Chère UMP du Groupe Val de Marne Autrement, ,
merci beaucoup pour tes voeux, c’est tellement sympa de ta part moi qui dis pis que pendre de toi, de tes penchants réac, de ta calamiteuse bicéphalie, hé bien tu vois, je fais mon mea culpa, chouette bande de ma-couille.
Oui, vous avez l’air cool sur la photo, et j’aimerais bien vous rencontrer pour qu’on échange un peu sur diverses choses comme par exemple le foot, le noeud de cravate, le mariage gay — j’aime pas trop le terme de mariage pour tous — ainsi vous pourriez m’expliquer comment vous faites pour ne pas devenir pédés en étant toujours entre mecs. Je plaisante ! Je sais que vous n’êtes pas homophobes, juste un peu coincés du col… Que vous n’êtes pas non plus misogynes, juste que vous préférez casquer pour cause de non-parité. Ça en fait des sommes, dites-donc ! Des millions ! J’ai lu que ça s’élevait à plus de 4 millions par an durant le dernier quinquennat. C’est pas pour dire, mais ça fait mal aux fesses, non ?
D’ailleurs, je me demande ce qu’est-ce qu’elles foutent, ces deux nanas sur la photo, Marie-France et Catherine. Elles apportent le café, elles photocopient les rapports ?
Sinon, c’est chouette, votre carte de voeux. Bon, y a pas beaucoup de couleurs, je veux dire de couleurs de peaux, pourtant, dans le Val de Marne, on a un sacré nuancier…
Bref, je vous souhaite à mon tour une belle année, qu’elle vous ouvre l’esprit et les yeux, qu’elle vous apporte un brin de modernité, qu’elle époussète vos vieilles idées. Mais je ne vous embrasse pas, je suis allergique à la poussière.
Flamby, alias Fraise des bois, alias Bisounours et autres gentillesses momolles, vient de recevoir son costume présidentiel. Ça faisait des mois qu’il l’avait commandé, un peu avant les élections. Mais il attendait que son poids se stabilise pour en ratifier l’ordre.
Voilà, c’est fait.
Mais comment est-ce qu’on fabrique un costume présidentiel ? Cela consiste d’abord à tailler des costards à l’impétrant puis au nouvel élu, généralement c’est l’opposition, avec ses mains d’argent et ses langues de pute, qui s’en charge gracieusement. De tous bords, pas une mieux qu’une autre, hein !
Au bout d’un certain temps, le roi est nu. C’est ce qu’on dit aux médias de dire.
Une fois que le roi est nu, flûte, c’est quand même le président, il représente du monde, des affairistes, des financiers, des capitaines d’industrie, des grands sportifs, des exilés fiscaux, des artistes de cinéma et des fabricants de parfums et de camembert. Ça la fout mal, c’est la France qui en prend pour son grade. Alors on se demande ce qu’il faut bien faire pour rhabiller le chef – ne pas confondre avec habiller pour l’hiver.
Ce qu’il faut avant tout, c’est une menace physique, guerre, putsch, attentats.
Voyez Bush, cette lumière d’outre-atlantique, le président le plus ridicule du monde occidental. Il a suffi qu’il soit là. Où ? Là. En fait, il était dans une école, et il est resté tétanisé, bouche ouverte pendant 5 minutes, ne sachant comment réagir en l’absence de ses nombreux conseillers en réactions. Mais devant la gravité des faits de ce 11 septembre, sa bouche bée et son oeil torve ont vite était oubliés. Lorsqu’il a lu le texte qu’on lui avait pondu dans lequel il évoquait l’Axe du Mal et ses Armes de Destruction Massive, il a endossé le costume de président de plus grosse démocratie du monde. Clap clap clap.
Notre président d’avant, lui, a touché le jackpot avec la résolution d’un conflit géorgien alors qu’il était — chance extrême — président de l’union européenne. Clap clap clap.
Notre nouveau président (on a le droit de dire nouveau pendant un an) vient de recevoir son costard, sur mesures siouplait, avec les compliments de tout ce qui compte d’officiels, de têtes pensantes, de décisionnaires et ex-décisionnaires, en disant : « on y va ». A la guerre.
Je ne voudrais pas que vous pensiez que je critique la position de monsieur Hollande. Non. Ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est : tous les médias aujourd’hui ont porté Hollande au pinacle parce qu’il avait lancé une action militaire. Tous. Tous les partis, plus ou moins, tous les occidentaux pratiquement. Monsieur Hollande a certainement beaucoup travaillé pour prendre cette décision, je ne dis pas.
Mais ce que je trouve drôle c’est qu’il « suffit » de déclarer la guerre pour prendre une hénaurme envergure. Il aurait pu faire des miracles, endiguer le chômage, enrichir les pauvres, enrichir les riches, faire redémarrer la boîte à Carlos (Ghosn), annuler la dette, obtenir un quatrième A, il n’en aurait pas été aussi admiré.
C’est pas pour autant qu’on va lui demander de mettre son treillis, de crapahuter dans le désert, d’appuyer sur la gâchette ou d’éventrer l’ennemi. Non, bien sûr. Le courage de ce genre de décision, ça n’a rien à voir, c’est complètement pas ça.
Ainsi l’homme, c’est toujours un petit garçon. Le goût de la guerre, des armes, des combats. Une drogue.
Pourquoi ?
Parce que c’est de l’adrénaline, du sang, du boucan, des tactiques, des explosions, des gros titres, des envoyés spéciaux, des bombardements, de la boue, des atrocités, des larmes, des honneurs, des médailles, des uniformes, de marches au pas, des casques, des victoires, des batailles, des images, des histoires, des héros, des traites, des lâches, des odeurs de poudre, des drapeaux, du métal, des barouds, des sacrifices, des vies risquées, gâchées, offertes, de l’honneur, de la virilitude, de l’intimidation, de la force, du recul, des cérémonies, de la merde, de la mort.
Le reste, évidemment, c’est de la gnognotte…
Belle plume américaine, Rick Bass retrace dans ce livre l’histoire d’un immense groupe tombé aux oubliettes, the Brows, un frère et deux soeurs, qui grimpèrent au top des tops dans les 50’s avec, pour grand copain et fiancé… Elvis, encore débutant. Le livre n’est pas la restitution plate des dates, des faits. C’est beaucoup plus que ça, c’est un bouquet d’émotions et d’ecchymoses du coeur, plusieurs vies revues à l’aune de ce qui en fait le matériau : les sentiments. Et ils sont d’une grande richesse dans cette famille nombreuse — d’autres enfants y sont nés — vivant de la forêt et de leur scierie. Il se trouve que Rick Bass, l’auteur, est un écrivain bûcheron et que le coeur qu’il met à cet ouvrage n’est pas étranger à sa passion de la coupe.
Très tôt, les voix des trois aînés sont repérés. Larges d’esprit, les parents les encouragent à suivre la voix artistique en participant à de nombreux radio-crochets. C’est là que le grand méchant loup les bouffe tout crus : il leur fait signer une décharge de tous leurs droits et bien que le groupe et les chansons que compose Maxine, l’ainée, soit toujours en tête des ventes, ils ne touchent pas un radis et dorment dans leur voiture alors que le producteur véreux se pavane dans les palaces.
Elvis, jeune glandu vocal, admire ces voisins à voix d’or et devient copain comme cochon avec la famille, accompagnant le groupe et chantant avec eux, partageant pêche à la truite et BBQ. Et s’éprenant de la plus jeune. Leur immense succès s’appelle « the three bells », il s’agit des « trois cloches » d’Edith Piaf à la sauce soul. A écouter sur leur page ici. (Il paraîtrait que Lennon venait juste d’en enregistrer sa version quand il a été assassiné).
Souvent, par manque d’argent, ils viennent se refaire à la scierie où le frère guitariste laissera deux doigts, leur père une guibolle, et un autre frère la vie. Peu à peu, ils se dispersent, et se retrouvent. Ils remboursent la fausse dette du véreux voleur mais d’autres styles musicaux ont pris la place. La vague Beatles — avec le premier batteur desquels ils ont bossé — finissent de balayer leurs espoirs de grand retour. La jeune soeur a préféré un médecin de campagne a moitié sourd au King, le frangin annonce à Maxine que le groupe doit se dissoudre et Maxine, après un mariage calamiteux, se retrouve seule avec ses questionnements sur la gloire loupée, le bonheur raté et la retombée dans l’anonymat. Elle s’afflige de ce que les Brown n’ont pas un film sur eux et décide, à son grand âge, d’y remédier.
Formidable épopée superbement écrite comme tous les Rick Bass, qui nous conte l’Amérique profonde amoureuse de musique.
Nashville Chrome de Rick Bass 2010, chez Christian Bourgois en 2012. 380 pages.
Le gros de l’actu, avec mauvais jeu de mots, c’est évidemment Obelixovitch qui a roulé un patin au petit blond teigneux qu’il a dû confondre avec Astérixovitch… Pendant ce temps, les cathoréacs ne roulent pas des pelles aux homos, car c’est trop vilain et trop contre nature et ces gens-là, en plus, c’est qu’ils voudraient des enfants, les pauv’ petits ma pauv’dame ! Alors moi je pose la question : que de va devenir l’audience de Drucker demain ? J’en frémis d’horreur !
– HD : La réponse qu’aurait pu faire Hollande à Poutine…nous ne partageons pas les mêmes voleurs!!!!
– DC : La droite caviar est dans l’avion pour aller bouffer chez Poutine ce soir. Espérons qu’elle a pensé à mettre une couche !
– CB: Depardieu aurait déjà converti toute sa fortune en chiroubles …
– LB : Il paraît que Justin Bieber fume de la beuh. Je n’y crois pas pour deux raisons : 1) c’est une jeune fille bien. 2) sa musique est nulle.
– EC : Les marketeux qui font les pubs pour les produits ménagers, ça vous trouerait le fondement de mettre des hommes qui font le ménage ? Hmmm ?
– LB : Je viens de voir une fille pousser un 4X4 alors que son mec était au volant pour le diriger. Belle victoire pour les féministes.
– SS : Naomi Campbell agressée à Paris sous les yeux de ses proches, le fameux clan Campbell…
– MC : A partir de 50 ans, c’est pourri. Tu n’as plus droit à rien: ni carte jeune, ni réduc famille nombreuse parce que les enfants sont trop grands, plus d’allocations familiales (même cause même conséquence) et pas encore la carte Vermeil. Tu paies plein pot et tu la fermes. Ma seule consolation, c’est de ne plus être une ménagère de moins de cinquante ans et d’emmerder Tf1.
– CG : si poutine ne prend pas bb ,alors c’est qu’il n’y a vraiment pas de parité en democratie!
– DC : Les crises ne touchent jamais les riches. Sauf peut-être les crises de foie !
– HPE : Si a 64 ans, t’as pas un passeport russe, t’as raté ton exil fiscal.
– KT : Acheter des brèdes manioc en croyant acheter des brèdes mafanes, ce n’est pas malin.
– TG : Echange Depardieu, Bardot, et Zemmour contre les trois Pussy Riot.
– JPCM : Soutenez les indiens qui se mobilisent alors que les français ne descendent pas dans la rue pour condamner les tournantes, les américains non plus, ne se mobilisent pas contre les viols dans l’US ARMY. On a des leçons à recevoir.
– CB : plus je connaît le milieu de l’art, plus j’aime la géologie
– OVH : Mordovie, c’est un oxymore, non ?
– JPT : Chaque fois que j’entends parler du « mariage pour tous », j’ai l’impression qu’on me parle du « mariage pour les nuls ».
– RG : Bardot qui se plaint d’être traînée dans la boue alors que c’est bon pour la peau.
– PM : « Depardieu assistera à la remise du Ballon d’Or ». Heureusement qu’on n’a pas une dépêche à chaque fois qu’on lui remet un ballon de rouge.
– CW : Marseille Capitale Européenne de la Culture… coup d’envoi ce samedi avec la « GRANDE CLAMEUR »…. quelqu’un ici peut-il nous éclairer sur cette clameur-là ?
– IZ : A mon avis, si Idéfix a décidé de rester en France, lui, c’est parce qu’il a une niche fiscale.
– OVH : Hier une voisine veut m’inviter pour boire un café mardi. Je lui réponds « Ah non, désolée, mardi j’ai un enterrement. » Elle, effarée : « Oh ! Rien de grave, j’espère ? »
– JPCM : Vous convie ce soir à 22h à l’amphi Alban Ceray de la Sorbonne pour sa conférence « Deleuze et l’aquagym, l’impossible dialogue »
– PE : Notre société est bien tolérante, elle permet à un œuf de poule de finir en œuf coq.
– TLL : Ça se trouve de Gaulle est allé à Londres pour payer moins d’impôts.
– SF : DSK sera un film où le rôle d’un gros porc pervers sera interprété par un gros porc alcoolique.
– MC : Que les délinquants en col blancs se rassurent: ils peuvent continuer à détourner tout l’argent qu’ils veulent ou à placer leurs économies en Suisse, ils ont peu de chance d’être rattrapés par la Justice. Ou s’ils le sont, il faudra bien 10 ou 15 ans pour instruire l’affaire. Par contre, amis fauchés, smicard ou érémistes de facebook et d’ailleurs, n’oubliez pas de payer la maison de retraite de votre mamie ou la cantine de votre enfant. Car, selon que vous serez puissant ou misérable etc…
– JPT : Je ne suis déjà pas génial en tant qu’amant, alors en tant que mari, je préfère ne pas y penser, je ne déteste encore personne suffisamment pour lui imposer ça ! (un mariage gay)
– CH : Avant de tweeter queque chose je teste sur ma femme. Si elle lève les yeux au ciel et qu’elle quitte la pièce, je sais qu’il a du potentiel
– GR : Une pensée pour tous ces vieux cul-bénits qui feront leur promenade dimanche par mauvais temps
– BD : Je sens venir un Dimanche pas très gay.
– WM : « Les enfants ont besoin d’un papa une maman ». Mon cul. Ils ont besoin d’une connexion internet, un portable, un lecteur MP3, une console…
– AE : Vont se cailler les miches les reacs .
– OK : La France veut détruire des fanatiques islamistes du mali ! Les nôtres défileront dimanche dans les rues de paris !
– DC: Le père de la famille recluse à Saint-Nazaire n’est pas homosexuel. Les enfants ont bien une maman et un papa. Une famille tradi, quoi !
– BD : Pour la première fois de ma vie j’ai envie d’être gay.
– ADG : Moi qui ai toujours été intéressé par l’humour noir, je frémis de plaisir à l’idée que dimanche on va voir s’agiter dans les rues de Paris et sur nos écrans, 2 à 300 000 homophobes ou plus, qu’on n’a jamais vu protester ni descendre dans la rue pour dénoncer les crimes pédophiles de leurs amis curés, mais qui là vont manifester toute leur haine des homos en prétextant la défense des pauvres chérubins (qui auraient sans doute préféré qu’on les défende contre les vieux sadiques pervers) !!!
– JR : Selon une étude confidentielle de Bercy, les exilés fiscaux seraient essentiellement des cadres dirigeants fortunes. Là je m’étonne que ce ne soit pas des ouvriers et des agriculteurs!
– JPT : Frigide Barjot se dit humoriste catholique. C’est un peu comme charcutier salafiste, non ?
On nous manipule ! On nous dirige ! On nous oblige ! On nous contraint ! Partout ! Jusque dans l’intimité, on nous exhorte à nous comporter comme ça a été décidé en haut lieu. On nous a mis de la musique dans les hyper pour qu’on achète plus, on n’a mis que quelques caissières pour qu’il y ait une petite file d’attente — trop serait démotivant, pas assez serait dévalorisant — on a supprimé les guichets de la poste et c’est nous qui faisons tout le boulot mais dans un espace tellement plus sympa qu’on aime ça. On laisse les cuisiniers des Mc Do visibles pour leur mettre la pression en nous donnant l’impression que c’est nous qui contrôlons. Mais si l’on s’attarde à table, un petit système se met en place pour nous virer plus vite que ça.
On créé des endroits pratiques en voiture, zones commerciales et lotissements afin de ne pas nous entraîner sur d’autres voies que celles de la consommation, on fait des routes avec ronds-points, c’est vrai que c’est commode et plus safe mais il n’y a plus moyen de stopper quelque part sauf à aller dans les endroits faits pour. On ouvre tous les espaces, il n’y a plus de confidentialité dans les échanges, donc moins de conflits possibles. Dans les open spaces, l’intimité a disparu pour le grand confort du supérieur hiérarchique qui craint moins le dilettantisme, le favoritisme, la triche. A la place, l’anonymat, le manque de relationnel, de repères, le bruit : donc l’insécurité.
Tout se brouille partout, l’espace comme le temps. Il n’y a plus de bureau ou d’horaires, de lieu de loisir ou de commerce, nous sommes dans la bulle imaginée par les maîtres du grand ordonnancement planétaire !
C’est un petit bouquin qui a le mérite de nous faire réviser toutes les notions sur l’organisation sociale avec une solide documentation. Et qui nous fait rire de celui ou celle qui dit : je suis libre !
Par Elisabeth Pelgrin-Génel Des souris dans un labyrinthe, décrypter les ruses et manipulations de nos espaces quotidiens, réédition 2012, à la Découverte Poche.
C’est pas que je raffole de Brando, j’apprécie surtout le verbe de François Forestier, spécialiste cinéma au Nouvel Obs. Enfin, du temps où je le lisais. FF vient donc de commettre un bouquin sur un si beau monstre qu’il présente « surtout pas » comme une biographie, mais le récit de la fabrication d’un monstre.
On en apprend en fait de bien belles qui ne sont pas du tout à l’honneur du personnage : c’est un craspec qui ne se lavait pas, puait donc, vivait dans un gourbi avec son raton laveur adoré, qu’il baladait partout mais dont il ne nettoyait jamais les déjections.
Il fallait avoir le coeur bien accroché dans tous les sens du terme pour oser entrer dans ses draps dégueu ! Il sautait sur tout ce qui bougeait, hommes et femmes, aimait particulièrement les brunettes typées, les Rita quoi. Il ne s’encombrait pas de savoir si c’était des femmes ou des mères d’amis et détestait les histoires sentimentales. Les hommes aussi tombaient comme des mouches, mais l’histoire ne durait pas. Tandis qu’avec les femmes et malgré lui, il entretenait diverses relations maritales, allait des unes aux autres sans état d’âme tout en se tapant la femme de ménage, la secrétaire, la barmaid qui passaient là.
Il a eu beaucoup d’enfants, on connaît la fin tragique de son fils Christian assassin, d’autres morts d’overdose ou suicidés, comme sa fille qui s’est pendue. Beaucoup de suicides d’ailleurs ont jalonné ses pas cruels. Il ne respectait rien, sauf parfois un réalisateur plus mâle dominant que lui et dont il craignait les coups. Il était lâche. Sinon, il a bousillé tous les tournages, il a humilié tous les metteurs en scène, producteurs, partenaires. Il faisait des blagues nases et vexantes pour écraser le moindre concurrent.
Bizarrement, il ne s’est jamais saoulé, il détestait l’alcool et les drogues. Au début, le sexe à haute dose suffisait à lui procurer sa dose. Plus tard, il a fallu compter avec la bouffe. Il est devenu addict aux ice creams et aux hamburgers que des voisins lui envoyaient par dessus sa clôture comme à un singe.
La seule chose positive, à part l’amour qu’il portait à sa mère avec qui a a dormi très longtemps, c’est l’amitié qu’il a entretenue avec Christian Marquant et sa soeur Nadine Trintignant. Il venait souvent à Paris faire la bringue avec eux. Il a même tourné docilement le long métrage très bizarre de son ami, qui a fait un sacré flop.
Bref, ce livre n’est qu’une énumération factuelle de turpitudes et j’ai été bien déçue de voir qu’il n’y avait aucune analyse sur la fabrication du monstre, et que le niveau d’écriture était plutôt plat. Un livre de commande ? Il reste les ragots un peu salés qui amusent un temps. Après tout, pourquoi pas why not. Pas chien, l’auteur donne les noms. Et il ne balance pas que sur Brando.
Un si beau monstre de François Forestier, 2013, chez Albin Michel. 280 pages de name dropping.
14 s’appelle le dernier ouvrage de Jean Echenoz. Un petit roman concentré et fulgurant sur la grande et terrible guerre. Je ne suis pas une fan absolue d’Echenoz et j’ai été scotchée par ce « torchage » d’histoire où, en 124 pages écrites très gros — pour les vieux peut-être — il narre une histoire personnelle, une rivalité fraternelle, une guerre impitoyable et une vie qui continue, semble -t-il, paisiblement.
L’espoir, le fleur au fusil, les pantalons rouges qui ne vont pas, le barda, la pluie, le froid, les poux, les rats, les bêtes qui crèvent et pourrissent, les hommes qui explosent sous les tirs, les morceaux d’eux partout, les rêves d’avoir une jambe ou un bras ou la moitié du visage arrachés pour sortir de ce merdier… Et pourtant, les descriptions sont là, de la ferme, de la gare, des lieux divers, des gens, les images sont prégnantes, c’est peut-être aussi d’elles que naissent les émotions.
C’est balèze.
14 par Jean Echenoz aux Editions de Minuit, 2012. 124 pages
L’année commence mal en Inde, la Belgique perd son gros (sou)lot récupéré par un vrai grand démocrate qui va aussi gagner, cerise sur le gâteux, une blonde icône créée de par Dieu, blonde qui a demandé à un éléphant (du PS) de gracier deux éléphants tubards, sans succès, tandis que le black préféré des Français cède la place à plus black que lui. Plus quelques voeux pieux… c’est la première rafale de Fessebouqueries de cette belle année débutante.
– CR : je pense souvent a cette jeune Hindoue violée et exterminée a la barre de fer ..puis morte,…a l’hopital apres de longues souffrances ..bienvenue au paradis, l’enfer c’est ici ..et ces lâches abrutis dégénérés , qu’on les pende haut et court en place publique .
– JPCM : En Inde, les vaches sont sacrées, pas les femmes
– HDD : S’il ne se passe rien à Noël, c’est pas parce que les politiques sont en vacances, mais c’est bien parce que les journalistes n’en branlent pas une.
– AR : je me demande ce qui m’écœure le plus : la station Bastille tartinée de vodka à consommer avec modération, ou les 4×3 Carla avec les écouteurs en serre-tête …
– GR : Si les mots amateurisme, matraquage, confiscatoire n’existaient pas la droite serait muette
– GC : » C’est tellement facile de clouer au pilori les riches » Ouais t’as raison , vaut mieux se faire les pauvres , c’est plus éthique
– PR : Le rugby féminin existe. Ça s’appelle « Les Soldes »
– MP: 2012 se termine par un lundi. C’est tout ce que mérite cette salope d’année noire.
– LT : Yannick Noah : « Omar m’a tuer ». JDD
– DC : « Ce sont les surfers qui sont en majorité victimes des requins ». Info sur la 2. Etrange, j’aurais plutôt dit les motards et les grutiers !!!
– LF : Un statut de ma fille. J’adore: ==> Il y a des meufs qui se maquillent pendant 1h puis elles écrivent sur leurs photos » Moi au réveil » ! Wesh t’a dormis chez Sephora ou quoi
– DL : Contrairement à ce que vous pouvez lire dans les journaux, les hauts fourneaux s’écrivent sans trait d’union.
– OW : m’autoriserez vous à ne pas vous souhaitez la bonne nouvelle année et me contenter d’avoir survécu à cette année 2012… quand je pense aux nombres de gens à qui on a souhaité la bonne année en 2012 et qui sont morts, malades, devenus pauvres (financièrement seulement, je vous rassure) ou riches (financièrement seulement, c’est plus grave), je préfère attendre le 31 décembre 2013 pour vous la souhaiter bonne. Je vous aime trop. Ne m’embrassez pas je vais bien !
– DP : Le Parisien annonce que Valérie Trierweiler va « se mettre dans les pas de Bernadette Chirac ». C’est à dire? Devenir vieille et méchante?
– HD : J’ai aimé la simplicité de la dame qui a dit sur TF1 on fait simple cette année…un petit repas simple à 250 € par personne….avec simpliciiiitttttté!!!!j’ai simplement aimé!!! Bordel pourquoi les gens se compliquent-ils la vie!!?? on se le demande!!!!
– DC : Ne ratons pas les voeux présidentiels. 2013, ANNEE DE LA FRAISE !!!!
– HDD : L’ascenseur social existe, encore faut-il avoir le code de l’immeuble.
– HDD : Mes 2 résolutions pour 2013 : arrêter de fumer, et de parler de Nadine Morano. Y’en a une qui va être très dure à tenir.
– CD : C’est marrant mais je parviens pas à être affectée par le braquage de l’Apple Store…
– RP : JM Jarre qui part à Londres, on va pas pleurer non plus…
– SF : Politichien : petit animal de compagnie, bien élevé, ayant une petite langue de bois…
PG : Alors quoi de neuf Pierre ? Eh bien mon cher Zücky …. pour la première mauresque de l’année, j’ai mis du Mir laine à la place de l’orgeat…. Il fallait le faire une fois dans sa vie et bien c’est fait !!!! Les choses s’annoncent bien pour cette année …. À ne plus réessayer !!!! Je vous le conseille !!!!!
– HDD : Depardieu, au goulag !
– JNP : Un grand démocrate russe et un grand patriote français en couple. En fait un ménage à trois: L’éthique, la politique et la diététique
– HD : J’avais mal à la tête ce matin maintenant là j’ai mal à la France….la médaille du mérite pour Tsonga éxilé fiscal..vous avez dit Minable???
C’était bien la peine d’en chier un tank pour Depardieu!!!
– DT : Un milliardaire change de Ferrari tous les jours. Un SDF change de porche tous les jours.
– BA : MES SOUHAITS POUR 2013 SUR « FB »: MOINS DE CHATS, DE CHIENS, DE TIGRES OU AUTRES VOLATILES… ET SURTOUT, SURTOUT, MOINS DE CITATIONS A GOGO DE LA PART DE CEUX QUI NE TROUVENT RIEN A DIRE. LA CITATION NE REND NI PLUS INTELLIGENT, NI PLUS CULTIVÉ. ÇÀ C’EST DIT ! MAIS, FAITES COMME VOUS VOULEZ, COMME VOUS LE SENTEZ, C’EST VOUS QUI VOYEZ…ET QUI ÊTES VUS SURTOUT. OR DONC, UN PEU MOINS D’AIGRITUDE ET DE RÈGLEMENTS DE COMPTE (FACILE DERRIÈRE UN ORDI)… UN PEU PLUS D’HUMOUR ET DE JOIE DE VIVRE. BOB DIT L’ÂNE.
– SB : Luce ce matin : » Maman tu sais, avec du maquillage qui rend jeune, tu pourrais ressembler à Cendrillon… » ( l’année commence bien, ;))) sacré Lulu)
– OK : Gérard Depardieu > l’alcool c’est la cuite, l’impôt tu l’acquittes, ou la France tu la quittes et deviens moscovite !
– GR : Coucou Vladimir #Poutine, si tu veux accueillir d’autres pochtrons, j’ai plein d’idées
– AB : Y’a des jours comme ça où je me dis que la plupart des gens sont vraiment gentils. J’aime bien cette sensation.
– HD : Une info qui Moscou un peu… »pour votre nationalité, on va s’occuper de vodka. » aurait dit Poutine à Depardieu…
– AL : Si ça peut accélérer les choses, Brigitte, je suis volontaire pour porter tes bagages,
– YL : Brigitte Bardot, en 2013 je lui souhaite tout de russe : la nationalité, le passeport, l’imposition, la démocratie et surtout la roulette.
– HV : Lu sur mon mur: »N’empêche, à présent, Depardieu c’est le seul millionnaire russe assez con pour avoir choisi la Belgique au lieu de la Côte d’Azur ! »
– Jean-Paul Tapie : Brigitte Bardot part fonder un groupe contestataire en Russie : les Pussy Vieillottes.
– PI : Je crois que #Depardieu n’a pas lu (ou a mal lu) le bouquin de Soljenitsyne. Non, Gérard, la Russie, ce n’est pas « L’archipel du goulot » !
– AT : Je tenais à défendre Depardieu par rapport à ses propos sur la Russie. Me faire la vodka du diable.
– YP : Depardieu : la boulette russe !
– PL : Mme Boutin doit appartenir à cette catégorie particulière de chrétiens : les chrétiens des Alpes …
J’étais dans un bon restaurant mi-gastronomique, mi-gastro-entérique avec un jeune homme louche comme un bol de caviar et riche de naïveté enfantine, qui goûtait les premiers escargots de sa courte vie. Il y mettait du coeur et de la bonne volonté, d’autant plus qu’il avait été élevé au pays de Galles. Après dégustation enthousiaste du gastéropode, fallait voir comme il t’introduisait une mouillette dans la coquille afin d’en extraire le plus de sauce possible.
– Ben dis-donc, lui fis-je, on peut dire que votre émotion est palpable !
– est quoi ?
– palpable !
– palpable ? Vous voulez dire visible, peut-être ?
– Oui, voilà. Mais la mode journalistique, aujourd’hui, c’est de dire palpable.
– Mais palpable, ça veut bien dire touchable du doigt, non ?
– Oui mais ça veut dire aussi : évident. Et aujourd’hui, tous les commentateurs utilisent ce mot. Dès qu’un drame se produit dans le monde, attentat, carnage, exaction, l’émotion est toujours palpable.
– C’est noté, dit-il en suçant ses doigts. J’adore manger avec vous, j’en apprends tous les jours, ajouta t-il en aspirant bruyamment le reste de beurre persillé enfoui au fin fond de la spirale.
– Ecoutez, Harry, on ne dit pas manger, on dit déjeuner ou dîner. Manger, ça fait plouc. Et on ne fait pas ce que vous faites, là. C’est parfaitement grossier, vous savez !
– Oh mais dites-donc, ça devient pénible de bouffer avec vous. Vous êtes une casse-couilles de première et je dis ça sans avoir besoin de me les palper. Fuck, quoi !
Là, j’explose de rire car c’était l’effet recherché : le faire sortir de ses gonds. D’abord interloqué, il reprends son petit minois d’effronté avant de parler la bouche pleine :
– Oh, je suis soulagé ! J’ai cru que vous n’étiez pas prête de me réinviter à baffrer (sic) !
– Harry, pour la dernière fois : pas PRÈS de. Comme si on disait : pas près de Paris. Car ça, c’est rédhibitoire, mon petit. Si vous continuez à commettre cette erreur, je peux vous assurer que je ne suis pas prête à passer l’éponge.
– Je ne comprends rien à votre langue, dit Harry, mais je trouve que, malgré tout, vos seins sont très palpables !
Il tendit ses doigts luisants de graisse vers mon buste épanoui de reconnaissance.
– Ah, on s’essuie les mains avant, petit bougre !
Bien heureusement, j’étais prête à tout, tout près de flancher dans ce boui-boui où j’avais eu la prudence de réserver un salon privé.
… et je vous jure que vous allez vous marrer. La première conversation a lieu en février 80 au 65 Irving Street, près de la Factory. Elle réunit pour la première fois nos deux icônes qui deviendront amies, plus un journaliste de mode et l’instigateur de l’affaire, Victor Bockrisa. Et qu’est-ce qu’on raconte ? Rien de bien culturel, des gossips, des histoires de cul, des ragots sur les people, des considérations sur l’audace sexuelle des Anglaises et les dimensions de leur bite (sic) et de celle d’autres amis.
Le livre s’intitule Conversations et l’idée de Bockrisa, journaliste ayant travaillé à Interview puis à la Factory, était de se faire du fric en enregistrant des conversations avec des gens très en vue dans le milieu culturel et d’y inclure des photos de la scène. Pour faire un peu la nique à Truman Capote et à son style journalistique révolutionnaire.
Finalement, ça ne s’est pas réellement passé comme ça. Il a rallongé la sauce avec des anecdotes sur les uns et les autres, des choses intimes ou ordinaires plutôt intéressantes, drôles ou originales. En tout cas, la distance entre ces gloires et nous semblent définitivement abolies par ce point de vue. Les photos sont imprimées sur le même papier que le texte, et qui illustre exactement : on y voit comment ils sont habillés, ce qu’il y a sur la table, quelle tête ils ont ce soir-là.
Le dîner d’après, organisé par Burroughs dans son « bunker », un loft sans fenêtre, est totalement raté. Le journaliste tenait à avoir Mick Jagger, familier de Warhol. Mais il n’a pas préparé d’interview et Mick lui en veut de se retrouver comme un con, avec Jerry Hall, devant un bout de pâté, un verre de piquette et une barquette de haricots verts froids. Alors le journaliste tente d’inventer un événement comme le 20ème anniversaire des Rolling Stones. Jagger dit que ce n’est pas possible, les années de concordent pas. L’autre se rattrape en évoquant les 20 ans du magazine Rolling Stone mais ça ne marche pas non plus. Des anges passent, l’ennui y est palpable comme on dit aujourd’hui, rien ne se dit d’intéressant, bref, la lose. Mais les photos sont marrantes, Jagger de de grosses joues.
Les deux autres fois se passent mieux. On y croise Blondie, Lou Reed, Allen G. et quelques autres. On y parle de trucs assez hallucinants, on se décalque avec drogues et cocktails, le magnéto tourne… Même si un soir Warhol s’isole dans son walkman, il participe quand on l’interpelle.
Les quatre rencontres entre le pape de la beat generation et le roi de la culture pop est fascinant par la spontanéité des échanges, la liberté des sujets et l’absence de formatage de l’ensemble. Et aussi pour les photos.
A avoir absolument quand on aime la culture américaine.
Williams S. Burroughs, Andy Warhol, Conversations, imprimé en police Tribute aux Editions Inculte Document, en 2012, 180 pages, 16 €. Ce qui ne fait pas cher la page !