Drôle d'autiste Asperger, très drôle !

Autiste Asperger, c’est ainsi qu’il se présente, Olivier Liron, dans le prologue de Einstein, le sexe et moi : « je suis autiste Asperger. Ce n’est une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je préfère réaliser des activités seul plutôt qu’avec d’autres personnes. J’aime faire les choses de la même manière. Je prépare toujours les croque-monsieur avec le même Leerdammer. […] Pour m’endormir, je fais parfois le produit de 247 896 fois 91 » toute une liste de manies assez particulières… Très instructif.
Ce livre est très drôle car Olivier a beaucoup d’humour. et l’histoire peut paraître très simpliste : il nous raconte comment il a participé  à Questions pour un super champion, réservé aux gagnants de Questions pour un champion. Mais il fait beaucoup de diversions sur sa vie personnelle. Il nous apprend comment sa mère lui a transmis le goût de la réussite. « J’ai eu un parcours d’élève modèle. Baccalauréat à 17 ans, classe préparatoire littéraire à 18 ans, entrée à l’Ecole normale supérieure à 20 ans. Agrégé à 23 ans. Enseignant à la Sorbonne à 24 ans. Julien Lepers à 25 ans. Dépucelage à 26 ans. Dépression à 27 ans. »
Entre sa rage à vaincre les candidats en lice et la façon qu’il a de voir/savoir les réponses, il livre des pans de son enfance où il fut un enfant martyrisé par ses pairs, souvent battu, harcelé, accroché au grillage par les oreilles (!), non, ça n’a pas été facile car personne ne se portait à son secours. Il nous raconte aussi des anecdotes amusants sur Julien Lepers et sur le jeu. Et nous parle avec humour de ses douloureux échecs par rapport au sexe où il en a pris plein la g… Mais il est venu à la télé pour gagner et il en veut.  Un livre instructif et très divertissant.

NB : Il est beau garçon, découvré-je, en regardant une interview récente. C’est ici.

Einstein, le sexe et moi par Olivier Liron, 2018 chez Alma, Editeur. 198 pages. 18 €

Texte © dominique cozette

La routarde qui monte au nez de certains

Certes, le jeu de mots n’est pas fameux mais il illustre l’activisme (agaçant pour certains) de cette infatigable féministe de plus de 85 ans qui taille la route depuis des décennies auprès des communautés de femmes (ou gays ou personnes défavorisées) pour les aider à réagir face au patriarcat, au mâle blanc omnipotent, au colonialiste, au sexiste. Son livre s’intitule Ma vie sur la route (sous-titre mémoires d’une icône féministe). Elle s’appelle Gloria Steinem et elle est (encore) très belle, beauté qui ne l’a pas beaucoup aidée quand elle s’engageait face à des hommes qui l’imaginaient décérébrée. Enfant, elle vivait avec ses parents de ville en ville dans un mobil home car son père avait la bougeotte, ce qui brisa la brillante et naissante carrière de journaliste de sa mère qui ne s’en remit pas vraiment. Ils se sont séparés, elle s’est fixée.
Dans Ma vie sur la route, Gloria évoque des centaines d’anecdotes, de récits, de réactions, de commentaires de personnes rencontrées, du plus bas de la société — la majorité — aux personnalités les plus importantes au sommet de l’état. Certaines son très amusantes, d’autres assez sidérante sur la place (!) consentie aux femmes par les hommes dans certaines strates ou sectes, d’autres enfin un peu longuettes quand on n’est pas américaine et que certaines choses ne nous parlent pas. Mais ce n’est pas grave. La rencontre la plus attachante est celle avec Wilma Mankiller, la charismatique cheffe de la nation Cherokee qui lui a appris, entre autres, l’importance de la culture amérindienne niée et détruite par les colons, leur façon extrêmement sophistiquée de cultiver les plantes, par exemple, le pourquoi des tumulus dans les contrées indiennes. Elle devaient écrire ensemble l’histoire de Wilma mais celle-ci est tombée gravement malade et est morte entourée de tout une petite foule d’admirateurs et de Gloria qui est restée jusqu’au bout avec elle. Poignant.
Gloria Steinem est très populaire aux Etats-Unis, elle a d’abord été journaliste au New York Magazine, puis dans le célèbre  magazine Ms. — qu’elle a co-créé en 1971. Elle est même devenue un personnage chez les Simpson, c’est dire !
Je ne la connaissais pas jusqu’à ce qu’elle passe à La grande librairie le mois dernier sur le thème du féminisme.
C’est un livre impressionniste mais aussi impressionnant, il est d’ailleurs préfacé par Christiane Taubira. Pour ceux qui jugent que les femmes activistes de 73 ans sont fragiles et rester chez elle, en voilà un beau démenti !

Ma vie sur la route de Gloria Steinem, 2015. Traduit par Karine Lalechère, 2019 chez Harper Collins. 416 p., 19 €.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #439

Que nous a appris l’actu de cette semaine ? Des choses, mais des choses ! D’abord un trou, un énorme trou noir, non pas un trou de mémoire de Gad Elmaleh, ni du trou où n’ira pas Cahuzac contrairement à Ghosn qui s’y trouve, ni du trou normand qu’est le grand débat p’têt ben qu’oui p’têt ben qu’non, encore moins du trou de souris où vivait Assange, surtout pas du trou de balle évoqué bizarrement par un vieux pape anti soixante huitard ni du british trou d’air qui fait planer les Anglais sur leur sort, mais de ce formidable petit trou d’où on a sorti les restes d’un homo bizarrus, petit trou de grotte philippine qui ne ressemble en rien à celui d’où l’on extraira le bébé de Nabilla. Mais déjà, les paparazzi guettent au trou (lala itou).

– MK : (lu dans la presse) « Soupçonné de braconnage, un homme meurt piétiné par un éléphant et mangé par des lions ». Alors, là, je dis bravo ! J’aime quand la chaîne alimentaire prend un tel tour…
– CL : Surprise: le «grand débat» valide les choix de Macron ! C’est fou !
– GB : Cette histoire de restitution de grand débat, c’est débile. Ils disent 2 millions de contrib’ ils dépouillent en deux jours. Et tombent pile sur le programme de Macron. Et la presse relaie. Et ils pensent que ça se voit pas. À samedi.
– AB : On photographie un Trou Noir distant d’environ 55 millions d’années-lumière mais on ne sait toujours pas retrouver la sœur d’une chaussette orpheline dans un lave-linge.
– JD : Je regarde ONPC. Christine Angot pose une question. Je me lève lancer le lave vaisselle, je descends la poubelle, je reprends l’ascenseur. Je retourne m’asseoir vingt minutes plus tard. La question n’est pas terminée
– GB : Tu stagnes en bas des sondages face à la pire colère sociale depuis 50 ans. Tu ne te déplaces plus qu’à l’écart des réalités à la tête d’un pays morcelé. Mais tu organises une grande consultation et les résultats sont conformes à ta politique C’est super bien fait quand même.
– OK : On parle beaucoup de trous noirs et du brexit en ce moment, mais je crois qu’il sera toujours plus facile de comprendre les trous noirs que les anglais. En tout cas, ça m’a l’air plus facile de s’échapper d’un trou noir que de l’Union Européenne.
– OK : Française des Jeux : 100 % des Gilles le Gendre ont tenté leur chance.
– NP : Gad Elmaleh est la preuve que pour réussir dans le show bizz tu n’es pas obligé de coucher. Des fois il suffit de pomper.
– AB : Suspense : premières images de Trou Noir à 15:07 (non, ce ne sera pas une cartographie du cerveau de la Morano).
– NP:  [Insolite] En se promenant il trouve par hasard la seule rue de Paris où il n’y a pas de travaux.
– PP : Benjamin Netanyahou, cerné par les affaires de corruption, aimerait faire passer une disposition légale d’immunité pour lui éviter un éventuel procès. Cela a été baptisé, en Israël, «la loi française».
– AB : Les petits-déjeuners scolaires gratuits seront-ils servis au lit ou faudra-t-il se déplacer déguisé en môme ?
– GD : « Selon que vous serez Jérôme Cahuzac ou misérable, les jugements de Cour vous rendront porteur d’un bracelet électronique ou noir. »
– JD : Pensée pour tous les gastro-entérologues coloscopistes qui ont photographié depuis des années des trous noirs sans faire autant de chichis que les astronomes US aujourd’hui
– MK : Gilets jaunes en prison, Cahuzac à la maison : selon que vous serez…
– AO : Tous les médias relayent l’annonce de la grossesse de Nabilla. Le jour où je me suis coincé le prépuce dans la fermeture Éclair de mon jean, pas un seul article…
Chienne de vie…
– PR : Et le grand débat accoucha du trou noir. Trop fort !
– OM:  Et dire qu’on en saura bientôt plus sur les trous noirs que sur Alexandre Benalla…
– PR : Si à cinquante ans, tu ne portes pas de bracelet judiciaire au bord de la piscine, franchement, tu as raté ta vie !
– MK : Assange, cadeau commercial aux Etats-Unis pour préparer l’après Brexit. Merci May !
– JB : BREAKING NEWS 
La synthèse du Grand Débat et la photo du trou noir ne seraient en réalité qu’un seul et même document.
– NP : Les négociations sur le Brexit me rappellent ces parents dans les squares qui répètent à leurs enfants pour la 52e fois qu’à trois ils vont partir sans eux et qui en sont arrivés à 2,79 et demi.
– MK : Pour le sous-pape Benoit XVI, la pédophilie c’est à cause de mai 68. Mais 69…
– AB : Le cacochyme Benoît XVI a raison d’attribuer la pédophilie dans l’Église à un mois de chienlit française il y a 51 ans et à l’absence de Dieu dans le caleçon des prêtres.
– OM : C’est quand même génial que le truc qu’on appelait « trou noir » sans jamais l’avoir vu, ressemble effectivement à un trou noir. Imaginez si on l’avait appelé le « monticule rose fuchsia »…
– NP : C’était évident que la sonde israélienne allait foirer sa mission sur la Lune : ils ont voulu aller sur la face visible, alors qu’ils auraient du viser la face Kasher.
– AB : Philippines : Découverte de fossiles d’une nouvelle espèce humaine, baptisée Homo luzonensis. France : Confirmation de fossiles d’une antique espèce humaine, baptisée Homo phobis.
– ES : Bientôt on ne parlera plus des calendes grecques, mais des calendes britanniques…
– GP : Flash info: épuisé par les critiques, Gad Elmaleh arrête l’humour pour se lancer dans la littérature. Son premier roman, l’histoire d’un aviateur perdu dans le désert qui rencontre un petit garçon venu de l’espace, sortira cet été.
– NP : Vu comment Wikileaks a aidé à discréditer Hillary Clinton en 2016 la seule chose que risque Assange, s’il est extradé aux USA, c’est d’être invité à manger un burger avec Trump à la Maison Blanche.
– GB : « Les enfants violés par les ecclésiastiques c’est à cause des hippies fornicateurs athées »
– AB : Astronomie La légende selon laquelle les trous noirs seraient les cuvettes de chiottes de l’Univers est dénuée de tout fondement.
– IS : Il paraît qu’en faisant environ une heure de sport, on peut perdre jusqu’à 60 minutes.
– ES : Y a plus qu’à regrouper La Française des Jeux et General Electric pour créer la Française des G.E., ça simplifiera les conflits d’intérêts…
– MN : Sur les sites de rencontre, t’es certaine de trouver un mari. Le petit détail est que c’est toujours celui d’une autre.
– CV : Carlos Ghosn restera en garde à vue jusqu’au 22 avril, annonce le Tribunal de Tokyo.
Moralité : Noël en prison, Pâques en prison !
– EEF : Idée qui va me rendre riche : Le trottibus. Une trottinette de 20 mètres de long que les gens peuvent utiliser à plusieurs. Une solution innovante pour réduire le nombre de trottinettes sur les trottoirs.

 

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Sacrée robe blanche !

J’avais adoré un livre de Nathalie Léger sur Barbara Loden, Supplément à la vie de Barbara Loden, ex-femme de Kazan, tellement écrasée par lui qu’elle avait fait un film (devenu culte) totalement déprimant et magnifique sur la fuite d’une femme qui n’en peut plus. (mon article ici, qui m’a donné vraiment envie de le relire). Nathalie Léger écrit sur les femmes, surtout celles qui s’en sortent mal. Ici, dans La robe blanche, il est d’abord question d’une plasticienne italienne de 33 ans, Pipa Bacca, qui a entrepris une performance originale : porter la paix dans les pays qui avaient connu la guerre, en se vêtant d’une robe de mariage et en partant en stop. Accueillie avec bienveillance par les chauffeurs et dans ses étapes, elle finira violée, assassinée et nue dans le fossé d’un petit bled d’Istambul, trois semaine plus tard (La façon dont s’est comporté l’assassin très vite retrouvé est hallucinante !)
Ce qu’évoque Nathalie Léger, c’est la symbolique de la robe de mariée, l’attente très souvent déçue des femmes lorsqu’elles la portent. D’ailleurs, je ne l’ai pas compris tout de suite, mais la mère de l’autrice à qui elle a raconté son projet de livre, et chez qui elle demeure, fait une demande expresse à sa fille : profiter de ce récit de robe blanche pour y raconter son expérience, la sale expérience de son mariage. Elle ressort d’ailleurs la robe et l’enfile pour la convaincre. Effectivement, le jour du mariage, le futur mari lui annonce que c’est pas elle qu’il aime mais une femme mariée. C’est un joueur, un irresponsable qui laisse femme et enfants croupir dans la merde alors qu’il s’amuse ailleurs. Puis il décide de la quitter et réussit à gagner le procès du divorce en ayant convaincu tous les amis et même les cousins de sa femme de plaider contre elle, femme et mère plutôt exemplaire, d’où une humiliation non digérée.
Pour appuyer cette thématique, Nathalie Léger cite et décrit de multiples œuvres d’artistes concernant la robe blanche, le mariage parmi lesquelles Marina Abramovic, Marie-Ange Guilleminot, Niki de Saint-Phalle, Jana Sterbak…
Belle réflexion d’une romancière qui écrit court mais extrêmement dense et délicat.

La robe blanche de Nathalie Léger 2018 chez P.O.L. 140 pages, 16 €

texte © dominique cozette

Un bouquin fascinant

Tiens ferme ta couronne, drôle de titre pour ce livre hypnotique de Yannick Haenel. Moi qui n’aime que les histoires concrètes et plutôt réalistes, je suis tombée dans une sorte de fascination pour cette histoire époustouflante d’un héros tout ce qu’il y a d’ordinaire. Imaginez : un quinquagénaire qui s’abrutit devant des films de Cimino, notamment le voyage au bout de l’enfer (the deer hunter) en se saoulant de vodka sans pratiquement sortir de son studio. Parfois, il s’occupe du dalmatien du voisin, un joueur de poker invétéré, qu’il n’a pas vu depuis des jours, présentement. Ce reclus fumeur et asocial, Jean, a écrit un pavé sur Melville, the Great Melville, un scénario impossible à mettre en images mais dont il espère que Cimino saura le faire. Il rencontre une sorte de personnage improbable qui lui donne le numéro du réalisateur. Jean n’y croit pas. Il appelle malgré tout et tombe sur … Cimino, ravi d’avoir un admirateur et amateur de Melville, comme lui. Jean embarque alors pour New-York et vit une drôle d’aventure avec le réalisateur. Quelques mois plus tard, l’intermédiaire le recontacte pour savoir où ça en est, lui donne rendez-vous chez Bofinger (grande brasserie à la Bastille) et là, ils se saoulent et invitent Isabelle Huppert à leur table (elle connaît le type). S’ensuit le récit de Jean entrecroisé de celui d’Huppert qui a joué dans un Cimino en 79, etc…
C’est absolument insensé la façon que l’auteur a de raconter une histoire aussi bancale à base de cerfs, de daims, de chien perdu, de dette de jeu, de poursuite de mots, de quête d’une vérité sacrée. Sans parler d’une nuit passée au Musée de la Chasse et de la Nature avec des tas d’animaux et la directrice du lieu, femme très ouverte… Le lendemain, Jean se retrouve dans une mélasse absolue mais on a tellement envie de savoir ce qu’il va devenir. C’est totalement rocambolesque et captivant et d’une grande culture cinéma et littérature.

Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel, prix Médicis 2017 aux éditions Gallimard et Folio. 360 pages.

Texte © dominique cozette

Les Fessebouqueries #438

L’actu est très variée cette semaine 14, un vrai fourre-z-y-tout de nouvelles pas toujours réjouissantes. Côté femmes, une grande Agnès qui nous quitte sans avoir oublié de nous dire adieu, une Loiseau qui s’envole de ses petites ailes zélées vers un destin tintin des clopinettes pour l’écolo, une Blanche qui refuse une médaille en chocolat pas très reluisante, une Theresa qui May or May not on ne sait pas trop, une porte-parole Sibeth qu’elle mentirait, et Geneviève Legay qui s’en est bien pris une par un triste sire casqué. Côté hommes, un Ghosn de nouveau gone into the jail, un Bouteklika bouté, un Castaner très casse-toi-en-mer-migrant, un Sarkozy back to the Fouquet’s en grandes talonnettes, un Ramadan bien arrosé par le Qatar, voilà, voilà. Bon vouikende, amigas/gos !

– MG : Le gilet jaune plie mais ne rond-point.
– MK : « J’ai bousculé un flic », le nouveau tube qui cartonne de Geneviève Legay !
– CV : Varda est morte, c’est triste. Elle a fait des choses bien, et des choses à Demy, ne l’oublions pas.
– JB : En réponse aux différentes plaintes de la communauté vegan, le traditionnel poisson d’avril sera désormais une quiche végétale d’avril au tofu et brocolis.
– CC : c’était agaçant ce grand soleil ce weekend, t’avais envie de mettre une petite robe d’été alors que t’avais encore ton cul d’hiver
– AL : Le premier avril, c’est le seul jour où les gens vérifient une info avant de la croire.
– JB : Le saviez-vous ?
 À Levallois-Perret la tradition le 1er avril n’est pas d’avoir des poissons dans le dos, mais des casseroles au cul.
– MK : Et toi, fais gaffe ! Si tu mens tu peux finir porte-parole du gouvernement
– OM : En même temps faut être lucide, ce qui aurait été un bon poisson d’avril c’est qu’Emmanuel Macron nomme un porte-parole qui ne ment pas.
– CB : Aujourd’hui j’ai choqué mes élèves en leur apprenant, au détour d’une conversation, que je faisais le ménage et le repassage chez moi. J’ai dû expliquer à des 6e que, biologiquement, un pénis n’empêche pas d’entrer dans une cuisine.
– NP : —  Ça a quand même dû lui faire un choc à Bouteflika. —  De démissionner ? — Non, d’apprendre qu’il était président de l’Algérie.
– ES : Mort de Jean-Claude Mas, le fondateur des prothèses mammaires PIP. Il s’en est allé rejoindre les seins martyrs.
– OK : Décidément, le japexit de Carlos Ghosn n’en fini pas.
– AB : a) L’enquête PanamaPapers a permis à la France de récupérer 120 millions. b) Le montant global de la fraude fiscale serait de 100 milliards. c) OuateZeFeuque
– OM : Ce qui est quand même drôlement étonnant dans l’histoire avec Blanche Gardin c’est que Macron invite une humoriste alors qu’il a déjà Castaner et Schiappa à la maison…
– SI : Bouteflika a remis sa démission et sera exposé des la semaine prochaine à la Grande halle de la Villette , venez nombreux
– AN : Blanche Gardin est plus convaincante en un post et une décision que huit partis d’opposition réunis
– AB : Je ne connaissais pas Blanche Gardin ; bravo, elle a les « couilles » que Macron n’a pas. Je soutiens sa nomination comme ministresse du Parler Juste
– MK : Carlos Ghosn n’est plus résident fiscal français depuis 2002 mais appelle la France et son pote Macron au secours pour le sortir des griffes d’une justice nippone ni mauvaise. Etonnant, non ?
– AB : Arrosé de dollars par le Qatar, le douteux Tariq Ramadan rendra-t-il le produit de la quête en sa faveur aux niais qui le prennent pour un humble érudit ?
– OVH: L’émission politique. Les élèves de maternelle petite section de l’école européenne ont eu le droit de venir avec leur doudou.
– YB : Theresa May fière d’avoir mené à bien le Bouteflikaxit
– NP : « Si on sortait de l’Europe on aurait des milliards à réinvestir pour nos vieux et nos malades »… C’est marrant c’était un des arguments des pro-Brexit. Juste avant qu’ils reconnaissent que c’était un mensonge.
– CC : Running gag : Nicolas Sarkozy au conseil d’administration du groupe Barrière, leader des casinos français et propriétaire du Fouquet’s. Rien ne va plus !
– OVH : Nico va-t-il être obligé de reconnaître lui aussi l’enfant de Rachida Dati ?
– ES : Tous les journalistes virés pour harcèlement sexuel devraient se regrouper et créer un nouveau média destiné à assouvir leurs fantasmes : France Nymphos.
– PE : Est-ce que Geneviève de Fontenay aura droit à une retraite chapeau?
– GB : Bonsoir Vous vous endormez dans pays où le Ministre de l’Intérieur s’entend avec son homologue italien fasciste pour rendre des ONG complices de morts de migrants en mer avant d’aller livrer des bateaux aux autorités qui les torturent entre 2 shots de vodka. Bonne nuit quand même.
– GB : Loiseau qui fait la leçon sur les pesticides et conservateurs 3 semaines après que la majorité a repoussé leur interdiction en France. Ça part sur de bonnes bases.
– AB : Ce qu’on veut : • Le beurre, l’argent du beurre, le cul d’la crémière, le bébé et l’eau du bain. Ce qu’on aura : • L’eau du bain. #ActeXXI
– GV : Mon fils vient de demander spontanément une éponge pour nettoyer la table du repas, j’ai paniqué, je l’ai lancé par la fenêtre.
– CC : Dans les pays riches, tu gagnes des élections en agitant la peur de voir arriver des gens pauvres.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.


Mes bien chères soeurs…

Chloé Delaume vient de sortir un petit livre, Mes bien chères sœurs — sous-titré « Désolée ça sent le fauve, il est temps d’aérer » — faisant l’état des lieux sur la place de la femme dans la société, la suprématie toujours évidente de l’homme et la quatrième vague du féministe qui se porte un peu mieux depuis les réseaux sociaux et les hashtags. « Internet a libéré la femme là où Moulinex a échoué ». C’est un livre fait de paragraphes souvent indépendants, d’une virtuosité littéraire assez étonnante, avec des tas de raccourcis et de formules hilarantes ou simplement créatives.
Elle remet au goût du jour un terme totalement oublié : l’uxoricide , qui désigne le meurtre de l’épouse par son mari. Assez de qualifier ça autrement, ce terme dit tout, déjà que c’est un meurtre (et non pas un drame passionnel ou autre dérivé). Elle sait de quoi elle parle : son père a assassiné sa mère avant de se suicider.
Pourquoi ce livre ? Pour tenter de (re)créer une société de femmes bienveillantes entre elles pouvant former masse face à la masse des « couillidés » du patriarcat qui imposent leurs lois, leur suprématie, qui s’approprient l’espace, la parole, les médias. Donc on arrête, les filles, de se tirer la bourre pour être l’unique élue dans un groupe masculin, c’est le syndrome de la Schtroumphette qui a peur qu’une autre lui ravisse la place. On arrête de dire les mots blessants quand ils arrivent genre connasse, pétasse etc… On applique bien la féminisation des métiers car — elle le dit et le répète — ce qui n’est pas nommé n’existe pas.
Pour autant, elle ne prône pas l’extinction des mâles, il y en a des très bien, mais celle de la hiérarchie et du plafond de verre. L’idéal serait l’horizontalité des rapports humains. Et voici une trouvaille sympa si ça marchait, si ça se répandait : dès que quelqu’un fait une remarque sexiste ou une blague grasse, dire « badaboum » simplement plutôt que de râler et d’entamer une polémique.
Ce livre qui n’est pas un manifeste ni un manuel est très plaisant car plein de bon sens, de piques, d’observations intéressantes. On peut picorer dedans n’importe comment.

Excellente interview d’elle dans Par les temps qui courent (lien ici).

Mes bien chères sœurs par Chloé Delaume, 2019 aux éditions de Seuil. 124 p. 13,50 €

Texte © dominique cozette

Jean d'O le Grand

Sophie des Déserts, quel joli nom, a écrit la bio de jean d’Ormesson avec lui et jusqu’à sa mort, même après en interviewant des proches dont sa femme et sa maîtresse institutionnalisée. Elle nous conte dans Le dernier roi soleil la vie, enfin une toute petite partie d’icelle de ce prince de la lumière joyeux, galant, tendre, charmant, ne médisant jamais, gardant ses problèmes dont les gros de santé par devers lui. Elle fut, cette vie, semée de pétales de roses et de tapis rouges, de jeunes filles en fleurs, de dames énamourées, de courtisans, de haies d’honneur, d’opportunités toutes de velours.
Le monde dans lequel il a vécu n’a rien de commun avec le monde. Petit lutin gourmand, il jouissait de tout et tout le faisait jouir. Il s’est fait inviter par tous les présidents, il était ami de tout le petit et grand monde de l’édition et des écrivains, il ne fréquentait que les beaux lieux, les belles gens et les nice people. Sa femme, raide et stricte, a tout de suite accepté ses frasques jusqu’à cet insondable amour pour une deuxième femme comme une autre épouse qui ont fini par cohabiter. Sans parler des autres. Jusqu’au bout, à l’hosto, les petites soignantes qu’il draguait goulûment. Sa fortune de famille plus celle de sa femme, fille Beguin, lui ont permis tous les luxes possibles et imaginables. Il est allé dans les plus beaux endroits du monde, a goûté aux meilleurs restaurants, a habité les plus beaux palaces et les plus belles demeures. Et châteaux. Casse-cou et prêt à tout, il a skié sur le tard mais jusqu’au bout, nagé jusqu’au bout, a même, sur la fin, joué sur les planches et fait du cinéma. Les jeunes l’adoraient qui lui envoyaient des tombereaux de lettres d’amour ou d’admiration. Et, généreux, il en a offert des déjeuner luxueux, des voyages, des moments, des fleurs, des pleurs parfois, des compliments !
Jean d’O c’est comme Edward Hopper : tout le monde l’aime ! Personne pour le détester. Son charme opère partout, principalement à la télé où il su nous émerveiller par son humour, nous hypnotiser par son regard, nous bluffer par sa culture. Ah, la belle vie !
Un livre qui donne la pêche même s’il nous montre combien on a raté le coche avec nos petites vies moyennes. La sienne, de toute façon, était unique et tellement bien remplie !

Le dernier roi soleil  par Sophie des Déserts aux éditions Fayard/Grasset (c’est expliqué pourquoi dans le livre). 290 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Les bas-côtés de Hénin Liétard

1/ Dit-on : de Hénin ou d’Hénin. Dois-je aspirer le h ou non ?
2/ Hénin Liétard est le nom de l’auteur
Marcher sur les bas-côtés est le titre de l’ouvrage dont il n’est pas spécifié si c’est une bio. Je pense que oui. Hénin Liétard a connu une forme de célébrité en écrivant (éructant ?) dans Hara-Kiri puis Fluide Glacial. Il jouit d’une écriture pas piquée des hannetons, entre argot de bistroquet, sabir perso et patois eud’là-haut, les terrils où il passait son temps. Il a mieux connu, pour s’y être frotté, le noir des mineurs que celui de Soulages, et son ADN de fils de gueule noire est peut-être pour quelque chose dans sa tubardise qui l’a envoyé plusieurs années en sana. Lui, il est bien partout mais faut pas trop qu’on le fasse chier. Après des études (élémentaires) complètement merdouillées, on le pistonne pour des petits boulots pourris, mais vraiment. Où on le bizute méchamment. Il change de cap, enfin le cap est étroitissime, et on le retrouve au seuil de sa vie de jeune adulte à relever des compteurs EDF avec une peau de vache. Là encore, humiliations et le reste. Heureusement, le type part vite à la retraite, remplacé par le plus cool des fonctionnaires qui lui enseigne l’art de ne rien glander, du moins le minimum pour ne pas se faire virer. Le reste du temps se passe au bistro. Enfin, on le lâche seul relever les compteurs de ces messieurs-dames des corons, les sans grades bien sympas, aux pourboires généreux. Un jour, vla t-y pas que quatre grosses vieilles en mal de rut le prennent en sandwich et lui font son affaire !
Comme vous l’avez compris , c’est un récit truculent, hilarant, au langage bien fleuri et à la verve bien inspirée qui plaira aux amateurs du genre. Comme moi.

Marcher sur les bas-côtés par Hénin Liétard aux éditions du Dilettante 2019. 256 pages, 18 €.

Texte © dominique cozette

 

 

 

Adieu petit bout de femme
petite tête de moine
au talent merveilleux
fée des émulsions
créatrice sans pareille
avez-vous vu ses Plages
toujours le petit sourire
des fabricants de bonheur
sa valeur number one
quelle patate elle avait
parfois en forme de coeur
glanant dans l’air du temps
les tronches les trognes
les visages des villages
les paysans des paysages
sans feux ni lieux ni foi ni loi
mais une bonne dose d’humanité
voyez la débouler tout là-haut
irradiant de lumière des projos
comme un petit lutin taquin
une joyeuse petite déesse
adieu Agnès
bienvenue au paradis

texte © dominique cozette

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