Palpez-moi ça !

J’étais dans un bon restaurant mi-gastronomique, mi-gastro-entérique avec un jeune homme louche comme un bol de caviar et riche de naïveté enfantine, qui goûtait les premiers escargots de sa courte vie. Il y mettait du coeur et de la bonne volonté, d’autant plus qu’il avait été élevé au pays de Galles. Après dégustation enthousiaste du gastéropode, fallait voir comme il t’introduisait une mouillette dans la coquille afin d’en extraire le plus de sauce possible.
– Ben dis-donc, lui fis-je, on peut dire que votre émotion est palpable !
– est quoi ?
– palpable !
– palpable ? Vous voulez dire visible, peut-être ?
– Oui, voilà. Mais la mode journalistique, aujourd’hui, c’est de dire palpable.
– Mais palpable, ça veut bien dire touchable du doigt, non ?
– Oui mais ça veut dire aussi : évident. Et aujourd’hui, tous les commentateurs utilisent ce mot. Dès qu’un drame se produit dans le monde, attentat, carnage, exaction,  l’émotion est toujours palpable.
– C’est noté, dit-il en suçant ses doigts. J’adore manger avec vous, j’en apprends tous les jours, ajouta t-il en aspirant bruyamment le reste de beurre persillé enfoui au fin fond de la spirale.
– Ecoutez, Harry, on ne dit pas manger, on dit déjeuner ou dîner. Manger, ça fait plouc. Et on ne fait pas ce que vous faites, là. C’est parfaitement grossier, vous savez !
– Oh mais dites-donc, ça devient pénible de bouffer avec vous. Vous êtes une casse-couilles de première et je dis ça sans avoir besoin de me les palper. Fuck, quoi !
Là, j’explose de rire car c’était l’effet recherché : le faire sortir de ses gonds. D’abord interloqué, il reprends son petit minois d’effronté avant de parler la bouche pleine :
– Oh, je suis soulagé ! J’ai cru que vous n’étiez pas prête de me réinviter à baffrer (sic) !
– Harry, pour la dernière fois : pas PRÈS de. Comme si on disait : pas près de Paris. Car ça, c’est rédhibitoire, mon petit. Si vous continuez à commettre cette erreur, je peux vous assurer que je ne suis pas prête à passer l’éponge.
– Je ne comprends rien à votre langue, dit Harry, mais je trouve que, malgré tout, vos seins sont très palpables !
Il tendit ses doigts luisants de graisse vers mon buste épanoui de reconnaissance.
– Ah, on s’essuie les mains avant, petit bougre !
Bien heureusement, j’étais prête à tout, tout près de flancher dans ce boui-boui où j’avais eu la prudence de réserver un salon privé.

Dessin et texte © dominique cozette

 

Invitez-vous à la table de Warhol et Burroughs…

… et je vous jure que vous allez vous marrer. La première conversation a lieu en février 80 au 65 Irving Street, près de la Factory. Elle réunit pour la première fois nos deux icônes qui deviendront amies, plus un journaliste de mode et l’instigateur de l’affaire, Victor Bockrisa. Et qu’est-ce qu’on raconte ? Rien de bien culturel, des gossips, des histoires de cul, des ragots sur les people, des considérations sur l’audace sexuelle des Anglaises et les dimensions de leur bite (sic) et de celle d’autres amis.
Le livre s’intitule Conversations et l’idée de Bockrisa, journaliste ayant travaillé à Interview puis à la Factory, était de se faire du fric en enregistrant des conversations avec des gens très en vue dans le milieu culturel et d’y inclure des photos de la scène. Pour faire un peu la nique à Truman Capote et à son style journalistique révolutionnaire.
Finalement, ça ne s’est pas réellement passé comme ça. Il a rallongé la sauce avec des anecdotes sur les uns et les autres, des choses intimes ou ordinaires plutôt intéressantes, drôles ou originales. En tout cas, la distance entre ces gloires et nous semblent définitivement abolies par ce point de vue. Les photos sont imprimées sur le même papier que le texte, et qui illustre exactement  : on y voit comment ils sont habillés, ce qu’il y a sur la table, quelle tête ils ont ce soir-là.

Le dîner d’après, organisé par Burroughs dans son « bunker », un loft sans fenêtre, est totalement raté. Le journaliste tenait à avoir Mick Jagger, familier de Warhol. Mais il n’a pas préparé d’interview et Mick lui en veut de se retrouver comme un con, avec Jerry Hall, devant un bout de pâté, un verre de piquette et une barquette de haricots verts froids. Alors le journaliste tente d’inventer un événement comme le 20ème anniversaire des Rolling Stones. Jagger dit que ce n’est pas possible, les années de concordent pas. L’autre se rattrape en évoquant les 20 ans du magazine Rolling Stone mais ça ne marche pas non plus. Des anges passent, l’ennui y est palpable comme on dit aujourd’hui, rien ne se dit d’intéressant, bref, la lose. Mais les photos sont marrantes, Jagger de de grosses joues.
Les deux autres fois  se passent mieux. On y croise Blondie, Lou Reed, Allen G. et quelques autres. On y parle de trucs assez hallucinants, on se décalque avec drogues et cocktails, le magnéto tourne… Même si un soir  Warhol s’isole dans son walkman, il participe quand on l’interpelle.
Les quatre rencontres entre le pape de la beat generation et le roi de la culture pop est fascinant par la spontanéité des échanges, la liberté des sujets et l’absence de formatage de l’ensemble. Et aussi pour les photos.
A avoir absolument quand on aime la culture américaine.

Williams S. Burroughs, Andy Warhol, Conversations, imprimé en police Tribute aux Editions Inculte Document, en 2012, 180 pages, 16 €. Ce qui ne fait pas cher la page !

Fessebouqueries #127

Petite semaine, normal, vous cuvez encore le premier réveillon et avez largement entamé le second, c’est pas Depardieu qui pourrait vous jeter la pierre, d’ailleurs, les 75% viennent d’être abolis, la crise n’existe plus à part celle du foie, le mariage pour tous fait des gorges chaudes comme dit le jeune marié. Je vous le sers comme ça, n’oubliez pas le sac à sapin, le don aux organismes avant la fin de l’année car crédit d’impôt n’attend pas et ne roulez pas bourrés le 31, des gens que j’aime seront de sortie cette nuit-là…
– GR :  Des mauvaises langues accusent Depardieu de souvent se bourrer, FAUX, des années qu’il entretient la même cuite
– MM : Le crise? Quelle crise? La queue devant les magasins de jouets, chez Fauchon, Vuitton, Prada, Laduré….
– FB : Lapsus de Christine Boutin, il y a une minute sur ITélé :  »Le mariage pour touffe ». authentique.
– YH : Ma chienne s’est couchée sur moi sous l’escalier où je suis planqué depuis 4 h déguisé en père Noël. Ils viennent quand?Coton ds la bouche
– GR : Moi qui suis pas homo, je me suis marié avec 1 personne d’1 autre sexe c’est normal ?
– DC : Comme moi, marie-toi avec quelqu’un d’un autre sexe que Christine Boutin !
– DC : On sait que le changement c’est maintenant. Une question : est-ce que le changement, c’est maintenu ?
– ML  : Mamie lave la vaisselle avant de la mettre dans le lave-vaisselle. « Pour ne pas abîmer la machine » qu’elle dit.
– EL : Qu’est ce qu’on peut dire à une amie qui a mauvaise haleine sans la blesser ? je m’ennuie allons nous brosser les dents ?
– HD : La taphephobie est la phobie de se faire enterrer vivant …et moi qui croyait que c’était l’allergie au boulot!!!!!
– HV : Autant j’aime le foie gras mi-cuit, autant le jean mi-cul me débecte.
– AP : Chères radios.Noël est passé, vous pouvez arrêtez les cantiques, ça va faire deux mois là… Merci.
– CG : Noël est dans 363 jours et il y a déjà plein de décorations partout. Ca devient n’importe quoi.
– CC : Hollande à Rungis qui découpe une tête de veau en pensant à Mélenchon
– DC : Proglio : la marque du fusible le plus cher du monde.
– HDD : Face à cette déferlante de lettres ouvertes je suis pour la réaffirmation de principe d’inviolabilité des correspondances.
– OVH : Ecoute, j’ai le moral dans les chaussettes, j’ai grossi, mon mec fait la gueule, ma fille se prostitue et mon fils se drogue mais je ne vais pas emmerder tout le monde avec ça
– JPT : Si vous pensez que les six salopards qui ont violé une étudiante en Inde avant de la tabasser à coups de barres de fer méritent autre chose qu’une balle dans la nuque, alors c’est que vous êtes vraiment opposé à la peine de mort. J’aimerais pouvoir vous suivre.
– AE : Quelqu’un peut dire â Mélenchon que la campagne est finie?
– RP : Impossible de tweeter jusqu’à maintenant mon index était en panne et aucun garage ne voulait le prendre. Un pote mécano a réparé, c’est bon.
– ZM : Je ne comprends pas. Ma femme m’a demandé de passer l’aspirateur, mais elle ne m’a pas dit à qui.
– JLR : Dans les paroisses des tracts appellent a manifester contre le mariagepourtous ! On en aimerait autant contre la pauvreté et le sida !
– HDD : Censure de la taxe à 75% par le Conseil Constitutionnel : vous voyez que les hauts revenus peuvent être solidaires ! (Entre eux).
– YL : Impôts : le Conseil constitutionnel censure la taxe à 75%. Depardieu aurait été vu en scooter sur l’A1 au niveau de Lille direction Paris.

Dessin © dominique cozette

Le dernier Winckler, livre d’humanité et d’engagement

Martin Winckler est médecin, vous le savez sûrement. Il a écrit des livres puissants (entre autres, le formidable choeur des femmes, et la maladie de Sachs, monté en spectacle et joué avec talent par Dupontel) comme ce dernier ouvrage, d’une sensibilité totale. Il porte sur la douleur, la fin de vie, l’apaisement final.
C’est un roman d’imagination — avant de voir l’entretien ci-dessous, j’avais cru à des souvenirs professionnels — qui met en scène un professeur de médecine, André, qui demande à un ancien élève de l’aider à passer le cap. Car il a besoin de quelqu’un comme lui pour se confier, confier son secret de vie, et partir en paix.
Le narrateur est un médecin engagé contre la douleur, quelle qu’elle soit, même dans la tête car une douleur reste une douleur. Il va prêter assistance aux patients qui l’appellent « en souvenir d’André », c’est le mot de passe, et qui ne passent pas forcément à l’acte une fois leur douleur éteinte. Car ce docteur va devenir une sorte de dépositaire de la grande affaire de leur vie : des choses vécues qu’ils n’ont jamais avouées, ou jamais digérées, des raisons de mourir que leurs proches ne pourraient comprendre, des abcès à crever afin de s’alléger.
Avec sa mémoire légendaire, il va relater leurs histoires comme des testaments précieux, dans des petits cahiers bien rangés chez lui. Mais il va aussi payer de sa personne car sa démarche n’a rien d’anodin. Il va faire des rencontres hasardeuses ou miraculeuses, et leur contraire, les voir disparaître de sa vie.
Très beau livre sur un des thèmes cruciaux de notre société.
« Je ne vous raconte pas le monde tel qu’il est mais comme  je voudrais qu’il soit » : Martin Winckler parle de son livre

En souvenir d’André de Martin Winckler chez P.O.L, 2012. 196 pages.

Texte © dominique cozette

Mieux que mélo, Patricia Melo

C’est le troisième polar de cette nana que je lis et franchement, je m’en félicite comme ils disent dans les milieux politiques pour se faire mousser à propos de choses qu’ils n’ont pas faites. Mais moi, je l’ai lu et bien lu sous l’oeil suspicieux de mon voisin de pieu qui craignait que je ne l’appréciasse pas suffisamment, me demandant souvent, tel un tomtom ou à la rigueur un ancien de la Stasi, où j’en étais car c’est vrai que même si tout est très fort, il arrive un moment où le héros nous instille une trouille de tous les diables et on a vraiment les chocottes pour lui. Faut dire qu’il est train de se mettre dans un pétrin, mes amis, qui ne ressemble pas à celui de votre mitron de noël préféré.
Pourtant, ça commence gentiment, aux confins du Brésil et du Paraguay où il s’est réfugié , fuyant une faute professionnelle involontaire mais grave, qui a ruiné sa carrière. Se reposant près du fleuve, il entend un énorme bruit. Se précipite et découvre un avion de tourisme échoué dans l’eau. Il veut sauver le pilote, touché au front, mais celui meurt dans ses bras. Ne réussissant pas à ramener le corps à terre, il part chercher du secours. Mais lorsqu’il revient, le corps a disparu. Reste un sac à dos. Dedans, de la dope. Qu’il va planquer  en attendant de voir  comment se remettre en selle.
En même temps, il fréquente une jeune femme amoureuse et probe, flic devenue chef du service médico-légal, et craque pour une dingue, malgré lui toujours, qui fout un sacré bordel dans sa vie. Et c’est tout a fait par hasard qu’il est engagé comme chauffeur des riches parents du pilote disparu. Evidemment, il ne leur dit rien, même s’il éprouve une sérieuse empathie pour la pauvre mère désespérée qui ne peut faire son deuil et espère son fils vivant.
Un peu comme dans la série Braco, à chaque fois qu’il entreprend une action pour se tirer de d’embarras, il creuse un trou de plus en plus profond, de plus en plus dangereux et de moins en moins moral alors qu’il est l’honnêteté même. N’oublions pas que le business de la drogue qui s’épanouit dans cette jungle hostile n’est pas fait pour les mauviettes. Et que la corruption, il n’y a que les nouveaux-nés qui ne la pratiquent pas.
Extra.

Le voleur de cadavres, 2012 pour l’édition française chez actes noirs d’Acte Sud. 220 pages.

Texte © dominique cozette

Nick Flynn et son torture-test

C’est le deuxième opus de notre homme Flynn qui avait commis le très fort  « encore une nuit de merde dans cette ville pourrie » où il racontait comment il avait retrouvé son père dans un carton à la rue alors qu’il bossait dans un samu social.
De nouveau, il écrit sur lui, il écrit surtout sur ses questionnement. Une enfance pourrie, une mère qui s’est suicidée, une vie d’addiction à toutes sortes de saloperies, un père idem mais en pire, qu’il ramasse dans la rue dans le livre précédent et qu’il essaie de sauver encore dans celui-ci.
Actuellement clean, à part quelques petits rails par ci par là, il attend avec angoisse son premier enfant. C’est une fille. L’angoisse, c’est de ne pas savoir s’y attacher, de rester indifférent. Il aime la mère, il l’a aimée en même temps qu’une autre femme, c’est la grossesse qui a déterminé du choix entre elles.
Mais le thème majeur du livre est la torture. Lorsqu’il découvre que non seulement la torture est largement pratiquée par son pays, mais encore étudiée, peaufinée, il na de cesse de se renseigner sur le sujet, la prison irakienne d’Abou Ghraïb, les soldats hommes et femmes humiliant les prisonniers par des techniques éprouvées. Pour se laver de cette extrême mauvaise conscience, il se rend à Istanbul pour y interviewer des victimes de ces actes sans nom.
Ce livre est composés de fragments, il n’est pas linéaire. La date apparaît à chaque début de chapitre et l’ordre chronologique n’est pas respecté mais qu’importe, on ressent d’autant plus fort l’humanité impuissante de l’auteur. On y touche aussi du doigt l’évolution psychologique du futur père par rapport au sien qui n’avait pas l’air si  heureux de le tenir sur ses genoux sur une photo retrouvée. Alors que de lui émane un tel bonheur total …  sur les toutes premières photos. Car ensuite, plombé par les nuits blanches, c’est visible, il se demande si son père n’était pas juste fatigué, comme lui.
Très beau livre.

Nick Flynn. Contes à rebours, 2010. 2012 pour l’édition française chez Gallimard. 324 pages dont plein de notes intéressantes à la fin.

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #126

Gavage sur toute la ligne — mais c’est de saison —  par la polémique des pour ou contre le fisc fucking du monstre, le misfucking du priapique, le Nice fucking de l’escroc. Un doigt de mariage gay, de Maya — Ma Non c’est oune eRRRor — et c’est déjà noël, la pompe à fric qui s’emballe alors que des tout-petits dorment dans la rue à Bastille, mais Jésus aussi, alors que voulez-vous ? Ce ne sont que des Fessebouqueries…
– JDF : Peu de remarques sur le fait que le tueur ait été un jeune blanc . Sans doute pour éviter les amalgames
– AB : Depardieu qui se barre c’est quand même une très bonne nouvelle pour la sécurité routière en France.
– CV : se demande ce qu’il y a de si compliqué dans le passé composé, pour que tant de gens soient totalement incapables de l’écrire sans faute. Oui, elle se pose de bizarres questions le matin parfois.
– BD : Depardieu va aussi rendre son permis de conduire. Les habitants de Néchin respirent….
– JPCM : Avec Depardieu en Belgique, ce n’est pas seulement la fuite des cerveaux mais aussi celle d’un foie à toute épreuve.
– JAS : La Belgique nous a donné Brel. On leur donne Depardieu. Pourvu qu’ils ne nous demandent pas de leur rembourser la différence!
– JPCM : Potron Minet, cruel félin.
– HB : C’est quoi cette blague, il fait froid et il pleut a Dubai…autant aller s’installer a Nechin pres de Gerard et Bernard!
– DC : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence? C’est faire un distinguo qui est choquant» affirme Pierre Bergé. Mince, alors, moi j’ai loué mon cerveau, je ne sais plus qu’en penser…
– ZG : Houellebecq quitte l’Irlande et rentre en France fuite d’un estomac et retour d’un cerveau ça change!
– DC : Un gros ventre s’en va, une grosse tête revient.
– JPCM : Je suis contre la fin du Monde, j’ai encore plein de conneries à faire.
– AB : Le 21 décembre, jour de la fin du monde, il y aura environ 170 000 morts sur la planète. Comme tous les autres jours de l’année. N’empêche que pour eux les Mayas auront eu raison.
– PG : Entendu au moment de l’apéro tout à l’heure : »le mariage des homos ? Du moment où ils se marient entre eux, je suis plutôt pour…. » Merveilleux n’est il pas ?????
– FT :  6 millions la pipe, c’est l’inflation ! comme dirait Rachida
– CR : je l’aurais bien vu en Manneken-Pis en train de chanter « Amsterdam » de Brel. « Et ils pissent comme je pleure sur les contribuables fidèles »  »
– JPT : Gérard Depardieu était un très grand acteur français, je ne comprends pas pourquoi il a été enterré en Belgique.
– JPT : Je me réjouis de voir que les Américains envisagent d’interdire l’usage du bazooka et des missiles sol-air par les particuliers.
– CV : Dans la série :  » Je vais pas faire une série sur ce thème, mais bon « , les poireaux dans la soupe, ça sent le vieux. Eh oui. C’est comme ça.
– CH : Traitez-moi de pessimiste si vous voulez mais j’ai quand même déjà mangé les chocolats du 22, 23 et 24 dans mon calendrier de l’avent….
– HDD : Autant la France pourrait s’excuser pour la Guerre d’Algérie, autant les algériens pourraient s’excuser pour Smaïn.
– DC : Cher M. Hollande, vous n’avez qu’à faire de la France le plus grand paradis fiscal ! C’est pas une bonne idée, ça ?
– AR : moins de deux ans après Fukushima la Chine prévoit d’installer 200 centrales nucléaires sur son territoire … je ne vois pas comment tourner cette info pour la trouver marrante …
– MC : Vivement la fin de la fin du monde.
– CV a fait aujourd’hui des photos d’identité pour son passeport. Simone Signoret, à la fin de sa vie, avait l’air plus jeune et plus frais qu’elle. C’est donc bien la fin du monde.
– RP : Je viens de voir un extraterrestre dans ma salle de bains ! Apocalypse ? Ah non, c’est ma mère en peignoir avec son bonnet de douche.
– JD : Audrey Pulvar pressentie par Bernard Tapie pour diriger la rédaction de LaProvence. (rumeur invérifiable)
– RP : C’est quoi au juste, cette polémique d’acteurs morts ?
– YH : Parfois je me demande si tout ça vaut vraiment le coup et parfois je me demande de quoi je parle.
– CM ; entendu ce matin sur France culture Enki Bilal se foutre de la gueule de Buren. Je me suis dit que c’était décidément une belle journée qui commençait.. 🙂

Bonus de Denis Robert que s’arrachent Tapie, Pigasse (Tapigasse ?), Mélanchon et … Philippe. Philippe qui ? Des noms !
Bernard vient de m’appeler pour savoir si j’étais intéressé par un boulot de conseiller éditorial à la Provence avec un gros chèque à la clé. « J’ai besoin de sang frais et de leur montrer que j’ai des burnes ». La veille c’était Mathieu, chèque plus petit mais avec mon copain Sianko. « Je voudrais relever le quota investigation et préparer la révolution ». L’avant veille, c’était Jean Luc qui voulait savoir si j’étais intéressé par Inter après les fêtes. « Avec Philippe ce n’est plus pareil et on m’a dit que vous et enfin vous savez, la ministre… » Le Père Noël est une ordure.

Enfin, merci à vous, chers amis travailleurs solitaires, merci pour votre énorme soutien, je me sentirai bien moins seule dorénavant après la parution de ce post banal :  « La chose la plus pénible, quand tu travailles chez toi, c’est qu’il n’y a personne à la machine à café. »
Justement, j’y vais, on se retrouve là-bas ?

Peinture © dominique cozette

 

Le premier livre de Julia Deck : sanglant !

C’est un petit livre de la collection de minuit, le titre est pénible à retenir car il s’agit d’un  nom composé de  trois : Viviane Elisabeth Fauville, mais on y rentre comme dans du beurre battu en Chantilly, bien sûr je sais que c’est avec de la crème fraîche, mais entrer dans la crème fraîche, ça ne se dit pas, et puis la confusion mentale fait partie du livre.
Donc on suit cette nana trentenaire dans son petit trois pièces où elle essaie de harponner quelques faits de sa mémoire flanchante tandis qu’apprend à vivre sa petite de deux mois, sage et ordonnée. Que s’est-il donc passé ? Oh, de sacrées choses ! Figurez-vous qu’elle a trucidé son psy avec le couteau que sa mère lui avait acheté, jadis, et qu’elle avait récupéré subrepticement chez son mari qui venait juste de la plaquer pour une jeunette.
Comment vivre avec ça ? C’est tout le problème de Viviane. Elle passe tellement inaperçue, elle est tellement transparente, insignifiante, dispensable que les soupçons sur elle sont plus que légers. Et ça, c’est pas bon pour le moral.
Et puis il n’y a pas que ça, il y a cette fille de talent qui l’a remplacée durant son congé maternité et que son patron trouve efficace, il y a ces vertiges qui surviennent et la font transporter dans des lieux de soin, il y a son ex à qui elle n’a rien demandé bien que ce fût le fuyard mais qui réclame le bébé et veut lui rendre le chat de sa mère, il y a que sa mère ne peut pas lui servir d’alibi, et pour cause, la pauvre.
Alors pourquoi va -t-elle, sous le nom d’Elisabeth, trouver d’autres patients du psy, suspects autant qu’elle, ou sa veuve qui s’envoyait en l’air avec quelqu’un d’autre, ou cette patiente par lui engrossée et sur le point d’accoucher ?
Un livre bien foutraque, amusant, incisif où la narratrice peut devenir la spectatrice, ou la victime muette de l’histoire, où l’on picore à loisir des miettes de thriller psychologique, de roman noir, de récit de société.
Bref, un très bon premier roman !

Viviane Elisabeth Fauville de Julia Deck, chez Minuit, 2012. 156 pages.

Texte © dominique cozette

Venez nombreux, OK, mais comment qu’on fait ?

Quelle drôle d’expression ! Qu’on m’incite à venir habillée, nue, maquillée, repue, fatiguée, en couple, avec mes enfants, en métro, pas trop tard, comme je suis — mais ça c’est Mc Do et je ne vais jamais au Mc Do —à petits pas, les mains vides, à la bonne franquette, sans rien préparer, vite …  tout ça, je sais faire, ça roule.
Je suis même parfois venue sans qu’on m’attende, c’est très gênant pour les deux parties, je suis aussi venue avec armes et bagages mais c’était durant une guerre sans nom, la guerre des sexes si vous préférez. Je suis venue comme ça, oui, comme ça, c’est gonflé mais je l’ai fait. Je suis venue la gueule enfarinée, ce qui est le plus sûr moyen de repartir la queue entre les jambes. Je suis venue te dire que je m’en vais, parfaitement, il n’y avait pas de SMS ni de tweet pour l’annoncer, fallait le faire de visu pour bien l’entériner. Puis je suis venue à maturité, très récemment et sans savoir pourquoi, je ne sais pas comment je dois le prendre.
Si on me demande de venir en rang(s) serré(s), ça devient limite car est-ce un rang qui est serré ou plusieurs. Quoi qu’il en soit, ça présuppose la formation d’un groupe pour réussir le truc, or je déteste me balader en troupeau.
Reste le « venez nombreux », fréquemment entendu à la télé pour des promos portes ouvertes, destockages massifs et autres événements exceptionnels. J’ai bien essayé, une fois. Je me suis dit : viens nombreuse, viens nombreuse. Quoi que bizarre comme injonction, je me suis postée devant la glace en la serinant pour voir si je devenais nombreuse. Que pouic. Je demeurai seule et unique. Je ne suis donc pas venue et d’ailleurs, tout le monde a fait comme  moi : on n’est  pas venus nombreux, ce fut un flop total.

Mais que ceci ne vous empêche pas de venir nombreux mercredi 19 à la librairie du théâtre du Rond-Point, de 19 à 20h. 30, où aura lieu la fête de lancement du livre « Vents Contraires », blog agité du théâtre dans lequel j’ai l’heur d’apparaître aux côtés de sacrées pointures et de gros niqueurs qui seront forcément venus nombreux, sinon, tu la vois celle-là ?

Texte © dominique cozette

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