Taguée par l’infâme charogne stoned *

Charogne Stoned* — grande blogueuse derrière l’éternel — a eu la mauvaise idée de me taguer récemment pour m’obliger à déclarer en public, et quel public ! puisque c’est vous et que vous ignorez tout de ma vie privée sauf ma bio que vous avez lue sur mon site, donc à déclarer un signe particulier, un trait de caractère, un mauvais souvenir, un souvenir d’enfance, un de mes défauts, un film bonne mine et un meilleur ami. Comme je ne la connais pas depuis longtemps, Charogne, que je suis dans ma phase de séduction, et que néanplus, je suis flattée par cette demande, je vais me soumettre voilà mais franchement, ça n’est pas …voilà …ce qu’il y a de plus intéressant. (les « voilà », c’est pour faire nana qui parle à la télé)

1 signe particulier : odorat hyper-développé, c’est très gênant dans le métro mais moins que dans les dîners où les femmes sont très (trop) parfumées,  et aussi partout ailleurs où, tel un chien, je me mets à renifler dans les coins dès que ça sent louche.

1 trait de caractère : tout et son contraire : creuse et pleine, lente et vive, molle et dure,  yin et yang, loir et chère, bère et basque etc…

1 mauvais souvenir : tous le sont quand on les regarde de travers (c’est beau, non ? c’est moi qui l’ai fait). Bon, alors, un jour, ils ont annoncé à la radio la mort de Coluche. Très mauvais souvenir. Entre autres. D’autant plus que j’allais prendre des places pour le voir à la rentrée.

1 souvenir d’enfance : les dimanches chez Gégène, frites et musette, kayak et pédalo, cerisiers roses et pommiers blancs…

1 de mes défauts : éjaculatrice tardive, je fais ça après, hors du contexte (on appelle ça aussi l’esprit de l’escalier)

1 film bonne mine : Le plus drôle reste le film de BHL, Le  jour et la nuit (qu’il a fait disparaître de la circulation) où Arielle ne cesse de se frotter contre les chambranles des …portes, bien sûr, d’une façon, la pauvre, tellement ridicule, fallait-il qu’elle soit amoureuse de pépère pour faire cette grosse merde, bref un film qu’il faudrait revoir en bande avec des petites saucisses et du martini. Scénario de Jean-Paul Enthoven, ex de Carla B et papa de Raphaël E également ex de Carla B, avec Alain delon, Lauren Bacall, Kalfon, Denicourt, Beauvois…96 ! Quelle marrade !!!

1 meilleur ami : En fait, je n’ai jamais goûté mes amis, ni même l’ami Ricoré, donc mystère…

Ben voilà…Je ne vais taguer personne car je déteste les chaînes !!! J’espère que Charogne ne m’en voudra pas de n’être pas aussi rigoureuse qu’elle.
Je vous mets  son blog, pour la peine ! Il est urgent de vous y précipiter !
* Charogne Stoned

Bon, allez, je tague Pierre-Arnaud Gillet, ça nous changera des filles, enfin je crois…

Texte © plusieurspersonnes et dominiquecozette
Photo © dominiquecozette d’après une poupée © Mattel complètement blurrée.

Une sacrée tante !

Ma tante était assez médium et particulièrement radin. Quand elle voulait que quelqu’un l’appelle, elle s’allongeait à côté de son téléphone en pensant très fort à son interlocuteur et dans l’heure en général, il ou elle l’appelait, comme ça, elle ne payait pas la communication. Le nombre de fois où je l’ai appelée et où elle répondait : « Ma chérie, justement, je pensais à toi… » et là je savais que je m’étais fait téléphoner le bulbe. Elle faisait des rêves prémonitoires, il n’y avait plus qu’à envoyer le faire part (joie ou peine). Et puis, elle avait fait du « mind control », donc elle s’expédiait dans son « laboratoire »,  sorte de cocon virtuel où elle se sentait beaucoup mieux et pouvait faire venir dedans des gens qu’elle avait envie de voir. C’était une dépressive profonde, elle a fini par se suicider, je la comprends, mais elle m’a laissé un message téléphonique qui disait : « Passe me voir lundi », ce que j’ai fait, j’ai trouvé son corps sur son canapé littéralement recouvert des photos des gens qu’elle aimait. Putain, pour une fois que c’est elle qui téléphonait.

Texte © Olivia van Hoegarden
dessin © dominiquecozette

(Suite à un article où par un enchaînement d’idées on en est venues à évoquer les dons de medium de certaines personnes, Olivia m’a envoyé ce texte. Je l’ai trouvé très dense, très fort, très émouvant et lui ai demandé l’autorisation de le publier, voilà. J’ajoute qu’Olivia aimait beaucoup sa tante malgré cette fin plutôt trash).

Spirale infernale

Monsieur Takata, ou donnez-lui le nom nippon qui vous arrange, arrive au bureau comme tous les matins. C’est un labo de recherche. Je ne sais pas s’il faut un s à recherche. Je ne crois pas. Il bosse comme un dingue, il est sur le point d’accéder à la reconnaissance scientifique planétaire. Son projet, nom de code Vortex, va pouvoir être publié, après des années d’études, d’essais, d’erreurs, de choux blancs. Il va aussi enfin pouvoir en toucher trois mots à sa femme qui, bien que discrète, piaffe d’impatience devant l’omerta de son époux. Imaginez les milliers d’heures où lui et ces collaborateurs étaient penchés sur le problème Vortex, leurs espoirs, leurs déceptions, cette obsession qui souvent les empêchaient de dormir et les précipitaient dans des soirées Geishas/Saké à volonté où ils pouvaient décompresser quelques heures. Et ça y est ! Champagne français pour tout le monde, ils sont nés, ils vivent normalement et ils ont même procréé !!!
– Qui ?
– Les petits escargots à coquille inversée.
– Pardon ?
– Les petits escargots dont l’enroulement de la coquille est dans l’autre sens. Et qui ont donné eux-mêmes naissance à des escargots à coquille normale.
– Heu, moi je veux bien, mais vous ne croyez pas que tous ces cerveaux auraient pu réfléchir à des trucs plus intelligents, plus utiles ?
– Comme quoi ?
– Eh bien au hasard, tiens, aux pédales de frein ou d’accélérateur de voitures hybrides !
– Mais monsieur Takata (ou le nom que vous aurez préféré) travaille dans la recherche GÉ-NÉ-TIQUE. Pas dans la bagnole. Vous seriez pas un peu con, vous ? Vous n’auriez pas l’hippocampe retro-spiralé, des fois ?
Non, je ne crois pas, quoi que les hippocampes par les temps qui courent, qui les maîtrise encore ?  Enfin, cette recherche nous servira peut-être un jour, comme la souris transparente, le rat avec une oreille humaine greffée sur le dos, le lapin phosphorescent et les jeunes appelés du contingent devenus cobayes involontaires durant nos essais nucléaires…

Texte © dominiquecozette d’après un article dans S&V de ce court mois.

Le dernier gag de Marcel Duchamp.

«Marcel est incinéré au cimetière du Père-Lachaise. «Après son incinération, se souvient Paul Matisse, nous avons demandé de vérifier le contenu de l’urne. Bernard Monnier [le mari de  Jackie] et moi avons accepté. Ce que j’ai tout de suite remarqué parmi les cendres, c’était ses clefs. Elles étaient restées dans sa poche… […] Elles étaient là, dans les cendres, elles n’avaient pas fondu. Pour moi c’était un miracle de voir cela, parce que cette question de secret, de clefs, a toujours tourné autour de Marcel et  de son œuvre. On nous a demandé si nous voulions récupérer les clefs. J’ai tout de suite répondu : « Non, on les laisse ».». Quelques jours plus tard, les cendres de Marcel Duchamp sont transférées au cimetière de Rouen.»

Tetxe © Marcel Duchamp, Bernard Marcadé, Flammarion, 2007,

J’ai trouvé cette anecdote dans le bouquin barré de Philippe Katerine « doublez votre mémoire », (journal graphique. Denoël 2007) et j’ai vérifié sur Internet. Katerine, dans ce bouquin, c’est une sorte de Lélu mais en bien mieux. Tout est écrit à la main et accompagné de dessins, collages  ou photos plutôt jetés. Ex : « encore un rêve qui revient souvent et qui m’est pénible. Mes sourcils restent bloqués très haut sur le front. Impossible de les faire redescendre. + image de lui où il a découpé ses sourcils à la hache pour les coller très haut. Ce genre… vous voyez. Bon, je l’avoue, c’est assez régressif comme humour, c’est pour ça que je l’apprécie.

Dessin © dominiquecozette

PS : Toujours en panne d’ADSL, qu’est-ce qu’ils foutent chez France-Télécom à part suicider leurs salariés  (non, c’est pas drôle !) donc ceci étant mon dernier blog de secours, ne m’en veuillez pas si vous n’en recevez pas pendant quelques jours. AU SECOURS !!!

La peau des coudes

« Je vois P. samedi, j’aurai les jambes toute épilées, quelques kilos en moins, j’espère, et une petite crème toute douce sur moi. J’avais demandé à Erika (l’esthéticienne) du Pritty pour les coudes, elle n’en avait pas et m’a donné du « Silhouette de chez Stendhal », la classe quoi, ça coûtait 1600 F. De retour à la maison, j’ai essayé d’enlever mes callosités ventrues mais c’était pas très efficace, alors je m’en suis mis sur les jambes et oh ! elles étaient lisses, douces, belles et sentaient bon ! Mais je crois qu’il va falloir que j’aille à la pharmacie pour acheter du Pritty, pour les coudes, c’est mieux. (Lettre d’Isa, 1967)  »
Cette jeune personne, Isa,  s’apprête à rendre visite à un beau mec dans sa garçonnière parisienne de Saint-Germain et comme ce beau mec sort aussi avec des mannequins (le grand truc de l’époque mais ça continue, je crois), Isa a mis la barre très haut : la perfection. Donc, les jambes OK, le ventre, bon, on fera avec, le maquillage, les cheveux, tout ça, ça va forcément, y a que les coudes. Ah, les coudes !!! Si  jamais P. pose ses lèvres sur la peau des coudes d’Isa et s’aperçoit qu’elle  est rugueuse, c’est dingue, il ne voudra plus la voir, non vraiment, ça serait trop con !

Texte © Isa67 + dominiquecozette
Dessin © dominiquecozette

Ma mémé a cen-hans…

Ma mémé a cen- hans, ma petite soeur di-hans et moi même quarante deu-hans. Ça fait pas bizarre ? Hé si. Alors pourquoi y en a qui font ça avec  lé-heuros ? Hein, pourquoi ??? Comme l’a expliqué un jour un amoureux de la langue dont je tairai le nom pour la bonne raison que je ne l’ai pas imprimé, il faut faire  avec les zeuros comme avec les ans, la liaison. Ainsi, ma mémé a cent teuros, ma petite soeur dix zeuros et moi-même quarante-deux zeuros. Ça ne fait beaucoup de thune à l’arrivée mais au moins c’est corrèk. Bordel à queue de crénom de dieu de nouille du cochon, ça serait bien que les journalistes s’y mettent, non ? Y en a marre des gens publics qui s’expriment pas convenablement, chier, quoi ! Bon, je vais prendre mes gouttes…

texte et dessin © dominiquecozette

La saint Valentin, c’est le bouquet !

mec2w

Chère Mademoiselle Medeline,
c’est aujourd’hui la Saint Valentin, ce n’est pas ma fête car je m’appelle Gontran mais j’aimerais tant que vous daigniez m’adresser un sourire, un vrai, d’enthousiasme et non pas le rictus de politesse que vous faites en soulevant ma chemise, en dégageant mes fesses et en disant : Allez, du courage ! Du courage, j’en ai plus que vous ne croyez, je traverserais des océans pour vous mais ce serait idiot vu que vous êtes tout près de moi. Mademoiselle Medeline, je sais que ce soir votre amoureux va vous inviter au resto ivoirien en bas de chez vous — de ma chambre j’entends tout — et qu’après il vous bossera. Je suppose que c’est une expression de chez vous qui veut bien dire ce que je redoute vu les gloussements que ce projet a engendrés auprès de vos collègues.
La Saint Valentin, c’est dégueulasse ! C’est de la discrimination négative. Déjà qu’on est malheureux d’être tout seul, puis d’être malade, en plus il faut supporter la pression de tous les médias au sujet cette fête commerciale qui fait vendre des fleurs, des strings et des bijoux. Obligation d’être joyeux, d’être gentil, d’être généreux (qu’est-ce qu’il t’a offert ton jules ?) et de bander.
Finalement non, ne me souriez pas, vous me faites pitié avec votre petite histoire d’amour à quatre balles qui va se terminer en queue de boudin avec un polichinelle dans le tiroir et un bouquet d’hématomes sur votre corps !
Sans rancune, bien à vous !
Gontran de la chambre 6.

Texte et dessin © dominique cozette

Un petit coup de mains ?

Cher tous
je vous envoie une photo de moi pour que vous compreniez mieux : J’EN AI MARRE DE NE PAS POUVOIR DIRE COMME TOUT LE MONDE : J’AI PAS QUATRE BRAS, J’EN AI QUE DEUX !!! Vous allez me dire que c’est pratique, que je peux me décrotter le nez en tricotant, éplucher des patates en me brossant les dents, lire le journal dans le bus en pickpockant un morlingue, pincer les fesses d’un mec incognito en me tripotant les cheveux, jouer de la batterie en même temps que de la flûte traversière ou plus bêtement du piano à quatre mains. Et aussi, faire des trucs terriblement sexuels. Eh bien non, ce n’est pas pratique et très moche de profil parce que j’ai deux doubles épaules. Deuxièmement, je n’ai pas assez de cerveaux pour gérer l’indépendance de mes paires de bras. A la rigueur, je peux tricoter deux pulls identiques en même temps. Et c’est ce que je suis obligée de faire car il n’en existe pas en magasin susceptibles de m’aller. Pourquoi j’écris cette lettre ? Parce que malgré des dépenses somptuaires qui me coûtent toutes un bras, je suis toujours quadrumane. Et je vous préviens, si vous continuez à vous foutre de ma gueule, ça sera une paire de baffes et une paire de baffes. Non mais !
PS : Ne vous étonnez pas de recevoir cette lettre en double, c’est normal.

AVIS : problème d’Internet avec attente d’intervention de France Telecom. Je poste ce texte tpas très finalisé pendant les quelques minutes où ça marche. Et si vous n’en recevez pas les jours suivants…ça vous fera des vacances !

Texte et dessin © dominiquecozette

Vendanges tardives

Mon cher Jean-Pierre Z, je retrouve votre lettre, celle que vous avez envoyée à 6000 femmes dont moi dans les années 60, je crois que vous m’aviez trouvée en photo dans MAT. Vous recherchiez l’amour en la personne d’une femme grande, belle de visage, de corps, de coeur. Vos photos montraient d’ailleurs un très joli garçon. Les articles que vous aviez suscités dans les Potins de la Commère et autres parlaient de votre fortune, vos trois voitures de luxe, votre affaire de blanchisserie à Mulhouse et la difficulté que vous aviez à trouver LA femme.* Pas de Meetic, à l’époque. J’espère que vous avez trouvé l’oiseau rare et que vous êtes aujourd’hui grand-père de petits coquins qui grignotent leur P’tit Ecolier sur le cuir avachi de vos belles alezanes.
Cette petite lettre pour m’excuser de ne pas avoir répondu à cette gentille invitation. Mais vous savez, à l’époque, j’étais amoureuse toutes les demi-heures de jolis garçons comme vous, qui étaient eux-mêmes amoureux de très belles minettes qui elles-mêmes couraient après les garçons que je reluquais. Bref, c’était assez compliqué toutes ces histoires, vous comprendrez bien que je n’ai pas voulu introduire un loup supplémentaire dans ma bergerie déjà bien énervée. Et puis Mulhouse !
Néanmoins, ça me ferait plaisir de prendre le thé avec vous si vous passez du côté de Charenton. Je suis à Sainte-Anne, on dit que c’est la maison des fous mais entre nous, je préfère être folle que de ne plus être, n’est-ce pas.
Cordialement.
PS : merci d’apporter votre petit sachet de thé car celui qu’on nous vend est vraiment dégueulasse…

*Texte © dominiquecozette d’après un fait véridique. Gravure © dominiquecozette

Je te jure que je ne te toucherai pas…

Mais non, je te jure que je serai sage. Aie confiance, puisque je te le dis ! Tu sais très bien que je te respecte et que je ne vais pas abuser de toi comme ça, voyons. Même si tu me fais… enfin, je ne suis pas un sauvage, je sais me tenir. mais pourquoi tu tournes la tête ? Je peux quand même t’embrasser. Regarde, j’ai les mains dans le dos, comme ça tu ne crains rien. Un tout petit baiser, du bout des lèvres… Sois pas stupide, je ne vais pas te violer… On le fera quand toi tu voudras, je ne peux pas te dire mieux… Je te le jure sur la tête de ma mère ! Crois-moi ! Allez, reste encore, ma voiture est cassée et il n’y a plus de métro. Je te promets de ne rien tenter. Tu dormiras dans le lit et moi sur le canapé, OK ? Mais reste encore un peu contre moi, serre-moi, mais non, j’ai rien dans ma poche, qu’est-ce que tu vas chercher… Bon, je me retourne, retire ta robe et mets-toi au lit. Mais n’aie pas peur, je ne rentre pas dans le lit, je veux juste un baiser, avant de me coucher dans le canapé…Dis, tu sais que je t’aime, tu le sais ?  Tu ne me crois pas ?… Dis, tu ne vas quand même pas me laisser dormir sur le canapé !  Je te jure que je me mets dans le lit sans te toucher. A l’autre bout. Et si toi tu veux un câlin… hé ben tu décides, je ne peux pas te dire mieux. Allez Judith, dis oui…

Texte © dominiquecozette d’après « L’eau à la bouche » de Gainsbourg
Dessin © dominiquecozette

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
Twitter