Magnifiques habitantes

Les Habitantes, dernier livre de Pauline Peyrade, vient de recevoir le prix Inter. Et c’est drôlement mérité.
Ce petit livre nous embarque dans un trou à la campagne où vivent des bêtes, des bestioles, quelques femmes et deux chiennes. L’héroïne, Emily, vit là, dans une vieille baraque déglinguée, héritage familial de sa grand-mère, avec la chienne Loyse, héritée aussi de la vieille dame.
Pas loin, Aude vend quelques produits de sa ferme pour les touristes de passage. Elle aussi a une chienne, blessée. Elles vivent de peu, sobrement, vêtues de vieilles fringues, s’arrangeant comme elles peuvent dans cette vallée perdue où s’ébattent toutes sortes d’êtres vivants, insectes, oiseaux, rongeurs, plantes de toutes sortes et eaux jaillissantes. Il faut aimer. Elles aiment.
Un jour cependant, Emily reçoit un mot de son père qui l’a abandonnée à sa grand-mère, lui disant qu’il a été décidé de vendre la baraque. Ne serait-ce que pour financer les études de sa demi-sœur Anna. Les lettres et courriers notarieux finissent tous à la poubelle, Emily n’y répond pas. Elle s’arme du fusil et ne se manifeste plus…
Ce livre est extraordinaire de par la description de l’ambiance, de ce coin de terre exubérant de vie, des noms oubliés qui définissent tout ce qui la compose. Un poème, une ode à la nature où se manifestent toutes les sensations de notre organisme. C’est un roman très court, dense, très peu dialogué — les femmes se comprennent sans mots — bucolique, effervescent.
Magnifique.

Les Habitantes de Pauline Peyrade, 2026, aux éditions de Minuit. 180 pages, 18€.

Texte © dominique cozette

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