste très proche de celle plus bobo qu’il fréquente : le monde des artistes et de l’édition, du théâtre et de la culture. Et puis, il a vécu à Paris et ne l’oublie pas : c’est toujours agréable de retrouver notre modeste rayonnement dans une histoire made in loin d’ici.

Paul Auster. Sunset Park. 2011. Editions Actes Sud, 317 pages et pas une en trop.

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #79

Pas de sujet récurrent, si, pas mal d’élections et un peu de Zahia, mais  des petites préoccupations perso comme le cunni, les courses au Monop, le Ruinart, les PIP, bref, la vie ordinaire… qui se termine par une méga bonne nouvelle !
– JC : Ah les délices de la sémantique. A propos des 4 derniers soldats français tués en Afghanistan, Gérard Longuet (qui n’en est pas à une connerie près) s’est écrié : » c’est un assassinat, ce n’est pas la guerre »
Si quelqu’un peut m’expliquer la différence……
– SP : vient d’apprendre en regardant la téloche, que tirer au fusil sur des militaires Français en short c’est un assassinat mais que tirer des missiles sur des « cibles sensibles » avec des Rafales, c’est de la guerre propre.
Ce que c’est que la sémantique !
– AB : Quand tu tapes cuni sur un Apple le correcteur écrit cuniculiculture. C’est quoi la cuniculiculture???!??
– DT: Un comprimé n’est pas forcément un imbécile récompensé.
– CA : enfin vu Intouchables… Très bien ce remake de Pretty Woman. Trame, construction, scènes identiques…. pour l’opéra, le shopping, l’avion, l’hôtel, les domestiques, le baignoire, le lit… Omar Sy est impayable dans le rôle de Julia Roberts, Cluzet impecc dans celui de Richard Gere…
– AR : j’ai rêvé ou j’ai bien entendu ? dans le métro, en plus des « paquets abandonnés » il faudrait signaler les « comportements suspects » ?????
– SP : Fermeture du site Megaupload ! A quand la fermeture des sites pédophiles ?????copiez et partagez!!!!!!!!!!!!! Oui ma fille je partage!!!!!!!!!
– CW : Pourquoi les futurs pères draguent-ils comme des chaluts ? Pendant que Madame pousse, Monsieur trousse….
– CW : je suis la plus heureuse de créatures de ce bois : j’ai des amis artistes, des amis écrivains, des amis chasseurs, des amis communistes, des amis des bêtes, des amis rentiers, des amis anarchistes, des amis vieux, des amis capitalistes, des amis chômeurs, des amis qui vont à pied, des amis qui vont à vélo, des amis picoleurs, des amis végétaliens, des amis d’alle et d’ailleurs, des amis sinon rien, et tous s’entendent à peu près bien….
– JMB : Ça me casse quand même les burnes de constater que, pour la première fois dans l’histoire des Oscars, il y a eu DIX nominations pour un film français que je n’ai pas vu ET QUE JE N’AI TOUJOURS PAS ENVIE DE VOIR !
– MC  S’interroge sur l’utilité d’un pou, ne trouve pas de réponse scientifique, en vient à se demander si l’utilité d’un pou n’est pas justement de nous prouver qu’on a pas besoin d’être utile pour exister.
– VO : Un docu sur un couple qui s’aime malgré la maladie d’Alzheimer suivi d’un docu sur l’holocauste…J’ai bien fait d’avoir la pêche avant…
– CB : Ainsi donc Sakozy aurait dit que s’il perdait les Présidentielles, il se retirerait de la vie politique. Encore une bonne raison de voter Hollande.
Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas la meilleure !
– JPT  : Je crois autant à la retraite politique de Sarkozy après sa défaite en 2012 qu’à sa retraite religieuse dans un monastère après sa victoire en 2007.
– JPT  : Nicolas Sarkozy : « Si je suis battu, j’abandonnerai la politique et vous n’entendrez plus parler de moi ! »
Encore une promesse électorale qui ne sera pas tenue…
– OVH : Quand je serai inhumée, je veux une bouteille de champagne Dom Ruinart Rosé dans le cercueil et qu’on mette ma dalle en pente.
– LMF  : >franchement | je prefere vos posts du soir
– CW : Jean-Claude Mas des PIP « enfin » mis en garde à vue… on a failli attendre… je me demande si en tant que contribuable et contributrice au régime social, je ne vais pas porter plainte contre ce monsieur qui n’a pas fini de nous coûter très cher. AU FAIT, A QUAND LES ACTIONS COLLECTIVES (« Class actions ») DANS NOTRE FOUTU PAYS ???
– VS : Politique fiction? Ce soir, Hollande est opposé à Juppé dans un débat sur France 2. En fait, personne ne le sait encore : Sarkozy ne se représente pas. Sa mission : attirer sur lui tout le négatif, toutes les haines. Le candidat, c’est Juppé. Il se déclare dans 2 semaines. Ouf de soulagement généralisé à droite, Le Pen et Bayrou font la gueule et plongent dans les sondages, Juppé est à 27% à la première enquête. Hollande n’a plus son ennemi favori, il remballe son discours sur l’agitation, le bling bling et la présidence « normale ». Le débat de ce soir est le premier débat du deuxième tour…
– JPT : Quand je vois le geste que le PS essaie de populariser en ce moment, les bras m’en tombent !
– OVH : Entendu hier au Monoprix
Une vieille dame : Bonjour,comment allez vous, on ne vous voit plus…
L’autre vieille : Ne m’en parlez pas, mon père est décédé.
La vieille dame : Oh! Mon Dieu! Excusez moi, j’ignorais, toutes mes condoléances!
L’autre vieille : Oh, n’en faites pas une histoire, il avait tout de même 105 ans!
La vieille dame : Tout de même ça fait un choc!
L’autre vieille : Et bien moi, j’en avais ras le bol du vieux.
– ET : Je préfère un front de gauche qu’une face de droite 🙂
– DC : Zahia, nouvelle iconne.
– B. : N’empeche Zahia elle se fait payer pour ce que vous faites gratuitement, qui est perdante dans l’histoire ?
– D : Zahia lance sa propre marque de lingerie. Ribery sait maintenant quoi offrir à sa femme pour la saint-Valentin
– RA : Tu ramènes une fille chez, tu la déshabilles et là tu découvres qu’elle porte de la lingerie Zahia, et tu te dis « COMBIEN ÇA VA ME COUTER? »
– MC Trouve que le président rentrant a déchiré, il a même réussi à faire passer gentiment Juppé pour Jackie Wright. Jackie Wright le petit vieux qui se faisait tapoter le crâne par Benny Hill.
– DT : Eleveur d’oiseaux échangerait pie voleuse contre paire de mainates.
– EO : Juppé, il devrait être utilisé dans les aéroports, comme détecteur de frigidité.

Si le Clitoris et le Pénis étaient des super héros et si ils avaient un ennemi juré, ce serait Juppé. 

Ce mec, ne fera jamais bander la France.
– DC : Aujourd’hui le marketing occupe une telle place en politique qu’on a du mal à croire qu’un candidat pense ce qu’il dit, comme on du mal à croire qu’une actrice porno éprouve du plaisir
– BS : Shakira chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
Vivement Nadine Morano au Nobel de littérature.
– CS : Mercredi prochain FaceBook effectue une levée de 10 Milliards $ à la bourse de New-York…..après cela il faut s’attendre à ce que les nouveaux actionnaires demandent un meilleur rendement financier à l’outil…
– JMB : En ce moment, il y a des femmes qui paient cher leur PIP, et DSK qui paie cher la sienne.
– DC : Le président vient d’assimiler un nouveau verbe dans son vocabulaire : regretter. Ah.
– ET : CA Y ESSSSSSSSSSTTTTTTTTTT !!!!! J’AI MON UKULELEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!! J’AI MON UKULELEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!!!!!! J’AI MON UKULELEEEEEEEEEEEEEE !!!
Aaaaaaahhhhhhhhh suis contennnnnnte !!!!!!!!!!!

Gravure d’après Picasso © dominique cozette

Sevellec, les photos de ses folles boîtes

Je vous ai parlé il y a peu de Roan-Jim Sévellec, artiste qui fait des boîtes ahurissante. C’est ici.
En fait, je viens juste de recevoir les photos qui vont avec. Vous verrez, c’est sidérant. Je vous rappelle que l’expo est prolongée jusqu’au 25 février. Voir adresse ci-dessous.

 

 

 


Ronan-Jim Sévellec à la galerie Antonine Catzeflis, 23 rue Saint-Roch, 75001. Prolongation jusqu’au 25 février.
Photos © Joel Laiter

L’année 65 racontée à mes blecteurs*

En 1965, ça pète de partout ! Ouille-ouille ouille !
Ça pète sur le Viet-Nam, que bombardent allègrement les Etats-Unis, et dans les rues de New-York avec les manifestants contre cette guerre inique. Ça pète entre l’Inde et le Pakistan, ça pète sous le Mont Blanc pour finir d’ouvrir le tunnel, ça pète à Harlem pour ce pauvre Malcolm X, bing, t’es mort ! et aussi à Paris pour ce pauvre Ben Barka, bang, terminé.
Ça pète de joie chez les Françaises qui, tenez-vous bien jeunes femmes d’aujourd’hui ! sont autorisées à ouvrir un compte en banque, à travailler et à gérer leur bien sans que leur mari ait son mot à dire !!! Oui, oui oui ! Même s’il est contre, d’ailleurs : couché, le mari ! Ce qu’essaie de dire Sylvie Vartan au sien, de mari tout juste épousé, qui est plutôt du genre à découcher !
Ça pète sec chez les grenouilles de bénitier qui s’offusquent de ce qu’on autorise la messe en français. Et ça pète pas très haut, niveau commentaires, devant  la mini-jupe qui est de sortie dans la rue. Visionnez les incroyables réactions des réacs de l’époque à la Gaminerie du boulevard Saint Germain, ça vaut son pesant de baffes.
En revanche, ça pète très haut dans l’espace. C’est la guéguerre entre l’est et l’ouest ! Le premier à sortir « dehors » avec son cordon ombilical est le cosmonaute Leonov, suivi trois mois plus tard par l’astronaute White. Nous, en France, on lance un petit truc, une chtite fusette,  j’sais plus quoi.
Sinon et à part ça, de Gaulle est le premier président français élu au suffrage universel, à 55% des votes contre François Mitterrand qui traite sa politique de dictature. Le Royaume Uni suspend la peine de mort pour cinq ans tandis que les minettes se dessinent des cils sous l’œil et des taches de rousseur sur les joues. Trop cute !
Monod et Jacob reçoivent le prix Nobel de médecine et Kodak lance le Super 8 pour les amateurs.
Côté lettres, ça pète le feu du côté d’Hara-Kiri, le journal bête et méchant, qui lance son édition livres avec quatre auteurs-phares : Cavanna, Wolinski, Gébé et Topor. Sortent aussi, outre les K. Dick, Calvino, Updike attendus, la Chamade de Sagan et l’immarcescible succès de Perec : Les Choses (que je vous conseille de relire).
La plus grosse panne d’électricité des temps frappe 30 millions de personnes à New-York dont 800 000 bloquées dans le métro. Combien de bébés neuf mois après ?Je pose la question.
Nous, on a l’EDF qui alimente nos télés et on se régale avec une émission iconoclaste, Dim Dam Dom, et quelques feuilletons pas piqués des vers : Belphégor avec Juliette Gréco, Belle et Sébastien — non, ce n’est pas un groupe mais une fille et son chien — Max la Menace ou comment téléphoner de sa chaussure quand le mobile n’existe pas, et les Saintes Chéries ou les premiers pas de madame la Bourge qui veut s’émanciper des clichés qui l’étouffent (femme au volant, mort au tournant, ce genre).
Le film français pète la forme avec d’inoubliables succès  defunesques tels le corniaud et le gendarme à New-York .
New-York où B.B. qui n’a jamais pété plus haut que son beau cul parce qu’elle n’en avait pas besoin, débarque avec le succès que l’on sait pour la promo de Viva Maria. New-York encore qui offre  deux James Bond pour le prix de deux :  Goldfinger et Opération Tonnerre. Mais en France, on n’est pas de reste avec deux Godard : Alphaville et Pierrot-qu’est-ce que j’peux faire – Le-Fou. Les palmes azuréennes vont à Richard Lester avec « le knack… et comment l’avoir ». Très dans le vent !
Une grande dame se la pète mais elle a bien raison avec « seulement » quatre pièces de théâtre dans la même année, et dans les plus belles salles de Paris : Marguerite Duras !
Ça pète encore plus fort dans les baffles avec Satisfaction (Stones) Vs Help (Beatles). La Reine, sensible à leur image propre sur soi, décore les quatre chevelus à cravate. A part ça, c’est l’explosion des groupes anglo-saxons que nous connaissons tous : The Doors, Loving Spoonful, Herman Hermit, Kingsmen… Un ovni : James Brown avec son père qui arbore son  brand new bag, enfin qui montre plutôt comme il est loin d’être ringue car il connaît toutes les danses de ses morveux de kids.
Tandis que nous en France, on a Capri c’est fini et Aline pour qu’elle revienne, et même si tu revenais, de l’Egyptien blondinet à ressorts, le folkore américain de miss-aux-couettes, les mains sur tes hanches du gendre idéal italo-belge, l’amitié — pour remonter le niveau —  de la belle grande tige dont Dylan et Jagger sont amoureux, mais aussi l’immense succès de la Petite gainsbourrette, poupée de cire. Mais hélas, hélas, hélas, on subit pour la première fois la fausse Piaf à la coupe au bol qui vient de remporter le crochet à la télé, sans imaginer que c’est elle qui nous fera entrer, quarante deux ans plus tard et de façon calamiteuse, dans la beaufitude sarkozienne et sa constellation de bouffons (je m’égare) !
En 65, il y aura des naissance : Emmanuelle Béart, Philippe Torréton, Step de Monac, Beigbeder, Bjök, Rachida Dati, Barouin. Ah, j’allais oublier le plus important : Pascal Obispo !
Sont partis en 65 le bon docteur Schweitzer pour qui minuit  sonna au clocher de Lambaréré. Mais aussi Winston Churchill, Nat King Cole, Somerset Maughan, le Corbusier et Stan Laurel.
Quant à moi, hé bien, les garçons, les chansons, le bac, la fac et … aucune conscience politique. T’façon, j’étais mineure !

Pour voir ou revoir les années précédentes : L’année 64 ici

Texte © dominique cozette / Photo © pour M.A.T, toutes dans une caisse et hop ! (pull Mayfair si ça dit quelque chose à quelqu’un)

* Blecteurs = lecteurs de mon blog

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