La fille d’Ipanema c’était moi
sur cette immense plage en émoi
se balançaient ma croupe
mes jolis seins de soie
et l’océan bouillait sous mes pas
se balançaient ma croupe
mes jolis seins de soie
la fille d’Ipanema c’était moi…
Marie-Nathanièle se propose de vous accompagner dans l’exploration de la matière corps selon son acception d’enveloppe de densité (dansité) spatio-spirituelle avec pour objectif fondamental le retour à la source de la gestuelle (j’est-ce-tu-elle) moi-nous, dont les premiers strates se traduisent dans la cosmogonie originelle par la défécation primale de l’oestrus incestueux qui participe de l’improvisation vitale imprimée (in-primée) en-deçà de la représentation sociétale de tout être résolument expressionnel. Tenue correcte exigée, pas de maquillage ni de laque. Résultats garantis en trois séances. Chaque stagiaire repartira avec son nouveau moi-nous et un guide d’approfondissement de son exploration individuelle.
« …Depuis quelques temps, Damien est aussi fabricant de buzz, un métier payé à la pige, plus des commissions.(…) Damien intervient sur des sites d’agences de voyages pour expliquer que, contrairement à ce que racontent d’autres clients de l’hôtel Pink Paradise, dans un village mexicain au sud de Cancun, la plage n’est plus recouverte d’algues putrides et la clim a été réparée (…) ou que la version 2 d’un smartphone chinois a été débarrassée des bugs de la version 1. Quand il a un peu de temps, Damien est plus subtil. Sans quitter son deux pièces parisien, il fabrique un blog de voyage perso, très cool et déjanté. Il y raconte son séjour dans un village de Cancun : journée de rêve sur la plage hyperclean (pas une algue), puis fête de folie dans le jardin exotique d’un hôtel très joli, juste à côté de la plage… D’autres professionnels, basés à Séoul ou à Bucarest, se chargeront du référencement pour que le blog de Damine apparaisse sur la première page de Google quand on tape le nom du village mexicain. Demain, Damien écrira un article sur le smartphone chinois version 2 et le fera circuler dans la blogosphère high-tech via flux RSS et alertes Twitter, en faisant croire qu’il s’agit d’un scoop trouvé dans un webmagazine allemand. Si ça ne marche pas, l’agence (qui fait bosser Damien) placera le texte de Damien sur trente blogs d’un seul coup, en tant que billet sponsorisé. Il y a aussi un budget pour ça. »
« Il n’existe pas, dans tout l’univers, de camelote plus infecte et de travail plus bâclé que le corps humain. A elles seules les oreilles, collées au crâne n’importe comment, suffiraient à le disqualifier. Les pieds sont ridicules, les tripes répugnantes. Réduites à l’état de squelette, toutes les têtes ont un rictus parfaitement déplacé. Les êtres humains n’en sont pas entièrement responsables. La vérité, c’est qu’ils n’ont pas eu de chance avec l’évolution. »
Maria Ninguem, Carioca installée à Sedan, le crie haut et fort : Non aux retouches ! C’est à cause de ça qu’elle a quitté Rio. Toutes ses copines étaient refaites et bien refaites, et elle, naturellement belle et gaulée, ne présentait pas plus d’intérêt qu’une paire de bas pour un tamanoir. Elle s’est dit comme ça : allons en France, les Françaises ne sont plus si belles que leur réputation ne le laisse accroire (en fait elle s’est dit que dans ce pays de radasses qu’est la France, elle avait sa chance). Et puis c’est la longue histoire des aléas de chacune de nos vies, elle se retrouve à Sedan chargée d’accueil dans une boîte d’allumeuses (fabrique de lingerie fine) et accessoirement mannequin cabine pour les gros cochons du cru qui prétendent avoir de superbes cadeaux à faire à leur chérie alors qu’en fait ils vont se masturber fébrilement dans les slips et les soutifs qu’elle aura exhibés devant eux. Bref, elle s’est un peu loupée, notre Maria Niguem de Rio. Mais pas ses employeurs. Quand ils ont besoin de refaire leur catalogue, ils sont contents qu’elle « sorte » parfaitement au poil sans aucune retouche. D’abord, ça coûte moins cher, et puis ils n’ont pas à apposer cet infâmant macaron « photo retouchée » qui jure tellement avec l’éclaté fluo des promos, le prix barré et la loupe de grossissement de l’étoffe. Croyez-le ou non, Maria Niguem a la nostalgie de son beau pays. La saudade, en brésilien.
La scène se passe dans un ravissant village haut perché de l’Ardèche méridionale, à Banne, sous le cagnard. Il fait tellement chaud que tout mouvement est interdit sous peine de se dissoudre dans une cascade de sueur. Pourtant, l’immobilité des chalands nous inquiète et leur silence itou. C’est alors que nous constatons qu’il s’agit de personnages en papier mâché, saisissants de réalisme. Si la photo en montre quatre, sachez qu’une vraie bande de ces héros sympathiques s’active, façon de parler, dans tout le village. Un mécano se gratte l’occiput devant le moteur d’une vraie bagnole, trois vieilles sur un banc regardent passer les couillons que nous sommes, un peintre, une nana perchée sur un mur nous leurrent à un point tel que nous finissons par regarder de vraies personnes sous le nez pour nous repaître de leur perfection. L’artiste accoucheur de ces « présences » comme il les appelle, est sétois, il s’appelle Joel Bast et click ! vous arrivez chez lui. Il fait aussi de l’événementiel pour mes amis pubeurs que ça intéresse. Un petit déplacement à Sète pour un casting, c’est pas désagréable, non ?
Voilà un garçon de la campagne américaine, disons un red-neck tiens, je le verrais bien ressembler à Ricky Nelson avec un rictus sur la lèvre et un Stetson délavé. Le mec qui peut plaire mais, ah flûte, il a pas de blé. Enfin si, il le cultive même, ce qui ne suffit pas à faire de la thune. Alors qu’est-ce qu’il veut ce garçon ? A quoi il rêve ? Aux filles de la ville, ces filles formid qui couchent, ah ça, pour coucher, elles couchent ! Mais au petit matin, pfffuitt !, tap-tap sur l’oreiller déserté, plus personne, elles se sont barrées. C’est qu’il voudrait tant la retenir, celle-ci là, qu’il a levée au diner hier soir, elle est si bonne ! Ce qui est ballot, c’est qu’il ne puisse lui offrir ni diamant ni truc sublime ! Ah, une idée : il va chanter pour elle en espérant qu’elle restera. Sacrée fille de la ville ! (A mon avis, mais c’est très personnel, elle est mal barrée, cette affaire).
Cunégonde Lingus, que sa mère a toujours surnommée Cunny, arrive en France à l’âge de 18 ans. Elle parle un français de cuisine qui lui permet de se faire des amies. Très vite elle comprend que de se décliner sous l’appellation de Cunny Lingus a quelque chose d’explosif. Elle s’en ouvre à sa mère qui, ne connaissant pas la pratique en question, lui raccroche au nez. Puis, s’étant elle-même renseignée sur son Internet local (les nanas de son village qui piapiatent au troquet), elle la rappelle pour lui conseiller de se marier au plus vite. Hé bien figurez-vous que c’est ce qu’elle a fait : elle a trouvé dans le RER un grand gars d’Ozoir-la-Ferrière qui s’appelle Baptiste Moudu. Elle s’appellera donc Cunny Moudu, ce qui est presque tout à fait acceptable. Et bien que Baptiste Moudu ait clamsé lors de la fête du mariage car son témoin, voulant jouer à Guillaume Tell (voire à William Burroughs mais ce nom ne lui aurait rien dit) lui a explosé la tête. Cunny, vierge et veuve, ne fera pas annuler son mariage et pourra mener la vie normale d’une jeune fille d’aujourd’hui sans qu’on pense à mal lorsqu’elle déclinera son nom. A moins qu’on ait l’esprit vraiment mal tourné.
Un séminaire pour cadres en 2006 : « On allait nous expliquer comment mettre sous tension nos collaborateurs. On a commencé par nous mettre sous les yeux la pyramide des âges, auteur des 50 ans. L’animateur a dit : « Vous voyez où est le problème ? Le problème, c’est vous ». La centaine de cadres réunis ce jour-là en a le souffle coupé. Les plus zélés s’en sortiront peut-être. A condition de suivre la méthode : « Vous devez travailler au corps vos équipes pour en faire partir le plus possible. Suggérez-leur des reconversions, par exemple ouvrir une chambre d’hôte ou un club de plongée. N’hésitez pas à les coincer sur les horaires ou à surveiller les mails et les communications téléphoniques pour les prendre en faute ». Cette histoire ne se passe pas dans un pays totalitaire, émergent ou lointain. Un pays sans lois sociales. Ça se passe en France, chez France Télécom précisément et c’est rapporté par un cad sup, ingénieur, 25 ans d’ancienneté, dans un article du Nouvel Obs du 17 septembre. Allo ? Y a quelqu’un qui cause ?
Vous vous voyez là-dedans, vous, amis de mes amis ? J’sais pas mais c’est un peu gratiné, comme look. Des milliers d’heures de broderie à la main, au fil d’or, une queue de pie (la pie vole, la pie rit, la pie caquète bref la pie culture), des poignets du même bois, le bedon bien dégagé, pas intérêt à exhiber son cal de comptoir ! Voyez aussi ces deux médailles en chocolat, qui, sans vouloir critiquer, jurent, non pas fidélité, mais inesthétiquement avec l’ensemble des motifs. Je vous fais grâce du chapeau, de l’épée et tout ça. Pour obtenir ça, on se bat, on ourdit, on trame, on trahit, on abuse, on berne, on dupe, on filoute, on roule, on bluffe, on suborne, on déjoue, on spécule, on combine, on flatte, on intrigue, on conspire, on manigance. J’imagine que le paquet de bonbons qu’on reçoit en récompense doit valoir le jus. Moi, personnellement et je parle juste en mon nom, je trouve ça ridicule, ces vieux messieurs (il y a des dames aussi) qui jouent encore avec des panoplies, pour consoler le petit garçon qui est en eux et qui se faisait niquer dans la cour de récré. Remarquez, pendant ce temps-là, avec ce beau costume, ils font pas de bêtises.