Un lièvre qui ne pose pas de lapin…celui de Patagonie

Le lièvre de Patagonie, c’est l’art du récit, superbement manié par Claude Lanzman, brillant, foisonnant, exubérant, généreux. J’en retardais toujours la lecture, intimidée par le bruit autour de Shoah. Mais en fait, ce livre est bourré d’anecdotes souvent très drôles, toujours très bien racontées qui font du lièvre de Patagonie un véritable  roman d’aventures, passionnant, étonnant, émouvant.
Le premier chapitre est  dur vu qu’il y narre son aversion pour la peine de mort, toutes les peines de mort, certaines auxquelles il a assisté, dont il décrit les variantes parfois atroces. J’allais dire inhumaines.
Mais ensuite, il entame le récit de sa jeunesse, son frère Jacques et sa soeur, ses années de lycée pendant la guerre, son engagement dans la résistance et le parti communiste, les amours délicates de ses parents qui se séparent, son père pour une belle Hélène, sa mère qui  les plaque pur mieux les reconquérir lorsqu’elle vit avec une sorte de magicien qui peut tout, convaincre de tout, auprès de n’importe qui, et qui sera un précieux allié lorsque « Claudie » aura besoin de soutien.
Et c’est un vrai bonheur que de suivre ses indiscrétions, d’y découvrir ses petits arrangements avec la chance.
Juif mais non pratiquant et même totalement « inculte » sur la question, il change d’identité, se retrouve en zone libre, et monte à Paris où il fera de brillantes études. C’est alors que se fonde son amitié avec Deleuze, qui devient le premier amour de sa soeur, puis qui la quitte de façon assez peu élégante. Celle-ci devient actrice, s’éprend de Sartre qui va la faire jouer dans ses pièces, puis de quelques autres avant de se suicider par chagrin amoureux.
Tout au long du livre, Claude Lanzmann nous fait part de ses coups de coeur, de ses coups de foudre irrépressibles et de ses amours profondes dont le plus fondateur fut le Castor, alias Simone de Beauvoir, avec qui il vécut de nombreuses années, en toute complicité avec Sartre. Bien d’autres aventures apparaîtront comme dans un magazine people où défilent de célèbres personnages dans les belles années de Saint Germain des Prés.
Les anecdotes abondent comme lorsque le Castor le décida pour une excursion au Mont Blanc, sans aucune préparation, en chemisette, sans chapeau ni crème protectrice ni lunettes de soleil, et le tout … en espadrilles. Une chance folle les a sauvés de la catastrophe. On apprend aussi comment il fut sauvé d’une inéluctable noyade par orgueil, pensant qu’il nageait trop bien pour respecter toute prudence.
Il se souvient aussi de ses amours abracadabrantes avec une splendide infirmière de Corée du Nord, toujours flanquée de sbires interdisant toute manoeuvre de rapprochement sauf pour un court moment.
Parallèlement, il se remémore son parcours professionnel, extrêmement riche, sa passion pour l’écriture, sa collaboration assidue aux Temps Modernes dont il deviendra directeur,  ses grands reportages bien souvent improvisés, faits avec quatre bouts de ficelles, sans bons de commande. Ses enquêtes en Israël et ses gaffes lors du shabbat car il n’y connaît rien du tout en rituels religieux, ses  voyages fréquents dans le monde, Chine et Etats-Unis en particulier, puis la naissance de son oeuvre majeure, Shoah,  film de 9 heures qu’il mit douze ans à construire. Et dont il regrettera encore, dans le livre, de nombreuses omissions.
Entre confessions intimes, réflexions sur la question politique et tribulations insensées,  ce livre est un récit unique, haletant et somptueux !

Le lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann, 2009 chez Folio 760 pages.

Texte © dominiquecozette

Misère insupportable aux yeux des puissants

Vous avez l’avez peut-être vu aux infos ou lu dans la presse ou sur vos réseaux, cette histoire du G8 :  « Le sommet du G8 se déroule ces lundi et mardi à Lough Ern, en Irlande du Nord. Et pour éviter que les grands dirigeants du monde ne soient confrontés aux ravages de la crise économique, Belfast a décidé de redécorer certaines boutiques des villages avoisinants et d’utiliser des trompe-l’oeil. »
(Article ici)
Quand j’étais petite (ou jeune je ne sais plus), on avait parcouru en voiture une route de province dont tous les troncs d’arbres étaient fraîchement peints en blanc. J’avais demandé pourquoi, pensant que c’était peut-être pour empêcher les limaces d’aller se goinfrer de feuilles et pourrir la vie de ces nobles plantes. On m’avait répondu que c’était pour la visite du général de Gaulle. J’avais trouvé ça stupide et injuste. Et pourquoi le chef d’état bénéficierait-il de tels égards ? Plus tard, j’ai constaté qu’il en était de même lorsqu’un monsieur Glandu de la république se faisait photographier dans le métro, les prisons ou je ne sais quoi. Qu’il est hors de question de montrer la misère à ceux qui nous gouvernent.
Car ceux qui nous gouvernent sont des gens excessivement sensibles (excessivement veut dire trop, je rappelle). S’ils voyaient vraiment comment vivent les gens, en vrai, c’est sûr qu’ils en seraient malades. Qu’ils n’en dormiraient pas. Qu’ils attraperaient le blues. Qu’ils tomberaient en dépression et peut-être se suicideraient. Comment ferions-nous si Poutine, Obama ou Hollande se pendaient ?
Car c’est prouvé scientifiquement : plus on est puissant (ou plus on est riche, ce qui revient au même), plus on apprécie les jolies choses.
Moins on goûte la poésie du caniveau. Moins on supporte le bruit et l’odeur. Moins on va dans les endroits glauques. Et plus on a peur des gens pauvres. Les gens pauvres sont sales. Ils ont la gourme et des poux et des croûtes sur la tête et des abcès aux gencives. Et le sida ou la lèpre. Et ces gens-là, s’ils vous serrent la main, il faut vite que l’esclave propre qui vous accompagne sorte une lingette antiseptique pour décontaminer votre main. Les gens pauvres, ça fout le cafard.
Les puissants, les riches, ont des endroits à eux sur toute la planète où les pauvres n’ont pas accès. Leurs trajets, leurs résidences, leurs lieux de loisirs ou de travail sont protégés de ces gens-là.  Privatisés. Jamais ils n’en rencontrent (sauf leurs esclaves propres). Parce que ça leur fait mal au coeur de voir que plein les gens malheureux ne peuvent pas se payer du luxe, obtenir tout ce qu’ils veulent d’un claquement de doigt ou de bottes et sont obligés de supporter des choses très moches. Très dures. Très dégradantes. Très humiliantes. De vivre comme des bêtes.
C’est pourquoi on a monté des décors dans les rues proches du G8 dans cette Irlande touchée de plein fouet par la crise. Les gens riches ou puissants ont une protection qui les empêche d’être touchés de plein fouet par la misère. Et quand la protection fait défaut et que le puissant ou le riche risque d’être touché de plein fouet par la réalité, on fabrique un décor. Donc en Irlande, on a mis des superbes photos de belles vitrines sur des boutiques en faillite —  ça s’appelle des trompe-l’oeil —  on a repeint vite fait des façades — ça s’appelle des trompe-couillons. On a peut-être même loué des figurants tout beaux tout propres pour que  la vie dans cette Irlande touchée de plein fouet par la crise leur montre  un pays riant avec des gens gais, dignes et fiers, touchés de plein fouet par la grâce de se trouver sous l’oeil du G8.
Ainsi, ceux du G8, ceux qui représentent la puissance mondiale, peuvent se réunir sereinement, parler de la Syrie et autres petits problèmes planétaires sans importance sans être pollués par des visions indécentes…

Texte © dominiquecozette

Fessebouqueries #151

La fête des paires, n’oubliez pas le vôtre ou les vôtres si vous en avez deux. Lefèvre : le retour  …de la connerie umpiste. Les affaires qui sont ressorties sales de la machine où on avait déjà essayé de ravoir un tapie. La météo qui décidément dément qu’on est bientôt en chaleur… C’est ainsi qu’est passée ma semaine, à ramasser vos perles judicieusement posées sur mon chemin.
– SB : Pédagogue, Bartolone explique aux enfants le fonctionnement des boutons pour voter à l’Assemblée. Guaino prend des notes.
– FM : Pfetgain cwque c’safest caojmpliqué de tapsfder deeeeeeeeeeeeeeeees stasatuts cohaireeeentttt aveksdc un chasñt suuuuur lsde cklafbvier.
– TM : Si Hitler s’était appelé Pepito, les Nazis auraient dit « Heil Pepito »?
– PE : Sont paranos, les obsédés du « un papa, une maman »: ils voient deux mecs ensemble sur un court, ils pensent tout de suite mariage…
– MC : Je viens de voir passer ce statut liké par ma fille : « un seul être vous manque et tout est surpeuplé de cons ». Je comprends enfin pourquoi parfois je vois des cons partout.
– DP : Frédéric Lefèbvre élu député des Français d’Amérique du nord. La fuite des cerveaux continue…
– H2C : L’élection de Frédéric Lefebvre est-elle un complot de droite pour que David Douillet ait l’air intelligent ? »
– DT : Deux lots d’un diurétique du laboratoire Teva font l’objet d’une mesure de rappel à la suite d’une erreur de conditionnement, les comprimés ayant été remplacés par ceux d’un somnifère produit par le même laboratoire : « Quand on n’arrive pas à dormir, mieux vaut laisser pisser. »
– HY : Bon. Si mes calculs sont bons, je devrais finir ce boulot juste à temps pour qu’il n’intéresse personne !
– HDD : Refus de mariage : avant, Arcangues c’était le trou du cul du monde, là c’est le monde des trous du cul
– HY : J’ai bien envie de dire quelque chose de beau et profond. Mais j’ai peur d’être creux. Note que tout ce qui est profond est creux.
– DC : D’après Frédéric Lefèvre : quand Sarkozy voyageait dans son avion, il payait son dentifrice ! Ah ouf, merci Fred de nous avoir rassurés …
– GR : Claude Guéant et Nicolas Sarkozy pressentis pour tourner une nouvelle version des ripoux, vous y croyez vous ?
– HDD : Aujourd’hui on comprend que les hausses d’impôt servent d’abord à éponger le passage de Claude Guéant au ministère de l’intérieur.
– PN : 25000€ retrouvés de nouveau sur son compte, Gueant se justifie en affirmant avoir vendu une photo dédicacée de Sarkozy à Nadine Morano
– DC : La vie politique se résume aujourd’hui à peu de choses près à la haine qu’à gauche on voue à la droite compromise dans les affaires et à celle qu’à droite on voue à la gauche compromise dans les affaires. Pour le reste, la politique conduite à gauche comme à droite est sensiblement la même. Mais ça n’a pas grande importance.
– DC : J’ai les sous ! aurait dit Tapie ! Ça ne lui ressemble pas, ce genre de répartie. Si c’était vrai, il aurait dit : J’ai le fric !
– EO : La vendeuse chez Nocibé m’a clairement signifié que le mascara prune n’entrait pas dans la réduction spéciale fêtes des pères…Alors j’ai fait mon regard « j’ai deux papa dont l’un aime le mascara prune, ça te pose un problème espèce de fachiste de merde?! » et elle elle m’a fait son regard « me prend pas pour une con, c’est pas bien de caricaturer le mariage gay juste pour obtenir 4 euros de réduc, en plus avec la pluie t’as ton mascara prune qu’a débordé sur le haut de tes paupières donc fais toi toute petite et file à la caisse »
– EN : On s’en fout que Jennifer reprenne France Gall, on n’écoute ni l’une ni l’autre.
– EO : J’ai clairement senti la provoc dans les yeux du bébé dans le métro. Avachi sur l’épaule de sa mère, avec ses grosses joues dodues et ses 3 cheveux qui se courent après, il m’a fixé l’air de dire « T’as RDV à 9h? Ouais ben c’est bien. Moi pendant ce temps là jvais baver, jvais sucoter un biscuit jusqu’à ce qu’il soit assez mou pour pouvoir le bouffer et ensuite jvais faire caca. Allez bonne journée »
– DC : Des petites jeunes de 40 balais qui parlaient des problèmes de leur future retraite. Une d’elle : « C’est à cause du baby boom. Faut juste attendre que ça passe ! » Merci les filles, mais je n’ai pas envie de filer ma dém’ de la vie…
– HM se demande si elle va pas chroniquer le bouquin d’apprentissage du Code de la route tellement y a des trucs pataphysiques écrits dedans.
– SD : 1 jour et demi de soleil par mois, c’est le nouveau tarif… j’crois que je ne vais pas renouveler mon abonnement 🙁
– PE : C’est pas parce qu’on est contre les médicaments génériques que l’on est antisémide.(ou l’inverse, je sais plus)
– HDD : Bernard Tapie, le mec qui a réussi à pourrir 4 présidences. Chapeau ma couille.
– PCI : Et pour plagier Pujadas: » comme chaque semaine , une pensée pour nos citoyens otages des multinationales, Michelin , Acelor, Sanofi, PSA etc.. sans oublier les 40 paysans qui disparaissent chaque jour, bonne soirée sur FRANCE LIBÉRALE !!! »
– DT : Parler à un con, c’est un peu comme se masturber avec une râpe à fromage : beaucoup de souffrance pour peu de résultat.
– MN : Bientôt la fête des pères. J’espère ne pas avoir un collier de nouilles. J’ai déjà ma femme et ma fille.
– PL : Ce qui est bien, passé quarante ans, c’est que les pires conneries on les a faites AVANT l’avènement d’internet.
– HD : L’expression  » vous partez en vacances?? » est d’un vulgaire!!! Elle est remplacée par « vous allez chez qui cet été??? »

Un bonus de TG sur son boulot  puis un autre de HM sur sa vente de mollet…
– TG : Au début, on croit qu’on va créer.
En fait, on remplit des dossiers, on doit convaincre qu’il est normal de régler une facture, on répond aux mails jusqu’à 23 heures le soir, on prépare la semaine tout le week-end, et on étend nôtre réseau le reste du temps.
Il faut être productif, avoir du rendement, obtenir le résultat que d’autres veulent, faire participer la population, être à l’écoute, rester aimable, avoir immédiatement la réponse technique, et doser le bénévolat.
J’ai l’impression qu’on m’appuie sur des boutons.Finalement, ce métier (qui n’en est pas un), est d’une grossièreté!

– HM vend mollet droit pour cause de démangeaisons insoutenables. Diamètre réduit, texture douce grâce à un rasage minutieux digne d’une pimpante pétasse pomponnée. Petites cicatrices par-ci par-là, mais discrètes, pour causes de rasage pas toujours minutieux, de par le fait. Gros kyste purulent sur le côté droit, probablement dû à une piqûre de moustiques de l’espace, d’araignée mutante, de maléfices de tortue radioactive ou de lèpre avancée.
Idéal pour les pirates cherchant à troquer leur béquille, les amateurs de foot-fetish qui cherchent un petit 36 pour leur collection ou les assassins ratés devant ramener une preuve de leur dernier crime à leur boss. Pas cher, à chopper immédiatement sur www.leboncon.fr

Illustration © dominiquecozette

Fessebouqueries #150. Quoi ? Déjà 150 ????

Semaine charnière où on est passé de l’hiver à l’été, d’un vote UMP contesté à un vote UMP testé-con, d’un cancer de la gorge d’un acteur cunnilinguiste à un cancer de la démocratie pour cause de fachisme soluble (dedans), d’un golden adios Denisotien à un silver coup de pied OQ  taratatesque, d’un hommage poético-acide à Nabila à une moquerie ridiculo-acerbe à Scarlett, und so weiter. Rendez-vous compte que ce sont les 150èmes Fessebouqueries de l’année, mais non pas de l’année, qu’elle est bête !!! Ça fait trois ans que vous délirez, chers amis FB et que je pique vos posts pour me faire mousser… Je vous kiffe de l’enfer !
– DD : Allo, c’est Chirac je n’arrive pas a voter pour les primaires UMP, putain. Ils font chier avec leur vote par Minitel.
– FT : Il semble que NKM a un problème, et pourtant c’est une primaire locale.
– HD : -Un quart des problèmes de photocopieurs sont causés par des gens qui s’assoient dessus pour se photocopier les fesses….j’en tombe sur le cul…quoique Coco Chanel disait la seule ride que j’ai ..je suis assise dessus!!!
– PE : Rolland Garros : la France encore baisée par un mec qui a un compte en Suisse…
– CFB : On ne se le dit pas assez, mais il y a un côté performance dans le fait d’écrire un livre uniquement avec des mots.
– DP : Sarkozy fait une conférence pour Goldman Sachs contre 100000$. La prochaine, ça sera pour qui? Le cartel de Medellin?
– DC : Si à 50 ans t’as pas un cancer de la gorge, t’as raté ta vie sexuelle !
– DP : Guaino sur Fr2: « toutes les fortunes de France négocient leurs impôts ». Eh ben voilà! Finalement, l’incontinence verbale de Riton à du bon!
– DC : Conseil de cancérologue : avant de faire un cunni à madame, s’assurer qu’elle a bien gardé sa culotte
– FT : Pour remplacer Taratata, Patino promet un magazine de musique en deuxième partie de soirée « où seront extraordinairement présents des artistes de toutes les générations. » En gros il s’agit de faire la même chose mais en vachement moins bien et si possible sans animateur.
– PG : Nouveau !!!! Encore une connerie de la bien-pensance…. Maintenant dés que sur un reportage sur les régions de France il y a un ou deux braves mecs qui trinquent joyeusement nous voyons apparaître en bas de l’écran « l’Abus d’alcool est dangereux….. Gna gna gna  » mais on croit rêver !!!!! Ah putain, on ne risque rien dans ce pays à part de devenir aussi con que ceux qui nous préservent …..
– HDD : Donc si j’ai bien compris, les USA partent en guerre avec de fausses preuves mais pas avec des vraies. Donnons-leur des fausses preuves !
– BI :  Dieu a crée la guerre pour que les USA connaissent la géographie.
– OVH : des scientifiques cherchent à cloner un mammouth retrouvé intact dans le permafrost, il ne manque plus que la mère porteuse. J’ai décidé de postuler.
– JMC : Si les Chinois veulent taxer le pinard français, nous sommes prêts à en boire 10 fois plus. Qu’on se le dise…Non mais !
– HY : Depuis dimanche je garde le chien de mes copains. Est-ce que quelqu’un peut venir m’apporter un sandwich ou un prince de Lu ? Suis toujours sur mon armoire. Suffira de me le lancer.
– HD :  Une question idiote.. A propos de l’équipe de France de foot….ils sont obligés d’aller aussi loin pour jouer comme ça???
– PC : Dis moi, Tsonga, si tu gagnes jure moi que tu les envoies chier chez Kinder Bueno…
– MT : Accuser de tous les maux les jeux vidéos et la manif pour tous, c’est sous-estimer la connerie humaine qui était là bien avant et a largement fait ses preuves.
– MC : Madame la professeure de danse rajoute dans une parenthèse que pour la répétition du 18 juin elle aurait besoin de « quelques mamans pour l’aider à les encadrer »… La prochaine fois que j’emmène ma fille au cours de cette conasse je lui mettrai une grosse Femen dans la gueule.
– CB : je vais appeler ma mère pour changer des idées, ça me rend triste la mort d’un gamin de 18 ans…..ça me met dans un sale état savoir qu’il y a des fachos armées dans les rues….
– OVH : Remarque d’un facho : « On commence à comprendre bien des choses. En fait, c’est Méric qui a provoqué les skinheads ». Ça me rappelle : « Marie Trintignant, elle n’a eu que ce qu’elle mérite. »
– HD : Grégoire Delacourt fait le buzz et Scarlett Johansson fait la buse!!!!
– DC : Si a 50 balais t’as pas été invité par Denisot, t’as raté ta carrière… Et c’est trop tard !
– LB : Vous imaginez que ça fait 60 ans que la reine d’Angleterre est sur le trône ? Si c’est pas un record de constipation ça…
– EO : Pourquoi les gens théoriquement pétés de thunes, avec une photo de profil jsuis au bout du monde au soleil/devant ma piscine/Et j’ai les dents blanches postent des annonces pour vendre des chaussures de marques déjà portées avec la marque des orteils sur la semelle à un prix dérisoire genre je gratte jusqu’au bout 20 euros? Et ils te font une photo zoom sur le Dior ou plutôt le D.or car le i a été effacé par la transpiration et toi tu vois ça et tu te dis putain mais je dois vraiment être trop riche en fait car j’aurais jamais l’idée de vendre un truc que je n’oserais même pas donner à l’abbé Pierre.
– DP : PierreMauroy Disparition du dernier socialiste à avoir vu un ouvrier en vrai.
– AM : On a dit plusieurs fois qu’on était ok pour la parité et pourtant aucune femme ne vient spontanément nous toucher les fesses dans la rue
– ML : Serge Ayoub, le poing (américain) dans une main et le point (magazine) dans l’autre.

Bonus de PG sur sa muse Nabila :
En ce qui concerne Nabila, je vous trouve très injuste…. « Ouhai, elle est refaite de partout »… « Elle transpire le collagène »… « C’est miss PIP »…. Bon d’accord, mais qui ne l’est pas aujourd’hui sur un magazine ou un écran TV ou de Cinéma….? Hein ? « Ouhai mais c’est une conne qu’on range avec les icônes » !!!! Ben oui !!! mais réfléchissez une seconde… Vous êtes avec une gonzesse comme celle là…. le matin vous lui donnez une boite de Corn-Flakes et vous lui faites croire que c’est un puzzle et qu’elle doit reconstituer l’image qui est sur la boite…. ben là; Vous avez la paix pendant toute la journée… de temps en temps vous venez lui secouer un peu les miches pour lui faire comprendre que vous l’aimez bien…. et hop, vous êtes le roi du pétrole… Je vous trouve durs et injuste vis à vis de cette charmante personne… Vraiment….

Rebonus de BS sur la faune neuilléenne :
Samedi matin, j’ai traversé Neuilly pour aller courir au bois de Boulogne, j’y ai croisé 2 Bernadette Chirac, 6 Nadine Morano (la seconde, à l’odeur alléchante, tint à mes narines à peu près ce langage : oh, on dirait que je passe devant une boutique Séphora sans y entrer, ni dans la boutique, ni dans le capiteux erzats). J’ai également croisé 2 Cécilia Sarkozy, dont une Carla Bruniesque, 2 Nabilla (à des stades de puberté plus ou moins avancés), 2 Liliane Bettencourt, une à point et l’autre très mûre, 1 facteur de type néoclassique, 1 Thierry Lhermitte au style « pull sur l’épaule »… plein de couples mère/fille Comptoir des Cotonniers friendly, et au bout du chemin, Graal parmi les Graal, autour de l’hippodrome un Olivier Couradjut, casaque rouge, casque blanc à vélo. Je ne suis pas très sur des couleurs tu passais vite.
Suite de PG : Tu as raté les mémères à leur chien-chien qui défèquent tranquille sur les trottoirs (les chiens, pas les dames, encore que…), le maire faisant son jogging pré campagne électorale, les enfants de 0 à 12 ans habillés comme dans les pub Cyrillus, les trio grand mère/mère/filles qui vont toutes chez le même chirurgien esthétique, les mecs en Porche garé sur les passages piétons qui te regardent méchamment si tu effleures l’objet de leur coeur (la voiture, pas les enfants dedans), bref, il faut que tu reviennes car crois moi, y’a de quoi voir !

Illustration © dominiquecozette

Bloody Miami, sacré cocktail !

J’avais adoré le bûcher des vanités de Tom Wolfe et je ne me suis pas arrêtée à l’aspect pavé (plus de 600 pages, grandes page, écrites petit et dense) pour entreprendre la lecture de cette oeuvre dont le héros est une sorte de anti-héros, petit flic cubain culturiste, vivant dans une sorte de semi ghetto un peu minable, amoureux d’une bombasse de même couleur, sans aucune culture sauf celle de ses cheveux.

Ce que j’aime chez Tom Wolfe, c’est le côté journalistique de ses romans. Il passe des années dans les lieux de son futur bouquin, s’en imprègne, y repère les traditions pour nous immerger dans la scène du crime. Sauf qu’il n’y a pas de crime, ici, enfin pas vraiment. Ce que nous conte Wolfe, c’est l’antagonisme entre les Cubains — ce sont eux qui tiennent la ville et accessoirement la police et la presse — les Noirs qui se sentent encore plus méprisés lorsque ça vient des Cubains —, et les Anglos, autrement dit les Blancs, plus ou moins waspés.
Il se trouve que le chef des flics est un Noir, mis là pour désamorcer ce racisme latent inter-ethnique. Et qu’il est bien accepté. Il se trouve que les Cubains sont des immigrants favorisés par rapport à tous les autre (ça date des vieilles lunes castristes) car il suffit à un Cubain de toucher de son doigt de pied le sol américain pour en obtenir la naturalisation. Par contre, si on l’attrape avant qu’il ait sauté à quai, il est jugé sur un bateau et éventuellement renvoyé au pays. On apprend des tas de choses !
Or, voila-t-il pas que notre flic musclé, Nestor, arrache un Cubain du haut d’un mât pour le sauver d’une chute mortelle. Mais le pauvre mec ne touchera pas le sol ! Alors que Nestor, monté par la force des bras et redescendu itou avec le mec entre les jambes, est encensé par toute la presse Anglo, il devient illico le pire traître. Emeutes raciales etc… Sa bombasse le plaque pour d’autres raison car elle ignore ce foin, et devient la maîtresse d’un psychiatre qui soigne les addicts sexuels richissimes, c’est lui le tordu en fait, puis de fil en aiguille, celle d’un oligarque russe dont le musée de la ville porte le nom.
Roman très riche en détails sur la vie de tous ces gens et d’autres, bien sûr, ce qu’ils ont en tête, les rapports familiaux, les rêves de jeunes filles, les fantasmes de mecs, les parties fines de milliardaires en vadrouille à Miami.Très riche aussi — et c’est le seul point noir si je puis dire — en ponctuation irraisonnée, des séries de :::: ou de ;;;;; notifiant des apartés. Faut croire qu’ils en avaient plein en stock chez l’éditeur, à ne plus savoir qu’en faire Et aussi les onomatopées récurrentes pour une bande-son parfois tonitruante.  En même temps, ça n’empêche pas la lecture.
C’est un roman prenant, jouasse et jouissif, vigoureux et dru. J’ai aimé, voilà.
Bloody Mary de Tom Wollfe, chez Robert Laffont 2013 pour la traduction, 2012 pour la parution originale. 610 pages sans photos. €24,50.

Texte ©dominiquecozette

Les vraies gens de Ron Mueck

Couperose, poil dans les oreilles ou dans le nez, poils sur les jambes, frisés blonds ou drus bruns, taches de naissance, taches de soleil, peau transparente avec veines apparentes, rougeurs, pores dilatés, alopécie plus ou moins discrète, grains de beauté, taches de rousseur, naevi,  pendulums et autres imperfections de l’épiderme, peau blanchâtre, rosâtre, rougeâtre, beigeasse ou black, petites veines rouges dans le globe oculaire, varicosités, stigmates arthritique aux doigts, ongles épais et jaunes ou jolis et brillants, corne sous la plante des pieds, peau épaisse aux coudes, rides et ridules, bouffissures, duvet des visages ou rasage approximatif… ce sont les personnages fascinants de Ron Mueck qu’on ne se lasse pas de scruter. La changement d’échelle y est aussi pour beaucoup dans l’étrangeté, soit qu’ils soient minus soit gigantesques, dans les deux cas l’échelle est respectée,  même celle du tissage des vêtements, de la taille des boutons de jeans, des lacets de chaussures, de la maille des tee-shirts.


Beaucoup de tendresse émane de ces personnes vraies comme un souvenir. L’immense couple âgé en maillot de bain sous le parasol, deux géants qui s’appuient l’un à l’autre avec confiance et intime connaissance de leur poids sur le corps de l’autre. La maman qui tient ses sacs plastique pleins de provision et son petit calé sur son ventre, la tête sortie de l’échancrure du manteau, tendue vers elle comme celle d’un oisillon duveteux en attente de becquée. Le jeune black qui soulève son tee-shirt pour montrer sa blessure. Et quelques autres, tout en finesse, en précision, en émotion. Epoustouflant, le travail minutieux, répétitif, fragile, montré dans la vidéo. Quelle belle expo !

Plus de détails sur le site de la Fondation Cartier. Ron Mueck,  jusqu’au 29 septembre 2013
Texte ©dominiquecozette

Coup d’art frais au Salon de Montrouge !

Je vous l’accorde, mon jeu de mot ne l’est pas, frais. Pourtant, il pleuvait, ce jeudi, quand je suis allée scruter le nouvel arrivage des heureux élus sélectionnés voisinant avec deux invités de poids :  Théo Mercier et Matali Crasset.

(None Futbol Club)

Et c’est que du bonheur ! J’y ai vu une voiture de police retournée comme une veste de politicard opportuniste (ça, c’est un pléonasme), des vidéos de bidons percutants, des sculptures floues, des visages en gouttes,

(Béatrice Dumiot)
(Création de G. Goiffon et Ch. Beaute)

 

(J. Fourrès-Varnier)
(Vidéo de Justine Pluvinage)

des grenouilles origami en inox, des formulaires artisés, des dessins académiques, une machinerie à écrire et puis et puis cette artiste qui est venue me parler car je m’intéressais de très près à ses oeuvres : elle s’appelle Léa Barbazanges et son site est ici et ça vaut la peine de cliquer. Le travail de Léa c’est l’expérience des matières tels que … ailes de mouches, toiles d’araignées, fils de verre, aigrettes de pissenlits (celles qui s’envolent quand on souffle dessus) et autres matériaux affolants de fragilité.

(Ailes de mouches de Léa Barbazanges, avec reflets des fenêtres)

 

Mais allez-y, le salon est desservi par le métro, c’est ouvert tous les jours et c’est libre. Au vu des petites classes qui se pressent avec enthousiasme autour des oeuvres, n’hésitez pas à y aller avec les enfants, pendant ce temps-là, ils ne font pas de bêtises !
Voir site ici. Catalogue doux au toucher : 10€

Fessebouqueries #149

La pluie ayant cessé d’arroser nos moraux (rappel : un moral, des moraux), j »ai quelques scrupules à vous remettre le nez dedans mais c’est la dure loi de l’actualité qui n’est plus d’actualité le jour d’après mais le redeviendra peut-être celui qui suit… Alors parlons de Roland Garros et ses flaques, Cannes et sa pluie de prix, le mariage pour tous même si tu tousses, l’affaire Tapie-pi au lit et ça déborde de partout… Bref, ça mouille jusqu’aux genoux  et quand ça mouille pas, c’est parce que t’es au bord de la grande bleue … que d’eau, que d’eau !
– PCI : t’aimes ta mère, faits bosser le commerce local, pour les fringues, Pop Ma Chérie ,43, av Danielle Casanova, pour les fleurs, c’est Cannelle Menthe, 1 Rue Louis Rousseau, pour les livres , c’est Envie de Lire, 16 rue Gabriel Peri , pour le vin , c’est la Cave d’Ivry , 40 rue Marat …pour le sexe elle a pas besoin de toi …
– EL : Bonne nouvelle: Je viens de verser 345000 Euros sur le compte Paypal de mon promis, un jeune ivoirien rencontrée sur MSN. ON VA SE MARIER
– RP : Je me demande s’il n’y a pas un rapport entre cette agression d’un soldat et le fait que ça ait eu lieu à la Défense.
– DC : Tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes, tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes,Tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes, tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss CannesTapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes, tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes,Tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes, tapis rouge, Tapie, Lagarde, FMI, Strauss Cannes ad libitum…
– HD : Les prochains JO d’hiver auront lieu en Auvergne et en mai!!! Comme disait Emmanuelle Seigner je vais rejoindre le pôle en skis!!!
– CD : Je ne comprends décidément pas l’argument :  » je défile pour mes enfants » … Mais pauvre tâche, qu’est ce que ça enlève à tes enfants ? Ca leur donne au contraire tous les droits …crétine !
– HD :  Le romantisme vu par Polanski c’est Alfred de Musset lu par Nabila!!
– PL : ça y est j’ai craqué. J’ai craqué. J’ai écrit « Entre amours et déchirures, le couple n’en finit pas de se séparer » et, trop la honte, « Ensemble, ils explorent le champ des possibles. » C’est atroce.
– JNP : La place des Invalides fait 32.800 m2 . Si on compte 5 manifestants au m2, poussettes blindées incluses, ce qui est beaucoup cela fait : 164 000 personnes ! Les organisateurs annoncent 1.000.000 de personnes, ce qui fait 35 personnes au m2. Ce n’était pas une manifestation, c’était une orgie!
– JPT : Pas la peine d’aller revoir le film d’Alfred Hitchkok ! Il vous suffit de voir Kim Novak remastérisée par un boucher esthétique et vous aurez des « Sueurs froides » !
– OVH : A la piscine de La Celle Saint Cloud, le vestiaire est mixte. ras le bol de tous ces diplodocus en slip kangourou.
– OVH : Cannes : La Vie d’Adèle est comme les pattes des canards, elle est palmée.
– EN : Pendant que Cannes célébrait la jeunesse et la liberté d’aimer avec La Vie d’Adèle, à Tunis des intégristes… ah non, c’était à Paris!
– RC :
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Un peu chiante cette journée à Roland Garros.
– JPT : Si j’en crois la spécialiste Christine Boutin, être gay est une mode. Quand je me faisais insulter autrefois dans la cour du lycée, je tenais en me disant : « C’est pas grave, Jean-Paul, c’est le prix à payer pour être à la pointe de la mode ! »
– JPT : Afin de prolonger le succès de la « Manif pour tous », ses organisateurs ont décidé de la rebaptiser « Le Missionnaire pour tous ».
– CC : Les Chinois rachètent le Club Med. J’attend la nouvelle version des Bronzés…
– HDD : La droite est contre le vote des étrangers qui ne votent pas pour eux (je résume).
– JMC :  Même en étant vraibent enrhubé, on se demande d’un seul coup de quoi Kechiche est kebab !
– IP :  Pas de cerveau … Pas de migraine !!!
– OVH : Vous avez perdu vos lunettes ? Faites comme moi, cherchez les dans votre pantoufle qui est elle-même dans la gueule du chien.
– DC + MC : le pape Francois rentre dans le petit Robert avec la bombasse !
– HD : Explosé de rire …enfin si on veut…aujourd’hui c’est la journée mondiale de la lutte anti- contrefaçon…..je me disais aussi que le mois de mai est bien la contrefaçon du mois de décembre!!!!
– EO : Le Pape encourage les gens à faire des enfants. Je trouve ça un peu gonflé de la part de quelqu’un qui a fait voeu de chasteté. C’est un peu comme si DSK encourageait les gens à être fidèle. Sans compter les gens qui militent contre le mariage pour tous mais qui se prosternent devant un homme qui porte une robe.
– JNP :  Elle justifie la légalité son mariage quasi-incestueux (et d’ailleurs interdit par l’Eglise, shame on you, présidente du parti catho!) avec son cousin parce que la République l’y autorise. Alors de quel droit se mêle-t-elle du mariage homosexuel, également autorisé par la République?
– PB : Apocalypse Now en son temps avait reçu napalm.
– NN : JFK aurait eu 96 ans aujourd’hui si Lee Harvey Oswald avait passé moins de temps sur des jeux vidéos violents.
– HD : Je vais demander des arbitrages pour mes amendes routières et impôts … Vu les excès de vitesse commis par l’état pour récupérer NOS sous dans l’affaire Tapie, c’est gagnant tout le temps. Le fisc c’est la Française des jeux.. Une chance au trucage une autre à l’arbitrage!!
Dans la rubrique Dons aux œuvres je vais mettre fondation Tapie
– HY : N’habitant pas loin de Roland Garros, je loue un canot pneumatique pour 6 personnes qui comptent assister à un match.
– HY : Grande braderie à l’entrée C de Roland Garros. Je revends 28 KWay achetés dans les brocantes.Et une paire de palmes. +1 baleine de parapluie
– PE : Pour fêter les 30 ans du sacre de Noah à Rolland Garros, la BNP recherche les parents qui ont nommé leur fils Yannick dans l’année qui a suivi cette victoire. Dans un mois, cette banque et moi fêteront aussi nos 30 ans. Je recherche donc aussi les parents qui ont à l’époque donné à leur enfant le joli nom de Découvert.
– PE : Pour éviter à Madame Boutin un nouveau dérapage, tient à lui préciser que les deux hommes qui ont été arrêtés ce matin dans une chambre d’hôtel par le Raid, ne sont pas les mêmes qui vont se marier ce soir à Montpellier.
– PYD : Changement de nom pour la marque de saucisson rachetée par les chinois, qui s’appelle désormais Justin Bridé.
– DC : Une bonne nouvelle pour Lou Boutin, heu, Christine Boudin, la salle de shoot parisienne sera boulevard de la Chapelle ! Encore un coup de maire gay !
– MD : L’hirondelle qui a fait le printemps 2013 était vraisemblablement bourrée.
– SL : Les architectes de parking souterrain sont-ils au courant que tout le monde ne roule pas en Smart ?
– HD : En résistance face à la grisaille….j’annonce que mon jardin sera tondu à la libération!!!!!
– NPP : Nous sommes repartis pour un autre psychodrame à l’UMP… c’est même plus drôle
– FC : Finalement, le programme du week-end ça pourrait être aussi Foire au Baume du Tigre et dégustation de grogs artisanaux. —
– HD : Oui…..la fête des voisins….?? ben la fête des voisins…. c’est quand même une super occasion de se rappeler pourquoi nos voisins ne sont pas nos amis.
– DC : Bien sûr qu’on n’a rien contre le gaz de schiste en France, c’est propre et sans danger, et si vous commencez à l’extraire du côté du Vésinet, des Alpilles, du Lubéron, de l’île de Ré, entre autres, nous vous suivrons volontiers …
– RP : Le procès du Mediator repoussé d’un an. Les juges sont gentils, ils attendent que Servier soit mort pour pas lui faire de peine.

Bonus : le coup de gueule fleuri de PG :
Hier, comme si ça n’avait pas suffit Dimanche, une bande de culs serrés sont encore venus nous faire chier au coin du Bvd Pasteur et rue de Vaugirard…. Alors là, tout y est passé…. « La police Politique » « Interdiction du droit d’expression »… tout ce qui est de l’ordre de la connerie sociale y est passé… « Nous sommes de jeunes grand-mères »…Et là, gentiment, la gendarmerie a fait un bloc, a encerclé ces trous du cul et ils ont été embarqués… sans colère ni haine ni violence…. Mais quand comprendront-ils ces crevards d’un autre âge et d’une autre mentalité que la loi est passée et que c’est fini !!!! Ooooh les vioques….!!! la masturbation rend sourd ? ou quoi ?…Il y en avait qui se laissaient embarquer avec humour mais elle, sur la photo !!! Elle, elle ne s’y attendait pas mamie de se faire coffrer !!! que va-t-elle dire ??? Elle chiale !!!! Mais il fallait y penser avant connasse !!! Elle pleure ou elle est naturellement môche ?Ou alors elle a peur de se faire violer par la Police Politique ou espère qui sait ?
Bon tout ça pour dire que 67% des français sont pour cette loi et que maintenant on passe à autre chose… sans ça je vais m’y mettre moi aussi… Ils feraient mieux d’aller foutre la merde devant les ambassades et consulats US pour qu’ils arrêtent de protéger Monsanto…. pour un futur proche ce serait plus utile !!!!

Dessin © dominiquecozette

Joli mai pourri … monsieur Chris Marker !

Vous croyez que je parle de notre mois pourri ! Que nenni, je parle du joli mai 62, merveilleusement filmé par Chris Marker et Pierre Lhomme.  Aussi pourri que le nôtre, très froid mais moins de pluie. Qui sort flambant vintage sur nos écrans.
Le réalisateur s’est intéressé au Paris  des accords d’Evian qui mettait fin à la guerre d’Algérie, et a filmé un panel de personnages y vivant, y travaillant, y purgeant leur peine ou leurs amours.
Bistrotiers, ouvriers, commerçants, amoureux, petites bourgeoises, on y croise tous ceux que j’ai connus ado. Les témoignages, même quand ils sont longs, sont toujours instructifs et il est surprenant de voir comme cette année-là, en plein mitan des Trente Glorieuses, est tristouille, grisâtre et pauvrette, disons-le tout net. Pas de bling-bling ni de rêves plus gros que le portefeuille — souvent plat  — à tel point que les gens ne savent pas ce qu’ils feraient d’une grosse somme d’argent à part un logement et des loisirs très banals. Des petits rêves, des ambitions étriquées. C’était un temps où n’osait pas péter plus haut que son cul, si je peux me permettre.
Oui, c’était une vie simple où l’on rêvait mariage et enfants. Et santé. Les logements sont souvent insalubres, moches, sombres, sans confort, sans parler des bidonvilles. Une femme pleure de joie quand on lui annonce qu’elle est relogée (elle qui vit dans 2 pièces avec son mari et ses huit z’enfants) ! Mais ce nouvel appartement qui la comble de joie, c’est à peine si on oserait y entreposer quelques préciosités. C’était ça, le bonheur, rien, pas grand chose.

Quelques femmes timides, elles laissent parler leur homme à leur place, une femme à chats qui préfère vivre seule que de se colleter avec l’inhumanité de la société, trois jolies soeurs  au discours politique rudimentaire et contradictoire. Le général qui vient saluer ses morts, une boîte où l’on twiste mais sur une musique de jazz  (c’est quoi, ce travail, Michel Legrand ?), les jeunes femmes en petites robes et colliers de perles, les jeunes gens en costards et chaussures cirées.
Un charmant jeune homme noir  puis un autre, algérien, non moins charmant, se confient sur leur vie pas facile et sur le racisme latent, un boursicoteur râle parce qu’on interviewe de jeunes commis et que ce n’est pas à eux de prendre la parole (« pourquoi ne pas interroger des bébés de deux mois ? » ajoute ce monsieur bien-penchant), un cafetier rieur nous vante son quartier de la la Mouffe. Un mariage comme ils étaient avant avec ses tontons bourrepifs qui entonnent le Clair de Lune à Maubeuge et la mamie hilare avec ses lunettes-nez-moustache à la Groucho…
Et beaucoup de visages fermés, soucieux, froncés : non, ils ne sont pas heureux, ces Parisiens, conclut le film avec la voix slamée d’Yves Montand.
Avec le recul, c’est vrai qu’on était premier degré à cette époque. Les gens râlaient mais n’étaient pas hargneux, la jeunesse sortait son nez mais respectait les anciens, les politiques  étaient chenus, les hommes portaient cravate et veste, les femmes ne votaient pas, à quoi ça aurait servi ?, les embouteillages régnaient,les cheminées fumaient, les flics couraient ridiculement avec leur pèlerine  au vent, les yéyés — le peu qu’on en voit — circulaient en Deudeuche avec les pieds sortant du toit. Il y avait encore la Roquette, prison de femmes et de bonnes soeurs, non chauffée, à la Bastoche, et les morts du métro Charonne dans les mémoires. Et les grèves.
Chris Marker, mort l’an dernier à 91 ans, avait tourné une soixantaine d’heures de rushes pour un film au départ de 7 h. Il eut plusieurs récompenses notamment le Lion d’or de Venise. Il vient d’être restauré et reformaté (2h30) pour sa re-sortie. Il a d’ailleurs été présenté à Cannes cette année. Superbe témoignage.
Cliquez ici pour voir la bande annonce et en savoir plus sur le film et sur Chris Marker.

Le joli mai de Chris Marker et Pierre Lhomme, restauré, actuellement sur les bons écrans.

texte © dominiquecozette

Deux belles expos à Beaubourg

Deux poids lourds de la scène artistique que je ne connaissais pas, disparus tous les deux, font l’objet de deux grosses expositions impressionnantes : Simon Hantaï et Mike Kelley. Deux artistes vraiment différents.

Mike Kelley était un artiste polymorphe dont la rétrospective donne une petite idée. Il y a de tout, c’est totalement foutraque, tout est interpellant, beaucoup de bruits, d’images animées ou pas, de dessins classiques ou pas, de corps plus ou moins disloqués, de trucs sexuels, de musique, de reconstitutions de décors léchées, d’installations à la va comme je te pousse, d’accumulations, d’humour plus ou moins grinçant… J’y suis allée deux fois, le sujet est inépuisable et épuisant.

Né à Detroit en 54 et décédé « prématurément » (on appelle ça un suicide, non ?) en 2012, il a suivi l’école d’art de Los Angeles où il s’est fait remarquer par ses performances, suivies par une oeuvre graphique très riche, des installations multimedia (retour au matos des seventies) consacrées en bonne partie à la  critique de la société de consommation et à l’art.

L’expo se scinde en huit univers qui se chevauchent les uns les autres notamment par les sons très présents.
J’ai particulièrement aimé une vidéo très cruelle ou un jeune ado au visage poupin (qui rappelle un peu Brian Jones) se fait maltraiter par deux coiffeurs très spéciaux…
Et aussi les dessins de parties du corps comme les poumons  qu’il déguise en personnages antinomiques (cerveaux de femme et d’homme, coiffés différemment !) ou les intestins qu’il fait surgir de partout.

Au sixième étage, une rétrospective de l’oeuvre énorme de Simon Hantaï (1922-2008), peintre hongrois réfugié en France après-guerre, qui a rejoint Montparnasse et son Gotha, puis vécut définitivement à la campagne avec sa femme et leur cinq enfants. Les dimensions de ses oeuvres nécessitaient un espace conséquent. Ce qu’on voit principalement dans cette rétrospective est découpé en une dizaine de périodes, toutes d’expérimentations, dont les plus connues sont celles des pliages.
Après des débuts figuratifs, une période Pollock, une autre sur la peinture-écriture, Hantaï s’est mis à froisser ses toiles, à les plier, pour ne peindre que sur l’espace visible. Et n’y découvrir le résultat qu’en les dépliant. Il faut voir la taille de certaines toiles (sur la vidéo surtout, celles exposées étant réduites aux murs de Beaubourg), ses magnifiques couleurs, parfois une seule, parfois une variété. Le plus impressionnant se voit donc  dans une vidéo où il montre le travail que nécessite les pliages des Tabulas.

Les Tabulas sont  des toiles gigantesques (plusieurs mètres), qu’il plie horizontalement et verticalement pour que les plis forment des carrés. Il passe un rouleau pour les aplatir. Ensuite, il noue chaque coin de tous les carrés (comme pour un exercice de tye-and-dye pour ceux qui connaissent). Il y en a des centaines. Cette fastidieuse phase de travail est comparable à la tâche de l’ouvrier, répétant encore et encore le même geste sur de longues périodes. Ensuite, avec une petite brosse, il remplit chaque carré de peinture, l’un après l’autre. Puis il déplie la toile. C’est énorme, le dépliage offre une superbe vision d’un work in progress. L’artiste évoque la façon dont sa mère repassait son tablier, obtenant des carrés plus ou moins brillant.

La période Tabulas est son avant-dernière période, elle dure dix ans. Sur la vidéos, il étale dans son parc plusieurs  dizaine d’immenses toiles.
Toutes les autres expérimentations exposées donnent de magnifiques résultats bien que ce ne fût pas le but de l’artiste, comme celles qu’il a appelées les « Meuns », du nom d’un village très de chez lui,  où les toiles sont rassemblées depuis les quatre coins noués, puis chiffonnées. Résultats d’une grande élégance.

Expositions au Centre Pompidou de Mike Kelley jusqu’au 5 août et de Simon Hantaï jusqu’au 2 septembre 2013.

texte © dominiquecozette

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