Les Fessebouqueries #272

Désolée de vous re-servir cette magnifique caricature de la Conne Officielle de la députation françouaise qui squatte cet article sans vergogne mais le buzz national n’a concerné que sa saillie. C’est impressionnant comme les medias adorent ce qu’il y a de plus nase. En même temps, j’en parle aussi non sans avoir pris soin de me fiche une belle baffe pour m’apprendre. M’apprendre quoi, d’ailleurs, ben pas grand chose, madame Osmose.
– JS : Inviter des connes racistes pour faire le buzz, faire semblant de s’offusquer lorsqu’enfin elles vomissent leur bile. La télé en 2015.
– CV est assez étonnée de l’impact que peuvent avoir les propos racistes et imbéciles d’une conne inculte, ancienne ministre.
Elle est idiote, c’est normal qu’elle dise des conneries d’un autre âge.
Mais les vraies questions, ce serait peut-être pourquoi et comment une crétine pareille peut arriver à ce genre de poste, et pourquoi elle est invitée à la télé, non ?
– CC : de l’eau sur mars, mais toujours pas de lumière entre les oreilles de nadine
– OK. : Breaking news : Jean Marie Le Pen vient de déshériter sa fille Marine au profit de Nadine Morano.
– CC : rien de plus romantique qu’un réveil au doux son du chat qui se lèche le cul contre ton oreiller
– DC : H&M et le voile : Je m’étonnais que personne ne se soit encore emparé de cet accessoire pour faire le buzz. Donc c’est fait. Reste la cagoule des bourreaux pour la version masculine…
– FT : Etonnant le bazar que provoque Nadine Morano chez les « Républicains », tous ces gens étaient moins pointilleux quand il s’est agi de l’humour assez dégueulasse de Nicolas Sarkozy comparant la vague des migrants à une fuite d’eau et faisant rire à gorge déployée quelques centaines de militants décérébrés.
– OK : – Tapie réclame jusqu’à 1,174 milliard de réparation !! – Pourquoi tu parles en anciens francs ? – Non non ! En euros ! – ….
– NA : La Nasa qui retrouve de l’eau sur Mars c’est un peu comme si on retrouvait un neurone chez Nadine Morano.
– NP : Si il y bien a une chose dont on ne risque pas d’accuser Morano en cas de guerre c’est d’intelligence avec l’ennemi.
– HDD : Liberté, Égalité, Fraternité, Race Blanche.
– NP : Sarkozy demande à la commission d’investiture de sanctionner Morano. Morano est vice-présidente de la commission d’investiture…
– PD : La France bombarde la Syrie, Royal autorise des forages de schiste, une loi surveillance de masse arrive, mais l’actualité c’est Morano. Ok.
– VS : Sarkozy veut évincer Morano pour ses propos sur les races. On parle bien du Sarkozy du discours de Dakar ?
– HDD : La Justice a découvert du liquide dans les poches de Claude Guéant. DANS TON CUL LA NASA.
– VS : Pour la démagogie et l’inanité de leurs propos depuis plus de 20 ans, Les Républicains ont décidé d’exclure Les Républicains
– MB : J’aimerais comprendre par quel truchement on en est arrivés à un point où Alain Juppé parait le mec le plus sain d’esprit de la droite ??
– MZ : Nadine Morano c’est ce miracle de la biologie, de la génétique et du darwinisme où la morue devient capable de cracher du venin.
– FR :  Le Qatar propose d’échanger le Parc des Princes contre son poids en sable pour les prochains Paris Plages. Anne Hidalgo réfléchit.
– DC : Les USA ont bombardé un hôpital de MSF hier, des blessés, des morts. C’est ce qu’on appelle une frappe chirurgicale !
– OK : USA : le pays où les armes sont en vente libre et où des fromages français sont interdits.
– EM : « Jean-Pierre Pernaut victime d’une chute. » Rassurez-vous, aucun organe vital n’a été touché, il est tombé sur la tête.
– JH : Enfant, il n’y avait pas de blancs, de noirs, de jaunes… Il n’y avait que des copains. Sauf Rémi. Personne l’aimait ce sale rouquemoute.
– NP : Blatter s’en fout d’être lâché par Mc Do, Coca et Visa : il a une Amex, ne mange que dans des 3 étoiles et ne boit que du Bordeaux.
– OK : Ils ont trouvé du liquide sur Mars. Guéant plaide non coupable.
– VD : Accrochez-vous : La ville de Levallois cherche des conseils en matière d’optimisation des ressources fiscales
– ARC : Sarkozy « L’immigration peut poser problème ». C’est vrai que l’arrivée de son père en France est à l’origine de pas mal de problèmes actuels
– OK : Polémique Morano : Ruquier se sent un peu coupable. Ah bon ? Du coup, pour la prochaine, il invite Finkielkraut …
– IBL : Et ne stigmatisons pas les armes à feu parce qu’il n’y à JAMAIS eu de fusillade dans une école avant l’invention de l’école.
– KM : On vit dans un monde où il est plus risqué de jeter une clope par terre qu’un migrant à la mer.
– FV : Quand tu vois l’usage qu’on fait d’Internet, le jour où on invente la téléportation, on s’en servira sûrement pour se passer le sel…

AUTO-PROMO : je vous rappelle ou vous annonce que j’expose à Artcité tout le mois d’octobre et que le vernissage a lieu ce samedi 3 à 18 h. à l’Hôtel de Ville de Fontenay sous Bois. Personnellement, j’expose à la Maison du Citoyen. Tous les détails sur le site Artcité

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici.

Fairyland ou pas, un livre bouleversant

Fairyland avec son sous-titre un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 avait tout pour me plaire et le mot est faible. Il m’a emballée, il est formidable. Alysia Abott est journaliste et critique littéraire, elle est née en 72, comme ma fille, mais sa mère est morte dans un accident mystérieux. La famille, tante et grands-parents, a proposé d’élever cette délicieuse gamine mais le père, Steve Abott, qui l’aimait tant, n’a pas voulu se séparer d’elle. Il désirait faire d’elle une personne libre et épanouie à son image. Car dans les 70’s, on ne pouvait pas ne pas l’être quand on était bi, poète, bohême et qu’on se fichait pas mal de l’argent.
Ils sont donc partis s’installer loin, à San Francisco, l’endroit où il fallait être, dans le quartier gay de Castro. Pour de bonnes bases culturelles, Steve a inscrit Alysia à l’école franco-américaine. Ça coûtait une blinde pour qui n’avait pas vraiment de revenus réguliers. Alysia, avec sa vie de dépenailles, ne s’est pas vraiment intégrée. Elle ne s’est intégrée nulle part, ayant toujours eu honte de dire que son père couchait avec des hommes, qu’elle croisait régulièrement dans le petit deux-pièces bordélique dans lequel il était hors de question d’inviter ses amies, autre cause de marginalisation. Les amis de son père la trouvaient mignonne mais Steve ne s’accommodait pas facilement de la privation de sa liberté. Bien souvent, petite, elle devait rester dans son coin sans faire de bruit quand il taquinait la plume ou qu’il alimentait le courant littéraire qu’il avait contribué à créer. Plus tard, ado, elle s’en est un peu mieux sortie puis, l’âge venant, elle a eu envie de se tirer. Ce qu’elle fit. Sans scène, ni éclat car c’était bienvenu pour eux deux.
Ils s’aimaient toujours très profondément et s’écrivaient beaucoup.
Puis un jour, la séropositivité, les copains qui meurent. Et le sida qui se déclare et le père, voyant ses jours comptés, qui exige qu’elle vienne l’aider. Ce fut la période la plus sombre de leur relation. Ils n’avaient personne d’autre car les grands-parents avaient coupé les ponts et elle n’avait pas de confidente. Les pédés sont très mal vus, Harvey Milk, maire gay-friendly, est assassiné et le fameux quartier devient une zone sinistre.
Un épisode assez drôle, c’est quand elle vient faire un stage à Paris et qu’elle doit bosser pour avoir un peu de thune, son père ayant toujours été fauché : elle raconte son travail au noir harassant à la Marée, resto chic de Neuilly qui n’engageait que des étudiants étrangers pour les exploiter honteusement.

Ce livre est extrêmement bien écrit dans le sens où tout est dit, décrit et démonté. L’auteure ne prend pas de pincettes pour évoquer les passages difficiles de cette vie qu’elle a malgré tout adorée et rend bien compte de ces terribles années sida qui ont ravagé tout une population d’hommes jeunes. Très beau document.

Fairyland d’Alysia Abott aux éditions Globe l’école des loisirs, 2013 pour l’édition originale, 2015 pour la traduction de Nicolas Richard. 380 pages. 21,50 €

Texte © dominique cozette

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