Avant la peine, viol ou pas viol ?

Avant la peine de Laure Heinich n’est pas une histoire originale. C’est celle d’une agression sexuelle, ou d’un viol, on n’était pas là pour voir, entre deux « vieux » collègues de boulot, des urgentistes. On ne sait donc pas ce qu’il s’est passé car aucun des deux protagonistes n’est d’accord avec l’autre. La femme se dit violée, l’homme conteste car selon lui, elle a consenti.
Cet épisode a eu lieu à l’hôpital, en salle de garde, après que le tandem, Rebecca et Baptiste, ait sauvé une vie qui ne demandait qu’à partir. Un sauvetage très difficile qui les jette dans les bras l’un de l’autre comme pour exorciser cette terrible journée. Sauf que cette fois, ils sont allés trop loin, alors qu’il n’y eut jamais d’équivoque entre eux. Mariés et parents, amis entre couples, rien ne présageait cet acte.
L’intérêt de ce roman est que l’autrice, avocate pénaliste, a voulu nous mettre dans la peau d’un juré afin qu’on se rende compte de la complexité à traiter les affaires de violences sexuelles. Et ça marche. On ne sait où faire pencher la balance car les choses se compliquent quand Rebecca, choquée, décide de porter plainte. Tout risque de s’écrouler pour Baptiste, sa vie familiale, ses relations de confiance à l’hôpital, sa bande d’amis, son emploi même car s’il ne se défend pas bien, il risque la prison.
Le suspens nous tient et nous fait passer de l’un à l’autre, il est effectivement très difficile de les départager.
Le seul problème que ce livre me pose, c’est l’âge et l’expérience concomitante des deux personnages. Il me semble que la femme, décrite comme quelqu’un de décidé qui ne s’en laisse pas compter, et l’homme, plus malléable, moins agressif, qui ont tous deux de la bouteille, auraient pu régler cette histoire entre eux et ne pas faire de Rebecca une pauvre victime. C’est juste mon avis…

Avant la peine de Laure Heinich, 2026. Editions Flammarion. 240 pages, 20€

Texte © dominique cozette

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