Une petite merveille de petit livre. Le titre, déjà. La forme ensuite : un petit objet de 128 pages, satiné du dehors et du dedans, couleur crème, avec un visuel de couverture qui montre une scène inquiétante, du moins étrange, sans grand rapport avec l’histoire.
Il s’agit d’une femme poreuse, vide, qui semble très peu exister. Elle emménage dans un immeuble. En sortant du métro, elle suit un homme involontairement. Il habite juste au-dessus de chez elle. Elle découvre qu’il vit avec une femme, enceinte. Elle les entend, elle les guette à son oeilleton (l’oeil de la nuit ?), elle épie l’homme au café qui finit par lui parler. C’est un artiste. Son propos tourne autour de l’art contemporain, il lui décrit des concepts intéressants ou extravagants, dont il ne parle pas à sa femme. Sa femme, il la trouve un peu en-dessous, un peu vulgaire avec ses jupes courtes. Elle est écrivain. Un jour, il emmène notre héroïne dans son atelier. Ça pue grave. Normal, il travaille sur de la viande avariée, des têtes de poulets dressés etc.
Parallèlement, elle a appris sans en être sûre qu’elle a un demi-frère de son père. Son père est mort, sa mère aussi. Elle tente d’en savoir plus par une tante qui ne veut rien lui dire mais elle finit par trouver Denis. Denis est en prison. Elle attend d’être prête pour l’aborder. Puis entame une correspondance assez intello voire philosophique avec lui. Il est boucher…Mais ça marche, ils se comprennent, il va lui apprendre à ne pas vivre au travers des autres, à sortir d’elle-même comme lui s’extrait de son univers carcéral.
C’est un livre bourré de phrases inventives, d’idées suspectes, d’anecdote étranges. Une sorte de petit bijou qui donne envie de connaître l’auteure. L’auteure a écrit un livre avant celui-ci : Alice Kahn. Avec le même éditeur.
Pauline Klein. Fermer l’oeil de la nuit, chez Allia. 128 pages, août 2012.
Etant en vadrouille une bonne partie de la semaine, je suis au regret de vous présenter une Fessebouqueries tronquée, mais de qualité tout de même car n’oublions pas que c’est vous qui l’écrivez chaque semaine. Et j’ai dû louper des trucs intéressants concernant Coillon-Fipé dont on attend avec une impatience non contenue le résultats de leur passionnant duel, concernant aussi le pauvre Lagardère qui sombre dans l’Arlequinade la plus ridicule mais aussi le mariage gay et ses détracteurs rétro… Gay gay marions-les fait pourtant partie de notre folklore ou je rêve ?
– EL : L’UMP verse 180 000 € à Christine Boutin pour ne pas s’être présentée en 2012, je ne me suis pas présenté non plus, j’attends le chèque.
– PA : Les hommes sont deux fois plus susceptible d’utiliser Twitter après un rapport sexuel que les femmes” Les femmes c’est pendant
– CH : Je pense que c’est parce que certains hommes aiment tellement leur femme que, pour ne pas l’user, ils se servent de celle des autres…
– HD : Cette odeur d’alcool dans le RER ?! Aurait-on enfin installé un wagon-bar ?
– JPCM se demande quoi faire de tout l’argent qu’il n’a pas.
– HD : Je me pose la question …quelle drogue prend Pujadas pour poser des questions aussi cons que celle -ci: » » Ces manifs en Espagne contre l’austérité sont elles populaires ? »
– OVH : Mon mari n’est pas comme Lionel Jospin, un austère qui se marre, c’est un marrant glacé.
– HD : Comment dire à une personne qu’elle a mauvaise haleine de façon courtoise : « On s’ennuye un peu là non ? Si on allait se brosser les dents ? »
– SG : Pourquoi les hommes aiment les p’tits culs ? (parce que les hommes ont des p’tites bites.)
– LB : La seule fois où je n’ai pas recraché du Beaujolais nouveau, ça devait être du Côte du Rhône.
– AB : Le Beaujolais nouveau arrive. Moi je pars.
– BL : Le parfait exemple de la manipulation des merdias : Le duel fillon/copé, tout le monde s’en fout mais les merdias nous en parlent tous les jours du matin au soir depuis des semaines. Radios, télévisions, presse écrite mobilisées pour pérorer sur un sujet qui intéresse 200.000 militants soit 0.3% de la population. Mais selon les mêmes merdias, 8 millions de pauvres, 4 millions de mal logés, 200.000 sdf (soit autant que de militants ump), ça n’intéresse personne
– JPCM : s’éveille avec le brushing de Mathieu Chédid et la voix de José Dayan
– ACB : J’attends depuis 5H45 que le parc ouvre pour enfin faire mon petit jogging, il n’ouvre q’à 8H00 d’ici là je sens bien que je me serais découragé. Il fait quand même froid ce matin!
– HdD : Je regarde des photos d’israëliens et de palestiniens morts aujourd’hui en cherchant un bon mot à faire. Je galère un peu j’avoue.
– CD : C’est quand même bien la première fois et sans doute la dernière que j’ai un petit soupçon de sympathie pour Fillon qui devrait mettre un vent à Copé. Où va se nicher le mépris ….
– YH : Je viens de compter le nombre de femmes que je n’ai pas eu dans ma vie. Je suis terrifié !
– AE : Quel goût ça peut avoir la chair de bigote?
Bonus Darty
– EO : Le mec de Darty est enfin venu, avec une conjonctivite ou alors une maladie de lapin, quoiqu’il en soit il avait les yeux rouges vifs et il toussait partout sans mettre la main devant la bouche, il m’a dit « oh non dis moi pas que j’ai envie de pisser, jsais pas si c’est l’hiver mais j’ai tt le temps envie de pisser, je peux utiliser vos toilettes? » j’ai répondu oui en priant qu’il vise juste. Avec ses yeux de lapin drogué il en a foutu partout mais absolument partout, je qualifierais son activité d’uriner comme étant schizophrénique à tendance éparpillée. Il m’a redécoré les chiottes. Deux fois. Le mec c’était Rahan, il coupait tout avec sa bouche contagieuse, hopla je dénude le fil avec les dents hopla je mets ma main sur la poignée hopla jme vautre sur le lit avec la télécommande pour vérifier qu’elle marche. A un moment il avait le choix entre tousser vers la fenêtre, tousser dans ma gueule ou tousser vers mon tiroir à sous vêtements, je vous laisse deviner, mais quoiqu’il en soit ce soir je fais une lessive à 90 degré à l’eau de javel. Darty je te maudis!
J’étais chez un pote toute la semaine — voir photo jointe — il m’a emmené manger des tielles et des zézettes à la halle, boire des coups au café de la marine, se marrer avec Moustique au Miam (ouais, c’est un potalui), alors vous comprenez, Gallois, Obama , Rachida, CIA et tout ça, il s’en soucie comme d’un colin-tampon. Quant à mes Fessebouqueries, oh pôvres !
– JPCM : Je dédie cette gastroentérite à Jean-Francois Copé et au mec qui fait les couvs dégueulasses du Point.
– MM : Si je persiste à écrire des SMS sans lunettes, je vais avoir de sérieux problèmes… Une fois sur deux, je tape « cocu » au lieu de « coucou » …
– AP : Rachida Dati devrait s’appeler Rachida DATA, parce qu’elle a pas mal DONNÉ.
– PM : Il faut arrêter avec les blagues sexistes sur Rachida Dati. Si ça se trouve, le père, c’est Isabelle Balkany.
– FE : Prochain film de François Ozon : « Huit hommes » avec Rachida Dati
– DC : Une femme, un bébé, 8 possibilités
– SG : J’aimerais connaître un jour, au moins une fois dans ma vie, la Rançon du Succès.
– PT : Tu as compris que Laurence Ferrari a obtenu le Goncourt de littérature ? Pas de panique, tu as juste mal lu.
– RC : Barack Obama vient de recevoir les félicitations de ses frères, Cast et Brick.
– FT : Je suis surprise par le nombre d’amis de droite qui sont follement heureux de la victoire de Barack Obama, et qui l’étaient également il y a quatre ans. Personne ne leur a dit qu’il était de gauche? Ah oui mais c’est pas pareil, il est américain.
– MM : C’est fou les actes cruels que je regrette comme.. régler son compte en moins de 5 mn à une pauvre tablette de chocolat qui n’avait rien demandé à personne…
– PG : « Maman vient d’engager un jeune ouvrier pour qu’il lui sonde le sous-bassement » Qui a dit que les jeunes ne savait plus s’exprimer avec du « style » ?
C’est vrai !!!! ce jeune homme aurait pu dire « Ma mère est une Cougar qui vient de se trouver un keum pour lui secouer la viandâsse, cool !!!, ça va me faire des vacances »
– JPT : Selon la charia, la loi musulmane, il faut le témoignage de deux femmes pour compenser celui d’un homme. C’est consternant ! Moi, j’aurais plutôt dit trois, non ?
– EN : Il est loin le temps où sur FB on rejoignait des groupes aussi fondamentaux que « Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur l’escalator » ou « Tes jantes alu font combien de pouces? ».
Le bonus de la semaine, spécial dame esseulée :
– OVH : Stage d’acquisition de la Testostérone, 3e leçon : mise en pratique de plusieurs tâches à la fois 1) Sortir les chiens en les attirant par le vocable « Titour » et rassurer par l’expression « Pissou-fermer-tail » 2) Fermer les volets de l’extérieur 3) Rentrer dans la maison et fermer les volets de l’intérieur, rabattre les rideaux 4) Terminer par un appel ferme « Foxxxxxxiiiiiie bordel de merde lâche ce hérisson! » et « Gloumy (surnom de Sunshine), sac de patate, toujours à faire des conneries, rentre ou je t’enferme dehors ». 5) Fermer les volets de la cuisine en s’assurant que le cheptel canin a regagné le canapé avec des pattes boueuses. Un remontant est autorisé, vin rouge, blanc, rosé, champagne mais un verre à la fois. 7 et 7bis : Si on est le détenteur des phéromones mâles dominantes dire « Bon ben je monte » mais comme il n’est pas là car il se tord sur son lit de douleur dans le service cardiologique de la Clinique de Parly2, dire « Je vais mettre mon jogging pour dormir de préférence à la nuisette, me coucher dans le lit pas fait, me coller les chiens dans les jambes et lire, même tard car la lampe de chevet ne dérange personne, voire terminer ‘La Ronde des Mensonges’ le passionnant polar d’Elizabeth George » 8) oublier ses antidépresseurs et se bourrer de Lexomil à la place parce qu’on a la flemme de redescendre chercher son Stilnox sachant que l’on va pouvoir ronfler sans se faire pincer le nez. 9) S’endormir en laissant la télé et la lumière allumées sans souci du développement durable.
Le cahier de Turin, paru en 2003, tente de raconter l’histoire de la petite famille de Lionel Duroy avec sa seconde femme adorée, Hélène, après dix ans de vie commune.
Il a connue Hélène par voisinage : sa fenêtre donnait sur le petit jardin de Duroy, au coeur de Belleville. Il avait d’abord remarqué le bel homme avec qui elle vivait et n’osait pas penser une seconde qu’elle pourrait s’intéresser à lui. Pourtant, elle le fit. Il était en convalescence de la rupture d’avec sa première épouse partie avec un métèque en emportant leurs deux enfants — Duroy est un homme qui adore ses enfants et s’en occupe comme une maman.
Au début du livre, il enjolive. Il dit à son ami qu’il est tombé amoureux très vite. Pourtant, il n’était pas curieux d’Hélène. C’est dix ans après, d’un seul coup, que ça le taraude car lui revient en mémoire que lors de leur première escapade, dans un hôtel de Turin, Hélène lui avait donné un cahier écrit tout fin où elle se racontait afin qu’il sache à qui il aurait affaire. Mais il négligea le cahier et s’en veut terriblement.
Dix ans après, il confesse à Hélène que pour écrire son roman sur elle, il faudrait qu’il retrouve le cahier, qu’elle l’avait sûrement rangé quelque part. Et là, il provoque deux vexations qui l’accablent : non seulement il a oublié le cahier à l’hôtel, mais en plus, elle le lui a déjà dit. Il est pétrifié.
En même temps, il conte ce qui se passe au quotidien, Hélène qui travaille pour une députée, rentre tard, circule pas mal, s’habille flashy, ne l’écoute pas quand il parle, mais possède une grâce qu’il n’arrive pas à définir et qui la rend craquante. Leurs deux fillettes qui ne s’entendent pas, la petite étant trop cool et joyeuse pour son aînée qui ne supporte pas qu’on ne se plie pas à tous les usages. Le grand fils du premier mariage apparaît parfois pour foutre son bordel de jeune homme mal réveillé.
Et puis la voisine, petite nana ronde pas très futée, qui a « succédé » à Hélène à son ancienne fenêtre, dont Duroy fait la connaissance et que la jalousie d’Hélène pousse à considérer comme un irrésistible objet de désir. Classique.
Mais il faut démarrer le roman et sans le cahier de Turin, rien n’est possible. Duroy va téléphoner à l’hôtel. Il a changé de propriétaire, on lui donne le numéro de l’ancien. Cet homme est hospitalisé mais, comme lui dit sa fille, il ne jette rien donc il y a de fortes chances qu’il ait gardé le cahier. Il donne rendez-vous à cette femme à Turin le lundi suivant, on est jeudi. Et précisément ce jeudi, Hélène convainc son mari d’aller le week-end dans les environs de Pontarlier revoir la maison de son père. Qu’après, il peut les déposer au train pour continuer sur Turin.
Ce n’est pas une maison abandonnée ni en ruines, c’est là où vit sommairement un des frères d’Hélène. C’est là que Duroy va comprendre l’infime chose qu’il possède et qui a séduit sa femme, et c’est là aussi que le mystère du cahier va se dénouer.
Formidable livre qui montre qu’avec un talent exceptionnel, n’importe quelle histoire quotidienne peut devenir une merveille. (Ah que j’aurais aimé qu’un écrivain sensible comme lui fasse mon portrait ! Vanité !)
Colères, que j’avais lu en mars, résumé et vidéo ici vous donnera la suite de cette histoire, la douloureuse séparation d’avec Hélène, l’explosion de la famille et la triste rupture avec son fils devenu toxicomane.
Le cahier de Turin de Lionel Duroy, édition J’ai lu 2012, 247 pages, 7,10 €. La photo de couverture ne reflète absolument pas la légèreté du récit.
Petite semaine pré-vacancielle, ou pré-fête des morts, va savoir et moi aussi trop occupée pour avoir vu tous vos posts mais c’est bon aussi quand c’est court comme dit le lapin mais aussi le lion (vérifiez : le fast sex est aussi l’panage du lion qui se rattrape sur la fréquence). Sandy vole la vedette à tous les autres sujets de l’actu et ce n’est pas juste car ce n’est que du vent. Et puis, parler de la pluie et du beau temps, hein, franchement… Du coup, deux bonus pour garnir un peu !
– JPT : J’ai un vélo ! Je me suis acheté un vélo ! Je suis le propriétaire d’un vélo ! Chez moi, maintenant, il y a un vélo ! Je possède un vélo ! Et après ça, il y a des cons pour vous dire que l’argent ne fait pas le bonheur !
– BD : D après mes dernières études une vie est possible sans table basse.
– OVH : En pleine forme, je suis allée à la piscine faire dix longueurs dos avec mes palmettes taille 46. Les maîtres nageurs sont en état de choc. Une cellule psychologique a été mise en place.
– RP : Bon, vu « Amour » de Haneke. Bien. Trintignant et Riva bien. De Funès et Maillan auraient été mieux. Casting à revoir. Pigeon bien.
– AM : ma grand-mère disait: » quand les femmes s’entêtent à vouloir un mari qui soit : loyal, fidèle, patient, altruiste, prévenant, calme et à l’écoute, elle finissent par prendre un chien ! »
– DC : Wall Street fermé ! C’est la première fois qu’un phénomène naturel effraie une institution virtuelle. Tout n’est pas perdu !
– ETD : Le méchant coup de vent de ce week end nous a permis de savoir qu’en Ardèche, ils avaient l’électricité….!!
– PH: Si New York est sous les eaux, l’ouragan Sandy devait plutôt s’appeler Bob l’éponge…
– JBC : La valeur la plus recherchée à l’heure qu’il est à la Bourse de New York : le contreplaqué.
– MR : Un requin qui se ballade dans le New Jersey. Normal quoi !
– TD : Le malaise va se produire quand le corps de Ben Laden se retrouvera sur une plage du New Jersey.
– SB: C’est les vacances scolaires J’ai de la chance , j’ai Beavis et Butt Head en vrai à la maison…HU!-HU!-HU!
– AM : C’est fou ! chaque fois que je vais voir ailleurs si j’y suis …j’y suis
– ML : En étant au chômage, je fais travailler tous ceux qui s’occupent des chômeurs.
– DC : Le chômage, ça créé des emplois. Comme plein d’autres trucs cons d’ailleurs. Le trafic de drogue, d’armes, la prostitution aussi, le népotisme, l’esclavage, la pauvreté… C’est l’argument massue de plein d’opposants à plein de choses. Ah, mais pardon, ça créé des emplois !!!
– LC : Pour Halloween cette année je me déguise en espèce en voie de disparition… en travailleur français
– CV : Dans le métro, un blondinet maquillé en chat écrase son nez contre la vitre pour apercevoir les rôquins dans la Seine.
– AM : La seule chose qui m’intéresse chez une femme, c’est: son regard ! Non, je déconne …
– JPT : Je ne comprends pas pourquoi on veut mettre fin aux règlements de compte à Marseille entre trafiquants de drogue. C’est comme si, dans ta cave, un groupe de rats s’attaque à un autre groupe de rats : tu n’essaies pas de les réconcilier, tu comptes les points.
– BL : Amis catholiques, musulmans et juifs, vous ne pouvez imaginer quel bonheur c’est que d’être athée. Je me tape une côte de bœuf le vendredi, je bouffe du porc, je picole, je pratique la masturbation et la sodomie. Pendant que vous êtes à la prière je baise vos femmes et je mets une capote pour pas choper la ch’touille. En résumé, tout ce que vous vous interdisez m’est délice. Elle est pas belle la vie d’un mécréant
– HV : 1. le chien digère très mal les céréales pour volailles
2. le chat ne mange pas toujours ses proies de la nuit.
Comment je le sais? J’ai marché dans les preuves ce matin au réveil.
– RP : Cette année, le marathon de New York est annulé suite à l’ouragan et est transféré exceptionnellement à Vesoul.
Et deux bonus, sur votre fiole de profil et sur l’auto-école.
– CW : Bonjour bonjour, passionnantes les photos de profil que les gens mettent sur facebook… certains se contentent de mettre leur bonne vieille fiole. D’autres se mettent en scène : ma fiole devant « mon » jet privé, ma fiole en tutu, ma fiole et son chien, ma fiole en bonne compagnie d’autres fioles, ma fiole photoshopée, ma fiole qui n’est pas ma fiole du tout (la fiole d’un autre, la fiole d’un animal, la fiole d’un végétal… en cette saison, les fioles de cèpes et de bolets pullulent..). Pour les plus moches ou les plus timorés, ou ceux qu’on a connu au temps jadis, avec une meilleure fiole, c’est ma fiole dans le brouillard ou un vague dessin de ma fiole. Tout sauf ma fiole dans certains cas : mon nombril, mes pieds, mon cul vu de loin qu’on dirait l’Opéra House de Sydney… Y’en a qui gardent la même fiole depuis les débuts de facebook (« moi je donne une claque au temps ! »), y’en a qui comme Hillary Clilnton changent de fiole tous les jours (indécis ? narcissique ?).
Bref, comme autant d’emprunts digitaux, autant de fioles sur les profils…
Qui se colle à cette nouvelle science, la fiolologie digitale ?
– EO : S’apprête à se réinscrire dans une auto école, malgré ce qu’elle sait des auto écoles.
La première fois j’étais tombée sur la sorcière de la petite sirène à l’accueil qui m’avait refilé un prof qui était phobique des accidents de la route et qui me répétait « Vous savez Estelle, sur la route on peut prendre toutes les précautions possibles et se prendre quand même un camion, la vie ne tient qu’à un fil » j’ai du expliquer pour quelle raison je voulais changer de prof à la tapineuse de l’océan reconvertie en maquerelle d’auto école sans employer le mot « dingue » « peur » et « survie » et elle m’a ensuite refilée un toxico qui se droguait presque dans la voiture, qui est finalement tombé malade (overdose?) le jour où on devait aller sur l’autoroute, j’ai donc récupéré le névrosé de l’accident et découvert des ressources en moi insoupçonnées (comme le don de conduite en stress intense sous l’influence d’un psychopathe qui récite les différentes façon de crever au volant comme un trouble obsessionnel compulsif) pour enfin tomber sur un escroc qui voulait attendre la millième leçon avant de me parler du créneau. Puis j’ai déménagé dans une autre ville et on m’a expliqué que je devais recommencer à zéro pour des raisons administratives sodomites. (on m’a pas dit « tu l’as dans le cul » mais presque…)
Alors moi je dis que les mauvaises rencontres se font partout mais surtout à l’auto école.
C’est le titre. J’aurais pas trouvé mieux pour vous accrocher. J’aurais mis au féminin puisque cette une femme et qu’en anglais, la question ne s’est pas posée.
Un livre très fort avec quelques faiblesses. Comme tous les forts. En fait cette nana, Jeanette Winterson, l’auteur, écrit sa bio, enfin la continue puisqu’elle l’a déjà commencée dans Les oranges ne sont pas les seuls fruits, qu’elle cite assez souvent et que je n’ai pas lu. Pas encore. Elle explique quelque part dans le bouquin qu’elle ne sait jamais à l’avance ce que le livre qu’elle commence deviendra, elle écrit comme ça vient et voilà. Ça se sent car il y a des passages un peu bof MAIS mais mais, le livre est quand même franchement bien.
Le début démarre en trombe avec une causticité énorme pour évoquer son enfance minable dans sa famille (ce mot ne convient vraiment pas) adoptive. La mère est une ménagère frigide qui fait tout un tas de choses la nuit pour éviter d’être dans le lit conjugal, une bigote déplorable et cruelle qui ne cesse de punir cette enfant qu’elle regrette d’avoir prise. Car ils se sont trompés de berceau comme elle dit. Ah, si ça avait été Paul (mais qui est ce Paul), comme la vie aurait été plus belle ! Donc Jeannette passe beaucoup de temps dehors, à la porte, comme on dit au coin, dans le froid et la misère. Le père, lui, est un être falot qui n’ose rien dire à ça, il craint la harpie. Harpie qui a deux dentiers : l’un, mat, pour la vie de tous les jours, l’autre, « perlé », pour les sauteries à la paroisse.
Et puis, à l’adolescence, Jeanette se découvre homosexuelle. Déjà que sexuelle c’est la fin du monde, homo c’est pire que tout, ce qui lui vaut d’être virée de chez elle à 16 ans, sans rien, sans savoir où aller. Bref, galère.
Là où le livre, perdant de son acidité, devient émouvant, c’est lorsqu’elle se met en quête de sa mère biologique. Mais beaucoup plus tard, passé la quarantaine. Une mère qui ne l’a pas jetée si malproprement que ça puisqu’elle l’a allaitée six semaines, apprend-elle des services sociaux. N’empêche. Elle retrouvera sa trace mais c’est un vrai chemin de croix. Le livre devient terriblement émouvant quand elle appuie là où ça fait mal, ce terrible « on ne m’a pas voulue » dont on ne guérit pas, quand sa souffrance est niée par l’administration qui ne lui ouvre pas le dossier qui est là, sur la table, quand la peur de voir celle qui l’a mise au monde la cloue littéralement au moment d’y aller. Quand elle touche du doigt l’amour après la profonde blessure qui ne lui a pas permis de bien se construire. Quand elle se rend compte qu’on l’attend, que c’était à elle de faire le chemin. Mais sans trop d’effusions, avec méfiance quand même, la route a été tellement rude.
Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeanette Winterson aux éditions de l’Olivier, 2012. 268 pages.
C’est un livre mince qui se lit facilement. C’est une quête aussi, mais pas la première ni la dernière car l’auteur, comme beaucoup d’autres avant lui, Supervielle, Aragon, Blanchot, Nabokov etc, s’est entiché de la pure beauté de la jeune femme, retrouvée noyée dans la Seine en 1901 avant d’être amenée à la morgue. Son visage était tellement pur qu’on décida aussitôt de le mouler afin de l’immortaliser. Depuis, on le retrouve partout, notamment dans les écoles d’art.
Donc l’auteur, Didier Blonde nous conte cette quête d’un libraire spécialisé en éditions rares tentant d’en savoir plus sur l’inconnue. Il se rend à la morgue, l’autre puisque la première a disparu, collecte des infos, va au théâtre car une pièce de Horvath raconte son histoire — l’actrice a le visage dissimulé sous un masque en latex qui représente l’inconnue — passe un temps fou à la BN à lire les articles de l’époque sous forme de micro-fiches. Et, stupeur, il aperçoit sur l’une des tables, tout une documentation sur elle. Il guette la personne qui réalise l’étude et s’installe en face pour l’observer. Enfin, se décide à l’aborder. C’est une thésarde allemande qui travaille sur le sujet depuis des années.
Le narrateur s’entiche d’elle qui le laisse faire ses quatre voluptés sur son corps. Mais, la thèse finie, elle repart en Allemagne retrouver fils et mari. Non sans lui laisser lire la somme écrite par elle.
Il se rend compte que cette quête est vaine, que personne n’en saura plus, que les pistes sont fermées. Une première fois, un faisceau de présomptions l’avait amené en 1930, ensuite il apprit qu’il s’agissait d’un jeune modèle mort de tuberculose en 1875.
Néanmoins, hanté par elle, il ne peut l’abandonner et retournera à la Bibliothèque pour chercher, encore et encore…
Ces peintures au nez de travers ont été réalisées lors de cours que je prenais il y a quelques années où tout le monde se demandait qui était cette mystérieuse jeune femme.
L’inconnue de la Seine de Didier Blonde, Gallimard 2012. Il est retouché par rapport à sa première édition en 1988 chez Régine Desforges sous le titre Le nom de l’inconnue. 125 pages.
Semaine méli-mélo avec la Fiac, les salles de shoot, les petits pains de Copé (on attend quelque chose sur le mouton), la flicaille ripou, la nouvelle rigolade de Borloo, le plus gros débiteur du monde (Kerviel) et les trabendiques Stones. Plus deux bonus absolument nécessaires !
– CK : Croyez bien que je regrette de tirer ainsi la couverture à moi mais j’ai le nez qui coule !
– JPCM: On dit pas je vais à la Fiacre, mais je vais EN Fiacre. Excusez-moi d’être à cheval sur les principes.
– XB : Tarik Léponyme vient de déclarer que pendant le Carême, de jeunes Chrétiens volent les cornes de gazelle des enfants.
– DC : Lagerfeld est un mal-buzzé !
– GL : J’comprends pas ce débat sur les salles de shoot, ça existe déjà non ? Ça s’appelle aussi un studio photo ?
– OVH : En sortant de la piscine tout à l’heure, j’ai voulu prendre une friandise au distributeur. Il ne restait qu ‘un Kinder Bueno, je me suis dit, je vais le partager avec Joe Wilfried. Il est jamais venu.
– OVH : Aujourd’hui aquagym. Elles me bluffent les bonnes femmes du cours : maquillées, , bijoux aux doigts et aux oreilles et surtout parfumées. Moi, je reste à N°5 de chez Chlore et j’emmène pas Brad Pitt à la piscine.
– ME : Les 2 partis rivaux de droite s’appellent « Union ». Tandis que le PS, qui s’appelle parti, reste là. Je pige rien à la politique.
– MFf : Pourquoi quand Borloo parle dans les médias j’ai l’impression d’être au café du coin en train de taper le carton avec beber et roger ?
– LB : Grâce à Borloo, ceux qui doutaient encore sont désormais assurés que le centre n’est ni à gauche, ni à gauche.
– CC : Tiens il y a un groupe de parole des anonymes victimes de l’UMP sur LCP…
– EL : Comme je suis contre la violence gratuite, quand je gifle quelqu’un, je lui donne toujours 1€.
– OVH : A la parfumerie, il restait un seul flacon de Chanel N°5. La taulière m’a dit qu’il était réservé pour Brad. J’ai proposé qu’on le partage.
– SG : Lu sur twitter, cette réaction de Lance Armstrong : « je suis très déchu. »
– SP: » Ils ont installé des panneaux photovolcaniques » Entendu dans un bourg de ma campagne.
– MD : Ma mère (86 ans la semaine prochaine) : » offre moi » 50 nuances de Grey » pour mon anniversaire et prend le en français comme ça ton père pourra le lire …. Bon bon bon ….
– JPT : Lance Amstrong : une petite dose pour l’homme, une overdose pour le vélo.
– EL : La police des polices qui arrête la police mais qui pour arrêter la police des polices ????????
– SG ; Lu dans ma boîte mail : « Je peux t’appeler ? J’ai une idée !!! » Et merde.
– DM : quand à Paris en voiture tu te fais doubler par des pietons, tu aimerais bien empaler Delanoe mais tu as peur que ca lui fasse plaisir
– DM : Aujourd’hui, NVB m’a fait un truc avec sa bouche que tous les hommes adorent. Elle l’a fermée.
– YCT : Un minibus « SALLE DE SHOOT » serait intégré à la caravane du prochain Tour de France pour des raisons de commodité!!
– CK : Ce soir duel Copé Fillon sur France 2 : quelque chose me dit que les pains au chocolat vont voler très très bas…
– CFB : Un mystère enfin résolu : le talon d’Achille de Proust serait sa madeleine, et la madeleine de Proust d’Achille serait son talon.
– EM : Emboîtant le pas aux Rolling Stones, Christophe Hondelatte organise un concert surprise ce soir, dans sa cuisine, devant son chat.
– MF : J’offre ma virginité à qui m’offrira une place pour les Rolling Stones ce soir au trabendo !
– TSS :C’est moi qui délire ou bien les agences de publicité ont totalement disparu? Il y a toujours des standardistes qui répondent au téléphone pourtant. Comme un décor de théâtre. Y a t-il encore des créatifs qui bossent sur des jolies campagnes derrière???
– AR : trop cool mes spams : « livraison d’un frigo Smeg » et « devis tranquillité obsèques » … je n’irai pas jusqu’à dire que je suis refroidie mais …
– HDD : Les journaux voulaient publier les bonnes feuilles du livre de Jean-François Copé. Malheureusement, il n’y a pas de bonnes feuilles.
– PDJ : Comme le disait Jack l’éventreur après sa journée de travail : « Halte à la viscère ! »
– MG : Si Kerviel se prostitue pour rembourser sa dette, à raison de 300.00€ la passe il lui reste 16 333 333 clients à voir.
– BB : Le monde va mal… Morandini écrit à Hanouna « Je suis journaliste et tu es animateur »
Bonus number one ou le secret du bien-être :
– SH : Avis à tous les stressés ! Je vous offre ce tuyau, parce que pour moi ça a marché: À la télé j’ai regardé une émission, dans laquelle un représentant du Dalaï-lama affirmait que pour obtenir la paix intérieure nous devions toujours finir ce que nous avions commencé, et qu’à cette condition nous bénéficierions davantage de calme dans nos existences J’ai regardé autour de moi, j’ai fait le tour de la maison pour trouver les choses que j’avais commencées sans les terminer….. Et j’ai fini une bouteille de rosé de Provence, une bouteille de Châteauneuf du pape, une bouteille de côte du Roussivon, une vouteile de bodka, un buteil de rom, le rest dwiski et zune poit de pière belch. Tou nimaggine pa com jem sens vachamant mieu mintnan. Psasse el mssage a tou ceux con bsoin de paits intrieur et di leurr ke jeu lézèm
Bonus number two du Cabinet d’amateur, galeriste qui nous donne ces conseils avisés :
Ne dites jamais
Je vais réfléchir
Je reviens avec ma femme
Je reviens avec mon mari
Je n’ai plus de place
J’en ai déjà
Je viens de m’acheter un appartement
Je viens de payer le dentiste
C’est celui que je voulais
C’est vous l’artiste
Vous avez le même en rouge
Vous avez le même en plus grand
Le noir ça fait deuil
C’est fait comment
Ça va prendre de la valeur
Je connais l’artiste personnellement
Vous êtes ouvert le lundi…?
L’être humain, quand il naît, possède un cerveau qui n’est pas fini. Ce qui le distingue des autres animaux et surtout lui permet d’échapper à la dure loi de son ADN. Car en se construisant, chaque cerveau se singularise. Il est tellement élastique qu’il peut détourner les tâches d’une de ses parties vers une autres, notamment en cas d’AVC.
Contre la croyance selon laquelle nous perdrions 100 000 neurones chaque jour, il est démontré que notre cerveau est capable de refaire des neurones à partir de cellules souches, à condition de bien l’entraîner. Comment ? Par des stimulations nouvelles, le plaisir, la curiosité et l’émerveillement. Mais tous les plaisirs n’ont pas le même degré du bénéfice. Quand on lit un livre, c’est l’imaginaire qui s’emballe et on engage 85 % de son activité mentale. Oui, 85% ! Enorme. Par contre, quand on regarde un film, on reste passif, et seulement 15 % de l’activité mentale est en action. Même s’il s’agit de la même histoire. Pauvre cerveau dans ce cas…
Ce qui va contre le rajeunissement cérébral, qui est même nocif, c’est le stress permanent, la tristesse, l’inquiétude, la routine, tout ce qui se rapproche de la dépression. Après autopsie, on a constaté que les cerveaux des suicidés ne possédait aucun nouveau neurone.
Je viens d’apprendre tout ceci dans le livre « le cerveau sur mesure » de deux médecins neurobiologistes dont l’un a été invité à l’émission d’Inter : les savanturiers et l’autre dans une conférence en ligne.
Une interview (à lire) très pragmatique ici vous en dira plus car le bouquin est assez technique, notamment dans la première moitié qui détaille ses fonctionnalités. On passe ensuite à la régénérescence cellulaire, la plasticité, le cerveau augmenté. Puis le dopage cérébral. Enfin, on arrive aux nanotechnologies avec l’éventail de tout ce qui nous attend dans le futur, sans compter les imprévus. Annexe sur le neuro feeback ou gonflette cérébrale.
Bourré de notes explicatives et bibliographiques et quelques liens plus « pratiques » pour les néophytes qui souhaitent seulement bénéficier de conseils à mettre en oeuvre. A voir aussi sur Google
Le cerveau sur mesure de Jean-Didier Vincent et Pierre-Marie LLedo chez Odile Jacob, 2012.
Tu es mort, applati raplapla sur le bitume parisien du 13ème arrondissement et ce, dans l’indifférence générale. Cher petit rat, peut-être t’attendait-on quelque part, mais tu as traversé sans regarder et vlam, te voilà écrapouti. On devine encore tes humeurs aqueuses qui dessinent autour de toi l’auréole de sainteté que personne ne te décernera, car, petit rat, les gens ne t’aiment pas. Les gens ont peur de toi, on se demande pourquoi. Ils te trouvent radin, crade, laid, répugnant et vont même, honte à eux, jusqu’à te comparer à Eric Zemmour, laisse tomber, un mec pas intéressant. Avec une queue plus petite que la tienne.
Cher petit rat qui a tenté de survivre dans ce monde bétonné de toutes parts, sois quand même heureux de ton sort car d’autres rats croupissent dans des laboratoires, bouffis de tumeurs cancéreuses par nous inoculées, abrutis de médocs qu’on n’ose pas avaler, rongés de maladies humaines, stressés d’apprentissages stupides, et torturés, vivisectés, prisonniers d’un enfer indicible.
Cher petit rat, j’espère que tu as eu le temps de connaître l’amour et la gourmandise, que ta vie aura été, sinon prospère, du moins heureuse. Adios, ratounet !