
Une fois n’est pas coutume mais je n’ai pas le temps et comme c’est bien décrit, je colle ma résumé de Babélio concernant Nous aussi d’Anne Godard.
« On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne. On trouve que c’est normal. C’est chez nous, c’est à nous, c’est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s’appartient. On ne sait pas comment dire je, on n’en a pas besoin, puisqu’on est nous. Nous les enfants, les frères et sœurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n’a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c’est. On n’en est pas capables. On n’en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s’est fissurée, on n’a pas compris. Ça n’aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n’était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi. »
A moi maintenant : c’est une vraie étude sociologique que ce livre qui décrit point par point tout ce que « nous » avons vécu et ressenti et partagé depuis tout petits, « nous » avons tous vécu la même cbose finalement dans ce gentil monde bien bourgeois où il ne se passe pas que de jolies choses. Mais cela, on s’en rend compte en grandissant, en mûrissant, et est-ce si grave puisque nos aînés ont fait de même ?
Roman exemplaire de par son concept littéraire mais aussi sa forme qui nous offre de très courts chapitres entre une et deux pages. Le début de chaque chapitre commence toujours sur la page de droite. Et ça rythme la lecture de cette étude passionnante de façon étonnante.
Nous aussi d’Anne Godard, 2026 aux éditions Actes Sud. 260 pages, 20 €.
Texte © dominique cozette