L’île aux fleurs, du costaud, du caustique !

Si tu manges pas tout, hein, l'Ile aux Fleurs !

C’est un docu édifiant (très primé) de 12 mn qui conte l’horreur du monde actuel avec un humour détonant.  Ou comment des êtres humains  convoitent les restes dédaignés par les cochons.
Ça commence par des tomates cultivées par un être humain. L’être humain se distingue par un télencéphale hautement développé et par un pouce opposable. Ce qui lui permet de comprendre et d’innover et qui le distingue de l’animal. Ces tomates, il les vend à un super marché. Là, Mme Truc en  achète ainsi que du cochon pour faire manger sa famille. Mais une des tomates est moche, elle la jette.
La tomate rejoint les 500 tonnes de déchets rejetés chaque jour dans cette ville. Ces déchets, on va les mettre loin, parce que ça pue et que c’est malsain. On les déverse dans l’Ile aux Fleurs, sur le terrain d’un mec qui y élève des cochons. Avant de les donner aux cochons, on trie les déchets, faut quand même pas déconner, même s’ils n’ont pas de pouce opposable, les cochons sont des mecs bien.
Lorsque les cochons ont la peau du ventre tendue, on va autoriser les pauvres qui font la queue patiemment derrière le grillage en regardant bâfrer les bêtes, à entrer dans l’enclos des ordures. Par groupe de dix. Et pas plus de cinq minutes. Parce que ces pauvres, bien que dotés d’un télencéphale hautement développé et d’un pouce opposable, n’ont pas d’argent comme les autres humains. Et n’ont pas de propriétaires comme les cochons, pour les s’occuper d’eux.
Ce docu cruel glisse une somme considérable d’images et d’infos  sur l’argent, Jésus, les Juifs, les camps, l’école, le profit etc… de façon pseudo pédagogique, d’une causticité sans pareille. Pour le voir,  vous cliquez ici. Sans vous commander !

Dessin © dominiquecozette

Métro, mettre haut, mais trop…

Blafards et las, penchés sur nos journaux, Direct 8 le disputant au Parisien, sur nos lectures allant du Comment faire l’amour à un oeuf à Toutes les recettes à base d’homme, ou l’inverse, sudokusant, cruciverbant, tapotant sur nos mobiles, bref composant cette vaste faune du métro de fin de journée, n’espérant pas grand chose de la soirée à venir qui sentait déjà le plat industriel réchauffé au micro-ondes, le téléfilm relatant les brèves amours d’un SDF et d’une CDD, la pêche aux vidéos à poster sur FB, ou le boulot à finir chez soi  lorsque le message du conducteur commença son voyage dans nos oreilles, sous les casques des mains-libres et ipodistes, puis dans les conduits cerumenisés avant frapper sur nos tympans puis de slalomer dans les osselets, marteaux, étriers, enclumes, s’essuyer les pieds dans le vestibule avant que de — je schématise — parvenir au cortex. Où il aurait pu se fondre et mourir s’il n’avait continué, gai et plein d’espoir, à nourrir nos oreilles.
Ce message disait : “Mairie d’Ivry, terminus. la descente s’effectuera du côté gauche dans le sens de la marche (une bonne nouvelle car il y a alors une sortie en tête). Je vous souhaite une excellente soirée chez vous, prenez beaucoup de plaisir ! Pour ceux qui sont deux, je souhaite de l’amour. Pour ceux qui sont seuls, je souhaite de l’espoir et pour ceux qui vont travailler, je souhaite du courage. A tous, je souhaite de la joie et une nuit agréable. »
Nous avions tous décroché de notre activité pour mieux écouter. Les yeux s’arrondissaient, les sourires naissaient, les colonnes vertébrales s’assouplissaient, les cerveaux s’adoucissaient. Nous descendîmes sur le quai, euphorisés, sous le regard interrogateur des attendants, ceux qui repartaient dans l’autre sens.
Le conducteur, que nous guettions tous, était un immense et beau Noir, et déjà, les voyageurs le remerciaient, lui en souhaitaient bien de même (ça se dit ?).
Puis tels les petits personnages de Sempé, nous montâmes les escaliers, ce grand petit bonheur gravés sur nos faces. La foule se délita à l’air libre et c’est seule que j’entrai dans la rue du Colombier où un voisin me sortit de ma béatitude : « T’as l’air bien gaie, ce soir ! ».
Ben oui, il suffit d’un rien pour être heureux. J’avais pas les poils du bout de la queue d’une idée pour mon blog et grâce à ce joyeux travailleur de l’ombre (ouais, bon, ça va !)… voilà. C’est une histoire vraie, le message était juste un peu moins long mais c’était l’idée.
La morale ? Y en a pas. Puis quoi encore ? Bossez un peu aussi, non !

Texte et dessin © dominiquecozette

Feignasse

L’animal le plus passif est le paresseux à trois doigts — bradypus variegatus — qui passe 20 heures par jour accroché à une branche en dormant. S’il ne dort pas, c’est qu’il va le faire ou vient de le faire. Sa vie dure environ trente ans donc 25 ans passés à ronfler. Parfois il descend de son arbre, très lentement, pour changer de branche. Sa vitesse est de 500 mètres à l’heure.
Pour se nourrir, il mâche très lentement  de grosses feuilles épaisses qu’il digère très lentement. Il ne possède que des molaires. Son métabolisme est deux fois inférieur à celui des autres mammifères, sa température varie de 23 à 32°. Parfois, un petit besoin, mais pas souvent : il descend tous les dix jours faire pipi-popo, ce qui le leste d’un tiers de son poids. Ce qui est drôle, c’est que même ses excréments sont lents puisqu’ils se décomposent dix fois plus lentement que ceux des autres animaux.
Autre caractéristique amusante : sa position principale tête en bas agit sur son pelage qui pousse en sens contraire. De plus, il devient verdâtre, comme son décor.
Alors, si vous avez parfois un sentiment de culpabilité à rester trop longtemps sous la couette, je vous rassure : vous êtes minable à côté de ce roupilleur professionnel ! Allez ! au dodo ! Et plus vite que ça !

Texte d’après Les records du monde vivant (Ed. National Geographic)
Dessin approximatif (c’est pas qu’il ne veuille pas poser, l’animal, au contraire ! Mais il déteste prendre le taxi pour venir jusqu’à chez moi) non copyright, pour la peine.

In vino, c’est la tasse

On a bu cul sec notre vie, intubés, entubés aussi par l’intarissable nectar amer à boire.
Quand on se cuite on se quitte, c’est même pas un délit de fuite, juste une voie d’eau dans le radeau du conjugo.
Nous deux c’était du tout cuit, et puis très vite ce fut cuit. L’amour est parti doucement en titubant.
Entre nous deux l’Entre-deux-mers, aromatique adultère, ce fut le verre dans le fruit jamais cueilli.
In vino, toute la vérité, beaucoup d’amis nases, de gamma GT, et nos gamins jetés dans l’eau du vin.
On a bu jusqu’à l’hallali à notre amour qui s’est tari, fini en eau de boudin, tout ça en vain.
Boire et déboires j’assume en bloc, et dans ma cave, je stocke mes cadavres millésimés non consignés…

Quelle sale histoire de couple, franchement, c’est la débâcle. Boire cul sec leur vie et tout qui fout le camp…. Voilà. Il lui reste juste, à la dame, que ses cadavres exquis et millésimés mais malheureusement non consignés. Moi ça ne risque pas de m’arriver : je n’ai pas de cave.

Vous pouvez écouter un échantillon de cette chanson (et d’autres) ici sur mon site. C’est moi qui chante et qui l’ai écrite. Comme les autres.
On peut aussi l’écouter en entier sur mon myspace. Et puis acheter le CD pour 6 euros, c’est donné, il y a 12 titres, ça fait 0,50 le titre et 0 la pochette qui est de toute beauté et le liflet inside, de toute utilité.

Texte et photo © dominiquecozette

Comment meurent nos idoles

Myself with the New Blue Caps, les musiciens de Gene Vincent (Olympia 63)

D’une façon assez rock pour certaines, trash pour d’autres ou juste connes. L’avion n’est pas si dangereux qu’on croit, l’auto non plus. Mais gaffes aux drugs at aux killers. Et electro-cardiogrammes en bon état, please, sinon, poum.

– Assassinées : Sam Cooke par le gérant d’un motel, King Curtis poignardé devant chez lui, John Lennon assassiné aussi devant son flat, guerre  de gansgta rap pour Notorious BIG et Tupac Shakur. Assassinés aussi : Don Myrick (Earth, W & F), Cornell Gunther (Coasters),Al Jackson (Booker T)

– Victimes d’excès : OD pour Tim Buckley, Jerry Garcia et Brent Mydland (Grateful Dead), idem Jimy Hendricks, Janis Joplin, Jim Morrison, Sid Vicious, Tommy Bolin (Deep Purple), Pete Farndone et Jim Honeyman Scott (Pretenders),  Gram Parsons (Byrds), David Ruffin (Temptations), Hillel Slovak (Red Hot), Grey Herbert (Blood S &T), abus de médocs pour Elvis et son gendre Michael Jackson, excès en tout genre pour Gene Vincent et Keith Moon des Who (qui a roulé sur son ami et garde du corps un jour), estouffade de vomi pour John Bonham (Led Zep), alcool pour Ron Scott (AC/DC) et Ron Pigpen Mc Kernan (Grateful dead). Liste non exhaustive.

– Suicide : Curt Cobain (jusqu’à preuve du contraire), Ian Curtis (Joey Division), Michael Hutchence (INXS), Richard Manual (The band), Del Shannon, Paul Williams (Temptations), Al Wilson (Canned Heat)

– Crash aérien : Buddy Holy, Richie Valens et JP Richardson dans le même avion, Otis Redding dans un autre, Ricky Nelson

– Accident de voiture : Pan dans un arbre pour Marc Bolan, sur la route de l’aéroport pour Eddie Cochran, Keith Godchaux (Grateful Dead), Clarence White (Byrds).

– Problèmes de santé  dont accident cardiaque pour Chas Chandley (Animals),  Gene Clark (Byrds), Bobby Darin, Tom Foggerty (Creedence), Billy Fury, Jerry Garcia (Grateful Dead), Bob Hite (Canned Heat), Roy Orbison, Joe Tex. Anorexie pour Karen Carpenter (Carpenters), sida pour Freddy Mercury, hémorragie cérébrale pour Nico , cancer pour Bob Marley et George Harrison.

– Accidents divers : Chet Baker s’est défenestré, Sonny Bono a croisé un arbre violent en skiant, Jeff Buckley a coulé dans le Mississipi, Mama Cass a avalé son sandwich jambon de travers, Brian Jones s’est endormi dans sa piscine, Kirsty Mac Koll s’est crashé en jet-ski, Dennis Wilson des Beach Boys s’est noyé ainsi que Johnny Burnett. Accident d’arme à feu pour Terry Kath (Chicago). Keith Relf (Yardbirds) et John Rostill (Shadows) se sont électrocutés, Steve Mariott (Small Faces) a été victime du feu, Wells Kelly (Meat Loaf) est mort étouffé et Pete de Freitas (Echo and the Bunnymen) est mort sur sa moto.

– Morts de vieillesse : Tout ceux qui sont encore debout.

texte © dominiquecozette. Photo DR.

Nichons

C’est quand même assez rigolo de travailler chez PIP et de tripoter des nichons toute la journée. D’être payé pour ça. Vous vous rendez compte ? Tous les jours, ces hommes — d’après ce qu’a montré la télé — remplissent des prothèse mammaires avec du gel. Le soir, quand ils se mettent au lit et que Bobonne mendie une caresse, je les imagine leur dire : Ah non chérie ! Pas à la maison, tout d’même !
Bon, bref, leur vie à eux s’arrêtent car des cochons de responsables ont fichu une saleté dans le gel — pour faire du profit je suppose, pas parce que c’est le premier avril — et voilà t-il pas que trente mille nanas s’empoignent les seins en se demandant comment cela va -t-il finir !
Tout ça parce que nous essayons de coller au mieux à l’image de LA femme dans le but de plaire à celui qui assurera notre descendance, notre subsistance, notre réjouissance.
Voilà pourquoi aujourd’hui, nous ne voyons que de beaux nichons, des qui tiennent tout seuls comme une belle mayonnaise, des petits bien ronds, des gros bien pleins. Alors, quand j’ai lâché « elle a les seins qui tombent » à propos de ceux, naturels, d’une actrice à la quarantaine assumée, je m’en suis voulu, je me suis trouvée conne, et si j’en avais eu une paire et pas craint la vulgarité, je me les seraient bouffées pour me punir d’avoir eu cette réaction. Mais je n’en ai pas,  pas plus que de gel PIP.
N’empêche, ces prothèses qu’on nous montre à la télé, ça a l’air drôlement agréable à tripoter. Les PIP devraient recycler celles qui restent et les commercialiser comme boules à déstresser. On les poserait sur son burlingue (modèle standard), dans sa poche (modèle Birkin), ou à la place de son oreiller (modèle Lolo Ferrari).*

Texte et dessin © dominiquecozette

* Excusez-moi pour ces vieilles références, les actuelles étant moins typées au niveau mammaire, ou me trompé-je ?

Une bien belle mort

Mort insolite de quelques rois birmans :
– Theinhko : tué par un fermier dont il avait mangé les concombres sans sa permission (en 931). Par crainte du désordre, la reine l’introduisit clandestinement au palais et le revêtit des vêtements royaux. Il devint le « roi du concombre » et transforma sa plantation en un somptuex jardin royal.
– Anawrahta : encorné par un buffle lors d’une campagne militaire (1077)
– Uzana : piétiné à mort par un éléphant (1254)
– Narathihapate : forcé à absorber du poison sous la menace d’un poignard (1287)
– Minkeyawswa ; écrabouillé par son propre éléphant (1417)
– Bazadarit : mort en capturant des éléphants au lasso après s’être empêtré dans les cordes (1423)
– Tabinshweti : décapité par ses chambellans à la poursuite d’un éléphant blanc imaginaire (1551) (ils avaient fumé le tapis ou quoi ?)
– Nandabayin : mort de rire en apprenant, d’un marchand italien, que Venise était une république et n’avait pas de roi (1599)

Tiré de Les Miscellanées de Mr Schott (Ben Schott)

Dessin © dominiquecozette

Billet dur de Billetdoux

« Ça commence à la crèche, puis au CP, puis au lycée, puis en prépa, puis douze puis treize, puis quinze heures, et trois moyens de transport encore sans lever le nez, pour quoi… Pour arriver o% ?… C’est de l’endormissement de conscience ! On comprend bien : il leur faut calmer tout ce monde là, il y a de plus en plus de monde !… Si ça se mettait à vivre, tout ça ? … A vouloir vivre, vraiment ? … et à réfléchir ? Et à devenir créatif ? Et à s’organiser ? Et à regarder les comptes ? Et à réclamer sa part … Vous imaginez ? Non… Y a pas d’arrivée… Y a pas de départ…. Y a pas d’avenir… Y a plus de forêts, y a plus de prés, y a plus d’eau, y a plus d’air, y a plus de temps, y a plus de silence… Le troupeau avance, il avance… On nous dit qu’il avance, mais plus on avance, moins on en sait ! Ils ne savent pas plus, en tête, là où ils nous mènent, que là où ils vont eux-mêmes… Les vents soufflent, les étés sont des automnes, les gros oiseaux des villes sont de plus en plus familiers, les enfants ont commencé à violer et à braquer, les animaux sont infectés, les tuyaux des hôpitaux, des usines à déchets, des centrales nucléaires se peuplent de milliards de crevettes inconnues, le temps de survie maximum sur la bande d’arrêt d’urgence est de vingt minutes !… Ils ont fait, en cinquante ans, plus de mal à cette planète que dans toute l’histoire de l’humanité !… Non, le monde n’avance plus, le monde se déglingue !…Le monde était juste un carrosse fou acheminé par personne !… Quand nous étions enfants, docteur, vous vous souvenez ? … L’avenir, c’était nous ! Alors, aujourd’hui, l’avenir, c’est maintenant, non ?… Parce quie si ce n’est pas maintenant, tout de suite, c’est  quand ? C’est quand ?… »

© Raphaëlle Billetdoux qui s’appelle maintenant Marie, mais je ne sais pas pourquoi, dans un  roman de 2002, De l’air.

Je vous concède que ce bout de texte n’est pas très gai, bon. Mais en 2002 on avait 8 ans de moins, pas le même président et je bossais encore dans la pub, dans un agence en pleine descente d’organe avec une fusion absorption qui s’est tellement bien passée qu’il ne reste rien ni de l’une, ni de l’autre.
C’est pas que j’aime Marie Billetdoux mais j’ai emprunté ce livre pour voir comment c’était, rapport à l’énooooooooorme somme qu’elle vient de sortir où elle a mis tout son vide-grenier, sa correspondance, les histoires de ses proches, les bouts de vie qu’on garde dans un carton jusqu’à ce que nos enfants les découvrent après notre mort et se demandent bien qui pouvait être telle personne. Alors celles de MB, vous pensez bien ! Du coup, non, j’ai pas acheté son livre/boîte, je le prendrai si ma médiathèque l’achète. Et puis, si c’est vraiment très bien, je l’achèterai car j’aime bien que les auteurs que j’aime ne soient pas privés de mon écot dans leurs relevés de droits d’auteur.

Dessin © dominiquecozette. Non, ce n’est pas Raphaëlle/Marie Billetdoux. Peut-être une petite dame qui comprend rien à la vie d’aujourd’hui…

Never in love again

Elle m’a aimé, comme toutes les autres, pour mon dandysme et mes conneries, mes addictions, mes potes, mes conquêtes, mes pompes cirées, mes absences, mes goujateries, mes cadeaux, mes défauts. Tous. Je les ai tous. Aucune qualité particulière.
Je l’ai aimée follement pour un geste et la forme de ses dents. Puis tout le reste. Elle m’a suivi partout, m’a supporté, s’est incrustée, s’est humiliée, s’est entêtée, s’est entichée, s’est enterrée. M’a attendu, pardonné, nourri, consolé, habité, séduit puis attendri.
Alors j’ai accepté. De couper avec certains, certaines surtout, de fuir certains lieux, de renoncer à certaines mauvaises habitudes, de prendre un peu soin d’elle et beaucoup de moi, de dire nous.
Elle m’a convaincu que le bonheur n’était pas loin, que la santé n’était pas con, que la passion n’était pas nulle, que le fric n’était pas tout, que l’amour n’était pas sot.
Elle a fait faire une copie de mes clés, déballé une télé jamais regardée, rempli un frigo qui ne servait qu’aux glaçons et autres substances, accroché des rideaux inutiles aux verrières, ajouté son nom sur ma boîte à lettres, apporté une malle d’affaires et de produits, géré notre emploi du temps, envisagé un rencart chez le notaire.
Elle a fait livrer des potages, a confectionné des tartes, m’a fait couler des bains, m’a offert des pyjamas, m’a enfilé des pantoufles, m’a empêché de voir mes potes, m’a fait visiter des quartiers.
Puis un jour, je l’ai entendu dire à une de ses amies au téléphone : Tu sais, je suis déçue, la vie à deux c’est très très boring.
Alors je me suis souvenu que Johnny disait ça. Elles aiment que je sois un rocker, puis font de moi un mari puis me quittent car je ne leur plais plus.
C’est moi qui suis parti sur la pointe des pieds. Ils ont fêté mon retour, trois jours trois nuits non stop. Plus une gardav de dégrisement.
Quand j’ai réintégré mes pénates, elle était hystérique. Je l’ai trouvée très quelconque, l’ai gratifiée d’une semaine de préavis pour quitter les lieux. J’avais déjà oublié son prénom.
Je ne souhaite à personne une histoire d’amour avec moi-même.

Texte et dessin © dominiquecozette

Drôles de manières sexuelles !

A peu près partout sur la planète terre, le mâle impose l’abstinence aux femelles. Parlons ici des ceintures de chasteté. Pour cela, les mâles utilisent des bouchons de mucus qui, en, séchant, viennent obstruer le vagin donc interdire  le rejet de la semence par la femelle et contrarier toute copulation avec un nouveau mâle. C’est une pratique banale chez de très nombreux rongeurs, comme certains écureuils. Le lémur catta implante vigoureusement un verrou génital empêchant toute intrusion. Sympa !
Chez les papillons et bien d’autres insectes, l’éjaculation est accompagnée de la coagulation du liquide séminal. Mais le pénis de certaines libellules mâles, plus rusés que les autres,  est doté d’excroissances permettant d’enlever le bouchon ou de stimuler son expulsion par la femelle.
Bien entendu, ces compétitions occasionnent des lésions sérieuses aux femelles, réduisent leur survie ou les font mourir, comme l’utilisation d’un liquide dissolvant très toxique qui détruit le sperme du prédécesseur, chez la drosophile. Cool !
Parfois ce sont les femelles qui réussissent à ôter ce bouchon incommodant. Ben oui, c’est gênant, ce petit truc dur, là. Alors, les mâles sont obligés d’inventer : monsieur mouche domestique, ou papillon, copule en secrètant des essences anti-érotiques sur la femelle. Les autres mâles n’ont plus qu’a être dégoûtés. Ah, mais qui c’est le maître de ton sexe, salope !
Les pauvres nanas victimes de ces procédés voient leur survie mise en péril. Qu’importe, puisque monsieur a pu assurer sa descendance.

Cet article est tiré de La guerre des sexes chez les animaux de Thierry Lodé chez Odile Jacob (2006 p.192), un bouquin hallucinant* qui montre que les pratiques animales sont d’une cruauté inimaginable. Je vous en reparlerai pour vous montrer que l’imagination n’a pas de limites dans les systèmes de reproduction — les femelles ne sont pas toutes blanches dans l’affaire — et vous consoler d’être un humain. Ici, une humaine, car en général nos mecs sont plus délicats et  s’ils oublient de nous offrir des fleurs ou de nous tenir la portière, on n’a pas lieu de se plaindre au bon dieu.

Texte d’après déjà cité et visuel © dominiquecozette

* Malheureusement, c’est très bordélique, et manque de rigueur dans l’ordonnancement et le chapitrage des textes.

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