Toujours aussi singulière, Jeanne Benameur !

Des amies m’ont fait découvrir cette auteure il n’y a pas si longtemps avec le superbe livre les demeurées qui contre les rapports d’amour entre une mère et sa fille, deux sauvageonnes marginales où vient se glisser la bonne conscience d’une assistante sociale pour leur grand malheur. Eloigner la fille de la mère par la différence du savoir qu’elle ramène de l’extérieur, et de l’extérieur aussi qu’elle rapporte à la maison, collé au petit cartable qui semble une muraille d’incommunicabilité définitive entre ces deux êtres exclus(ifs). La petite fille trouvera une très belle façon de se sacrifier pour sauvegarder le lien. A lire absolument, l’écriture est magnifique !
Les insurrections singulières sont taillées dans la même étoffe, les vies de peu, le lien ou le non-lien, les amours impossibles, le savoir et ses dégâts collatéraux. Le héros, Antoine, quarante ans, revient vivre chez ses parents, ouvriers à la retraite, parce qu’il s’est pris un énorme râteau avec celle qui semblait être la femme de sa vie, enseignante, touchée par le côté prolétaire de son amoureux. Parce qu’Antoine a refusé les études, contrairement à son frère qui a une belle situation, une femme, des enfants, une ligne de vie. Antoine a été plaquée parce que Karima, au bout de quatre ans, s’est lassée de l’ouvrier sans discours, sans militantisme, sans besoin d’en découdre, ne lisant pas non plus et toujours en retrait.
retourné à l’usine sur les traces de son père, menacé de licenciement pour  cause de délocalisation et mondialisation, usé de n’avoir plus de désir, laminé par la perte d’amour, il accompagne sa mère au marché de Montreuil où elle vend gaiement de la mercerie. A côté, un vieux sympa style bouquiniste qui réussit à le faire s’intéresser à quelque chose : l’histoire du fondateur de son usine qui créa une ville à son nom au Brésil. Le désir (de bouger) lui vient d’un coup. Il prend ses indemnités et, accompagné du vieux Marcel, se rend au Brésil où il va enfin vivre sa révolution personnelle.
Ce livre, c’est une ambiance, une sincérité, une vague tristesse et surtout une belle plume. Ses sans grades sont touchants, dignes et partageurs.

Les Insurrections singulières de Jeanne Benameur chez Actes Sud 2011, 200 pages. Les Demeurées, Denoël 2001.

Texte © dominique cozette

Luttons contre le présentéisme !

La SNCF en a marre de voir des cadres qui traînent après avoir fini leur travail. Ça ne sert à rien. Elle a dit, la SNCF, qu’elle allait lutter contre. Elle appelle ça le présentéisme. Et que c’était mieux que les cadres rentrent chez eux pour s’occuper de leur famille. QUOI ? M’occuper de ma famille ? Et puis quoi ?
Du temps où je bossais, particulièrement dans les années fastes, 80, 90, c’est vrai, les cadres traînaient au boulot. C’était l’époque fléchettes, enculette (c’est juste un jeu idiot), et autres loisirs servant prétendument à décompresser. Plus les pots de toutes sortes pour fêter tout et n’importe quoi. C’était autant de bonnes excuses pour ne pas avoir à rentrer à la maison et aider aux tâches ménagères. La plupart des hommes, ça les emmerde de faire les courses, veiller à ce que les petits aient fait leurs devoirs, leur donner le bain, mettre le couvert, faire cuire le bifteck.
la femme, elle, ça la passionne ! Enormément ! Ces tâches journalières et répétitives sont l’essence même de son existence ! C’est pour ça que la femme cadre qui, en tant que cadre n’a pas l’horaire rigide, est écartelée entre le devoir professionnel qui lui demande, si elle veut un jour percer le plafond de verre, de rester après 18 heures comme ses confrères les mâles —  on n’est pas à la Sécu qu’on lui dit pour la culpabiliser —, et le devoir bonnichien qui l’exhorte de toutes ses trompes (de Fallope) à rentrer dare-dare clito-clito là où est sa place : près des robinets (évier, baignoire).
Donc la SNCF va foutre sa zizanie. Mais alors, que vont faire nos cadres déstabilisés par la suppression de ce temps flottant bien au chaud au boulot décomplexés de la glande ? Eh ben moi je vous le dis : ils vont aller s’arsouiller au bistro. Comme jadis nos grands-pères ! Qu’est-ce qu’elle croit, la SNCF ? Qu’elle va, en un coup de clic sur le bouton à envoyer des circulaires qu’elle va régir la vie domestique de ses employés ? Que papa va rentrer avec une botte de poireaux calée dans son sac à ordi ? Qu’il va avoir la bonne idée de passer à Carre-Ouf City ou Market en ayant pris soin le matin de lister ce qui manque ? Qu’il va brandir le plumeau parce qu’il a remarqué un peu de poussière sur son installation de home cinéma en plastique laqué noir ? Qu’il va emmener son aîné chez l’orthophoniste et tant qu’on est puisque c’est à côté, prendre la petite à la crèche ?
Mais je me trompe peut-être. Je l’espère. L’intention SNCFiste est bonne. La nouvelle tendance à rentrer tôt va peut-être ringardiser tous les traîne-savates. Et ceux qui s’exclameront « une réunion à 18 heures ? Et pourquoi pas des dossiers à faire à la maison ? » deviendront les nouveaux cadres  modernes et responsables dont les médias, ravis de la naissance d’une nouvelle tendance socio-cul, s’empareront pour faire leur beurre, tandis que Jean-Claude Kaufmann se hâtera de sortir son ouvrage « le retour du père au nid » bientôt en piles incontournables dans les Relay de toutes les gares SNCF de France.

Texte et dessin © dominique cozette

Fessabouqueries #112

 

La petite actu de ma semaine FB est dominée par un réfugié politico-financier, un futur bouffeur de moules frites, buveur de gueuse qui nous fait bien rire dans le rôle d’Harpagon : «  Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ?… »
– AB : Bernard Arnaud a fait sa 4ème fortune mondiale sur le luxe « made in France ». Aujourd’hui il veut échapper au prix d’être français. Mais vivre dans le plus beau pays du monde ça se paie comme habiter dans le 7eme arrondissement de Paris.
La France c’est cher parce que c’est beau et unique Bernard!
– EM : Dans un monde parallèle, le président DSK sera au 20 heures de TF1 ce soir pour reconquérir Claire Chazal.
– PJ : Il est difficile de rester en bons termes avec un prématuré …
– CQ : Bernard Arnault qui veut devenir belge. Mais dans quel monde Vuitton ?”
– JCPM : J’aime beaucoup le petit cartable Anton de chez Vuitton mais je suis de gauche alors j’attends les ventes privées, tu vois.
– CD : Je viens de voir à la télé un monsieur qui s’appelle Flageolet, ingénieur du son de son état.
– CB : je trouve facebook ringard mais surtout les liens sur facebook sont moins drôles, ça c’est ne pas un prédiction, mais l’apocalypse facebook est en train d’arriver 😉 Bon lundi à tous!
– EO : « le médecin légiste de Johnny confirme qu’il va bien »  ahahahah
– DC : D’accord pour échanger Arnaud contre Arno.
– DP : BernardArnault porte plainte contre #Libé. Aucun humour, ces belges!
– HV : Ha Ha, il vient de porter plainte contre Libé une fois… Pauvre Con
– NP : C’est bien le moins de porter plainte contre libé. On est où là ?!0
– DM : Vache c’qu’il fait nuit tôt! Si ça continue comme ça, je demande la nationalité belge!
– CV : Bernard Arnault nous offre une nouvelle preuve des liens qui unissent l’argent et le pouvoir, en obtenant haut la main le titre de Roi des Cons.
– DP : Proposition de une pour #Libé, demain matin: « Avec Bernard, c’est du sérieux ».
C’est vrai, quoi, c’est plus de l’amour, c’est de la passion!
– DP : et pendant ce temps, personne ne salue le sens du sacrifice de B.Tapie, qui dépense notre argent en France: 47M€ pour une villa à St Trop!
– ML : Si Dylan n’était pas mort en 79, aujourd’hui il serait quand même plutôt mauvais
– LG : Ben voilà : j’ai une heure pour aller à mon rendez-vous (15 mn de voiture). Saisi par une frénésie écologique je décide de prendre le métro. 2 stations, le métro s’arrête, on annonce que la ligne 13 est bloquée pour train en panne. Coup de bol, je suis à Montparnasse, je change de ligne. 3 stations, le métro s’arrête, on attend 5 mn, 10, et on nous annonce encore 30 mn d’arrêt… J’appelle ma petite femme au secours qui vient me chercher en voiture. Trajet 25 mn car plus long. Bilan : un retard de 45 mn :((
– ML : Le politiquement correct s’est tellement installé, que je n’ose plus dire bonjour un 11 septembre.
– IH : Faire un créneau raté devant le collège et la seat Ibiza blanche que j au légèrement poussé bingo propriétaire: professeur principal d Inès ça commence bien
– CD : Je me demande ce qu’il peut y avoir de plus crétin qu’un supporter.
– DP : Mayday! Mayday! Ségolène déjeune ce midi avec François à l’Elysée! Chère Valérie, je vous conseille la digitaline, ça ne laisse pas de trace
– YL : Twitter est comme une thérapie de groupe, mais avec laquelle personne n’irait mieux.
– LG : Alors voilà, au distributeur de billets hier soir : « bienvenue ! Insérez votre carte ». J’obtempère, la machine avale ma carte. Nouvel écran : « bienvenue ! Insérez votre carte ». Moment de solitude … Ce matin, visite de la banque à l’ouverture, une charmante brune tout sourire : « Votre carte ? Pas de souci Monsieur ». Elle se retourne, ouvre un tiroir et en sort une pile de 15 cm de cartes attachées par un élastique !
– CFB : Je possède des amis très influents dans le milieu du cornichon.
– JPT est parisien depuis une heure, et pour encore une semaine. Il est également con depuis 63 ans, mais on ignore pour encore combien de temps.
– PG : Un peu vexé quand même…. j’arrive à 11h30 à l’agence… OK, c’est pas très tôt… et ma copine de la réception qui me voit dans l’ascenseur me demande Tu arrives ou tu t’en vas….. Je fais plus fort que Coluche…..
– EO : Un jour, je vais avoir une crise cardiaque et si j’ai la chance de m’en sortir et qu’on me demande comment c’est arrivé, j’incriminerais directement la vendeuse à l’entrée de la boutique, celle qui est cachée derrière les fringues et qui gueule « BONJOUR!!!!!!!! » comme d’autres diraient « FBI!!! » la pouffiasse surexcitée, droguée et hystérique à qui tu réponds en tremblant après avoir perdu 2 ans d’espérance de vie, la nana aggressive fidèle au « bienvenue dans ton cul/réponds moi ou jte fracasse » le monstre qui me fait entrer la peur au ventre, en serrant mon sac comme Bernadette Chirac, traquée comme une biche dans un documentaire animalier.
La déglinguée, la folle, la soprano de la politesse, l’adorable jeune femme qui obéit à sa hiérarchie et qui nous fait chier dans notre froc.
– FLM : Comme le dit si bien mon amie Annie : Chaque femme mérite un homme qui ruine son rouge à lèvres…. et pas son mascara…..
– HV : La crise? qu’elle crise? Passé devant le grand palais ce soir à 20h, ouverture de la biennale des antiquaires, 200 voitures de luxe avec chauffeurs, garées comme ils leur plait et impossibilité pour la plèbe de se frayer un chemin pour regagner ses pénates. Putain de crise
– DP : FHollande reçoit BHL et commande des rapports à Attali. Le « changement », c’était censé être quand?…
– HDD : Cette année, les Journées du Patrimoine seront taxées à 75%.
– PD : L’Iphone 5 est très cher, certes, mais songez que vous payez pour la protection sociale des travailleurs chinois. #grossemarade
– RC : L’Iphone 5 pemettra aux travailleurs chinois de notifier leur suicide à leurs superviseurs.
– EL : Isabelle Adjani a fait des implants mammaires, mais dans ses joues…

peinture © dominique cozette

Le noir est une couleur… putain de bouquin !

C’est Alphonse Boudard qui a trouvé ce titre « le noir est une couleur ».
Grisélidis Réal est connue comme prostituée activiste et écrivain, un peu peintre aussi. Elle préfère dire putain. Petite, elle n’était pas prédestinée à cela puisqu’elle a été élevée très strictement par une mère sévère et veuve. Mais qu’elle a fuie très vite. Elle s’est mise en ménage/mariée plusieurs fois, a eu quatre enfants de pères différents, a fréquenté une école d’art et pour gagner sa vie, était modèle. Entre autres.
Ce livre autobiographique écrit entre 1972 et 1973, édité en 74 puis réédité chez Verticales en 2005, commence ainsi : « J’ai toujours aimé les Noirs ». Et son histoire commence alors qu’elle réussit à faire sortir un Noir schizo d’un hôpital, pour vivre une belle une histoire avec lui. Et ses deux plus jeunes enfants. Ils sont en Allemagne, à Berlin, où les soldats américains, donc les Noirs, sont légion. Mais tout se passe mal. Le type ne fait que profiter d’elle, violemment, elle ne cesse de le fuir et il ne cesse de la retrouver. Elle passe la frontière en fraude et se retrouve sans papiers avec deux petits recherchés par les services sociaux, sans un sou, sans rien, qu’une vieille valise. Elle erre de refuges en cachettes, rien à bouffer, et finit par se prostituer pour survivre. C’est sordide, ce qu’on lui fait faire est dégueulasse, inquiétant ou spécial, mais elle ne peut rien faire d’autre. Un moment, elle se s’installe dans un hôtel où vivent les putains, chacune son petit monde, elle s’y fait des amies, c’est à peu près stable. On lui enlève ses gosses pour les mettre dans une institution protestante où ils ne parlent plus qu’un patois bavarois. Elle habite aussi parfois avec ses tziganes adorés mais les retours tonitruants du Noir la rendent vite tricarde.
Un jour, elle échafaude un voyage au Maroc pour créer son entreprise de trafic de drogue et y parvient, malgré une voiture brinquebalante et un chauffeur chelou. A ce moment là, elle est « avec » Rodwell, un autre Noir qu’elle adore et qui semble en pincer pour elle puisqu’ils doivent se marier.
Bien entendu, tout ne peut que mal tourner toujours tellement la misère, le malheur et le destin s’acharnent sur elle. Elle chope la syphilis, elle se retrouve avec des types qui veulent la tuer ou du moins la maltraitent terriblement mais elle espère toujours s’en sortir. Ce bouquin s’achève sur  la route de la prison.
Grisélidis Réal est une femme pleine d’amour, elle s’en explique très joliment dans la petite vidéo ici .
Elle s’en est sortie partiellement grâce à l’écriture puis au militantisme, défendant ses soeurs de misère, exigeant que les pouvoirs publiques cessent de les harceler, donnant des conférences un peu partout.
Ce livre montre que, malgré ce qu’elle dira plus tard pour défendre la prostitution et le regard plus artistique et intellectuel qu’elle y portera , ce fut loin d’être un choix. Son récit est bien sûr très trash, très dur, très acide mais son style est d’une beauté étonnante, frôlant une certaine poésie. Et l’épopée incandescente qu’elle a vécue, qu’elle nous raconte, n’a aucun équivalent. C’est bourré de suspense, de personnages hauts en couleurs, de lieux improbables et d’amours incertaines. C’est beau et désespéré, c’est un chant.

Le noir est une couleur par Grisélidis Réal aux éditions Verticales, 2005. 312 pages.

Texte © dominique cozette

Que nos vies aient l’air d’un film parfait

C’est une chanson d’Elli et Jacno adaptée de Lonely Lovers des Stincky Toys. Mais c’est aussi le titre du petit livre de Carole Fives.  Plasticienne (site ici) et écrivain, elle nous offre un court récit sincère et extrêmement touchant en cette rentrée pléthorique.
Elle narre l’histoire d’un divorce — est-ce celui de ses parents ? — dans les années 80 qui déchire les quatre membres de la famille. Chacun a voie au chapitre, sauf le jeune garçon, et c’est ainsi que se développe cette affreuse cicatrice dans la vie des protagonistes.
La mère est impossible. Pénible. Capricieuse. Malade des nerfs. Son propre père, médecin, ne s’est jamais occupé de la soigner, a préféré s’en débarrasser auprès d’un  homme amoureux.
Le mari ou père des enfants, ne pouvant plus assumer, décide donc de se séparer d’elle, sans joie, avec une énorme culpabilité. Il s’entendait tellement bien avec son fils ! Mais il s’avère après quelques temps que la mère est incapable de s’occuper de ses enfants, elle fait tellement n’importe quoi, chantage permanent au suicide,  picole, dope, amants en série, que le père finit par les récupérer. Elle va alors s’installer dans une communauté hippy dans le midi où elle semble s’épanouir. Mais elle se rend compte que c’est louche de ne pas avoir ni enfant, ni compagnon près d’elle, alors elle va tenter de reprendre un de ses enfants, sans se poser la question du déchirement des sentiments.
Je ne vous raconte pas le livre, mais ce qui est remarquable dans ce texte, c’est que la douleur même muette y est clairement perçue, sans pathos. On suit le petit garçon dans la perte de repères et de sécurité qu’on lui inflige, ainsi que le sentiment grandissant de culpabilité dont la soeur  ne se remettra pas. C’est très bien écrit, la tristesse qui affleure n’est jamais larmoyante et, faute d’entendre la version du garçon, on imagine terriblement son désarroi.
La fin est étonnante. Elle pourrait s’inscrire dans la théorie  de la résilience.

Que nos vies aient l’air d’un film parfait de Carole Fives aux éditions Le Passage. 2012. 120 pages.

Texte © dominique cozette

Mark Safranko nous la joue poil de carotte et Cie

C’est pas que je critique le fait de raconter son enfance quand elle a été merdique, pour ne pas dire merdeuse comme celle de Céline, mais j’en attendais plus. Plus d’originalité ou alors un point de vue différent. Marc Safranko a publié Dieu bénisse l’Amérique (God bless Amerika) chez 13ème note, une édition très noire et captivante qui nous livre des Dan Fante, Buko, Burroughs junior formidables. En poche, la collection s’intitule  Pulse.
La préface, plus l’introduction du livre ont été overpromising, comme on dit dans la pub, la barre a été très haut placée et du coup je me suis sentie flouée. En même temps, c’est agréable à lire, les chapitres sont courts et les anecdotes amusantes. Peut-être qu’il faut lire ça avant sa majorité parce qu’il y a quelques crudités, rien de bien méchant.
A vrai dire, j’ai eu l’impression, en entrant dans l’enfance du héros, de connaître l’endroit, comme si j’y étais passée déjà plusieurs fois. Ben oui. C’est une famille pauvre d’émigrés polonais, pas juifs, qui tire le diable par la queue, sachant qu’elle ne s’en sortira jamais. Mais espère qu’au moins, Max, le gaillard,  porte un peu d’espoir, en Amérique, c’est possible. Mais Max, depuis qu’il a été conçu par accident, est devenu le bouc émissaire de ses parents, tabassé constamment et injurié par son père, dévalorisé par sa mère. Chétif, maladif, il n’en mène pas large avec les autres garçons et devient souvent leur souffre-douleur. Jusqu’à ce qu’un autre endosse l’habit et en devienne cruellement victime, à mort.
Chez lui, dans la vieille bicoque pourrie, rien ne va, tout ce qui arrive de pénible  est de sa faute. Les pannes de voiture, le temps qu’il fait, la mort du tonton…
En classe, ça ne marche pas fort. le père sort la boîte à gifles pour lui apprendre les maths et, comme de bien entendu, ce n’est pas une bonne méthode. C’est une école de soeurs très strictes, armées de baguettes pour les corriger — ou se faire corriger par eux—. Mais elle est mixte et l’enfant se découvre une passion insensée pour une fillette qui le détestera fermement.
Et puis la sexualité qui s’éveille, la quéquette qui n’arrête pas de jouer le redressement productif mais qui peine à entrer en contact avec la fente où mettre la pièce.
Pour aider à sortir la tête du sac, il doit bosser avant la classe et durant les vacances dans des endroits pourris : c’est une véritable petite Cosette maintenant, mal ou peu payé, enguirlandé, jamais remercié.
Ce qui est bizarre, c’est qu’il a un petit frère. A part nous le faire savoir une fois, on n’en entend plus jamais parler. Il n’existe plus. Et pourtant, on nous le montre en photo dans les pages du début, ils sont d’ailleurs assez jolis garçons tous les deux.
A la fin, on a droit à la postface qui explique encore pourquoi ce livre est formidable. Trop de com tue la com. Et, il faut bien le dire, ce livre est assez banal. Quant à la couverture, avec le  fessier plat d’un sexagénaire arborant un bikini taillé dans le drapeau US, il n’incite pas à l’achat.

Mark Safranko. Dieu bénisse l’Amérique. Edition Pulse 13ème note 2009. 396 pages.

Fessebouqueries #111

 

Un peu de Hollande, pas le pays ni le fromage, de Massenet, pas le musicien, de Goldman Sachs, pas le chanteur ni l’ex de Brigitte Bardot, de Sarkozy, pas l’ex-président (son fils, oui  bon…), de l’Arnaud, oui, du Bernard Arnaud himself,  bourré aux as, et qui se tire au plat pays ! C’est-y pas chou de Bruxelles, ça, comme décision ?
– PdJ : Image du monde actuel : Rihanna – 25 millions d’abonnés, Dalaï Lama – 5 millions. Il n’a qu’à se mettre à chanter !
– DS : Quoi? En 3mois, FH n’a pas sauvé l’emploi, l’industrie, l’euro et la faim dans le monde? Oh-Mais-Vraiment-Il-Faut-Qu’il-Accélère-Quand-Même!
– GP : Le couple Hollande-Trierweiller me fait songer à une éponge de cuisine. Un coté qui gratte, l’autre qui absorbe.
– GP : Il existe entre les journalistes et les politiques cette fatale attirance qui pousse les moulins à paroles vers les boites à questions.
– CA : Alors que je narre ma chute de cheval à Nathalie Iris ma libraire, mon étonnement face à la trahison de Murphy, la douleur lombaire lancinante, mon poignet déformé, ma gaine ridicule, un type lève la tête du bouquin qu’il feuillette et me dit: « et le cheval n’a rien? »
– CB : j’aime pas les artistes qui n’arrivent pas à faire mieux que ceux qu’ils volent…
– BD : Et soudain l’horreur …Ariane Massenet à la télé dés le matin.
– DP : La grève continue de plus belle à la Lufthansa. Ah, il est beau, le modèle Prussien! Feignasses! Espèce de Grecs!
– AB : Ma rentrée est dans 13 jours donc si vous pouviez arrêter d’en parler pour respecter mes vacances. Merci.
– SG : Est-ce que vous êtes heureux, comme moi, d’avoir offert un nouveau bateau à Bernard Tapie ?
– AB : Goldman Sachs Sucks.
– CD : Aller au lit à 2 du mat comme une jeunesse avec un bon livre et être obligée de se relever pour aller chercher ses lunettes, c’est top pour le moral.
– PD : Jean Sarkozy vante les mérites de Jean-François Copé ». Un peu comme si le fils de Madoff recommandait Kerviel.
– YH : Je me suis levé tellement en retard que je vais passer plus de temps à téléphoner pour décaler mes rendez-vous que d’être à mes rendez-vous.
– BD : Je vais écrire la Liste De Mes Ennuis. Si je me réfère à Grégoire Delacourt cela me permettra peut-être de payer mes impôts. Bon, il me manque juste un peu de talent … et ç’est plus difficile à acheter que des followers.
– DC : Son père lui demande de manger une tranche de jambon sur son sexe en érection. Ça commence comme ça, le livre de Christine Angot. Il aurait été musulman, ça ne serait pas arrivé !
– FLM : Il vaut mieux en rire… Ce matin, la roue de secours était elle aussi à plat, donc j’ai mis les warning pour rouler à 20 à l’heure et rentrer chez moi. J’ai juste oublié de les enlever… je suis en panne de batterie !!! Je craque !!! :))
– DP: Une pizzeria des Ulis attaquée à la grenade hier soir. Bravo. Il existe au moins un critique gastronomique qui fait son boulot dans ce pays.
– OVH : Hier, rv dans un restau avec un copain. J’arrive, il est déjà assis à la table en face des wawa. je lui propose une table plus confortable avec la banquette, plus près de la terrasse. No problemo dit le loufiat. Sur la douloureuse, « changement de table : 3;80€ ». L’Ambroise Paré, rue Saint Vincent de Paul, Paris Xe.
– DC : Ouf re-ouf pour la 32eme fois l’euro est sauvé. On attend la 33eme. Tant que les causes(système financier prédateur) subsisteront les effets subsisteront. Super Mario supercherie
– DP  : 440 000 pauvres de plus en France en 2010, selon l’Insee. C’était tellement mieux sous Sarkozy, n’est-ce pas M.Barbier et Giesbert?…
– OVH : Fusillade de Chevaline : C’est une vraie boucherie.
– MM : Cambriolée sans effraction : j’avais oublié de fermer ma porte à clé… Le voleur a juste piqué… la caméra de surveillance !
– CD : Le saviez-vous ? Bernard Arnault s’était exilé aux USA pendant 3 ans après la victoire de la gauche en 1981
– JdV : « Bernard Arnault a demandé la nationalité belge. Ses motivations restent confidentielles. » On se demande bien ce que ça peut-être ?!
– JP : A ce niveau de pognon, qu’est ce que ça change de payer des impôts ou non ?
– OK : leSaviezVous L’anagramme de Bernard Arnault est > [ Branleur ardant ]
– EP : Bernard Arnault va-t-il devenir Belge? Si oui, confirmation que le parti de l’argent est l’ennemi du patriotisme.
– ANU :  Et sinon, quand est-ce qu’on enlève la nationalité française ainsi que tous les avantages inhérents à tous ceux qui veulent quitter le pays pour moins payer d’impôts ?
– ML : Arnault va pourrir la terre d’Arno.
– DP : BernardArnault belge? Chic, il va nous rembourser les 2 milliards de subventions dont Fabius lui avait fait cadeau avec Boussac!
– DC : Après les boat-people en Europe, les yacht-people en Belgique !

Illustration © dominique cozette

Inénarrable, loufoque, tarabiscoté et absurde pavé de Tom Robbins …

Si vous avez apprécié même les cow-girls ont du vague à l’âme — porté à l’écran mais très très très réducteur forcément — vous  retrouverez avec frénésie l’intarissable auteur Tom Robbins qui nous raconte en un tome (de 638 pages drues) vingt-six mille aventures extraordinaires et extrêmement documentées sur une infinité de sujets tels la CIA, le Jugement Dernier, Fatima, la Vierge Marie, la Syrie, toutes sortes de mythologies, Matisse… Si vous ne connaissez pas cet énergumène, c’est l’occasion de vous y plonger.

Le héros, Switter, agent de la CIA, doit accomplir une mission pour plaire à sa grand-mère, femme de trempe et d’argent : remettre son perroquet chéri en liberté dans la partie du monde où ils sont le plus heureux. Et filmer l’affaire. Chemin faisant, il va accepter de rendre un autre service pas simple à un anthropologue anglais qui doit absolument lever un sort le concernant, un sort inavouable, jeté par un sorcier à tête de pyramide dans les environs de cet éden. Hélas pour tout le monde, lui, le perroquet et l’Anglais, il va bien rencontrer le chaman mais il sera à son tour victime d’un sort auquel il devra se soumettre sous peine de mort immédiate.
C’est donc en fauteuil roulant puis sur des échasses qu’il va nous balader jusqu’à un couvent au Moyen-Orient tenu par des nonnes légèrement défroquées, dont, à force de prière, l’une d’elles a retrouvé un hymen intact et une autre, a vu sa beauté inassumée saccagée par une excroissance miraculeuse.
Ces femmes, pas si chastes que ça, vont lui confier une nouvelle mission en accord avec son talent de décrypteur de codes secrets : interpréter une mystérieuse prophétie de Marie à Fatima et en rendre compte en haut lieu c’est à dire au pape himself.
Et bien d’autres péripéties qu’il est impossible de résumer et même d’évoquer tellement le bouquin est dense. Jusqu’à l’overdose parfois, mais c’est comme un super menu gastronomique : même au bord de l’indigestion, on n’a pas envie d’en laisser une miette car il est écrit d’une façon tellement drôle et réjouissante qu’on n’aimerait pas gâcher un si beau travail !

Féroces infirmes retour des pays chauds (Fierce invalids home from hot climates) de Tom Robbins 2000. 2012 pour la traduction française. Editions Gallmeister

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #110

Pour la rentrée, apprécions la petite mort de Johnny qui a fait couler beaucoup de synovie dans nos canaux carpiens, notons la queue de comète de Neil-la-lune-Armstrong, un chouïa de scierie, un peu de Clint Réac Eastwood et tous nos petits soucis quotidiens... On y apprend aussi un très beau mot  très élégant sur la constipation !
– EO : Si j’ai un enfant un jour, je jure de ne pas lui écrire la conjugaison du verbe être à tous les temps sur la porte des WC.
– MW : Neil Armstrong est mort. Les blagues vont fusée.
– EL : Bon, allez, fini de procrastiner, je prends mon courage à demain
– ML : Quelle bande d’ingrats ! Bettencourt, el-Assad, kadhafi, Takeddine, Gaubert, Courroye ou de Maistre ne sont même pas à l’oraison funèbre niçoise des « amis de sarkozy ».
– PG : Je me demande ce qui se passe dans cette scierie dont on parle depuis plus d’un an. Avec le nombre de morts et de blessés qu’il y a dans cette entreprise il faut vraiment prendre des mesures de sécurité pour les employés. Surtout que dans une scierie il y a des instruments dangereux. Que fait donc le comité d’entreprise ? et ce monsieur Hassad, il faudrait qu’il rende des comptes non ?
– HDD : Supporters de Paris, quand vous faites le plein de pétrole qatari, pensez que vous payez aussi le salaire d’Ibrahimovitch.
– HD : Je viens de voir la miss Météo de C+…. ok !!!elle est belle mais elle n’a pas inventé la foudre!!!!!
– HD : Le dictionnaire!!!!!!ah !!!!L’apotathotiathulatothobie…voilà un mot chiant qui exprime la peur d’être constipé….on peut pas faire plus simple siouplait?????
– DF : « Johnny Hallyday hospitalisé pour un problème cardiaque. » Je t’en supplie, ne meurt pas, je ne veux pas me taper ta musique 24h/24 !
– FOG : Sous Sarkozy, Johnny Hallyday aurait eu un soutien sanitaire avec un avion de la République mis à sa disposition. Honte à François
– LG : A l’occasion du décès prochain de Johnny Hallyday, où comptez-vous vous exiler pour ne pas subir les trois mois de deuil national ?
– JPT : Je trouve que Mitt Romney a l’air d’un grand con. Puis je me dis qu’un candidat à la présidence du pays le plus puissant du monde ne peut pas être un con. Puis je pense à George W. Bush…
– HD : Quand même dans la police ils avaient réfléchi!!!!pour la disparition du nouveau né de Marseille ,ils avaient même envisagé l’hypothèse d’une fugue!!!!
– JPT : Une bonne idée serait d’organiser les prochains Jeux Paralympiques à Lourdes pour en avoir, une fois pour toutes, le cœur net.
– DB : Vivement une hausse radicale et définitive du carburant, genre 4€ le litre, pourquoi pas 10€ ?… Nos déplacements seront mieux réfléchit, nous consommerons ce qui est proche… et surtout on arrêtera d’attendre le père Noël !
– AR : dans le métro, une fille, jeune trentaine, parle très fort dans son mobile … raconte la fusion de plusieurs services, les postes qui se chevauchent, les double triple emplois, le chaos complet … véhémente mais pas désespérée … « maman, dit-elle à un moment, tu m’inquiètes, j’ai tout le temps peur que tu meures, surtout maintenant que je n’ai plus que toi » – DELICATE sur toute la ligne n’est-ce pas –
– SG : Je suis toujours fasciné par le nombre de salariés qui trouvent le temps de poster des conneries sur facebook, alors que je n’ai pas une minute pour tailler ma moustache.
– HDD : Au moins sous Sarko, on s’attaquait ni à la dette, ni au chômage, ni au pouvoir d’achat, mais on réformait en profondeur la façon de mentir.
– DP : Mitterrand sur l’agonie de Jean-luc LD hier soir: « Il souffrait bcp de ne pas voir suffisamment son fils ». J’imagine la tête de la mère. TV de merde
– GR : Carrefour annonçait hier des suppressions de postes. Ils sont vivement encouragés à poursuivre, son action bondit à la bourse
– RP : C’est étonnant, la doyenne des français disparaît et y en a déjà une autre. Elles sont nombreuses comme ça ?
– JPCM : Les gens à qui tu demandes comment tu vas et qui te répondent le boulot va bien…
– JPT : J’ai touché aujourd’hui mon premier chèque de retraite. Je comprends mieux pourquoi on emploie le même mot pour évoquer une catastrophe militaire.
– GR : Gaz de schiste: Yoko Ono et Lady Gaga en croisade contre la fracturation hydraulique Mireille Mathieu refléchit
– AM : Si un jour un homme a le courage de venir partager ma vie, je lui laisse le dernier étage du frigo pour stocker ses bières :p.
– TM : La sodomie, c’est comme les impôts : c’est le premier tiers qui fait mal…
– JPT : On sait que l’automne arrive quand Amélie Nothomb vient nous déposer sa petite crotte annuelle sur le plateau du Grand Journal.
– OVH : Clint Eastwood est bouffé aux Mitt.

Illustration © dominique cozette

C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule #4

Sujet du jour : ça pue des pieds.
Je ne dis pas ça, chers amis de Fessebouc pour vos sublimes photos de pieds de l’été ci-jointes qui reflètent une hygiène podale très pointue mais plutôt parce que franchement, le service public en la personne de monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — au sujet de la non diffusion en direct des épreuves des Jeux Paralympiques, ça frôle le pied de nez taille 48 fillette.
Ce matin, monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — s’est targué face aux critiques de nombreux auditeurs lui reprochant de ne pas les diffuser en direct, s’est targué d’avoir fait beaucoup d’efforts pour, beaucoup d’efforts de, beaucoup d’efforts dans le but de… bref monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — a bossé comme un malade, c’est dingue, pour qu’on parle des Jeux Paralympiques sur son antenne, la preuve le magazine de l’après-midi. C’est cela oui…
Le monsieur face à lui, Cohen je crois, lui rétorque fort à propos que s’il a fait des efforts, hé bien ça n’aboutit pas à la diffusion des JP en direct et que c’est bien dommage.
Et tout le monde pense  que s’il y a des personnes qui ont fait vraiment fait une tonne d’efforts, c’est bien tous ces sportifs courageux, opiniâtres et joyeux. Oui, ça mériterait bien quelques directs. Moindre des choses, valeur d’exemple etc.
Alors monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — a une réponse qui sent un peu le grunge (le grunge en anglais, c’est les crottes qui se trouvent entre les doigts de pieds), il dit que malheureusement il ne peut rien faire parce comprenez-vous, ça risquerait de bouleverser la grille de la rentrée qui est déjà en place. Figurez-vous que monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — ne savait pas jusqu’à ce matin qu’il existait des Jeux Paralympiques fin août à Londres avec la Reine qui les honore de sa présence. Donc forcément, il ne les a pas prévus dans sa grille de rentrée monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — pour qui gouverner ce n’est pas prévoir, sinon, s’il l’avait calculé, oh il aurait peut-être fait un petit direct, enfin, c’est pas sûr, mais il nous jure que c’est vraiment pas de sa faute.
Et puis c’est vrai que les programmes du service public sont tellement formidables que mettre des gens qui puent la sueur et qui n’ont même pas de pieds souvent, ça aurait pas été terrible pour sa grille de rentrée à monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques —.
Moi, je trouve que ça mériterait bien un petit direct du droit ou du gauche, ça dépend quelle main il reste au paralympique pour réagir,  et un bon coup de pied oc pour ceux qui en ont encore, un pied. Je suppose que monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — dispose d’un cul pour accuser réception de ce mouvement d’humeur !

Texte © dominique cozette. Photos © amis facebook

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
Twitter