Lolito

Je ne vois pas trop pourquoi ça tombe sur moi. On a toutes fait la même chose. Après notre rude journée de travail — je bosse dans une société de service dont je tairai le nom — on a fait comme d’hab avec les copines. On est allées chez Patrick, le troquet d’en face, s’en jeter un, puis deux, puis trois puis finalement pas mal car on était une équipe de sérieuses et on n’avait pas envie de rentrer tout de suite. Puis y en a une qui a commencé à lorgner un mec qui lisait l’Equipe, une autre qui se frottait au chambranle de la porte comme Arielle Dombasles dans le film mémorable de son mari BHL, et une troisième qui hurlait à la lune, alors que la lune n’était que le vulgaire (enfin pourquoi vulgaire, direz-vous) réverbère de la rue. J’ai compris qu’elles étaient en chaleur, c’est normal, après des journées pareilles, il faut bien que le corps exulte.
Alors on est allées, oui, toute la bande, chez Monsieur Jacques, recueillir un peu de tendresse là où ça manquait. Oh, qu’ils étaient croquignolets, tous ces petits mâles qui nous tendaient les lèvres et les bras. Mon choix se porta sur un nouveau, Jon il s’appelle, trop cute avec ses petites dreads et ses biscottos de frimeur en herbe. Je n’ai pas été déçue, il s’est occupé de moi comme personne. Il a fait tout bien, style tendre voyou vous voyez ? Bref, tout s’est bien terminé. Sauf qu’aujourd’hui, tout le monde m’emmerde parce qu’il paraît qu’il n’avait pas 18 ans ! Pas 18 ans, Jon ? Et alors, on n’a qu’à abaisser la majorité des beaux petits mecs, ça paraît simple, non ?

Texte et dessin © dominiquecozette

Quoi, mon sac, qu’est-ce qu’il a mon sac, m’sieur Perec ?

« Je persiste à me demander pourquoi tant et tant de gens sont fiers d’exhiber des sacs portant le monogramme de leur fabricant. Que l’on attache de l’importance à avoir ses initiales sur les objets que l’on affectionne (chemises, valises, ronds de serviette, etc.), pourquoi pas, mais les initiales d’un fournisseur ? Vraiment, ça me dépasse. » (Perec)

«  La mode est généralement saisonnière. Elle pourrait être mensuelle, hebdomadaire, ou mieux encore, quotidienne. Par exemple, il y aurait les habits du lundi, les habits du mardi, les habits du mercredi, les habits du jeudi, les habits du vendredi, les habits du samedi et les habits du dimanche. Même chose, évidemment, pour tous les autres faits de mode. L’expression « être au goût du jour » prendrait enfin un sens strict. » (Perec)

Ha ha ha !!! J’adore le terme de fournisseur ! Gucci, Chanel, Vuitton, Hermès, mes fournisseurs. Je dis « mes » mais je n’ai pas de sacs siglés, ni de faux sacs faussement siglés. Enfin, si, j’ai des pochons FNAC, parfois, ce genre, mais ils finissent vite à la poubelle. Des sacs de fournisseurs…Le blé qu’ils font là-dessus, les nanas sont folles !

Texte © Perec, peinture bidouillée © dominiquecozette

Sauve qui peut (la vie)

« Godard. Je l’ai vu une fois à Paris. Il n’avait pas de scenario. Il m’a montré un truc assez court sur une K7. Il m’a dit : »c’est le film. » Puis je suis allé le voir en Suisse. Il est venu me chercher à l’aéroport. Dans la voiture, c’était bien parce qu’il ne parle pas et moi non plus et le seul truc que j’aie trouvé à dire c’était : « c’est vert », parce que je trouvais sur la route que tout était vert. Il m’a dit : « C’est bien, vous avez compris le film ». Le soir même, il nous a fait faire une rédaction. Il y avait Nathalie Baye, Isabelle Huppert et moi. Racontez le film que nous allons tourner. Moi, comme j’avais dit : « c’est vert », j’en ai été dispensé. Bon sansg, mais c’est Godard. »
« Travailler avec Godard, c’est être dirigé par un très grand chef d’orchestre mais il faut être un bon musicien, parce qu’il oublie de vous donner la partition. »

Texte © Jacques Dutronc
Photo © dominiquecozette, sculpture de la ferme aux Crocodiles.

(Si demain vous n’avez pas de blog, allez vous plaindre auprès de la SNCF, merci).

L’autre docteur Freud

Vous vous trouvez grosse ? Vos cuisses vous paraissent énormes ? Votre ventre vous semble pendre sur vos gras genoux ? Vos seins vous sont comme deux planètes felliniennes ? Le tour de vos bras est monstrueusement comparable au tour de hanches de mannequines ordinaires ? Et votre tour de taille est enfoui sous le plissement hercynien de votre torse ? Et votre peau !!!  Votre peau, parlons-en ! Où est la lissitude enviable car photoshopée des moindes égéries sur papier glacé ? Quelle est cette pauvre enveloppe charnelle distendue irrégulièrement, semée de plaques rougeâtres, de vagues hématomes, de réticulations veineuses bleutées ou violacées, de parties blanchâtres ou verdâtres selon la pression sur elle exercée. Votre visage lui-même, recouvert de cette même matière, vous apparaît-il indigne de figurer  sur la carte de bibliothèque d’une modeste commune suburbaine ?
Homme, vous-même, ne vous voyez-vous pas flatulent, ventripotent, variqueux, mou du gland et des bourses, las du regard, gras de la paupière et clairsemé du cheveu ?
Alors, hommes, femmes désappointés, complexés, ankylosés, voici le remède pour vous remonter le moral : aller voir ce bon docteur Freud. Pas n’importe lequel. Le petit-fils, alias Lulu, oui, le peintre là, qui expose à Beaubourg et qui fait rien que de nous montrer de sublimes monstres de laideur. Allez-y voir, je vous jure, vous vous trouverez d’un seul coup très acceptable voire carrément baisab’. Hummmm, quelles chairs, ma chère ! Trop beau aussi les feuillages, les toitures, tout quoi ! Lifting du cerveau en même temps…

Pour voir plein de tableaux (et pas que ceux de Beaubourg)  cliquez ici.

Texte © dominiquecozette
Dessin très modestement d’après Lucian

Remèdes de bonne femme

Fillette de huit ans.

Entendu sur Inter cette semaine : les divers polluants, pesticides entre autres, de nos grosses industries pétrochimiques multinationales, ultrapuissantes et sans contrepouvoir commencent à faire éclore ça et là sur terre de nouvelles femmes. Chouette vont se dire les gros machos et les champions de golf toujours à la recherche du 19ème trou. Eh bien pas chouette du tout, car les produits ainsi balancés dans la nature, c’est à dire partout, provoquent chez les fillettes des pubertés précoces. A huit/neuf ans, ce sont des petites femmes parfaitement équipées … Pas du tout réjouissant.
Certains vont me dire : on s’en fout, que ça leur arrive plus tôt, quelle importance ?
Alors en voilà une autre, pour vous les hommes,  qu’on a développée dans le spectacle des 3 Jeanne, d’après des documents scientifiques et avérés : ces saloperies rejetées par la pétrochimie sont en fait rien de moins que des sortes d’oestrogènes. Et alors ? Alors ça commence à contrarier la testostérone et à déviriliser nos amis les hommes. Les spermatozoïdes sont bien moins nombreux qu’avant et ça ne s’arrange pas. Chez les oiseaux, les mâles se mettent à couver, du moins ceux qui ne le faisaient pas. Notez, c’est peut-être que d’un seul coup une bonne conscience s’est emparée d’eux .
Alors que faire ? Rien. Parce que si l’environnement est saturé d’oestrogènes, qui va en profiter ? C’est bibi ! Finie la ménopause ! Finies les bouffées de chaleur et l’ostéoporose ! Les mémères vont se rebiffer ! D’ailleurs, c’est déjà fait, les cougars guettent leurs proies… des proies qui en ont encore dans la culotte, mais jusqu’à quand ?

Texte et dessin © dominiquecozette

Golden (para)chute

Monsieur T. était serein. Ses actionnaires heureux. Ses reprenneurs satisfaits. Toute sa production avait était délocalisée. Oui, toute, même le département luxe. Il allait pouvoir repartir sur un autre projet, une énorme restructuration qu’il était le seul à pouvoir réussir. Il avait les couilles pour ça. Il ne lui restait qu’à sauter de ce beau jet et se laisser porter par le mirifique golden parachute qu’il avait bien mérité. Le plus vaste de toute l’histoire des golden parachutes. Un record dont tous les medias du monde ferait état dès que. Dès qu’il s’ouvrirait, ce putain de bordel de parachute !
– Que se passe t-il ? se demandaient, inquiets, ses observateurs derrière leurs jumelles.
Ah, ça y est ! Ouf, putain ! Le stress ! L’énorme parachute blinguissime finit de s’étaler dans l’éther dans un bruitage soyeux. Monsieur T.,  qui n’en était pas à son premier saut,  avait déjà le projet de sortir le cigare mahousse qui portait son nom afin de montrer à ses pairs qu’il avait  la situation bien en main. Mais au lieu de ralentir, la chute s’accéléra et oh ! mon Dieu…
– Oh mon Dieu ! s’écrièrent les observateurs derrière leurs jumelles en même temps que leur sang se glaçait d’effroi.
A la vitesse de la lumière, et alors que le parachute s’était mis en torche, monsieur T. admit que l’idée de délocaliser la production luxe — notamment les golden parachutes — en Erythrée était une erreur. Il envisagea le limogeage immédiat de son service export et la mise à pied du foreign manager pour faute grave. Mais, la croûte terrestre se rapprochant dangereusement, il réalisa qu’il était trop tard pour ce genre de décision. Il ressentit une profonde nostalgie pour la fête de ce soir, espéra qu’ils viendraient nombreux à ses obsèques, déplora néanmoins les futurs sarcasmes des journalistes et humoristes de merde à son endroit. Il s’autorisa un pet — a golden fart —  ce qui le fit sourire au moment où il toucha terre. Pour la première fois de sa vie, il s’écrasa.

Texte et dessin © dominiquecozette

Baisers volés

Lettres des années 60 :

« Je suis toujours avec Pierre S. Je l’aime de mieux en mieux. Au début, j’étais allée avec lui comme ça, faute de mieux, mais maintenant, je ne regrette pas. Il m’aime bien, je crois et plusieurs fois m’a demandé si ça me plairait de me marier avec lui. Au début je lui disais et me disais : « l’est pas fou ? » mais maintenant j’aimerais bien. Je ne lui dis pas car d’ici quinze jours, ça ne me plaira peut-être plus…(…)  Dis-toi bien que c’est drôle car en ce moment je pense sérieusement à me marier (surtout avec ce que tu m’as dit pour l’EFAP, je ne sais plus quoi faire à la rentrée. D’ailleurs tout le monde ici me dit que je suis tombée sur un mec bien, le mieux peut-être de la vallée, je vais finir par le croire. Enfin, rien n’est encore sûr. …(…) Ce n’est plus la grande entente avec Pierre. Le soir même de la lettre on se disputait  et ça a été fini pendant deux jours. Maintenant, ça a repris mais l’équilibre reste précaire, je reste à l’hôtel de Paris et je vois Pierre deux minutes par jour, il vient me dire bonsoir en passant au Bivouac. Tout change. »(Monica, Chamonix 68)

« Il y a des moments où je me demande si je vais pouvoir supporter son absence cinq minutes  de plus. J’ai l’impression que je vais en mourir. Et puis cinq minutes passent et je suis toujours vivante » (Marianne 66)

« Je vous écris pour vous dire que je vais me marier avec Christian (…) J’ai enfin trouvé du travail, je suis vendeuse chez Prébac, à Alésia, rue du Général Leclerc. Je m’y plais bien car c’est un magasin de jeunes et qu’il y a une ambiance sympathique avec les vendeurs et vendeuses. J’ai hâte d’être au 30 avril car Christian est un garçon vraiment formidable malgré qu’il ne soit pas très yéyé. Mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir. » (Brigitte, Chatenay-Malabry 66)

« J’ai apprécié le tact avec lequel il a ébauché le flirt. Il est terriblement doux. Cela n’a rien d’extraordinaire, mais cela devient tellement rare à notre époque, qu’on apprécie plus. J’ai horreur des « types-qui-t’embrassent-fougueusement » du genre tu m’plais, j’te désire et point final !…Je n’ai pensé à personne d’autre pendant toute la nuit dans le train, bien que je l’aie passée dans les bras d’un certain Patrick F, mignon, yéyé dans la juste mesure, sympa et très vivant. Merci à lui de m’avoir un peu (très peu) adouci la séparation ! » (Caroline, Noisy 67)

Ça me fait toujours marrer de revoir comme on vivait l’amour à l’époque. On avait beau aimer terriblement un garçon, on ne se privait pas de papillonner à droite à gauche… On ne s’encombrait pas trop de principes, finalement, on cueillait les aventures comme elles arrivaient, avec beaucoup de légèreté. Antoine avait beau chanter la pilule , elle n’était pas encore en vente dans les Monoprix. La révolution sexuelle commençait à s’ébaucher mais le flirt restait la pratique principale. Ça ressemblait à Baisers Volés de Truffaut ou Féminin-Masculin de Godard,

Texte collectif. Dessin © dominiquecozette

Astrid Wendlandt, une vagabonde chez les Nenets

Astrid Wendlandt

Très beau livre d’Astrid Wendlandt sur  les Nenets, derniers nomades du grand nord sibérien (prononcez « nénettes »). Astrid est une grande belle nana toute blonde qui partage son temps entre Paris, le Canada, les Etats-Unis, la Russie, Londres etc. Elle est polyglotte, curieuse, sportive et aventurière, elle a été correspondante pour le Moscow Times puis le Financial Times. Elle est actuellement journaliste à l’agence Reuters.

« Assis sur le plus grand gisement de gaz de la terre, menacés par les changements climatiques, les Nenets sont parmi les derniers autochtones à défendre un mode vie ancestral au nord du cercle polaire.
Astrid Wendlandt a nomadisé avec eux dans la toundra hostile que la folie des grandeurs soviétique a désespérément cherché à coloniser. Elle a partagé leur vie de longs mois pour tenter de comprendre comment la culture nenets a survécu alors que celle des Inuits de son pays, le Canada, a été dissoute dans le whisky, le cholestérol et la social-démocratie.
Le mystère des Nenets, leurs croyances et leurs coutumes invitent à penser qu’il reste encore quelques arpents de la planète où la beauté, la magie et le sacré sont à portée de main. » (Texte © quatrième de couverture et photos © du livre).

Au bord du monde est  un récit passionnant qui nous colle face à des personnages d’une force exceptionnelle, leurs difficultés à transmettre quand des hélicos viennent leur arracher leurs enfants pour les emporter très loin, dans des écoles où ils apprendront qu’une autre vie peut être envisagée, leur résistance au géant Gazprom qui menace leur territoire et leur autonomie mais aussi aux ponts d’or faits par les Chinois pour obtenir les bois de leurs précieux troupeaux (devinez pourquoi). Une sacrée existence. De plus, Astrid possède une plume hors du commun, c’est un vrai bonheur que de plonger avec elle dans cet univers étrange et impressionnant. A lire de toute urgence, foi de Cozette !

Pourquoi les femmes font l’amour ?

Bonne question. Et très nombreuses réponses : 237 exactement, apportées par deux psychologues de l’université du Texas, Cindy Meston et David Buss, après avoir interviewé 1006 femmes. C’est assez amusant car c’est vrai que faire l’amour peut répondre à des motivations qu’on aurait honte d’avouer, comme se venger de quelqu’un, voler un homme à une autre femme ou accepter l’amour d’un homme moins bien parce que les autres sont pris. Il y a, bizarrement, la migraine,  hé oui, qui peut passer grâce aux hormones secrétées pendant l’acte. L’argent, la drogue, un cadeau ne sont pas des raisons négligeables.
De plus sordides raisons sont celles liées à la coercition comme la violence, le viol, le chantage. Pire, mais côté femmes : vouloir refiler une MST. Certaines font ça à la suite d’un pari, ou parce que c’est le seul moyen de passer un moment avec le monsieur, ou encore en espérant se l’attacher de façon durable.
Des raisons plus banales : parce qu’il a de beaux yeux, qu’il est intelligent, que ça fait maigrir, pour se réchauffer. Mais aussi pour faire son devoir ou empêcher son homme d’aller chercher ailleurs.
Je n’y ai pas vu une raison assez classique : parce que c’est plus simple de dire oui. Ça existe !
Mais qu’on se rassure, Arthur et les autres : les deux premières raisons citées par les femmes sont le plaisir et l’amour.
Il y a pas mal de sites qui racontent cette étude, en voici un. Un bouquin est sorti également en 2009, je ne pense pas qu’il ait été traduit, d’ailleurs on s’en fout, ça concerne les Américaines. Nous, en France, on n’a qu’une raison de faire l’amour : c’est parce que tu es génial, mon amour…

Texte et dessin © dominiquecozette

Blancs, Noirs et grigris

Déjà qu’ils sont pas trop gâtés, au point de vue racisme, les Noirs, dans certains pays ! Eh bien il y a pire ! Et ce qui est pire, c’est d’être blanc. Mais pas blanc de blanc comme le type  caucasion dont je suis bizarrement bien que le Caucase me paraisse très loin du berceau de mes origines, mais blanc de Noir. C’est à dire albinos. Effrayant ! C’est une maladie congénitale qui, lorsqu’elle touche les Noirs, les rend non seulement blancs, mais extrêmement sensibles aux rayons solaires de l’Afrique donc sujets aux cancers de la peau — particulièrement les agriculteurs qui n’ont pas les moyens d’acheter des crèmes protectrices — et aussi à la cécité.
Mais là n’est pas leur seul drame : les albinos sont persécutés car soit ils portent malheur, soit ils sont signe de richesse et dans les deux cas, on les pourchasse, on les massacre, on les torture, on les mutile lors de sacrifices rituels, on porte des parties de leur corps comme  grigris. Des horreurs épouvantables sont commises à leur endroit.
Beaucoup d’associations tentent de les protéger, de mieux informer les gens sur ce qu’est l’albinisme. Salif Keta, albinos lui-même, a créé une fondation et a écrit un hymne à la tolérance. Sa fillette de quatre ans, Naty, blanche de peau, a été inscrite à l’école française, un comble ! pour éviter qu’elle se fasse maltraiter par les petits Noirs.
Voilà bien la folie du monde : des Blancs qui prennent des douches d’autobronzant, des Noirs qui se font blanchir, des Noirs blancs harcelés par des Noirs, un chanteur Noir devenu blanc qui achète des enfants tout blancs-blonds. Quelle est la logique de tout ça ? Où est brief ??? Peut-être que ça ira mieux quand nous serons tous gris.

Texte et peinture photoshopée © dominiquecozette

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