Soumission … ou pas !

J’ai lu ce livre juste avant les sanglantes tueries de la semaine passée, je n’avais plus trop envie d’en parler. D’ailleurs, Houellebecq himself a arrêté sa promo et est allé se mettre au vert. Il a perdu un ami, l’économiste Bernard Maris, et semble être comme tous les Charlie, vidé.
A part ça, j’aime bien les bouquins de Houellebecq, il y a toujours du bon à prendre, malgré l’image navrante qu’il donne des femmes, uniquement dans un rôle sexuel si elles sont suffisamment jeunes et bandantes car la chair se fait vieille et le désir pendant.
Soumission
n’est pas le roman sulfureux dont se repaissent les médias toujours à la recherche de scandale, de gerbe et de vomissures. Il n’ y a pas d’apologie de l’islam si ce n’est la commodité pour le narrateur (et l’auteur ?) de pouvoir pratiquer la polygamie, une jeune pour le sexe et une vieille (40 ans, âge canonique) pour la bouffe.
Ce monsieur, François, vit solitaire et désabusé dans sa tour du quartier chinois, prof de conf à la Sorbonne, sujet Huysmans dont les références abondent, n’oublions pas que Houellebecq est un intello. Le thème de l’accession au pouvoir de la Fraternité Musulmane n’apparaît qu’au deuxième tiers du bouquin. Sinon, les putes pour la galipette (triste en général), les plats à réchauffer et des petites élèves à sauter, l’ennui, la télé. La seule fille qu’il aimait, sa jeune élève juive, est partie avec ses parents en Israël et va certainement « rencontrer quelqu’un ».
Privé de travail, car non musulman, mais rémunéré — c’est le Qatar qui arrose — il s’enquiquine jusqu’à ce qu’une sorte de gourou lui vante les mérites de l’islam, le confort qu’il offre aux hommes notamment dans leur domination sur les femmes. S’il accepte de se convertir, le héros retrouve son poste, doublement payé, un bel appart de fonction et deux femmes, de fonction oserais-je. Voilà un pitch possible, le mien.
C’est sûr qu’après ce qu’il vient de se passer, après la fantastique marche citoyenne pour la défense de nos droits, cette preuve qu’un sursaut républicain est toujours possible, il est difficile de faire avaler la passivité de la population — à part les frontistes — lors de l’accession au pouvoir de la « fraternité musulmane », et notamment le retrait des femmes de la vie sociale qui ne mouftent pas.
Ce livre est en même temps que pathétique, assez amusant, j’aime bien l’écriture de Houellebecq, que voulez-vous. Je trouve cela distrayant. Pourtant, sa misogynie récurrente, tellement flagrante ici, devrait me le faire détester. En même temps, il est tellement désabusé, apathique, dépenaillé que ça m’enlève tout sens critique.

Soumission de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion. 2015. 300 pages, 21 €.

Texte © dominique cozette

Fessebouqueries #161

Serait-ce la rentrée qui approche, l’été qui s’éloigne, les printemps arabes qui pourrissent, les fans d’Aznavour qui le sifflent (sans les dents, comment font-ils), le sable resté dans le livre et qui se déverse dans les draps, le dos qui pèle, les copies doubles roses à trous et à petits carreaux à acheter mais pas les petites maman, les grandes ! , en tout cas j’ai trouvé les amis FB un peu crispés cette semaine,  prises de becs, Paul-Emique et bisebises comme dit l’autre. Tu me copieras 100 fois le mot bisbilles ET A LA MAIN.
Vous ne les trouverez pas ici, les bisbilles,  j’ai bisounoursé. Exceptionnellement…

– OVH : Tout à l’heure, devant un Ricard-sinon-rien bien tassé, j’ai eu une conversation de fond avec Allah, Boudha, Jésus roi des Juifs et ce vieux con de Dieu. Après un débat contradictoire mais ouvert, ils se sont rangés à mon opinion et sont désormais à fond pour la laïcité. Ils ont clairement affirmé leur position : « Que les Coptes et les Frères musulmans se démerdent… » et à ce moment-là, Ponce Pilate a débarqué avec des rince-doigt.
– JFD : Quand j’ai eu mon premier téléphone portable et ma première adresse mail, tout le monde me prenait pour un gros frimeur, voire un gros branleur. Un an après, si tu n’avais pas de mobile et de mail, on te prenait pour un gros con… Comme quoi, les temps changent, mais les gens, pas trop….
– AB :  » Star White donne un éclat immédiat à ces parties et met votre beauté en valeur ». Après les dents blanches, le trou de balle étincelant!
– OVH : Affrontements en Egypte : les Cairotes sont cuits.
– EN et la grande question du Temps : se demande si elle aura évacué l’apéro de ce midi avant celui de ce soir.
– ML : L’idéalisme porté à Steve Jobs dans son biopic est un peu exagéré. Surtout quand on pense qu’il n’a jamais supprimé la touche « ù » sur les claviers… alors qu’elle n’existe que pour le mot « où ».
– HY : HAHAHAHAHAHA !!!!!!! Je n’ai rien à me mettre ce matin ! …(?)….Ha non. Ça c’est le placard à balais.
– ALD : Mais il est toujours interdit de parler de surpopulation… tout en continuant de croire au « développement » qui pourrait être « durable »! Il y a quelque chose qui cloche là-dedans…
– AR : dans le métro parfois je m’imagine obligée de vivre enfermée là pendant un certain temps avec : le fille en face qui se maquille devant tout le monde et s’étonne qu’on l’observe ; la fille à côté qui a caché son sachet de grignoteries sous son bouquin, discret mais pas silencieux ; et celle en face de celle d’à côté qui a d’énormes boutons sur sa robe, d’énormes boutons sur sa veste et un petit sac qu’elle referme très lentement posé bien droit sur ses genoux …
– HD : Parler de rentrée littéraire à propos de sortie de livres.. c’est tout l’art de l’oxymore.
Aujourd’hui, 20 août 13, on entame notre capital écologique, on s’endette de plus en plus tôt, il faudrait une planète et demie pour répondre à nos besoins. Et de quoi on nous parle, à quoi on nous exhorte à toutes les infos ? A la croissance. La croissance, la croissance. On est vraiment pas très fufutes d’avaler tout ça…
– HM a mis des semaines avant de capter que l’espèce de morceau funky-disco-ringard-répétivo-chiant qu’on entend partout était le fameux « Get Lucky » de Daft Punk. J’me disais aussi, c’était bizarre, ce grand retour soudain de Patrick Juvet…
– DC : Il est ignoble (mais statistiquement vrai) d’affirmer qu’il y a un nombre élevé de thons chez les féministes. J’aurais pas dû écrire ça. Je suis désolé.
– LPDC:  *Une feministe aujourd’hui , c’est juste un macho avec des seins qui tombent et un gros cul*
– CB : Aïe aïe aïe, au milieu de toutes les misères du monde, (au moins 2 guerres civiles, une centrale qui via les courants marins tuera plus sûrement que lesnuages de Tchernobyl, des enfants prostitués, d’autres mourrant de faim, etc…) Je ME découvre un sourcil blanc!
– AB :  Foutushima : 80 millions de becquerels de strontium et moi et moi et moi
– CV a la chair de poule. C’est joli, on dirait du Braille.
– SG : J’ai exactement 7 minutes pour écrire une reco, pondre une créa, baiser une cliente, passer l’aspirateur et acheter du fromage pour une femme que j’ai promis de nourrir ce soir. Je vais encore décevoir des gens.
– SF : La vie, c’est une suite de trucs pénibles avec quelques fois un caniche qui danse en tutu.
– JPW :  Quelques emplettes à Géant Casino et constat habituel : Il faut en moyenne 4 minutes pour qu’une mère finisse par mettre une baffe à son gosse au rayon des fournitures scolaires !
– DC : Aznavour sifflé lors de son concert  jugé trop court. Il s’en fout, il est sourd !
– MC : On ne pense pas assez aux états d’âme des femmes de dictateurs sanglants. Asma Al Assad par exemple: ce doit être une torture pour elle de s’habiller en ce moment. Porter du noir pourrait signifier qu’elle porte le deuil des enfants tués par son mari, ça risquerait créer des tensions dans son couple. D’un autre côté, une tenue un peu trop vive et sexy pourrait passer pour de la provocation. L’ONU devrait peut-être intervenir et lui apporter de l’aide.
– PB… trouve que les croyants ont bien peu foi, bien peu confiance dans leurs dieux pour s’entretuer de la sorte dans ce monde.
– LS : « Je ne sais pas si j’ai dormi mais je sais que je me suis réveillé » par le dormeur du Val (aurie, dans la Drôme)
– HDD : 1. Lire sa feuille d’impôts 2. Penser que Depardieu ne la recevra jamais.
– BD : Enfin Paris Plage bientôt terminé, plus de bactéries, de mycoses et autres micros organismes repoussants… merci de nous redonner notre dioxine de carbone et nos points en moins.

Bonus mariage pour tous de CC : Laissez-les se dire oui !
Août fut beau et cruel, mes amis. L’un de ceux qui font partie de ce groupe et qui me faisait l’honneur et la joie de son amitié s’en est allé. Il s’appelait René. Cette lutte que nous avons menée, et que nous continuons de mener, fut la sienne. Félicitons-nous de ce que cette loi salutaire ait pu être votée, car René a ainsi pu épouser celui qui était à ses côtés depuis toujours avant de nous quitter. Si vous le voulez bien, pensez à lui, à eux.

Image/photo © dominique cozette

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