Claro nous ramène Lucy from the sky with diamonds !

Claro est un écrivain et un sacré traducteur, pas de n’importe qui : Rushdie, Palahniuk, Selby, T. Vollmann, Pynchon…
Avec son dernier livre Tous les diamants de ciel, je vacille dans une friche de mots, d’idées, d’inventions, d’hallucinations inouies. D’ailleurs, pas étonnant, le personnage principal en est le L.S.D qui transite autour des deux marionnettes d’un destin foireux. Pour les deux, l’histoire commence en 1951. Antoine, pauvre moineau orphelin limite mytho, mitron à Pont Saint Esprit, jolie bourgade d’Ardèche, se prend de plein fouet l’incroyable trip qui va mettre à mal toute la population sans qu’on sache exactement comment le pain qu’il a peloté  a pu produire ces hallus mortelles. Il y serait question d’une manip de la CIA qui teste ainsi, sur des cobayes lambdas, des sortes d’armes chimiques.
Très loin de là, Lucy, barrée de chez elle à 15 ans, petite pute junkie, est repérée par un homme de cette même entreprise pour d’autres essais sur ses clients. Là, je vous dis pas, c’est d’un sordide accompli qu’en termes poético-créativo-rocks l’auteur nous narre.
Puis on saute en 67, à San Francisco, où la jeune beauté, protégée par son démon-gardien, s’est réfugiée incognito. Elle se marie, fait un môme, adopte une posture bourgeoise, bref, disparaît de la terrible liste létale de la CIA. Puis elle est priée d’aller tester ailleurs, de toute façon c’est sa vie et elle n’aime pas son gosse. On la retrouve un peu partout où se joue l’histoire de la dope et des bouillonnements culturels pointus, Berlin, Londres et Paris, où elle tient la première sex-shop de France. Toujours entre deux shoots, elle rencontre Antoine entré par erreur dans l’échoppe. Lui, c’est plutôt les églises, le divin, pas le divan et surtout pas le cul. Naîtra un sentiment fort, mêlé et entêtant, sans rapport avec ce qu’on connaît (enfin, je dis ça, je ne sais pas pour vous). Antoine raconte ce qu’il a fait entre-temps, il aurait été parmi les premiers bidasses à assister aux essais atomiques français, cobaye encore… Ce n’est pas aussi vrai.
Je ne vais pas vous raconter l’histoire, c’est de la dentelle hérissée de noeuds, bouffie de grumeaux, concoctée à partir d’un écheveau emmêlé, c’est tordu, c’est plein d’âcreté, d’odeurs, de chair, de volutes et de conspirations, de soupçons, de défonces, de détails réels embringués dans des délires de ouf. C’est dingue. Je vous jure ! Un sacré trip !

Claro. Tous les diamants du ciel chez Actes Sud, 2012, 250 pages.

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #115

Cette semaine, Copé continue d’enfiler ses perles d’inculture et Rachida nous offre une belle histoire : la petite princesse Zora retrouve son papa !
– ET : Le comble du racisme c’est quand-même de penser qu’il n’est réservé qu’aux blancs… non?
– HV : Le bon sens au bar-tabac de la gare de St Leu : – Ras le bol de la racaille ! – T’avais qu’à ouvrir une mercerie, t’aurais pas été emmerdée.
– MB : Fb, c’est fabuleux : je suis en « contact » avec les exs de mes exs, les futures de mes exs, les exs de mes futurs, les actuelles de mes exs, les exs de mes actuels …. Et tout le monde s’aime, tout le monde se Like. Pour de vrai. Le virtuel, c’est ce monde meilleur que nous cherchions, les zamis ….
– YH : L’automne à Sèvres dans ma forêt . Saison du racisme anti-glands qui font glisser les joggeurs. Saison anti-vlan !
– YH : Je me lève, me dresse fièrement, mon corps exulte en ce dimanche, mais hélas, je passe aussi devant…ma glace.
– AG : Je l’ai délaissé pendant trop longtemps. La grasse matinée ne veut plus de moi. Nous allons nous séparer en adultes responsables.
– AP : Selon notre stagiaire investigation, Rachida Dati serait le père de sa fille.
– DC : Le père de Zora. C’est comme la roulette russe, tu tires un coup sans savoir si l’arme est chargée. A noter que le monsieur est dans les jeux…
– DP : Desseigne papa de Zora: Que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première croupière…(désolé…)
– DP : Rachida Dati révèle que Dominique Desseigne est le père de sa fille. Bernard Laporte, petite bite!
– NR : R DATI va demander un test sans gain !
– SN : Desseigne a une fortune de 700 millions d’euros. A ce niveau, c’est plus un rapport sexuel, c’est un investissement.
– JDF : La prochaine tournée de Johnny s’appellera : Samu les copains
– CP : Rachida. Faites vos jeux. Père, un père et passe.
– EM : On aurait entendu 68 456 soupirs de soulagement quand Rachida Dati a désigné le père de son enfant.
– BR : Ce moment où Rachida Dati va aller sur le plateau du Grand Journal pour demander qu’on respecte sa vie privée
– CD : déclare ouverte la saison de l’Actifed et des ailes du nez rouges !!!!!!!!!
– BB : Dati va donc commander une grande quantité de tests de paternité. Bachelot peut lui avoir des prix de gros chez les labos pharmaceutiques.
– BL : Michel Onfray, le raimond la science des plateaux télé, la certitude incarnée de france culture. Tu as besoin d’un avis sur un sujet ? Invite Onfray, il a un avis sur tout.
Sur Sartre, Camus, Freud, la gauche, l’économie. Ce soir il donne son avis sur la violence à l’école. Demain peut être qu’il nous donnera la recette des pâtes à la carbonara. A la sortie de chacun de ses livres à la con il revient devant micros et caméras étaler sa cuistrerie
‎- HDD‎ : CHOQUANT Un maire UMP opposé au mariage gay oublie de le comparer à la zoophilie
– SB : A part apprendre que tu fais 3cm de moins que tu ne l’espérais, le seul intérêt de la médecine du travail c’est qu’au moins, tu as un travail.
– CD : Pendant que Pigeons & anti-Pigeons se volent dans les plumes, les Corbeaux se poilent.
– YL : Au Paradis, ça fait un an pile que Steve Jobs tente d’expliquer à Adam & Eve comment une pomme croquée a fait de lui un dieu sur Terre.
– SC: Laurence Parisot sur @RMC_infos : « Il existe un outil merveilleux en cas de fermeture d’usine: le plan social ! » C beau, j’en ai chialé…
– DP : Bernard Tapie envisagerait de se présenter à la Mairie de Marseille. C’est l’affaire des flics de la BAC ripoux qui lui a donné l’idée?
– DC : En Arabie Saoudite, il est question d’effacer les femmes des revues
– HDD : Salauds d’arabes qui viennent voler le pain au chocolat des Français
– DS : J’ai trouvé un nouveau surnom pour jf_cope : Le Pen au chocolat.
–  DS : Je pense que jf_cope devrait arrêter de faire écrire ses discours par Véronique Genest…

Peinture © dominique cozette

Le jour où je suis sortie de mon contexte.

Je commençais ma carrière de future députée, j’apprenais à manier la rhétorique, à détourner les sujets, à affûter la langue de bois, à noyer le poisson, utilisant parfois des éléments de langage, usant grossièrement de mauvaise foi et d’éhontés mensonges tout en accumulant d’infidèles followers.  Bref, je suivais mon petit bonhomme de chemin politique quand soudain, le dérapage : la sortie de contexte ! Quelqu’un me prit à partie, m’agressa, me postillonna dans le nez :
– q’vous foutez là ?
– vous voyez, je creuse mon sillon …
– balivernes ! C’est pas vot’ sillon !
– j’ai juste glissé  !
– sachez-le, ma chère, z’êtes dans mon contexte à moi !
– ???
– Vous êtes sortie grave du vôtre. Et ici, c’est le mien.
– Ah.
– Ben oui. Y a pas de « ah » qui tienne !
– Bon. Ben je vais retourner dans le mien, alors . C’est par où ?
– Je me marre !
– …
– Je me marre ! C’est trop facile, comprenez ? Vous sortez de votre contexte et après vous prenez l’air con ! « Ah, j’savais pas, c’est comment qu’on fait pour revenir » ? Pathétique, ma pauvre !
– OK, OK, m’énervé-je. Je fais quoi là, hein ?
– Rien, y a plus rien à faire. Quand t’es sortie, t’es sortie. C’est fini. Ça s’répare pas. On ne revient pas. Terminé.
– C’est pas la mort…
– C’est juste astigmatisant !  Ça peut être estrêment négatif ! R’gardez les autres politicards ! Z’aiment pas que ça leur arrive ! Perdent des points parfois ! Des élections ! Alors si vous voulez un conseil, dégagez, hop  ! Allez, bien le bonjour !
Je fis demi-tour et m’éloignais de lui, l’air décontracté.  Quand je l’entendis hurler :
– Et la parenthèse, c’est moi qui va la fermer, la parenthèse ?
– Vous savez quoi ? haussé-je le ton,  je vous tacle et vous retacle et bien profond en plus. Au plaisir, cher ami !
Je claquai la parenthèse avec fracas — quelques guillemets se brisèrent —  et retournai hashtaguer dans le timeline des twittos anonymes. Non mais !

Texte et dessin © dominique cozette

Ciseaux : un livre pour les fans de Raymond Carver

Raymond Carver est un auteur de nouvelles aussi  appréciées que le sont les peintures de Hopper. Tout le monde les aiment.
Un livre, Ciseaux, vient de sortir et l’auteur, Stéphane Michaka, nous fait revivre, de manière  semi-fictionnelle, les relations entre Carver — Raymond dans le livre —  et son éditeur. Et aussi ses deux femmes. Chaque protagoniste racontera une part de l’histoire. Deux nouvelles de Carver sont intégrées au livre.
L’éditeur de Carver est surnommé Ciseaux dans le milieu car il est réputé pour enlever la graisse, toute la graisse, des nouvelles qu’il édite. Il peut aller jusqu’à l’os et ça fait mal. Ça fait mal à Raymond qui ne reconnaît plus ses petits, ça fait mal à sa femme qui a toujours cru en son talent et qui voit dans ces coupes une mutilations, ça fait mal à la deuxième femme qu’il aura, pas longtemps puisqu’il mourra très vite.
Mais c’est grâce à Ciseaux que Raymond jouit d’une grande notoriété, d’où les rapports ambigus entre deux personnages. Même quand Raymond le supplie de ne pas toucher à un texte, il le retrouve, quelques temps après, amputé de plus de la moitié, avec un titre qui ne lui plaît pas.
Et Raymond boit. Boit trop. Marianne, sa première femme qui a abandonné ses études à cause de la naissance précoce de leurs deux enfants, subit avec patience les infidélités et les absences de celui qu’elle aimera inconditionnellement.
Raymond boit et c’est pour ça qu’il ne peut pas se lancer dans le roman : trop d’attention qu’il ne possède plus.
Il rencontre une femme, une fan, qui va lui redonner le goût neuf de la vie et de l’amour.
Mais cela ne résout pas ses problèmes avec Ciseaux. Un peu avec l’alcool puisqu’il finit par y renoncer. Mais, atteint d’un cancer du poumon qu’il sait incurable, il va épouser cette femme avant de mourir.
Cette poétesse devient ainsi son exécutrice testamentaire, coutisée par Ciseaux  pour qu’elle lui cède les inédits de Raymond. Elle refuse et déclare qu’elle fera publier les textes de Raymond dans leur intégralité.
( Ces textes originels existent, ils sont sortis en France l’an dernier, je ne les ai pas encore lus. Je ne connais que les nouvelles de Carver éditées par « Ciseaux ».)
Je vous parle de ce livre d’une façon assez plate, il y a des jours où je suis moins en verve, mais je vous assure qu’il est pétillant, plein d’esprit et d’une écriture plus qu’agréable.

Ciseaux de Stéphane Michaka aux éditions Fayard, 2012. 264 pages.
Interview de l’auteur ici

Texte © dominique cozette

Angot-ass.

Ce jeu de mot m’a échappé, je voulais dire : angoisse. Donc, le livre de Christine Angot. J’y suis allée de mauvaise grâce. J’ai trouvé ce bouquin sur le présentoir de ma médiathèque, mauvaise nouvelle pour l’auteure car il n’arrive jamais qu’on trouve une nouveauté disponible avant quelques mois. Je ne l’aurais pas acheté car je n’aime pas Christine Angot, sèche, cassante, peu amène et chiante finalement. Pour moi, c’était encore un truc pour se faire remarquer. Un texte en colonne mince comme une misère, écrit gros pour mal-voyants, fin comme carpaccio de flétan. En plus, pas un paragraphe, tout enchaîné pour ne pas y glisser son marque-pages
Oui mais le livre ??? Ah, oui. Ça commence mal puisqu’elle doit manger un peu jambon sur un sexe en érection dans des WC. On se dit que le monsieur a le sens de l’humour mais en fait non.  C’est de  l’amour bien placé. Le monsieur c’est papa, la jeune fille c’est Christine Angot qui, passant quelques jours de vacances avec lui dans un bled pluvieux, doit assouvir ses besoins récurrents et priapiques. C’est pas drôle, pas érotique, pas amusant. Monsieur papa se prend pour un homme délicat en ce sens qu’il éduque la sexualité de sa fille tout en respectant une sorte de promesse de bonne conscience : ne pas pénétrer son vagin avec le sexe pour en laisser la primauté au futur premier amant. Mais avec les doigts, il ne se prive pas.  Sexe oral tous les matins, la nuit aussi, l’empêchant de dormir, au volant, n’importe quand. Sexe anal, il fait de son mieux pour y arriver mais la petite est rétive et contractée.
Il lui parle en baisant de ses autres femmes, ce qu’elles aiment faire, comment elles sentent, et les compare à elle, sa petite préférée, celle à qui il peut tout dire sans crainte. D’elle, on ne sait rien. On devine à quelques hauts le coeur, positions inconfortables, demandes pour avoir une journée « sans » qu’elle vit très mal la chose, en même temps qu’elle n’aime pas que son père se fâche après elle (syndrome de Stockholm, ce genre), ce qui arrivera une première fois où elle rattrapera sa mauvaise volonté pour le faire revenir à elle, puis une seconde où, après lui avoir raconté un rêve qu’il n’apprécie pas du tout (on ne connaîtra pas le rêve), il décide que les vacances sont finies, réunit en toute hâte leurs affaires, l’abandonne sans un geste tendre à la gare  où elle devra attendre trois heures son train, sans argent pour manger. Alors elle parle à son sac.
Un livre très désespéré qui situe la victime de cette relation odieusement barbare au rang des objets sans intérêt, qu’elle décrit comme elle se décrit dans la chambre, la position de ses jambes, l’abat-jour, la pluie dehors. L’obsédé sans vergogne qui ne pense qu’à jouir — il ne pense vraiment qu’à ça — sans considérer le prix payé par sa fille pour son désir sans fin, l’asservissement total à la figure d’autorité qui par ailleurs lui parle culture et  littérature, tout en fait un livre extrêmement fort sur le mécanisme sexuel de l’inceste. Rien n’est dit du ressenti.
Mais comme il s’agit de Christine Angot, l’exhibitionniste Christine Angot, je ne peux m’empêcher d’y voir plus de provocation que de sincérité. Je me sens à mon tour manipulée par l’affaire, tombée dans le piège du voyeurisme malsain.  Littérairement parlant, ce n’est rien,  c’est propre, il y a des mots bien choisis, des virgules bien placées. Peu ou pas de points-virgules, ça tombe bien, je n’en suis pas fan. C’est vite lu, ça ne pèse pas dans le sac, et comme vous le constatez,  ça fait gloser.

Une semaine de vacances de Christine Angot aux éditions Flammarion, 2012. 140 pages.

texte © dominique cozette

Fessebouqueries #114

Semaine ta race ! Marseille continue de régler ses comptes : aujourd’hui, la déroute des Roms. Et Copé nous passe l’intolérance à la lessive plus con que con ! Petite queue d’Iphone 5 et de ses fans, et remugles d’OGM : non, on ne veut pas ressembler aux rats qui ont les boules partout !
– YH : Je ne me souviens absolument pas de mes rêves de cette nuit, mais je sais qu’ils étaient blondes avec une belle poitrine. #Mecbasik
– JPCM : Les glands qui aiment se faire carotter par la Pomme #Iphone5
– EN : Université d’été du FN à La Baule. Si tu ne le savais pas et que tu as quitté le bureau vendredi en disant à tes collègues que tu partais en week end à La Baule, good luck pour lundi matin.
– RP : Je note que dans Marion Maréchal Le Pen, il y a maréchal. Nous y voilà.
– CD : Bon y a du taff. Il faut réfléchir à un nom pour l’alliance à venir de Bayrou et Borloo….
La BAYBOR ? La BAYLOO ? La BORBAY ? Pincemi et Pincemoi ?
– JPCM : Si tu reviens, j’annule tourtes. (proverbe quiche)
– DP : R.Bachelot devrait gagner 20 000€ par mois comme chroniqueuse sur D8. Largement de quoi s’offrir un bon petit vaccin contre la grippe…
– ES : Cherche une chambre en colocation à Genève dès que possible… Je suis propre et sympa, aimant faire la vaisselle, le ménage et lécher les bottes! Budget max 500.-, adopte moi! (spécialiste du cake au chorizo/brebis)
– SG : Je ne suis pas du tout opposé à la corrida. J’aimerais juste voir plus de torreros morts.
– HPE : Plus de 5 millions d’iPhone vendus en 3 jours. Ron Hubbard avait raison, si vous voulez devenir riche, créez une religion.
– ED : Les éthylotests obligatoires, ça me saoûle….
– DC : Kippour qui contre ? (C’est fin !)
– AB : L’avantage quand on a une vie de merde, c’est qu’on s’en branle un peu que tout le monde puisse lire ses anciens messages privés FB…
– LB : J’ai testé le déo Axe Devil sur 100 femmes. Elles sont toutes tombées comme des mouches, et à la première pulvérisation dans les yeux !
– CV se demande parfois, aux bruits bizarres émanant de la cour de récré, si le collège d’à côté n’est pas jumelé avec un zoo.
– PG : Ça va enfin chier je vous le dis… le patron, que dis-je l’arnaqueur des banques espagnoles issu de Goldmann Sachs a échappé à trois tentatives d’assassinat dans le rue…. les espagnols ce ne sont pas les grecs… ça les banquiers ils ne l’ont pas compris… il faut du sang pour laver cette arnaque….. Napoléon lui-même s’y est cassé les dents…. cf. Goya…!!!! comprenez ça les financo-arnaqueurs !!!!!
– AR : ça a l’air de retomber comme un soufflé staffaire de Monsanto. Donc je me sens obligée de rappeler que quand bien même l’ingestion d’OGM ne serait pas directement nocive, le principe même : une plante qui résiste à l’herbicide Roundup et permet donc d’en arroser le champ en tuant tout autour – est déjà une des plus grosses saloperies possibles
– JL : Dans 3 jours les OGM sont inoffencifs. Dans 4 jours on nous dit qu’il faut en manger au moins 3 fois par semaine car c’est bon pour la santé. En Octobre un sondage soulignera que 83,7% des français apprécient les OGM. Affaire classée, circulez !
– FT : Personnellement, je n’ai jamais rencontré un mec de droite complexé, je veux dire complexé de la droite. Il faut croire que Copé en connaît beaucoup sinon je ne vois pas pourquoi il voudrait les décomplexer. Ce qui est sûr c’est qu’il vient de décomplexer à fond les électeurs d’extrême-droite. A croire que Copé ne les différencie pas de ses propres électeurs.
– CM : Bientôt l’Europe ressemblera à l ‘Euromillions : quelques gagnants bourrés de fric et des millions de perdants .. non au #TSCG !!
– BD: Le soleil ne vient pas de se lever et j emmerde l’ ami Ricoré.
– EL : Si je demande au chauffeur du taxi de rouler en marche arrière, est-ce lui qui me doit de l’argent ? Je vais le faire et filmer tout ça …
– JPT : A la Réunion, les magasins Score et les magasins But ont décidé de fusionner. Une nouvelle enseigne est née : SCORBUT.
– MC : Jean-François Copé souffre. Il souffre pour tous ces blancs qui chaque jour voient leur CV refusé sans autre raison que leur nom à consonance bretonne, périgourdine ou aveyronnaise. Il souffre pour tous ces Philippe, Dominique, Jacques ou Alain qui subissent les regards méfiants des commerçants dès qu’ils poussent la porte d’un magasin. Il souffre pour tous ces visages pâles qui, plein d’espoir à la lecture des annonces sur la devanture des agences immobilières, ne comprennent pas pourquoi les appartements sont déjà loués dès qu’ils demandent à les visiter. Il souffre pour la vieille dame qui s’est fait arracher sa chaîne en or dans ma rue en raison de son origine tarnaise. Il souffre pour moi qui me suis fait voler mon portable uniquement parce que je suis blanche. Jean-François Coppé est un homme courageux comme on n’en a pas vu depuis Nelson Mandela.
– FLM : Ce matin, mon garagiste me prête une voiture… je ne pensais pas que ça existait encore ce genre d’antiquité ! C’est un vibromasseur géant… quand tu regardes dans les rétroviseurs, on dirait que dehors il y a un tremblement de terre !! 🙂
– AR: j’ai caressé le projet de virer de mes fessboukamis tous ceux qui postent des filles à poil pour se faire mousser … et puis … j’ai renoncé par peur de la désertification
– HdD : Je ne suis pas raciste : j’ai des amis albinos. Et mon meilleur pote, qui est finlandais, est roux. Et donc plus blanc qu’un Français
– HD : Breaking news.Des blancs parqués dans les township de Neuilly et la Muette souffrent de l’apartheid…de quoi broyer du noir!!!! le racisme anti-blanc sévit…Michel Blanc a demandé à s’appeler Michel Noir!!
– SG : J’hésite entre Jean-Marc Ayrault malgré lui, Jean-Marc Ayrault très discret ou Jean-Marc Ayrault tique.
– PG : Alors que Sarko, petit bras, petit cul, grands talons, voulait utiliser un Kärcher, les marseillais eux, s’en sont tenus au bon vieux napalm….. J’ai bien peur que ce soit plus efficace, que ça fasse des émules et que ce soit l’étincelle qui fasse déborder le vase….
– Ivry94.fr : Interview avec deux jeunes de la cité Gagarine, qui ont sauvé des flammes une maman et son fils, mardi soir. Ivry fière de sa jeunesse….
– JCC : En chassant les roms, les arabes de Marseille ont montré leur parfaite intégration. Ils sont devenus aussi racistes que les français
– DC : Le désir d’un nouvel iPhone est plus puissant que le désir sexuel. On n’a pas vu beaucoup de gens attendre une nuit entière, coucher dehors pour tirer un coup
– HD : Breaking news Un commercial de chez Apple détient Woody Allen en otage pour lui vendre à tout prix un IPhone 5….c’est pas gagné..il en est encore à la machine à écrire!
– DP : Johnny quitte la Suisse pour revenir en France! Il a attendu que les socialistes soient au pouvoir pour ça. Est-ce vraiment bon signe?…
– YL : Nombreuses sont les femmes qui ont des placards remplis de « je n’ai rien à me mettre ».

RAPPEL : Portes Ouvertes tout le WE à Ivry, 350 artistes, le lien ici, je suis à Raspail l’ancienne Manufacture des Oeillets, atelier sur jardin, de 14 à 20 h. samedi et dimanche.

Peinture © dominique cozette

La théorie de l’information par un geek de chez geek : passionnant !

Malgré la rudesse du propos : épopée économique française, de l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’Internet au web 2.0 etc., ce livre, qui, dit-on, s’inspire de la vie de Xavier Niel, fondateur de Free, ex-nabab du Minitel rose, m’a passionnée. Ces 500 pages bourrées des technologies qu’on utilise tous ou qu’on a utilisées, et l’histoire de ce petit gars grassouillet seul comme le ver dont il essaiera de s’inspirer, sur la fin, pour encoder le monde à travers les utilisateurs de facebook  m’ont bluffée.
Ce qui me bluffe dans les livres, c’est la somme de boulot qu’il a été nécessaire d’ingurgiter pour en faire quelque chose de fluide, d’intéressant, de romançable. Moi qui n’y connais pas grand chose en théories diverses d’informations, en circulation de données, en informatique, j’ai suivi sans peine l’expansion de ce jeune puceau timide qui, surdoué, arrête les études pour monter sa boîtes en détournant les réseaux du Minitel, devient richissime à 20 ans, tombe amoureux d’une strip-teaseuse de peep-show qui lui apprendra la vie et le sexe, le présentera à un gros bonnet de la prostitution grâce à qui il pourra passer des étapes nécessaires à sa réussite.
Dans son ascension vers les sphères de la toute-puissance des nouvelles technologies, il rencontrera ou fera affaire avec des gens qu’on connaît bien comme Thierry Breton, ex-ministre, Jean-Marie Messier, Thierry Ehrmann le fondateur d’Art Price, ou Sarkozy. Il attirera à lui les plus forts dans leur domaine afin d’assurer sa mainmise sur tout. Il tombera peut-être suite à la découverte de sa proximité aux proxos mais, innocent de ce côté-là, rebondira sur un désir encore plus pointu et extrêmement fou.
Seul, obèse, vivant dans une pièce aveugle, une friche gardée ou une limousine aux vitres noires, Pascal Ertranger parviendra t-il à tenir l’univers entre ses mains ?

La théorie de l’information par Aurélien Bellanger, Gallimard, 2012.  487 pages

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #113

 

Semaine riche en nibards, en prophète et anti-corridas, en rumeurs cancéreuses, en pipolades diverses, en râleries scrofuleuses, en supermarchés mortifères…
– EL : Celui qui a écrit « les grandes douleurs sont muettes » n’a pas connu Dolorès, ma voisine espagnole
– DP : Le FN vient de nommer un « Monsieur ruralité ». Youpi, la haine est dans le pré, ça va nous changer…
– DP : J’oubliais: Le nouveau Monsieur ruralité du FN s’appelle….Blanc. Ben oui.
– DC : Le rêve de manuel Valls ? Que la droite lui pardonne d’être de gauche.
– DC : Deuil national de trois jours : la chienne de Drucker est morte !
– CP: L’état de santé de Le Floch-Prigent n’est un problème que lorsqu’il est inquiété par la justice. Le reste du temps, tout va bien…
– BD : S’auto liker sur Facebook c’est un peu comme se masturber mais devant tout le monde.
– RP : Dans Vogue, Brigitte Bardot déclare qu’elle « ne veut plus séduire, ni rien ni personne ». Message bien reçu 5/5.
– SG : Un type se fait greffer le coeur d’un autre, qui s’est tiré une balle dans la tête. Ivre de reconnaissance, il écrit à la famille (le don n’est pas anonyme aux USA), finit par rencontrer la veuve, puis l’épouser. Douze ans plus tard, il se tire une balle dans la tête. Je pense que la fille doit être un peu chiante.
– EL : Lorsqu’un végétarien est de culture musulmane, mange-t-il des œufs Allah coq ? Impossible, les talibans ont piqué tous les minuteurs pour leurs bombes
– HPE Commence à en avoir un peu marre d’entendre des gens intelligents par ailleurs scander le dogme religieux qui voudrait que « les riches créent de l’emploi en reinvestissant ». Non, les riches accumulent l’argent pour lui-même. Point barre.
– EM : J’ai tenté une vanne sur la mort d’Édouard Leclerc, mais elle a pas super marché.
– LZ : Sur la couronne qui couvrira le cercueil d’Edouard Leclerc sera inscrit : « A notre moins cher disparu »
– LZl : Édouard Leclerc : si vous trouvez moins mort ailleurs, on vous rembourse la différence.
– FG : Édouard Leclerc, le fondateur de Roc-Eclerc est mort. On n’est jamais mieux enterré que par soi-même…
– DP : Vincent Lindon: « A l’époque, y’avait des vrais prolétaires ». C’était quand? Y’a un musée quelque part?
– BL : En préambule, je conchie cette presse de fouille merde faite de closer, voici, ola, ici-paris et autres torche cul. Ceci établit je conchie encore plus la « justice » française à plat ventre devant la famille royale anglaise. Si la pouffiasse princière ne veut pas qu’on photographie ses nibards (dont je précise que je n’en ai rien à branler), qu’elle les cache, et si les français sont les salopards qu’elle hait tant, qu’elle passe ses vacances dans les brumes du pays de galles. Ca fait des jours qu’on nous gonfle avec ça alors qu’il y a tellement de sujets bien plus graves, alors que des affaires judiciaires graves trainent depuis des mois et des années, notre système judiciaire n’a rien trouvé de mieux que de statuer sur les nichons d’une connasse si royalement baisée fut elle. Justice de classe ? Qui a dit justice de classe ? En comparution immédiate pour outrage, non mais
– HD : Grosse discussion avec une copine qui s’est acheté le Vidal …cette hypocondriaque a toujours les derniers maux!!!
– DC : Closer vs Kate, on s’en bat les nichons, franchement, on en a déjà vu et il y a des choses plus importantes à traire, non ? J’ai dit traire ? Flûte, je voulais dire traiter.
– TG : Être célèbre sur Twitter c’est un peu comme avoir le plus grand pénis à la maternelle, c’est assez impressionnant mais inutile..
– CR : dans la série  » les honoraires des médecins dans le collimateur », aujourd’hui une épilation du maillot coûte plus cher qu’une coloscopie ..
– DP : Libé contraint (par l’affaire Arnault) d’annuler son supplément montres. Julien Dray s’abonne au Figaro.
– WF : Pour des raisons de sécurité, le personnel de Charlie Hebdo a évacué tout le monde des locaux et est en train de mettre le feu à l’immeuble.
– WF : Je viens d’accrocher une caricature de Mahomet en train de se masturber sur la porte de Hélène Ségara. Non, ne me remerciez pas.
– OK : Avec ma sonnerie de téléphone  »bruit d’assiettes cassées » , j’impressionne pas mal à la cantine !
– WF : « Le droit de vote aux étrangers ? Ah ouais ? Et pourquoi pas le droit de vote aux femmes tant qu’on y est ? » Éric Zemmour, philosophe.
– RJ : « L’islam n’a rien a faire en France, il est né en Arabie, dehors! » Ah parce que le christianisme est né en France? Ou ça en ardèche? ^^
– HD :  Les Parisiens font l’amour au bureau et accouchent dans le métro!!!le prix des logements va t’il baisser??
– ED : sont relou, Charlie Hebdo… Charb sous protection policière…. c’est qui qui paye sa protection? c’est nous….on est obligé de raquer pour leur soit disant provoc…. Pinaize, le professeur Choron aurait jamais accepté d’être protégé par les flics…. il aurait préféré crever, lui….
– DP : Au fait, qui va héberger l’équipe de Charlie, cette fois?…Je propose que France Inter s’y colle, après tout, c’est Val qui les a formés…
– MC : Goudrons. Monoxyde. Carbone… Pas d’OGM dans mes clopes, une journée qui commence bien.
– EL : Au Québec, on ne retrouve pas de SDF morts de froid dans la rue en plein hiver… On les retrouve au printemps, quand la neige a fondu.
– TG : le premier ministre va faire interdire l’importation des produits contenant des OGM, SI les preuves de leur toxicité est avérée…. pardon? il ne va pas interdire les OGM d’abord, par mesure de précaution? elle n’est pas avérée, la preuve?
– JDF : Selon des sources proches du laboratoire les Bogdanov n’ont toujours pas réintegré leur cage du labo de Séralini. #ogm
– LG  : Au café : « Tiens, ils parlent de Sheila dans le journal ! – Elle est morte ?! – Non, elle donne un concert »
– NP : Mon Diiiiieu l’iPhone 5 is arrived ! Il fait le ménage ? La bouffe ? Il fait de la réflexo plantaire ? Des massages de tête ? La café ? Les courses ? Manucure ? NON ?! Alors non.
– BD : La Journée Mondiale de la Paix et la Journée Mondiale d’Alzheimer tombent le même jour… Ca fait réfléchir.
– CA : Alors du coup un #FF spécial pour les taureaux: Les gars, embrochez du toréador, y’a que ça qui pourra faire bouger les choses
– DC : Ah flûte, j’avais oublié : c’est la journée de… ah, j’ai encore oublié.
– JPW : Cette semaine, manifestation à Monaco pour la défense des retraites. Le Cartier a été bouclé !
– GR : les Japonais n’auront plus besoin d’aller aux Folies Bergère, seins nus, les Femen ouvrent un centre à la Goutte-d’Or
– AC : Le hipster à côté de moi dans le métro tricote. Ça va trop loin, là.
– MP : J’espère qu’on aura le temps de rembourser la dette avant la fin du monde.
– ML : Véronique Genest fait honte à la communauté rousse.
– Gaspard Proust : Quand je vois la débauche d énergie que mettent les salafistes à promouvoir un film qu’ils détestent, je me dis que certains attachés de presse parisiens doivent avoir les oreilles qui sifflent

Peinture © dominique cozette

INFO : EXPO LE WEEK-END PROCHAIN :
Plein Feux sur Ivry vendredi, samedi et dimanche
350 artistes dont moi-même dans mon atelier sur jardin.
Programme détaillé ici, cliquez sur Raspail.

Toujours aussi singulière, Jeanne Benameur !

Des amies m’ont fait découvrir cette auteure il n’y a pas si longtemps avec le superbe livre les demeurées qui contre les rapports d’amour entre une mère et sa fille, deux sauvageonnes marginales où vient se glisser la bonne conscience d’une assistante sociale pour leur grand malheur. Eloigner la fille de la mère par la différence du savoir qu’elle ramène de l’extérieur, et de l’extérieur aussi qu’elle rapporte à la maison, collé au petit cartable qui semble une muraille d’incommunicabilité définitive entre ces deux êtres exclus(ifs). La petite fille trouvera une très belle façon de se sacrifier pour sauvegarder le lien. A lire absolument, l’écriture est magnifique !
Les insurrections singulières sont taillées dans la même étoffe, les vies de peu, le lien ou le non-lien, les amours impossibles, le savoir et ses dégâts collatéraux. Le héros, Antoine, quarante ans, revient vivre chez ses parents, ouvriers à la retraite, parce qu’il s’est pris un énorme râteau avec celle qui semblait être la femme de sa vie, enseignante, touchée par le côté prolétaire de son amoureux. Parce qu’Antoine a refusé les études, contrairement à son frère qui a une belle situation, une femme, des enfants, une ligne de vie. Antoine a été plaquée parce que Karima, au bout de quatre ans, s’est lassée de l’ouvrier sans discours, sans militantisme, sans besoin d’en découdre, ne lisant pas non plus et toujours en retrait.
retourné à l’usine sur les traces de son père, menacé de licenciement pour  cause de délocalisation et mondialisation, usé de n’avoir plus de désir, laminé par la perte d’amour, il accompagne sa mère au marché de Montreuil où elle vend gaiement de la mercerie. A côté, un vieux sympa style bouquiniste qui réussit à le faire s’intéresser à quelque chose : l’histoire du fondateur de son usine qui créa une ville à son nom au Brésil. Le désir (de bouger) lui vient d’un coup. Il prend ses indemnités et, accompagné du vieux Marcel, se rend au Brésil où il va enfin vivre sa révolution personnelle.
Ce livre, c’est une ambiance, une sincérité, une vague tristesse et surtout une belle plume. Ses sans grades sont touchants, dignes et partageurs.

Les Insurrections singulières de Jeanne Benameur chez Actes Sud 2011, 200 pages. Les Demeurées, Denoël 2001.

Texte © dominique cozette

Luttons contre le présentéisme !

La SNCF en a marre de voir des cadres qui traînent après avoir fini leur travail. Ça ne sert à rien. Elle a dit, la SNCF, qu’elle allait lutter contre. Elle appelle ça le présentéisme. Et que c’était mieux que les cadres rentrent chez eux pour s’occuper de leur famille. QUOI ? M’occuper de ma famille ? Et puis quoi ?
Du temps où je bossais, particulièrement dans les années fastes, 80, 90, c’est vrai, les cadres traînaient au boulot. C’était l’époque fléchettes, enculette (c’est juste un jeu idiot), et autres loisirs servant prétendument à décompresser. Plus les pots de toutes sortes pour fêter tout et n’importe quoi. C’était autant de bonnes excuses pour ne pas avoir à rentrer à la maison et aider aux tâches ménagères. La plupart des hommes, ça les emmerde de faire les courses, veiller à ce que les petits aient fait leurs devoirs, leur donner le bain, mettre le couvert, faire cuire le bifteck.
la femme, elle, ça la passionne ! Enormément ! Ces tâches journalières et répétitives sont l’essence même de son existence ! C’est pour ça que la femme cadre qui, en tant que cadre n’a pas l’horaire rigide, est écartelée entre le devoir professionnel qui lui demande, si elle veut un jour percer le plafond de verre, de rester après 18 heures comme ses confrères les mâles —  on n’est pas à la Sécu qu’on lui dit pour la culpabiliser —, et le devoir bonnichien qui l’exhorte de toutes ses trompes (de Fallope) à rentrer dare-dare clito-clito là où est sa place : près des robinets (évier, baignoire).
Donc la SNCF va foutre sa zizanie. Mais alors, que vont faire nos cadres déstabilisés par la suppression de ce temps flottant bien au chaud au boulot décomplexés de la glande ? Eh ben moi je vous le dis : ils vont aller s’arsouiller au bistro. Comme jadis nos grands-pères ! Qu’est-ce qu’elle croit, la SNCF ? Qu’elle va, en un coup de clic sur le bouton à envoyer des circulaires qu’elle va régir la vie domestique de ses employés ? Que papa va rentrer avec une botte de poireaux calée dans son sac à ordi ? Qu’il va avoir la bonne idée de passer à Carre-Ouf City ou Market en ayant pris soin le matin de lister ce qui manque ? Qu’il va brandir le plumeau parce qu’il a remarqué un peu de poussière sur son installation de home cinéma en plastique laqué noir ? Qu’il va emmener son aîné chez l’orthophoniste et tant qu’on est puisque c’est à côté, prendre la petite à la crèche ?
Mais je me trompe peut-être. Je l’espère. L’intention SNCFiste est bonne. La nouvelle tendance à rentrer tôt va peut-être ringardiser tous les traîne-savates. Et ceux qui s’exclameront « une réunion à 18 heures ? Et pourquoi pas des dossiers à faire à la maison ? » deviendront les nouveaux cadres  modernes et responsables dont les médias, ravis de la naissance d’une nouvelle tendance socio-cul, s’empareront pour faire leur beurre, tandis que Jean-Claude Kaufmann se hâtera de sortir son ouvrage « le retour du père au nid » bientôt en piles incontournables dans les Relay de toutes les gares SNCF de France.

Texte et dessin © dominique cozette

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