C’est pas que je raffole de Brando, j’apprécie surtout le verbe de François Forestier, spécialiste cinéma au Nouvel Obs. Enfin, du temps où je le lisais. FF vient donc de commettre un bouquin sur un si beau monstre qu’il présente « surtout pas » comme une biographie, mais le récit de la fabrication d’un monstre.
On en apprend en fait de bien belles qui ne sont pas du tout à l’honneur du personnage : c’est un craspec qui ne se lavait pas, puait donc, vivait dans un gourbi avec son raton laveur adoré, qu’il baladait partout mais dont il ne nettoyait jamais les déjections.
Il fallait avoir le coeur bien accroché dans tous les sens du terme pour oser entrer dans ses draps dégueu ! Il sautait sur tout ce qui bougeait, hommes et femmes, aimait particulièrement les brunettes typées, les Rita quoi. Il ne s’encombrait pas de savoir si c’était des femmes ou des mères d’amis et détestait les histoires sentimentales. Les hommes aussi tombaient comme des mouches, mais l’histoire ne durait pas. Tandis qu’avec les femmes et malgré lui, il entretenait diverses relations maritales, allait des unes aux autres sans état d’âme tout en se tapant la femme de ménage, la secrétaire, la barmaid qui passaient là.
Il a eu beaucoup d’enfants, on connaît la fin tragique de son fils Christian assassin, d’autres morts d’overdose ou suicidés, comme sa fille qui s’est pendue. Beaucoup de suicides d’ailleurs ont jalonné ses pas cruels. Il ne respectait rien, sauf parfois un réalisateur plus mâle dominant que lui et dont il craignait les coups. Il était lâche. Sinon, il a bousillé tous les tournages, il a humilié tous les metteurs en scène, producteurs, partenaires. Il faisait des blagues nases et vexantes pour écraser le moindre concurrent.
Bizarrement, il ne s’est jamais saoulé, il détestait l’alcool et les drogues. Au début, le sexe à haute dose suffisait à lui procurer sa dose. Plus tard, il a fallu compter avec la bouffe. Il est devenu addict aux ice creams et aux hamburgers que des voisins lui envoyaient par dessus sa clôture comme à un singe.
La seule chose positive, à part l’amour qu’il portait à sa mère avec qui a a dormi très longtemps, c’est l’amitié qu’il a entretenue avec Christian Marquant et sa soeur Nadine Trintignant. Il venait souvent à Paris faire la bringue avec eux. Il a même tourné docilement le long métrage très bizarre de son ami, qui a fait un sacré flop.
Bref, ce livre n’est qu’une énumération factuelle de turpitudes et j’ai été bien déçue de voir qu’il n’y avait aucune analyse sur la fabrication du monstre, et que le niveau d’écriture était plutôt plat. Un livre de commande ? Il reste les ragots un peu salés qui amusent un temps. Après tout, pourquoi pas why not. Pas chien, l’auteur donne les noms. Et il ne balance pas que sur Brando.
Un si beau monstre de François Forestier, 2013, chez Albin Michel. 280 pages de name dropping.
14 s’appelle le dernier ouvrage de Jean Echenoz. Un petit roman concentré et fulgurant sur la grande et terrible guerre. Je ne suis pas une fan absolue d’Echenoz et j’ai été scotchée par ce « torchage » d’histoire où, en 124 pages écrites très gros — pour les vieux peut-être — il narre une histoire personnelle, une rivalité fraternelle, une guerre impitoyable et une vie qui continue, semble -t-il, paisiblement.
L’espoir, le fleur au fusil, les pantalons rouges qui ne vont pas, le barda, la pluie, le froid, les poux, les rats, les bêtes qui crèvent et pourrissent, les hommes qui explosent sous les tirs, les morceaux d’eux partout, les rêves d’avoir une jambe ou un bras ou la moitié du visage arrachés pour sortir de ce merdier… Et pourtant, les descriptions sont là, de la ferme, de la gare, des lieux divers, des gens, les images sont prégnantes, c’est peut-être aussi d’elles que naissent les émotions.
C’est balèze.
14 par Jean Echenoz aux Editions de Minuit, 2012. 124 pages
L’année commence mal en Inde, la Belgique perd son gros (sou)lot récupéré par un vrai grand démocrate qui va aussi gagner, cerise sur le gâteux, une blonde icône créée de par Dieu, blonde qui a demandé à un éléphant (du PS) de gracier deux éléphants tubards, sans succès, tandis que le black préféré des Français cède la place à plus black que lui. Plus quelques voeux pieux… c’est la première rafale de Fessebouqueries de cette belle année débutante.
– CR : je pense souvent a cette jeune Hindoue violée et exterminée a la barre de fer ..puis morte,…a l’hopital apres de longues souffrances ..bienvenue au paradis, l’enfer c’est ici ..et ces lâches abrutis dégénérés , qu’on les pende haut et court en place publique .
– JPCM : En Inde, les vaches sont sacrées, pas les femmes
– HDD : S’il ne se passe rien à Noël, c’est pas parce que les politiques sont en vacances, mais c’est bien parce que les journalistes n’en branlent pas une.
– AR : je me demande ce qui m’écœure le plus : la station Bastille tartinée de vodka à consommer avec modération, ou les 4×3 Carla avec les écouteurs en serre-tête …
– GR : Si les mots amateurisme, matraquage, confiscatoire n’existaient pas la droite serait muette
– GC : » C’est tellement facile de clouer au pilori les riches » Ouais t’as raison , vaut mieux se faire les pauvres , c’est plus éthique
– PR : Le rugby féminin existe. Ça s’appelle « Les Soldes »
– MP: 2012 se termine par un lundi. C’est tout ce que mérite cette salope d’année noire.
– LT : Yannick Noah : « Omar m’a tuer ». JDD
– DC : « Ce sont les surfers qui sont en majorité victimes des requins ». Info sur la 2. Etrange, j’aurais plutôt dit les motards et les grutiers !!!
– LF : Un statut de ma fille. J’adore: ==> Il y a des meufs qui se maquillent pendant 1h puis elles écrivent sur leurs photos » Moi au réveil » ! Wesh t’a dormis chez Sephora ou quoi
– DL : Contrairement à ce que vous pouvez lire dans les journaux, les hauts fourneaux s’écrivent sans trait d’union.
– OW : m’autoriserez vous à ne pas vous souhaitez la bonne nouvelle année et me contenter d’avoir survécu à cette année 2012… quand je pense aux nombres de gens à qui on a souhaité la bonne année en 2012 et qui sont morts, malades, devenus pauvres (financièrement seulement, je vous rassure) ou riches (financièrement seulement, c’est plus grave), je préfère attendre le 31 décembre 2013 pour vous la souhaiter bonne. Je vous aime trop. Ne m’embrassez pas je vais bien !
– DP : Le Parisien annonce que Valérie Trierweiler va « se mettre dans les pas de Bernadette Chirac ». C’est à dire? Devenir vieille et méchante?
– HD : J’ai aimé la simplicité de la dame qui a dit sur TF1 on fait simple cette année…un petit repas simple à 250 € par personne….avec simpliciiiitttttté!!!!j’ai simplement aimé!!! Bordel pourquoi les gens se compliquent-ils la vie!!?? on se le demande!!!!
– DC : Ne ratons pas les voeux présidentiels. 2013, ANNEE DE LA FRAISE !!!!
– HDD : L’ascenseur social existe, encore faut-il avoir le code de l’immeuble.
– HDD : Mes 2 résolutions pour 2013 : arrêter de fumer, et de parler de Nadine Morano. Y’en a une qui va être très dure à tenir.
– CD : C’est marrant mais je parviens pas à être affectée par le braquage de l’Apple Store…
– RP : JM Jarre qui part à Londres, on va pas pleurer non plus…
– SF : Politichien : petit animal de compagnie, bien élevé, ayant une petite langue de bois…
PG : Alors quoi de neuf Pierre ? Eh bien mon cher Zücky …. pour la première mauresque de l’année, j’ai mis du Mir laine à la place de l’orgeat…. Il fallait le faire une fois dans sa vie et bien c’est fait !!!! Les choses s’annoncent bien pour cette année …. À ne plus réessayer !!!! Je vous le conseille !!!!!
– HDD : Depardieu, au goulag !
– JNP : Un grand démocrate russe et un grand patriote français en couple. En fait un ménage à trois: L’éthique, la politique et la diététique
– HD : J’avais mal à la tête ce matin maintenant là j’ai mal à la France….la médaille du mérite pour Tsonga éxilé fiscal..vous avez dit Minable???
C’était bien la peine d’en chier un tank pour Depardieu!!!
– DT : Un milliardaire change de Ferrari tous les jours. Un SDF change de porche tous les jours.
– BA : MES SOUHAITS POUR 2013 SUR « FB »: MOINS DE CHATS, DE CHIENS, DE TIGRES OU AUTRES VOLATILES… ET SURTOUT, SURTOUT, MOINS DE CITATIONS A GOGO DE LA PART DE CEUX QUI NE TROUVENT RIEN A DIRE. LA CITATION NE REND NI PLUS INTELLIGENT, NI PLUS CULTIVÉ. ÇÀ C’EST DIT ! MAIS, FAITES COMME VOUS VOULEZ, COMME VOUS LE SENTEZ, C’EST VOUS QUI VOYEZ…ET QUI ÊTES VUS SURTOUT. OR DONC, UN PEU MOINS D’AIGRITUDE ET DE RÈGLEMENTS DE COMPTE (FACILE DERRIÈRE UN ORDI)… UN PEU PLUS D’HUMOUR ET DE JOIE DE VIVRE. BOB DIT L’ÂNE.
– SB : Luce ce matin : » Maman tu sais, avec du maquillage qui rend jeune, tu pourrais ressembler à Cendrillon… » ( l’année commence bien, ;))) sacré Lulu)
– OK : Gérard Depardieu > l’alcool c’est la cuite, l’impôt tu l’acquittes, ou la France tu la quittes et deviens moscovite !
– GR : Coucou Vladimir #Poutine, si tu veux accueillir d’autres pochtrons, j’ai plein d’idées
– AB : Y’a des jours comme ça où je me dis que la plupart des gens sont vraiment gentils. J’aime bien cette sensation.
– HD : Une info qui Moscou un peu… »pour votre nationalité, on va s’occuper de vodka. » aurait dit Poutine à Depardieu…
– AL : Si ça peut accélérer les choses, Brigitte, je suis volontaire pour porter tes bagages,
– YL : Brigitte Bardot, en 2013 je lui souhaite tout de russe : la nationalité, le passeport, l’imposition, la démocratie et surtout la roulette.
– HV : Lu sur mon mur: »N’empêche, à présent, Depardieu c’est le seul millionnaire russe assez con pour avoir choisi la Belgique au lieu de la Côte d’Azur ! »
– Jean-Paul Tapie : Brigitte Bardot part fonder un groupe contestataire en Russie : les Pussy Vieillottes.
– PI : Je crois que #Depardieu n’a pas lu (ou a mal lu) le bouquin de Soljenitsyne. Non, Gérard, la Russie, ce n’est pas « L’archipel du goulot » !
– AT : Je tenais à défendre Depardieu par rapport à ses propos sur la Russie. Me faire la vodka du diable.
– YP : Depardieu : la boulette russe !
– PL : Mme Boutin doit appartenir à cette catégorie particulière de chrétiens : les chrétiens des Alpes …
J’étais dans un bon restaurant mi-gastronomique, mi-gastro-entérique avec un jeune homme louche comme un bol de caviar et riche de naïveté enfantine, qui goûtait les premiers escargots de sa courte vie. Il y mettait du coeur et de la bonne volonté, d’autant plus qu’il avait été élevé au pays de Galles. Après dégustation enthousiaste du gastéropode, fallait voir comme il t’introduisait une mouillette dans la coquille afin d’en extraire le plus de sauce possible.
– Ben dis-donc, lui fis-je, on peut dire que votre émotion est palpable !
– est quoi ?
– palpable !
– palpable ? Vous voulez dire visible, peut-être ?
– Oui, voilà. Mais la mode journalistique, aujourd’hui, c’est de dire palpable.
– Mais palpable, ça veut bien dire touchable du doigt, non ?
– Oui mais ça veut dire aussi : évident. Et aujourd’hui, tous les commentateurs utilisent ce mot. Dès qu’un drame se produit dans le monde, attentat, carnage, exaction, l’émotion est toujours palpable.
– C’est noté, dit-il en suçant ses doigts. J’adore manger avec vous, j’en apprends tous les jours, ajouta t-il en aspirant bruyamment le reste de beurre persillé enfoui au fin fond de la spirale.
– Ecoutez, Harry, on ne dit pas manger, on dit déjeuner ou dîner. Manger, ça fait plouc. Et on ne fait pas ce que vous faites, là. C’est parfaitement grossier, vous savez !
– Oh mais dites-donc, ça devient pénible de bouffer avec vous. Vous êtes une casse-couilles de première et je dis ça sans avoir besoin de me les palper. Fuck, quoi !
Là, j’explose de rire car c’était l’effet recherché : le faire sortir de ses gonds. D’abord interloqué, il reprends son petit minois d’effronté avant de parler la bouche pleine :
– Oh, je suis soulagé ! J’ai cru que vous n’étiez pas prête de me réinviter à baffrer (sic) !
– Harry, pour la dernière fois : pas PRÈS de. Comme si on disait : pas près de Paris. Car ça, c’est rédhibitoire, mon petit. Si vous continuez à commettre cette erreur, je peux vous assurer que je ne suis pas prête à passer l’éponge.
– Je ne comprends rien à votre langue, dit Harry, mais je trouve que, malgré tout, vos seins sont très palpables !
Il tendit ses doigts luisants de graisse vers mon buste épanoui de reconnaissance.
– Ah, on s’essuie les mains avant, petit bougre !
Bien heureusement, j’étais prête à tout, tout près de flancher dans ce boui-boui où j’avais eu la prudence de réserver un salon privé.
… et je vous jure que vous allez vous marrer. La première conversation a lieu en février 80 au 65 Irving Street, près de la Factory. Elle réunit pour la première fois nos deux icônes qui deviendront amies, plus un journaliste de mode et l’instigateur de l’affaire, Victor Bockrisa. Et qu’est-ce qu’on raconte ? Rien de bien culturel, des gossips, des histoires de cul, des ragots sur les people, des considérations sur l’audace sexuelle des Anglaises et les dimensions de leur bite (sic) et de celle d’autres amis.
Le livre s’intitule Conversations et l’idée de Bockrisa, journaliste ayant travaillé à Interview puis à la Factory, était de se faire du fric en enregistrant des conversations avec des gens très en vue dans le milieu culturel et d’y inclure des photos de la scène. Pour faire un peu la nique à Truman Capote et à son style journalistique révolutionnaire.
Finalement, ça ne s’est pas réellement passé comme ça. Il a rallongé la sauce avec des anecdotes sur les uns et les autres, des choses intimes ou ordinaires plutôt intéressantes, drôles ou originales. En tout cas, la distance entre ces gloires et nous semblent définitivement abolies par ce point de vue. Les photos sont imprimées sur le même papier que le texte, et qui illustre exactement : on y voit comment ils sont habillés, ce qu’il y a sur la table, quelle tête ils ont ce soir-là.
Le dîner d’après, organisé par Burroughs dans son « bunker », un loft sans fenêtre, est totalement raté. Le journaliste tenait à avoir Mick Jagger, familier de Warhol. Mais il n’a pas préparé d’interview et Mick lui en veut de se retrouver comme un con, avec Jerry Hall, devant un bout de pâté, un verre de piquette et une barquette de haricots verts froids. Alors le journaliste tente d’inventer un événement comme le 20ème anniversaire des Rolling Stones. Jagger dit que ce n’est pas possible, les années de concordent pas. L’autre se rattrape en évoquant les 20 ans du magazine Rolling Stone mais ça ne marche pas non plus. Des anges passent, l’ennui y est palpable comme on dit aujourd’hui, rien ne se dit d’intéressant, bref, la lose. Mais les photos sont marrantes, Jagger de de grosses joues.
Les deux autres fois se passent mieux. On y croise Blondie, Lou Reed, Allen G. et quelques autres. On y parle de trucs assez hallucinants, on se décalque avec drogues et cocktails, le magnéto tourne… Même si un soir Warhol s’isole dans son walkman, il participe quand on l’interpelle.
Les quatre rencontres entre le pape de la beat generation et le roi de la culture pop est fascinant par la spontanéité des échanges, la liberté des sujets et l’absence de formatage de l’ensemble. Et aussi pour les photos.
A avoir absolument quand on aime la culture américaine.
Williams S. Burroughs, Andy Warhol, Conversations, imprimé en police Tribute aux Editions Inculte Document, en 2012, 180 pages, 16 €. Ce qui ne fait pas cher la page !
Petite semaine, normal, vous cuvez encore le premier réveillon et avez largement entamé le second, c’est pas Depardieu qui pourrait vous jeter la pierre, d’ailleurs, les 75% viennent d’être abolis, la crise n’existe plus à part celle du foie, le mariage pour tous fait des gorges chaudes comme dit le jeune marié. Je vous le sers comme ça, n’oubliez pas le sac à sapin, le don aux organismes avant la fin de l’année car crédit d’impôt n’attend pas et ne roulez pas bourrés le 31, des gens que j’aime seront de sortie cette nuit-là…
– GR : Des mauvaises langues accusent Depardieu de souvent se bourrer, FAUX, des années qu’il entretient la même cuite
– MM : Le crise? Quelle crise? La queue devant les magasins de jouets, chez Fauchon, Vuitton, Prada, Laduré….
– FB : Lapsus de Christine Boutin, il y a une minute sur ITélé : »Le mariage pour touffe ». authentique.
– YH : Ma chienne s’est couchée sur moi sous l’escalier où je suis planqué depuis 4 h déguisé en père Noël. Ils viennent quand?Coton ds la bouche
– GR : Moi qui suis pas homo, je me suis marié avec 1 personne d’1 autre sexe c’est normal ?
– DC : Comme moi, marie-toi avec quelqu’un d’un autre sexe que Christine Boutin !
– DC : On sait que le changement c’est maintenant. Une question : est-ce que le changement, c’est maintenu ?
– ML : Mamie lave la vaisselle avant de la mettre dans le lave-vaisselle. « Pour ne pas abîmer la machine » qu’elle dit.
– EL : Qu’est ce qu’on peut dire à une amie qui a mauvaise haleine sans la blesser ? je m’ennuie allons nous brosser les dents ?
– HD : La taphephobie est la phobie de se faire enterrer vivant …et moi qui croyait que c’était l’allergie au boulot!!!!!
– HV : Autant j’aime le foie gras mi-cuit, autant le jean mi-cul me débecte.
– AP : Chères radios.Noël est passé, vous pouvez arrêtez les cantiques, ça va faire deux mois là… Merci.
– CG : Noël est dans 363 jours et il y a déjà plein de décorations partout. Ca devient n’importe quoi.
– CC : Hollande à Rungis qui découpe une tête de veau en pensant à Mélenchon
– DC : Proglio : la marque du fusible le plus cher du monde.
– HDD : Face à cette déferlante de lettres ouvertes je suis pour la réaffirmation de principe d’inviolabilité des correspondances.
– OVH : Ecoute, j’ai le moral dans les chaussettes, j’ai grossi, mon mec fait la gueule, ma fille se prostitue et mon fils se drogue mais je ne vais pas emmerder tout le monde avec ça
– JPT : Si vous pensez que les six salopards qui ont violé une étudiante en Inde avant de la tabasser à coups de barres de fer méritent autre chose qu’une balle dans la nuque, alors c’est que vous êtes vraiment opposé à la peine de mort. J’aimerais pouvoir vous suivre.
– AE : Quelqu’un peut dire â Mélenchon que la campagne est finie?
– RP : Impossible de tweeter jusqu’à maintenant mon index était en panne et aucun garage ne voulait le prendre. Un pote mécano a réparé, c’est bon.
– ZM : Je ne comprends pas. Ma femme m’a demandé de passer l’aspirateur, mais elle ne m’a pas dit à qui.
– JLR : Dans les paroisses des tracts appellent a manifester contre le mariagepourtous ! On en aimerait autant contre la pauvreté et le sida !
– HDD : Censure de la taxe à 75% par le Conseil Constitutionnel : vous voyez que les hauts revenus peuvent être solidaires ! (Entre eux).
– YL : Impôts : le Conseil constitutionnel censure la taxe à 75%. Depardieu aurait été vu en scooter sur l’A1 au niveau de Lille direction Paris.
Martin Winckler est médecin, vous le savez sûrement. Il a écrit des livres puissants (entre autres, le formidable choeur des femmes, et la maladie de Sachs, monté en spectacle et joué avec talent par Dupontel) comme ce dernier ouvrage, d’une sensibilité totale. Il porte sur la douleur, la fin de vie, l’apaisement final.
C’est un roman d’imagination — avant de voir l’entretien ci-dessous, j’avais cru à des souvenirs professionnels — qui met en scène un professeur de médecine, André, qui demande à un ancien élève de l’aider à passer le cap. Car il a besoin de quelqu’un comme lui pour se confier, confier son secret de vie, et partir en paix.
Le narrateur est un médecin engagé contre la douleur, quelle qu’elle soit, même dans la tête car une douleur reste une douleur. Il va prêter assistance aux patients qui l’appellent « en souvenir d’André », c’est le mot de passe, et qui ne passent pas forcément à l’acte une fois leur douleur éteinte. Car ce docteur va devenir une sorte de dépositaire de la grande affaire de leur vie : des choses vécues qu’ils n’ont jamais avouées, ou jamais digérées, des raisons de mourir que leurs proches ne pourraient comprendre, des abcès à crever afin de s’alléger.
Avec sa mémoire légendaire, il va relater leurs histoires comme des testaments précieux, dans des petits cahiers bien rangés chez lui. Mais il va aussi payer de sa personne car sa démarche n’a rien d’anodin. Il va faire des rencontres hasardeuses ou miraculeuses, et leur contraire, les voir disparaître de sa vie.
Très beau livre sur un des thèmes cruciaux de notre société.
« Je ne vous raconte pas le monde tel qu’il est mais comme je voudrais qu’il soit » : Martin Winckler parle de son livre
En souvenir d’André de Martin Winckler chez P.O.L, 2012. 196 pages.
C’est le troisième polar de cette nana que je lis et franchement, je m’en félicite comme ils disent dans les milieux politiques pour se faire mousser à propos de choses qu’ils n’ont pas faites. Mais moi, je l’ai lu et bien lu sous l’oeil suspicieux de mon voisin de pieu qui craignait que je ne l’appréciasse pas suffisamment, me demandant souvent, tel un tomtom ou à la rigueur un ancien de la Stasi, où j’en étais car c’est vrai que même si tout est très fort, il arrive un moment où le héros nous instille une trouille de tous les diables et on a vraiment les chocottes pour lui. Faut dire qu’il est train de se mettre dans un pétrin, mes amis, qui ne ressemble pas à celui de votre mitron de noël préféré.
Pourtant, ça commence gentiment, aux confins du Brésil et du Paraguay où il s’est réfugié , fuyant une faute professionnelle involontaire mais grave, qui a ruiné sa carrière. Se reposant près du fleuve, il entend un énorme bruit. Se précipite et découvre un avion de tourisme échoué dans l’eau. Il veut sauver le pilote, touché au front, mais celui meurt dans ses bras. Ne réussissant pas à ramener le corps à terre, il part chercher du secours. Mais lorsqu’il revient, le corps a disparu. Reste un sac à dos. Dedans, de la dope. Qu’il va planquer en attendant de voir comment se remettre en selle.
En même temps, il fréquente une jeune femme amoureuse et probe, flic devenue chef du service médico-légal, et craque pour une dingue, malgré lui toujours, qui fout un sacré bordel dans sa vie. Et c’est tout a fait par hasard qu’il est engagé comme chauffeur des riches parents du pilote disparu. Evidemment, il ne leur dit rien, même s’il éprouve une sérieuse empathie pour la pauvre mère désespérée qui ne peut faire son deuil et espère son fils vivant.
Un peu comme dans la série Braco, à chaque fois qu’il entreprend une action pour se tirer de d’embarras, il creuse un trou de plus en plus profond, de plus en plus dangereux et de moins en moins moral alors qu’il est l’honnêteté même. N’oublions pas que le business de la drogue qui s’épanouit dans cette jungle hostile n’est pas fait pour les mauviettes. Et que la corruption, il n’y a que les nouveaux-nés qui ne la pratiquent pas.
Extra.
Le voleur de cadavres, 2012 pour l’édition française chez actes noirs d’Acte Sud. 220 pages.
C’est le deuxième opus de notre homme Flynn qui avait commis le très fort « encore une nuit de merde dans cette ville pourrie » où il racontait comment il avait retrouvé son père dans un carton à la rue alors qu’il bossait dans un samu social.
De nouveau, il écrit sur lui, il écrit surtout sur ses questionnement. Une enfance pourrie, une mère qui s’est suicidée, une vie d’addiction à toutes sortes de saloperies, un père idem mais en pire, qu’il ramasse dans la rue dans le livre précédent et qu’il essaie de sauver encore dans celui-ci.
Actuellement clean, à part quelques petits rails par ci par là, il attend avec angoisse son premier enfant. C’est une fille. L’angoisse, c’est de ne pas savoir s’y attacher, de rester indifférent. Il aime la mère, il l’a aimée en même temps qu’une autre femme, c’est la grossesse qui a déterminé du choix entre elles.
Mais le thème majeur du livre est la torture. Lorsqu’il découvre que non seulement la torture est largement pratiquée par son pays, mais encore étudiée, peaufinée, il na de cesse de se renseigner sur le sujet, la prison irakienne d’Abou Ghraïb, les soldats hommes et femmes humiliant les prisonniers par des techniques éprouvées. Pour se laver de cette extrême mauvaise conscience, il se rend à Istanbul pour y interviewer des victimes de ces actes sans nom.
Ce livre est composés de fragments, il n’est pas linéaire. La date apparaît à chaque début de chapitre et l’ordre chronologique n’est pas respecté mais qu’importe, on ressent d’autant plus fort l’humanité impuissante de l’auteur. On y touche aussi du doigt l’évolution psychologique du futur père par rapport au sien qui n’avait pas l’air si heureux de le tenir sur ses genoux sur une photo retrouvée. Alors que de lui émane un tel bonheur total … sur les toutes premières photos. Car ensuite, plombé par les nuits blanches, c’est visible, il se demande si son père n’était pas juste fatigué, comme lui.
Très beau livre.
Nick Flynn. Contes à rebours, 2010. 2012 pour l’édition française chez Gallimard. 324 pages dont plein de notes intéressantes à la fin.