Fidèle castré

Lettre ouverte aux humains.
Messieurs, mesdames, je me présente, chien lambda, le meilleur ami de l’homme comme vous aimez à le dire. Le meilleur ami de l’homme ! Mais vos meilleurs amis humains, vous leur faites la même chose ? Vous leur coupez le kiki ? Vous les stérilisez ? Vous leur soutenez que finalement, ils n’ont pas besoin de ça pour être épanouis ?  Que leurs hormones, ça ne sert à rien ?
Imaginez qu’on vous castre vous, les hommes, vous ressembleriez à quoi avec une tête pas finie, une voix de canard, du duvet sur les lèvres, des mamelons un peu enflés, une légère apathie… Sans parler de votre manque de motivation générale, votre absence de combativité, de créativité. Et vous les femmes, si on vous empêchait de faire des gosses. Hop, plus d’envies, plus de câlins, plus de drague, plus d’émulation, plus de coquetterie, terminado…
Comme tout tourne autour du sexe, chez vous, à quoi passeriez-vous votre temps ? A brouter de l’herbe, à roupiller, à faire du gras ? Vous vous emmerderiez tellement qu’il vous tarderait d’en finir au plus vite avec cette vie sans intérêt. D’où espérance de vie : 40 ans. Peu ou prou.
Notez que ça peut résoudre vos problèmes de retraite, de chômage, de surpopulation, de manque de crèches, d’hôpitaux pour les vieux. Vos problèmes liés au sexe : viols, rixes, trafic de femmes et d’enfants. Vos problèmes liés à la production de testostérone : guerres diverses, besoin d’asservissement ou de domination…
Vous voyez, il suffirait de peu de chose pour que le meilleur ami de l’homme soit … l’homme !

Texte et dessin © dominiquecozette

Les aventures maritales de Léha

Léha s’était assise sur un des deux sièges de l’amour dans un bus de Copenhague, sachant que ces sièges étaient réservés à des personnes à la recherche de l’âme soeur. Elle sillonnait, sillonnait,sillonnait la ville depuis une semaine sans que personne ne la rejoignît et s’apprêtait à quitter ce siège, ce bus, cette ville infâmes où l’on n’aimait pas les rousses juste au moment où un très beau mec sportif et blond décoloré s’installa près d’elle. Elle entreprit de lui faire la causette mais il était sourd, il ne comprenait rien, elle était obligée de crier et franchement, ça la foutait mal pour une première rencontre amoureuse. Comme il se baladait avec une planche de surf, elle lui fit comprendre par geste qu’elle adorait les vagues et que ce n’était pas grave qu’il fût sourd. N’étant pas muet, il l’informa qu’il souffrait d’une pathologie liée à sa pratique sportive : l’exostose des surfeurs. En gros, ça rend sourd d’être toujours dans l’eau. Mais ça s’opère. Ah bah tant mieux, fit Léha, ça me ferait bien chier d’être contrainte de hurler à chaque fois que je te demande quelque chose.  Et crois-moi, mon p’tit gars,  si on doit vivre ensemble, tu vas te faire opérer vite fait.
Sauf que pour se marier, Léha dut retourner dans son Iran natal et s’inscrire à une école du mariage avec son jules, Olaf, afin d’obtenir le permis de s’unir. Il était conseillé de choisir un mari fort, aux larges épaules, ce qui était le cas et, pour les femmes, le modèle « bien gaulée » était requis. On leur enseigna que la femme doit non seulement obéir à son mari, mais être à sa disposition en privé. Du coup, ils s’installèrent en France, c’était plus libéral.
Mais elle commença à souffrir terriblement du dos, du ventre, de la colonne, enfin de troubles bizarres qu’une simple palpation ne pouvait déterminer. Il lui fallait passer une IRM d’urgence. De toute urgence. Rendez-vous dans huit semaines. Et encore, elle avait de la chance ! Quoi ? Huit semaines pour une IRM urgente ? Vous vous foutez de ma gueule ? Elle se renseigna ailleurs, c’était kif-kif. Elle apprit qu’en France, cette France qui se la pétait grave, il fallait attendre en moyenne 34,6 jours pour cet examen. Pour la rassurer, on lui proposa de passer un scanner. Elle déclina quand elle sut qu’en Belgique l’attente n’était que de huit jour. Comme en Suisse d’ailleurs, et bien d’autres pays voisins.
Qu’est-ce que c’est que ce pays merdeux, déclara-t-elle à Olaf  qui, bonne pâte, accepta de quitter l’hexagone et de la suivre à Knotte-le-Zoute où elle proposa de s’installer. Y a la mer, acheva t-elle de le convaincre. Sur ce, elle se plongea dans les news et apprit qu’aux Etats-Unis, qui était son second choix, une femme avait été virée de son job à cause de son ADN foireux (risque de cancer du sein, qu’elle avait lâché à un collègue délateur). Bref, ces pays modernes et avancés, quelle rigolade !

Texte © dominiquecozette d’après les infos vues/entendues à la télé à midi, de vraies infos !
Dessin © dominiquecozette

Alors on danse

Rappeur belge, Stromae m’a séduite avec cette chanson un peu désespérée mais après tout, les poètes ne se doivent-il pas  de l’être ? Je pose la question.

Alors on danse, alors on danse
Alors on danse

Qui dit étude dit travail
Qui dit taf te dit les thunes
Qui dit argent dit dépenses
Qui dit crédit dit créance
Qui dit dette te dit huissier
Et lui dit assis dans la merde
Qui dit Amour dit les gosses
Dit toujours et dit divorce

Qui dit proches te dit deuils
Car les problèmes ne viennent pas seuls
Qui dit crise te dit monde
Dit famine et dit tiers-monde
Qui dit fatigue dit réveille
Encore sourd de la veille

Alors on sort pour oublier tous les problèmes
Alors on danse… (x9)

Et là tu te dis que c’est fini
Car pire que ça ce serait la mort
Quand tu crois enfin que tu t’en sors
Quand y en a plus et ben y en a encore
Est-ce la zik ou les problèmes, les problèmes ou bien la musique
Ça te prend les tripes
Ça te prend la  tête
Et puis tu pries pour que ça s’arrête
Mais c’est ton corps, c’est pas le ciel
Alors tu te bouches plus les oreilles
Et là tu cries encore plus fort, mais ça persiste
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala
Alors on chante
Lalalalalala, Lalalalalala

Alors on chante… (x2)
Et puis seulement quand c’est fini
Alors on danse … (x8)
Et ben y en a encore… (x5)

Pour voir et entendre Stromae, c’est ici

La Belle et le Riche

Anne de Luxueuse, amie FB, a publié cet article paru dans une revue financière (sérieuse) aux U.S . Même si cette histoire parait invraisemblable, elle est tout à fait véridique !!! (sic)
Une femme a écrit a un « Cabinet conseil en investissements » pour demander des adresses en vue d’épouser un homme très riche. Ceci est déjà cocasse, mais le plus drôle c’est la réponse bien fondée que lui a adressée l’analyste financier.
«Je suis une belle jeune femme (je dirais même très belle) de 25 ans, bien élevée et j’ai de la classe.  Je souhaite me marier avec un homme qui gagne au moins un demi-million de dollars par an. Avez-vous dans vos fichiers les adresses de quelques hommes célibataires (veufs ou divorcés) qui gagnent 500.000 dollars ou plus ? Peut-être aussi que des épouses d’hommes riches peuvent me donner quelques conseils ? J’ai déjà été fiancée à des hommes qui gagnent de 200 à 250 mille dollars pas plus…mais 250 mille ce n’est pas suffisant pour que je puisse vivre dans le Park West Central. Je connais une femme, dans mon cours de yoga, qui s’est mariée à un banquier. Elle vit dans Tribeca, et pourtant elle n’est ni aussi belle que moi, et pas même intelligente. Mais alors, qu’a-t-elle fait que je n ai pas fait ? Comment puis-je atteindre son niveau de vie ? »
Raphaela S

Réponse de l’expert :
J’ai lu votre courrier avec une grande attention, et après avoir longuement étudié votre demande c’est avec grand soin que je me suis livré à une analyse financière de votre situation :
Premièrement, je ne vous fais pas perdre de temps, puisque moi même je gagne plus de 500 mille dollars par an. Ceci étant dit, je considère les faits de la façon suivante :
Ce que vous offrez (pouvant être compris ainsi par l’homme que vous cherchez) est simplement une bien mauvaise affaire. Voici pourquoi :
Laissant les subterfuges de côté. Ce que vous proposez c’est un simple business :
Vous mettez votre beauté physique et je mets l’argent. L’offre est claire et sans détours.
Cependant un problème existe : Avec certitude, votre beauté va s’étioler et un jour va disparaitre, alors qu’en même temps, très probablement mes revenus et ma fortune continueront de croitre. Ainsi, ‘en termes économiques’ vous êtes un passif qui subit une dépréciation et je suis un actif qui produit des dividendes. Vous subissez donc une dépréciation, mais comme celle-ci est progressive, votre valeur diminue de plus en plus vite !
Soyons plus précis : Vous avez aujourd’hui 25 ans vous êtes belle et sans doute le resterez vous durant les 5 ou 10 années à venir. Mais chaque année un peu moins, et déjà quand vous vous comparerez à une photo prise aujourd’hui, vous constaterez combien vous avez vieilli. Cela signifie que vous êtes aujourd’hui dans la ‘phase de croissance’ c’est donc le bon moment pour être vendue mais non pour être achetée. En utilisant le langage de Wall Street, celui qui vous possède aujourd’hui a intérêt à vous avoir en ‘Trading position’ (position de vente) et non dans ‘ buy and hold ‘ (acheter et conserver)… c’est pourtant ce que vous offrez.
Par conséquent, toujours en termes économiques, le mariage (qui est un ‘ buy and hold ‘) avec vous n’est pas une bonne affaire à moyen ou à long terme. En revanche, la location pourrait être, en langage commercial, une affaire raisonnable que nous pouvons méditer et en discuter vous et moi.
Je pense que si vous fournissez la garantie ‘bien élevée, avec de la classe… et merveilleusement belle’ je pourrais très probablement être le locataire de cette ‘machine’. Cependant, je souhaite faire, ce qui est une pratique habituelle en affaire un essai, c’est à dire un ‘ test drive … ‘ avant de concrétiser l’opération. Somme toute : comme, vous acheter est une mauvaise affaire pour cause de dévaluation croissante, je vous propose une location d’une durée pendant laquelle le matériel est dans un bon usage.
En attendant de vos nouvelles, je prends congé cordialement.
Un millionnaire

Texte transmis par Anne de Luxueuse. Dessin © dominiquecozette

Un homme idéal

De : Alain GALLAS , ami FB, à : Cozette vide sa plume
Réponse d’un homme à Marine « quarantenaire vénère »  s’étant exprimée dans ce blog. (Mais on est pas obligé de connaître les épisodes d’avant pour apprécier cette histoire).

« J’avais l’âge de Dominique en 60 et je dois dire que j’ai soutenu avec empathie le combat des femmes de mon âge. Ainsi je faisais le ménage,le lavage, le repassage, la vaisselle, la bouffe, je torchais les enfants et pratiquais à demande toutes les activités qu’aimait la femme que j’aimais, y compris les démarches administrative que mon »cadeau » goûtait peu.
Un jour pourtant alors que sa mini était en panne, je me suis rebellé en lui signifiant qu’en bonhomme qu’elle était, elle n’avait qu’à se démerder.
Il faut dire en plus que la dame travaillait comme fonctionnaire et gardait tout son argent de poche pour Guerlain, Gudule, Bon Marché et autres marques de futurs bobos, moi je casquais tout le reste….
Puis je décidais de me consacrer réellement à la cause des femmes en m’intéressant de plus près à celles de 10 ou 15 ans de moins afin de leur montrer ce qu’on pouvait obtenir d’un homme dressé par une sufragette(et aussi 5 soeurs!).
J’ai continué à faire avec plaisir toute l’intendance que l’autre n’aimait pas alors qu’elle faisit avec plaisir ce que moi je n’aimais pas (le repassage et aller chez le teinturier par exemple). Mais surtout j’ai essayé d’expliquer à ces jeunes femmes qu’elles devaient absolument maîtriser la procréation quitte à faire des bébés pour elles toutes seules puisque de toutes façons les mecs de leur âge ceux qui ont aujourd’hui entre 45 et 50 ans ne s’occupent généralement pas des enfants.
Et je connais plein de jeunes femmes de 35, 45, 50 ans qui ont ainsi pu conduire leur vie, certes avec parfois des grands moments de solitude(la vraie finalement moins dure que celle qu’on ressent à côté de l’autre), mais sans un connard à la fois grand dadais aîné des enfants qui se prend uniquement pour le père de leur mère(quand tout va bien!).
Et les filles de 30 ans, les miennes et celles de mes potes vivent ainsi et prennent le pouvoir.
Il n’y a que comme ça que le monde changera.
Marine un conseil trouve un sexa-sexy qui saura rendre grâce à tes mérites ou materne un jeunot qui saura rendre goulûment grâce à tes charmes et qui te permettra d’exercer ce « pygmalionisme » si délicieux aux hommes, tu peux aussi prendre le jeune pour le choc, et le sexa sexy pour le chic et le chèque.
Bonne chance »

Texte © Alain Gallas.
Dessin (qui ne représente pas alain G.) © dominiquecozette

PS : J’ai mis les dessins de mon blog sur mon site à « dessins » ici

Une quarantenaire vénère !

Marine Pénicaud, amie FaceBook a réagi à mon article (et ma chanson) : toutes les filles de mon âge en 60 ont comme moi soixante ans aujourd’hui.

« Toutes les filles de mon âge, les mères :
Toutes les filles de mon âge ont 43 – 48 ans, ce qui n’est même pas un chiffre rond dont nous pourrions nous vanter.
Nous ne nous sommes jamais battues pour un monde meilleur, nous n’avons pas partagé d’idéaux communs, nous n’avons fait que récolter les fruits d’un combat féministe déjà en perte de vitesse.
Nous raclons maintenant les fonds tout cuits, trop cuits de ces beaux idéaux qui nous ont fait croire mordicus et dès le départ que notre indépendance de femme était naturellement légitime.
Or, dans mon milieu, nous sommes, toutes les filles de mon âge, perdues entres deux O, entre Orgasmes et Ornières, orgasmes pas toujours conjugaux, et trop rares, et ornières le plus souvent professionnelles, alors qu’on voudrait tellement déchirer en affaires, dans toutes nos affaires. Nous sommes obligées de composer entre un mari en pleine crise, quand y’ a un mari, et y’en a de moins en moins, des finances catastrophiques pour nos âges, des ados qui font chier, un boulot bien en deçà de nos espérances de jeunes femmes – quand on s’appelait encore des « filles » – , une maison qui nous bouffe un temps innommable, des emmerdes administratives à régler toutes seules (les mecs ne s’en n’occupent pas, ça ne les intéresse pas !), des scandales de la vie domestiques à se fader trop souvent, et des repas, pour 3, 4, 5 personnes, tous les soirs, avec des protéines s’il vous plait, pour tout ce monde qui, à table, est « en pleine croissance » (tu parles !) et qui constitue notre propre famille à nous, celle qui s’est faite parfois bien malgré nous. Pour ma part, j’aurais tellement voulu offrir une autre enfance à mes propres enfants, et aussi bien, une autre relation à mon amoureux qu’était leur père. Mais il faut composer avec tout cela, quand on est soi-même encore adolescente dans l’âme ! avec la soif d’un monde meilleur ! avec du temps à soi, puisqu’on nous serine à longueur de temps : « pense à toi ! », « fais-toi plaisir ! », « fais ce que tu veux ! »… Ben Merde : on peut pas ! pas assez (bien un peu tout de même, encore heureux !) (et dire qu’il y a toujours pire que sa propre situation …
Les petits plus (plus de temps, plus de gadgets, plus de fun, plus de tout à mon avis) des sexygénaires nous sont inabordables, et ça, c’est carrément insensé ! Vous pouvez rigoler mais je me demande bien où sont partis les idéaux de ces sexagénaires, celles qui dépensent maintenant leur fric fou, ou celui de leur mari quand ils sont encore là, celles qui sont devenues des capitalistiques épanouies, mais qui, peut-être, ont gardé leurs beaux idéaux pour leur pomme ! et rien que pour leur pomme ? je n’arrive pas à y croire…
Et notre liberté de femme qu’on a crue si chèrement gagnée, elle est où MA liberté ? Je la vois de trop loin, c’est dégueulasse ! et puis merde. »
Texte © marine pernicaud (qui est sur fb si vous voulez la cliquer. Marine, fais-toi cliquer !)
dessin © dominiquecozette (le dessin ne représente pas Marine).

Fred Vargas : nous y sommes. (De plus en plus)

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté, dansé. chantons, dansons.*
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était est à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté jetons nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit conduisons trois voitures, nous avons vidé vidons les mines, nous avons mangé mangeons des fraises du bout monde, nous avons voyagé voyageons en tous sens, nous avons éclairé éclairons les nuits, nous  chaussons des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons  grossi grossissons, nous avons mouillé mouillons lle désert, acidifié acidifions la pluie, créé créons des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. s’amuse bien.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés. se marre bien.
Franchement on a bien profité profite bien.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.
D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Texte ©Fred Vargas. Archéologue et écrivain. Ce texte date d’il y a deux ans je crois. Je trouve important nous de le remettre en mémoire.
Dessin © dominiquecozette

* Je me suis permis de conjuguer au présent certains verbes qui laissaient croire que c’était du passé. Hélas !

Santé, Johnny !

Merci de m’avoir invitée à tes 67 ans, Jojo ! C’était trop sympa ! Hélas, comme dans toute grande fiesta, il y a eu des petits couics, je veux dire quelques couacs, j’espère que tu ne m’en voudras pas. J’ai marché sur Mimi Mathy sans faire exprès, j’ai dit à Pascal Obispo tout le bien que je pensais de lui en croyant qu’il était Florent Pagny puis j’ai confondu Marc Balavoine avec je ne sais qui, j’ai essayé de faire danser Bebel mais il s’est cassé la binette, j’ai offert  à Catherine (Deneuve) ma coupe de champ pour l’aider à détendre ses traits mais il paraît que ça ne bouge plus, j’ai crié couchée à Rachida que j’avais prise pour un dobermann, j’ai gaffé avec Bernie Chirac en lui demandant comment allait la prostate de Chichi, j’ai poussé Jean Reno dans la Seine pour voir s’il ferait le Grand Bleu, j’ai dit à Hugues Aufray que merde, je croyais qu’il était mort, le prenant pour l’autre Ardéchois à moustache, et puis j’ai dit à Eddie (Mitchell) : un bon rocker est un rocker mort. Je crois qu’il l’a mal pris alors je me suis réfugiée auprès d’Estelle ex-Hallyday en lui demandant pourquoi elle voulait qu’on l’appelle Estelle le Fémur. A cause de ses longues cuisses ? Et la dernière ? J’ai fait remarquer à Laetitia que le nombre de bougies représentaient exactement le nombre de tes ex présentes sur le bateau.
Sinon, Jojo, je n’ai pas pu t’approcher. Il y avait trop de glutrons autour de toi. C’était beaucoup la fête à l’UMP. Des gens qui pensent que ça fait bien aujourd’hui d’être ton ami. Ils ont tous voulu trinquer avec toi, ils en ont rien à foutre que tu te paies un autre coma éthylique, au contraire, si tu claques, ils espèreront être encore sur la photo. Comme s’ils t’avaient déja privatisé. Alors à quai, je suis monté sur le vélo de Jacquot, pas Dutronc non, mais Higelin, et on est allés sur l’île faire la bringue chez les aînés, Fontaine et Cie. je te jure, on s’est vraiment marrés à ta santé, Jojo !

Miam-miam le Vieux Comptoir !

Foin des régimes, de toute façon, c’est pas maintenant que vous deviendrez la brindille que vous avez toujours rêvé d’être. Autant se régaler avec son amoureux(se) ou ses potes autour d’un plat génial et d’une bonne bouteilles (je mets un S exprès car on pense boire peu et puis et puis…).
Donc, voici un resto extra qui pète le feu. Il s’appelle le Vieux Comptoir.
J’adore ce resto ! Rue des Lavandières Sainte-Opportune, la rue de feu le Petit Opportun et à côté de la Robe et le Palais, voici un bistrot à vins tout ce qu’il y a de plus agréable. C’est Anne qui nous accueille. Anne, c’est la nana la plus joyeuse que j’aie vu dans une salle de resto ! Elle sait te faire attendre avec un verre d’une de ses trouvailles — c’est une fée de la vigne — et elle virevolte de table en tables avec l’air d’être née pour rendre les gens gais.
La carte est celle d’un bistrot de qualité avec des produits triés, goûtés et approuvés par Anne et Cyril, qui va d’excellentes charcuteries de terroir, pour attaquer, aux enivrants babas pour finir en s’enracinant avec appétit sur des plats costauds et authentiques, marins et fins, originaux et étonnants…. Comme les plats et les vins changent tout le temps, le mieux c’est d’aller voir le site ici. Pour avoir une table, réservez, c’est très souvent blindé. Il y a une petite terrasse pour les beaux jours.
Je m’aperçois que je suis une piètre critique gastro, c’est juste pour vous faire partager mon enthousiasme car ce bistrot attachant n’a nul besoin de ma pub.
Le vieux comptoir 17 rue des Lavandières Sainte Opportune Paris 1er, au Châtelet. 01 45 08 53 08

Texte et dessin © dominiquecozette

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