Pour une fois, un article utile…

"On ne reste jamais seul"

C’est pas non plus l’invention du siècle qui vous renvoie dans le passé pour bidouiller votre avenir, ou la martingale pour gagner 225 millions d’euros sans même jouer au Loto, c’est pas non plus le philtre magique qui le ou la fera tomber pour la vie au premier coup d’oeil, ou encore  l’engin à éliminer sans douleur ni peine tous ceux qui vous pourrissent la vie, quoi que ça n’en soit pas loin puisqu’il s’agit de tous ceux et celles qui vous emmerdent pour vous vendre des doubles vitrages, des opérateurs téléphoniques, des tapis d’Orient à l’heure où, à peine rentrés accablés du bureau (je dis  du bureau mais ce pourrait être de l’usine, de l’atelier, du magasin, du claque…), vous vous relaxez avec votre chéri(e) à portée de langue et de bras, un petit mojito sur la table basse où sont posés les carnets de correspondance des enfants à signer absolument, au moment où commence votre émotion favorite sur votre écran préféré, ou à l’heure du brunch dominical où vous paressez au pieu avec vos meilleurs personnes ou animaux sur le lit, ou sans personne car bon Dieu ce que c’est divin aussi d’être peinard sans rien pour entrer par effraction dans votre champ visuel ou auditif, ou encore au moment où vous mettez le pied dans votre bain à remous saturé de sels et déjà pré-empli par la personne de votre choix qui sait vous masser entre les arpions, vous savez lesquels bien sûr, ou encore mais c’est plus rare, lorsque vous êtes en train de compter jusqu’à trente pour que vos oeufs à la coque soient carrément au point, eh bien c’est à ce moment-là que celui ou celle qui dit s’appeler Virginie avec l’accent du Maghreb, ou Jérôme avec une petite pointe d’oriental, tente de vous appâter avec son produit à la noix dont vous n’avez que faire.
Bien sûr, vous pouvez l’envoyer péter, lui raccrocher au pif et retourner à vos affaires  mais vous avez pitié de ce pauvre travailleur de l’ombre, alors vous le laissez déballer son truc pour finir par le remercier d’avoir pensé à vous et ajouter que hélas, vous avez déjà l’objet en question et que vous ne comptez pas en changer, donc qu’il a perdu trois minutes pour rien et que trois minutes, c’est énorme.
Fred, Serge, Sylvie, Béatrice, vous tous, mes amis, ne soyez pas polis, le temps c’est de l’argent. Raccrochez leur au nez très vite, c’est le meilleur sévice à leur rendre.  Puis allez sur le site qui vous évitera de telles mésaventures : PACITEL. Le site est ici, c’est tout simple. Vous serez sur une liste interdite, plus personne* ne viendra vous emmerder au téléphone. Cool, non ?
* Cette liste ne filtre pas les tapeurs sympathiques, les patrons harceleurs, les banquiers sournois, les amis chieurs, les pots-de-colle récurrents. Pas plus que les relations qui vont racontent par le menu comment ils se sont fait enlever leur verrue plantaire, les belles-mères et beaux-pères qui vous abreuvent de conseils pour vos travaux de salle de bain ou vous informent sur les meilleurs produits anti-poux, votre ex qui vient d’avaler un tube de tranxène, votre vieille tante sourde qui vous demande de la coacher pour envoyer ses photos sur internet. ( Par bonheur, vous échappez aux copains de vos enfants, ils ont tous leur mobile, veinards !, vous n’avez pas connu ce cauchemar de la mainmise sur le combiné collectif pour des communications stupides et interminables qui vous mettaient la rate au cour-bouillon !)

Dessin à l’aquarelle  © Marcel Gautho, 11 ans. Texte © dominique cozette. 11 ans et quelques.

Mr Nobody, c’est quelqu’un !

J’avais complètement zappé ce film de Jaco van Dormael, celui-là même qui avait fait le Huitième jour — rien à voir d’ailleurs — et qui s’appelle Mr Nobody, réalisé dans plusieurs pays, le rendant américain. C’est la version longue que j’ai vue en DVD, deux heures 30 de bonheur sur le thème des choix de la vie, un peu comme l’avait suggéré Smoking/ No smoking, mais en plus travaillé.
Le pitch : avant de naître, on sait tout, puis on oublie tout. Sauf que Nemo, le jeune héros, se souvient de pans d’avenir et peut anticiper des événements lourds comme l’accident de son père. Ou ce qu’il adviendra de lui s’il choisit de rester avec son père ou courir vers sa mère lors de leur séparation, aventures qui se compliquent lorsqu’il s’agit de déterminer  laquelle de ses trois petites copines d’école il sera le plus heureux. Entre différentes options qui s’interpénètrent façon puzzle, et qu’il semble vivre réellement, on atteint  le bout de sa vie où il a 120 ans, est présenté comme dernier mortel de la terre, épié et dépouillé de ses souvenirs comme un serpent de sa mue.
Ce film est un enchantement permanent car il créé de de la surprise à chaque scène et, comme dans les rêves , il condense, déplace et trafique l’existence, le cours du temps,  les amours, de façon jouissive et inattendue. Le choix des Nemo, enfant, ado, jeune homme, homme et vieillard est parfait, la transformation est vraisemblable, il en est de même des autres personnages. Les principaux acteurs sont Jared Leto (requiem for a dream) et Diane Kruger (inglorious bastards). Ils ont tous un bleu de l’oeil fascinant, et à vrai dire, l’image est super travaillée, les trucages formidables, destruction et reconstruction du réel, navigation dans le temps, et montage. La bande-son dégage aussi. Bon, si vous voyez ce  DVD, prenez-le.
Mr Nobody, janvier 2010, prix de la meilleure contribution technique et artistique 2009 à la Mostra de Venise et nombreux autres prix.
Voir la bande annonce ici, sur le site du film

Texte © dominique cozette

Marcel Duchamp est mon cousin !

Oui, enfin, c’est plutôt mon très proche voisin. Enfin, disons que le jeune artiste ayant reçu le prix Marcel Duchamp 2011 expose à 20 mètres de mon chez moi, au nouveau CREDAC d’Ivry qui vient de prendre ses quartiers à la Manufacture des Oeillets où je demeure.
Il s’appelle Mircea Cantor, ce n’est pas un chanteur mais un jeune roumain, merci qui pour ne pas avoir été déporté en Roumanie ??? Merci Yvon Lambert, the galeriste qui l’a remarqué il y a peu. Et devinez qui est venu frétiller dans ses jambes pour lui remettre le prix ? Pas Mitterrand et sa casquette culturelle,  pas non plus le rigolo de service qui n’a pas finir de cuire (il pieute dans le bureau de papa-maman, ce grand garçon) (et il s’occupe vachement bien des gens qui viennent manger notre caviar… mais si, l’ex de Carla, enfin çui qui fait du roller avec une robe d’avocat !) Ben qui alors ? L’inénarrable Valérie Pé… pé…cresse ! Ah ah ah ! Elle a dû s’acheter des jolies chaussures et se faire prêter un chiffon d’une grande maison pour parader dans le grand parterre des collectionneurs à l’origine, non pas du monde, mais du prix Marcel. Rigole pas, Marcel ! C’est peut-être pour qu’une paire d’ovaires puisse co-fêter ce prix d’impêtrants uniquement porteurs de testicules.
Ce prix créé par un collectif de collectionneurs a pour mission la diffusion internationale de l’art français. Mircea Cantor, alors ? Hé bien il était en résidence en France. Ah, bon, ouf !!! Bref, en plus d’un dîner de gala à l’hôtel Dassault, il va être gratifié d’une dotation de 35 000 euros puis devra produire une oeuvre pour le centre Pompidou avec un budget de 30 000 euros.
Quelques précisions et photos supplémentaires sur l’oeuvre de ce jeune lauréat fort avenant que j’ai vu en personne lors du vernissage où je suis descendue en chaussons puisque c’est chez moi aussi, on va pas se gêner non plus ! (Tiens, je prends le ton de Pierre-Arnaud, il déteint sur moi, le gredin !) sur le blog Stiletto que je découvre avec vous, mes chers lecteurs, trices, abonné(e)s.
Et puis pour voir son travail, venez à la Manufacture des Oeillets, 29 rue raspail à Ivry/Seine, tous les jours même le WE* sauf le lundi, jusqu’au 18 décembre, à 5 mn du métro, du RER et à deux pas de moi et de Georges Clooney qui sera ravi de vous servir un café ! What else ? Des sablés, des Paille d’Or. Ou pas. Ça dépend des petites souris qui seront passées dans ma réserve.
mardi-vendredi : 14-18 h / samedi-dimanche : 14-19 h

Texte © dominique cozette

Les souvenirs de David Foenkinos, rhôôôô, que ça agace certains !!! Pas moi…

Si je m’en réfère à Eric Chevillard, je viens de lire un bouquin inutile. Voir sa critique ici. Une littérature facile. Il n’a pas tord et, en refermant Les Souvenirs de David Foenkinos, je me demande encore si c’est de la bonne littérature. N’aurait-t-elle pas trop de sucres ajoutés, de graisses hydrogénées, d’émulsifiants, de colorants, d’exhausteurs  de goûts, de  conservateurs… ?
Bref, je me pose la question. Bref, qu’allez-vous pensez de moi ? Bref, allez-vous crier Mon Dieu !!! Elle apprécie DF !!! C’est pas possible, on va se désabonner, ignorer, boycotter… bref, vous allez me lâcher.
En même temps, je vous rétorque que David Foenkinos a fait partie des goncourables. Ce qui n’est pas une référence, m’assènerez-vous. Vous n’aurez pas tort : nos vieux jurés se sont probablement projetés dans les aïeuls de l’auteur, pour une fois qu’on les met en scène dans un récit touchant…
Toujours est-il que j’ai passé un bon moment avec le héros du livre — gardien de nuit dans un hôtel pour pouvoir écrire —  dont le grand-père adoré meurt sans qu’il lui ait dit je t’aime (l’angélisme de Foenkinos). Sa grand-mère, un jour, se casse la margoulette chez elle, alors ses trois fils la mettent dans une « maison », contre son gré. Notre héros, le petit-fils, lui rend visite et voit bien qu’elle n’a pas sa place ici, qu’elle n’est pas assez gâteuse. Même qu’elle lui demande pour son anniversaire de la conduire chez elle pour revoir son appartement, y prendre quelques affaires. Hélas, ses fils l’ont vendu sans le lui dire. Alors un jour, elle disparaît. Elle fugue. Elle veut vivre. Et elle vit de drôles de choses ainsi que son petit-fils. Des hasards, des déceptions, des rencontres qui se font et se défont…
Dans ce bouquin même pas indigeste, Foenkinos a aménagé des trous normands, en italiques, des souvenirs de personnes ayant un rapport plus ou moins lointains avec l’histoire, Gaudi, Wayne Shorter, son futur beau-père, un employé des pompes funèbres, un pompiste…
Et puis on apprend qu’il a été achevé d’imprimer sur Roto-Page par l’imprimerie Floch, en Mayenne, le 14 juin 2011 ! Incroyable.

Les souvenirs par David Foenkinos. Gallimard 2011

Absolument dé-bor-dée de café !

En sortant son smartphone de son duffle-coat juste pour vérifier qu’il n’y avait pas quelque chose de plus important que moi « à traiter » par mail ou SMS, Luka fit tomber « absolument débordée », cette critique acerbe des collectivités territoriales…
– Ah tiens, tu lis ce genre de bouquin, toi, m’exclamai-je en essuyant ma moustache de café. Tu t’intéresses à la vie publique  ?
– Je kiffe compètement ! Ce million et demi de fonctionnaires qui ne glandent rien et sont payés par nos impôts ! En fait, c’est un vrai pamphlet, elle l’a écrit sous pseudo.  Tu peux pas imaginer  le gâchis dans la fonction publique, cette  joyeuse bande de profiteurs …
– très souvent  incompétents, comme dans le privé, remarque…
– qui pratiquent le népotisme à grande échelle , la flagornerie éhontée, la réunionite sans objet , et utilisent toutes sortes de subterfuges pour remplir un emploi du temps vide de sens et de tâches.
– Et ils font quoi ? Des suduku (mon mot du jour) ? des séances de jambes en l’air ? questionnai-je en m’essuyant à nouveau la moustache de café (ces horribles cafés mousseux de ces horribles lieux post-modernes équipés de wi-fi, sombres et qui se la pètent en tuant tous nos petits bistrots Le Père Tranquille ou Le Bar des Amis où, certes, le patron est souvent patibulaire, mais les sandwiches patrimoniaux et l’ambiance audiardienne. Bref…
– Probablement tout ça, mais aussi des déplacements inutiles et coûteux, des séminaires de formation à rien d’utile, des pots pour toutes les circonstances de la vie privée et publique, des jeux sur internet etc… C’est une charge énorme contre le service public (tiens, je n’avais pas remarqué qu’il avait un oeil plus petit que l’autre)
– Le problème, c’est que ça donne du grain à moudre à l’actuel président ! Lui qui veut tout privatiser avec ses frères, non ?
– Peut-être. En même temps, c’est un livre drôle, caustique on va dire (mon pote Luka est adepte de l’expression on va dire), distrayant mais… très énervant pour ceux qui, comme moi, prônent la justice sociale comme valeur fondamentale à la démocratie.
– Ah, c’est nouveau ! Toi qui arnaques en toutes circonstances…
– Pas la justice sociale, Arlette ! Je te rappelle que je suis délégué syndical !
– Oh, pardon ! Donc, l’auteure ? demandai-je en essuyant derechef ma moustache cappucineuse…
– L’auteure, Aurélie Boullet de son vrai nom, essaie de déjouer sa démarche qu’elle dit mal interprétée par nous (tu iras voir sur Google ici y a plein d’articles sur elle). Elle dit que quand elle vu l’étendue de cette farce, elle a bien essayé d’attirer l’attention des responsables sur le gâchis en question
– Et alors ? intervins-je en ignorant ma nouvelle moustache
– ils n’en avaient rien à foutre, mais rien de rien !  alors, elle  s’est mise à écrire ce texte, le soir, chez elle,  pour se consoler de son immense désillusion face à la réalité de la mission qu’elle avait briguée avec passion.
– Tu causes bien, Luka…
– Merci, Arlette. Donc, après une suspension  de plusieurs mois sans solde, elle a été réintégrée à Bordeaux.  Alors qu’elle avait été acceptée en Picardie !
– pourquoi en Picardie ? C’est tristouille la Picardie…
–  C’était pour s’éloigner de ceux qu’elle avait stigmatisés. Et tu sais la plus belle ?
– Ben non, dis-je en sortant le paquet de préservatifs de mon sac pour lui signifier qu’il était temps de passer aux choses sérieuses
– Ils ont préféré la garder et lui donner un autre poste. Vous avez dit bizarre ?
– Heu.. non, mais j’aurais pu, ajoutai-je en ouvrant la boîte de Durex et comptant combien il restait de coups à tirer.
– Et tu sais quoi ? L’affaire n’est pas prête de se tasser
– n’est pas près de, Luka. pas près de se tasser. Tout le monde confond mais si tu veux, je peux te donner le truc pour t’en souvenir…
– Je m’en bats les couilles ! T’es contente ? T’es vraiment chiante par moment. Ça me fait débander ! Pffff
– Excuse-moi. Luka. Donc pas près de quoi ?
–  pas près de se tasser puisque les droits du bouquin ont été achetés pour le cinoche. Ils vont nous coller Ludivine Sagnier, Franck Dubosc et Antoine Duléry et ça va faire un tabac, cette histoire de planques en or que nous avons l’honneur de financer avec notre TVA et accessoirement nos impôts !!!
– Rassure-moi : il y en a quand même des bons, des fonctionnaires territoriaux, non ?
– J’ose l’espérer. Des mecs sérieux, attachés à bien faire et désireux de servir, on en trouve encore. On plie ?
Il a déjà décampé, me laissant régler le tip et  lâchant la porte sur ma pomme pour bien me prouver qu’il n’a pas l’hypocrisie de se montrer galant alors qu’on leur demande juste, à ces braves garçons, de nous faire passer un bon petit moment sexuel et sans conséquence.

Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire, par Zoé Shepard, Albin Michel 2010 (déjà ou bientôt en poche, sûrement)

Texte et dessin © dominique cozette

Fessebouqueries #67

Ça commence par le WE dernier où il n’y avait pas de changement d’heure et ça finit par ce samedi matin où chacun se réveille comme il peut, en passant par la Grèce et la Lybie. Mentions particulières à mes deux anars préférés, AV, (AV met toujours une virgule, il a dû en récupérer un stock) et PG au langage fleuri avec son gros apport cette semaine.
– FM : Quelqu’un a l’heure, s’il vous plait? Toutes mes horloges à la maison (téléphone, ordinatuers) affichent la même heure, ça m’inquiète, surtout un weekend de changement d’heure……
– FM :  Je viens d’apprendre que c’est le weekend prochain, ouf, je respire…
– AV , le Peuple n’est pas de gauche sinon pourquoi les socialistes, ces gras du mou parlerait du « Peuple de gauche ». Il y a un peuple oui, comme partout, et ce con est de tous les bords, de toutes les couches sociales.
– JFD : La femme d’Einstein n’était pas la moitié d’un con……
– AV, La crise est née en 1973 et ne s’est jamais arrêtée… Le mot crise est planté à la face des gens de façon chronique pour combattre tout désir de changement du système: 1973, 1979, 1982, 1987, 1993, 1996, 2001, 2008… Systématiquement les « crises » ont une durée de vie de 3 à 6 ans. Les phases dites de croissance (bien que durant toutes ces crises, sauf celle de 2008 créaient de la croissance quan…d même), ne dure qu’un à deux ans. En réalité, chacune de ces crises a servi au détricotage des services publiques, des pouvoirs publics et des politiques publiques. Sous la pression de lobbies économiques qui, eux, font d’énormes bénéfices, en phase de crise ou non, les politiques imposent, en utilisant l’outil télé (à leur solde et celle des grands patrons) comme moyen de plomber le moral, faire peur, et asseoir une politique qu’ils ne qualifient jamais d’austérité…
– GC : Rappel : la « Crise » n’existe pas, et n’a jamais existé… ça s’appelle le Capitalisme.
– EM : Le nom des geek seniors ?
les papeek et les mameek … top !
– EO : Ok, je vais partir en Lybie avec des poster de Simone De Beauvoir, des boîtes de pilules contraceptives, un petit nécessaire à castration chimique et je vais leur expliquer mon point de vue.
– SG : Pasqua, Guérini, Venturi, Tiberi, Peretti, Ceccaldi, Squarcini… Pour assurer l’état de droit en France, on devrait surveiller un peu moins les Roms et un peu plus les Corses.
– PG : Gros titre de ce matin…. La Rougeole : Le Retour !!!!! Putain, manquait plus que ça !!!….. Vous êtes vacciné vous qui avez 50 ans et plus vous vous souvenez si vous l’avez déjà eue et quand bien même …êtes vous toujours immunisé ? Attention Alzheimer commence comme ça !!!! autrement, la grosse Angela, la meilleure de la classe et le petit Nicolas semblent s’être mis d’accord pour remonter l…es bretelles du petit vicieux Sylvio qui branle rien sinon lui-même tout seul au fond de la classe et le « redoublant » le grand David, le rosbiff bouilli, s’est fait péter les dents par le petit Nicolas…..Faut pas le faire chier lui même s’ils étaient copains pour exploser la gueule du sale petit Mouhamar qui faisaient des misères à ses petits copains dans sa classe…. Après ce fritage dans la cour de l’école, s’il y en a un qui a la rougeole, ils vont tous la choper….. A quand une bonne grosse épidémie d’oreillons mal soignée ou inattendue pour qu’il ne puissent plus se reproduire, déjà qu’ils ont tous la grosse tête…. Ah quelle belle rentrée…. qu’est ce que ça va être quand le gros François de l’autre pays du fromage va ramener sa fraise….
– PG : Je pense aux sueurs froides des gens de citroën qui ont appelé leur dernière merde la « DS4 » sauf que lorsque tu ne regardes pas la pub et que tu ne fais que l’entendre tu entends clairement « La nouvelle Citroën DSK »…. tu as comme l’impression que tu vas avoir une voiture dont le motif de l’imprimé des sièges rappellera un peu beaucoup des tâches de foutre…. Je dis ça c’est rien que pour les faire chier…. Mais ils feraient bien de faire attention à la voix off, à l’articulation du comédien et au mixage final….
– DT : Etre pieux sans être rigide, c’est le meilleur moyen de ne pas se planter.
– PG Pense sincèrement que Esteban, l’Occitane, Durance et autres marques à la con feraient bien de trouver une vraie senteur authentique au lieu de ces « esprit de thé » à la con Cedar, bamboo de mes couilles, rien ne vaut l’odeur suave de « Oignons sautés à l’Huile d’Olive » pour parfumer une maison… C’est une senteur qui dit « Bienvenu »….. Que les nez « sophistiqués » aillent se faire foutre, ils n’y ont pas pensé , ce sont des nullards, des ramasse merde de bobos… Voilà ce que je pense ce soir en me faisant une tarte….. à ma façon et au dépit des recettes et des règles…..
– CL a battu, pour la troisième fois aujourd’hui, son record du monde de sursaut en hauteur et à reculons.
– GG : Merki Merkozy, l’europe est sauvée ! super Sarko engrange le bénéfice de ce succès, les bourses retrouvent le sourire, les banques vont recapitaliser leurs bénéfices, j’attends plus que le courrier de ma banque pour m’annoncer l’augmentation des frais bancaires compte tenu des circonstances financières internationales. Je suis si impatient de contribuer à sauver l’europe !
– HV : Le p’tit Nicolas, la prochaine fois qu’il nous parle de se serrer la ceinture, il faudra qu’il pense à changer de décor parce que là; franchement, ça le fait pas.
– MAF : Bonne nouvelle : la Grèce profite des soldes à – 50%.
– PGt a un copain qui prend de telles cuites, est tellement bourré le soir, que le lendemain, il ne peut même pas prendre un cachet effervescent d’alka seltzer…. à cause du bruit qu’il fait dans l’eau… Pssssccccchhhhhh
– MC doit écrire un article, et ne sachant comment s’y prendre a décidé de :
1) Pomper toutes les informations sur le sujet dans les articles existants
2) Les copier-coller anarchiquement dans une sorte de plan de son cru
3) Retravailler le vocabulaire pour dissimuler le plagiat
4) Proposer une version approximative au commanditaire pour qu’il puisse justifier son salaire
Merci à mes amis journalistes de m’alerter si j’ai oublié une étape.
– EO : En fait, quand t’es grande t’es assimilée obèse pour les fabricants de collants.
Tu regardes ta taille et le poids correspondant c’est 15 kilos de plus que le tien. 
Alors tu regardes la rangée correspondant à ton poids et là tu tombes dans les 1m70 max…

Je leur décerne le « fuck du jour ».
– CK : En fait c’est rigolo d’être issue de la noblesse et de la bourgeoisie vendéenne catho, d’avoir épousé un juif marocain et d’être athée. Du coup les gens osent pas trop me balancer leurs arguments communitaristes à la figure : D
– HAD en apprenant qu’un grec sur 8 paie ses impôts lance un appel vibrant sur FB pour connaitre cet être exceptionnel!!!!!
– OVH : Nous avons des invités ce soir. Mon mari me demande quand je vais passer les poussières. Je lui réponds : « Quand elle arrêtera de tomber, banane! ».
– AB : J’ai foiré ma grasse mat.
– JPCM : Les enfants sont trop tôt
– SB: Aime se faire réveiller par les cris des perruches à collier

Dessin ipad © dominique cozette

Vie De Merde en Alaska

Le livre s’appelle Désolations, mais en anglais plus sobrement Caribou Island, c’est le deuxième d’un auteur talentueux, David Vann, dont le premier a reçu le Médicis étranger 2010.
Ça se passe dans le riant (!) Alaska où il fait moche, où les villages sont moches, où le temps n’est pas terrible et où l’ennui rôde avec les ours affamés. Je ne vais pas vous narrer le pitch mais sachez que j’ai trouvé l’aventure de ces quelques couples passionnante, qui interroge sur l’amour, le mariage, la (ou l’in) fidélité, la pertinence à rester coûte que coûte ensemble alors que chacun pourrait sauver sa peau loin de l’autre et que tout irait mieux, même pour les grands enfants. L’égoïsme pharamineux du mari qui, équipé d’oeillères et rétif à toute anticipation, décide d’aller construire une cabane pour y habiter avec sa pauvre femme affligée brusquement d’une migraine monstrueuse et insoignable. Le lieu : une île inhabitée, sans rien donc, ni électricité ni eau ni réseau. Ils y accèdent en barcasse, essuient des tempêtes, en attendant d’y être bloqués par les glaces.  Le premier problème : il ne sait pas comment ça se construit, une cabane. Il ne fait pas de plan, improvise, esclavagise sa femme malade, lui fait trimballer les rondins, les plaques de tôles. J’espère toujours qu’elle va le laisser à son destin,  dans sa hutte, et reviendra à une vie plus normée mais que voulez-vous, elle ne peut pas vivre sans lui. Un roman d’amour ? Euh, l’amour a un sale goût, je vous le dis tout net !
Ça fait sinistre, ça l’est, mais il y a les aventures parallèles de leurs enfants en couple, les pièges tendus, le suspense d’une trahison. Ça égaie vaguement  l’île perdue, le froid, la tempête, le conflit qui monte dans ces tentes glaciales où agonise le lien parental.
C’est écrit au cutter, c’est acide mais, avantage certain, ça fait apprécier la couette sous laquelle on est bien au chaud pendant que la glace commence à prendre dans les dernières pages de ce roman … sans issue ? J’ai adoré et vais me jeter sur le premier livre, Sukkwan Island de cet écrivain insulairophile.
Large extrait de l’Express ici. Ça donne une idée de l’ambiance.

Désolations de David Vann, 2011, chez Gallmeister.
Texte © dominique cozette

 

Ieggor Gran : touche pas à mon écolo !!!

L’écologie en bas de chez moi de Iegor Gran est réjouissant. Parce qu’il s’attaque à un tabou : la posture écologique. Oui, je sais, vous allez me dire, on a déjà eu  Allègre puis actuellement Bruckner qui tourne sur les plateaux et dont l’argumentation, ou la présentation, est plutôt agaçante. Gran, lui, commence avec un truc qui me plaît bien car il s’attaque, dans un courrier à Libé, au monument (de fallaciosité) qu’est Home d’Artus-Bertrand — que je peux me vanter de ne pas avoir vu — dont il a violemment critiqué la forme esthétisante qu’il a comparée aux films de Leni Riefenstahl défendant la cause d’un certain Adolf.
La critique porte aussi sur son caractère d’obligation à être vu : projection simultanée dans 130 pays, gratuite sur les Champs, Central Park, You Tube etc… comme un lavage de cerveau adressé à nous tous. Ayant reçu un flot de critiques, constatant comment les gens révèrent cette nouvelle religion qu’est l’écologisme, fustigeant cette cause de dissension violente avec ses amis et ses voisins, il décide d’écrire ce bouquin, très argumenté d’ailleurs, d’une plume incisive et extrêmement réjouissante. Non que je me réjouisse des saccages infligés à notre bonne vieille terre !  Mais comme il dit, ce n’est pas en triant nos ordures ou « en faisant un geste pour la planète » (la pub de Gaz de France et consorts), qu’on s’en sortira. Là- dessus, il n’a  pas forcément raison mais c’est bon que quelqu’un s’attaque à la bien-pensance de ceux qui font commerce (ô combien fructueux) de cette cause ! Et puis il aborde toutes sortes de domaines avec une mauvaise foi qui n’a d’égale que sa causticité.
Gérard Collard, le tintin des libraires, nous en touche un mot ici. Et vous pouvez lire cette critique des Inrocks qui en dit plus. Pour vous mettre en bouche, quelques impressions. Sur les voisins ;
« Les voisins, il faut les aimer. Les voisins sont toujours bienveillants, valeureux et civiques. Et je ne dis rien de leur beauté — cette force intérieure qui rayonne, ce sens du tact, cette poésie ! Mieux qu’une voyante, ils savent ce dont on a besoin. Mieux qu’un docteur, ils soignent nos égoïsmes. Il sont vigilance, ils sont probité. »
Sur l’autofiction : « A quoi sert-elle ? A protéger la planète. Car quand l’écrivain fabrique ses libres avec des bribes de sa vie insignifiante, il recycle […] Misérable est l’écrivain qui se sert de son imagination pour produire des textes nouveaux. Que d’énergie dépensée ! Gâchis de neurones et d’heures de sommeil ! Et dans quel but ? produire un texte qui ira gonfler la marée des écrits […] L’imagination  pousse à la surconsommation. A contrario, l’écrivain d’autofiction est un écrivain responsable. ll ne perd pas de temps à se documenter : il a tout sur place, au fond du nombril et dans son cul, il n’a qu’à se baisser pour cueillir l’inspiration. Il est auto-suffisant, comme ceux qui se lavent à l’eau de pluie et font du compost pour faire pousser leurs radis, leurs courgettes. »
Pour finir d’être complètement énervant, ce bouquin est bourré d’immenses notes de bas de pages en corps 6 dont la somme des signes est, je le parie, plus importante que celle du texte lui-même.

L’écologie en bas de chez moi. Iegor Gran. 2011. P.O.L Même pas 200 pages !
Texte © dominique cozette. Image trouvée sur le net.

Marché de l’art contemporain mondial : la France sent le pâté !

L’énorme banque de données sur le marché de l’art, la plus complète avec 450 000 artistes suivis et répertoriés, 27 millions d’adjudications et cotes depuis 1987, 108 millions d’images des 3600 organismes de vente partenaires s’appelle Art Price. Incontournable lorsqu’on veut savoir la cote d’un artiste. Une entreprise montée par un fou d’art, Thierry Ehrmann, un Français collectionneur de père en fils depuis des générations et dont on peut avoir une idée de l’immensité de la tâche sur cette vidéo de 25 minutes qui montre comment travaillent ses collaborateurs, en relation avec le monde entier, parlant toutes les langues requises dans ce vaste milieu de pays consacrés ou émergents. Le must, c’est leurs bureaux implantés dans un lieu ahurissant, la Demeure du Chaos, à Saint Romain au Mont d’Or,  dont  les murs intérieurs ou extérieurs  et le terrain portent les stigmates de toutes sortes de catastrophes arty, explosions, attentats,  squelettes cramés, graphes gigantesques, hélicoptère crashé, voitures calcinées… Univers invraisemblable qui vaut le coup d’oeil et dont les aventures judiciaires pour cause de troubles de jouissance du voisinage ne sont pas près d’être conclues.
Bref, Art Price vient de rendre public, à l’occasion de la récente FIAC, son rapport étayé —Le rapport du Marché de l’art contemporain Artprice & Fiac —  qui s’appuie, non pas sur des tendances au pif, mais sur les chiffres exacts de toutes les ventes d’oeuvres réalisées entre le 1er juillet 2010 et le 30 juin 2011. Vous pouvez télécharger ce rapport de 80 pages en PDF sur le site et voir par vous-même.
En gros, l’art contemporain se porte plutôt bien, le haut de gamme continue à prospérer mais le centre du monde bouge nettement vers l’est avec une tendance lourde chez Les Chinois.
A la fin du rapport, Art Price recense les 500 artistes qui ont le mieux vendu pendant ces 18 mois et vous ne serez pas surpris de voir  Basquiat arriver largement en tête avec plus de 54 millions de chiffre. Dans ce peloton de tête, on retrouve Zeng, Koon, Wang, Murakami, Hirst, mais aussi Cindy Sherman, Barcelo et Peter Doig.
Après cela, il faut dérouler, dérouler, dérouler… pour arriver enfin à un Français : Combas, 145ème rang, Pierre et Gilles, 167ème, le jeune Jules de Balincourt (dont certains comme moi ont pu connaître l’heureux papa TV prod  chez FCA entre autres) donc 180ème, Richard Orlinsky, Mr Brainwash — vedette du mur de Banksy — Charles Pasqua et Richard Texier. Ce qui fait  7 artistes (8 en tenant compte du duo  Pierre et Gilles) sur un total de 500, je vous dis pas, c’est pas brillant, brillant. Et cela malgré le fait  que les richissimes collectionneurs français soient partie prenante dans Art Price. On nous l’a toujours dit : nul n’est prophète en son pays…

Peinture © Mroad  1978. Texte © dominique cozette

Qu’est-ce que Katerine a encore été chercher ? D’incroyables reprises, mon p’tit gars !

Ce gaillard me plaît vraiment. Je l’ai découvert quand Libé a fait une double page sur lui avec photo de lui nu il y a un siècle, je partais en tournage au Cap, j’étais en attente à Roissy et j’ai dit à Pascal, mon AD : faut absolument que j’achète les chansons de ce mec. Choses faites. Plus celles d’avant, à l’époque où il n’est pas connu. Il a fait tellement de choses, ce type ! Monstrueux, Y a qu’à aller sur Wiki pour s’en rendre compte. Moi ses chansons inclassables (avant Louxor, maintenant on les classe) me font marrer ou simplement réfléchir, son film Peau de Cochon m’explose, c’est d’un ovnien total et ça se trouve chez tous les bons distributeurs arty style Pompidou, car c’est de l’art et du cochon, forcément, son bouquin qui ressort (à boudin) et s’appelle « doublez votre mémoire » qui est une sorte de journal graphique mêlant dessins (il a fait les Beaux Arts), gribouillis, collages, fragments de journal, photos, bref, délires de toutes sortes me donne la pêche. Et je ne sais pas si vous avez vu le dernier long « Je suis un no man’s land » où il tient le rôle principal, un film forcément déjanté et très poétique, pouët-pouët comme il dit, où il a rencontré Julie Depardieu qui joue aussi un personnage très particulier, et avec qui il a fait un enfant, donc film à voir s’il vous passe sous le nez.
Pourquoi je vous blogue sur le chanteur à la voix haute et aux grosses narines  ? Parce que voilà : il a bossé à la maison (pas chez moi, chez lui) sur des instruments improbables, comme souvent, avec Francis et ses Peintres, son équipe musicale, pour sortir des reprises  chantées de façon tellement… tellement… Katerine que c’en est insensé ! Il en a posté une par semaine sur une année, donc 52, qu’est-ce que je suis forte !
Si vous êtes fan de lui, si vous avez envie de vous décomplexer en constatant que la qualité parfois on s’en fout, allez-y, ça s’appelle katerinefrancisetsespeintres et il y en a pour tous les goûts : L’idole des jeunes, sentimentale-moi, comme un avion sans ailes, toute la pluie tombe sur moi, qui c’est celui-là, oh oh chéri, ça m’énerve, c’est lundi…
– Les arrangements, c’est kékchose, ma brave dame ! Vaut mieux entendre ça que d’être sourde !
– Comment ???
– Rien !

Mine de rien, ceci est mon  500ème article. Ho, hé, hein ? Bon, ça ira pour cette fois. A mille, on avisera !

Texte et dessin © dominique cozette

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